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Accueil du site > Tribune Libre > Politiques & citoyens > Le mystérieux rôle des Banques centrales

Le mystérieux rôle des Banques centrales

La crise financière de ce mois d’août a mis les Banques centrales sur le devant de la scène, au travers notamment leur fonction régulatrice. Elle a également démontré, s’il en était nécessaire, que leur rôle et leurs modes d’intervention sont mal connus. Je vous propose donc une « série » de 2 billets pour éclairer ce sujet. Ce premier traite du fonctionnement général d’une Banque centrale. Le suivant sera plus particulièrement consacré à la Banque centrale européenne.

Pour comprendre le rôle d’une Banque centrale, éclairons d’abord le mécanisme de la création monétaire. Oublions toute référence à l’or ou à la planche à billet. Ce sont les banques qui créent l’essentiel de la monnaie, par un jeu très simple d’écritures comptables. Un client, M. A, obtient un prêt de 10 000 euros. Dans sa comptabilité, sa banque (la banque 1) va inscrire que son client lui doit 10 000 euros en même temps qu’elle lui verse la somme (qu’elle lui « crédite ») sur son compte. Le client peut disposer de 10 000 euros, dont la mise à disposition n’a retiré de pouvoir d’achat à personne. Il y a eu création monétaire par cette simple opération de prêt. Il émet ensuite un chèque de 10 000 euros au bénéfice de M. B, son fournisseur. Si M. B a un compte dans la banque 1, pas de problème : l’argent va être pris sur le compte de M. A pour être mis sur celui de M. B. Mais voilà ! M. B est cliente de la banque 2. Cette dernière va donc créditer le compte de sa banque de la somme et demander ensuite à la banque de l’émetteur (la banque 1) de bien vouloir lui régler ledit chèque. Comme de son côté, la banque 1 a peut-être des chèques à faire valoir sur la banque 2, il y a « compensation » : les banques s’échangent ainsi leurs dettes et les soldes font l’objet de paiement. Cette compensation qui est aujourd’hui complètement informatisée (ce qu’on appelle le SIT pour « Système interbancaire de télécompensation ») se fait sous l’égide de la Banque centrale, qui centralise les comptes de chaque banque et veille au bon règlement (par mouvement de compte à compte, chez elle). Posons que ce jour, il n’y avait en compensation que ce chèque de 10 000 euros. Le compte de la banque 1 à la Banque centrale va donc être diminué de 10 000 euros et celui de la banque 2 augmenté d’autant. Apparaît donc ici le premier rôle de la Banque centrale : elle est la banque des banques.

Que se passe-t-il si le compte de la banque 1 à la Banque centrale n’est pas suffisamment approvisionné ? Dans notre exemple, la banque 2 dispose d’un excèdent de trésorerie. Elle va pouvoir le prêter à la banque 1, pour une durée qui peut être très brève, de l’ordre de 24 heures à quelques jours, et ainsi tout s’équilibre. L’ensemble de ces échanges à très court terme entre établissements de crédit détermine le « marché monétaire ».

Dans un tel exemple, les banques semblent pouvoir créer autant de monnaie qu’il leur convient. Comment la Banque centrale peut réussir à contrôler cette création ? Introduisons alors un nouvel élément. M. B, après avoir déposé son chèque, a retiré 1000 euros en espèce, qui sont autant de ressources en moins pour la banque 2. Cette dernière ne dispose plus ainsi que de 9 000 euros à prêter sur le marché monétaire, alors que la banque 1 a toujours besoin de 10 000 euros. Ce besoin est une aubaine pour la Banque centrale, que cette « fuite » sous forme de billets rend indispensable au bon fonctionnement du marché monétaire. Et qui lui permet d’agir sur la quantité de monnaie en circulation et donc sur l’inflation. C’est l’une des fonctions essentielles de la Banque centrale, que de surveiller la croissance de la masse monétaire et, si possible de la maîtriser. Pour ce faire, la Banque centrale propose régulièrement aux banques de se refinancer, c’est-à-dire de leur prêter des fonds, le plus souvent sur des périodes courtes, couramment de l’ordre d’une semaine. Les établissements de crédit font connaître leurs souhaits d’emprunt en fonction des taux qui peuvent leur être proposés. Puis la Banque centrale arbitre en déterminant le taux et la volumétrie des fonds prêtés (pour les spécialistes : ce sont les opérations d’open market). Ce taux est en principe peu éloigné d’un taux « directeur » qu’elle a fixé, qui donne le « la » des taux monétaires, c’est-à-dire qu’il sert de « référence » aux prêts à court terme. Lorsque le taux directeur s’accroît, le coût du refinancement des banques auprès de la Banque centrale augmente et donc l’argent prêté aux ménages devient plus cher. Il y a moins de crédits accordés et donc la création monétaire se ralentit. Ajoutons que le principe des « réserves obligatoires », sorte de dépôts que les banques ont l’obligation de constituer auprès de la Banque centrale accroît la « fuite » hors du marché monétaire, donc leur besoin en refinancement donc l’efficacité de la politique monétaire.

Il peut arriver enfin qu’une banque ne puisse trouver suffisamment de liquidités sur le marché monétaire. Dans cette situation, elle se tourne vers la Banque centrale pour obtenir les ressources qui lui font défaut. La Banque centrale est ainsi le « prêteur en dernier ressort », celui vers qui on se tourne lorsqu’il n’y a plus d’argent disponible sur le marché monétaire. C’est à ce titre que la Banque centrale européenne est intervenue du 11 au 14 août, pour remettre des liquidités, dont le montant total n’a pas dépassé 95 milliards. Ajoutons qu’au demeurant ces prêts n’ont pas eu d’impact sur la masse monétaire. D’une part, ils ont été accordés pour des échéances très courtes (24 heures), d’autre part, ils ont été destinés à permettre aux banques d’équilibrer leur trésorerie, alors que la masse monétaire ne mesure que ce qui est détenu par les agents non financiers (c’est-à-dire « tout ce qui n’est pas banque »). Toujours dans le cadre des refinancements, la Banque centrale peut aussi consentir des prêts aux banques pour des périodes de plusieurs semaines.

Au final, la Banque centrale s’affirme donc comme la banque des banques, le régulateur de la masse monétaire et le prêteur en dernier ressort. En outre, elle veille à la sécurité du système bancaire qui ne peut jouer son rôle que si les agents économiques lui font confiance. Elle émet, en relation avec le ministère des Finances, et veille au respect d’une importante réglementation visant à ce qu’aucune banque ne puisse faire faillite.


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26 réactions à cet article    


  • aurelien 24 août 2007 15:41

    Bonjour,

    La banque centrale européenne a injecté 95 milliards d’euros en 3 jours dans l’économie pour éviter à de nombreuses banques la banqueroute et relever les marchés...

    Combien d’argent a-t-elle produit pour aider les populations touchées par le cyclone Dean ?


    • karg se 24 août 2007 20:32

      La BCE ne donne pas d’argent, elle prête des liquidités, elle n’a rien consommé, alors ça n’a aucun rapport avec Dean.


    • psolidor 24 août 2007 16:08

      Article très instructif et interressant, j’attends le second billet avec impatience et conseille fortement à mon predecesseur dans les commentaires de le lire.


      • AB Galiani 25 août 2007 18:41

        Ce billet a été écrit par moi-même, pour être publié sur le blog d’Alain Lambert. A la suite de la crise financière de ces derniers jours, il n’a pas d’autres vocations que d’informer des lecteurs pas toujours au fait du rôle d’une Banque Centrale. C’est peut être ce qui peut donner un aspect général. Il n’a aucune prétention à l’exhaustivité, mais constitue une invite aux lecteurs à approfondir. Quant à la vitesse de réponse, mes contraintes ne me permettent pas d’être aussi réactif qu’Alberto l’aurait souhaité !

