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Vous êtes connes

Classes moyennes, dieu que vous êtes connes, que vous êtes moyennes, médiocres et néanmoins majoritaires, ce qui vous permet d’élire le bon, celui qui fera durer l’illusion et même s’il vous ponctionne, comme il le fait tout en délicatesse, il vous fait croire et admettre que tous doivent s’y mettre pour sortir du pétrin.

Vous avez le pouvoir - vous vous mettez au service du pouvoir- et vous faites tourner ce monde rond, enfin rond, dans le sens strict de tourner en rond.

Vous avez bouché vos arrières, sur le passé, en reniant vos origines populaires et vous en êtes encore à considérer le petit peuple comme inapte, inepte, con, disons-le (mais pas plus que vous).

Vous jouez les nantis sûrs de vous, tranquilles, hautains quand ça vous prend, mais au fond pas très profond, se profilent vos névroses, vos peurs voire vos phobies. Mais pour avoir l’air quand même, vous affichez vos libéralités, au sujet du sexe par exemple, qui est bien libre de mouiller pour qui il veut, de faire faire des petiots en éprouvettes ou par des ventres avides tandis que dans vos lofts, vos villas, vos manoirs, vos apparts, vos longères, vous crevez de jalousie, de déprimes et d’envie.

Vous faites tirer votre peau pour que son affaissement ne se voit pas, vous courez sur les sentiers, arrêtez le vin quelques mois, êtes fiers et contents de vos fournisseurs de viande bio, vous êtes larges d’esprit mais votre esprit divague, ne voit ni ne veut rien voir, et vos savoirs sont limités aux meilleures ventes. Votre rapport au monde tient au fil des lignes médiatiques autorisées et comme cela vous flatte et vous agrée, vous ne chercherez pas plus loin.

Vous êtes élégantes néanmoins, à défaut d’être belles, on vous repère dans vos belles bagnoles, vos belles fringues, discrètes et de bon goût, vous n’avez d’originalité que suivre une mode ou l’autre, et cela vous distingue.

Vous avez en vos mains la Justice, l’Instruction, l’Éducation, la Santé, vous êtes ingénieurs, techniciens supérieurs, vous faites rouler l’économie de marché. Vous voyagez, vous bougez, vous faites marcher les transports huppés, les banques, les agences de toutes sortes, vous embauchez des petites mains pour que vos maisons, vos enfants, vos vêtements soient propres, vous ne donnez pas aux pauvres mais aux associations, aux œuvres de bienfaisance qui dégrèvent vos impôts.

Vous êtes le suppôt de tout ce qui va mal et vous n’assumez pas vos responsabilités ; vous engrangez, thésaurisez, épargnez, investissez pour vos vieux jours et pour nantir vos enfants.

Mais vous ne risquez pas d’ouvrir les yeux.

Quand vous êtes de gauche, vous lisez Mediapart ou Politis, et vous vous sentez bien informées ; quand vous êtes de droite vous lisez le Monde ou le Figaro, et vous vous sentez confortées. L’important c’est de tenir sur ses rails en tâchant d’avoir l’air d’être ailleurs, libres. Il est évident pour vous que le modèle que vous servez avec tant de dévotion est le meilleur, aussi désirez-vous de toutes vos forces que ces peuples soumis à des dictateurs sanguinaires, qu’ils soient libyens, irakiens, syriens, iraniens, russes , vénézuéliens ou autres, se libèrent, et applaudissez-vous aux efforts de vos dirigeants pour décapiter leurs bourreaux. Vous êtes tellement convaincues que ces peuples-là ne rêvent que d’une chose : être comme vous, et vous avez bon cœur, alors vous voulez les portes ouvertes pour accueillir ces pauvres hères épris de liberté. Chérie.

En réalité, vous êtes pitoyables, vous reniez vos origines, vous n’avez pas de perspectives autres que votre petit confort, au point de le barricader derrière des barreaux, des quartiers fermés, des serrures multiples et portes sécurisées, des alarmes, des caméras, des interphones qui vous permettent de trier et chasser l’intrus. Vous êtes protégées.

En réalité vous êtes des morts-vivants, des névrosées, vous avez peur de tout, vous ne quittez ni votre agenda ni votre téléphone et vous passez vos vacances, au loin, entre les mains de guides experts qui ne vous font rien rater de ce qu’il faut voir. Vous avez fait l’Asie, si exotique, l’Afrique tellement envoûtante, l’Amérique latine si musicale… mais vous n’oubliez pas pour vos fins de semaines, les petites îles de Méditerranée, les capitales des pays de l’est, et même, comble de curiosité, des petits villages du Lubéron.

