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Ce qu’est la Révolution

Une atmosphère générale révolutionnaire est perceptible, ces derniers temps, au sein de ce qu’il est convenu d’appeler la blogosphère - ce que le journalisme citoyen appelle le 5e pouvoir - et que l’on pourrait qualifier de "cyber-démocratie d’opinion". La lecture de cette "tendance" donne souvent l’impression que beaucoup n’ont pas conscience de ce qu’est concrètement une révolution, de la violence qu’elle implique, et des graves dérives possibles. Pourtant, face aux forces dominantes de l’ordre ancien qui abusent de leurs prérogatives, elle peut de façon récurrente devenir historiquement nécessaire pour rétablir la souveraineté du peuple. Autant de signes témoignent d’un côté de son éventualité future que de l’autre des obstacles à sa réalisation. 

Mais avant d’analyser les raisons de cette tendance contemporaine, il nous faudra d’abord étudier ce qu’est concrètement une Révolution du point de vue historique, sociologique et juridique. On s’interrogera sur les conditions qui justifient la révolution, l’analyse de certaines occurrences historique, de ses dérives possibles aussi, avant de soulever l’éventualité actuelle d’un tel recours.

I. La notion de révolution, aspects sociologiques, historiques et juridiques.

La révolution, concrètement : elle n’existe pas sans « liquidation » des éléments de conservation de l’ancien régime.

Une révolution consiste en un changement drastique des valeurs, des normes, des principes du gouvernement et partant, de la société, au cours d’un processus historique de substitution d’une conscience de pouvoir par une autre, avec l’intervention d’une partie du peuple insurgé. 

Concrètement, une révolution ne peut se faire sans rapport de force, qui vire parfois à la violence, même symbolique. Tout pouvoir doit réagir rapidement aux rébellions (que le Code pénal réprime), aux attroupements (qui doivent être maîtrisés par la puissance publique du fait d’un régime de « responsabilité sans faute » de l’État en cas de dommage lors des attroupements), aux complots vrais ou supposés, au terrorisme, aux actions violentes, aux menaces à la sûreté de l’État ou à l’ordre public. Cette mission régalienne tout à fait légitime (la sûreté est l’un des quatre droits naturels inaliénables énumérés à l’art. 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen - DDHC - de 1789) peut être retournée contre ses principes, dès lors que le pouvoir et son système de domination se sent menacé. Une sorte de course s’engage généralement au début des révolutions entre insurgés et forces de l’ordre pour avoir l’avantage sur les esprits d’une part, et sur le « champ de bataille politique », qu’il s’agisse de l’Assemblée ou de la rue, voire des lieux de pouvoirs. À l’été 1789 et par la suite, c’est bien la faiblesse du pouvoir exécutif devant les premières révoltes des députés du Tiers-État qui a ouvert la brèche dans laquelle les révolutionnaires, au péril de leurs vies, se sont engouffrés.

Mais face à un tyran ou face à une oligarchie prête à utiliser la violence pour sauvegarder son pouvoir contesté, que pourrait faire le peuple ? 

Dans une société démocratique où les principes nés d’anciennes révolutions sont progressivement abandonnés sans le dire, une révolution contemporaine viserait plutôt à revenir aux principes fondateurs (républicains, démocratiques, laïcs, solidaristes, universaliste, rationnel, vérité d’information), érodés par l’oubli progressif des conditions à partir desquelles ces principes ont été perçus comme nécessaires à un moment de l’Histoire, par une majorité du corps social et leurs représentants.

Ce phénomène d’érosion des principes fondateurs est un classique de la pensée aristotélicienne. La démocratie est amenée progressivement vers l’oligarchie par un jeu de captation par une élite toujours plus restreinte (chômage, cooptation, népotisme). Ce phénomène est accéléré lorsque les individus, parvenus à un atomisation complète du fait du confort démocratique, de l’individualisme et du cloisonnement social (que le communautarisme favorise, tout comme la télévision), sont atteints de ce que l’on pourrait appeler le « syndrome de Tocqueville » : ils ne sont plus capables de faire valoir la souveraineté du peuple. Lorsque cette oligarchie dispose de moyens techniques suffisants, le niveau de domination qu’elle est susceptible d’exercer ressemble à ce qu’Emmanuel Goldstein décrivait dans 1984 de Georges Orwell : un pouvoir qui ne peut plus être renversé, et dont la domination et la reproduction devient totale et éternelle ; c’est l’aboutissement de l’idée de pouvoir et de son corollaire : la nécessité de s’y maintenir (par un individu, ou une classe). 

La révolution, historiquement

Des rassemblements populaires massifs qui ne cessent pas, une grève générale, et des barricades, jusqu’à ce que le pouvoir tombe, c’est comme cela qu’historiquement toutes les révolutions se sont faites : 1789 [e serment du jeu de paume (26 juin), la « Grande peur » dans les campagnes (début juillet), la prise de la Bastille (14 juillet), l’abolition des privilèges (4 août), la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août), la marche des femmes à Versailles (5 octobre)], 1792 [journée du 10 août - cf. infra], 1830 [journées des 28,29,30 juillet où Charles X ainsi que Louis XIX sont contraints à l’abdication], 1848 [où les banquets républicains, interdits, entraînent les révoltes de février-mars qui créent la IIe République], 1870 [prise du pouvoir par les Républicains suite à la défaite de Sedan - je considère la Commune comme un dérapage de la mise en place de la République de 1870 et suis donc bien « bourgeois » au sens marxiste, mais ma position est sur ce point discutable] et même 1944 car le Général de Gaulle est parvenu à franciser au maximum la destitution de l’autorité de fait dit « État français » (ordonnance du 9 août 1944).

À chaque fois tout d’abord, il y avait conjonctions de multiples forces d’oppositions. Base révolutionnaire classique formée des éléments « idéologues pro-révolutionniares » (les Babeuf, Buonarroti, Blanqui durant les diverses révolutions du XIXe siècle), peuple affamé des villes mis en état d’insurrection. Le ralliement d’une partie des bourgeois éclairés de la menace aux libertés est généralement une étape obligée. C’est peut-être ce qui se passe actuellement. La frange « bobo du net » bascule. Mais c’est loin d’être suffisant. À un moment donné, un rapport de force se met en œuvre entre forces de l’ordre fidèles au régime et opposants rassemblés. C’est l’insurrection et l’appel aux armes, et le moment décisif où les révolutionnaires prennent ou non les « lieux » de pouvoir, laissant ou ne laissant pas s’échapper le pouvoir. En général on les laisse partir. Mais pas toujours. Souvenez-vous du procès Ceucescu.

Il faut également insister sur le rôle de certains réseaux « étrangers » qui ont intérêt à favoriser le trouble et la subversion dans une nation concurrente. C’est ainsi que certains révolutionnaires français étaient soutenus par des réseaux de banquiers suisses (les Perregaux notamment) liés à des intérêts anglais et émigrés. Il n’est pas impossible que le réseau voltaire soit devenu, financièrement lié à des réseaux russes, latino-américains ou moyen-orientaux à mesure que les éléments qu’il avait mis en avant s’étendaient, tout comme Marat le fut par ces réseaux anglo-suisses parce que L’Ami du peuple, son journal, échauffait les esprits et favorisait les insurrections. Les mêmes réseaux de financement propagandiste existent du côté de la presse alignée. Les médias deviennent l’enjeu d’une vaste lutte pour l’influence de divers réseaux « back office ». Les groupes militaro-industriels ont tout intérêt à acheter les médias alignés pour instiller une orientation de l’information qui leur soit favorable. Mais toutes sortes d’intérêts peuvent rechercher un accès à l’influence par divers modes d’information. On l’a vu également durant les révolutions « des roses » en Géorgie et « orange » en Ukraine, où les groupes d’activistes étaient soutenus, formés et financés par divers réseaux de financements atlantistes (la National Endowment for democratie - organe de la CIA d’externalisation des aides aux groupes favorables à l’idéologie atlantiste). Il s’agissait au travers de ces opérations subversives néo-cons de réactiver la politique de « containement » au moyen d’un cordon sanitaire qui irait de l’Afghanistan à l’Ukraine.

À chaque fois ensuite, il y a bien substitution d’une « conscience de pouvoir » par une autre. Je n’intègre pas dans cette liste Mai-68 qui n’a pas entraîné cette substitution, car elle était une révolte de jeunes gens récemment éveillés à une chose politique mal maîtrisée, une forme de libertarisme (tout à fait compréhensible dans la société conservatrice des années 60), liée à l’importation mal maîtrisée de l’idéologie américaine « anti-guerre du Vietnam » - guerre à laquelle nous ne participions heureusement pas (cf. le discours de Phnom Penh de 1966 sur http://www.ina.fr). Même si la génération de 68 a pris les commandes légalement par « l’avancement » classique. L’appel de Sarkozy à la liquidation de l’héritage de Mai-68 est une forme de substitution des consciences de pouvoir de cette génération, un révolution en quelque sorte, ou plus précisément une contre-révolution. 