        Quelques réponses :

        Sur l’aide que la BCE aurait du apporter aux victimes du cyclone Dean : une Banque Centrale prête à très court terme ; ce n’est donc pas la mieux placée pour apporter une aide qui ne peut reposer que sue des subventions et des prêts à long terme. Cette aide relève donc du rôle de l’Etat.

        Sur les ICSE - la compensation internationale - : les Banques Centrales peuvent en être clientes, ce sont des prestataires de services, en l’absence d’une banque des banques mondiale ... Au demeurant, on peut avancer qu’elles jouent également un rôle de prestataires de service pour les banques nationales. Toutefois, cette fonction leur permet aussi de conduire la politique monétaire.

        Concernant le SIT, il n’a rien a voir avec la crise financière ... L’article explique le rôle d’une Banque Centrale, qui, entre autres, gère les moyens de paiement. Ce n’est pas un amalgame, mais une revue des activités.

        Concernant le poids des pièces et billets : au 30 juin 2007, M0 représente 600 milliards d’€ ; M1 : 3785 milliards ; M2 : 6955 milliards et M3 : 8183 milliards. Les pièces et billets pèsent donc 7 % de la masse monétaire mesurée par l’agrégat M3.

        Quand à la remarque sur les taux directeurs qui enrichit les banques, chacun analysera. J’observe simplement que si le système bancaire a la possibilité de placer à la BCE par le biais de la « facilité de dépôt » à « taux directeur + 1 », le système bancaire dans son ensemble est structurellement emprunteur auprès de la BCE. D’ailleurs, s’il en était différemment, les instruments de politique monétaire perdraient beaucoup de leur efficacité.


      • aurelien 30 août 2007 18:16

        « Je tiens à souligner que les fonds concernés ne sont pas des Sicav monétaires comme cela a pu être dit. Ils sont investis en produits titrisés [des produits financiers adossés aux crédits hypothécaires américains à risques, les subprimes], étiquetés comme tel et classés par l’AMF dans la catégorie des fonds obligataires internationaux. »

        Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas


      • aurelien 30 août 2007 18:22

        Pourquoi écrivez-vous sous le patronyme d’une autre personne, cela s’appelle de l’usurpation d’identité.


      • aurelien 30 août 2007 18:24

        Et pourquoi prête-t-on aux riches qui perpétuent un système basé sur les inégalités et ne donne-t-on pas aux personnes qui sont dans le besoin ?


      • aurelien 24 août 2007 16:13

        Une deuxième question concernant plus particulièrement le fond de votre article : vous dites que les banques centrales sont « les banques de banques ».

        Comment qualifierez-vous alors les ICSD, qui ont comme clients notamment les banques centrales nationales, comme la Banque de France ?


        • aurelien 24 août 2007 16:51

          Votre article semble faire un amalgame au sein du système bancaire :

          - votre exemple parle de transferts de l’ordre de 10 000 euros et vous parlez, pour les banques centrales nationales du système de compensation SIT. Ce système de paiement interbancaire avait, en 2005, un montant moyen de l’ordre de 400 euros.

          - Je veux bien comprendre qu’il s’agissait dans ce cadre là d’un exemple, mais dans le cas de la crise financière actuelle, nous ne sommes plus dans cet ordre de grandeur, et les transferts en jeu ne se situent pas au niveau du système SIT, mais des systèmes comme SWIFT, Clearstream ou Euroclear Bank.

          La Banque de France était d’ailleurs jusqu’en 2001 actionnaire à 40 % de Sicovam (SA), maintenant fusionnée avec Euroclear Bank, en ce qui concerne les règlements de titres.


          • aurelien 24 août 2007 17:12

            @ L’équipe Agora Vox, il semble que l’image « assignée » à l’article n’apparaisse pas convenablement : peut-être faudrait-il y remédier ?


