• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Vers le suicide altruiste

Vers le suicide altruiste

Tous les systèmes clos conduisent au suicide altruiste, ils ne survivent que tant qu’ils détruisent les autres modèles. Nous connaissons cela avec une maladie qui s’appelle le cancer. Mais nous savons aussi que cette capacité de régénérescence est une porte vers l’avenir.

Cette capacité de régénérescence peut permettre à tous les divers organismes de retarder leur vieillissement.

Etrange parallèle entre la biologie et l’économie dont je veux parler.

Qu’en disait Durkheim, il stipule que tout individu trop fortement intégré dans un groupe, peut être amené au suicide altruiste s’il considère que la vie du groupe est plus importante que sa propre existence.

C’est quoi un modèle clos, c’est un modèle qui se mort la queue pour rester fermé, et rejette toutes hypothèses qui altéreraient sa circonvolution si ce n’est d’avoir la souplesse d’un ressort.

 Le système capitaliste est un système clos, son élasticité n’est dû qu’aux différentes applications du « libertarien » au communisme.

Ce n’est pas une philosophie c’est la seule application du désir de posséder pour être soi, édifié sur la valeur travail.

Il s’est construit autour de cela des modèles mathématiques dont les livres d’économies regorgent, et dont le plan comptable est le meilleur exemple.

Il explique que pour satisfaire au désir de possession, toute distribution est une charge, et toute réception une ressource.

Le salaire, la taxe, l’impôt sont des charges et le paiement du client une ressource. Les plus futés ont établi une carte de la circulation de la monnaie qui change d’appellation suivant son usage. Démontre si besoin était que nous tournons en rond, et que la quantité de monnaie disponible permet sa souplesse, ce circuit acquiert ainsi des valeurs différentes et forme un effet ressort.

Nous savons aussi que sa souplesse comporte des limites et parfois il casse, ce sont les crises.

A la cassure, nous appliquons une « soudure », et le ressort retrouve son élasticité.

Mais nous sommes bien d’accord, c’est toujours un ressort, nous ne l’avons pas transformé en un élastique

Ce modèle s’applique au monde industrialisé, y compris dans les pays communistes.

 Il a, on peut le noter au passage, atomisé le don, qui lui-même est devenu source d’exonération.

Avec ce système nous pouvons dire que la gratuité a disparu.

Nous pouvons comprendre que pour développer notre activité sociale, il faut compter notre activité économique, afin ne pas échanger un yacht contre une sucette par une appréciation subjective.

Mais nous pouvons aussi comprendre que cette comptabilisation modifiera notre appréciation subjective et la normalisera sur une échelle standard, résultat d’un modèle clos qui est le plan comptable, avec sa litanie de mesures analytiques ; nécessité me direz-vous certes, mais

modèle clos tout de même, modèle cancérigène car si vous avez une appréciation subjective il la standardisera, il la formatera à son image.

Nous pouvons comprendre que si de nos contacts avec le monde nous en retirons une perception et une vision singulière, si ceux-ci ne sont pas compatibles avec le modèle standard, nous serons rejetés jusqu'à ce que celles-ci soient standardisées par lui.

Pire nous instruisons ses propres gardiens, qui une fois formés deviennent ses meilleurs agents. Nous les choisissons même pour leurs compétences, tel DSK.

C’et un peu comme si un prisonnier instruisait son gardien et qu’ensuite il lui demande la liberté.

Les modèles clos sont le fruit de nos sens que la raison structure comme reflet inexact de ce que nous pensons vrai, applicable à tous.

Tous ceux qui s’en feront le guide de leur existence sont condamnés au suicide altruiste, car individuellement ils formeront un groupe uniforme qu’ils maintiendront, inconscients et incapables de comprendre que ce qu’ils prennent pour leur propre existence n’est que leur formatage au groupe.

L’avenir nous apprendra peut-être à faire cohabiter différents modèles, comptables économiques, fruit de la diversité qui nous habite suivant les territoires où nous naissons.

Pour le moment nous avons à solutionner les oscillations de notre ressort qui absorbe tous les modèles.

Journaux et médias nous disent comment penser et les marchés dirigent les états, il ne nous reste que le choix d’élire nos « tyrans » ou de s’abstenir.

Je pourrais résumer notre difficulté comme cela.

Avec une monnaie forte, l’on achète tout à l’extérieur. Avec une monnaie faible, nous produisons tout, le ressort est la déclinaison entre les deux.

La question est comment trouver une source de revenu si j’achète tout à l’extérieur, ou si je produis tout.

 Réponse modifier la notion de valeur travail sur laquelle repose nos existences.
Ce n’est donc pas une question de mécanismes économiques, mais une question philosophique.
Tous les systèmes clos conduisent au suicide altruiste, qu’ils soient économique, politique, religieux. Pouvons-nous y échapper, l’éternelle question.


Moyenne des avis sur cet article :  4.6/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 31 décembre 2010 14:02

    Tel que l’immolation par le feu de Jan Palach (contre l’horreur communiste) ?


    • ddacoudre ddacoudre 31 décembre 2010 14:49

      bonjour zelectron

      exactement, c’est toujours un sujet sensible a apprécier quand il s’agit d’un acte ayant une porté politique, car les japonais en faisaient tout autant et les fous de dieu idem.
      mais pour Durkeim qui était catholique si ma mémoire est bonne, il reprochait la perte d’une capacité d’être soi et d’apporter un bénéfice a la société par sa singularité, plutôt que de la mettre sous l’éteignoir du dogme, pour lequel l’on peut donner sa vie.

      cordialement bonne année.


    • dogon dogon 1er janvier 2011 17:33

      Plutôt d’accord avec vous, ddacoudre.
      Pourtant, la coexistence de différents systèmes économiques existe bel et bien. Les systèmes dit « alternatifs » se multiplient et ont droit, désormais, de par l’importance qu’ils prennent dans nos économies, à un traitement médiatique (bon ou mauvais est un autre débat). D’où la crainte des « possédants » de se voir dépouillés de possibilité d’asservissement de l’ensemble du domaine économique.
      L’argent n’a pas d’odeur, il n’a pas non plus d’idéologie, la Chine en est l’exemple le plus frappant.
      Mais d’autres systèmes émergent qui n’ont besoin ni de violence, ni de coercition pour vivre. Ici, c’est le Brésil qu’il faut citer ;
      Bonne année à vous.


      • ddacoudre ddacoudre 1er janvier 2011 19:56

        bonjour dogon

        belle référence que ton pseudo.

        tout à fait il y a de at le monde des émergeances dissonantes au modèle standard, la crainte à leur sujet est de les voir phagocyter par les vautour s’ils deviennent une source de profit envisageable, et échapper ainsi à leur direction coopérative ou démocratique.
        bonne année aussi cordialement.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès