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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La laïcité est un attribut de l’État

La laïcité est un attribut de l’État

La Cour européenne des droits de l’homme vient de confirmer l’interdiction d’aller à l’école pour deux jeunes françaises qui voulaient porter un fichu sur la tête. La laïcité est une obligation de l’État, pas du citoyen. En substituant l’un à l’autre, l’État, et la cour de justice nous mettent dans un impensable, une perte des repères. On ne sait plus de quoi on parle. Un État laïque qui demande un "comportement laïque" à ses citoyens fait de la laïcité une religion, alors qu’elle est un principe républicain de régulation des religions par l’État.

La Cour européenne des droits de l’homme vient de débouter deux Françaises qui voulaient porter un « voile » à l’école. C’est un coup dur porté aux droits de l’homme.
L’État laïque n’est pas l’État de citoyens laïcs, comme un État catholique est l’État de citoyens (ou sujets ?) catholiques. L’État laïque n’a pas à commander un comportement « laïque » aux citoyens qui le composent, comme un État religieux impose une religion à ses citoyens-sujets. Le comportement « laïque » des citoyens n’existe pas. Il n’y a pas de personnes, ni de comportements des personnes, « contrevenants à la laïcité ». Pourquoi ? Parce que la laïcité est un attribut de l’État et pas un attribut du citoyen, encore moins un devoir du citoyen. La laïcité ne peut pas être une contrainte qui pèse sur le citoyen. C’est une contrainte de l’État qui libère le citoyen.
 
C’est une des plus précieuses caractéristiques de l’État républicain que de ne pas commander à ses citoyens son mode de vie ni son mode de pensée. « Ne faites rien contre votre conscience, même si c’est l’État qui vous le demande » disait Einstein. La laïcité de l’Etat est l’interdiction pour l’État de demander au citoyen des « choses » concernant sa religion.
 
La laïcité de l’État est une égale considération à toutes les religions, une « royale » indifférence (si j’ose le mot « royale » pour décrire un caractère républicain), une neutralité positive (au sens des psychologues). Neutralité : les religions sont toutes pareilles. Positivité : L’État est favorable à leur expression et à leur pratique, sans jugements de valeur. La laïcité de l’État n’est pas l’opposition de l’État aux religions, et encore moins à une seule.
 
L’État n’a pas à prendre en considération la valeur religieuse que certains de « ses » citoyens donnent à un vêtement.
 
En substituant à la laïcité de l’État, obligation de l’État, une laïcité du citoyen, obligation du citoyen, une certaine loi sur les signes religieux à l’école, dite sans ambages « loi contre le voile », nous a fait entrer dans la confusion, la perte des repères. Cette loi fait de la laïcité une religion, qui entre en conflit avec les religions (si on s’en tient au texte exact) et, dans la pratique, avec une religion. L’Europe continue et fait monter d’un degré cette organisation de la destruction des repères.
 
Dans un État républicain, il n’y a pas de préalable à l’accès à l’école pour les petites personnes. C’est l’honneur d’un État républicain de ne pas choisir à quels citoyens, il ouvre l’école et à quels citoyens, il demande certains « efforts » avant d’entrer à l’école.
 
La cour européenne des droits de l’homme « argumente » que l’interdiction du port du voile avait pour finalité "de préserver les impératifs de laïcité dans l’espace scolaire". C’est un non-sens absolu. C’est l’État, pas les citoyens, qui règle la laïcité dans l’institution scolaire : le personnel, les programmes... ce qui lui appartient ; les citoyens ne lui appartiennent pas. Le personnel, lui, est soumis à une discrétion laïque, qui peut atteindre le vêtement.
 
Autre argument : « En France, comme en Turquie ou en Suisse, la laïcité est un principe constitutionnel, fondateur de la République, auquel l’ensemble de la population adhère et dont la défense paraît primordiale, notamment à l’école ». La laïcité de qui ? A qui revient l’obligation de laïcité ? Ce n’est pas dit. Moi aussi j’adhère à la laïcité mais je ne m’habillerai pas d’une certaine façon à la suite d’une demande de l’État que ce dernier croirait justifier par une « défense » de la laïcité !!! Parce que la laïcité n’est pas mon affaire, c’est celle de l’État.
 