Vous avez pris l’habitude, en cette vie, d’être bien accueillies, parce que vous êtes affables, mais si quelque chose cloche, vous vous plaignez et regimbez. Cela n’est pas conforme à l’idée que vous avez du monde et de vous-mêmes, de la société et du savoir-vivre, et c’est intolérable.

Au fond, vous crevez d’ennui mais sans le savoir, toute votre énergie se concentre sur la maintenance, ne pas dérailler ni sortir du virage, on sait où cela mène. Mais à l’intérieur, bien arrimées à vos certitudes, vous pouvez faire illusion.

Ce qui vous caractérise, c’est votre absence totale de créativité ; vous pouvez bricoler, pianoter, chantouiller mais c’est loisir, c’est détente ; au fond, vous occupez votre temps à embellir votre prison. Cela ne vous empêche aucunement de vous sentir supérieures, vous aspirez à la noblesse mais vous avez les pieds dans la gueuserie, aussi composez-vous votre personnage, prenez la pose et pensez en imposer. Vous êtes neutres, informes, mais conformes à ce que l’on attend de vous : voter comme il faut, comme on vous le dit et vous n’hésitez pas, sur injonctions prioritaires, à vous encanailler et sortir dans la rue, bramer que vous êtes tous Charlie.

Souvent veules, toujours lâches, vous ignorez la révolte et vous précipitez sur l’autorisation de l’indignation. Vous interdisez tout ce qui pourrait dépasser, vous gommez les ombres, vous êtes lisses, convenues, prévisibles, terriblement mesquines, et vos grandeurs jouées ne trompent point.

C’est cela le paradis rêvé des pauvres qu’à coups de dettes ils se payent, mais en nylon ? Cette uniformité, cette propension au consensus, cette horreur du conflit, de la parole haute ?

Ce petit confort mou, cette ambition de réussite bien intégrée, circonscrite dans les cadres autorisés, c’est cela l’horizon des pauvres ?

Et c’est sur vous qu’il faut compter, puisque vous êtes le nombre ? Le petit peuple qui travaille, qui produit, conscient, politisé, a été sacrifié au dieu technologie, en voix, il n’est plus grand-chose, tandis que l’autre celui que vous employez, qui vous soigne, qui vous torche quand vous dégénérez, a peut-être bien grande âme mais elle ne suffit pas à tout conscientiser.

Vous avez rêvé d’ascension et vous vous sentez arrivées, parvenues. Et tout ceci est bien corroboré par l’ambiance générale qui considère qu’un pays gagne en notoriété, digne de votre intérêt, quand sa classe moyenne grossit, quand elle peut manger, se goinfrer de viande deux fois par jour, histoire de venger la frugalité des anciens.

Classe bâtarde, née du capitalisme, nécessaire au maintien de celui-ci, une fois rendue exsangue la classe populaire après qu’on a chanté ses faiblesses, déclassé sa culture, éradiqué ses accents, ridiculisé ses métiers en leur substituant, via le cinéma et la publicité, un modèle insipide susceptible de convenir à tous. Classe artificielle, greffe de l’ancien régime, on ne peut que rêver qu’elle regagne ses pénates prolétaires pour qu’enfin on en sorte, de l’ancien régime.

On vous a fait rois, de pacotille, on engraisse les saumons nomades domestiqués en vases clos, on cultive les crevettes, concentré d’horreur, on falsifie le caviar, on multiplie la torture du gavage des oies et des canards volaille qui ne sont plus ces sauvages qui volent si haut qu’ils semblent aller lentement, on a pillé les mers et les océans...il ne reste plus rien.

Figures de proue du capitalisme triomphant, vous mourrez avec lui, alors, il est temps de comprendre, d’ouvrir les yeux et sa conscience, parce qu’on peut s’en sortir de ce bazar à six sous concocté exprès pour nous.

Seulement voilà, la classe moyenne a plus d’un échelon sur son échelle et si celui du bas lorgne la marche d’au-dessus, globalement son ambition s’arrête aux possessions ; aussi ne pouvons-nous pas compter sur ses composantes pour sortir de la prison globale dans la mesure où elles sont arrivées, pour la plupart d’entre elles, là où elles voulaient aller, ou bien y rester si c’est héritage.

Quand quelqu’un se trouve déclassé, c’est plutôt de la haine qu’il ressent, une peur sourde, un sentiment d’injustice, un débordement qu’il est plus facile de déverser, vers le bas. On ne se bat pas pour garder ses privilèges, on se débat, et c’est stérile. D’autant plus que cette classe n’a de variétés que dans son individualisation. Cette séparation se situe au niveau des idées, voire des goûts, des opinions divergentes, ils peuvent s’affronter à ce propos, ce qui ne les empêche pas, tous, de vivre de la même façon. Ceci ressemble à une mousse assez superficielle qui donne à chacun l’impression d’être libre et qui consolide de ce fait leur « monde unique ».