            • aurelien 24 août 2007 17:38

              Si elle ne fonctionne toujours pas, je propose cette image qui semble bien convenir à l’article,

              attention les oreilles :


            • aurelien 24 août 2007 19:05

              Pas beaucoup de réponses de l’auteur pour un article rédigé sur un média participatif...


              • ripouette ripouette 24 août 2007 19:12

                Ho un sénateur un vrai, payé avec nos impôts ! C’est beau ! Mais là c’est plutôt l’heure de la sieste papy !!

                La bise à ton attachée qui s’est cogné l’écriture de ton texte et la mise en ligne ! Et oublie pas de l’augmentée !


                • aurelien 24 août 2007 19:21

                  On nous aurait menti ? Ce n’est pas Alain Lambert qui a rédigé l’article pour agoravox ? smiley


                • aurelien 24 août 2007 20:36

                  Dommage qu’Alain Lambert ne soit pas présent, je lui aurais bien demander son avis sur une éventuelle procédure de destitution de Nicolas Sarkozy au regard de son mensonge civique avant le début de son mandat (cf article suivant)

                  A ce jour, l’Elysée n’a jamais daigné répondre à ces faits.


                  • alberto alberto 24 août 2007 21:40

                    A l’auteur : c’est dommage, l’aricle semble pas mal ficelé, mais effectivement demande certaines précisions... qui ne viennent pas !

                    C’est du style « fire and forget » !

                    Encore dommage !


                    • Forest Ent Forest Ent 24 août 2007 22:02

                      Ca me semble limite pour un article d’info. C’est plus une page de poly de macro. Ce qui serait une info, ce serait la conjoncture macro et le rôle de la fed et de la bce.

                      Par exemple, la bce doit-elle monter ses taux ? Pourquoi ?


                      • stephanemot stephanemot 25 août 2007 02:33

                        Un peu de pédagogie ne fait jamais de mal... d’autant que la culture économique des lecteurs d’Agoravox ressemble tragiquement à la moyenne nationale.

                        Simple remarque : quand vous écrivez « Oublions toute référence à l’or ou à la planche à billet. Ce sont les banques qui créent l’essentiel de la monnaie, par un jeu très simple d’écritures comptables », il était peut-être nécessaire d’être plus explicite : donner un ordre de grandeur de la part de la monnaie scripturale (jeux d’écriture : de l’ordre de 90-95% ?), permettre au lecteur de resituer le rôle le plus connu des BC.

                        Il est vrai que la monnaie fiduciaire (billets et pièces) relève désormais d’une Banque Centrale d’un autre niveau, européen, en coordination naturellement avec les BC - l’objet de votre prochain... billet.


                        • Claude Simon Tzecoatl 25 août 2007 10:57

                          Monsieur le sénateur Lambert ne nous explique pas que la BCE, si elle prête de l’argent (masse monétaire M0) sur le marché interbancaire avec les taux directeurs qu’elle impose, rémunère presque d’autant, avec ces intérêts perçus, les dépôts de garantie qu’elle est en droit d’exiger auprès des banques secondaires et qu’elles rémunèrent d’autant ou presque.

                          Bref, l’augmentation des taux directeurs enrichit les banques secondaires.

                          Il nous omet également d’évoquer la gigantesque fraude que constitue le système de réserve fractionnaire et l’abandon par le pouvoir politique de la souveraineté monétaire au profit d’un impôt privé sur l’ensemble de la masse monétaire de la zone euro par ces banques.

