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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Nous n’irons pas tous au paradis...

Nous n’irons pas tous au paradis...

Paradis fiscaux : descente aux enfers ?...

Tendon d’Achille ou pilier du capitalisme ?

C’est Denis Robert, intervenant plusieurs fois ici, qui m’a fait prendre conscience de l’ampleur et de la perversité économique des bien nommés "paradis fiscaux" pour ceux qui y trouvent un refuge commode pour leurs capitaux et un lieu pour s’y livrer à des pratiques peu orthodoxes, à l’abri des lois, des contrôles fiscaux, des appareils d’Etat. On peut en dresser un carte détaillée, tant le phénomène est connu, et même en proposer un guide touristique, ou consulter sur internet des sites attractifs, qui ont pignon sur rue...

Certains Etats ont une attitude "bienveillante" à l’égard de paradis fiscaux dont ils profitent, directement ou indirectement. "La cinquantaine de paradis fiscaux que compte la planète s’est développée grâce au soutien actif des pays occidentaux, États-Unis et Europe en tête. Leur existence est d’ailleurs parfaitement légale au regard de la législation internationale. Il ne s’agit pas de territoires ’pirates’ se développant à l’insu des États ’légaux’ : 95 % des paradis fiscaux sont d’anciens comptoirs ou colonies britanniques, français, espagnols, néerlandais, américains, restés dépendants des puissances tutélaires."(1)

L’institutionnalisation de cette forme de détournement de considérables ressources financières, de pratiques frauduleuses, parfois mafieuses, a pu être qualifié d’"enfer" par certains analystes, d’autres y voient "le tendon d’Achille du capitalisme", une faiblesse majeure susceptible de contribuer à sa destruction. Mais peut-être faut-il considérer ce phénomène plus simplement comme le produit dérivé et monstrueux de l’ultralibéralisme financier à l’échelle planétaire, et peut-être même son "pilier" :

"... Les paradis fiscaux ne facilitent pas seulement les magouilles financières, ils sont au centre des stratégies des firmes et des flux bancaires internationaux... les entreprises des pays industrialisés et des pays émergents se servent des paradis fiscaux pour y établir des filiales qui vont aller investir ailleurs : peu taxées par définition, ce sont elles qui enregistreront les profits, tandis que leurs propres filiales dans les pays de destination finale, plus taxées, en feront peu... D’après les données de la Cnuced, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, on peut dire que les paradis fiscaux représentaient, à la fin 2005, un tiers du stock des investissements directs à l’étranger des firmes multinationales, avec une tendance à la hausse depuis la seconde moitié des années 90... Les criminels font passer le produit de leurs forfaits dans les paradis fiscaux pour pouvoir l’investir ensuite discrètement dans la poursuite de leurs activités illégales, mais aussi pour préparer leur retraite et l’avenir de leurs enfants. Les centres off-shore sont ainsi les filtres magiques qui effacent des mémoires l’origine criminelle des fortunes pour permettre, en une génération ou deux, les alliances avec la bonne société..." (2)

Un récent article de La Croix faisait récemment un bilan assez précis et saisissant de ces machines à détourner, à masquer, à recycler et à blanchir, à redonner honorabilité à des capitaux d’origine parfois criminelle :

"... Au niveau international, l’ONG Tax Justice network, qui œuvre pour la justice fiscale, a calculé que 11 500 milliards de dollars (7 500 milliards d’euros) étaient placés dans les paradis fiscaux ou centres off-shore par des personnes fortunées. Ce qui représente une perte de recette fiscale mondiale de 255 milliards de dollars (165 milliards d’euros) chaque année.

Les paradis fiscaux sont empruntés par les sociétés multinationales pour payer moins d’impôt sur les bénéfices. La pratique utilisée pour faire passer les profits d’une filiale à l’autre, en fonction des taux d’imposition dans les différents pays, est celle des prix de transfert. Une autre technique consiste à falsifier les prix sur les exportations et importations des marchandises ou service...