Pour donner un exemple de cette « substitution » et de ses dérives possibles, on citera Marat et le contexte des événements du 10 août 1792, véritable coup d’État où le peuple et la Commune insurrectionnelle de Paris, aidés par des milliers de fédérés (militaires patriotiques et non-royaux arrivés en masse à Paris de la province pour faire face à l’invasion autrichienne), en réponse au « manifeste de Brunswick » menaçant Paris de destruction en cas d’atteinte au roi. Les insurgés encerclent les Tuileries, obligent le roi à se rendre à l’Assemblée. Celle-ci réagit - « considérant que les périls de la nation sont parvenus à leur comble » - par la création d’une « Convention nationale » (effectivement mise en place au lendemain de la victoire de Valmy le 21 septembre 1792) puis « suspension du chef du pouvoir exécutif jusqu’à ce que la Convention nationale se soit prononcée sur les mesures qu’elle croira devoir adopter pour assurer la souveraineté du peuple, et le règne de la liberté et de l’égalité ».

Quelques semaines avant le 10 août 1792, Marat donc, déclarait à la tribune des cordeliers que « 1 000, 2 000, 10 000 têtes doivent tomber ici, en France » (!). Trois semaines après le 10 août, ce sont les massacres de septembre (des milliers de morts dans les prisons et hôpitaux) où la Révolution révèle son obscurité. Après un retour au calme relatif pendant trois mois, la décapitation du roi Louis XVI puis la création du tribunal révolutionnaire en mars 1793 a déclenché la Terreur ; c’est là que Marat demande cette fois 100 000 têtes (!) à l’Assemblée, « l’épouvante paralysera nos ennemis » s’écrie-t-il avant d’être le premier à passer devant le Tribunal révolutionnaire, qui l’acquittera. « Si » la révolution avait pu s’arrêter après la mort du roi et se limiter à quelques ci-devants ultra-conservateurs, elle aurait gardé une image pacifique. Au contraire, elle a donné des arguments aux conservateurs lors de l’Empire (où la guerre assurera la paix intérieure) et de la Restauration (où les réseaux conservateurs joueront longtemps sur la peur des débordements révolutionnaires). Assurément, une Révolution contemporaine devrait à tout prix éviter les débordements de ce type. Mais il faut bien que les éléments qui sont « dépendants » ou « serviteurs » du système actuel soient écartés, sans quoi il n’y a pas de révolution. « Les aristocrates à la lanterne » (la lanterne signifiait « la pendaison ») chantaient les sans-culottes en entre 1789 et 1794 ; « ce soir, l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes », chantaient les résistants entre 1941 et 1944. 

La notion de « conscience de pouvoir » peut permettre d’approfondir la compréhension de ce qu’est précisément une révolution : une substitution d’une telle conscience par une autre. 

Une conscience de pouvoir est tout simplement un esprit qui dirige, sur un territoire administratif donné. En monarchie la conscience du pouvoir est la conscience individuelle, intérieure et inaccessible du roi. En démocratie, la conscience du pouvoir est collective, extérieure et délibérative. Mais cette notion est plus adaptée pour les monarchies et les dictatures (le plus souvent objets de révolution), car c’est dans ces régimes que l’incarnation du pouvoir est la plus exclusive et la plus identifiée à une seule conscience, un seul esprit, c’est là que le for intérieur du prince est le plus décisif dans les décisions d’État. 

Sous l’Ancien Régime, l’esprit du roi était à la tête d’une matrice humaine et administrative extérieure à lui, dirigée par son intériorité mentale unique. Il était le seul à disposer de toutes les diverses sources d’information de son royaume, et sa pensée intérieure orientait l’organisation, l’action, les valeurs, et les orientations stratégiques ou morales de l’ensemble de son administration qui le servait. La conscience est intériorité, les administrations sont l’extériorité exécutoire de la conscience de pouvoir. Il ne l’avait pas choisi, mais sa conscience était, par la logique du droit canon et de la loi de primogéniture mâle, celle du pouvoir, qu’il le veuille ou non selon la logique purement contingente de la naissance.

Être « conscience de pouvoir » implique une foule de rites, de comportements, de décisions, par lesquels l’ensemble de ses « satellites » sont mus (ses satellites = l’ensemble des administrations qui informent le roi et exécutent les décisions de sa conscience de pouvoir). Notons de ce point de vue que la conscience de pouvoir est objet de projections par ses agents. En effet, ces derniers doivent pour accomplir leur tâche, en permanence, réaliser « ce qu’ils pensent que veut la conscience de pouvoir ». En ce sens, la conscience de pouvoir est toujours à la fois exclusive (à l’intérieur de l’esprit du « prince ») et reproduite en toute personne qui s’interroge sur les intérêts de l’État et du peuple régis par cette conscience de pouvoir. En ce sens, il faut noter que la conscience exclusive de pouvoir, le roi, est elle-même prisonnière d’un au-delà d’elle-même qui la détermine, à savoir le système administratif préexistant, mis en place par ses prédécesseurs, dont il n’est, avant de devenir conscience de pouvoir, qu’un rejeton fragile.

Du point de vue de la conscience de pouvoir, une révolution est similaire à une annexion, ou à un putsch : la conscience de pouvoir est remplacée par une autre conscience de pouvoir. En tant qu’intériorité mentale, la conscience de pouvoir monarchique n’est pas transparente à l’extériorité (les « sujets » en monarchie - d’où l’arbitraire du pouvoir - ou les « électeurs » en démocratie - d’où les « promesses qui n’engagent que ceux qui les croient »). De tout ceci découle qu’en cas de révolution, nul ne peut savoir la nature de la conscience de pouvoir qui remplace l’ancienne.

Mais avant d’abandonner, ou d’abdiquer une conscience de pouvoir est capable de violence légitimée est capable d’user de grande violence. C’est d’ailleurs souvent lorsqu’elle est fatiguée du sang versé qu’elle se laisse submerger par la vague révolutionnaire. À moins qu’elle ne sache, comme le fait normalement la démocratie, canaliser la conscience d’opposition. Dans un régime de type démocratique, la révolution revient à l’œuvre lorsque, elle n’intègre plus l’opposition comme c’est normalement la vertu d’un tel régime, lorsque ses médias perdent leur pluralisme et répercutent une propagande de guerre, biaisée, stigmatisante, inquisitoriale.

L’effectivité toute relative du droit de résistance à l’oppression

Car entre les chevaux et mousquets des gardes suisses du XVIIe siècle et la panoplie militaro-policière des forces de l’ordre contemporaines, il y a un écart important. On peut de ce fait se demander quelle est aujourd’hui l’effectivité du quatrième « droit naturel inaliénable » énoncé à ce même article 2 de la DDHC (la résistance à l’oppression) ? C’est une question juridique qui a une réponse politique et historique. Ce qui fait une réponse insatisfaisante sur le plan juridique :

- Soit la révolution réussit, cet article devient validé ;

- Soit elle échoue, et c’est qu’elle n’était rétrospectivement pas légitime.
L’effectivité de cet article n’existe qu’a posteriori en cas d’utilisation réussie, du fait, non d’une procédure judiciaire, mais d’un rapport de force politique voire militaro-insurrectionnel.

De l’autre côté, la Constitution de la Ve République donne au président par l’article 16 la possibilité de prendre tous les pouvoirs pour faire face à une situation où les pouvoirs publics constitutionnels ne pourraient plus fonctionner... Une véritable révolution française aurait-elle été possible avec l’article 16 de la Constitution de la Ve République. Disons que l’usage d’un tel article pourrait avoir pour effet de basculer d’une gestion démocratique à une gestion dictatoriale la conduite d’une telle révolution ; les digues démocratiques cédant, un tel usage pourrait faire basculer le rapport de force vers la violence mutuelle.

La boucle rétroactive de la violence révolutionnaire, et la possibilité d’une révolution pacifique

Il n’y a pas de révolution sans violences, tout simplement parce que le pouvoir, face aux mouvements de masses, envoie des forces de l’ordre qui, elles, utilisent généralement la violence la première. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que l’article 16 de la Constitution de la Ve République soit utilisé, qui donne tous les pouvoirs au président de la République. Une telle instrumentalisation scellerait la guerre civile entre l’autorictas (le pouvoir) et la potestas, (la souveraineté du peuple, source de toute légitimité politique).

Face à cette violence militaro-policière, comme le disait Camille Desmoulins le 12 juillet 1789 : « Citoyens, il n’y a pas un moment à perdre. (...) Il ne nous reste qu’une ressource : c’est de courir aux armes et de prendre les cocardes pour nous reconnaître ». 150 ans plus tard, on chantera : « Ami entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne. Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes. Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Chantez compagnons, dans la nuit la LIBERTE vous écoute ». 

Au « réalisme » des défenseurs du système, il faut opposer un « réalisme » anti-système, et pas une vague utopie d’espérance en un grand changement subit. 10 000 têtes dirigent ce pays au sein de groupes médias concentrés qui formatent une idéologie unique qui exclut la dissidence et au sein de quelques conseils d’administrations qui ont financé et aidé le clan au pouvoir à y parvenir. Ces personnes ne reculeront pas, et comptent sur l’immobilisme du peuple, sa myopie systémique, son cloisonnement et son atomisation sociale face à la télévision, son incapacité à former une masses compacte de centaine de milliers de citoyens prêts à tout pour récupérer leurs droits, et ramener ce pays à la décence morale, à l’indépendance extérieure, à la PAIX, à la défense de ses propres intérêts et non pas au service des desideratas d’une puissance étrangère qui, face au déclin, est entré dans une course autodestructrice au maintien de l’hégémonie. Ils comptent sur le cloisonnement des informations : tout ce qui ne passe pas par la télé est discrédité comme « rumeur », même quand elle consiste en des faits enregistrés sur vidéo, comme l’ensemble des éléments factuels qui contredisent la version officielle des attentats du 11-Septembre. C’est bien pourtant la rumeur populaire, ce grondement sourd du peuple criant son ressentiment qui lui permet de se rassembler face à l’absolutisme du pouvoir sur les esprits.

