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Accueil du site > Tribune Libre > Un « Psy » au poil

Un « Psy » au poil

Au début, j’avais envisagé un titre ronflant pour attirer le chaland avide de nouvelles médecines alternatives ‘’ Précis de ronronthérapie’’.

Talou, c’est le nom du chat qui surveille du coin de l’œil l’avancement de mes élucubrations et qui connait ma tendance naturelle à grandiloquer m’en a dissuadé.

Je lui ai alors successivement proposé « Mon ‘’Psy’’ à poil » rejeté car trop grivois, puis « Chronique Portugueche » en raison de cette sensation de chuintement qui se dégage de la lecture de cet article mais aussi en hommage aux moustaches qui ombrent délicieusement les lèvres des Portugaises, recalé aussi, car trop cliché et hors sujet. Un compromis s’est alors dégagé pour l’intitulé ci-dessus.

Mon chat et moi, nous sommes félins pour l’autre, chat va sans dire, mais chat va mieux en le disant. Chat, je le savais intuitivement depuis toujours, c’est la raison pour laquelle j’ai toujours vécu peu ou prou entouré de matous.

Quand je parle de mon chat, c’est par commodité, pour ne pas dire mes chats, mais ne dit-on pas que le chat a 9 vies, aussi je suis enclin à penser que les chats successifs qui ont jalonné ma vie ne sont en fait que la réincarnation sous différents pelages, sous différents minois du même félin.

Le chat est très conscient que la routine engendre l’ennui. Il a la délicatesse pour ne pas ennuyer le pauvre humain dans sa triste vie, de jouer les transformistes de talent et de se réincarner toutes les décennies pour nous faire profiter à nouveau de ses pitreries de chatons.

 Là, réside sans doute sa grande supériorité sur la femme qui se transforme souvent au cours de sa vie, transformisme capillaire, textile, dermique même grâce aux cosmétiques, à la chirurgie esthétique, dans un combat vain et perdu d’avance. En effet, jamais elle ne retrouve sa fraicheur de vivre Hollywood chewing-gum et son espièglerie qui nous avait tant séduit.

Et l’homme me direz-vous ? Je ne peux pas être juge et partie, et ne suis pas doué pour le transformisme sexuel, la prochaine fois, j’essaierai une chronique mixte à quatre mains. Celle ci est a été écrite à six pattes ce qui explique les fantaisies orthographiques et lexicales comme autant de concessions à mon greffier. Mon chat est curieusement, et je le regrette, assez cabotin.

Le Chat est un anxiolytique puissant, sans effets secondaires importants, si ce n’est une légère ponction financière quasiment indolore pour l’approvisionner régulièrement en croquettes et lui aménager une litière digne de son statut de maître de maison.

Car en effet, j’ai régularisé la situation depuis peu, craignant les foudres de la fiscalité moscovicienne, j’ai procédé à un démembrement de ma propriété faisant de mon matou le nu-propriétaire en me reléguant au statut d’usufruitier, je suis désormais le commensal de mon matou qui a l’extrême gentillesse de m’accueillir à sa table et de partager ses croquettes avec moi.

Seule ombre au tableau, l’intitulé de sa nouvelle situation l’a quelque peu chat griné, se faire traiter de nu-propriétaire quand on est pourvu comme tous les bengals d’une fourrure aussi soyeuse que lui, avec cette inimitable « poudre d’or » à sa surface, c’est un peu désobligeant. De toute façon, mon chat abhorre les signes extérieurs de richesse, la preuve, il déteste ma voiture et mes chaussures en croco.

Mais revenons à ses vertus thérapeutiques évidentes, tous les gens qui me connaissent et ceux qui me font l’honneur de lire mes articulets savent que je suis en excellente santé psychologique, tout du moins jusqu’à celui là.

La ronronthérapie que le chat s’applique à lui-même a des vertus réparatrices extraordinaires sur les lésions et les fractures qui balisent hélas souvent la vie de ces aventuriers. En effet, contrairement aux idées reçues, le chat ronronne aussi en situation de souffrance et de stress.