Cette cour, dite des droits de l’homme, s’appuie sur sa propre jurisprudence, ce qui est juridiquement monstrueux : elle a permis à la Turquie d’interdire l’accès de l’université à une jeune femme.
 
Interdire l’accès des écoles à des jeunes filles, c’est donc du côté des droits de l’homme ! C’est un coup dur porté aux droits de l’homme !

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214 réactions à cet article    


  • quen_tin 9 décembre 2008 14:45

    En ayant le comportement C2, I2 n’impose rien à personne, si ce n’est à lui même.
    P1 étant un pays attaché à la liberté, C2 n’est pas interdit dans P1.
    I2 est chez lui dans le pays P1 s’il y est né, au même titre que I1, bien qu’il ait hérité culturellement du comportement C2.

    I1 a peur de ce qu’il ne connait pas et cette peur irrationnelle lui fait rejeter I2, C2 et P2 comme des ennemis.
    I1 devient intolérant, ce qui est inadmissible dans le pays P1.
    I1 a un comportement C3 d’intolérance interdit en P1, et par conséquent I1 a moins de légitimité à vivre dans P1 que I2.


  • raymond 9 décembre 2008 17:08

    Rex je plusse votre post pour son humour et sa logique mais...
    Je plusse aussi Quentin pour avoir changé votre commentaire proche de l’animal" vers le niveau humain
    Nous ne sommes pas des animaux


  • sisyphe sisyphe 9 décembre 2008 19:24

    Dans un état laïc, les pratiques, coutumes, et manifestations religieuses doivent rester dans la sphère privée. 
    Il est hors de question d’accepter, dans la sphère publique ; et notamment l’école publique, de manifestations de style religieux. 
    Rien à voir avec une atteinte aux droits ; il s’agit de respect des règles communes.
    La véritable atteinte aux droits, elle est dans les contraintes imposées par les religions (n’importe lesquelles) , particulièrement à des enfants. 
    Faudrait-il laisser se pratiquer l’excision, sous prétexte d’atteinte aux droits de l’excision  ? 


  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 9 décembre 2008 20:33

    Vous m’écrivez : "Mettez-vous ça dans la tête."

    Ce sera fait dans peu de temps.


  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 9 décembre 2008 22:05

    Vous écrivez : "Soit C1 le comportement autorisé d’un individu I1". Qui a autorité sur le comportement d’un citoyen (et non d’un individu) ? En République : lui-même.

    Il ne faut pas nuire à autrui, bien sûr.

    Certains commentateurs considèrent comme un trouble à l’ordre public le fait de se mettre un tissu sur la tête. Je ne sais que leur dire....


  • Avatar 9 décembre 2008 22:44

    A Abgeschiedenheit,

    i1+p1+c1+i2+p2+c2+...... i(n)+p(n)+c(n) = L’Humanité ... smiley


  • josette 10 décembre 2008 09:05

    Le probleme de la laicite dans les ecoles est toujours un probleme de filles mulsumanes voilees . A croire que seules les filles mulsumanes attachent un interet particulier a leur religion et que les garcons mulsumans ne se sentent pas concernes et continuent a porter des jeans a l’ecole . Quand les garcons mulsumans se mettront a porter des signes distinctifs montrant leur appartenance a la religion mulsumane , alors peut -etre nous aurons un autre debat. Pour l’instant je vois encore une inegalite homme femme .et une pression sur les jeunes filles mulsumanes. 


  • Halman Halman 10 décembre 2008 12:22

    Vous ne savez que leur dire parce que vous ne réalisez pas ce que cela peut donner dans une administration, à l’école, à l’hôpital l’acceptation que chaque personne s’habille et se comporte comme dans son lieu de culte.

    C’est une catastrophe à ne surtout pas accepter.

    La religion c’est personnel, dans la rue, à la maison pratiquez la religion que vous voulez, heureusement que c’est votre droit.

    Mais imaginez à l’hôpital.

    Vous imaginez une infirmière en burka ? Les problèmes d’hygiene et d’asepsie gravissimes, alors qu’on lutte comme on peut contre les maladies nosocomiales. Vous imaginez des tenues de bloc à usage unique pour une infirmière musulmane ?
    Ca devient délirant non ?
    Et bien sachez que certains y pensent sérieusement !