Si une telle révolution est engagée en France, il est possible qu’elle continue aux États-Unis, car, là-bas aussi, le peuple trahi par les « réseaux septembristes » contient une bonne partie de gens prêts à tout pour faire changer ce système proto-totalitaire.

Et ce n’est pas un Mai-68 qu’il nous faut, loin de là, c’est un 1789, avec masse populaire compacte et prête à se défendre sans transgresser les règles de respect des personnes et des biens ; non pas des casseurs de magasins et de commerces, mais des défenseurs de la liberté devant les tazers et les gaz lacrymogènes des policiers collaborateurs - à distinguer des policiers patriotes et citoyens, nombreux (la police est la profession la plus syndiquée, 70 % des policiers le sont), ou des militaires qui veulent un retour à la doctrine traditionnelle de la France en matière d’indépendance nationale.

II. Une révolution, aujourd’hui ? Pourquoi, comment, jusqu’où ?

Les raisons d’une radicalisation soudaine

On pourrait citer, en France, la radicalisation des esprits depuis le 6 mai 2007 en réaction à de nombreuses déclarations, comportements, mesures législatives et réglementaires injustes et inefficaces, les rebondissements bellicistes d’Afghanistan et l’inflexion atlantiste, la concentration extrême des médias possédés par des groupes d’armement ou en contrat avec l’État, qui orientent de plus en plus ostensiblement la teneur de l’information dans le sens de leurs intérêts et de leur idéologie propre, à l’exclusion de tout autre. S’ajoute à ces raisons morales la crise économique et financière qui altère la confiance des plus fidèles soutiens du système et qui irrite le grondement populaire. 

D’autre part, le pouvoir coercitif croissant de ce qu’il faut bien appeler les lobbies communautaristes victimaires (religieux, ethniques, identitaires) radicalise les positions et impose le droit à la différence ostensible, au mépris du droit à l’indifférence, gage de sérénité dans l’espace public. Les digues républicaines propres à assurer la cohésion sociale cèdent, et l’on va compenser cela par une stratégie sécuritaire de la terreur institutionnalisée, du double discours politiquement correct, et de la chasse aux sorcières permanente. La liste des exécutions de la contre-révolution s’allonge : Daniel Schneidermann, Marion Cotillard, Siné, Bertrand Coq, Jean-Marie Bigard, Alain Soral, Richard Labéviaire, Jean-François Deniau, Dieudonné, et finalement tous ces internautes qui les soutiennent à chaque fois. Dernier « muté » pour parole libre, Patrick Pelloux, syndicaliste hospitalier, pourtant modéré et non conspirationiste, mais brillant par sa médiatisation, sa liberté de ton, et son combat pour l’amélioration des conditions hospitalières, gage d’efficacité pour les personnels et de sécurité pour les patients.

 

Les tenants de la propagande du choc des civilisations sont tout simplement au pouvoir. Les figures de proue médiatiques de ce mouvement guident les orientations de la presse alignée : BHL, Caroline Fourest, Alexandre Adler, Philippe Val, Christophe Barbier, Claude Askolovitch, Laurent Joffrin, Géraldine Muhlmann, Claude Bacharan, Alain Finkelkraut, Pascal Riché, Taguieff, Jean-Michel Apathie, Olivier Duhamel, Jean Guisnel, Antoine Vitkine, Robert Ménard. Les moutons suivent : Morandini, mof, Carlier, Alphonsi, Ariel Wiseman, Dupont-Monod, etc. Tous participent consciemment ou inconsciemment de cette omerta et mènent une croisade conservatrice de l’occidentalisme et du choc des civilisations sous l’égide de l’Empire américain et de ses ramifications.

Le journalisme citoyen est maintenant "ce dont il faut tordre le cou", aux dires de Clara Dupont-Monod, chroniqueuse dans une émission qui s’est à plusieurs reprises illustrée par ses falsifications des faits sur les attentats du 11-Septembre. Le 11-Septembre 2001, c’est assurément là que se joue le cœur latent du problème…

La remise en cause de la version officielle devient révolutionnaire face au mur de l’omerta

La révolte « conspirationiste » naît de l’omerta généralisée des médias et des pouvoirs constitués sur quelques faits qui remettent en question la version officielle des attentats du 11-Septembre et ce qu’ils justifiaient officiellement sur le plan du droit domestique et international (Patriot Act, SWIFT Act, guerres en Afghanistan et en Irak, pénétration caucasienne, Guantanamo, vols secrets en Europe, usage de la torture).

Ces faits sont l’absence (a) d’enquête criminelle ; l’absence (b) de reconstitutions des avions ; l’absence (c) de Boeing 757 visible sur les vidéos publiées par le Pentagone en 2006 à la demande de l’association Judicial Watch ; l’absence (d) d’explication plausible de l’effondrement "parfait" de la troisième tour, le W T C 7, non touchée par un avion, à la vitesse de la chute libre, de la même façon que les deux tours jumelles, autrement que par l’hypothèse de la démolition contrôlée. Cette dernière hypothèse semble confirmée par les séries d’explosions audibles avant la chute des tours sur le film 911 eyewitness prise à quelques centaines de mètres des tours et par divers témoignages de gens parlant d’explosions secondaires, ainsi que par les éjections à près de 70 mètres de débris des tours. Larry Silverstein admettra sur PBS en 2003 que les pompiers de New York et lui auraient pris la décision de démolir le bâtiment avant de se rétracter, provoquant une polémique linguistique sur la signification de l’expression « pull it »… Quant aux opérations boursières visant la baisse des compagnies aériennes avant les attentats, la Commission 911 a déclaré que "ces responsables de ces opérations étant des Américains non liés à Al-Quaïda, il ne s’agissait pas de délits d’initiés".

Remettre en cause la version officielle du 11-Septembre n’équivaut pas à adhérer à la thèse du complot intérieur. La thèse de l’inside job gouvernemental n’est qu’un « courant » conspirationiste parmi d’autres. La thèse du « let it happen on purpose (LIHOP) » fédère les « modérés » du Truth movement. La thèse de la complicité intérieure de réseaux septembristes qui auraient favorisé, financé, profité, aggravé et militarisé les attentats qui faisaient intervenir de vrais existe, est portée par Webster G. Tarpley, mais tous les conspirationistes n’adhèrent pas nécessairement à cette thèse. Les conspirationistes veulent d’abord, avant tout, et uniquement la réouverture d’une enquête, et surtout que tous les faits et toutes les hypothèses soient discutés. Problème, même les plus modérés d’entre eux sont discrédités sans examen des faits par quasiment l’ensemble de la sphère dirigeante et notamment médiatique. Et lorsque certains parmi eux brisent le silence, ils sont écartés, licenciés, privés de promotion, censurés, stigmatisés, en évitant méticuleusement de faire référence aux faits sur lesquels se fondent les « conspirationistes ».

Le conspirationisme est un humanisme

Il ne s’agit pas de croire en une « religion » du complot ni de croire en un « grand complot direct mondial, comme l’affirmait un journaliste de Libération, il y a un an, ni de se laisser aller à attendre une déclassification des archives qui n’arrivera jamais. Il s’agit simplement d’organiser à l’antenne un débat contradictoire sur les faits et les archives disponibles sur ce sujet, et qu’une enquête criminelle soit mise en place. Mais ces simples demandes, qui sont normalement la norme dans tout autre événement criminel, produit au sein des médias traditionnels un déchaînement de stigmatisations et de diffamations.

Le conspirationisme révèle le mensonge d’une oligarchie mondialiste - une "aristocratie mondialisée" comme le disait Lionel Jospin dans son dernier ouvrage - et combat pour le rétablissement de la vérité, de la justice criminelle, pour la démocratie, et plus que tout, pour que "2 + 2 ne soit jamais égal à 5" parce que le pouvoir le décréterait. Le conspirationisme veut arrêter le sens autodestructeur de l’orientation que l’internationale néo-conservatrice veut imposer aux peuples du monde entier, sans leur consentement formel. On retrouve le même combat qu’à l’époque de la Réforme où l’orthodoxie catholique des XVe et XVIe siècles et les autorités morales stigmatisaient l’usage du libre examen, tout comme elles le font aujourd’hui face à "l’investigation sur les attentats du 11-Septembre". 

L’échec des idées « d’Europe puissance » et « d’Europe régulatrice de la globalisation » a fait s’écrouler l’espoir d’une souveraineté européenne qui fasse contrepoids aux autres puissances. Les peuples seuls face à l’Empire ?