J’ai moi-même pu vérifier l’extraordinaire rétablissement de mon bengal après qu’il eut été percuté par une voiture, bilan : la tête du fémur broyée, aucune possibilité de mettre une prothèse, auto reconstitution d’une pseudo articulation avec muscles et tendons et 2 mois après reprise d’une vie normale de chat souvent perché.

Un vétérinaire toulousain, le Docteur Gauchet a mis au point une méthode testé sur 250 cobayes humains dont les résultats se sont révélés concluants. L’écoute du ronronnement du chat provoquerait une production de sérotonine, de mélatonine et d’endorphines, toutes substances apaisantes, relaxantes et analgésiques.

Exit les somnifères grâce à la mélatonine, ‘’hormone du sommeil’’ tandis que le niveau de sérotonine augmente régulant votre humeur et les endorphines hormones du bonheur sont secrétées comme dans les sports d’endurance.

Deux minutes de ronronthérapie avec votre chat sur les genoux, en regardant les aventures palpitantes du commissaire Derrick équivaudraient à 45mns de jogging avec des collègues de bureau exhalant la transpiration de leurs aisselles mal entretenues. En même temps, pour cette dernière hormone très proche des opiacés, vous vous droguez en toute impunité.

Remède peu onéreux, le chat est aussi un médicament ‘’bio’’, aucune de ses activités ne troue la couche d’ozone au contraire des vaches qui sont aussi beaucoup moins pratiques pour voyager et pèsent sur les genoux arthrosés.

Le chat est un thérapeute consciencieux, si le ronronnement constitue la base de sa pharmacopée, il utilise d’autres méthodes, le coup de tête, le pétrissage du corps du patient. Ce dernier doit être vêtu de préférence, à la fois pour son confort , mais aussi parce que le chat ne pratique pas le massage thaïlandais et ne présente aucun signe de perversion. Sa seule présence silencieuse et hiératique suffit pour apaiser vos angoisses existentielles, « l’idéal du calme est dans un chat assis » écrivait Jules Renard.

Les basses fréquences du ronronnement du chat s’échelonnant entre 25 à 50 Hz ne doivent pas être confondues la nuit avec le ronflement du ou de sa partenaire qui lui peut atteindre 300 Hz et 95 décibels. Autant le ronron est apaisant, autant le ronflement du colocataire de votre lit est énervant. Dans les cas extrêmes vous êtes autorisés à virer le ronfleur pour y substituer le ronronneur.

Et puis tandis que votre partenaire vous inflige plusieurs heures de ronflement, le chat se contente d’une légère posologie et ne vous administre que tout au plus quelques petites minutes de son ronron apaisant. En chronobiologiste confirmé, il ne vous prescrit sa dose que lorsque il vous sait réceptif et aux moments opportuns. Le mien me la prodigue tous les matins dès potron-minet lors de mon réveil qu’il sait chafouin.

Le chat, entre autres vertus n’est pas rancunier, vénéré, traité avec les plus grands égards dans l’Egypte antique, il fut ensuite l’objet au Moyen âge de persécutions ordonnées notamment, par Innocent VIII qui méritait bien son nom, qui rédigea une bulle papale ordonnant que les sorcières et leurs chats soient brulés vifs.

Les chats survivants constatèrent que la peste bubonique se répandait de façon endémique et un tiers de la population européenne succomba, les félins se rendirent compte que les hommes étaient encore plus cons que méchants, qu’ils avaient vécu pendant trois siècles des vies de chiens, mais en conclurent magnanimes qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un homme. 

Le petit félin sait gré à l’homme de ne pas avoir associé à son nom une insulte ou une expression péjorative, le chien, l’âne, la mule, l’oie ou encore la dinde n’ont pas eu cette chance et je n’ai pas encore évoqué le couple maudit, la morue et le maquereau.

 Sans doute s’étonne-t-il juste un peu que sa compagne serve aussi à désigner le sexe féminin mais comme son ami Georges Brassens, il considère que le pire de tous est un vocable de trois lettres et que de tous ces mots exécrables et odieux qui le désignent, celui là est le plus doux.