... Mais les multinationales se servent aussi des centres off-shore pour cacher leurs dettes afin de faire apparaître un meilleur bilan, voire, plus grave, pour truquer les comptes, à l’image du courtier Enron, qui avait créé jusqu’à 800 sociétés écrans dans différents paradis fiscaux. D’autres y dissimulent les rentes que leur procurent leurs brevets.

En 2005, le Wall Street Journal avait dévoilé que la quasi-totalité des revenus des brevets de Microsoft étaient gérés par une filiale en Irlande (où la fiscalité est attractive pour les multinationales), ce qui faisait perdre 500 millions de dollars (325 millions d’euros) de recettes fiscales par an aux États-Unis..." (3)

Devant un tel bilan, parfaitement connu des Etats, dont certains profitent abondamment, que faire ?... L’accablement peut être de mise et le fatalisme, né de l’impuissance des individus justement révoltés, peut contribuer à entretenir le système, qui ne peut que prendre plus d’ampleur.

Une action conjuguée des Etats lésés par de telles pratiques est possible, encore faudrait-il créer des instances internationales, autres que purement morales,capables de surveiller et de sanctionner. Quand on a vu le peu de moyens dont disposait Eva Joly pour ses investigations financières, on se dit qu’il y a encore du chemin à faire...

Nous ne sommes vraiment pas en bonne voie pour commencer à résoudre ce problème, qui échappe à nos regards, mais qui n’est pas sans conséquences dans la vie quotidienne de tout un chacun... Face à cette situation inacceptable, que pouvons-nous faire ? "Si les acteurs dominants de la politique ou de l’économie souhaitaient réellement lutter contre les paradis fiscaux, ils le pourraient"(4).

Faudra-t-il attendre une crise économique dévastatrice pour qu’un début de solution à ce brigandage international commence à se mettre en place ?

Documents joints à cet article

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350 réactions à cet article    


  • Cug Cug 28 mai 2008 10:38

     L’oligarchie financière "internationale" est en passe de gagner tout.

     La dernière pierre à l’édifice est de "pieger" les salariés, retraités, ouvriers, etc, dans le système par la privatisation, les fonds de pension, l’intéressement, etc ...

     La finance mène la barque et aucun état n’a le pouvoir de s’y opposer.

     Lorsque le peuple (à l’instar des pays anglo-saxons) sera intégré au système nous assisterons à l’apogé du nouvel ordre mondial qui émerge déjà. Un monde dominé par des entreprises privées au sein duquel les états ne seront plus en charge que de la police et l’armée, celles ci aux ordres des premières bien entendu.

     Biensur selon les pays cela se fera plus ou moins vite plus ou moins facilement.


    • sisyphe sisyphe 28 mai 2008 12:53

      Ben oui.

      Bon article, Zen !

      Merci de rappeler des choses si évidentes, mais si rarement évoquées, avec, comme toujours, une solide doc, et des liens toujours très utiles et pertinents.

      Maintenant, pour ce qui est du problème des paradis fiscaux, les choses étant ce qu’elles sont, et les politiciens aux commandes ce que nous savons, je partage, hélas, le scepticisme de Cug..

      Du moins, tant qu’il n’y aura pas de prise de conscience suffisante des citoyens du monde pour reconquérir les droits qui leur ont été volés, pour pouvoir enfin prendre en mains les clefs de leur destin...

      Mais la tâche n’est pas insurmontable : les puissances financières ne sont que des tigres de papier (même vert) 


    • sisyphe sisyphe 28 mai 2008 14:17

      Zen je mets ici, en clair, la fin de ton lien [4] : ça me semble utile...