L’incapacité de l’Europe à s’imposer comme contre-pouvoir géopolitique a illustré sa faiblesse, au moment même où elle devenait première puissance économique mondiale. Elle a donné l’impression de s’agenouiller devant les impérialismes croisés, s’imposant elle-même des contraintes si fortes qu’on les dirait guidées de l’extérieur. Les Etats membres continuent de se diviser sur les orientations stratégiques, les uns prônant l’indépendance, les autres l’alignement à Washington. Les projets militaro-industriels structurants se font avec les Américains (cf. notamment le projet de F-35) et non pas entre Européens, ce qui retarde d’autant la création d’une éventuelle Europe puissance digne de ce nom. Et si l’Europe détenait la puissance, elle pourrait exercer un contre-pouvoir certain aux impérialismes, en influençant le monde dans le sens d’une confraternité pacifique mondiale régulée par le droit international.

Sur le plan économique, nous nous sommes liés les mains. L’indépendance de la Banque centrale européenne et son unique objectif de lutte monétaire contre l’inflation lui fait afficher des taux directeurs élevés alors que la situation économique européenne appellerait à une injection monétaire dans l’économie et à une forte relance contra-cyclique. L’incapacité à coordonner les politiques économiques nationales encore la faiblesse du budget européen (1,04 % du PIB européen - 11 000 Md€ - soit 120 Md€) illustre les contraintes que l’Europe s’impose. Les autres « ensembles civilisationnels », américains, chinois, russes, ne se contraignent aucunement de cette façon. Comme si l’Europe abdiquait devant toute idée de souveraineté économique, politique et militaire, devant les autres souverainetés impériales des autres ensembles géographiques.

Dès lors, face à une logique géopolitique qui ne connaît pas de contre-pouvoir internationaux, seuls les peuples peuvent en dernier ressort se réapproprier leur souveraineté. Ils l’ont fait une première fois le 29 mai 2005. Au vu du traitement ultérieur du non, méprisé par un nouveau traité qu’on a essayé de faire passer en catimini, et que seul le peuple irlandais a pu, en Europe, contester, il se peut que la future réplique du 29 mai soit d’une nature différente… Assurément, le peuple gronde, devant "l’avatar contemporain du mythe de la caverne réalisé".

L’ensemble de ces éléments favorise la jonction des nonistes et des conspirationistes, avec tous les nouveaux exclus du système, et finalement avec tous les hommes libres inquiets de l’inflexion orwellienne imposée par l’internationale néo-conservatrice.

C’est à l’union de toutes les forces mondiales qui luttent contre ces impérialismes et pour la paix que peut parvenir la contestation de la version officielle. Le renfermement sur elle-même de l’élite mondialiste favorise une vaste conjonction de toutes les forces de contestation. En France, il faut unifier toutes les forces de résistance à cette menace à la liberté, à l’égalité et à la souveraineté des peuples. Que ceux du Parti socialiste qui contestent qui affirment avec Mélanchon que le 11-Septembre ne justifie pas la guerre en Afghanistan s’unissent aux nonistes du PS et doivent discuter à nouveau avec les chevènementistes, avec les jospiniens, avec les « néo-aubryistes ». Il faut que toutes ces forces discutent et se rassemblent avec les républicains enragés du MoDem, avec les écologistes, qu’ils soient du « pôle écologiste », de Cap 21 ou des Verts. Ceux de la gauche altermondialiste, communiste, trotskiste et « josé-boviste » doivent parler avec ceux de Debout la République de Dupont-Aignan, sans haine ni exclusion. Même ceux d’Egalité et réconciliation doivent être entendus, même s’il est contestable que ce courant rejette les droits de l’homme sans distinguer son instrumentalisation mondialiste de leur utilisation républicaine effective. Les anti-sarkozystes de « Ni putes ni soumises » doivent fraterniser avec les anti-communautaristes de SOS-Racisme. Les laïcs francs-maçons doivent ouvrir le débat aux laïcs athées, agnostiques, rationalistes, aux philosophes de l’autonomie. Les musulmans non pratiquants doivent s’unir aux juifs laïcs et aux chrétiens modérés pour faire reculer la religiosité fanatique.

Toutes ces forces doivent discuter, sans taire leurs différences, mais en pointant comment le mondialisme détruit progressivement les tissus sociaux, les solidarités, l’indépendance d’esprit, le pluralisme démocratique, la souveraineté et la paix entre les peuples, et finalement, les droits de l’homme. Un front de la résistance pourrait prendre des formes tout à fait inédites, si tous ces courants parvenaient à briser l’omerta sur le 11-Septembre, sur le mondialisme, et sur la captation des intérêts publics des Etats nations par des réseaux privés et extérieurs.

Ce qui arriverait en cas de révolution contemporaine et les conséquences possibles de son absence 

L’ensemble de la superstructure politico-médiatique ayant collaboré avec le néo-conservatisme américain serait liquidée. Le complexe militaro-industriel "septembriste" est conglomérat de néo-conservateurs, de fanatiques religieux (quelle que soit la religion, islamique, sectaire, catholique ou judaïque) et d’intérêts financiers bien compris qui ont racheté et concentré l’ensemble de l’information publique à la télé, à la radio et dans la presse. Par leur puissance financière et médiatique, ils ont les moyens d’influer directement les sommets de l’Etat et d’initier une propagande belliciste du choc des civilisations anti-arabe, anti-russe, et finalement, anti-tout-ce-qui-n’est-pas-occidental, nous mettant à dos le reste du monde, ceci leur assurant des contrats d’armement et de reconstruction de long terme... Tout ceci va naturellement de pair avec une orwellianisation des esprits, une chasse à toutes les sorcières qui contesteraient cette logique. On retrouve là l’érosion des principes du régime démocratique développée plus haut. 

Le conglomérat orwellien est constitué d’à peine quelques dizaines de milliers de personnes par pays, travaillant dans quelques palais, et quelques immeubles de médias. Exactement comme pour les révolutions historiques susmentionnées, une révolution contemporaine consisterait en la prise des lieux matériels de pouvoir. Et notamment des lieux d’espionnage généralisé des autres êtres humains, tels le réseau échelon qui permet à l’élite mondialisée d’écouter le reste de la planète dans toutes ses communications. Le fichier EDVIRSP en sera un avatar français.

Le krach financier de longue durée que nous connaissons actuellement est un "dommage collatéral" de la perte de confiance en l’économie, de la perte de confiance en nous-mêmes. Le décalage entre la superstructure politico-militaire (l’autorictas) et la base populaire, source de toute légitimité politique (la potestas) a atteint un seuil décisif. La première veut la guerre, la puissance, la surveillance, et la haine du bouc émissaire "non-occidental", la seconde veut la paix, la sécurité réelle, la liberté, la vie privée, bref, la jouissance des droits inscrits au frontispice de toutes nos institutions occidentales d’Etat de droit.

Divers groupes d’études ou réseaux de rencontres secrètes supranationaux de type Bilderberg, Commission trilatérale, CFR, Groupe de Davos, sans compter les innombrables lobbies qui gravitent autour des centres de pouvoir (Washington et Bruxelles principalement) décident de l’avenir de la planète en secret, sans que les citoyens aient leur mot à dire. Comme le président de l’UIMM fluidifiait les relations sociales, on fluidifie les relations politiques. On fluidifie également les relations médiatiques. Christine Ockrent, Manuel Valls, et Hubert Védrine faisaient partie du Bilderberg 2008. La première a licencié des journalistes libres, le second est le seul du groupe PS à s’être abstenu lors du vote sur le maintien en Afghanistan, le troisième a qualifié de grotesque toute remise en cause de la version officielle des attentats du 11-Septembre.

Tout ceci n’a plus rien de démocratique, et les hommes libres des peuples du monde entier ne peuvent l’accepter en silence, sans réagir, d’une façon ou d’une autre. Il ne s’agit pas d’une révolte marxiste, alter-mondialiste, syndicaliste. Il s’agit de la simple nécessité "bourgeoise" de la défense des libertés publiques, des fondements républicains et démocratiques, des droits politiques de citoyens justement informés. 

Mais nos mentalités contemporaines forgées par plusieurs décennies de conditionnement télévisuel sont-elles préparées à envisager une révolte du type de celles que nos aïeux surent organiser aux XVIIIe et XIXe siècles ?

Si une révolution de type 1789-1794 avait lieu, elle viserait à imposer aux superstructures sociales la liberté des citoyens, la vie privée, la vérité d’information, le refus de la propagande belliciste et des guerres illégales, l’indépendance diplomatique et militaire nationale, le refus de toute ingérence extérieure dans l’intérêt public. Face au détournement de la puissance publique par quelques réseaux privés et par un Empire étranger (on a appris récemment que le site du ministère de l’Intérieur était basé aux Etats-Unis, bonjour la sécurité des informations…), il n’y a qu’une réponse, et elle est citoyenne. Le système tel qu’il avance aujourd’hui, détourné par le complexe militaro-industriel, mène l’Occident, et peut-être l’humanité, à sa destruction. Des révolutions intérieures avant 1914 auraient probablement sauvé l’Europe de son suicide économique et démographique et de son affaiblissement politique définitif.

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Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution Ce qu'est la Révolution

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95 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 octobre 2008 17:22

    Emmanuel alias Kant, merci pour ce billet fort intéressant. Pas eu le temps de tout lire, j’y repasserai. Ce qui apparaît, c’est la dimension cognitive dans toute mouvance révolutionnaire. Le conflit entre le pouvoir en place et le pouvoir révolutionnaire est aussi un conflit entre l’interprétation et le sens des élites et une autre série d’interprétation, alternative, issues d’une mouvance du peuple avec ses supports spécifiques.