 Alors, est ce un nouveau paradoxe français que de constater que malgré le nombre impressionnant de chats estimé à 9 millions nous détenions le record du monde en consommation d’antidépresseurs ?

Contradiction apparente, notre félidé n’aime pas se mettre en avant, et s’il n’est pas un médecin malgré lui, il n’impose pas sa présence, ni sa ‘’médecine » à celui qui ne la souhaite pas. Il apprend tres tôt la solitude, et s’en accomode facilement ‘’c’est le chat qui s’en va tout seul‘’ comme l’écrivit Kipling dans un célèbre conte.

Il ne suffit donc pas d’avoir sa carte de sécurité sociale pour bénéficier de la ronronthérapie, Minou choisit ses patients, ceux qui savent lui prodiguer de la tendresse car il ne vit pas exclusivement de croquettes mais aussi de caresses. A chacun de découvrir sans brusquerie lesquelles conviennent le mieux à votre thérapeute à poils.


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51 réactions à cet article    


  • Roland Franz Roland Franz Jehl 9 octobre 2012 14:22

    Vous avez tout dit, avec humour et sensibilité.
    Bravo pour cet article !


    • siatom siatom 9 octobre 2012 15:05

      à Roland

      Merci à vous pour ce commentaire sympathique


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 octobre 2012 16:20

        Lorsqu’un chat persan rencontre un chat de gouttière ce dernier fuit !


        • siatom siatom 9 octobre 2012 16:22

          Aita
          Fuit-il comme un dératé ?


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 octobre 2012 16:24

            Oui car il ne sourit pas !


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 octobre 2012 16:30

            Le chat siamois est schizophrène !


            • Sandro Ferretti SANDRO FERRETTI 9 octobre 2012 17:08

              @Siatom,
              Inscrivez, greffier :
              « on n’était pas félin pour l’autre » est une expression déposée par Sandro Ferretti, qui lui- même la tient de l’excellent Hervé Prudon (ici, pour ceux qui ne connaissent pas l’artiste) :

              http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/herve-prudon-les-hommes-s-en-vont-58733

              Pour le reste, je signe à quatre pelottes élastiques sur les bienfaits d’Elvire, ma chatte chartreux, qui passe son temps vissée sur mes genoux dès que j’écris, et sans les ronronements de laquelle je n’aurais jamais pu connaître le succès littéraire qui inonde mon compte courant de liquidités.

              PS : mais n’oublions pas ( la noirceur, toujours) cet aphorisme de Desproges :
              « tiens, le chat n’est plus sur Mémé : c’est donc qu’elle est froide ».
              Le chat est impitoyable aussi.


              • cevennevive cevennevive 9 octobre 2012 17:57

                Bonjour,

                Je ne vais pas faire ma chattemite pour vous dire que j’aime votre article et que j’adore aussi mon gros matou (entier, pas stérilisé), de couleur abricot.

                En ce moment, il est sur le divan, derrière moi pendant que j’écris. Il se fait une petite toilette. Il n’a pas de minettes à séduire, alors il « fait du lard » en prévision de sa saison de courtisan qui commencera autour de Noël.

                 Ah, la toilette des chats... Vous n’en avez pas parlé... Pourtant, quelle élégance, quelle souplesse !

                Savez-vous cette histoire (chinoise, je crois) :

                « Un chien dit : mon maître doit être un roi pour me si bien traiter...
                 »Un chat dit : Je dois être un roi pour que mon maître me traite aussi bien..."

                Merci pour ce petit coin intime et douillet, et cordialement.


                • siatom siatom 9 octobre 2012 18:03

                  à cevennevive

                  Je suis bien conscient de l’aspect lacunaire de cette petite ’’ode au chat’’ Pour la toilette, c’est un spectacle qui me réjouit plus que ’’la piste aux étoiles’’.
                  Si l’histoire que vous contez est chinoise, je vais me mettre illico au mandarin.
                  Amicalement 


                • siatom siatom 9 octobre 2012 17:57

                  à Sandro
                  A qui doit-on payer les royalties à Sandro ou à Prudon ? Ne sommes nous pas devant une entreprise de vente pyramidale ? Qui encaisse le pognon ? Une petite excursion sur l’article en lien m’a donné l’envie d’aller découvrir cet auteur que dans mon ignorance crasse, j’aurais pu confondre avec son presque homonyme joseph dont je me réclamai dans une adolescence anarcho-acnéique


                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 octobre 2012 18:40

                     Pffffffffffff quel enfoiré ce Siatom !