    La loi interdit au personnel non seulement tout port de signe religieux ou d’appartenance à quelque association aussi bien à caractère religieux, philosophique, politique ou sportif ; quel qu’il soit, de la croix en pendentif au tatouage de hainé.

    C’est cela la laïcité.

    Ce n’est pas pour repousser des communautés, c’est pour la tranquilité d’âme et le respect de tout usager d’un service publique.

    Imaginez un médecin ou une infirmière de confession juive qui doive soigner un musulman.

    Normalement cela ne pose aucun problème. Pour la plupart des soignants, cela se passe parfaitement sans le moindre problème. Mais pas toujours.

    Mais en réalité dès que l’un ou l’autre connait la religion de l’autre, c’est un enfer.

    Des médecins musulmans n’échangent pas des informations sur les patients à des collègues israëlites, idem entre infirmières de confessions différentes.

    Il y a des clans d’aides soigantes juives, musulmanes, qui ne se parlent pas, qui rejettent violement les collègues chrétiennes et athées.

    Des patients musulmans refusent de se faire soigner par des femmes, des femmes musulmanes refusent de se faire soigner par des hommes, par des athées, des chrétiens ou des juifs.

    Les patients juifs ne parlent qu’aux soignants juifs, les patients musulmans qu’aux soignants musulmans, et nous les athées au milieux de tout ça on est pas dans la merde !

    Des patients juifs refusent même de nous dire qu’ils le sont pour qu’on leur commande des plats casher. Résultat ils ne mangent que ce que la famille leur apporte de temps en temps. Et nous on apprend par ce genre de comportement, souvent trop tard, quand il a des problèmes de dénutrition, que le patient est juif.

    Il y a des cas médiatiques récents.

    La laïcité c’est pour éviter cela.

    La religion n’a rien à faire dans des lieux comme l’école ou l’hôpital.

    Mettez vous bien ça dans le crâne.


  • appoline appoline 10 décembre 2008 18:06

    @ Halman,
    Votre commentaire résume à lui seul ce que la bêtise humaine peut faire. Il faut à tout prix écarter la religion de toute administration car si à la base, il y a toujours un "aimer vous les uns les autres", son application a été détournée.
    Face à une telle folie, la laïcité reste le seul rempart aux débordements.


  • faxtronic faxtronic 9 décembre 2008 13:38

    ""Parce que la laïcité n’est pas mon affaire, c’est celle de l’État.""

    A c est qui l’etat ??? La laicite est une constituante essentielle de l etat francais, c est une de ces bases. Et les francais se doivent de vivre selon les fondements de l etat. Car normalement en democratie, l etat est forme par ses citoyens autour d un texte/constitution/loi commun.


    • lo235 9 décembre 2008 13:44

      La laïcité est un devoir pour l’état ; s’il est du droit de chacun d’appartenir à une groupement, sectaire ou pas, il est du devoir de l’état de faire respectre par tous la laïcité. Je sais qu’en france, c’est mon pays de sang et de coeur, cela n’est pas souvent le cas, mais le respect de la liberté de chacun commence par ne pas imposer à tous son appartenance à une "religion" ou un "groupe".
      Pour ma part je me sens également agressé par : une croix catholique, un foulard musulman, une calotte juive, un turban indou .............
      Les lieux privés peuvent être utilisés pour ces pratiques là ; pas la rue et ou les lieux communs. Tout comme la datation d’évènements anciens. Pourquoi dire 200 ans avant jésus plutôt que dire il y 2208 ans ??? A mon avis, c’est donner aux gens l’opportunité de se sentir exclus.


      • quen_tin 9 décembre 2008 14:28

        Cette conception, c’est ce qu’on appelle le laicisme, c’est à dire un totalitarisme laique.

        La vraie laicité est celle de l’état, décrite dans l’article, jamais il n’a été question d’interdire à qui que ce soit de porter quoi que ce soit dans un lieu public. Ce n’est pas l’idée originelle de la laicité, qui n’est rien d’autre qu’une non intervention de l’état, une séparation des pouvoirs.