Benasayag oppose la personne, instance de la multiplicité, à l’individu « c’est-à-dire cette entité créée par et pour la culture capitaliste comme s’il s’agissait d’un être autonome et isolé ».

Et ce n’est pas parce qu’il a encore quelque chose à perdre, que cet individu s’arrimera d’autant plus fermement quand il se sentira sur la pente du déclassement, mais bien parce qu’il a perdu la conscience d’ensemble, conséquence inévitable de tous les moyens mis, au travail, en vue d’atomiser les travailleurs, leur ôtant tout sentiment et fierté d’être un maillon indispensable d’une chaîne qui seule produit la richesse, qu’elle soit matérielle, intellectuelle ou scientifique.

Il existe bien encore dans certaines grosses entreprises, par l’entremise des syndicats, une forme de cohésion mais elle ne dépasse guère – ou difficilement comme s’il s’agissait de ravauder une mémoire du passé-, l’espace de la firme. La hiérarchie dans celle-ci sépare le prolétaire de la classe moyenne avec tous ses échelons.

La classe moyenne nous est encore vendue comme progrès indépassable pour le petit peuple qui du coup y aspire, mais on oublie de spécifier sa caractéristique principale : elle est le suppôt du pouvoir et ne peut de ce fait être considérée comme classe tant ceux qui la composent briguent l’individualisme comme dépassement d’une appartenance dépréciée : celle du peuple. Il n’est pas un hasard si le terme « populisme » rallie cette classe moyenne contre lui, qui fuit comme le diable ce passé honni. Ceux de ses jeunes qui en sortent ne font que leur tambouille dans leur coin, leur « ensemble » est une nouvelle famille qu’ils se créent hors de la conscience du Commun.

Personne n’est capable d’envisager se priver – un sacrifice- pour se sortir, et ses congénères, de l’impasse ; quelques-uns se meuvent dans leur branche pour obtenir un octroi, trébuchant et sonnant. Et sont contentés par peu.

Vous vous abandonnez au sort mauvais au nom d’on ne sait quelle illusion que perdure votre anesthésie, mais vous souffrez dans votre intimité physique du retour en boomerang de toutes vos destructions. Et chacun de vos gestes en perpétue la continuation.

L’impuissance vous qualifie, bientôt même à dépenser, et vos agitations ne sont que leurres car vous êtes quelques-uns à descendre dans les rues exprimer votre mécontentement en chansons : mais qui croit qu’une révolution se fait en chantant ?

Ohé ! Il est temps de sortir de son cocon tout tissé d’uniformité égalitaire, ce qui apaise la conscience, - on n’est jamais déçu par ce à quoi on n’a jamais participé, mais on peut l’être par une démission de soi au profit d’une mouvance, d’une parole, d’une providence-, et d’oser voir le monde tel qu’il est. Il est temps de sortir de l’enfance qui voudrait qu’on lui pourvoie ses désirs immédiats, parce que c’est demandé gentiment. Il est temps de mobiliser son courage, après avoir pris conscience que le monde, si nous n’en faisons pas la beauté, nous pouvons la préserver.


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832 réactions à cet article    


  • Ah, nous attendions votre retour. BONJOUR.


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 31 mai 14:57

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      L’autrice parle de connes et qui c’est qui déboule la première ????


    • @Robert Lavigue


      Alinéa est assez grande pour juger,....Nous avons déjà échanger,....

    • Robert Lavigue Robert Lavigue 31 mai 15:07

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Remarquez... Je me réjouis aussi de ce retour.
      Vous aurez quelqu’un avec qui discuter de l’efficacité des bains de siège et toussa !


    • Milka Milka 31 mai 15:07

      @Robert Lavigue
      Et qui c’est qui déboule le premier ?  smiley


    • @Robert Lavigue


      Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est pourquoi un homme supposé « intelligent » suit une conne à la trace. Vous ramassez les miettes ?

    • Robert Lavigue Robert Lavigue 31 mai 15:21

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      J’vais vous confier un secret. Comme tout le monde, je vais directement au fil des commentaires...

      Et, comme il y a une machine à écrire qui en floode au minimum 1329 par mois, statistiquement, il y a de fortes chances qu’il s’en trouve quelques uns dans les vingt premiers !
      En résumé, vous fantasmez une existence que vous n’avez pas.

      PS : Pour ce qui est de ma supposée intelligence, c’est un sujet que je me refuse à aborder avec les vieilles schnocks révisionnistes... C’est à la fois une question d’hygiène et de principe !