                    Il commence doucement des articles çacomme ensuite il en met des plusieurs ,
                    on jette un zoeil distrait et pour finir dès qu’ on les aperçoivoit on se jette
                    dessus comme le clergé de l’ étage du bas sur une morpionnade pas encore
                     soignée à l’ onguent gris .

                    Si il continue à ce train il va nous falloir bientôt une injection quotidienne autant
                     dire tous les jours . Se préoccupe -t- ttil ( prononcer se préoccupe-t- ttil ) de savoir
                    si notre emploi du temps permet des écarts aussi importants pour se permettre
                    la lecture de ses fadaisements  billevesées et autres j’ m’ en-foutreries qui font qu’ arrivé à la conclusion dont on s’ en bat une sans faire bouger madame Chirac son sac à main ainsi que l’ élastique servant à le tenir fermé .

                    La vie a un sens unique quand tranquille on lit un article écrit à la 
                    plume légère par un qui n’ a rien à dire mais qui sait le faire savoir .

                    Deuxio  : Les chats ne font pas des chiens .

                    Tertio (  prénom inventé place du Tertre par un Italien appelé Sergio muni
                    d’ un léger défaut d’ élocution ) 

                    l’ expression on est félin pour l’ OT est en réalité une phrase dite le 23 Juillet
                    1977 par une employée travaillant à l’ Orifice du Tourisme de Verneuil sur Avre
                     dans lequel ce jour la elle reçut hommage du Chat Botté venu se renseigner
                    sur les meilleures minettes de la ville .

                     


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 octobre 2012 18:47

                      Ct ’histoire de chat botté j’la connais en sept lieux différends !


                    • siatom siatom 9 octobre 2012 19:00

                      Merci à Rocla de rétablir la vérité sur l’origine de l’expression’’On est félins pour l’autre’’ J’ai ’été victime d’une tentative de racket par Sandro mais j’ai résisté Me voilà conforté


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 octobre 2012 19:40

                      Se méfier de Sandro ,

                      Il magouille des trucs à l’ arrière des dauphines .

                      Leur dit des mots bleus aux pétroleuses .

                      De l’ amour pas comme les indiens-constructeurs New-York il a le vertige .

                      Mange des vongolles dans des buis-buis des bords de route .

                      Roule dans des 403 Colombo j’ vais en parler à ma femme .

                      Le mec pas stérile du mot fécond .

                      Rital ....raggazzz


                    • siatom siatom 9 octobre 2012 19:50

                      Vos allusions mesquines à l’encontre des italiens me choquent, en réalité ce sont de bonnes pâtes.


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 octobre 2012 20:05

                      Siatom le mec «  al dente  »

                      l’ eusses tu cru  ?


                    • LeGluonDuPoste LeGluonDuPoste 9 octobre 2012 18:51

                      Mes 5 greffiers me forcent* à plusser moultement cet article bien sympathique smiley

                      * car si le chien est un animal domestique, le chat est un animal AVEC domestique ...


                      • siatom siatom 9 octobre 2012 19:02

                        Je les en remercie, les chats ne sont pas des (ing)rats


                      • LeGluonDuPoste LeGluonDuPoste 9 octobre 2012 19:57

                        pas ingrats non ..... ils sont généreux avec leur maître : ronrons à donf comme on dit, câlins et empathie ...
                        Et pour leur domestique ils ont un sens aigu de l’organisation : chaque chose à LEUR place : mes deux petits nouveaux m’ont donné signifié nuitamment que les trucs sous mon lit n’étaient pas rangés correctement ... Bilan : pleins de trucs exhumés des cartons et mélangés aux moutons sub-matelatesseque .... ça me fait ranger et passer l’aspirateur (arme antichats ultimissime) ... What else ?  smiley


