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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > 14 juillet : le risque de la démocratie absolue !

14 juillet : le risque de la démocratie absolue !

Prise de la Bastille ou fête de la Fédération : en fait, le 14 juillet commémore les deux, et c’est cette ambivalence, également ambiguïté, qui permet l’unité nationale. Petit retour historique.

Le 14 juillet 1795, la Convention décida que "La Marseillaise" serait désormais l’hymne national de la République française. Mais le 14 juillet, c’est tout autre chose

Le mercredi 11 juillet 2012, France 3 diffusait dans la soirée un documentaire sur la date du 14 juillet, avec des historiens comme Claude Quétel, Jean-Christian Petitfils, Jean-Pierre Bois et Guillaume Mazeau (dans la série "L’Ombre d’un doute").

Pour la plupart des Français, la Fête nationale commémore la prise de la Bastille mais en fait, lorsque Léon Gambetta a fait adopter la date du 14 juillet par les députés le 8 juin 1880 sur une proposition du 21 mai 1880 de Benjamin Raspail, député-maire d’Arcueil et fils du chimiste qui a donné son nom au célèbre boulevard parisien (la loi fut votée par les sénateurs le 29 juin et promulguée le 6 juillet 1880), il était plutôt question du 14 juillet 1790, qui a été la fête de la Fédération, la nation française rassemblée autour du roi Louis XVI et des révolutionnaires dans une sorte de symbiose de l’idée patriotique, tout en réconciliation, autour aussi de Lafayette et même de Talleyrand qui présida la messe avec des centaines de prêtres.

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Si l’historien Jean Favier est catégorique sur la référence de 1790, en fait, la réalité est un peu plus subtile : en effet, Gambetta avait eu l’idée de faire référence à 1790 pour ne pas froisser les "honnêtes gens" effrayés par le sang coulé en 1789. L’hymne national avait déjà beaucoup de références au sang (impur).

Ainsi, Christian Amalvi explique : « C’est une date bicéphale qui renvoie simultanément à la prise de la Bastille et à la fête de la Fédération : le second événement permet de conjurer, par son aspect national et œcuménique, le caractère violent du premier, et de rassurer à bon compte les modérés. Cependant, pour les vrais républicains, c’est d’abord et avant tout au 14 juillet 1789, en dépit des excès sanglants commis par le peuple ce jour-là, que la fête nationale rend hommage. ».

Dans la discussion au Sénat, dans la séance du 29 juin 1880, il est en effet dit par le rapporteur du texte : « N’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789, il y a eu la journée du 14 juillet 1790. Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays. Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé. L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme e la France, personne que Dieu n’a fait l’âme de la France, mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même ; elle a révélée à elle-même l’âme de la France . (…) Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jours-là, a signifié unité volontaire. ».

Penchons-nous donc sur cette prise de la Bastille. Une vieille forteresse de huit tours qui cassait la perspective avec le faubourg Saint-Antoine, quartier populaire et ouvrier, et réputée imprenable. Prison synonyme de l’absolutisme de la monarchie et de l’arbitraire des souverains, la Bastille n’avait qu’une portée symbolique puisque seulement sept prisonniers y furent trouvés (et encore, on les avait oubliés).

L’étincelle qui fit tout exploser, c’est le renvoi par le roi de Jacques Necker, très populaire Ministre des Finances, le 12 juillet 1789. Ce qui intéressait avant tout les révolutionnaires, c’était la réserve de munitions. Ils avaient pu s’emparer le matin du 14 juillet 1789 de dizaines de milliers de fusils aux Invalides mais ils n’avaient pas de poudre.

Le directeur de l’établissement, le marquis Bernard-René Jordan de Launay, n’était pas un mauvais bougre. Au contraire, il a même accepté de parlementer avec les gens de la commune de Paris (les élus parisiens) et si la Bastille aurait pu être bien défendue grâce à ses troupes, il ne souhaitait pas un bain de sang entre Français et n’a donc donné aucun ordre ni de tirer ni de ne pas tirer. Après quatre tentatives de négociations, la situation n’évoluait pas et restait très tendue.