    • nono le simplet nono le simplet 31 mai 15:48

      @Robert Lavigue

      J’vais vous confier un secret. Comme tout le monde, je vais directement au fil des commentaires...
      tu parles d’un secret smiley ... par contre « comme tout le monde » ne s’adresse qu’aux commentateurs aigris, compulsifs ou un peu dérangés ... choisis ton/tes adjectif(s)

    • Milka Milka 31 mai 16:03

      @Robert Lavigue
      Tiens bob viens de manger ! 

      Révisionniste

    • @Robert Lavigue


      j’avais l’habitude à Paris en 1985. Toi belge : TU MENS. Bof, on passe son chemin ;

    • velosolex velosolex 31 mai 19:34

      @nono le simplet
      « Vous êtes conne ». Le titre m’a attiré. C’est un titre adolescent, J’ai cru que c’était une nouvelle venue. Après non. Ce n’était pas Antigone, mais Alinea ; Du pareil au même me direz vous...

      Enfin, presque. 
      L’adolescence a des agacements, mais aussi des grâces. 
      L’article ressemble à ces séries de poupées gigognes, qui se dévoilent toutes semblables, au court de leur ouverture. 
      Sous« la conne »,« la classe moyenne ». 
      On n’est pas plus avancé. 
      Les boulets sortent en bordée des écoutilles. On en prend pour son grade. Ne croyez pas que c’est parce que vous lisez Politis que vous n’êtes pas moyen, autant dire nul, disons le
      . Vos déguisements ne trompent pas alinea, égérie révolutionnaire drapée à jamais du drapeau ce la révolution mexicaine. 
      Un moment j’ai eu idée moi aussi de choisir l’avatar du che, regard farouche, béret étoilé.
       Mais franchement, ça n’allait pas avec mon look de beagle. Même installé sur le toit d’une niche, à dévisager la foule.


    • nono le simplet nono le simplet 1er juin 05:42

      @velosolex

      là où je crois qu’alinea se trompe c’est de croire qu’il existe encore une quelconque classe, que ce soit bourgeoise ou ouvrière à part peut être celle des ultra-riches et encore, je me demande ...
      nous vivons dans un monde individualiste de la réussite sociale et du « paraître » ...
      la révolution ou la révolte viennent du désespoir d’une masse, d’une classe mais quand il n’y a ni l’une ni l’autre le désespoir est personnel ou absent et la révolution ne viendra pas ...
      le monde est mal foutu et inégalitaire sous bien des aspects, aucun doute là dessus, mais les solutions pour l’améliorer ne peuvent être que lentes, désespérément lentes mais lentes ...
      « tout change parce que rien ne change » comme dit JFK ...
      je suis un révolutionnaire pacifique, un anarchiste contemplatif qui pense que la révolution est un acte de violence et presque rien d’autre ...

    • velosolex velosolex 1er juin 09:27

      @nono le simplet


      Je vous rejoint dans votre analyse. 
      Je ne crois pas aux lendemains qui chantent, juste aux individus qui le font. 
      Peut être bien qu’Alinea se rassure à sa façon, et que son désespoir cache l’espoir que ses repères d’hier n’ont pas changé. 
      Nous sommes dans une culture de la catastrophe malheureusement, qui va réaliser bientôt dans son coté mortifère, l’unité que l’homme n’a pas réussi à réaliser.
       J’aimerai tant me tromper. 

    • alinea alinea 1er juin 10:25

      @nono le simplet

      Pour y voir plus clair dans un ensemble, on tente de faire des sous-ensembles.
      Celui qui me paraît encore valide est l’opposition exploiteurs/exploités.
      La classe moyenne n’est pas exploiteur mais exploitée ; pour que cette exploitation ne soit pas sujette à révolution, on la bichonne, elle vit bien, on la flatte... ce qui me fait dire qu’elle a tous les atouts des traîtres.
      Elle fait partie du peuple, en opposition à l’oligarchie et au pouvoir politique en place ; dans la sphère assez réduite dans laquelle elle évolue, elle se sent libre : la liberté que donne l’argent,or, cette liberté-là, s’appuie sur l’exclusion des autres et surtout, à quel niveau que l’on regarde, elle pourrit tout, du tarif de l’immobilier et du foncier, au bétonnage généralisé, du saccage des espaces encore sauvages en terrains de jeux, aux voies de communication qui séparent les territoires par des murailles infranchissables, de l’enlaidissement des villes qui sont devenues des décors de musée sans la vie qui en a été expulsée pour se transformer en violence dans les ghettos à pauvres, à l’urbanisation des campagnes....
      À tout cela la classe moyenne a applaudi,parce qu’elle est la seule à en profiter ; elle doit fermer les yeux probablement, en tout cas elle ne voit rien sur son trajet !
      Les oligarques doivent penser qu’aujourd’hui tout le monde est assez abruti pour qu’aucune révolution vraie ait lieu,aussi, cette classe est-elle la seule que l’on puisse ponctionner jusqu’à la rendre précaire, pauvre, exclue, sans risque de révolte. Donc on la ponctionne mais on lui ment encore ( on ne sait jamais) en lui disant que c’est pour la bonne cause : il faut bien rembourser la dette ! La plupart le gobe : il n’y a plus d’argent dit-elle !!!
      Ajouté à cela que l’individualisation a fait son œuvre de manière très profonde, tout roule pour les riches. Sauf, que cela ne durera pas indéfiniment, quand le pouvoir a dépassé la limite, il finit toujours par se casser la gueule... mais ce ne sera pas le peuple, ni la classe moyenne, qui en seront les maîtres d’œuvre ; elles en seront victimes.

