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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Puer, bientôt notre ultime liberté individuelle ?

Puer, bientôt notre ultime liberté individuelle ?

Quand il s’adressa à Alexandre le Grand du fond de son tonneau Diogène ne devait pas sentir très bon. Quant aux stylites, ces ermites grecs qui vivaient des années, perchés sur des colonnes, ceux qui venaient les consulter pour leur sagesse devaient subir les effluves des excréments accumulés le long des pylônes et à leurs alentours proches. Car s’ils jeûnaient souvent et mangeaient peu, les stylites n’en déféquaient pas moins. Aujourd’hui Diogène est un devenu la référence en matière de clochard et les stylites ont fait long feu. Pourtant leur exemple devrait nous faire réfléchir aux moyens qu’il nous reste pour protester sans tout casser et prouver notre individualité face aux normes de la loi.

 

Tout comportement de nos jours, ou presque subit le joug d’une réglementation, d’une loi, en un mot d’un interdit. Interdiction de stationner, de fumer, de boire dehors une bière à la main, de proclamer des propos incorrects qu’ils soient sensés ou stupides d’ailleurs. On interdit déjà la vente de cigarettes aux mineurs, ce sera bientôt le tour de l’alcool. La loi empiète sur le domaine réservé des parents, car ces restrictions devraient être avant tout de leur ressort et non de celui du droit. Bref, que reste-t-il à l’homme (pour être politiquement correct, je dois impérativement dire et à la femme) pour exprimer sa volonté d’exister tout en gênant les autres ? Car gêner, déranger, c’est exister, c’est prouver son individualité. C’est quelquefois la seule façon de démontrer qu’on est encore en vie. Peu ou prou ne reste à notre disposition, si ce n’est puer, car jusqu’à présent, ce n’est pas encore interdit !

L’Irlande, pays rebelle a dit non, et c’est tant mieux ! Et ce pays a su prouver son attachement à la liberté au cours des siècles, dans des circonstances bien plus tragiques que l’interdiction de fumer dans les pubs. Ce non n’est hélas qu’un combat d’arrière-garde et nous allons droit vers une Europe des règlements qui dictera d’abord la composition de fromages, mais qui ensuite imposera des règles comportementales à suivre par tous sous peine d’amendes et de sanctions. On a récemment imposé le Red Bull à la France sous peine de pénalités du fait de la libre concurrence (j’en bois en Afrique de temps en temps, ce n’est donc pas sa vente en France qui me gêne, mais la manière dont elle a été imposée). La Suède interdit la prostitution alors qu’elle devrait s’attaquer au proxénétisme, et tout est à la même aune. Il y a même eu une tentative en Espagne de supprimer l’heure de la sieste pour adapter les horaires des bureaux aux us et coutumes des autres pays européens ainsi que de fermer les bars à deux heures du matin. Cela a échoué, mais pour encore combien de temps ?

Tout avait insidieusement commencé il y a quelques années, mais s’accéléra avec l’interdiction du lancer de nain. En 1995, le nain français de Morsang-sur-Orge en Lorraine, un adulte volontaire et relativement bien payé, qui avait perdu sa place sur une décision du Conseil d’Etat, a été débouté car les Nations unies ont considéré cette distraction venue d’Australie comme dégradante et pouvant troubler l’ordre public.

« Le haut commissaire de l’ONU sur les droits de la personne jugea le 27 septembre 2002 que cette décision n’était pas discriminatoire à l’encontre des nains ni abusive, mais nécessaire au maintien de l’ordre public, en incluant des considérations de dignité humaine. »

Après, cela a été un enchaînement d’interdictions et de restrictions en tout genre, un véritable déferlement d’oukases. Le nain a été encore une fois débouté en appel auprès de la Cour de justice internationale de La Haye et s’est retrouvé au RMI au nom des droits de l’homme.

Mais les Etats européens ne sont pas de reste et en premier lieu la France quand il s’agit d’interférer avec les libertés individuelles. Insidieusement, depuis quelques années, tout ce qui peut gêner, même sans être intrinsèquement dangereux pour autrui devient soit interdit soit sujet à contrainte. On n’interdit plus au nom de la morale, quoique, j’y reviendrai, mais au nom du bien-être de tous et de l’intérêt public, une sorte de morale hygiéniste remplace celle voulue des dieux. Que peut-on encore faire de désagréable qui ne tombe sous le coup de la loi ?