        Porter une croix ou un fichu n’impose rien à personne, pas plus que de porter un T-shirt anarchiste.
        Heuresement que dans ce pays on est encore libre de porter ce qu’on veut dans la rue.


      • faxtronic faxtronic 9 décembre 2008 14:48

        Alors la mon pote tu te trompe. Si tu te ramene en avec un tee shirt qui affirme tes opinions politiques, tu sera aussi rejete. Imagine toi un prof avec un tee-shirt ""UMP for ever"", ""J aime HUE"" ou "" la France au Francais"" et tu verras. C est interdit.

        Et ne parle de tee shirt Che Guevara. Tu sais ce que je pense des abrutis qui ’s habille par millions avec des tee-shirt ""rebelle"" fait par millions dans les sweat shops asiatiques ? La reponse est dans la question.


      • foufouille foufouille 9 décembre 2008 15:03

        @ lo235
        tu dois te sentir agresse quand tu vois des tee shirts de black metal sataniste........


      • foufouille foufouille 9 décembre 2008 15:04

        @ faxtronic
        retour de l’uniforme ?


      • faxtronic faxtronic 9 décembre 2008 17:41

        non, mais tu dirais quoi toi si un prof se ramenait en cours evec La france au Francais sur le tee shirt ?


      • foufouille foufouille 9 décembre 2008 18:14

        @ fax
        rien a foutre
        je venais bien en cours pied nus
        il a le droit d’avoir ses opinions, du momment qu’il les impose pas
        a l’ecole un de mes potes avait une croix de bois et moi une croix renversee...........
        on faisait "gloire a dieu", "gloire a satan"
        c’etait tres drole

        ton prof peut meme venir avec une svastika inverse


      • Cangivas 9 décembre 2008 18:54

        J’ai toujours cru que la laïcité (en France ou à la française) était une des conséquences du modèle républicain (français) pour lequel il ne peut exister "un Etat dans l’Etat" ou plusieurs pouvoirs... où un pouvoir (l’Eglise par exemple) conteste - même par sa seule présence - le Pouvoir (l’Etat républicain), Pouvoir qui considère tout autre pouvoir comme un contre-pouvoir frappé d’illégitimité.

        Même chose, mêmes réserves et mêmes oppositions à l’endroit du fédéralisme, des corps intermédiaires... la République étant (historiquement) fondée sur le lien direct entre l’Etat et l’individu.

        La séparation visait à protéger l’Etat de l’Eglise (qui a l’époque représentait un contre-pouvoir) en renvoyant celle-ci dans la sphère privée et lui interdisant d’intervenir dans la sphère publique en raison qu’il ne peut exister dans la République qu’un seul et unique pouvoir.

        Je me trompe peut-être (ou je l’exprime de manière confuse) mais ça me semble être le motif principal qui a amené la laïcité (en France ou à la française).

        Et quand bien même il a coulé de l’eau sous les ponts et qu’entre l’idéal et les réalités il y a une marge, l’interdiction du voile ne s’inscrit-elle pas dans cette logique historique, politique et idéologique qui refuse de légitimer un contre-pouvoir (ou qui pourrait le devenir ou serait perçu comme tel) au sein même des institutions de l’Etat ?

         

         

         


      • San Kukai San Kukai 9 décembre 2008 20:03

         Pour répondre à Cangivas :

        La séparation entre l’État et les religions est faite avant tout pour que les décisions prises par l’État vaillent pour le peuple dans son ensemble et non pour une partie de celui-ci, fut-elle reconnue comme majoritaire (comme sous le concordat). Mais ceci concerne essentiellement l’aspect politique ; ce principe n’interdit en rien aux religions de s’exprimer dans « la sphère publique ». Il n’est qu’à considérer les informations nationales depuis plus d’un an, où l’on n’a jamais autant parlé du religieux en général et de l’Église catholique en particulier.

        La séparation est un des corollaires de de la neutralité de l’État, qui est elle-même l’un des piliers de la laïcité. Cette neutralité est définie par la loi de 1905 : « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. » Historiquement, il s’agit bien de supprimer toute influence de l’Église catholique dans la marche de l’État. Mais ce principe est posé pour l’ensemble des religions afin d’avoir un caractère général.