    • nono le simplet nono le simplet 1er juin 11:10

      @alinea

      je suis d"accord avec ce que tu dis sauf sur un point, la notion de classe moyenne comme une entité palpable ... je n’y vois que la somme d’individualités ...
      et je ne crois que c’est seulement le pouvoir qui se cassera un jour la gueule mais la société entière, sauf si l’opinion est capable d’évoluer suffisamment vite vers une prise de conscience à l’échelle de la planète ... à mon avis il sera trop tard et même si ça ne l’est pas ce se fera dans le sang et la douleur ...
      sauve qui peut, chacun pour soit ! c’est la devise actuelle que j’arrive à comprendre sans l’approuver bien sûr !

    • oncle archibald 1er juin 11:14

      @alinea : « dans un ensemble, on tente de faire des sous-ensembles. Celui qui me paraît encore valide est l’opposition exploiteurs/exploités. »

      Et la notion de contrat, elle vous dit quoi ? Je suis boulanger et je sais faire du bon pain. Je le vends poil plus cher que mon voisin et pourtant il y a la queue devant ma boutique. Celui qui achète mon pain est libre.

      Je suis ingénieur, j’ai fait de longues études après un concours d’entrée difficile qui implique de passer deux ans de prépa particulièrement pénible. En fin d’études je trouve un stage dans une belle entreprise qui me dit OK on te forme mais ça n’est pas pour que tu tailles chez un concurrent. J’ai mon premier emploi dès que je suis diplômé. Je bosse beaucoup et je suis bien payé. Il est ou le problème ?

      Ma boite est revendue à des cons qui la laissent péricliter mais je n’ai aucun mal à partir chez un concurrent, comme les exécutants d’ailleurs ! Le contrat de travail qu’on nous propose est plutôt mieux que le précédent et nous l’acceptons. Il est ou le problème ?

      Le problème c’est l’insuffisance de qualification. Tous les emplois peu qualifiés sont appelés à disparaitre, j’en sais quelque chose ma boite conçoit, fabrique, installe et entretient des machines automatisées ou robotisées pour remplacer ces emplois.

      Le problème c’est une mauvaise appréciation des marchés. Si on veut fabriquer et vendre des casseroles en France il y a intérêt à se mettre sur un marché « de niche ». Des casseroles très haut de gamme qui durent une vie et se transmettent par héritage, sinon les casseroles « jetables » ce sont les petits chinois qui les fabriquent et les multinationales qui les vendent aux centrales d’achat des grandes surfaces.

      J’ai l’habitude d’aller marcher et aussi pêcher en haute montagne dans une suite de lacs naturels sur les pentes du Carlit. Il y a trente ans nous étions une poignée à jouir de ces paysages et de ces truites fario, nous y prenions grand plaisir mis ne savions pas être des « privilègiés ». Aujourd’hui les « touristes » débarquent par autobus entiers et le petit sentier qui monte jusqu’au « soubirans » est devenue une espèce d’autoroute piétonnière ! Le jour de l’ouverture il faut presque jouer des coudes pour avoir une place au bord d’un lac.

      Ça m’emmerde beaucoup mais à la réflexion, pourquoi la « masse » des gens n’aurait elle pas le droit comme moi de voir le soleil se lever derrière les sommets, d’entendre siffler les marmottes, de voir une harde d’izards traverser le névé, de se faire grignotter les biscuits dans le sac posé dans l’herbe par une hermine affamée ?

      Je vous trouve bien aigrie. La vie est belle quand on a l’indispensable et que l’on sait se contenter de ce que l’on a.


    • velosolex velosolex 1er juin 13:00

      @nono le simplet
      Tous les paramètres sont au rouge, l’aveuglement nucléaire en étant la tête de pont, une ouverture à lui seul d’un éventail de catastrophes en chaîne, synergiques...Certains s’en prennent à l’écologie, comme si c’était une opinion politique, d’autres aux assistés, comme si c’était non le résultat, mais la cause d’un choix de société mortifère. 