                          Même si votre pédagogie peut être éclairante pour les débutants sur le sujet, je ne peux que conseiller aux lecteurs une pédagogie autrement plus approfondie afin de percer sous la croute du discours récurrent sur les taux d’intérêtsou sur le fonctionnement des échanges interbancaires, prêt à penser économique afin d’endormir la conscience citoyenne, l’ignominie du cartel bancaire institutionnalisé et par là même crédibilisée par la BCE :

                          http://www.10mensonges.org/


                          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 28 août 2007 08:24

                            @ Aurelien et Tzecoatl. Je ne doute pas que l’on puisse établir que le système monétaire ne repose sur rien d’autre que la volonté politique qu’il fonctionne. La vraie question, au point où nous en sommes, c’est d’avoir une alternative à proposer et un plan pour sauter du manège sans dommages... La question subsidiaire, c’est : est-il constructif de crier que le roi est nu si on n’a pas une feuille de vigne à lui tendre ? Ce ne sont pas des questions provo-rheto ; je m’interroge sincèrement sur ces deux points et je ne demande qu’à m’instruire. Mon adresse de email est sur mon site.

                            http://www.nouvellesociete.org/706.html

                            http://www.nouvellesociete.org/5104.html

                            Pierre JC Allard


                          • Internaute Internaute 26 août 2007 21:20

                            Il me semble que les prêts de la banque centrale ont un impact sur la masse monétaire et l’inflation. En reprenant votre exemple, la banque 1 prête 10.000 euros à Mr. A qui paye ses ouvriers lesquels vont à leur banque retirer leur maigre salaire. La banque 1 n’a pas dans ses caisses les 10.000 euros qu’elle a créé à partir de rien et demande à la Banque Centrale de lui prêter cet argent. Il y a bien 10.000 euros de plus en circulation en dehors des banques.

                            Ceci n’est pas inquiétant dans la mesure où ces 10.000 euros ne sont qu’une avance sur de la richesse en cours de création.

                            On remarquera au passage que le banquier touche 5% ou plus d’intérêts par an, sonnants et trébuchants, sur les 10.000 euros qu’il a créé à partir d’une simple écriture comptable. C’est l’alchimiste qui transforme le plomb en or, vous ne croyez pas ? Ne pourrait-on limiter la marge bénéficiaire des banques à 2% par an et prélever tout le surplus comme impôt ?

                            Le système permet cependant la plus grande perversité. Une banque prête à une entreprise qui n’a pas besoin d’argent et l’investit en bourse. Le Carry Trade et les placements spéculatifs à découvert, c’est bien cela. On entre dans une bulle spéculative où la richesse ne se trouve que sur du papier. La vraie richesse ne sont pas les 0 à droite sur un relevé de compte mais les trains, les barrages électriques, les marchés pleins de légumes, les laboratoire de recherche médicale et tout ce que l’on crée avec le travail des gens.

                            Le système de jouer sur le taux directeur pour réguler la masse monétaire est bien compliqué. Pourquoi ne pas poser des plafonds à la quantité de crédit qu’une banque peut allouer ? On en arrive à ce que les pays sont endettés jusqu’au cou. La dette infinie dans le temps a les mêmes effets que la planche à billets. Entre imprimer des milliards ou s’endetter à milliards qu’on refinancera toujours il n’y a pas beaucoup de différence.

                            L’endettement des pays se résoudra tôt ou tard par une maxi-dévaluation qui permettra de remettre les compteurs à zéro. Quand on voit que l’impôt sur le revenu ne sert qu’à payer les intérêts de la dette et qu’on s’endette encore pour payer les salaires des employés de l’Etat, il y a une pente bien dangereuse sur laquelle on ne peut plus s’arrêter.

                            Votre dernier paragraphe est bien injuste. Les politiques ont passé les lois sur la mondialisation qui conduisent à mettre en faillite les entreprises créatrices de vraie richesse. Ils ont aussi passé des lois pour garantir que les banquiers qui n’en créent aucune ne fassent jamais faillite. Qu’ils aient au moins la descence de ne pas nous présenter cette forfaiture comme quelque-chose de positif.


                            • Claude Simon Tzecoatl 29 août 2007 05:10

                              Désolé Internaute, mais aucune de vos assertions ne mérite considération, sauf celles de votre dernier paragraphe.

