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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La révolte des campagnes : les Boues d’épuration des villes polluent (...)

La révolte des campagnes : les Boues d’épuration des villes polluent les terres agricoles !

De plus en plus de scientifiques et citoyens s’interrogent sur la qualité des boues d’épurations : et si elles étaient trop polluées pour que leur épandage à des fins agricoles soit acceptable ?

Les boues d’épurations désignent le déchets à base de matière organique et de bactéries mortes produites par les stations d’épuration. Depuis 2002, ces stations de retraitement des eaux usées n’ont plus le droit d’enfouir leurs déchets sous terre. Elles défendent à présent le retraitement par épandage des terres agricoles, une solution économique à leurs yeux.

Mais plusieurs mouvements de protestations dans l’Aisne, dans le Cher et ailleurs, témoignent d’une défiance des campagnes face aux boues d’épuration d’origines urbaines, utilisées comme engrais pour les terres cultivables.

Au départ, l’épandage sur les terres cultivées permet de faire de l’engrais à partir de déjections animales (lisier et fumier). Dans les années 70, l’épandage a été étendu aux boues d’épurations des villes, pour bonifier les productions agricoles.

Ces boues sont des déchets produits par les stations d’épuration de traitement des eaux.  ». Le plan d’épandage prévu dans le Chère devrait toutefois entrer en vigueur au début de l’année 2010.

Dans l’Aisne, on dénonçait déjà un cocktail à retardement sur le plan sanitaire

Dans l’Aisne, c’est une révolte d’une ampleur comparable que les boues d’Archères ont cristallisées en 2004. Malgré un avis défavorable du Conseil Général, la préfecture avait décidé « l’épandage annuel de 20 000 tonnes de boues de la station d’épuration d’Achères, sur 8 500 hectares de surfaces agricoles ».

La réaction des agriculteurs, recueillie par un journaliste de l’AFP, en dit long sur les soupçons qui pèsent sur la dangerosité de ces engrais : « Ces boues ont une teneur trop forte en métaux lourds et sont trop riches en phosphore » estimait Hubert Duez, président de l’Union des Syndicats agricoles de l’Aisne.

Un responsable syndical agricole local n’hésite pas à dresser un parallèle avec les farines animales à l’origine de la vache folle : « A l’époque, on ne savait pas que c’était dangereux, et ça nous a coûté très cher. Pour les boues, on ne sait pas encore ce que seront les conséquences ».

S’il n’y pas de danger identifié à court ou moyen terme, on sait que les stations d’épurations sont incapables de supprimer des métaux lourds, du mercure, des polluants organiques et métalliques faiblement biodégradables, dioxines, PCB et pesticides et résidus médicamenteux .Un cocktail d’autant plus explosif sur le plan sanitaire, qu’il se propage dans les nappes phréatiques et touche l’ensemble de la chaîne alimentaire, via les fruits et légumes.
 

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11 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 23 octobre 2009 12:30

    Je ne vois pas bien l’intérêt de filtrer la pollution pour ensuite la rejeter dans la nature. Il y a une logique qui m’échappe. A moins qu’on sache retraiter ces boues pour fertiliser sans polluer


    • jcm jcm 23 octobre 2009 13:27

      Bon article, curieuse conclusion : « S’il n’y pas de danger identifié à court ou moyen terme,.... Un cocktail d’autant plus explosif... »

      Eh bien oui, un cocktail qui constitue une pollution diffuse et complexe que l’on ne saura jamais retirer des milieux où elle aura été injectée, et qui causera inévitablement des dommages à divers niveaux.

      Le premier sera d’affecter les micro organismes de sols souvent déjà très fortement appauvris, et qui ne peuvent produire qu’à grands renforts d’intrants variés.

      Ensuite il faut considérer l’ensemble de la chaîne alimentaire qui existe à partir de ces micro organismes, puis voir si des traces de cette pollution ne se retrouveront pas assez rapidement dans les produits de l’agriculture...

      Puis les nappes phréatiques, vers lesquelles certains éléments seront entraînés, ceci sans le moindre doute.

      Le danger est immédiat et devient réel dès le premier épandage !


