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Urgence écologique, suite

Certains vont encore me demander s'ils peuvent toujours manger des carottes. Allez, je prends le risque de cette interrogation !

Je rappelle donc que je rapporte ici les paroles du prof. Mancuso, botaniste. Il traite de l'évolution de la vie, dans l'article 1 de son dernier livre en date, "La Nazione delle piante". L'objectif est la survie de l'espèce. On en conclut que l'organisme le meilleur serait celui le plus adapté à la survie. Serait-ce l'homme ? Convaincu de sa supériorité, et surtout de celle de son cerveau, l'homme tombe dans le dysfonctionnement cognitif, nommé effet Dunning-Kruger. Les individus peu experts d'un argument surévaluent leurs compétences dans le domaine. Déjà, Socrate affirmait : "Je sais que je ne sais rien". Et Jean Gabin l'a chanté. Il vaut donc mieux se référer à des données objectives.

Les plantes survivent depuis bien plus longtemps que les mammifères et même que les invertébrés (dix millions d'années). Le Ginkho biloba a vraisemblablement 250 millions d'années. La fougère Osmunda cinnamomea a été retrouvée dans une roche de 70 millions d'années et les équisetum étaient présents, il y a 350 millions d'années.

Franchement, l'espèce humaine subsistera-t-elle encore dans 100000 ans ? Ne sommes-nous pas la plus fragile espèce qui peuple la Terre ?

Avec l'agriculture, nous avons modifié en profondeur l'environnement. Nous avons un gros cerveau, mais qu'en faisons-nous ?

L'homme intervient sur les équilibres écologiques aux fins de profits faciles. Et il engendre des catastrophes écologiques. Une histoire révélatrice. Cortès, en 1519, débarque dans la capitale aztèque de Tenochtlàn, l'actuel Mexico. Il y rencontre une population, nombreuse et riche. A l'époque, seuls Naples, Paris, Constantinople pouvaient rivaliser en population avec cette ville. Il y trouva des étoffes d'un rouge ignoré de lui. Il était obtenu grâce à des coccinelles, qui vivaient sur un cactus à palettes du genre Opuntia. Evidemment, les Aztèques furent contraints à livrer annuellement un nombre défini de sacs de ces coccinelles, dont le corps désséché produit la teinture, qui fut appelée le "rouge espagnol". Le monopole en était effectivement espagnol. La teinture se diffusa dans toute l'Europe, et particulièrement en Angleterre, où elle était très prisée. Ce monopole se maintient pendant deux siècles. Des espions britanniques finirent alors par découvrir le secret. Les coccinelles vivaient sur les figuiers de Barbarie. Les Britanniques implantèrent donc des figuiers de Barbarie dans une de leurs possessions, l'Australie. Ils y proliférèrent en abondance. En revanche, les coccinelles moururent. Quel en fut le résultat ? Le figuier de Barbarie a colonisé des territoires énormes puisqu'arrivé en 1788, il se répandait, en 1920, sur une surface de 30 millions d'hectares. Devant cette invasion, le gouvernement australien, effrayé de la destruction des terres agricoles et des pâturages, offrit une somme considérable destinée à qui proposerait une solution. Plusieurs solutions furent présentées. Aucune ne retint l'attention. En 1926, on introduisit le papillon "cactoblastis cactorum", parasite de l'Opuntia, dont il se nourrit des palettes. Le résultat souhaité fut obtenu. Toutefois, des plantes résistantes aux parasites se sont développées. Avec les bateaux, le papillon est arrivé aux Antilles, puis au Mexique, où il détruisit le poule aux oeufs d'or. Edifiant. C'est une des nombreuses démonstrations de ce que l'homme joue avec des mécanismes qu'il ne connaît pas bien et dont les conséquences sont imprévisibles. A tous les niveaux, du microscopique au macroscopique, les communautés entretiennent des rapports étroits, qui sont un des moteurs de la puissance de la vie sur terre. Les communautés vivantes sont en interrelation et elles peuvent agir sur le niveau physique.

La planète entière devrait être envisagée comme un unique être vivant, où les mécanismes d'équilibre, d'homéostasie sont capables de générer des forces et des contre-forces, qui permettent les oscillations d'une ambiance en perpétuelle mutation. En effet, l'homéostasie est un équilibre obtenu par la somme des éléments positifs en équilibre avec la somme des éléments négatifs, c'est-à-dire que le fléau de la balance oscille légèrement en son milieu, sans déséquilibres excessifs. 

Myroise


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2 réactions à cet article    


  • JC_Lavau JC_Lavau 17 octobre 00:41

    Ouaip ! Urgence mycologique !


    • Albert123 17 octobre 11:11

      « Il y trouva des étoffes d’un rouge.Il était obtenu grâce à des coccinelles, »


      non pas des coccinelles mais des cochenilles, vous pouvez pilonner autant de coccinelles que vous voulez aucune teinture rouge n’en ressortira.


      « C’est une des nombreuses démonstrations de ce que l’homme joue avec des mécanismes qu’il ne connaît pas bien »

      on l’a vu avec sainte Greta et la secte des réchauffistes.

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