    • Nathan Nathan 8 octobre 2008 17:40

       Ah, ah, ah, je ne suis pas d’accord sur tout, mais sur l’essentiel smiley La révolution ce n’est ni les armes, ni les mots, c’est la conscience, disait un illustre inconnu. Moi je réaffirme que la première révolution était technique, il s’agissait d’internet et aujourd’hui toute autre révolution ne peut passer que par internet. Internet, c’est le média du peuple, direct, sans les échelons sociaux ; internet c’est la voix du tiers état, donc ce site / forum avec ses qualités et ses défauts, ainsi que la multitude de blogs d’opinions.
      Il faut informer sérieusement, dénoncer justement et se souvenir rationnellement.


      • non666 non666 8 octobre 2008 18:09

        Je suis d’accord à 90% avec votre article.

        En reserve , je ne suis pas sur qu ’aucun des modèle passé de révolution soit capable de servir vraiment de réfrence a ce qui va arriver chez nous.
        Ou alors TOUTES les révoltes précédentes synthétisées avec le rapport de force final entre les differents groupes.

        A ce jeu la, nous autres, souverainistes, nous ne sommes pas les plus mal placées quand il s’agira de jouer du couteau avec les groupes affiliés au pacifisme belant, a ceux qui servent des interets etrangers et a ceux qui ne servent que leur argent.

        L’important est de ne pas etre de ceux qui feront le coup de feu en premier, de ceux qui seront perçu comme la "chienlie" mais, au contraire, d’etre les "sauveurs"...
        Pour cela il faudra , bien evidemment ,egorger dès les premières heures, les responsables de la capitulation de notre pays, les responsables du desastre avant qu’au controle de la propagande, il n’ajoute le controle de l’armée.

        Car il n’est pas sur que les militaires voudront remplacer les gardes suises et leur sort dans l’Histoire.
        Defendre , comme le dit la marseillaise les "rois conjurés" , les Sarkozy et les Fillons qui nous ont trahis et livrés à l’Otan ?

        "Couplet 2 :
        Que veut cette horde d’esclaves,
        De traîtres, de rois conjurés ?
        Pour qui ces ignobles entraves,
        Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
        Français, pour nous, ah ! quel outrage
        Quels transports il doit exciter !
        C’est nous qu’on ose méditer
        De rendre à l’antique esclavage !"

        Qui est pret a mourir pour Dantzig,TelAviv ou Ankara ?
        Qui est pret à mourir pour defendre le bling bling du Traitre ?
        Qui est pret à mourir pour defendre ceux qui nous ont mentis et trahis ?

        "Je ne vous trahirais pas, je ne vous decevrais pas...."

        Maintenant que c’est fait et que tous le monde a ouvert les yeux, maintenant que la crise est la et que la responsabilité de CE gouvernement et du précédent( ce sont les memes qui etaient au pouvoir) est evidente, maintenant que MEME les communistes retrouvent une certaine credibilité, comment voulez vous que tout cela ne finisse pas mal ?

        Dressez les listes des coupables, car a mon avis, elles vont servir d’ici peu.


        • OmegaDG OmegaDG 8 octobre 2008 18:36

          Première liste. 
          ’’Derrière chaque grande fortune se cache un grand crime’’ Balzac

          Votre propre constitution française de 1793, article 35 déclarait ceci :

          ’’Quand un gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.’’


        • non666 non666 8 octobre 2008 19:34

          Mais nous ne l’avons pas oublié....
          Nous n’avons pas oublié non plus tous ceux qui ont ratifié le TCE "malgrès nous".
          Chaque nom sera traité en temps et en heure, à la Libération.

          Moi, mes listes sont a jour.
          Il faut juste attendre que le faisan soit à point.


        • JJ il muratore JJ il muratore 8 octobre 2008 20:16

          @ non666, hélas, trois fois hélas, vous me semblez confondre encore une fois Insurection et Révolution !
          Nul doute que quand le "faisan" sera à point vous ne soyez capable de l’achever ! (je perçois chez vous un certain goût pour ça) Mais bon, je ne vais pas cracher dans la soupe, toute grande oeuvre a besoin de ses basses oeuvres et il faut bien des gens comme vous. $
          La question donc n’est pas "qui dressera les Bois  ?" La question en Révolution est qui dressera la table ?
          Je vais devoir m’adresser à qui sur ce forum pour ce travail ?


        • ASINUS 8 octobre 2008 21:26

          yep
          pour dresser les bois pas de soucis tous les "connaisseurs"ne sont pas du coté du manche


          @ l auteur pas tout saisis mais globalement éclairé par votre article


        • Forest Ent Forest Ent 8 octobre 2008 22:22

          Il a la pêche, Sauron. smiley


        • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 9 octobre 2008 21:21

          non666 je ne partage pas votre souverainisme, et je reste internationaliste.
          Je suis pour la mondialisation, mais contre l’idéologie du choc des civilisation et de "l’élite mondialisée". 

          J’ai voté oui à la constitution européenne. Mais depuis, face aux incapacités de l’Europe a faire face aux souverainetés populaires (notamment en relation avec le traité de Lisbonne), je pense qu’il faut réserver transitoirement notre position sur l’Europe. 

          En revanche, lorsqu’il apparaît que cette élite mondialiste répond à un projet d’asservissement et d’appauvrissement des peuples, la souveraineté nationale, populaire et insurrectionnelle reste la seule solution transitoire. Pierre Rosanvallon parle de "démocratie immédiate" pour qualifier ce mode de souveraineté. Lorsque les peuple se font voler leur souveraineté, j’estime qu’ils devient légitime d’envisager un retour temporaire à la démocratie immédiate, dans le but de refonder les principes. 

          Rappellez vous que c’est "l’oubli" des droits de l’homme qui est la cause de tous les malheurs publics". 

          Enfin, je n’aime pas l’idée de "listes", car je ne reste un démocrate, et que c’est justement ce que nous devons combattre, avec edvige ou esdvirsp et le reste. 


        • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 10 octobre 2008 00:38

          Pour le reste vous me voyez rejoindre vos analyses. Mais pitié, changez d’avatar !


        • Yvance77 8 octobre 2008 19:06

          Superbe post


          • JJ il muratore JJ il muratore 8 octobre 2008 20:02

            @ E. Goldstein. Merci pour l’apport de votre réflexion. Elle suscite chez moi quelques modestes remarques. 
            Pour qu’une Révolution change le Pouvoir et donc établisse un nouvel Ordre quelles conditions faut-il réunir ?
            Tout d’abord que le pouvoir à abattre soit déliquescent, qu’il ne produise plus d’élites issues de son camp.
            Qu’il insuporte au plus grand nombre (cette seule condition isolée ne produit que des révoltes)
            Que la société ait produit un corpus d’idées et de concepts nouveaux, c’est à dire qu’elle ait fait oeuvre préalable d’une création cohérente pour s’opposer au pouvoir tyranique à abattre.
            Que la société ait produit une élite effisciente et efficace pour remplacer les élites anciennes.
            ces conditions me semblent très loin d’être réunies : la critique du pouvoir actuel est plus développée que ne le sont les propositions de solutions de remplacement.
            Par ailleurs, sur la question de la force et de la violence vous évoquez exclusivement la violence requise pour abattre le pouvoir en place. N’oublions pas tout de même la violence intra-révolutionnaire ! Celle-ci est d’autant plus active lorsque se multiplient, en elle, les modèles, les factions. A partir de 1789 si tout le monde était d’accord pour renverser le pouvoir, si une Idée Nouvelle de l’Homme était partagée et servait de clé d’harmonisation au Peuple, cela n’a pas empêché ni la terreur, ni les luttes fraticides. Quid de la violence intra-révolutionnaire aujourd’hui alors que cette clé n’exixte pas le Travail de création n’étant pas encore réalisé ? Ce ne serait cent milles têtes comme les réclamait Marat, puis la surenchère de Robespierre, mais combien ?
            N’oublions pas non plus ce que sont les Français, (les Européens en général excepté les Anglais) pour le moins peu aptes à subir le stress d’une violence physique généralisée.
            En résumé la Révolution ? Certainement pas demain. Plus tard peut-être ?
            Bien à vous.


            • non666 non666 8 octobre 2008 21:23

              Je ne vois pas en quoi les anglais serait les plus aptes au "stress" d’une guerre civile.
              Il faudra vous expliquer.
              Quand au présupposé que vous faites de la creation d’une nouvelle Elite, de nouveau concept ou d’une nouvelle société conceptualisée, vous semblez oublier que que contrairement a ce que pensait les marxistes, l’histoire n’a pas UN sens. Surtout pas LE sens unique auquel ILS croyaient.
              Leur disparition par implosion de tous les pays ou ils reganaient semble bien indiquer qu la notion de "retour-arriere" soit possible.

              Revenir un monde democratique, ou le vote des citoyens a un sens, ou les curé-journalistes et les inquisiteurs-sondeurs ne modifient pas l’information, c’est surement un retour arriere par rapport au monde actuel. En emprutant les références gauchistes, on peut meme dire que ce serait "reactionnaire", puisque cela reviendrait à "l’ancien temps" des ideaux de la Republique.