Bientôt, on ne pourra plus être gros, pour ne pas dire obèse, sans en payer les conséquences. Or, c’est bien connu, ce sont les pauvres qui sont en surcharge pondérale dans les pays occidentaux. Celui qui laissera sa fenêtre ouverte en hiver ou bien ne fermera pas l’électricité quand il quitte une pièce sera considéré comme incivique, puis comme délinquant au nom des économies d’énergie, même s’il accepte de payer le surcoût ou de dormir avec deux pulls sous la couette. Vendre son appartement oblige déjà à des travaux pour ne pas avoir un indice énergétique dévalorisant.

J’ai déjà parlé de l’alcool, du tabac. Je pourrais aussi continuer avec le port de la ceinture de sécurité ou du casque à moto. Si les deux premiers peuvent éventuellement mettre en danger la vie d’autrui, les deux derniers ne font courir de risques qu’à ceux qui ne les portent pas. Ne peut-on avoir le droit de prendre des risques pour soi-même, ou alors, faut-il repénaliser le suicide ! Et que dire du stationnement interdit quand il n’est pas dangereux (au sommet d’une côte ou dans un virage) ! On impose désormais à ceux qui ne nuisent même pas directement aux autres !

Même au niveau du verbe, il faut se censurer, sous peine de tomber encore sous le coup de la loi. Je ne vois pas pour autant l’intérêt de légiférer sur des propos inconsistants tant qu’il n’y a pas incitation au meurtre. Il est certain que les journalistes de Radio Mille Collines devaient être condamnés fermement, car il y avait incitation explicite au massacre, mais, le plus souvent, on a affaire à des olibrius inoffensifs, alors, laissons-les braire. Que des illuminés croient à leurs balivernes, à leur racisme, homophobie ou créationnisme, c’est aux gens sensés de leur clouer le bec et non à la loi de leur interdire de parler. Et puis, une belle bagarre a plus de dignité qu’une plainte en justice. Un Pierre Goldman n’aurait pas porté plainte pour révisionnisme, il aurait cogné. Qu’on se souvienne de Libertad, l’anarchiste du début du XXe siècle, affrontant la police avec ses béquilles d’infirme avant d’écrire Le Culte de la charogne – 1905. Les abrutis sont légions, leur interdire de s’exprimer est leur donner plus d’importance qu’ils n’en ont ! Par contre, on laisse librement s’exprimer des naturopathes et des gourous qui pensent pouvoir soigner le sida avec de l’ail et le cancer avec un régime, le yoga ou des lavements ! Même l’insulte, salutaire, rabelaisienne, jouissive quand elle est lancée devient de plus en plus sujette à poursuites judiciaires.

Mais revenons aux nuisances olfactives. Il y a eu la phrase malheureuse de Chirac sur les odeurs, mais il pensait merguez, pas senteurs âcres de dessous les aisselles ! Jusqu’à présent, les restrictions touchant aux odeurs ne concernent que les produits chimiques, le lisier de porc, les effluves de restaurants et de leurs poubelles, mais rien au sujet du corporel. Même si à Singapour il est interdit de se déplacer avec des dourians (des fruits qui puent vraiment) dans les transports publics, il n’est encore interdit dans aucun pays d’empester comme un bouc.

Un grand hôtel de New York a bien essayé de virer un portier qui puait du bec, mais il a été débouté et a dû réintégrer l’employé à l’haleine chargée et fétide sous prétexte qu’il était payé pour ouvrir la porte et non la bouche !

Or, l’homme a besoin d’affrontement, pas forcément physique, pour exister ; à force de tout lui interdire il devient soit mouton soit enragé. Et, dans le deuxième cas, il peut être prêt à tout même et surtout au pire. Donc si puer devient le dernier moyen de se rebeller, alors lâchons-nous !

Déjà certains clochards l’avaient compris depuis longtemps. Dégager une odeur forte est à la fois un moyen de s’isoler des autres en les repoussant, mais aussi de leur prouver qu’on existe malgré eux et leur mépris, une provocation pacifiste en son genre, et, là, on peut revenir à Diogène ! Bien sûr, quand on vit dans la rue, on ne sent pas la rose, mais il y a toujours moyen de trouver une douche et un savon dans un hébergement d’urgence. On peut sentir mauvais occasionnellement du fait des aléas de la vie. On pue en permanence par choix et par provocation ! Alors, si des gens sensés en arrivent un jour à cet acte de désespérance, c’est qu’on les y aura acculés. Quand je dis on, je pense à l’appareil répressif et législatif qui se mêle de plus en plus de tout ce qui ne devrait se régler entre citoyens.

Maintenant, imaginons un étudiant brillant à Assas, HEC ou aux mines qui assiste aux cours, pose des questions pertinentes, réussit les partiels et publie des mémoires non copiés sur internet. L’étudiant parfait qui ne fume ni joint ni tabac et ne boit pas d’alcool, n’est syndiqué ni à l’extrême droite ni chez les trotskistes, il n’a qu’un seul défaut, celui de ne plus se laver de garder les mêmes vêtements et surtout sous-vêtements. Il prend même soin de porter de tenues de marque et de les repasser pour ne pas avoir l’air négligé. Mais voilà, il dégage une odeur putride et macérée, de pisse, crasse, merde, vomi, sueur et flatulences. Relents d’ail et de gibier faisandé !

Comment va-t-on l’évincer de la fac ou de la Grande Ecole ? Il n’existe, à ce que je sache, tant au civil qu’au pénal, aucun texte interdisant d’incommoder ses voisins, collègues ou autre catégorie par ses odeurs corporelles. J’aimerais la réponse d’un juriste ! Peut-être, aurait-on recours au trouble à l’ordre public qui est servi à toutes les sauces quand il s’agit d’attaquer les libertés.

Déjà, au bureau ou à l’usine, il est délicat de faire remarquer à un collègue ou même à un subordonné qu’il empeste. Quand il s’agit d’une femme, c’est encore plus embarrassant.

On peut laver de force, sans violence un interné psychiatrique, mais peut-on interner quelqu’un qui ne se lave pas et qui continue en dehors de cela une existence tout à fait normale sans vociférations, sans exhibitionnisme sexuel à la recherche de morpions ?

Quand les Nations unies et peut-être la France pensent réintroduire une forme d’interdit pénalisant le blasphème, on peut alors tout craindre pour la liberté d’expression, de comportement en bref, on est en droit d’être inquiet pour nos libertés individuelles. Le retour de l’Inquisition serait proche ? L’affaire des caricatures dépasse largement le cadre de l’islam, il sent le politiquement correct et l’hygiène du langage. Et ceux qui ne voient l’intolérance que dans les régimes islamistes, en Chine, en Birmanie et en Corée du Nord devraient réfléchir un peu. Certes la France n’est ni Kaboul ni Pyongyang, nous avons les libertés politiques, de culte, de mouvement et relativement d’expression. Mais les libertés individuelles sont de plus écornées au quotidien. Bien sûr, certains me hurleront, retourne à Khartoum, à Mogadiscio ou à Pékin ! Mais justement, je pensais espérer plus d’un pays et d’un continent se réclamant en permanence des droits de l’homme et de la démocratie dans ses professions de foi !

Puer serait donc le dernier moyen d’être dérangeant sans tomber dans l’illégalité, il y a de quoi être inquiet tout de même !

Donc, on ne peut plus faire grand-chose sans risque d’être sous le coup de la loi, ou du moins d’une loi car il y en a toujours de nouvelles de plus en plus contraignantes. Les plaisirs sont de plus en plus restreints et facturés, je pense même à ces concerts gratuits qui finalement sont financées à grand renfort de subventions, de sponsors et… d’impôts. Que reste-t-il à l’homme (et encore une fois à la femme) de totalement gratuit et de non réglementé ? Quasiment que deux choses, dans la sphère du privé, la prière et la masturbation. C’est bien peu, et peut-être même de trop pour certains monothéistes qui prohibent l’onanisme. Contradiction, si l’on lit attentivement l’Ancien Testament, car s’il condamne Onan il dit aussi dans le Deutéronome : « Tous les matins verse ta semence et le soir ne laisse reposer ta main ! »

On se prépare un bel avenir, seul avec Dieu si on y croit, ou bien avec sa main. Le reste sera ou hors de prix ou totalement interdit. Ceux qui n’ont pas encore atteint l’ultime degré de désespérance qui fait passer à l’acte (terrorisme, banditisme à la Bonnot, vandalisme ou immolation par le feu comme Ian Pallack à Prague), ceux qui ont encore peur de la “justice” et de ses conséquences, n’auront bientôt que l’alternative de puer pour marquer leur désapprobation à un monde normatif imposant de plus en plus sa pseudo-morale hygiéniste.

