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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Encourager l’engagement : le service civique ?

Encourager l’engagement : le service civique ?

Depuis des années, nous constatons un accroissement des inégalités sociales souvent corrélées à des inégalités de territoire. Le manque de moyens croissant pour les structures associatives, ainsi que l’abandon d’une partie de la population par les pouvoirs publics, le lien social est distendu dans les banlieues, ce qui a accru l’éloignement des populations par rapport à la République et à ses valeurs. Les jeunes eux-mêmes, délaissés et méprisés par le gouvernement actuel, ne se reconnaissent pas dans l’image du citoyen que donne la République. La non-inscription sur les listes électorales et le taux d’abstention lors des élections sont symptomatiques de cet état de fait. Et ce n’est pas avec seulement des cours d’éducation civique délivrés au collège que l’on peut apprendre à devenir citoyen.

Il est donc nécessaire de recréer les conditions d’un engagement dans la société, de recréer le lien entre les jeunes et les valeurs de la République, ainsi que transmettre l’idée que le civisme est un devoir et la citoyenneté un droit. Par là même, il s’agit de permettre au jeune d’amorcer sa vie de citoyen, autonome dans ses actes et dans ses pensées.

Face aux inégalités existantes, il est nécessaire de favoriser une réelle mixité sociale pour permettre à des personnes issues de milieux sociaux hétérogènes de se côtoyer et de pratiquer ainsi un véritable brassage culturel et social. Autrefois, le service militaire, tel qu’il existait jusqu’en 1997, remplissait pour partie cet office : tous les jeunes hommes se côtoyaient, quelle que fût leur origine sociale, et apprenaient la vie en communauté. Il était néanmoins devenu très inégalitaire et obsolète. Cette même année est expérimenté pour la première fois le service volontaire européen. Il s’agit d’un programme d’action communautaire, ouvert à tous les Européens âgés de 18 à 25 ans, qui permet de participer de façon volontaire à un projet local d’intérêt général, soit dans un pays de l’Union, soit dans un pays candidat à l’adhésion, soit dans un pays en voie de développement. Le SVE est entièrement gratuit pour les volontaires : les frais d’hébergement, de transport et de nourriture sont entièrement pris eu charge et les jeunes reçoivent une allocation de 200 euros environ par mois. Les activités réalisées ne doivent pas avoir de but lucratif et le volontaire ne doit pas se substituer à une personne qui exerce un emploi rémunéré.

Dans le même esprit, le service civique pourrait favoriser le réengagement des jeunes dans la société ainsi que dans le tissu associatif. Il doit être obligatoire pour tous, et doit concerner tous les jeunes de 16 à 25 ans. Ce caractère systématique est absolument nécessaire si l’on souhaite que le service civique soit une véritable occasion de brassage social et de prise de conscience de la signification réelle de nos principes républicains d’égalité et de fraternité. L’obligation est également nécessaire pour que le système ne concerne pas uniquement les jeunes déjà engagés.

Afin de favoriser un engagement durable, ce service civique doit se dérouler sur une durée suffisamment conséquente pour pouvoir être divisé en deux périodes. La première offre une formation théorique sur les droits et les devoirs de chaque citoyen, sur les notions de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de respect des autres et de soi, et des formations utiles à la vie en société (secourisme, BAFA...). Elle permet des échanges sur ces notions entre jeunes de toutes origines, sociale, géographique et culturelle. La deuxième partie, plus longue que la première, peut entrer dans le cadre d’un projet personnel et se déroule dans des associations reconnues d’utilité publique, comme dans des associations humanitaires, dans des ONG, des syndicats... Elle permet aux jeunes, en fonction de leurs intérêts, de leurs goûts et de leurs projets personnels, d’appréhender de manière pratique un ou plusieurs champs d’intervention qui les intéressent tout particulièrement, comme le secourisme, la restauration du patrimoine, la préservation de l’environnement, l’éducation, la santé, l’action humanitaire... et de s’investir dans une cause collective au service de l’intérêt général. Afin de développer l’autonomie, qui est une des valeurs fondamentales de notre organisation, il faut favoriser la mobilité  : le service civique peut s’effectuer en France, prioritairement ailleurs que sur le lieu d’habitation, mais également à l’étranger. Pendant le service civique, le transport, l’hébergement et les repas des jeunes doivent être pris en charge. Ils doivent de plus toucher une indemnisation, non une rémunération, car le service civique n’est pas un travail. Le service civique doit permettre l’ouverture des jeunes sur les autres, sur d’autres cultures, et leur redonner sens et goût de l’engagement, de la participation à une action collective, de la solidarité et de la citoyenneté.