Finalement, les révolutionnaires parvinrent à s’emparer de la forteresse et le chef des troupes révolutionnaires, Pierre-Augustin Hulin (30 ans), futur général napoléonien, avait décidé d’accompagner et de protéger De Launay jusqu’à l’Hôtel de Ville mais la foule, comme hystérique, l’a finalement lynché en chemin et lui a coupé la tête mise sur une pique. Première victime de la Révolution française. Il y en aura des dizaines de milliers d’autres. Début d’une véritable boucherie qui sera à son apogée sous la Terreur de Robespierre.

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Quelques jours avant, le ministre responsable de la défense nationale, le maréchal Victor-François de Broglie, qui avait été nommé le 11 juillet 1789 par Louis XVI ( la roi avait bien compris qu’il fallait lâcher un peu de lest et ne pas écouter les ultras du comte d’Artois) avait rédigé un mémoire pour mettre en garde le roi contre la situation insurrectionnelle qui risquerait de ne plus être maîtrisée, et au détour d’une phrase, il a eu cette sublime expression : « La France [risque d’être] livrée à la démocratie absolue. ». Succulente expression, que cette "démocratie absolue" ! À l’époque, le mot "démocratie" semblait donc avec une connotation péjorative.

Dès le soir de la prise de la Bastille, c’est Palloy, un commerçant, très doué pour le marketing commercial, qui fut chargé (par lui-même !) de détruire le bâtiment, de construire le monument encore aujourd’hui dressé sur la place et surtout, de mobiliser toutes les idées pour vendre la Bastille, notamment en vendant plein d’objets fabriqués dans des matériaux de la Bastille (pierre, métal, bois) et distribués un peu partout en France, ce qui a rendu très célèbre cet événement (on appellerait maintenant un "buzz").

C’était d’ailleurs à celui qui pouvait visiter les lieux, même la nuit, parfois avec du trafic de passeports d’autorisation à être sur le chantier. Chacun voulait y aller avec son piolet pour prendre un petit morceau de pierre de la Bastille, exactement comme deux siècles plus tard, beaucoup d’Européens ont cherché à se rendre à Berlin pour emporter avec eux un petit bout du mur effondré le 9 novembre 1989.

Le chantier d’ailleurs a coûté très cher car le but était de faire travailler plein de monde même si cela ne servait pas à grand chose. C’était le prix d’un bon climat social. La Bastille a représenté une énorme réserve de pierres pour les constructions futures et par exemple, on marche sur beaucoup de pierres de la Bastille lorsqu’on traverse la Seine par le Pont de la Concorde, reliant la place (autrefois appelée Louis XV) et le Palais-Bourbon (l’Assemblée nationale). Avant la Révolution, Louis XVI avait déjà eu l’idée de détruire la Bastille pour aménager la place qui aurait porté son nom (trop tard).

Autre point intéressant : il y a eu tout un trafic pour se réclamer de la prise de la Bastille (comme en 1944 pour se réclamer de la Résistance). Chacun se revendiquait ainsi, de manière très anarchique, si bien que pour mettre fin aux autoproclamations, les élus de Paris ont institué un certificat de "vainqueur de la Bastille" et l’ont attribué à moins d’un millier de révolutionnaires, après avoir enquêté pour être sûrs que ces personnes étaient sur les lieux. Ce papier a permis de formuler des revendications encore en 1830 et Louis-Philippe (le dernier roi), pour éviter toute protestation, leur a tout de suite accordé une rente de cinq cents francs !

Il est connu d’ailleurs que dans son petit journal personnel, Louis XVI avait noté "rien" pour le 14 juillet 1789. Mais c’était surtout pour dire qu’il était revenu bredouille de sa chasse. Le roi avait suffisamment compris la situation très tendue pour rappeler Necker dès le 16 juillet 1789.

Voici ce qu’un témoin privilégié a pu écrire sur l’événement : « De Launay, arraché de sa cachette, après avoir subi mille outrages, est assommé sur les marches de l’Hôtel de Ville ; le prévôt des marchands, Flesselles, a la tête cassée d’un coup de pistolet ; c’est ce spectacle que des béats sans cœur trouvaient si beau. Au milieu de ces meurtres, on se livrait à des orgies, comme dans les troubles de Rome, sous Othon et Vitellius. On promenait dans des fiacres les vainqueurs de la Bastille, ivrognes heureux, déclarés conquérants au cabaret ; des prostituées et des sans-culottes commençaient à régner, et leur faisaient escorte. Les passants se découvraient avec le respect de la peur, devant ces héros, dont quelques-uns moururent de fatigue au milieu de leur triomphe. Les clefs de la Bastille se multiplièrent ; on en envoya à tous les niais d’importance dans les quatre parties du monde. Que de fois j’ai manqué ma fortune ! Si moi, spectateur, je me fusse inscrit sur le registre des vainqueurs, j’aurais une pension aujourd’hui. ».