Et puis, qu’on se souvienne de la protestation des nationalistes irlandais internés à Long Kesh sur ordre de Margaret Thatcher. Ils avaient d’abord entamé une grève de l’hygiène, maculant leurs cellules d’excréments afin d’être reconnus comme prisonniers politiques. Le message était clair : on nous respecte moins que des animaux, alors comportons-nous pire que des bêtes ! Bobby Sands est le plus célèbre des dix qui choisirent la mort dans une grève de la faim menée jusqu’au bout en 1981. Devra-t-on à nouveau en arriver à de telles extrémités pour affirmer notre liberté, qui en aurait encore le courage de nos jours en Occident ?

Je n’ai pas envie que l’Etat veuille mon bien contre mon gré. Vivre, c’est prendre des risques et accepter ceux que vous font courir les autres jusqu’en une certaine limite qu’une législation raisonnable devrait encadrer. Mais que vient faire la loi et la réglementation dans le lancer de nain, la présence de lait cru dans les fromages, les cuites des ados et les techniques de pêches au thon pour protéger les dauphins !

D’ailleurs, cette protection des dauphins lors de la pêche au thon qui finira en boîte de conserve relève d’une idéologie des plus douteuses. Par anthropomorphisme, on assimile le dauphin à un être supérieur, beau, intelligent et digne d’intérêt, le thon par contre est laid, stupide, de basse extraction pour ne pas dire d’espèce, voire de race inférieure. Ca ne vous rappelle rien !

Mais peut-être pourra-t-on un jour puer et se laver. Nous avons connu les boules puantes dans les magasins de farces et attrapes, avec leur odeur sulfureuse d’œuf pourri. Un chimiste peut fort bien identifier une série de molécules odorantes particulièrement infectes pour en faire un parfum répugnant, un anti-5 de Chanel, pourquoi pas ! On pourrait en user à loisir pour agresser les narines de ceux qui nous assaillent de leurs interdits, de ceux qui nous empêchent de fumer au bureau, l’utiliser contre ceux qui veulent nous imposer leurs normes. Et cela, même en prenant une douche !

 


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83 réactions à cet article    


  • Gül 24 juin 2008 12:43

    Déconcertant cet article ! Aucun rapport avec votre autre du jour je suppose....

    Dans le fond et plus sérieusement je suis assez d’accord avec votre coup de gueule et tout aussi inquiète que vous.

    M’est avis que nous ne devrions pas être les seuls...à voir à la suite de ce fil débutant...


    • maxim maxim 24 juin 2008 13:35

      votre coup de gueule est le mien ..

      à tous les empêcheurs de péter en rond ,je leur dit merde !

      je n’ai ni Dieu ,ni maître,ma devise ,c’est depuis toujours .... : je n’emmerde personne donc qu’on ne m’emmerde pas !


      • elric 24 juin 2008 13:38

         Je suis aussi assés d’accord avec le fond de l’article,je n’aime pas être protégée comme mon grés,d’ailleurs qui nous protegera de nos protecteurs,et que tout ne peut pas être réglée par la loi et des textes,et que ça fini par porter atteinte à nos libertés.Par contre,pour ce qui est de puer,personnellement,je n’ai jamais trouver agréable le fait de sentir le chacal.


        • Bigre Bigre 24 juin 2008 13:43

          Les boules puantes ... j’y pensais quand l’interdiction de fumer dans les lieux clos n’était pas encore en application. Un fumeur pue. Et empeste tout autour de lui. Il est souvent impossible de lui demander d’arrêter de fumer et d’enpuanter mon air frais. Ou d’aller empester ailleurs.