        La séparation n’est cependant qu’un des aspects de la laïcité ; la liberté de conscience, et son expression dans les limites imposées par l’ordre public, est le cœur historique et philosophique de la laïcité — c’est en tout cas son aspect le plus positif. La séparation s’est imposée ensuite parce que la religion catholique s’opposait à ce principe de liberté de conscience. La liberté de conscience précède la séparation de plus d’un siècle.


      • Orélien Péréol Aurélien Péréol 9 décembre 2008 20:51

        Vous m’écrivez : "la liberté de chacun commence par ne pas imposer à tous son appartenance à une "religion" ou un "groupe"."
        J’essaie de comprendre : mettre un T chirt " "A bas le nucléaire" ou " Vive le PSG" est-il imposer à tous son appartenance à un goupe (je reprends intentionnellement vos termes) ; si je mets un T chirt avec un Mickey ou avec la montagne Saint-Victoire parce que je suis né à Aix-en-Provence ou parce que je suis un admirateur de Cézanne, est-ce imposer à tous son appartenance à un goupe (je reprends intentionnellement vos termes) ?

        C’est la première question à laquelle je souhaiterai votre réponse.

        La deuxième porte sur le fait que des jeunes filles qui se mettent un tissu sur la tête n’écrivent pas sur ce tissu "Vive l’Islam" ou des choses de ce genre avec lesquelles on n’est pas obligé d’être d’accord ni avec lesquelles on a envie de discuter. Elles se mettent un tissu sur la tête.


      • Halman Halman 10 décembre 2008 12:27

        Quentin, dans la rue, à la maison, on s’en fout de la religion des gens.

        Mais dans des lieux publics comme l’école ou l’hôpital, c’est une catastrophe.


      • Oliver Trets Oliver Trets 9 décembre 2008 14:01

        Cet article est une intreprétation malheureuse, biaisé, partisane et orienté qui va à l’encontre de l’esprit de la loi et des droits de l’homme (universels, cela va sans dire).

        Il n’y a que 4 pays dans le monde, dont 1 seul en europe, dont la laïcité est une base fondamentale, encore heureux que l’europe parviennent à maintenir le peu de laïcité constitutionelle qu’elle a en son sein.


        • quen_tin 9 décembre 2008 14:29

          Vous parlez de droit de l’homme. Quid de la liberté de s’habiller comme on l’entend ?


        • San Kukai San Kukai 9 décembre 2008 14:37

           La liberté de « s’habiller comme on l’entend » s’efface devant le droit de recevoir un enseignement dans un établissement dépourvu de signes religieux, que ceux-ci soient portés par les murs, les enseignants ou les élèves. Nul doute que cette règle contribue à l’apprentissage des enfants manipulés par leurs parents ainsi qu’à la découverte de la citoyenneté et de la liberté de conscience :
          « Il faut que les élèves aient le plaisir d’oublier leur communauté d’origine et de penser à autre chose que ce qu’ils sont pour pouvoir penser par eux-mêmes. Si l’on veut que les professeurs puissent les y aider, et l’école rester ce qu’elle est — un lieu d’émancipation —, les appartenances ne doivent pas faire la loi à l’école. »
             — Élisabeth BadinterRégis DebrayAlain FinkielkrautÉlisabeth de FontenayCatherine Kintzler


        • COLRE COLRE 9 décembre 2008 14:43

          Quid de la liberté de s’habiller comme on l’entend ?
           quen_tin, vous rêvez, on n’a pas du tout le droit de s’habiller comme on l’entend. Le vêtement est un code social et culturel très fort, et il y a des lois, des décrets, des arrêtés, bref ! tout un tas de règles qui stipulent comment on doit ou ne doit pas s’habiller…


        • quen_tin 9 décembre 2008 14:49

          Certes mais Olivier Trest se fait le chantre des droits de l’homme.
          Il devrait estimer qu’on devrait avoir cette liberté, non ?


        • foufouille foufouille 9 décembre 2008 15:07

          moi, je m’habille comme je veut
          a une epoque c’etait tres mal vu, les cheveux longs ...........


        • Bobland59 Bobland59 9 décembre 2008 15:57

          Si je suis votre raisonnement à l’extrême, pensez vous que j’eusse le droit de promener NON habillé, la culture du nudisme vaut autant que celle de la burka .................