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 octobre 2012 18:55

                        t’ as raison Aïta , j’ l’ ai lu à l’ aPerrault .... smiley


                        • velosolex velosolex 9 octobre 2012 20:15


                          Ils ne croient pas à l’horloge des hommes
                          Qui les somme d’avancer aux clochers des églises
                          Et marcher en rangs serrés sur les champs de bataille
                          Il baille quand on l’appelle, se détache des mains pressés
                          Et s’éloigne sans un regard
                          Sur un mur de pierre entre deux maisons
                          Les serments d’amour, les commémorations
                          Les grands discours, les trompettes et les tambours
                          Lui font baisser les oreilles d’exaspération

                          Seul son ronronnement dilate et ressert le temps
                          Comme le remontoir d’une vieille montre à gousset
                          Il nous hypnotise en fermant les yeux à demi.
                          Alors nous voyons en nous
                          Notre petit monde d’additions, d’épargne, et de verrous
                          Toutes nos collections nous semblent vaines
                          Le malheur vient de très loin
                          Sans doute ressemblons nous trop aux chiens
                          A ces brutes tordues qui par habitude
                          Montrent les crocs et aboient derrière les grilles
                          Qui voudraient manger le soleil
                          Mais ne savent même pas monter aux arbres
                          Pour décrocher d’un miaulement la lune


                          • LeGluonDuPoste LeGluonDuPoste 9 octobre 2012 21:47

                            merci pour votre poème .... smiley

                            « grongronements » d’aise pour la lune descendante ....


                          • velosolex velosolex 10 octobre 2012 09:11

                            Le Glon du poste

                            Entre amoureux des chats, ronronnements et affinités,


                          • siatom siatom 9 octobre 2012 20:30

                            à velosolex

                            J’aime le pseudo nostalgique et le tres beau texte qui suit. Quel en est l’auteur ?


                            • velosolex velosolex 10 octobre 2012 09:08

                              Siatom, puisque vous apprécier, je me permet d’ajouter le début de mon texte

                              Depuis quelques temps, me voici avec un chat
                              j’ai bien peur que ce soit lui qui me possède
                              C’est un animal étrange
                              Maitre des choses et des lieux

                              Que dire de lui, je suis bien embête
                              Une tête, des pattes, une queue
                              Me voici bien sot pour décrire cette comète brillante
                              Je n’ai que de pauvres mots
                              Des épures d’astronome
                              Regardant par un trou de serrure
                              La lune en haut des arbres

                              J’ai beau tourner autour de lui pendant des heures
                              Pas la moindre défaillance, la plus petite imperfection
                              C’est un nombre premier indivisible
                              Un cercle parfait, une pyramide d’egypte
                              Faite de poils soyeux et de souplesse
                              Une énigme dans laquelle personne n’a pu entrer
                              Même les pharaons, à force de le regarder en vain
                              Donnèrent à manger leur langue au chat

                              Quand il dort on dirait un bouddha de porcelaine
                              Ses yeux jaunes sont deux puits de ciel muet
                              Qui lui a appris cette sagesse infinie ?
                              lui qui ne connait rien aux livres
                              Et n’a jamais lu Aristote, Platon ou Noé

                              Il fait plus de profit dans un bol de lait
                              Que dans tout Shakespeare et Homère réunis
                              Tant de facilité m’exaspère
                              Moi qui porte des lunettes, peine à apprendre
                              Et met partout des pense-bêtes
                              Pour me souvenirs de vérités molles
                              Et de morales incertaines

                              C’est un maitre d’école zen
                              Dans l’art de la toilette et du dépouillement
                              Rien que de le regarder faire me débarbouille l’esprit
                              Avec ça, corps élastique, doué en tout
                              Je suis sûr qu’il saurait faire du vélo du premier coup
                              Si seulement il daignait s’y mettre

                              Il faut le voir faire son yoga
                              Quand de sa patte arrière
                              Il se gratte derrière l’oreille
                              Mieux vaut renoncer alors à le suivre
                              Que de se démettre
                              Et c’est la leçon d’humilité du jour