          Je pensais sincèrement me promener avec une bombe de truc puant, un flacon à ouvrir, pour montrer à ces puants que la vie en société impose des limites, même en l’absence de loi.

          Et oui, quand un groupe impose un comportement asocial à tous, sans scrupule, que la loi viennent à mon secours me plait bien !

           


          • Gargamel Gargamel 24 juin 2008 13:44

            Ben tiens, d’ailleurs moi je trouve ça scandaleux qu’on puisse pas sortir dans la rue et éclater les gens à coup de poings ou de barre à mine ! Je vous le dit c’est du facisme !

            Non mais faut arrêter. Les mauvaises odeurs on le réprime pas parceque des gens n’y peuvent rien et que ce n’est pas bien grave, mais je ne vois pas ce qu’il y a de fabuleux à pouvoir puer. C’est aggressif envers les autres.

            Quand à l’éternelle complainte "bouh j’ai plus le droit d’empester les non fumeurs, ça me faisait tant rire de les voir tousser, avoir les yeux rouges et devoir relaver leur fringue alors qu’ils sortaient de la machine" je commence à m’en lasser un peu.

            Et alors là on en tient une nouvelle, quelqu’un qui a le courage (mal placé, mais c’est du courage) de pester contre l’interdiction de poisons aux mineurs, je l’aurais pas cru ! Enfin c’est complètement débile "c’est la responsabilité des parents", plusieurs décénies de gamins qui clopent nous ont montré qu’ils arrivaient pas à contrôler ça, et comme la prévention n’interresse pas grand monde pour empêcher des gamins de pourrir leur croissance juste pour faire comme les grands il faut trouver un autre moyen de les protéger d’eux-mêmes. Rappel : cette liberté individuelle si précieuse fait que les pneumologues voient arriver des filles de 16 ans avec des problèmes pulmonaires, parcequ’elles ont commencé trop jeunes.

            Bordel mais empoisonnez vous chez vous et arrêtez de nous embêter ! Ho, et des fois que ce soit pas clair, chez vous mais pas vers les gosses (empoisonner ses gamins n’est PAS non plus une liberté individuelle).


            • Georges Yang 24 juin 2008 14:00

              Je m’attendais à plus de haine de la part d’écolos, de moralisateurs et de frileux partisans du principe de précaution. J’ai eu quelques soutiens anars. Merci.


              • SANDRO FERRETTI SANDRO 24 juin 2008 14:05

                Doc,

                Méfiez-vous, vous n’allez pas étre en odeur de sainteté sur Avox.

                D’ailleurs, en validant votre billet hier, j’ai senti comme un reflux indéfinissable....


                • Georges Yang 24 juin 2008 15:23

                   

                  Pour enfoncer le clou !
                   
                  @ Sandro
                  Un ami italien au Kenya croyant mais lucide me disait récemment :
                  « Quando l’uomo e’ nella sua camera e’ solo con Dio e con la sua mano ma troppo spesso con la sua mano e troppo poco con Dio »

                • SANDRO FERRETTI SANDRO 24 juin 2008 16:32

                  Docteur,

                  Puisqu’on en est aux citations italiennes, celle-ci, un peu noire mais très belle :

                  "La vita è come uno sguargo attraverso la finestra".

                  (proverbe Napolitain anonyme)

                  Carpe diem.


                • Dame Jessica Dame Jessica 24 juin 2008 17:12

                  @ Sandro

                  Une fois encore trés cher, avec le sens de l’ à propos qui vous caractérise, vous nous livrez LA formule que je voudrais avoir trouvé, et le tout dans le texte s’il vous plais !... Je vous déteste avec toute l’affection possible !


                • SANDRO FERRETTI SANDRO 24 juin 2008 18:27

                  Moi non plus.

                  Si c’est vraiment vous sur la photo, je vous emmène dans la benne de mon camion.

                  (PS : voyez vous la réminiscence cinématographique ?)


                • Dame Jessica Dame Jessica 25 juin 2008 08:26

                  @ Sandro

                  Trés cher, je serai tout a fait ravie de faire un tour dans votre superbe camion benne à l’occasion...Les petites routes de campagnes, la délectable odeur légérement vanillé des bouses parsemant les champs et votre brillante conversation pour couronner le tout (en italien s’il vous plais, c’est tellement plus romantique)...ahhhh le réve ! 