Ce témoin, c’était Chateaubriand, dans ses "Mémoires d’outre-tombe" (1848)

De Launay, gouverneur bien terne de la Bastille, fut décrit sans complaisance par un de ses hommes : « (…) J’ai appris à connaître cet homme (…) par son inquiétude continuelle et son irrésolution, je vis clairement que nous serions bien mal commandés si nous étions attaqués. Il était tellement frappé de terreur que la nuit, il prenait pour des ennemis les ombres des arbres et des autres objets environnants. ».

Comme souvent, la petite histoire a fondé la grande histoire. L’exaspération de la foule parisienne, la maladresse de certaines autorités, la mauvaise incompréhension du coup adverse, tout a fait basculer le pays de l’anecdotique à la gravité. Clemenceau parlait d’un bloc pour la Révolution, avec ses lumières et sa face sanglante. Au regard des deux dernières séries de révolutions (empire soviétique et Printemps arabe), il n’est pas sûr que la Révolution française fût la moins meurtrière…

Il reste à en conserver l’élément essentiel qui a motivé le législateur de 1880 : l’unité nationale.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 juillet 2012)
http://www.rakotoarison.eu

(Source : essentiellement, "L'Ombre d'un doute" et le site de l'Assemblée Nationale).


Pour aller plus loin :
Émission sur France 3 du 11 juillet 2012 ("L’Ombre d’un doute").
Faut-il modifier les jours fériés ?
Unité nationale.


(Illustrations : 1° Monet et la fête nationale du 30 juin 1878 ; 2° Fête de la Fédération ; 3° De Launay et Flesselles sur des piques ; 4° Prise de la Bastille).

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17 réactions à cet article    


  • Jordi Grau J. GRAU 13 juillet 2012 10:23

    Merci pour cet article globalement intéressant. Je dois tout de même avouer que j’ai été déçu du décalage entre le titre - qui semblait appeler une réflexion de fond sur la démocratie - et le contenu de l’article, qui est essentiellement factuel. Aujourd’hui, la démocratie est souvent attaquée par des politiciens, des intellectuels ou des journalistes. L’idée qu’il ne faut pas trop donner la parole au peuple, l’idée qu’un « excès de démocratie » conduit à la tyrannie est souvent mise en avant pour justifier l’oligarchie actuelle et pour discréditer toute participation directe ou semi-directe des citoyens aux affaires publiques. Et on a beau jeu, pour cela, de confondre les référendums démocratiques avec les plébiscites mis en place par des tyrans comme Napoléon III ou Hitler.

    Une dernière chose : je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre analyse du rapport entre la grande et la petite histoire. Vous écrivez, vers la fin de votre article :

    "Comme souvent, la petite histoire a fondé la grande histoire. L’exaspération de la foule parisienne, la maladresse de certaines autorités, la mauvaise incompréhension du coup adverse, tout a fait basculer le pays de l’anecdotique à la gravité.« 

    Pour ma part, je n’aurais pas exprimé les choses ainsi. Il me semble que l’exaspération de la foule et la maladresse des autorités n’étaient pas purement anecdotiques ni contingentes. Il y avait sans doute dans l’Ancien Régime un blocage structurel qui rendait inévitable une explosion de violence. Si je puis me permettre une comparaison peut-être anachronique, nous sommes un peu aujourd’hui dans une situation similaire à celle de l’Ancien Régime. Le système économique, dominé par l’oligarchie financière, est totalement incapable de se réformer de l’intérieur, tout comme le système politique, qui mérite de moins en moins le nom de »démocratie". Il m’apparaît donc inévitable que des explosions de violence secouent prochainement le monde, y compris la douce France, beau pays de mon enfance. Je ne le souhaite pas, car j’aimerais que la sortie du système actuel se fasse de manière pacifique, mais cela me paraît extrêmement probable.


