Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Actu en bref > Evacuation mouvementée en Cisjordanie

Evacuation mouvementée en Cisjordanie

SANOUR, Cisjordanie (AP)

Après avoir tourné la page de 38 ans d’occupation civile de la Bande de Gaza, Israël achevait mardi l’évacuation des deux dernières colonies juives isolées de Cisjordanie inscrites au plan de retrait, Sanour et Homesh, où la violence redoutée n’a pas marqué des opérations mouvementées et hautes en couleur.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui avait salué lundi la "décision courageuse et historique" de l’Etat hébreu lors d’un appel au Premier ministre israélien Ariel Sharon, a téléphoné au président israélien Moshe Katsav mardi pour le féliciter du bon déroulement du désengagement unilatéral des 21 colonies de la Bande de Gaza et des quatre de Cisjordanie.

MM. Abbas et Sharon ont convenu de se rencontrer prochainement et le président palestinien pourrait aussi voir M. Katsav dans un proche avenir. Les installations militaires de Gaza devraient être rapidement démantelées et le contrôle du territoire côtier transféré aux Palestiniens d’ici la fin du mois.

En Cisjordanie, deux des quatre colonies concernées par le retrait, Ganim et Kadim, sont déjà vides, ce qui a permis aux bulldozers de commencer à raser les bâtiments de la première dès mardi. Pendant ce temps, quelque 10.000 soldats étaient mobilisés pour évacuer Sanour et Homesh, où la résistance était principalement le fait d’Israéliens extérieurs aux implantations, notamment de jeunes extrémistes rejetant l’autorité de leur gouvernement. Les autorités estimaient à 1.600 à 1.700 le nombre de personnes se trouvant encore dans les deux colonies mardi matin. Les opérations se sont terminées vers 14h à Sanour.

Des milliers de militaires sont entrés dans les maisons et synagogues ainsi que dans une ancienne forteresse britannique pour les expulser, se frayant un passage entre les fils de fer barbelés et divers obstacles placés par leurs concitoyens récalcitrants. Pourtant, à la mi-journée, aucune violence n’avait été signalée. Selon le général Yair Naveh, commandant de Cisjordanie, les rabbins ont pris le contrôle des divers groupes qui auraient sinon opposé une résistance bien plus forte. L’évacuation a toutefois donné lieu à des incidents assez folkloriques.

A Homesh, on a vu un bulldozer déloger et ramener au sol des opposants réfugiés sur le toit d’une école religieuse, des soldats passer par des fenêtres en sciant les volets, recevoir oeufs, tomates, boîtes de conserve et divers autres projectiles lancés depuis les toits, être obligés de traîner sur le sol de nombreux colons ou d’emmener l’air embarrassé les enfants de ceux-ci jusqu’aux cars affrétés pour le départ.

Des graffitis disant par exemple "Expulsion égale meurtre" ou "expulser avec coeur c’est comme violer avec considération" ornaient presque toutes les maisons de la communauté, des ordures jonchaient les rues et de petits bûchers envoyaient de noirs nuages dans les airs. Les enfants ont été mis en avant pour faire honte aux militaires, reçus avec insultes, chants et prières. Les soldats en tenue anti-émeute ont riposté en aspergeant les protestataires d’eau.

A Sanour, dans la maison d’une famille d’extrémistes, une vingtaine de jeunes gens entassés par terre dans la cuisine ont hurlé à pleins poumons quand les soldats sont entrés. "Vous n’avez pas honte ?", s’est écrié l’un d’eux. Un autre portait une étoile jaune rappelant celles de la Seconde Guerre mondiale. Les troupes ont également extrait une vingtaine d’ultra-orthodoxes vêtus de noir d’une école religieuse, et découpé à la scie circulaire les barres de fer qui bloquaient l’entrée de la principale synagogue. Les jeunes en sont sortis, suivis par un homme barbu vêtu d’orange, la couleur des opposants, serrant contre lui un rouleau de la bible hébraïque.

L’hostilité des occupants des deux colonies a été bien plus forte que celle rencontrée de mercredi à mardi lors de l’évacuation de la Bande de Gaza. Le retrait n’a donné lieu qu’à de rares attaques des militants palestiniens, qui ont tiré sur les soldats israéliens en patrouille mardi à quelques kilomètres de Sanour et Homesh. Un militant a été légèrement blessé.

Le plan de retrait concernait 8.500 colons dans la Bande de Gaza et 500 en Cisjordanie. Ariel Sharon exclut en revanche de renoncer aux deux principales implantations de Cisjordanie, et conditionne la reprise des pourparlers de paix à l’arrêt des attaques palestiniennes. C’est la première fois qu’Israël abandonne des territoires que les Palestiniens revendiquent pour la création de leur Etat indépendant. AP


Moyenne des avis sur cet article :  (0 vote)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON




Palmarès