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11 réactions à cet article    


  • Cochonouh Cochonouh 23 octobre 2006 10:12

    Un lien pour ceux qui veulent s’engager tout de suite ou en savoir plus.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 octobre 2006 10:17

      Bonjour,

      Dans service civique, il y a servitude, il y a encadrement étatique, il y a activité obligatoire, il y a pays despotique, il y a mesure rétrograde, il y a bureaucratie, dépenses publiques inutiles, il y a servir le café et autres dévoiements, il y a soumission, il n’y a pas liberté. Le service civique n’est que l’avatar de la France de Pétain. Désolé pour cet avis qui manque d’argumentation mais pas de conviction puissante (la mienne du moins)


      • Cochonouh (---.---.102.184) 23 octobre 2006 10:30

        Un peu éxagérée comme réaction, moi je me dis que c’est un bon plan pour aller se dépayser un peu (Grèce, USA, Turquie, Pologne,... d’après les témoignages).

        Ça doit changer de l’ANPE de Montfermeil.


      • (---.---.162.15) 23 octobre 2006 10:37

        Ainsi, Cochonouh veut bénéficier d’une agence de voyages gratuite. Qui paiera ? Le contribuable.

        Am.


      • Marsupilami (---.---.60.228) 23 octobre 2006 10:29

        Sur ce sujet lire le débat entre Julliard et Kouchner.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 octobre 2006 10:38

          B. J. : Si j’avais 3 milliards d’euros, je ne les mettrais sûrement pas en priorité dans le service civil, mais dans l’éducation et la recherche. Je constate qu’on est obligé d’appeler à la grève pour demander simplement le maintien du programme de bourses pour les étudiants. Après avoir entendu les annonces du gouvernement, mais aussi lu le projet du Parti socialiste, je crains qu’on n’aille pas au bout du dispositif et qu’on ne remplace massivement les anciens emplois-jeunes par des recrues du service civil.


        • (---.---.162.15) 23 octobre 2006 10:34

          D’accord avec Bernard. Un service civique, ça peut avoir des avantages à condition de ne pas aggraver le chômage et la précarité en mordant sur les emplois salariés, et surtout à condition qu’il ne soit pas obligatoire. Et aussi à condition de ne pas coûter trop cher à la collectivité.

          Alors, sous ces conditions essentielles, est-ce vraiment viable ?

          Am.


          • ohlala (---.---.124.230) 23 octobre 2006 10:56

            Dans le titre de l’article, le point d’interrogation final induit le scepticisme que génèrent ces propositions de service civique. Il faut être déjà bien accroché à la société pour être tenté par l’expérience (fin d’études ?). Et que ce ne soit pas un pis aller au fait de ne pas trouver de boulot. Je doute que le service militaire d’autrefois, obligatoire, ait été une école de civisme. Et pour ce qui est d’une tentative de brassage social, faut pas rêver.


            • Engagez vous qu’ils disaient ! (---.---.64.135) 23 octobre 2006 11:25

              le service civil existe déjà :

              - p’tits boulots précaires

              - travaux au noir

              - soutien de familles car les hopitaux,maison de retraites,acceuil des handicapés ne fonctionnent pas ...

              - association,ong humanitaires

              bref la societe civile n’a pas attendu les politiciens !


              • Jimmy (---.---.178.30) 23 octobre 2006 17:41

                Embrigader les jeunes, un fantasme de vieux.


                • loga (---.---.249.200) 26 octobre 2006 19:44

                  Avant la fin du service militaire des bataillons avaient des soucis pout encadrer des jeunes ; En cas de conflit qu aurait fait ces jeunes ? les envoyer se faire tuer ?

                  Le service civil pourquoi pas ? Il faut de l encadrement,de la patience et surtout une compréhension ,de la part des jeunes, de ce qui est demandé et souhaité.

                  Et aprés le jeune il devient quoi ?Qui l embauche,comment ?

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