                              Il est maitre des choses et du temps
                              Qui dort en ronronnant à ses cotés
                              Vraiment il faut voir comment les objets
                              Se mettent en quatre pour le satisfaire
                              Et se bricolent des genoux
                              Pour satisfaire ses bonds
                              C’est à peine si je les reconnais
                              Eux qui se cassent, se cachent
                              Et se dérobent entre mes mains
                              Voila qu’ils jouent à la nounou
                              Qu’ils lui racontent des blagues

                              C’est qu’il sait y faire
                              Entre caresses et mépris
                              Il installe où il veut ses lits
                              Il peut passer par le chas d’une aiguille
                              Et enrouler son sommeil d’étoile sur sa pointe aiguisée
                              Avec lui la dureté se dérobe
                              L’ogre se fait fée
                              Et le rocher amoureux se transforme en velours

                               Amitiés


                            • siatom siatom 10 octobre 2012 10:10

                              Pas étonnant de la part de vélosolex le seul engin à moteur empreint de poesie


                            • francesca2 francesca2 9 octobre 2012 21:18

                              Bravo, bel article. 

                              Dieu a inventé le chat pour que l’homme ait un tigre à caresser chez lui, dit Victor Hugo, et c’est assez vrai.
                              Ce qui est amusant c’est cet air intrinsèquement désapprobateur qu’ils ont lorsqu’ils vous regardent..
                              Connaissez-vous Henry, le plus français des chats anglais ? Une amie me l’a récemment présenté : 5 millions d’amis sur YT..

                              • LeGluonDuPoste LeGluonDuPoste 9 octobre 2012 22:07

                                Henry ressemble à mon greffier que je viens de récupérer chez le véto après une bagarre .....

                                Mais le mien est plus .... comment dire .... .... ++ caustique ? :->>

                                Et Monsieur Poil (c’est son nom), pour la porte à chat, il est plus proche de Mac Gyver que de la chatte blonde ... Je suis obligé de mettre un bloc de 30 Kg devant la porte à chat le soir sinon il la bricole pour sortir (les 4 autres attendent la fracturation derrière ... pas fous ...)


                              • siatom siatom 9 octobre 2012 22:22

                                à Francesca

                                Je viens de faire connaissance avec Henri, il est adorable seul bémol, il a un accent terriblement british


                              • francesca2 francesca2 9 octobre 2012 23:07

                                Monsieur Poil plus caustique qu’Henry et aussi bricoleur que Mc Gyver ? 

                                Et bien, bon courage à vous. C’est vrai que ces pestes peuvent déployer des tresors d’ingéniosité pour aller faire la fête.

                                Siatom, c’est assez crispant aux débuts mais peu à peu on s’y habitue...Henry est un très beau chat, ça aide...

                              • alinea Alinea 9 octobre 2012 21:57

                                Ah, super ; un amoureux des chats ; on dit, qu’on aime ou qu’on déteste les chats !
                                Mon angora turc blanche, fidèle depuis onze ans est un peu pénible : c’est : quand elle veut, si elle veut. je n’ai rien à dire. Mais elle comprend tout et elle facétieuse. Je lui pardonne !
                                J’ai écrit cette phrase, il y a longtemps, et j’y ai mis tout mon amour :
                                « Le chat qui ronronne n’est pas un, mais multiple. C’est un baiser de Dieu ».
                                Voilà en gros ce que je pense du chat !


                                • siatom siatom 9 octobre 2012 22:17

                                  à Alinea

                                  Mais si j’en crois les réactions sympathiques que suscite ce petit article, les anti chats ne sont pas passés me rendre visite. C’est finalement et assez curieusement le sujet le plus consensuel dont j’ai parlé. Ou sont passés mes détracteurs habituels ?


                                • alinea Alinea 9 octobre 2012 22:24

                                  siatom : ceux qui n’aiment pas les chats ne sont peut-être pas à ce point haineux pour venir sortir leur fiel sur Avox.