       

      La lutte contre les paradis fiscaux est urgente. Elle représente une revendication commune au Nord comme
      au Sud. Tout juge d’instruction ou journaliste honnête, tout militant de la solidarité internationale ou de l’écologie,
      tout humaniste désirant une transformation sociale trouve sur sa route l’obstacle des paradis fiscaux.
      D’un côté, les bénéficiaires de ces ’’boîtes noires’’ sont peu nombreux mais puissants : détenteurs de
      capitaux, banquiers, intermédiaires financiers, criminels, services secrets, trafiquants... La majeure partie des
      classes dirigeantes et des acteurs dominants de l’économie ont intérêt à développer ces zones de fiscalité privilégiée
      et d’impunité judiciaire.
      De l’autre, ses victimes sont légion : populations qui subissent les dictatures, le pillage des ressources, les
      marées noires, les délocalisations sauvages, la coupe des budgets publics, la destruction des solidarités construites
      par un siècle de luttes sociales.
      Il est temps qu’un mouvement social fasse vaciller ce schéma tragique. Dans cette lourde tâche, des
      campagnes d’information et une convergence des luttes sont indispensables. C’est dans ce but que s’est constituée
      le 2 février dernier une « plate-forme contre les paradis fiscaux et judiciaires », initiée par les associations Survie,
      ATTAC, CADTM, CCFD, CRID, Eau Vive, Réseau Foi & Justice, Secours Catholique/Caritas France, Transparence
      International8. Puisse cette coalition porter ses fruits et s’élargir.


    • sisyphe sisyphe 28 mai 2008 15:13

      Zen, je ne sais pas si tu l’as signalé, mais, pour ceux que ça intéresse, voici le contact avec la "Plateforme contre les paradis fiscaux et judiciaires : http://www.paradisfj.info/


    • ZEN ZEN 28 mai 2008 16:16

      merci, Sisyphe , pour ces précisions.

      Le lien avait été donné, oui


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 29 mai 2008 08:23

      prêtresse a une vieille Peugeot , interdite


    • La mouche du coche La mouche du coche 29 mai 2008 09:25

      Zen je vous ai déjà dit que vos articles sont trop sûrs d’eux. Vous avez réponse à tout. Dès la première ligne, on y lit déjà la réponse.

      Vous diabolisez trop. Le monde est dans votre esprit composés de méchants et les gentils. Et devinez dans quel camp vous êtes ? Votre vision du monde en blanc et noir devrait vous alerter qu’elle n’est pas bonne. Passez à la couleur !

      Vous écrivez pour vous rassurer et dire ce que vous avez déjà dans la tête. Il faut faire le contraire : L’écriture doit être une mise en danger de vos pensées. Commencez donc par postuler le contraire de ce que vous pensez depuis toujours et commencer à écrire. Je vous donne mon courage.


    • ZEN ZEN 30 mai 2008 18:33

      D’accord, La Mouche, la prochaine fois je tiendrai un discours de Normand : "p’tete ben qu’oui, pt’tete ben qu’non"...

      ça vous ira comme ça ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 1er juin 2008 20:24

      @ Zen et Philippe Renève,

      Je pense que l’on peux faire un très bon article non pas hésitant, mais présentant le pour et le contre d’une situation. Il n’en sera que plus riche et remportera l’adhésion parce que l’on sentira que son auteur a bien étudié le sujet sans jeter immédiatement sa conviction.

      Un article est une arme de combat. L’important me semble être, non pas de dire ce que l’on pense aux personnes qui sont d’accords avec vous, mais de chercher à comprendre le système de pensée de l’adversaire pour le contrer. Car c’est lui qui est visé ! Dans l’exemple de cet article Zen aurait pu commencer par épouser la thèse libérale sur les multinationales en en montrant les bienfaits, puis lentement la garroter en montrant par exemple que les paradis fiscaux sont une plaie même pour les grandes entreprises puisqu’elles faussent la concurrence entre elles. Cela aurait pu convaincre, ou au moins déstabiliser le lecteur prolibéral, ce qui est le but.

      cordialement


    • La mouche du coche La mouche du coche 2 juin 2008 12:36

      J’en écris déjà sous un autre pseudo (c’est vrai). 