      • alberto alberto 23 octobre 2009 17:35

        Bon article courageux !

        Et pas que des métaux lourds, mais aussi une bonne partie des résidus de médicaments...

        Bien à vous.


        • eugène wermelinger eugène wermelinger 23 octobre 2009 18:09

          http://www.igepac.over-blog.com/article-ne-buvez-jamais-l-eau-du-robinet—37972018.html


          ou comment le lisier et les boues de toutes sortes vont se retrouver dans l’eau de votre robinet.
          Et vous faire C R E V E R 

          • logo22 23 octobre 2009 22:48

            les épandages de boues de station d’épuration doivent répondre à la norme AFNOR (et directive européenne) NFU 44 041 depuis 2002. Celle-ci fixe les limites maximales tolerées par hectare de chacun des métaux lourds répertoriés. De ce point de vue, o, peut discuter de ces teneurs, mais au moins on sait à quoi se tenir.
            Par contre il est quasiment impossible de reperer la présence de molecules reconstituées sauf si on en fait une recherche ciblee, ce qui bien évidemment ne va pas dans l’interet de certains.
            Il convient ici de signaler aux lecteurs que les boues d’Acheres correspondent aux retraitement des eaux usees du bassin parisien (Paris et IdF) dans sa grande majorité, et que celles-ci sont epandues en majorité dans les plaines cerealieres du bassin parisien. Les dites plaines sont irriguees par un réseau de nappes phreatiques dejà fortement encombrees de matieres actives polluantes de types pesticides (atrazine, lindane et autres joyeusetés) , dosage d’autant plus croissant que leur niveau baisse sous l’effet de prelevements liés à l’irrigation agricole ! tout cela sans oublier bien sûr nos chers nitrates !
            tiens tiens, ça ne vous rappelle rien ?
            pourtant il n’y a pratiquement pas d’elevage intensif en Beauce !


            • Yohan Yohan 23 octobre 2009 23:44

              Moi quand on me parle de seuil de tolérance, je sais qu’on cherche à me couillonner


              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 octobre 2009 00:38

                Bonjour Jadis,

                « Le plan d’épandage prévu dans le Cher devrait toutefois entrer en vigueur au début de l’année 2010. » Et voilà, ben voyons !

                Le Cher, cette région que j’habite, où récemment mes hôtes arrivant à la tombée de la nuit m’ont fait remarquer en descendant de voiture que « votre campagne sent vraiment très bon... » Bien sûr, c’est variable, mais effectivement, cela hume fort bon dans ma campagne berrichonne que j’aime, celle là même dont les parisiens disaient qu’elle sentait le fumier y a vingt ans. Il va donc falloir avaler, tout ça à cause de notre tapis de députés UMP, que bientôt ce soient encore ces parisiens qui viendront répandre leurs résidus de merde chez nous...les mêmes qui nous traitaient de « bouzeux... »
                On va devoir étaler leurs boues sous nos fenêtres... !!!

                Franchement, n’y a-t-il pas une lumière chez vous qui voudrait pas essayer de voir si y aurait pas moyen de faire, après en avoir extrait ce qui est effectivement de l’engrais et avoir déshydraté le reste, des parpaings isolants inertes confinés pour le bâtiment ? Je sais pas, moi, n’y a-t-il pas une synergie possible pour recycler ces milliers de tonnes de cette matière première en produit fini propre, plutôt que la balancer au vent de mon beau département  ?

                Nous sommes déjà envahis par les élevages intensifs et bientôt les déchets nucléaires : http://www.agitateur.org/spip.php?breve749&nbsp ;

                Questions : le Cher est il condamné à devenir le département poubelle de notre noble pays et quelle est donc cette motivation qui anime l’esprit de ceux qui ne savent qu’exporter leurs pollutions  ?


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 octobre 2009 01:07

                  Je me permet d’extraire ce bout d’un article à venir :

                  " Il ya de l’alcool un peu partout. Il s’en forme même dans le sol, comme l’a montré l’éminent bactériologiste, M. Duclaux, mais pas assez pour qu’on puisse l’extraire industriellement
                  On en trouve encore dans ... les matières fécales. Et un inventeur vient de faire connaître un procédé qui permet de tirer quelque chose comme 80 grammes d’alcool d’un kilogramme de matières fécales. Des essais ont été faits, au cours desquels on a obtenu jusqu’à 9 litres du précieux liquide par 100 kilogrammes de matière traitée.
                   
