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Accueil du site > Tribune Libre > Woodstock... Capote !

Woodstock... Capote !

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Il y a 50 ans (déjà !), eut lieu le plus grand festival de musique en plein air du XXème siècle. Cette folie qui réunit plus de 1 demi million de spectateurs se tint à Bethel, à l’extrême sud-ouest de l’Etat de New York entre le 15 et le 18 août 69.

Les coulisses du festival

Le lieu : sur les 235 hectares sur les terres de la ferme laitière du fermier Max Yasgur.

L’organisateur : Le festival est né d'une idée commerciale : Michael Lang le producteur, jeune hippie, organisateur du Miami Pop festival qui avait attiré 100 000 personnes, veut tirer de la recette d'un nouveau festival les fonds suffisants à l'achat de son studio d'enregistrement.

La publicité : « Trois jours de paix et de combats. Des centaines d'hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l'air pur. »

Le déroulement : 180.000 tickets avaient été prévendus, mais le soir du 15 août, vu le monde qui s’entassait sur les routes, le concert devient gratuit. Ce soir là, 200.000 personnes en + écrasant les barrières qui vinrent grossir la foule déjà compacte. A tel point que certains artistes furent bloqués dans les embouteillages et ne purent jouer. Sur les 3 jours, des artistes les plus en vue, tels que Jimmy Hendrix, Janis Joplin, les Who et bien d’autres, qui deviendront en un instant des stars internationales telles que : Joe Cocker, Richie Havens et son « freedom, freedom », l’hymne de Woodstock, Simon & Garfunkel ; tous ces musiciens firent, que beaucoup de festivaliers présents se rappellent « qu’ils jouaient comme si cela était leur dernier concert avant de disparaître ». A signaler que les Doors, les Beatles, les Stones et Bob Dylan avaient refusé de venir... Pour eux déjà c’était : money talks.(l’argent parle !)

Les conditions : On peut dire qu’elles furent apocalyptiques : une tempête de vent qui fit voler les tentes, des trombes d’eau qui poussa l’organisation à couper le courant par risque d’électrocution, le manque de ravitaillement en eau potable, en aliments pour des spectateurs transis de froid, pataugeant dans une marée de boue, et des toilettes qui débordent...Pourtant, drogue aidant, tout se passa bien, et il n’y eu à déplorer aucune violence, aucun blessé ou mort, il y eu même deux naissances alors que le Jefferson Airplane jouait. Quant au passage des artistes sur scène, ce fut un vrai capharnaüm, à tel point que Jimmy Hendrix, qui devait clôturer le festival, ne put jouer que le lundi matin à 9 heures... Devant une foule qui se clairsemait et s’en allait, car, pour la plupart, il fallait retourner au boulot tout hippies qu’ils étaient.

L’aftermath  : L’organisation perdit une fortune, mais se rattrapa sur les droits du film, le fermier lui, fut poursuivi par ses voisins et en moins de 3 ans Janie, Jimmy et Jim s’étaient tus à jamais, et entraient dans la légende du Rock & Roll of fame...

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Juillet/Août 2019

Annoncé comme ça : « Hippies are back. Or eventually not » = Les hippies sont de retour, ou peut-être pas...

Le 31 juillet, le grand concert anniversaire du festival de Woodstock entre le 15 et 18 août a été annulé.[1] Michael Lang, l’organisateur du 1er festival d’il y a 50 ans à mis les clefs sous la porte... Défections des artistes, trop de changements de lieux et en plus des problèmes de financements, avec un sponsor principal qui lâche 2 mois avant ; tout ça accumulé fait, qu’il n’y aura pas de Woodstock 2 ; Et pour beaucoup, c’est un bien.

En remettant dans son contexte d’époque, en fond de toile il y avait cette énorme contestation contre la guerre au Vietnam et la lutte ouverte contre la ségrégation et le racisme. En cet été 69, suite à un raid de la police américaine au bar du Stonewall Inn, à New-York, des émeutes marquèrent le point de départ de la lutte pour les droits civiques des homosexuels.