    • MagicBuster 28 mai 2008 11:00

      A noter que Forbes ne publiera jamais le classement des plus riches morts du paradis . . .


      • tvargentine.com lerma 28 mai 2008 11:06

        Décidement,les articles dans ce domaine sont très réducteurs et sont instrumentalisés par des gens aux idées contestataires du système d’économie de marché

        Il est normal que des pays qui ne disposent d’aucune production d’exportation mettent en place des structures afin d’attirer des capitaux

        Au lieu de recherche dans le monde des paradis fiscaux,commencez par regarder dans votre propre pays ou les régions se créént des petits paradis fiscaux avec vos impôts pour permettre l’implantation de sociétés et générer des emplois

        Combien d’aides publics ainsi versées chaques années en France ?????

         

         


        • Cug Cug 28 mai 2008 11:16

           Tout le monde est pour l’économie de marché.

           Mais pas forcément pour le libre échange et en particulier celui des capitaux.


        • Zalka Zalka 28 mai 2008 11:22

          Et qui a décidé de créer ces aides aux entreprises ? Sarko y a participé...


        • ZEN ZEN 28 mai 2008 11:36

          "les articles dans ce domaine sont très réducteurs et sont instrumentalisés par des gens aux idées contestataires du système d’économie de marché"

          Lerma tire sans viser...

          Visiblement il n’a pas lu( comme d’habitude) que certains auteurs auxquels je renvoie présentent les paradis fiscaux , par les énormes sommes qui échappent à l’impôt , aux investissements productifs ,comme un grave danger pour l’économie de marché, un "tendon d’Achille" qui la met en péril...

          Le Sénat lui-même s’en est inquiété

          Bon, bonne relecture et ouvrez tous les liens


        • ZEN ZEN 28 mai 2008 12:08

          Lerma

          Pour tout avouer, je suis parti du terrible constat de La Croix , organe de la L.C.R. , comme chacun sait...

          (voir le lien)

           


        • millesime 28 mai 2008 13:50

          @lerma

          votre réponse ne correspond pas au sujet de cet article...les paradis fiscaux existent-t-ils où non ?

          peut-on en diminuer l’influence ?

          je sais à quoi m’en tenir, j’ai ouvert des comptes, dans un de ces paradis fiscaux, à des étrangers qui touchent des pots de vin (et pas des petits) de la part de sociétés françaises (côtées) , qui commercialisent leurs produits à l’export. Comme les français ces étrangers ne veulent pas payer d’impots dans leurs pays respectifs.

          quant à la fraude fiscale des entreprises françaises, vous pouvez fermer les yeux si cela vous chante, mais elle est de l’ordre de 40 milliards d’euros .. ! le déficit budgétaire rien que çà !


        • Niamastrachno Niamastrachno 28 mai 2008 14:10

          A quand une loi sur la surveillance des transferts de capitaux ? Ils sont pourtant sur le point de nous chier une pendule sur les téléchargements, techniques de pointe à la clé etc...


        • alberto alberto 28 mai 2008 14:16

          Zen : LCR, La Croix Rouge ? ça explique bien des choses...


        • alberto alberto 28 mai 2008 14:34

          Bravo, Zen d’en remettre une couche sur ce sujet !

          Je pense que les paradis fiscaux sont consubstanciels de la corruption de l’arnaque et de la fraude.

          Mais je pense aussi que dans un système "dérégulé" tel que fonctionne (si l’on peut dire) le capitalisme "libéral" actuel, la corruption, l’arnaque et la fraude sont également consubstanciels du système : tout le monde essaie de couillonner tout le monde pour faire du fric, et aller le mettre aussitôt à l’abris d’un paradis fiscal !

          En somme la boucle est bouclée : le capitalisme libéral qui ne régule pas arnaque, corruption et fraude, a besoin de paradis fiscaux !