      Certains écologistes, comme Julien Wonitza qui à rejoint Paul Watson pensent qu’il est trop tard, et que la catastrophe finale aura lieu à peu près dans quinze ans, comme le pronostiquait le club de Rome. Un peu plus, un peu moins, sans doute. 
      Mais il n’y a plus d’amortisseur, même plus de classe sociale, rien que des opportunistes, au fur et à mesure qu’on met le radeau de la méduse à l’eau. Pour le moment, certains pensent qu’on peut encore remettre le navire à flot. Mais ce sont eux qui ont des actions dans la compagnie

    • Djam Djam 1er juin 13:12

      @Robert Lavigue

      M’enfin Lavigne !!?? c’est quoi ces insultes déguisées à l’encontre d’un(e) auteur dont, visiblement, vous ne partagez pas les commentaires ??
      Si vous n’aimez pas l’article ou certains commentateurs, et bien vous passez votre chemin, non ? A quoi vous sert donc, à vous comme à beaucoup d’autres qui font comme vous, d’insulter, de mépriser, de tourner en dérision ? Croyez-vous vraiment détenir LA vérité et exprimer de la haute volée intellectuelle ?
      Soit vous débattez, en ligne je vous l’accorde ce n’est pas simple et les interprétations y vont bon train, j’en sais quelque chose, soit vous vous abstenez... essayez, vous verrez c’est très reposant smiley

    • nono le simplet nono le simplet 1er juin 16:17

      @velosolex

      concernant le nucléaire nous, français regardons avec un miroir déformant ... le nucléaire est moribond depuis plus de 10 ans dans le monde, ce qui ne nous empêchera pas d’en payer les conséquences encore plus que les autres, Ukraine et Japon exceptés ... enfin, j’espère ...
      pour le reste je partage ton pessimisme ... même si une conscience se réveille lentement j’ai peur aussi que ce soit trop tard ... le XXI siécle sera écologique ou ne sera pas !

    • mmbbb 3 juin 08:00

      @alinea les revolutions se terminent toujours dans le sang et l ordre ancien est toujours preserve Par ailleurs cette classe moyenne ou haute est plus préoccupée par la misere du monde que celle des francais Cette classe moyenne aime prendre l avion et contempler la misere du monde En revenant en france , elle trouve notre condition acceptable , cette calsse moyenne est moralisatrice vive la migration vive les femmes voilees vive les libertariennes qui sont les chantres de cette nouvelle condition de la femme


    • Milka Milka 31 mai 14:55

      La classe moyenne gère à brève échéance. Pas comme le prolo qui gère au quotidien. Elle attend d’être dégradée en place public ( CAC 40 ). Elle recule, elle atermoie . Et vous savez bien que plus tu recules, plus on t’......S !  smiley



      • covadonga*722 covadonga*722 31 mai 22:30

        @Milka
        en meme temps la leçon faites aux classes moyennes par un petit hobereau/te installé/e aux champs avec chevaux et 4x4 tractant le van ça vous donne a la bourgeoise bio-sain un air de révolutionnaire.

        Si en plus vous parsemez le tout de dialectique et du référentiel de la France insoumise.
        L’ auteuse  : parlant des classes moyennes et les affublant d’un adjectif quelle croit spirituel 
        se mire en son miroir car comme le dit G Servat dans un de ses textes .
        en croyant pourchasser votre ennemi de classe , 
        vous courez après vous comme un chien mord sa queue




      • JC_Lavau JC_Lavau 3 juin 13:39

        @covadonga*722. C’est toute la grâce du raisonnement par insultes.


      • alinea alinea 3 juin 14:05

        @JC_Lavau
        Regardons : le scientifique qui oublie de regarder du côté de sa mère, puis, de son nombril, le prolo, qui surfe sur les ambigus et qui revient de tout, et qui trouve, oh miracle, le pseudo sur lequel ils peuvent à coups sûrs lancer leur petit fiel.C’est un jeu, moi il ne me fait pas plaisir, vous, il ne vous mène à rien !Je voulais vous le dire, vous êtes intelligents c’est pourquoi je mordais à vos hameçons, mais votre intelligence n’a pas suffi pour régler vos problèmes, tellement humains, papa maman tout ça. Et quand on ne veut pas s’en sortir de ces problèmes là, c’est comme si l’on courait derrière le cancer Parkinson Alzheimer, pour pouvoir laisser tomber le poids de plus en plus lourd de ses dénis.Voilà les petits amis, vous ne pourrez plus vous servir de moi, mais vous vous êtes tellement dévoilés à mes yeux que ce fut un plaisir.