Durant ce summer of love, l’Amérique réalise qu’elle peut engendrer des génies musicaux, mais aussi des Charles Manson qui a fait assassiner l'actrice Sharon Tate, épouse de Roman Polanski et quatre autres de ses amis par trois membres de sa secte. Pour beaucoup, ce mois d’août est ce qui est appelé « la fin de l’innocence »... Sur seulement quelques années, il y eu une jeunesse habitée par un rêve utopique, celui, de construire un monde harmonieux, de paix et bien meilleur...Cependant, déjà, les grands méchants loups veillaient au grain et... « Ils », cette meute assoiffée a pris le control total en cet an 2019. Qu’aurait été cet événement historique point 2 ? A coup sur, une machine à cash, car quelle idéologie et aspiration eut motivé ce « revival » du peace & love ? D’ailleurs, les artistes pressentis ont été payés d’avance, et comme tout est annulé, ils garderont leur cachet ; L’organisateur a proposé qu’ils versent 10% à une association... Qui attend encore. Et puis, Beyoncé, Jay-Z, Miley Cyrus, vus dans leurs clips sur MTV « ça le fait  », mais, là, au milieu d’un champ d’herbe (qui se fume ?), sous la pluie, la gadoue, l’odeur de merguez, ben « ça le fait pas »... Et puis, toutes ces normes de sécurité, sans compter les prix délirants des billets, les exigences des stars, les retransmissions du barnum, les contrats longs comme le bras, fait que le showbiz s’est lui-même sabordé, pourtant il n’y a pas de meilleur business comme le show-business. Ce n’est plus qu’un truc parmi tant d’autres qui est là pour engranger des pépettes et ne fait plus rêver... Prenez vos rêves pour des réalité qu’ils disaient. L’esprit Woodstock est bien mort et tous ces jeunes gens à l’époque pétris d’idéaux, sont à l’heure de leurs 70 ans devenus des petits vieux peureux, content en comptant leurs sous... Hargggg ! La vie, quelle bitch !

Woodstock... Capote, car kaput !

Georges Zeter/août 2019

Beaucoup d’infos pour cet article viennent de wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Woodstock

L'histoire de Woodstock en 4,18 minutes



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17 réactions à cet article    


  • In Bruges In Bruges 1er août 18:54

    True, man.

    ( Truman Capote, l’avez comprite en Suisse ?)


    • Paul Leleu 4 août 16:25

      @In Bruges

      pendant que les enfants de la bourgeoisie américaine faisaient la révolution à Woodstock, les enfants d’ouvriers américains crevaient au Viet-Nam...

      comme vous le rappelez, Woodstock était une initiative commerciale... comme tous les festivals et le mouvement rock en général... et ces mêmes jeunes gens ont été le coeur de la bourgeoisie yuppie des années 80-90...

      aujourd’hui encore il y a des masses qui s’imaginent que se droguer est une forme de révolution... bon... faut pas confondre s’amuser et se révolter (sauf pour les fils à papa)

      certains ne se sont toujours pas rendu compte que les rockstar roulaient en Prosche ou volaient en Jet-Privé pendant que leurs « camarades rebelles » allaient en 206 diesel d’occas’ ou en Ouibus...

      quant au contenu artistique, il est à l’exacte image du contenu politique...

      bref, la dillution totale de l’esprit de classe dans le « cool » bourgeois... résumé du rock


    • foufouille foufouille 1er août 19:14

      vu les « artistes » c’était bidon.

      il existe d’autres festival bien meilleur.


      • Paul Leleu 4 août 16:29

        @foufouille

        de toutes façons, le jazz-rock-rap à la base c’est la dillution de l’identité de classe dans le « cool » bourgeois... après, on peut toujours chipoter... mais c’est une vaste entreprise de soumission qui a parfaitement fonctionnée (suffit de voir l’évolution ces dernières décennies)...

        bien loin de « donner la parole » au peuple, le rock lui a en fait confisqué la parole... (par le truchement du « cool » bourgeois)...

        on arrive à chier sur la gauche de gouverment et sur le réformisme... mais on n’arrive pas encore à chier sur le rock... trop de politiquement correct encore


      • Super,,,
        Un festival , une époque, une musique qui rendent jaloux beaucoup, beaucoup de monde....(on ne choisit pas sa date de naissance) c’est comme ça.. !

        Cette génération woodstock et la suivante ont commis des erreurs mais la plus conne d’avoir enfanté une mentalité de beauf cher leur héritier .

         


        • Paul Leleu 4 août 16:36

          @SPQR Sono Pazzi Questi Romani

          ben la mentalité de beauf était parfaitement exprimée dans cette musique nombriliste, molle, déculturée et régressive... qui est à la vraie musique ce que Cohn-Bendit est à la révolution...

          mais il est interdit de critiquer cette institution bourgeoise et cul-bénie qu’est le rock... c’est drôle n’est-ce-pas ?

          le rock c’est vraiment le puritanisme de notre époque... le son de notre soumission... le rythme de notre... enfin, vous voyez...

          le rock, c’est l’unanimisme de l’anarchisme impuissant, qui sert de substrat culturel à l’exploité moyen de notre société occidentale...

          et au fond, les gens sont bien contents comme ça... c’est ça le rock


        • Shopi 2 août 06:57

          En tant que vieille bab (..a cool), profondément marquée par Woodstock, je préfère aussi rester sur l’original, avec le DVD que je regarde de temps en temps et les CD.

          C’était une trop belle histoire pour être dupliquée...

          Et je ne pense pas qu’on y aurait retrouvé l’esprit Peace & Love mais plutôt screens & cash


          • cevennevive cevennevive 2 août 08:30

            Bonjour,

            « et tous ces jeunes gens à l’époque pétris d’idéaux, sont à l’heure de leurs 70 ans devenus des petits vieux peureux, content en comptant leurs sous...  »

            Taratata George ! Non, non, non ! Pas tous, pas tous ! 