        • foufouille foufouille 9 décembre 2008 16:55

          c’est vraiment l’extreme et possible uniquement dans les pays chaud
          si on s’etait pas impose, les tenues "correctes" seraient toujours obligatoire


        • Orélien Péréol Aurélien Péréol 9 décembre 2008 21:22

          Pourriez-vous argumenter ?
          Vous me dites que mon "article est une intreprétation (...) qui va à l’encontre de l’esprit de la loi et des droits de l’homme (universels, cela va sans dire)."

          Trouvez vous qu’interdire l’accès à l’école à des citoyennes est conforme à l’universalité des droits de l’homme ? Universalité veut dire (d’un point de vue fonctionnel) "qui convient à tous". "Convient" se comprend comme "va avec" dans le sens positif (profite) et négatif (oblige).
          Universalité des droits de l’homme signifie que les droits de l’homme, fondements de l’Etat républicain, profite à tous les citoyens (et, vous allez peut-être être surpris, même aux non-citoyens, aux sans-papiers par exemple, voir RSF...)


        • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 décembre 2008 22:09

           @ Aurélien Péréol

          La décision de la Cour européenne des droits de l’homme dit une chose : dura lex, sed lex.

          Et nul n’est censé ignorer la loi.

          Pour plus de détail, cet article du Monde dont voici un extrait relatif à votre indignation :
          "Dans son arrêt rendu à l’unanimité des juges, la cour de Strasbourg relève que l’interdiction du port du voile était prévue par la loi et avait pour finalité "de préserver les impératifs de laïcité dans l’espace scolaire". "En France, comme en Turquie ou en Suisse, la laïcité est un principe constitutionnel, fondateur de la République, auquel l’ensemble de la population adhère et dont la défense paraît primordiale, notamment à l’école", ajoute la Cour. La juridiction du Conseil de l’Europe rappelle sa jurisprudence notamment établie dans deux arrêts, l’un de 2004, l’autre de 2005. Cette année là, saisie par une jeune musulmane turque exclue de la faculté de médecine d’Istanbul, la Cour avait reconnu le droit de la Turquie d’interdire le port du voile à l’université. La Cour estime par ailleurs que la sanction qui a frappé les deux jeunes filles, agées à l’époque de 12 et 13 ans, n’était pas "disproportionnée", dans la mesure où elles ont eu la faculté de poursuivre leur scolarité par correspondance. Selon les juges, les convictions religieuses des requérantes ont été "pleinement prises en compte face aux impératifs de la protection des droits et libertés d’autrui et de l’ordre public".


        • San Kukai San Kukai 9 décembre 2008 14:20
           Beau cocktail de confusions. Pour rassembler ce qui est épars :
           
          1. La laïcité est un principe juridique et philosophique. Il s’applique donc aux citoyens et il est garantit par l’État.
          1.1. Si les citoyens ont la liberté de conscience et d’opinion, ils ont le devoir de ne pas troubler l’ordre public.
          1.2. C’est à l’État d’apprécier la notion d’ordre public.
          1.3. La laïcité n’est pas une religion ; elle est le cadre républicain dans lequel toutes les religions peuvent s’exprimer, elle est le principe qui affirme leur égalité.
          1.4. La neutralité de l’État n’est pas dans l’affirmation que « les religions sont toutes pareilles », mais dans le fait de n’en privilégier aucune
          1.5. La liberté de conscience et l’égalité imposent de considérer sur un même plan la libre pensée, l’athéisme, l’agnosticisme et la religion.
           
          2. Dans la sphère publique et notamment à l’école, ce principe impose la neutralité aux enseignants (qui incarnent ainsi la neutralité de l’État) et une certaine neutralité des élèves (définie dans le Code de l’éducation, article L141-5-1)
          2.1. Depuis Condorcet jusqu’à Jacques Chirac en passant par Jules Ferry et Victor Hugo, les défenseurs de école laïque vont promouvoir un lieu « sacré » qui accueille tous les enfants, sans distinctions d’origine, de sexe ou d’option spirituelle de leurs parents.
          2.2. C’est à l’État d’apprécier la neutralité des élèves (signes discrets vs. signes ostensibles).
           