                  PS et oui, il s’agit bien de votre servante, auréolée d’un flou artistique fort seyant !

                  @ Gül

                  Bonjour jolie Rose ! Intéressant article, n’est il pas ? Puis je me permettre de vous recommander chaudement, si ce n’est déjà fait, la lecture du Parfum de P.Suskink....A ma connaissance, le meilleur bouquin traitant d’un sujet aussi immatériel et evanescent que les odeurs, toutes les odeurs ! Baroque, flamboyant, il ne peut laisser vos narines insensibles !


                • danino danino 24 juin 2008 15:31

                  Trop long, ton papier, Coco ! Des arguments qui ne puent pas (c’est déjà ça...) mais il faut essayer de synthétiser tout ça. Ou alors développe et fais-en un bouquin entier (sur lulu.com par exemple !).


                  • Dame Jessica Dame Jessica 24 juin 2008 15:36

                    @ L’auteur

                    Que voila un intéressant et odorant article ! Je vous félicite d’avoir su accorder avec tant de justesse la richesse et la puissance de votre style à la fragrance quelque peu fétide du fond ! Bien qu’ayant fort gouté le parfum de votre talent, je crains, hélas,que vous ne fussiez un visionnaire et qu’il en aille, un jour prochain, de nos libertés individuelles comme des autres, poliment mais implacablement réprimées !

                    Qu’il en soit donc ainsi, allez en pets trés cher, puer n’est pas pécher !

                    Bien cordialement


                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 25 juin 2008 12:18

                      Le clin d’oeil cinématographique (oserais-je l’avouer) et celui de "Je t’aime , moi non plus", film de 1970 dont la musique était la célèbre chanson Gainbourg/ Birkin, mais qui est resté peu connu. Jane Birkin y perd sa virginité de la "porte étroite" avec un routier dans un camion benne....

                      Bon, je m’en vais, c’est trop toride....( le film repasse de temps en temps dans des ciné-club, genre "la boite à film", Av de la Grande Armée)


                    • Dame Jessica Dame Jessica 25 juin 2008 14:51

                      @ Sandro

                      En bonne cinéphile j’avais reconnu votre si délicate référence...vous avez raison, c’est un bien beau film...et c’est torride,ici !

                      Mais je ne me dédis pas pour la ballade et votre brillante conversation ! D’ailleurs, nous devrions convier Constant, Gül et Masuyer, plus on est de fous (de bonne compagnie) et plus on rit...Je suis sûre qu’il y a bien assez de place dans votre joli camion benne !


                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 25 juin 2008 15:44

                      D’accord, et dans le camion il y aura Bashung qui chantera, rien que pour vos yeux et votre photo floutée :

                      "J’ai commandé, décommandé

                      De tes yeux la prunelle,

                      Balancé les jumelles

                      Pour ne garder que le flou".


                    • Dame Jessica Dame Jessica 25 juin 2008 16:01

                      @ Sandro

                      Vous êtes un irresistible poéte savez vous ?

                      Je me tiens à votre entière disposition pour la ballade entre gens de bonne compagnie, votre jour sera le mien !

                      Bien à vous


                    • Z Z 24 juin 2008 15:53

                      S’il est vrai que dans certains domaines, la tendance actuelle à la privation des libertés peut être inquiétante, je trouve néanmoins l’angle d’attaque de l’article assez consternant :

                      "Bref, que reste-t-il à l’homme (...) pour exprimer sa volonté d’exister tout en gênant les autres ?"

                      Si je comprends bien, une partie de votre but dans la vie, c’est de gêner les autres ? De déranger autrui à dessein ? Dans ce cas, pourquoi vous préoccuper de le faire en respectant la loi, alors que la loi sert précisément à empêcher les gens de gêner et déranger les autres ? Les lois sont devenues nécessaires à cause de gens comme vous qui ne se contentent pas de la devise de Maxim, citée plus haut : "je n’emmerde personne donc qu’on ne m’emmerde pas !".

                      Vous, vous voulez emmerder ! Il vous reste donc l’action illégale.