          C’est mon avis et je le partage,

          Bien à toi.


        • alberto alberto 28 mai 2008 14:36

          par alberto (IP:xxx.x18.100.153) le 28 mai 2008 à 14H34

           

           
          Bravo, Zen d’en remettre une couche sur ce sujet !

          Je pense que les paradis fiscaux sont consubstanciels de la corruption de l’arnaque et de la fraude.

          Mais je pense aussi que dans un système "dérégulé" ; tel que fonctionne (si l’on peut dire) le capitalisme "libéral" actuel, la corruption, l’arnaque et la fraude sont également consubstanciels du système : tout le monde essaie de couillonner tout le monde pour faire du fric, et aller le mettre aussitôt à l’abris d’un paradis fiscal !

          En somme la boucle est bouclée : le capitalisme libéral qui ne régule pas arnaque, corruption et fraude, a besoin de paradis fiscaux !

          C’est mon avis et je le partage,

          Bien à toi.


        • claude claude 28 mai 2008 15:25

          oh mon dieu ! la lermanerie quotienne est arrivée !!!

          "Il est normal que des pays qui ne disposent d’aucune production d’exportation mettent en place des structures afin d’attirer des capitaux"

          la suisse, l’état du delaware aux usa, le luxembourg, l’irlande, le nigéria sont des pays totalement désertiques et stériles : pas d’industries, pas d’agriculture, pas de secteur tertiaire, pas de richesses pétrolières....

          "Au lieu de recherche dans le monde des paradis fiscaux,commencez par regarder dans votre propre pays ou les régions se créént des petits paradis fiscaux avec vos impôts pour permettre l’implantation de sociétés et générer des emplois"

          donnez-nous des adresses !!! ... parce que j’en n’ai pas trouvé sur mes tablettes... j’aimerais bien monter mon entreprise dans l’un de ces paradis fiscaux du territoire français !

          "Combien d’aides publics ainsi versées chaques années en France ? ? ? ? ?"

          j’ignorais que l’état avait créé un nouveau job : "aide public" ... 

          je ne me doutais pas que le fait de déboquer des aides publiques avait le don de cloner l’année au point d’en faire entrer plusieurs dans le temps d’une, comme vous le soulignez avec le pluriel au mot "chaque"

          quel magicien, ce lerma !


        • Traroth Traroth 28 mai 2008 15:57

          Sacré Lerma, toujours en train de commenter ce qu’il ne comprend visiblement pas. Votre commentaire est tout simplement hors-sujet.


        • Nobody knows me Nobody knows me 28 mai 2008 20:38

          Lerma, votre générateur automatique de post a planté, on ne lit pas "TSS" dans votre commentaire.


        • septix 29 mai 2008 00:53

          Le sénat, une référence en matière de compétence. Raffarin peut être....


        • septix 29 mai 2008 01:02

          Pour illustrer les propos de Lerma il suffit d’avoir des potes aux conseils généraux et de créer une entreprise de travaux publics. C’est fou ce qu’on a besoin comme rond point dans ce pays. On est les champions du monde ! Et il y des routes qui s’usent à une vitesse ! Prévarication et népotisme font certainement plus de dégat dans ce pays que tous les paradis fiscaux que s’échinent à dénoncer une bande d’allumés en mal de verbiage. Au passage, la majorité des lien fait référence à des sites qui sont incapables de fournir des sources... fiables. Comment peut on estimer l’argent au noir ?


        • septix 28 mai 2008 11:08

          C’est formidable !

          Supprimons ces fameux paradis fiscaux, allons récupérer l’argent volé et liquidons nos dettes !

          Raisonnement puéril qui flatte le bon peuple !