                  Remarquez combien ce résultat est important et combien le rendement est satisfaisant : 100 kilos de pommes de terre ne donnent que 11 litres d’alcool. Et il faut planter, cultiver et récolter la pomme de terre, alors que la matière fécale vient toute seule. Une société se serait formée à Dresde pour exploiter cette méthode nouvelle d’utilisation de l’activité du genre humain. Cette société a calculé qu’une ville de 100.000 habitants normaux, bien constitués, dont les matières fécales rendraient seulement 7 % d’alcool, pourrait tirer d’elle-même, bon an mal an, 4500 hectolitres d’alcool, sans compter les produits accessoires dont 2 millions de mètres cubes de gaz combustibles. Vraiment, une société bien organisée ne peut laisser perdre de pareilles ressources.
                  C’est avec satisfaction, toutefois, que nous apprenons qu’on n’a point l’intention de livrer cet alcool à la consommation. Il serait employé à des usages industriels seulement, il servirait à chauffer, à éclairer, et à faire marcher les automobiles et autres moteurs. " Fin de citation.

                • dom y loulou dom 24 octobre 2009 00:50

                  plutôt une volonté délibérée de tuer ?

                  ni la vie bactériologique ni les animaux ne peuvent supporter le mercure... aussi peu que nous-mêmes... 

                  nous retrouverons ces métaux lourds dans les produits issus de ces terres ?

                  et la destruction de la faune est comme scier la branche sur laquelle on est assis... sauf que dans ce cas il n’y aurait pas d’autre sol où tomber... 




                  • bluelight 24 octobre 2009 07:32

                    En Suisse ces boues sont incinérées .
                    Je ne comprends pas pourquoi les agricultueurs dont les cultures sont faites sans ces déchets n’étiquettent pas leurs produits ’garanti sans boue d’épuration’ .
                    De même pour les associations écologistes ou de consommateurs .
                    Comment savoir ce qui a été produit sainement ?


                    • Jean DOSSOY Jean DOSSOY 24 octobre 2009 11:58

                      Bonjour à tous

                      Que faire de nos déchets ? C’est la vraie question que révèle cet article.

                      Actuellement et globalement, nous sommes incapables de répondre à cette question. Nous piétinons dans une phase d’expérimentations, d’essais ou chaque collectivité locale essaye de trouver sa solution. Il n’y a pas réellement de politique nationale qui engage un budget suffisant pour faire une vraie recherche scientifique. Alors, chacun se « démerde avec sa propre merde ».

                      Que faire également des boues des stations d’épuration de nos campagnes ?

                      Ou encore, que faire des boues de nos fosses septiques ?

                      Il y a un demi-siècle l’épandage dans les champs et chez les maraîchers était une bonne solution. Les boues du XXIème siècle sont gorgées de tous les produits chimiques que nous ingurgitons, certes, à faibles doses mais qui se retrouvent logiquement concentrées dans ces boues. Nous y retrouvons toutes les molécules stables des produits insolubles dans l’eau ou sous une forme dérivée. Les produits solubles ( dans l’eau ) du tout-à-l’égout ont regagné directement, et en majorité, nos rivières et la nappe phréatique. Ce sont les plus dangereux car invisibles et ils sont en faible concentration dans une eau claire en sortie de stations d’épuration.

                      La société pollue inexorablement et aucun espoir de réduction de la pollution planétaire n’est envisageable. La demande légitime des peuples à mieux vivre va obligatoirement engendrer une sur-pollution que nos sociétés privilégiées ne pourront pas compenser par une diminution de leur propre réduction de pollution.

                      Que faire ? N’y a-t-il vraiment aucun espoir pour les futures générations ?

                      Igepac se pose des questions, Igepac découvre, Igepac s’informe, venez nous rejoindre pour exposer vos inquiétudes, vos expériences, … votre témoignage sur la gestion de notre eau et de l’assainissement : http://www.igepac.com

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