      • JC_Lavau JC_Lavau 3 juin 14:19

        @alinea. Ah ? Admirez la Reine-mère qui se vantait d’avoir protégé la criminalité féminine parce qu’elle est féminine. Rien ne comptait plus à ses yeux que la guerre sexiste de misandrie, contre tous les mâles à portée de son tir.

        D’autre liens sur la criminalité féminine et sournoise dans ma famille d’origine ? Sur la corruption matriarcale et misandre pour acheter des supplétives ?

        On prépare aussi d’autres liens sur la criminalité misandre et sournoise sur Gorgonavox. Là j’ai pris du retard sur une actualité haletante.

        Bouc-émissairement vôtre.

      • @JC_Lavau

        Lavau, vous flottez dans les mauvaises mèr(es) et avec vous on s’y père.La Maman des poissons
        Si l’on ne voit pas pleurer les poissons
        Qui sont dans l’eau profonde
        C’est que jamais quand ils sont polissons
        Leur maman ne les gronde
        Quand ils s’oublient à faire pipi au lit
        Ou bien sur leurs chaussettes
        Ou à cracher comme des pas polis
        Elle reste muette
        La maman des poissons elle est bien gentille !
        Ell’ ne leur fait jamais la vie
        Ne leur fait jamais de tartine
        Ils mangent quand ils ont envie
        Et quand ça a dîné ça r’dîne
        La maman des poissons elle a l’oil tout rond
        On ne la voit jamais froncer les sourcils
        Ses petits l’aiment bien, elle est bien gentille
        Et moi je l’aime bien avec du citron
        La maman des poissons elle est bien gentille !
        S’ils veulent prendre un petit ver
        Elle les approuve des deux ouïes
        Leur montrant comment sans ennuis
        On les






















      • Lave l’eau, vous y verrez plus clair. 


      • JC_Lavau JC_Lavau 3 juin 14:28

        @Mélusine etc.

        Si l’on ne voit pas pleurer les papas
        Qui sont dans l’eau bouillante
        C’est qu’on les enfonce plus profond sous l’bouillon,
        En punition d’leur demande !

        Refrain :
        L’injustice, dans ç’pays, elle est féministe !
        ...

        Autre refrain à utiliser :

        La maman du papa, elle est despotique !
        ...

        A suivre. 

        Désolé, je suis très mauvais versificateur.


      • JC_Lavau JC_Lavau 3 juin 14:38

        @Mélusine etc. : d’autant plus despotique que les chances de gouverner encore le monde par l’attrait sexuel se sont envolées.


      • @JC_Lavau


        il faut reco« naître » un fait. Il est plus aisé pour une femme de quitter les jupes de leur mère (quoique) : la rivalité les y aide. 

      • alinea alinea 3 juin 14:43

        @JC_Lavau

        Je vous reproche de rester rivés à vos malheurs, et de penser les panser en attaquant tout ce qui bouge ; je ne suis pas la reine-mère ni la fée Carabosse, et, honnêtement, vous perdez votre temps, votre énergie à m’attaquer.
        Je ne vous connais pas, je n’ai strictement rien à foutre de vous, vous pouvez bien crever dans la bulle que vous ne voulez pas crever, mais bon dieu, pourquoi tout ça ?
        Vous êtes-vous un minimum intéressé, - pour relativiser-, aux péquins qui en ont pris plein la gueule et pire, autour de vous ?
        Je pensais à vous quand j’écrivais : la science bouche l’horizon du scientifique. Mais je parle d’un monde dont vous n’avez même pas idée !!

      • @JC_Lavau


        Gouverner le monde par l’attrait sexuel, voilà qui m’interpelle,..Vous voulez parler de Kennedy qui demandait à Madame Claude de lui trouver des femmes qui ressemblaient à Jackie ???? en plus dé « vers » gondée

      • JC_Lavau JC_Lavau 3 juin 14:52

        @alinea. Quelle surprise ! Encore un raisonnement par insultes et par calomnies !

        Et c’est ça qui se prend pour le sel de la Terre, en pourfendant tous les incroyants.

      • mmbbb 3 juin 19:00

        @alinea et vous ? On s en tape Vive la ferme des mille vaches Que le paysan dans les cevennes ne soit plus qu un souvenir . Bétonnons les Cevennes le Larzac de Bove, cette grande gueule afin d accueillir les migrants Construisons ex nihilo des villes, Implantons des champs d eoliennes Vos regions serviront au destin national 


      • Clark Kent Clark Kent 31 mai 14:57

        « Aujourd’hui, la notion même de classe moyenne ne veut sociologiquement plus rien dire puisqu’il est extrêmement difficile de lui donner une définition »scientifique« , elle sert encore d’illusion pour un peuple qui a honte de son état ou de déguisement pour certains membres des classes supérieures qui refusent de s’assumer comme tel. »
        Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin - Recherche le peuple désespérément - 2009, page 13


        • Milka Milka 31 mai 15:05

          @Clark Kent
          Oui on a dit la même chose de la classe ouvrière : ’La lutte des classes c’est finie, car la classe ouvrière n’existe plus ’ . (François Léotard).