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:06

      À J. Grau,

      Le concept de la démocratie est à manier avec précaution. Hitler n’est pas venu au pouvoir par un plébiscite mais à la suite d’élections législatives démocratiques (et d’erreurs de discernement d’alliés « démocrates »). Ce n’était bien sûr pas mon propos ici mais le sujet est très intéressant. Le peuple peut parfois être convaincu par des personnes qui refusent la règle démocratique, c’est le point de faiblesse de la démocratie.

      Sur la dernière partie de votre commentaire, je n’ai pas parlé, dans cet article, des causes de la Révolution qui sont bien plus profondes, à la fois économiques et sociales (famine, absolutisme etc.), mais sur l’élément déclencheur de la prise de la Bastille (qui se trouve être, par la suite, considérée comme l’élément déclencheur de la Révolution). Bien évidemment, je pense que tout a commencé par les États généraux et la possibilité d’une nouvelle expression populaire (un peu comme Gorbatchev l’a provoquée avec la glastnost et la perestroïka).

      Contrairement à vous, je ne pense pas du tout que nous sommes dans une situation comme en 1789 car l’histoire n’est plus franco-française mais mondiale. Nous sommes à l’évidence dans une société en mutation, mais très différente de 1789, il faudrait là aussi un article pour étayer mon propos.

      Cordialement.


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:10

      À Schweizer.ch,

       Oui, je ne suis pas loin de penser que la prise de la Bastille a été un événement macabre qui a très mal commencé la Révolution avec un lynchage et décapitation de personnes qui auraient pu être évités (barbarie d’ailleurs totalement inutile pour ce 14 juillet 1789 puisque l’objectif avait été atteint).

      Cordialement.


    • OneCroco OneCroco 13 juillet 2012 13:54

      @ L’auteur : Est-ce un récit du reportage que vous avez vu sur France3, ou un exposé de vos recherches sur le sujet ? Si c’est la deuxième proposition, je vous invite à lire encore et encore sur ce passage de l’histoire, car la bonne moitié de vos propos, est tout simplement fausse. Qui détient la vérité ? ...me direz vous...

      Pour faire simple, sans entrer dans les détails, la révolution de 1789 fut créée pas la bourgeoisie montante de l’époque (financiers/industriels). Suite au renvoi du Ministre des Finances, ils ont décidé d’armer le peuple en ouvrant les Invalides, afin de faire tomber la Monarchie. Le peuple avait déjà fait plusieurs tentatives les années précédentes mais perdait dans un bain de sang face à l’armée royale qui elle, était armée. C’est lorsque les banquiers arment le peuple que la donne change (14 Juillet 1789). Ils (les banquiers) ont ainsi pu prendre le pouvoir grâce à une constituante, non pas populaire (comme dans une démocratie), mais constituée d’honnêtes gens (sang pur), afin d’écrire eux-même les règles de leur pouvoir. Aujourd’hui, nous le voyons bien, les financiers sont toujours à la tête de l’Etat. Alors oui, le 14 Juillet n’est pas la fête du peuple, mais bien la fête des banques et de leurs emprises sur nos vies. 1789, 1790 ou 1791 (la constitution), peut importe, car le débat ne porte pas sur ce détail de l’histoire, si je peux me permettre, tant est que je ne veux pas être l’idiot qui regarde le doigt lorsque l’on me montre la réalité...


      • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:13

        À OneCroco,

        L’article est une modeste narration du 14 juillet (donc, votre seconde hypothèse). Je n’ai pas bien compris en quoi la bonne moitié de mes propos serait fausse, laquelle ? pourquoi ? Je n’ai évoqué qu’un épisode factuel de l’histoire de la révolution, je n’ai pas parlé de 1791 (hors sujet ici) et il est fort peu probable que les banquiers de l’époque fussent derrière les révolutionnaires puisque la Révolution a pour but de remettre les compteurs à zéro, donc, ce sont, au contraire, les premières victimes économiques. Si la « bourgeoisie » a repris pied, c’est surtout grâce au traitement postrévolutionnaire réalisé par Napoléon, pérennisant l’État de droit mais restaurant l’autorité monarchique.

        Cordialement.