            L’esprit de Woodstock est mort, il ne reviendra plus. Mais nous sommes nombreux à garder cet espoir, cet envol et cette soif de liberté.

            « Ils » étaient allés sur la lune (?). « Ils » regardaient ce rassemblement comme un moment folklorique et un rassemblement de jobards. Et « ils » ont démoli nos rêves.

            Alors, aujourd’hui, la colombe est enchaînée au sol. Il n’y a plus que l’argent, le mensonge et la morale bien pensante.

            Tant pis pour nous, tant pis pour eux...

            « Les petits vieux de 70 ans » les méprisent et gardent leurs rêves.

            Bien à toi.


            • Nowhere Man 2 août 14:24

              Simon & Garfunkel n’étaient pas présents en revanche il faut mentionner CSN&Y, 20 Years After, Santana ou Cannes Heat parmi les grands moments.

              Les Beatles ont donné leur dernier concert en 66. C’est en août 69 que le groupe s’est retrouvé pour la dernière fois de son existence en studio pour Abbey Road. C’est à ce moment-là que les Beatles ont cessé d’exister. Alors Woodstock...


              • zygzornifle zygzornifle 2 août 15:37

                ça se passerait maintenant en France Macron, Castaner et E.Philippe feraient un carnage de l’autre monde ....


                • cevennevive cevennevive 2 août 16:21

                  @zygzornifle bonjour,

                  Hélas !
                  On pourrait leur chanter, à la manière de Country Joe :
                  « Give me a F ! Give me a U ! Give me a C ! Give me a K ! »

                  Pauvres croquemitaines ! Ils ne savent pas que leur vilain renom est éphémère et qu’un jour, ils subiront les mêmes turpitudes qu’ils infligent... (je suis un peu bouddhiste et je crois que l’on est toujours puni par là où l’on a péché).


                • Paul Leleu 4 août 16:51

                  @zygzornifle

                  je vous trouve subitement bien consensuel Monsieur Zygzornifle... des festivals de rock autres « musiques actuelles » il y en a tous les jours en France...

                  Macron en a même organisé un à l’Elysée pour la fête de la musique l’année dernière


                • Pauline pas Bismutée 2 août 16:02

                  Bien d’accord avec Cevennevive,

                  Pas tous, pas tous ! Trop jeune pour Woodstock (y suis passée par hasard 40 ans trop tard !), mais … Certains d’entre nous s’accrochent à leurs rêves, et essaient de danser (et souvent trébucher !) légers sur cette planète, avec un peu d’intégrité … Certainement pas parfaits non, mais sûrement pas « petits vieux peureux, content en comptant leurs sous... »

                  Mais sûrement de plus en plus dur de vivre dans un monde sans Leonard Cohen (et d’autres) …


                  • AlLusion AlLusion 2 août 16:21

                    Dernièrement, c’était Tomorrowland...

                    Une évolution après 50 ans ?

                    Une révolution ?


                    • Paul Leleu 4 août 16:43

                      @AlLusion

                      oh là mon brave ! ... remettre en question woodstock c’est comme pincer les poils de vos aînés... remettre en question leur mièvrerie et leur hypocrisie...

                      Wooodstock c’est la vache sacrée... le rock c’est l’eau bénite de l’occidental moyen... grâce au « rock » il s’est émancipé... bref, il s’est libéré et rapproché du dieu moderne : son MOI...

                      depuis ds décennies ce son mou et invertébré (compensé par une amplification électro-nucléaire) sert de substrat esthétique et culturel à l’occidental moyen, qui fait semblant d’être indigné, encore plus semblant d’être révolté, alors qu’il se complait totalement dans sa situation... il se donne des postures de rebelles alors qu’il est profondément soumis...

                      le rock c’est l’expression esthétique de la dilution de l’esprit de classe dans le « cool » petit bourgeois


                    • Nowhere Man 2 août 16:30

                      Tarantino a introduit dans la bande son de Django le fameux Freedom de Richie Havens qui a fait l’ouverture du festival et qui aurait été improvisé. A voir et à écouter :

                      https://www.youtube.com/watch?v=ZTTUyfxZZnA


                      • Paul Leleu 4 août 16:49

                        Woodstock et le rock : quand on est passé de la révolution en acte à la révolution en paroles...

                        des propos hyper radicaux sur une musique hyper consensuelle : c’est cela objectivement que l’analyse musicologique du rock...

                        en traduction populaire on dit : « que de la gueule »...

                        aujourd’hui encore il est impossible de critiquer ces vaches sacrées sans faire sortir de leurs gonds les vieux (et les jeunes) 68ards... ils critiquent la gauche de gouvernement et conspuent le réformisme, ils chient sur Cohn-Bendit, mais ils n’ont pas encore renversé le rock qui leur a vidé la tête et les entrailles

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