              Et pourtant, nous sommes un certain nombre a en rever.

              Quand aux "Elites", vous semblez oublier qu’aujourd’hui, la quantité de diplomés dans le pays est enorme et quand on voit l’umprevoyance crasse d’un Sarkozy, la dialectique minable d’une Royal, je necrois pa que nous ayons a nous en faire pour trouver au moins aussi "bien", quelquesoit le clan qui triomphera.

              Sur une société democratique, nous pouvons tous tomber d’accord (sauf Bolloré, Dassault, et Bouyghes, Lelay le bien nommé, bien entendu....).

              Sur la necéssité de stopper l’exportation de nos emplois par des entreprise que NOUS avons financé, je crains que nous finissions aussi par tomber d’accord.

              Reste le difficile sujet des colons.... et des clans qui arriverons à en faire leurs mercenaires en leur mentant le mieux.
              Liberaux atlantistes ou Gaucho internationnalistes , ils vont avoir le choix des factions, les Bougres !

              Et puis après coup, on pourrait meme tomber d’accord sur une asemblée constituante, qui sait ?

              Bon ok, je n’y crois pas trop.
              Quand les armes sont sorties, la tentation d’aller jusquau bout est forte.
              Ceci dit, les armes sorties, les gens se rappeleraient peut des origines de la democratie et de sa génèse :
              Celles des atheniens lassés des guerres civiles et qui ont décidé de compter les mains levées plutot que les glaives sortis, pour decider du vainqueur.

              Pour remotiver les futurs députés et sénateurs, rien ne vaut la tete de leur "predecesseurs" sur une pique pour leur rappeler qu’avec 30% des voix, on ne doit pas controler 70% des sieges....


            • OmegaDG OmegaDG 8 octobre 2008 21:34

              Les conditions sont là. Sous vos yeux. Regardez.

              ’’Tout d’abord que le pouvoir à abattre soit déliquescent, qu’il ne produise plus d’élites issues de son camp.’’
              Bush pour nous et Sarkozy pour vous n’est-il pas suffisant ? et les guerres actuelles ? Vos élites pensantes populaires offertes en pâture au citoyen français tel un BHL ne sont-ils pas suffisants en regard de la décadence ?

              ’Qu’il insuporte au plus grand nombre’’
              Je laisse parler Antoine St-Just : ’’Ce n’est pas la misère qui cause la révolution, c’est la colère.’’
              L’individualisme civil a remporté la victoire démocratique, tant qu’elle le soit vraiment, pour l’Afganistan grâce et uniquement au ’’Shock Doctrine’’ Seul le rapport de force ’’militaire’’ américain a entrainé celle d’Irak.
              La crise actuelle fera le reste. Cette fois-ci elle attaque directement l’individualisme citoyen (son portefeuille) et son désir de Liberté (Patriot Act).

              ’’corpus d’idées et de concepts nouveaux’’ tout comme ’’les propositions de solutions de remplacement.’’
              Il incombe de se renseigner sur les groupes de travail à l’oeuvre depuis plus de 15 ans. Les médias contrôlés ne les ont pas répandues à travers le réseau citoyen populaire, les instituts d’intruction publique guère plus. (qui possède et contrôle la publication et la distribution populaire des livres ? qui les critiquent sur place publique présentement ? qui s’occupe de l’éducation nationale ?).

              ’’Quid de la violence...’’
              Référer plutôt à ceci : Créer c’est résister. Résister c’est créer.
              Curieux que même plusieurs américains les ont entendus en 2004. et vous ?
              Pour nous aux États-Unies la nouvelle imposition de 700$ milliards c’est le nouveau ’’Boston Tea Party’’

              Marcherez-vous au son du canon ? Ou cueillerez vous des fraises au parfum de Grouchy ?
              Préparez votre cavalerie M.Murat-ore, cette fois-ci il n’y a pas de couronne de Naples pour vous par contre. Tout pour le peuple.




            • JJ il muratore JJ il muratore 9 octobre 2008 12:19

              Oméga, merci pour votre commentaire. Tout est question d’évaluation, mais je crois que les groupes de réflexion qui existent bien ne sont pas encore comme un poisson dans l’eau du peuple.


            • JJ il muratore JJ il muratore 9 octobre 2008 12:57

              @non666 de quoi s’agit-il dans cet échange ? pas de la question de la nécessité ou pas d’une Révolutio (ce serait un autre débat) mais des conditions pour qu’elle ait lieu. Sont-elles réunies ou non ?
              Je n’en ai pas l’impression. Le peuple de France me semble bien trop amolli depuis bien longtemps (d’où ma remarque concernant le peuple des Grands Bretons ou, aussi bien celui de Pologne d’ailleurs, ou le peuple Russe etc...
              Cette affirmation (déplaisante je le conçois) ne veut pas dire que la France soit dépourvue d’individus, de groupes non amollis, et prêts à supporter (subir, appliquer) la violence. Ma perception est plus nuancée : ils ne sont pas représentatifs, pas assez nombreux.
              Quant au reste des autres conditions, c’est du même tonneau ; bien sûr qu’il y a des raisons qui pousseraient à engager l’épreuve de force révolutionnaire, bien sur qu’il a des groupes mobilisables, bien sur qu’il y a des propositions mais le tout est insuffisant. Tout juste pour une révolte et encore !
              conclusion y a encore du travail !
              bien à vous.


            • herve33 9 octobre 2008 13:51

              @JJ il muratore

              Vous vous trompez lourdement sur le fait que la Révolution n’est pas pour demain . La meilleure preuve est bien la volonté du gouvernement de faire passer en catimini le fichage généralisé des individus qu’est Edwige

              Il suffirait d’une étincelle pour que la révolte sociale qui gronde se transforme en tsunami .

              Or la crise que nous allons vivre c’est pas une étincelle , c’est jeter des bidons d’essence , et j’aimerai pas etre à la place de ceux qui sont au pouvoir actuellement .


            • 3°oeil 8 octobre 2008 20:53

              Une révolution passive pourrait se faire par l’argent,en arrètant d’alimenter ceux qui concentrent les richesses,conscientiser les gens, internet y parviendrait,mais le 11/9 à ralenti ce processus par la lobotimisation des esprits..


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 8 octobre 2008 21:25

                @ l’auteur

                Très beau travail de mise en contexte qui engage immédiatement dans la réflexion.
                J’espère que votre texte connaîtra le succès qu’il mérite car il amène une multitude d’éléments qu’il serait utile de voir amplement discutés.

                Il m’a semblé relever quelques inexactitudes ou approximations (notamment l’affaire du serveur du MAF qui, je crois bien, s’est trouvée démentie et expliquée par l’auteur de l’info), mais je ne vais pas m’y attarder pour ne pas ternir l’impression très positive suscitée par votre texte.

                Le point qui m’interpelle le plus est celui du 11 septembre, auquel vous accordez, avec raison je crois, une place importante.
                J’ai une réserve à exprimer qui tient au fait que vous en traitez sans le distinguer véritablement des autres thèmes relatifs à la "captation des intérêts publics des Etats nations par des réseaux privés et extérieurs"
                Peut-être que je me trompe, mais il y a je crois une extraordinaire spécificité dans cet évènement qui fait qu’il m’apparaît seul susceptible de confondre l’establishment (sic) politico-médiatique. Les autres thématiques ne prêtent pas en effet à la même désinformation et occultation coupable. Je n’attends pas de révolution au plan économique malgré le krach qui s’opère sous nos yeux car le lavage de cerveau a été tel que même Besancenot ne voit pas les opportunités qui s’offrent pourtant à nous. La confusion est au maximum et il sera difficile de faire se dessiner une solide orientation populaire. Nous sommes déjà dans le sauve qui peut.
                Par contre, pour 911, de plus en plus de personne voient ce contraste saisissant (et tellement révélateur de l’état de notre démocratie) entre l’info disponible sur le net et le back-out instauré dans les médias. Il y a ici une possibilité de prise de conscience énorme et un mouvement populaire pourrait capitaliser sur la frustration des citoyens qui n’aiment pas être pris "rien que pour des cons".
                Mais bon, je ne vais pas réitérer mes arguments, sachez simplement que je crois que 911 est le catalyseur dont nous avons besoin à partir duquel le processus révolutionnaire pourra être engagé.

                La question est simplement de savoir si cette révolution sera nécessairement violente. Pour ma part, je ne le crois pas. D’abord parce que de plus en plus, tout est affaire d’opinion publique. Et ainsi que cela a été souligné par Nathon, internet à tout changé sous ce rapport. Nous, le bon peuple, avons un énorme pouvoir encore disponible. Il importe de s’en saisir pleinement avant qu’il nous soit confisqué par ceux qui ont senti venir le danger et qui déjà rêvent tout haut d’un total contrôle de la blogosphère & cie.

                L’avantage énorme d’investir internet, c’est, vous l’aurez noté, que le conflit est strictement limité. La violence est essentiellement verbale, au pire, digitale. Mais pas physique. Et je crois que c’est dorénavant une condition sine qua non de réussite pour tout mouvement révolutionnaire. La violence déplait souverainnement à l’opinion publique et le moindre écart serait prétexte à une diabolisation irrécupérable. Il importerait donc d’avoir une charte de non violence unanimement reconnue par toutes les parties de sorte que les accusations calomnieuses dont le mouvement aurait à faire les frais pourraient aisément être pointées comme des tentatives de manipulation.