      • citoyenrené citoyenrené 13 juillet 2012 14:13

        @ l’auteur,

        article intéressant, qui me semble tout de même comporter quelques erreurs

        "L’étincelle qui fit tout exploser, c’est le renvoi par le roi de Jacques Necker, très populaire Ministre des Finances, le 12 juillet 1789. Ce qui intéressait avant tout les révolutionnaires, c’était la réserve de munitions. Ils avaient pu s’emparer le matin du 14 juillet 1789 de dizaines de milliers de fusils aux Invalides mais ils n’avaient pas de poudre.« 

        la révolution de 1789 fut avant tout le renversement de l’aristocratie par la bourgeoisie d’affaire suite au renvoi de Necker

        le peuple fut armé par la bourgeoisie et utilisée comme un bélier

        ce n’est pas tout à fait la présentation que vous en faîtes

        les révolutions sociales auront lieues avec Robespierre à partir de 1792, qui au plus fort de la terreur (promue par Danton le vendu à la cour) n’était plus aux commandes

        les preuves de ce que j’avance : une passionnante conférence d’Henri Guillemin de 1971 au cern, Guillemin »l’homme des petits papiers"

        http://cdsweb.cern.ch/record/902811

        si vous êtes féru d’Histoire, j’aimerais avoir votre retour


        • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:15

          À Citoyenrené,

          Comme dit dans ma précédente réponse, cet article parle uniquement des événements du 14 juillet 1789 et pas de la Révolution française dont les causes sont bien plus profondes. Je parle de l’élément déclencheur qui a provoqué en quelques jours (heures) la prise de la Bastille, à savoir le renvoi du très populaire Necker (je l’ai évoqué).

          Pour le reste, c’est un autre sujet, notamment lorsqu’on arrive à 1792 puis à 1793 et la Terreur de Robespierre.

          Cordialement.


        • citoyenrené citoyenrené 16 juillet 2012 08:30

          @ l’auteur,

          merci de votre réponse,

          mais précisément, je maintiens « le peuple fut armé par la bourgeoisie et utilisée comme un bélier »...d’ailleurs, la grande peut fut de laisser les fusils dans les mains des gens de rien,

          le 15 juillet 89, la municipalité progressiste fait savoir qu’elle remettra quarante sols (soit l’équivalent de deux journées de travail) à quiconque aura l’obligeance, et le bon esprit, de lui remettre ce fusil dont on l’a aidé à se munir pour donner l’assaut à la Bastille

          « le très populaire Necker », populaire auprès de qui ? des banquiers ?

          autre remarque sans rapport, le premier nom de la « garde nationale » fut « milice bourgeoise » !


        • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:43

          À Citoyenrené,

          Le peuple appréciait Necker car il avait une connaissance de la pauvreté et de la misère. Son renvoi fut considéré comme une provocation et c’est probablement une grande maladresse de Louis XVI (qui par ailleurs avait senti qu’il fallait faire des concessions).

          Je ne suis pas sûr que la décapitation du prévôt des marchands Flesselles, dont la tête fut mise sur une pique aux côtés de celle du malheureux De Launay, fût un acte loué par la « bourgeoisie »...

           Merci de vous intéresser à la période, très intéressante pour comprendre l’histoire d’aujourd’hui.

          Cordialement.


        • citoyenrené citoyenrené 16 juillet 2012 09:04

          @ Sylvain,

          Necker, par devant, refusait ses émoluments de chargé du trésor (tout comme Monti ne s’octroie pas de salaire)

          et par devers, était farouchement attaché à ses droits féodaux pour son château de Coppet

          son recours systématique à l’emprunt, à faire emprunter l’état aux banques privées (son corps de métier), a participé à la quasi banqueroute de la nation

          mais oui, le peuple l’aimait, ce qui est pour moi incompréhensible

          en plus, l’accaparement des récoltes pour ensuite spéculer fut une des origines de sa grande fortune

          peut être la plèbe ne consultait-elle pas Agoravox !

          merci à vous en tout cas pour cet article sur notre Histoire

          (je suis en train de lire « Silence aux pauvres » d’Henri Guillemin, alors j’ai les détails pas loin)


        • citoyenrené citoyenrené 13 juillet 2012 14:17

          @ l’auteur,

          et vous connaissez sans doute l’extrait du discours d’Emmanuel-Joseph Sieyès, un des « barons » de la Révolution française du 7 septembre 1789 :

          "Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer.

          S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique.

          Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants.« 

          en effet, »démocrate" était une insulte, le mot a depuis été volé par ses adversaires


          • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:18

            À Citoyenrené,

            Merci d’avoir cité Sieyès, qui deviendra plus tard l’un des membres du Directoire et consul avec Napoléon, et de montrer la connotation négative (surprenante) de la notion de démocratie. La démocratie représentative est cependant une sorte de synthèse des deux notions : démocratie et représentation du peuple.

            Cordialement.


          • citoyenrené citoyenrené 16 juillet 2012 08:46

            @ Sylvain,

            « démocratie représentative » un parfait oxymore !

            pas une synthèse agréable

            on sent la contradiction jusque dans notre constitution actuelle :

            Article 2  : « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple »

            Article 3  :

            « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum »

            au delà de la disparition effective du référendum, référendum d’initiative citoyenne : surtout pas !!!

            « Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice »

            les politiciens de métier sont devenus une section du peuple, un corps de métier qui s’est autonomisé de façon naturelle

            mais ce n’est pas le sujet de votre article, un peu hors sujet donc


          • Soi même Soi même 13 juillet 2012 14:41

            Et oui, on préfère la prise de la bastille,
            < L’importance de la prise de la Bastille a été exaltée par les historiens romantiques, comme Jules Michelet, qui en ont fait un symbole fondateur de la République. Celle-ci n’était défendue que par une poignée d’hommes, mais qui firent près de cent morts parmi les assiégeants. Il y en eut six parmi les assiégés, dont le gouverneur M. de Launay.>

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_la_Bastille

             alors que c’est pas cela qu’il s’agit mais
            il était plutôt question du 14 juillet 1790, qui a été la fête de la Fédération, la nation française rassemblée autour du roi Louis XVI.

            On oublie toujours que la révolution à commencé par la convocation des États Généraux en janvier 1789.

            http://revolution.1789.free.fr/page-2.htm

            Et que la Bastille est une péripétie qui se produit entre la convocation des États Généraux en janvier 1789 et la fête de la Fédération, la nation française rassemblée autour du roi Louis XVI en 1790.

            Tous en apparence débutaient sur des bons hospices, si y avait pas eux en réalité un complot <

            La Terreur est le nom par lequel on désigne1 deux périodes de la Révolution française.

            Suite à la chute de la monarchie, le 10 août 1792 et à l’élimination des députés girondins lors des journées d’émeute des 31 mai et 2 juin 1793, les montagnards prennent le pouvoir. Le 5 septembre 1793, la Terreur est « mise à l’ordre du jour, » elle s’achève avec la chute de Robespierre le 26 juillet 1794. >

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_%28R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise%29

            qui s’aborda la révolution qui aurai prit un tous autre court !


            • citoyenrené citoyenrené 15 juillet 2012 12:12

              @ Soi même,

              des révolutions sociales ont tout de même eues lieu de 1792 à 1795

              - suffrage universel (réel pas la fumeuse distinction citoyen actif / passif)

              - abolition de l’esclavage

              - droit pour les salariés de se grouper pour défendre leurs intérêts ( + ou - les syndicats)

              - abolition des droits féodaux (abolition réelle, pas cette tromperie d’abolitoin précédente, « au denier trente »...tu parles, qu’un paysan achète 30 années de droits féodaux pour en être libéré est, au plus, un trait d’humour

              - prix maximum des denrées de premières nécessité

              - interdiction de l’agiotage sur les assignats ( peine de mort, oui , c’est rude)

              - interdiction de l’agiotage et sur l’accaparement des récoltes (ce que faisait Necker)

              heureusement, ces inacceptables avancées sociales seront ensuite détruites

              par exemple, un nouveau maximum sera mis en place : celui des salaires !

              Danton, vendu à la cour, à participer au sabotage de la révolution...lui et d’autres ont couverts Robespierre du sang du peuple


            • citoyenrené citoyenrené 15 juillet 2012 17:52

              des révolutions sociales ont tout de même eues lieu de 1792 à 1794

              1794, pas 1795 !

              le 10 thermidor an II et la « chute » de Robespierre étant le 28 juillet 1794


            • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 juillet 2012 08:20

              À Soi même,

               Comme dans chaque période, il y a un événement considéré comme le début. Ce fut le cas aussi de l’assassinat de l’archiduc d’Autriche pour la Première guerre mondiale mais la tension internationale était déjà grande indépendamment. C’est la différence entre réacteur chimique et catalyseur.

              Cordialement.

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