                              Par exemple, vous écrivez : « L’endettement des pays se résoudra tôt ou tard par une maxi-dévaluation qui permettra de remettre les compteurs à zéro » Faux, nous sommes en monnaie-crédit, et toute la monnaie vient de l’endettement (sauf les pièces). Et si vous prenez le temps de regarder un tableau de la BCE genre masse monétaire et contrepartie, vous constaterez que même M3 (tout l’argent en circulation et en épargne, sauf l’argent entre la Banque centrale européenne et les banques qui est l’huile au moulin qui justifie leur existence) est inférieur aux dettes. Donc, les utilisateurs de monnaie euro sont plus endettés que ce qu’ils possèdent dans cette même monnaie, à priori.


                            • AB Galiani 27 août 2007 09:48

                              A Internaute

                              On peut toujours décider de tout règlementer : Yaka ! On peut donc fixer un taux rigide pour les banques (comme du temps de l’Empire Byzantin) : le système de prix perd alors son rôle d’information, il faut entrer dans une logique d’économie planifiée, qu’aucun pays socialiste n’a jamais réussi à faire fonctionner ;

                              Je suis d’accord avec vous sur ce qu’est la vraie richesse : ce n’est pas la monnaie, c’est ce qui crée les biens et les services. Ceci dit, ce thème n’est pas abordé dans ce billet.

                              Le système de taux directeur est il si compliqué ? Ou vous paraît il compliqué ? Fixer une masse de crédit aux banques ? Cela a été le cas jusqu’en 86 en France avec le principe de l’encadrement du crédit. Non seulement c’était devenu quasi incontrôlable : il y avait des crédits non encadrés (ceux par exemple accordés aux secteurs prioritaires,trés difficiles à vérifier) ; mais ce système figeant les parts de marchés, il y avait une trés faible concurrence entre banques, d’où des coûts et des prix plus élevés.


                              • baobab 28 août 2007 20:10

                                article intéressant, mais au final ce sont les banques centrales qui en prenant des risques (le prêt d’argent en est un) permet la fluidité du système financier.

                                Ma question est la suivante en cas de défaut de payement des banques emprunteuses auprès de la banques centrale qui compense, la banque centrale émet-elle elle même des bon au trésor pour compenser ces pertes ou cela devient-il un simple ligne d’écriture comptable.


                                • Claude Simon Tzecoatl 29 août 2007 05:13

                                  « Ma question est la suivante en cas de défaut de payement des banques emprunteuses auprès de la banques centrale qui compense, la banque centrale émet-elle elle même des bon au trésor pour compenser ces pertes ou cela devient-il un simple ligne d’écriture comptable. »

                                  A priori, les banques européennes sont suffisamment suivis par la BCE, de part les règles prudentielles, ce qui les empêche de faire faillite. La BCE surveille la gestion des banques et contre-carre leurs faiblesses de gestion. Je n’ai pas souvenir de faillite de banques depuis que la BCE existe, mais que de défaillances d’entreprises par ailleurs.


                                • Sigefroid 29 août 2007 14:12

                                  Pour info, le multiplicateur de la monnaie : M = 1 / R ; R= taux de réserve légale en décimales (10% = 0.10) MM = masse monétaire créée. Exple : Pour un dépôt de 10.000 et un R = 10 on crée une masse monétaire MM = 10.000 x 10 = 100.000 (se démontre) Conditions : les banques prêtent le maximum possible hors réserves ; les banques prêtent tout leur excédent (il faut assez de clients qui « absorbent » le disponible) ; l ’intégralité des emprunts retourne à la banque. (pas de liquidité retenue par les emprunteurs type bas de laine)

                                  Approche plus que simplifiée ... après entre en jeu la politique économique et tout un batterie d’autres paramètres parfois plus subjectivo-intuitifs que quantitatifs ou rationnels pour fixer le taux ; et ça c’est une autre affaire !

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