                La révolution se fera dans le cyberespace, ou elle ne se fera pas, ou alors trop tard, quand la détresse nous fera dépasser l’individualisme qui encore domine. J’ai une proposition à faire en ce sens, et j’espère que les autorités agoravoxiennes auront la bonté de bien vouloir publier prochainement la deuxième partie de mon article, qui se trouve à présent dans le purgatoire de l’espace de modération.

                Sur ce, merci encore pour ce très bel éclairage et merci d’avance pour votre réponse que j’espère.









                • doctor feelgood doctor feelgood 8 octobre 2008 23:35

                  """ La violence est essentiellement verbale, au pire, digitale. Mais pas physique. Et je crois que c’est dorénavant une condition sine qua non de réussite pour tout mouvement révolutionnaire. La violence déplait souverainnement à l’opinion publique et le moindre écart serait prétexte à une diabolisation irrécupérable.""

                  "" La révolution se fera dans le cyberespace, ou elle ne se fera pas,""



                  C’est sûr qu’à notre époque plus grand monde aiment se salir les mains !!!


                • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 9 octobre 2008 21:31

                  M. SAlvador, c’était notamment en réaction à votre article que j’ai écris le mien au départ. Il m’a amené à d’autres réflexions qui dépasse le seul cadre que vous souleviez. 

                  Mais je pense justement que la révolution purement "intellectuelle" que vous appellez de vos voeux n’a aucune effectivité. 

                  Je n’affirme pas être favorable à une révolution. 

                  Mais je pense qu’on ne peut pas utiliser ce terme autrement que dans l’idée d’un véritable rapport de force même symbolique qui "contraigne" "l’élite" ou l’autorité politico-médiatique à plier devant la souveraineté du peuple rationnel. Disons que je pense que ce que vous proposez n’est pas une révolution, mais un simple combat moral que ceux qui ont le devoir de le répercuter (les medias tradis) peuvent mépriser continuellement par l’omerta, et marginaliser par la diffamation. 

                  Bref, sans rapport de force réel qui contraigne les acteurs à revoir leur position, sans jonction de toutes les forces d’opposition, ces dernières resteront marginales. 


                • Céphale Céphale 8 octobre 2008 21:56

                  Indigeste salmigondis, malgré quelques bonnes idées.

                  La thèse conspirationiste du 11 septembre a le défaut de focaliser sur l’accessoire. Les auteurs de la thèse sont des mythomanes qui veulent faire parler d’eux. Que les tours du WTC aient été dynamitées ou non, ce qui aurait précipité leur chute, c’est l’accessoire. L’essentiel, c’est que deux Boing 747 détournés avec leurs passagers ont percuté les tours du WTC, et que des millions de gens dans le monde l’ont vu en direct à la TV. C’est irréfutable. Et que l’on ne vienne pas nous dire que l’opération était dirigée par la CIA !


                  • fred 8 octobre 2008 23:34

                    Et justement, spectateur, qu’as-tu vu ? Des hublots ? Un logo ? Non... Et bien regarde de plus près, je t’en conjure : http://linkorama.be/911/index.php/2008/03/03/32-les-avions-dans-les-tours-du-wtc , Mr dynamité ou pas...


                  • fred 8 octobre 2008 23:35

                    Lisez Gandhi. Une bonne révolution non-violente... La raison portée par les ailes de la Foi...


                  • fred 8 octobre 2008 23:36

                    En passant, beau travail de la part de l’auteur à première vue qui eût mérité un brin d’esprit de synthèse smiley


                  • Hieronymus Hieronymus 9 octobre 2008 14:36

                    @ Cephale
                    je ne saisis pas bien votre
                    raisonnement, je vous cite :

                    "Que les tours du WTC aient été dynamitées ou non, ce qui aurait précipité leur chute, c’est l’accessoire."
                    mais ce n’est pas du tout accessoire mais au contraire l’essentiel !
                    qui aurait pu dynamite les tours si ce n’est les services secrets US ?
                    si oui, c’est donc un complot interieur US de A a Z et ca change toute la donne !
                    et ensuite, les 2 avions plantes ds les tours ?
                    l’un n’empeche pas l’autre , sans doute ils (les organisateurs) auraient souhaite
                    que les tours se crashent presqu’en meme temps que les avions, defaut de synchro
                    de qq mn, vous savez c’est difficile de monter des gros coups comme cela, difficile ..
                    en fait nous n’avons absolument aucune certitude, concernant l’equipage,
                    les passagers de ces 2 avions, les terroristes, ce jour-la, aucune !
                    il est parfaitement envisageable que ces 2 avions aient ete vides et pilotes du sol 
                    grace a un systeme de controle automatique, c’est techniquement tout a fait possible ..


                  • Hieronymus Hieronymus 8 octobre 2008 21:59

                    Curieux ce capital de
                    sympathie dont semble
                    constamment devoir jouir
                    la Revolution Francaise

                    cette sympathie est d’ailleurs inegalement repartie
                    le mythe de la Revolutionne (ex. Fidel Castro) est
                    tjs bcp plus en vogue ds les pays du Sud instables
                    constitutionnellement que ds les vieilles democraties
                    du Nord (d’ailleurs svt des monarchies constitutionnelles)

                    qu’est ce que cela signifie ?
                    qu’il n’y a pas de parallele entre revolution et democratie
                    ce serait meme plutot l’inverse
                    alors pourquoi la Revolution est elle toujours aureolee
                    ou en tout cas consideree comme "globalement positive" ?
                    tout simplement parce que l’histoire est ecrite par les vainqueurs
                    en France la Republique est fille de la Revolution, il fallait donc
                    bien la justifier a tout prix, voir les gesticulations d’un Michelet ..
                    l’Ancien Regime est generalement affuble de tous les maux avec
                    une evidente mauvaise foi, en 1789 la France aurait ete au bord
                    du gouffre et la chute de la royaute inevitable, rien n’est plus faux !
                    tous les voyageurs etrangers au XVIII siecle notaient qu’en France
                    les gens (y compris les petites gens) y vivaient mieux qu’ailleurs ..
                    on pourrait faire la liste de tous les excellents ministres de Louis XV
                    et Louis XVI, mais cela on a prefere l’oublier pour discrediter l’ancien ..

                    autre idee recue : la Republique serait plus "humaine" que la Royaute
                    ou Monarchie constitutionnelle, regime cruel et brutal, totalement faux !
                    Louis XVI en 1792, Charles X en 1830, Louis-Philippe en 1848 ont a chaque
                    fois refuse de faire tirer sur le peuple, attachement sentimental a ses sujets,
                    la Republique n’aura pas ses scrupules loin de la, 1793 et 1794 seront atroces,
                    Napoleon balaiera l’insurrection royaliste, Thiers ecrasera la commune de Paris
                    en 1870, en fevrier 1934 il y aura plusieurs dizaines de morts, de Gaulle lui meme
                    etait partisan de la maniere forte en 1968, heureusement retenu par ses ministres

                    une Revolution c’est un renversement brutal,
                    donc tres dangereux car prelude a tous les exces
                    l’histoire de nombreux pays en temoigne


                    • Iren-Nao 9 octobre 2008 10:07

                      @Hieronimus

                      Merci pour cette excellente remise a l’heure des pendules.

                      Mais je ne crois pas qu’elle plaise.

                      Iren-Nao


                    • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 9 octobre 2008 21:35

                      Je pense que votre position est tout simpelment la négation des avancées obtenues par la révolution. 

                      Je ne masque pas dans mon texte le "côté obscur de la révolution" (massacres, putsh), et j’indique bien qu’il faut à tout prix éviter ces débordements. 

                      Mais désolé, sans cette transition révolutionnaire, vous n’auriez pas aujourd’uhi les libertés qu’il vous restent. La déclaration des droits de l’hommes, qui fait partie intégrante de notre Constitution, n’existerait pas, et c’est toute la République qui n’aurait pas existé. 

                      Donc, comme vous je pense que la révolution était un moment violent à passer, mais qu’il a permis des avancées historiques essentielles qui subsistent encore (certes un peu rognées sous certains aspects) et permettent notre liberté. 

                      De plus, vous omettez l’impact international de la révolution, qui a apporté au monde entier l’aune auquel juger du niveau de liberté des peuples. 