          • ZEN ZEN 28 mai 2008 11:43

            Obama a récemment vilipendé la Suisse et ses pratiques bancaires douteuses, mais les USA ne sont pas prêts à renoncer à un système qui les arrange bien , malgré les vives critiques de Stiglitz :

            http://www.suisse.attac.org/Paradis-Fiscaux-comment-les-Etats


          • septix 28 mai 2008 12:09

            Puéril ? Le problème des paradis fiscaux est secondaire si on regarde l’état de notre économie. La force de cette dernière ne peut pas se résumer aux montants des plus-values latentes ou réalisées par nos entreprises du CAC 40 mais à la capacité de notre économie à créer de nouvelles richesses. Or, l’essentiel de nos élites (techniques pour ne parler que de celle-ci), au lieu de développer notre capacité à produire plus et mieux a noyauté les services financiers. La raison ? Combien gagne un ingénieur ? Combien gagne un trader ?

            Pourquoi se lancer dans l’industrie,seul à mon avis vecteur de richesse, alors même qu’il est si simple de vendre du "consulting" (bien souvent inutile) à 1 500€ jour ?

            Comparer les salaires entre la banque et l’industrie. Et vous verrez !

            Les quatre dernières crises sont elles industrielles ou financières ?

            La Grande Bretagne a choisi le monde du "service", le réveil risque d’être douloureux. La crise des subprimes n’est probablement pas encore terminée.

            Pour en revenir à mon propos, l’argent de ces paradis fiscaux risquent de partir en fumée faute de réalité.

            La vraie question, c’est mon opinion, est pourquoi les capitaines quittent le navire pour des paradis fiscaux ?


          • sisyphe sisyphe 28 mai 2008 12:46

            par septix (IP:xxx.x06.128.14) le 28 mai 2008 à 11H08

             
            C’est formidable !

            Supprimons ces fameux paradis fiscaux, allons récupérer l’argent volé et liquidons nos dettes !

            Raisonnement puéril qui flatte le bon peuple !

             

            On attend le votre de raisonnement, certainement beaucoup plus subtil, qui nous expliquera pourquoi il faut laisser les paradis fiscaux en place !


          • septix 28 mai 2008 14:05

            Je pense avoir répondu dans mon post précédent...


          • septix 28 mai 2008 14:17

            Expliquez moi comment lutter contre ces paradis fiscaux ? Une alliance internationale ?

            Pensez-vous réellement que cela soit possible ? Nous n’avons pas réussi à éliminer le paludisme ou la lèpre, pour ne citer que deux fléaux de l’humanité dont nous avons la solution, et nous allons lutter contre la "gangrène" des paradis fiscaux ?

            Je ne crois pas que mon raisonnement soit subtil, comme vous le dites. Il est fondé sur le bon sens (enfin, je crois). Agissons sur les éléments sur lesquels nous avons une influence réelle plutôt que de prêcher dans le désert des bonnes paroles, qui ont de fortes chances de rester lettres mortes.

            Mais , je vous laisse y croire. Moi, j’ai passé l’âge...


          • ze_katt 28 mai 2008 14:19

            A quoi cela sert de continuer à creer des richesses si elle sont capturées pas les mêmes 40 patron et "evadées" à l’étranger pour echapper à l’impot ?


          • Niamastrachno Niamastrachno 28 mai 2008 14:29

            Comparer l’industrie à la finance alors que ce sont des corolaires invalide directement votre raisonnement.

            Le problème vient même du fait qu’industrie ET finance s’évadent dans ces goufres insondés pour pour pouvoir l’un comme l’autre soit :

            • faire du pognon avec du pognon
            • donc investir à l’étranger avec le pognon du pognon
            • se dorer la pillule sous des cocotiers en or massif
            • devenir maître du monde

            Le risque se situe surtout dans le 1er point, de plus sachant qu’aucun secteur d’activité (du moins ceux générant de l’argent) ne s’échappe de la logique beaucoup de pognon = évasion fiscale remettons le débat au niveau où il est censé se trouver : lutte contre le blanchiment, contrôle des fluxs, ou tout simplement contrôle réel de toute activité générant de l’argent, les contrôles existant aujourd’hui sont tout simplement ridicules, et même si risque il y a, ces entreprises machiavéliques s’en contrefoutent complètement pourvu que l’argent soit transféré au chaud quand il faut, or, çà, ils peuvent le faire quand et comme ça leur chante, un vrai serpent quoi.