                                • siatom siatom 9 octobre 2012 22:28

                                  Et bien tant mieux,.


                                • siatom siatom 9 octobre 2012 22:25

                                  Puisque ce fil est résolument « catophile » permettez que je vous offre ce lien sur une superbe chanson de Nougaro http://www.youtube.com/watch?v=IcAFkXbyI9s


                                  • alinea Alinea 9 octobre 2012 22:46

                                    C’était le bon temps, quand celui-là était vivant !


                                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 10 octobre 2012 09:39

                                    c’ est un cat pathologique patatras je donne ma langue en Cathy mini

                                    Dotor Siatom

                                    Thèse de ronronthérapie .

                                    33 Cours Sottrot .

                                    Chatleville-Mézières .


                                    • siatom siatom 10 octobre 2012 12:08

                                      Un anti-chats est enfin venu roder pour y cliquer un aboiement réprobateur ; Ou plutôt un ’’moinsseu’r compulsif rompant le consensus.


                                      • Isis-Bastet Isis-Bastet 10 octobre 2012 13:14

                                        Vive les chats ! Tout à fait d’accord avec votre article. Je ne conçois pas ma vie sans mes minettes, je suis accro à elles ! Les chats nous apportent tellement de tendresse.


                                        • Christian Labrune Christian Labrune 10 octobre 2012 22:02

                                          @siatom

                                          Tous ceux qui aiment les chats ne pourront que vous approuver. Je n’en ai plus, mais leurs fantômes sont toujours là.

                                          J’ai vu plusieurs poèmes dans les réactions, mais pas le sonnet de Baudelaire ; je le recopie ci-dessous.

                                          Les amoureux fervents et les savants austères

                                          Aiment également, en leur mûre saison,

                                          Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,

                                          Qui comme eux sont frileux et comme sédentaires.

                                          Amis de la science et de la volupté,

                                          Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;

                                          L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,

                                          S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

                                          Ils prennent en songeant les nobles attitudes

                                          Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,

                                          Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

                                          Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,

                                          Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,

                                          Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.


                                          • paco 11 octobre 2012 09:26

                                             Ben perso j’aime pas les « schiats » ( à prononcer comme Alf, dans la série TV )
                                             Celui qui m’héberge , un atlèthe black panthère aux yeux or, me snobe. il ronronne pas. jamais. Pourtant en loyer je ne suis pas avare en gratouillis et caresses, mais c’est un proprio exigeant, limite marchant de sommeil et qui tient le restau croquettes ouvert pour ses potes h-24. rien n’y fait, aucun ronron. Au juste quelques grognements quand il se frotte les moustaches sur mes vieilles espadrilles trouées pourries. les chaussures de ville il s’en fout. les chemises blanches, il adore, les fait tomber des cintres et s’y love, au poil prés. C’est un dandy pédant qui se perche juste pour me regarder de haut, il se la joue total aussi je planque les clefs de ma décapotable avant ses vadrouilles nocturnes.
                                             j’attends qu’il vieillisse, qu’il mette des poils blancs, en espérant qu’il renouvelle mon bail. Salaud de schiat ! 


                                            • Christian Labrune Christian Labrune 11 octobre 2012 10:03

                                              @paco

                                              Etrange, votre réaction. Si vous n’aimez pas les chats - et tous sont assez semblables à celui que vous décrivez - vous feriez mieux de rendre sa liberté à ce malheureux, avant qu’il ne choisisse d’aller voir ailleurs, ce que, du reste, il ne devrait pas tarder à faire.

                                              Ce qu’il y a de remarquable dans le comportement des chats, c’est justement leur indépendance, leur liberté. Tous sont, pour reprendre votre expression, des dandys. C’est ce qui fait qu’un chat ne se comportera jamais comme un chien.

                                              Je n’ai rien contre les chiens, bien évidemment. Très bien cuisinés, ils peuvent même constituer, pour les chats, une excellente nourriture. 