                    • Hieronymus Hieronymus 9 octobre 2008 23:26

                      @ Goldstein

                      effectivement je ne partage
                      pas votre analyse de la necessite de la Revolution

                      qu’est ce qu’une revolution ? une rupture brutale
                      en fait plutot qu’etre une manifestation heureuse, la survenue d’une revolution
                      traduirait l’incapacite d’une societe a evoluer en evitant de casser completement
                      a un moment donne, prenons une image :
                      considerons que les societes sont comme des organismes vivants
                      qui pour s’adapter au milieu, doivent etre capables d’evoluer regulierement
                      or a un moment le systeme se grippe et les tensions entre les differentes
                      parties du corps social deviennent telles que l’ensemble finit par eclater
                      on dit bien d’ailleurs qu’une Revolution a "eclate" ou "explose"

                      ou plus simplement voyons l’atlas mondial :
                      quels sont les pays les plus democratiques, les plus avances en terme de liberte ?
                      qui ont souvent ete a la pointe de la modernite en matiere de systeme social ?
                      qui n’ont jamais fait l’experience de regimes fascisants ?
                      vous les trouvez presque tous concentres au Nord Ouest de l’Europe
                      les iles Britanniques
                      les pays du Benelux
                      les etats Scandinaves
                      tiens, curieux, ces pays n’ont pas connu de revolution depuis plusieurs siecles ?
                      aussi ce sont presque tous des monarchies constitutionnelles, bizarre ...

                      la Revolution n’est pas une condition sine qua non du progres de la societe
                      celle ci peut tres bien evoluer harmonieusement, sans cataclysme ni rupture


                    • ASINUS 10 octobre 2008 10:05

                      yep
                      quand on fait dire a l histoire ce que l on veut
                      impasse sur la reaction blanche dans les campagnes au retour de la royauté
                      l angleterre en modele non revolutionnaire , ben mon colon les deux guerre civiles de 1642 a 1660
                      cromwell et ces tetes rondes , il me semble meme qu a cette occasion
                       un des premiers souverains decapités par
                      volonté du peuple " je sais vous prefereriez populace" est Anglais non ?
                      quand au pays nordiques parangons de vertus l oppression religieuse y a eté térrifiante jusqu au 19e
                      et les pays bas quel beau modele de douceur je ne sais plus quel chercheur listant les systeme esclavagiste donnait la prime au systeme neerlandais comme celui ne laissant aucun espoir .
                      eh oui la revolution c est bruyant c est sale vous remarquerez que pendant que les beaux esprits cause au salon ce sont les memes qui doivent se cogner le boulot , baste la consolation de voir quelles que tetes
                      au bout d une pique nous console, vous avouerais je que je trouve la catastrophe economique qui nous touche bien fade , cela manque par trop de decideurs de winners de prevaricateurs economiste se foutant par la fenetre , il faudra peut etre aider dame nature , l arbre de la liberté doit etre arrosé du sang des
                      des patriotes disait B Franklin yep oseront nous y ajouter une bonne rasade de celui des ennemis du peuple l histoire nous le diras , l histoire vous savez celle dont les contempteurs liberaux nous avaient prédis la fin !



                      que revienne le temps des chateaux qui brulent !


                    • Hieronymus Hieronymus 10 octobre 2008 13:17

                      @ Asinus
                      pour Cromwell et les tetes rondes
                      les Anglais parlent de revolte , pas de revolution
                      sinon je ne vais pas reprendre tout ds le detail mais vous avez compris ce que j’exprimais


                    • Thierry LEITZ 8 octobre 2008 23:29

                      En effet, les révolutions donnent lieu à des violences déplorables dont notre époque est fort éloignée. Nous, avec notre confort matériel avons beaucoup à perdre, bien plus que les délaissés de l’ancien régime qui entrevoyaient ce qu’ils gagnaient aux troubles publics. Se voyaient gagnants ces durs sans scrupules, mais pleins d’ambition.

                      Ainsi, Napoléon aurait dit "les révolutions sont un bon temps pour les militaires qui ont de l’esprit et du courage" cela bien avant sa campagne d’Italie, alors qu’il sortait frais de sa formation à l’école militaire du roi.

                      Pour la gloire du petit caporal, combien d’anonymes écrasés dans la boue et noyés dans leur sang ?

                      Une guerre n’est jamais propre, une guerre civile encore moins. Et une révolution dénuée de bases intelligentes et consensuelle risquerait d’amener une telle confrontation, comme le suggère non666, se pensant, lui, être "armé" pour un tel jour.... Mais sa vie est aussi fragile que celle des autres...

                      On est semble-t-il plus prêt à tuer que mourir pour un idéal. Pire encore, une révolution sans idées serait un défoulement de délinquence absurde qu’aucun progressiste ou humaniste ne peut souhaiter.

                      Comment faire la révolution ? Commencer par envisager de ne plus aller bosser, de planter là votre voiture, faire votre jardin, enseigner vos enfants, virer la TV, arrêter les jeux, le tabac, et toute autre addiction qui nous rendent dociles et inaptes à élaborer ensemble une nouvelle société, de nouvelles règles fondant le pacte social.

                      C’est là qu’il faut se mettre à causer ensemble le temps qu’il faudra (plutôt que se tuer) : quelles réformes,  ? quels renoncements volontaires ? quelles douleurs pécunières devront être supportées ? et par qui ? (car nul ne pourra s’en exempter) et pour quelle répartition plus égalitaire ? etc...

                      Des citoyens éclairés, exigeants et responsables seuls pourront faire une "révolution" qui ait un sens et ne finisse pas en bain de sang.

                      Jamais je ne prendrai un fusil, plutôt mourir.


                      • Iren-Nao 9 octobre 2008 10:35

                        @ Thierry

                        Je crains mon Cher que le cote ludique du massacre des mechants vous echappe.

                        Vous etes par consequent un dangereux contre-revolutionnaire.

                        A la lanterne  !!

                        Cordialement en attendant

                        Iren-Nao


                      • non666 non666 9 octobre 2008 10:48

                        "Jamais je ne prendrai un fusil, plutôt mourir. "

                        Je vous rassure tout de suite, quand cela va peter (et il est desormais evident que cela va peter), ceux qui n’auront pas de fusils vont mourir.

                        Apres avoir cracher sur le CEMAT, après avoir menti sur le maintiens du budget de l’armée pendant sa capagne en la saignant une fois au pouviourtout en l’envoyant faire les mercenaures des interets yankees en Afghanistan, je ne crois pas qu’ils seront nombreux à lui etre fidèle, à l’austro-hongrois qui affiche si clairement son service des etats unis et d’israel....

                        Marie-antoinette, Sarkozy de Nagy-Bosca, la noblesse austro-hongroise va finir par croire qu’on lui en veut...


                      • Marc Bruxman 9 octobre 2008 14:07

                        Le probléme n’est pas la richesse matérielle ou son abscence mais le sentiment qu’ont les gens. 

                        Aujourd’hui même les nantis ont l’impression d’être pauvres et se disent d’ailleurs bourgeois bohémes. Ils peuvent donc s’engager dans une folie sans comprendre ce qui va en découler. 

                        Et si vous n’êtes pas prêt à prendre un fusil, ce qui est sage, ne faites pas ni ne souhaitez pas la révolution. Toutes créent un bain de sang. Et en 1789 comme aujourd’hui il n’y a pas que les nobles qui souffriront. Les plus riches d’entre eux n’ont d’ailleurs jamais de problèmes à quitter le pays.

                        L’évolution lente et graduelle de la société est toujours préférable à la révolution. 


                      • herve33 9 octobre 2008 14:10

                        Je vous rassure tout de suite, quand cela va peter (et il est desormais evident que cela va peter), ceux qui n’auront pas de fusils vont mourir.

                        Franchement , j’espère que nous n’en arriverons pas là .... mais au US peut-etre .


                      • Marc Bruxman 9 octobre 2008 14:24


                        en 1789 la revolution a ete declenché par les bourgeois pas par le peuple,en 68 les hostilités sont parties des

                        C’est une constante, pour que le pouvoir coule, il faut que même sa petite-bourgeoisie ne le suive plus. 

                        Si seul le peuple se révolte, la répression est chose certaine et le résultat connu. Si la petite bourgeoisie bascule, la haute bourgeoisie et le pouvoir ne peuvent plus tenir et s’effondre.

                        Après s’engage une lutte entre petite bourgeoisie et peuple pour savoir qui va effectivement diriger. En 1789 la bourgeoisie a gagnée. En Iran, elle a perdue. 


                      • non666 non666 9 octobre 2008 15:54

                        Et non, marc, meme si les intelectuls de gauche, en reecrivant l’Histoire, ont xpliqué que la revolution de 1789 etait une revolution Bourgeaise, la vérité est un peu diffrente.

                        Ce qui est vrai, c’et qu’au FINAL, c’est la bourgeoisie qui en a profité.
                        Ce qui est vrai, c’est qu’on a remplacé une noblesse de sang acquis , par une noblesse d’argent.
                        Aujourd’hui nous avons une noblesse acquise par les "grandes ecoles", la voie royale s’obtient en quittant le systeme educatif et non plus seulement l’uterus royal, mais dans le fond, c’est pareil.

                        Ce qui est faux, c’est de dire que la revolte a été declanché par la Bourgeoisie.
                        La revolte couvait déja, les instruits l’ont juste recupéré au passage.
                        Mais aujourd’hui, croyez vous que les medias nous manipuleraient ausi facilement que les curés et les bourgeois de 1789 ?


                      • Marc Bruxman 9 octobre 2008 19:40


                        Mais aujourd’hui, croyez vous que les medias nous manipuleraient ausi facilement que les curés et les bourgeois de 1789 ?

                        Quand on voit comment s’est terminé Mai 68 je n’en ai pas grand doute. La encore c’était une révolution qui a été très bien récupérée à l’avantage de qui l’on sait. On doit d’ailleurs une grande partie de la doctrine libérale aux soixante-huitards. 

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