          3. Les droits de l’homme sont aussi les droits de la femme.
          3.1. Lisez Élisabeth Sledziewski (philosophe), Michèle Vianès (philosophe — Un Voile sur la République), Élizabeth Badinter (philosophe), Catherine Kintzler (philosophe), Fadela Amara (femme politique), Anne Zelensky (Ligue du droit des femmes), Annie Sugier (Ligue du droit international des femmes), Chahdortt Djavan (Bas les voiles !), etc., pour vous faire une opinion raisonnée de la place du droit des femmes dans les droits de l’homme en général et pour la signification du voile en particulier.
          3.2. Il n’y a pas de contradiction entre les droits de l’homme et la laïcité, comme vous le laissez entendre. Dans un État républicain, le particulier cède toujours le pas à la règle générale ; les droits de l’homme ne sont pas les droits de certains au détriment des autres, mais de tous pour le bien de l’ensemble, comme la laïcité est la règle du peuple (laos) pour le peuple.
          3.3. Dans ce sens, la laïcité est le principe qui nous rassemble tous (hommes et femmes, croyants et athées) et assure ainsi la paix sociale à laquelle le citoyen est en droit d’aspirer ; ce principe permet aussi à chacun d’avoir la liberté de croire en ce qu’il veut, de changer de religion, de n’en avoir aucune, de pouvoir dire sa foi ou son mépris des dieux sans être inquiété, tant qu’il respecte l’ordre public.
           
          Vous vous dites en manque de repères ; lisez Condorcet et Victor Hugo ; plus près de nous, Henri Pena-Ruiz. Vos repères sur la laïcité et la République, ainsi que sur les droits de l’homme seront ainsi plus clairs.

          • non666 non666 9 décembre 2008 14:35

            Tu as un point de vue de juriste et d’intellectuel auto-proclamé.

            Les citoyens de ce pays ont la perception d’une menace latente, d’une colonisation qui ne dit pas son nom, d’une islamisation rampante qui ne satisfait que ceux qui veulent voir la France et son image de marque detruite.

            Nous defendons NOS droits, NOS coutumes sur NOTRE terre.
            La negation du droit des autochtones par ceux la meme qui revendiquaient la leur sur leur terre, au moment des décolonisation, est extremmement mal vecu par ceux qui vivent sur la ligne de front, dans les territoires occupés de nos banlieues.

            Que cette colonisation se passe bien à Neuilly, c’est une evidence.

            Pour les autres villes, nous savons désormais tous que le conflit est proche.
            La discrimination "positive" qui se met en place est désormais surtout ressenti par les français les plus pauvre comme une trahison des Elites. Quand vient la Famine, les riches se serrent peut etre la ceinture, mais les pauvres crèvent.

            Or chez nous , les pauvres continuent a voir venir chaque jour des concurrents pour les derniers emplois qui restent, leurs solidarité nationale decriée tandis que celle des colons est hautement revendiquée et que leurs signes distinctifs s’exibent comme autand de drapeaux victorieux.

            La tolérance va donc prendre fin brutalement et comme dab, nos "intellectuels" auto-proclamés, nos donneurs de leçon de tolerance (qui n’ont pas à la pratiquer au quotidiens) joueront les surpris.




          • quen_tin 9 décembre 2008 14:36

            Les droits de la femme et la laïcité sont deux problèmes différents, à traiter séparément.

            On ne peut pas dire qu’officiellement on traite de la laïcité et affirmer tout bas qu’en fait c’est les droits de la femme qu’on essaye de sauver.
            Cette confusion n’apporte rien de bon.

            Je ne pense pas que les fichus traditionnellement portés par les femmes dans certaines cultures, et parfois imposées par les hommes, soient un réel problème pour la laïcité. C’est peut être un problème pour les droits des femmes, à traiter en tant que tel.


          • San Kukai San Kukai 9 décembre 2008 14:50

            @ non666
            Merci d’éviter les poncifs et les qualificatifs inutiles ; nulle part je ne me suis dit juriste ou intellectuel, je suis simplement un citoyen.
            Le pays dans lequel tu vis a érigé la laïcité en principe grâce aux juristes et aux philosophes épris de liberté et d’égalité. Je n’ai pas fait l’histoire, mais je suis fier d’en hériter.