                                            • siatom siatom 11 octobre 2012 09:42

                                              à Paco

                                              Si j’ai bien compris , votre ’’schiat’’ est ’’schiant’’. Sans doute avez vous une vie trop trépidante pour lui et il ne semble pas apprécier votre laissez aller vestimentaire.
                                              Votre matou est simplement un esthète qui ne vous trouve pas à son niveau et ça le chat grine.un peu.


                                              • siatom siatom 11 octobre 2012 09:45

                                                à christian Labrune

                                                Merci pour ce petit sonnet Beaudelairien. Finalement, ce fil est très poétique et dans ce monde de brutes, qui s’en plaindra ?


                                                • paco 11 octobre 2012 23:20

                                                  il m’a un jour choisi, venant la queue tranchée
                                                  du sang sur mes murs blancs, il m’a bouleversé
                                                  Adopté puis véto, sur ses yeux me penchais,
                                                  un puit d’or liquide, qui depuis m’a berçé.

                                                  libre, il va, vadrouille, me quitte et reviens,
                                                  il provoque et snobe, caline mes copines,
                                                  me toise et miaule, et déteste les chiens,
                                                  puis il m’offre des piafs,le fruit de ses rapines...

                                                  Siatom, tu dis vrai, chat-griné esthète,
                                                  il m’apprend l’élégance, et l’air des riens en douce
                                                  il est ainsi rebelle, il n’en fait qu’a sa tete

                                                  Christian, tes bons conseils, en buvant une mousse,
                                                  m’ont ravi. Cuisiner ? Si le caniche est sec,
                                                  un juteux dobermann ça lui ira impec...


                                                  • siatom siatom 12 octobre 2012 10:02

                                                    Le chat, muse des poetes d’agoravox s’en amuse


                                                  • astus astus 14 octobre 2012 12:31
                                                    Merci à siatom pour ce bel article qui repose un peu de ce qu’on lit habituellement ici. 
                                                    Je ne sais plus qui a dit qu’il préférait les chats aux chiens, car au moins il n’y a pas de chats policiers ! Un anarchiste sans doute, et d’ailleurs une étude récente dont j’ai malheureusement perdu la référence, montrerait que les amoureux des chats se situent préférentiellement à gauche de l’échiquier politique alors que les propriétaires de chiens votent plutôt à droite. La preuve indirecte de cette thèse est qu’il est fréquent d’entendre JF Copé aboyer à tort et à travers, et chacun sait bien que les chats, qui détestent l’eau, n’auraient jamais pu se baigner dans une piscine comme celle de Ziad Takieddine au cap d’Antibes...
                                                    Bien à vous.

                                                    • siatom siatom 14 octobre 2012 21:15

                                                      Merci Asius pour ce gentil commentaire.Pour ce qui concerne la citation sur les chats non policiers, elle est attribuée à Jean Cocteau.
                                                      Quant à l’étude dont vous faites état je ne pense pas qu’elle soit pertinente, je pourrais vous citer le nom d’amoureux célèbres des chats dont l’ancrage ne se situe pas vraiment à gauche : Leotaud, Cocteau, Brassens, Nucera , Céline, Malraux etc..
                                                      Cette vision des choses me parait très réductrice et simpliste. Si j’ose prendre mon petit cas personnel, je me suis senti pendant longtemps de ce côté de l’échiquier mais j’ai définitivement rompu avec et me considère tout simplement comme un républicain. Mon amour pour la gent féline n’en a pas été altéré pour autant. 
                                                      Je connais aussi le très bel album de Tomi Ungerer.
                                                      Félinement votre


                                                    • astus astus 14 octobre 2012 13:47

                                                      Et pour les amateurs de dessin mettant en scène les chats avec humour et talent il y le livre de Tomi Hungerer « Les chats » éditions du Cherche-Midi, 1998, ou « Pas de baiser pour maman », un chef d’oeuvre éducatif qui met aux prises Jo et sa mère, madame Chattemite, (Mouche de l’école des loisirs), et bien sûr Le Chat de Gelluck...


                                                      • siatom siatom 14 octobre 2012 21:17

                                                        J’ai quelque peu écorché votre pseudo astus, , je m’en excuse.


                                                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 octobre 2012 21:36

                                                          tout chat m’ plait .

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