            J’attirerai l’attention sur le fait que ces évasions concernant - en gros - les super plein de pognon, on pourrait se demander si quelqu’un s’est amusé à calculer la pression fiscale dûe au manque à gagner sur les petites et moyennes entreprises (sachant que c’est par exemple, le 1er employeur de France) parce que ces dernières n’ont majoritairement pas du tout les moyens ou l’intérêt de s’oublier sous les tropiques.

            Quid d’ailleurs des pavillons de complaisance (malte entre autres), les paradis fiscaux font partie d’une toile bien large qui permet et permettra encore et toujours aux plus forts de s’assurer qu’ils le resteront et ce malheureusement en dépis de toute réglementation nationale ou même internationale.

            Bref, c’est la merde et on baigne dedans depuis assez longtemps maintenant pour ne plus passer à coté.

            Bien à vous,

            Niama


          • Niamastrachno Niamastrachno 28 mai 2008 14:45

            "Expliquez moi comment lutter contre ces paradis fiscaux ? Une alliance internationale ?"

            Ben c’est simple, en contrôlant les fluxs de capitaux : le temps où les mecs se baladaient avec des valises est révolu, aujourd’hui il y aun truc pas mal qui d’ailleurs pourrait très bien faire basculer le monde dans une sorte de big bang apocalyptique de la finance : internet ou plutot l’ensemble des réseaux dématérialisant les fluxs.

            Contrôler internet fait donc partie des solutions, ils foutent bien des gendarmes partout pour fliquer ce qui se passe entre mon modem et certains serveurs, je vois pas pourquoi ils n’en feraient pas autant pour les transactions financières.

            Et puis un dernier truc : un type qui s’évade avec 300 millions d’euros risque quoi au juste ? 2 ans ferme et 15 avec sursis ? Des problématiques sur ce sujet sont multiples, le grand capitale édicte ses propres lois et agrandi sa capacité de nuisance gouvernement après gouvernement.

            En outre, Zen a raison de s’insquiéter des privatisations et de la baisse d’influence des états vis-à-vis d’entreprises dont les activités sont de plus en plus opaques et dont les domaines de compétence sont de plus en plus demandés pour des missions traditionnellement alouées au public. La guerre en Irak a officialisé l’existence des mercenaires ! céti pas bô çà ?! Et on ne pourrait rien faire contre ?


          • septix 28 mai 2008 14:56

            Je n’ai nullement fait de comparaison entre la finance et l’industrie.

            L’essentiel de l’argent fait dans la finance est virtuel. Les acteurs financiers s’échangent des prévions de résultats futurs et finissent par oublier la réalité sur laquelle elle repose, les création de richesse par les entreprises !

            Il n’y a pas deux mondes, mais un seul, mais on finit par croire qu’il n’y en a deux ; l’industrie et la finance. Et l’un vit sur l’autre, et non l’inverse comme certains prétendent le faire croire. Avantagez le second et vous constituez des bulles... Qui finissent à terme par exploser, dans le meilleurs des cas à se dégonfler.

            Il est vrai, je m’éloigne des paradis fiscaux, mais néanmoins, c’est cette richesse virtuelle qui s’"échappe" ou transite dans les paradis fiscaux. Taxer cette richesse virtuelle n’apportera rien puisqu’elle ne vaudra plus rien une fois que la confiance qui l’aura généré aura disparue.


          • Niamastrachno Niamastrachno 28 mai 2008 15:03

            "Les quatre dernières crises sont elles industrielles ou financières ?"

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