            Par ailleurs, je n’ai rien compris à ton approche de la laïcité en général ni de cet article en particulier. Si ces colonnes te permettent seulement de nous faire part de tes thèses sur l’« islamisation rampante », merci de le faire dans un blog.

            @ quen_tin
            J’abonde dans ton sens. Je n’ai fait que reprendre l’argument de l’article qui oppose droits de l’homme et laïcité. La position que tu adoptes est celle de Catherine Kintzler : 
            « Si un signe religieux est également, de façon avérée et constituée, une marque de discrimination, alors il faut réclamer son interdiction dans tous les lieux de la société civile accessibles au public, non pas au motif qu’il choque nos convictions, mais au motif qu’il est contraire à l’égalité républicaine. S’il ne l’est pas de façon avérée et constituée et s’il n’est contraire à aucune loi, alors, parce que la liberté d’opinion veut que rien ne soit poursuivi ni censuré sur simple présomption, il doit être soumis aux mêmes contraintes et jouir des mêmes libertés que les autres signes religieux. »


          • Avatar 14 décembre 2008 23:35

            A Non666,

            Votre commentaire est livré avec des vrais morceaux de Lepen à l’intérieur ...


          • COLRE COLRE 9 décembre 2008 14:28

             La Cour européenne des droits de l’homme vient de débouter deux Françaises qui voulaient porter un « voile » à l’école. C’est un coup dur porté aux droits de l’homme

             smiley smiley

            Pour le fond, inutile d’aller plus loin dans la lecture.
            Sinon, je me pose une question : voyez la pub au-dessus qui conduit à un site musulman matrimonial… je réalise qu’ailleurs, la pub de bandeau est assez adaptée au thème. Mais autant on ne pense pas que les pressesdelacite.com aient commandité l’article de Dugué, autant on peut s’interroger sur l’intention de ce billet, bien titré sur la laïcité et apte à attirer tout un tas de lecteurs musulmans ou autour du sujet…

            Or, cet article est mal écrit, provocateur et émaillé d’un tissu de n’importe quoi. Alors… je m’interroge.

            Publicité déguisée ?


            • foufouille foufouille 9 décembre 2008 15:13

              si le netat voulait etre vraiment laique, il demolirait toutes les eglises qui sont dans la "sphere public"
              un aumonier a le droit de rentrer dans une ecole "laique" avec son uniforme
              les nonne, copine de chirac, peuvent garder leur coiffe sur leur carte d’identite .........


              • San Kukai San Kukai 9 décembre 2008 15:54

                Démolir les églises, c’est comme faire exploser les statues de Bouddha : c’est du fanatisme — c’est aux antipodes de la laïcité, laquelle permet la coexistence de toutes les convictions. De surcroît, la laïcité en France a intégré l’histoire et notamment la relation avec le catholicisme, en permettant une transition relativement souple (certainement pas assez aux yeux de nombreux catholiques) entre une monarchie de droit divin et la République laïque que nous connaissons depuis 1958.

                Les aumôniers (chrétiens et juifs) qui viennent dans les établissements scolaires publics sont prévus par la loi de 1905 (dont nous célébrons l’anniversaire aujourd’hui), tout comme ceux qui vont dans les prisons ou les casernes. En matière de laïcité, l’État français fait preuve de souplesse (pas assez selon certains religieux).

                Quant aux « nonnes », il s’agit en fait d’une religieuse polonaise qui voulait garder son voile sur sa carte de séjour (et non pas sa carte d’identité). Bernadette Chirac était intervenue en sa faveur en février 2002, faisant le bonheur du Canard enchaîné. Les religieuses ont obligation de poser tête nue sur leurs cartes d’identité françaises, carmélites ou pas. smiley


              • foufouille foufouille 9 décembre 2008 16:53

                une laicite qui a des "exceptions" n’est pas laic, mais favorise certaines religions
                certains laics sont aussi raciste ou integriste
                certains parlent de la religion "chez soit" uniquement, donc pas d’eglise
                le catholicisme ne s’est pas "integre", il est le reste de la religion obligatoire du passe. y compris apres 1905
                d’ailleurs les gouvernants athee sont tres peu nombreux. et meme catho en majorite

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