          En gros Superman tu nous dis la même chose ... 


        • Clark Kent Clark Kent 31 mai 15:13

          @Milka

          La petite bourgeoisie (artisans, commerçants, cadres moyens, etc...) a peu de pouvoir de transformer la société : elle ne peut pas s’organiser parce que la concurrence du marché positionne ses membres les uns contre les autres. En plus, elle n’a ni conscience ni envie d’avoir conscience de constituer une classe sociale.

          C’est seulement une catégorie fiscale qui se définit par le montant de ses revenus imposables, pas par un rapport de production.

        • oncle archibald 31 mai 15:52

          @Clark Kent :

          Si ce que vous appelez « la petite bourgeoisie » (retournez vous pour dégueuler) et définissez comme étant les artisans, les commerçants, les cadres moyens, etc... n’ont aucunement l’ambition de transformer la société ni conscience de constituer une classe sociale, reconnaissez que ce sont « ces gens là » qui font que tous les autres peuvent vivre ....

          Un artisan c’est un bon ouvrier, au sens le plus noble, celui qui fait « l’oeuvre ». Si vous voulez des meubles qui ne soient pas des « consommables » bons à jeter au bout de trois ans il faut passer par la case menuisier ébéniste plus tapissier. Un paysan c’est celui qui vous permet de bouffer en élevant convenablement une bête de boucherie et le boucher c’est celui qui sait découper proprement cette viande à votre convenance.

          Tous ces gens là bossent sans compter leurs heures et il vaut mieux pour eux qu’ils n’essayent pas de calculer leur rémunération horaire, ça leur donnerait envie d’être fonctionnaires ! Alors certes ils n’ont pas conscience de constituer une classe sociale parce qu’ils ont mieux à faire : bosser pour leur propre satisfaction et celle de leurs clients !

          Ils ne gagnent pas tous beaucoup d’argent, et ceux qui en gagnent plus que d’autres ne le volent à personne, c’est juste qu’ils bossent davantage ou qu’ils ont plus de talent. La politique ils regardent ça de loin, c’est pas leur truc, et je ne vois rien de méprisable à cela !


        • sls0 sls0 31 mai 15:54

          @Clark Kent
          Lorsqu’est arrivé une énergie facile et pas chère (surtout le pétrole) ça a permis une surproduction qui cadrait bien avec le fordisme.

          Habituellement l’encadrement de haut niveau c’était le 1% les plus riches. Face à cette surproduction le 1% n’avait plus les effectifs suffisants, il a fallu ouvrir le savoir à une partie des 99% pour palier au manque d’effectifs coté 1%.
          Il a aussi fallu augmenter la connaissance de certains suite à des process plus pointus.
          Voilà la création de la classe moyenne telle que décrite par Alinéa.

          Il y a des revenus :
          1) Qui permettent de survivre.
          2) Qui permettent de vivre correctement.
          3) qui permettent de vivre correctement et d’en mettre de coté pour les générations suivantes, il y a augmentation de revenus inter générations.
          4) qui permettent de vivre sur les intérêts de son capital et de l’amplifier.

          Avant l’énergie facile il n’y avait que le 1 et le 4.
          Au début de l’énergie facile ou 30 glorieuses, le 1 est passé en 2, le trois faisait son apparition et le 4 un peu mouillé par la période collaborationniste était discret.
          Dans les années 70 il y en avait assez our 2, 3 et 4.
          Dans les années 80, il y en a un peu moins mais surtout le 4 se décomplexe et reprend du poil de la bête et commence à renoyauter la politique et a imposer le tout financier.

          De nos jours, on essai de replacer le 2 en 1, le 3 est appelé à disparaitre en partie suite à la fin de l’énergie facile et des ressources infinies cause de sa création.
          Ensuite retour à une recette qui a fait ses preuves depuis le néolitique : 1% de riches et 99% de pauvres.
          Le PIB mondial a fait un bon avec l’énergie pas chère, c’est parfaitement corrélé. Les pauvres du moins une partie dans l’hémisphère nord sont devenus moins pauvres et les riches ont accumulé un trésor de guerre énorme.
          Moins d’énergie retour à la case départ sauf que dans le trésor de guerre il y a les ressources alimentaires qui on fortement grossi.


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