                       

                      "Car gêner, déranger, c’est exister, c’est prouver son individualité. C’est quelquefois la seule façon de démontrer qu’on est encore en vie."

                      Là franchement, ça relève du problème psy ! Ou de la crise d’adolescence non dépassée ! Vous ressentez le besoin de "prouver votre individualité" ou "démontrer que vous êtes encore en vie", mais personne n’en doute, de votre individualité et du fait que vous êtes en vie. A qui voulez-vous prouver ou démontrer cela, si ce n’est à vous-même ? Ce n’est pas parce que vous avez des problèmes avec vous-même qu’il faut s’en prendre aux autres !

                       


                      • Georges Yang 24 juin 2008 16:08

                        C’est en puant puis en crevant de faim, bref en derangeant que les irlandais de Long Kesh ont fait la preuve de leur existence face au pouvoir britaninque


                      • Z Z 24 juin 2008 16:16

                        Oui mais vous, vous êtes dans quelle prison ?


                      • 1984 25 juin 2008 11:34

                        L’europe !


                      • artemis artemis 24 juin 2008 16:02

                        Charlotte Roche , une anachiste ?, je ne sais pas mais sa révolte je la comprends.

                        « Les femmes sont obsédées par la propreté et par l’idée de se débarrasser de toutes les excrétions de leur corps et de leurs cheveux, explique Charlotte Roche. Alors j’ai voulu écrire sur les parties du corps humain qui dégoûtent. Les morceaux qui puent. Le jus du corps féminin. Pour raconter cette histoire, j’ai créé une héroïne qui a plein d’idées pour s’occuper de son corps - quelqu’un qui n’a même jamais entendu parler de cette idée qui veut qu’une femme est censée sentir bon entre les jambes. Un esprit libre… »

                        Notre espace de liberté se réduit tous les jours mais ce ne sont pas seulement les lois mais une société de plus en plus intolérante qui a la loi , pour elle.De plus concernant la propreté , nous sommes envahis par l’image, les êtres humains doivent être propres , sentir bon ,et ceci quelque soit son âge, ses problèmes..

                        Bientôt non seulement il faudra avoir l’air propre, le comportement propre et la pensée propre aussi,

                        donc unique

                        ciao,

                        artemis


                        • Gül 24 juin 2008 18:50

                          J’aime beaucoup ce commentaire. Charlotte Roche, je ne connaissais pas.

                          Mais de suite je m’y colle...


                        • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 24 juin 2008 16:05

                           

                           

                          Salut Georges,

                           

                          Balaise ton article, t’in je vais te raconter une anecdote véridique.

                           

                          A Saint-Tropez quand j’étais flicard,( 82/88) je connaissais un éboueur qui logeait dans une caravane à Cogolin ( c’est à une quinzaine de bornes )

                           

                          Ce dernier il gardait un bouc sur son terrain, et de temps pour faire c...r les imbuvables et autres invivables qui snobaient les différents bars de la ville, ... allait voir son bouc, ... se frottait les mains sur sa barbichette ( surtout quand se dernier était en rut !) .. et il partait boire un coup dans deux trois bars !

                           

                          T’in au fait,... je me demande si je ne vais pas rentrer en résistance,....puis trop de propreté n’est pas bon pour la santé, la preuve, dans Google tapez :

                          « trop d’hygiène nuit à la santé »

                           

                          @+ P@py

                           


                          • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 24 juin 2008 16:47

                            T ’in au fait,j’aimerais connaître les budgets des pubs pour : parfums, déodorants, et autres « sent bons »

                             

                            En voyant le nombre qui passent aux téloche$, ou qui s’affichent sur les magazine$...colossaux qu’ils doivent être !

                             

                            Allez moutons de Panurge !!!!!!!!!!!!!!

                             

                            @+ P@py


                          • luteola luteola 24 juin 2008 16:22

                            mis à part quelques exégarations, j’ai tendance à etre d’accord avec l’auteur. Il aurait pu aussi rappeller les lois idiotes sur les drogues. De quel droit l’Etat se permet-il de me dire quoi mettre dans mes poumons, mon estomac, mes veines etc ? Etant majeur, vacciné et responsable, j’accepte très mal que l’Etat sois disant pour me proteger (mais en fait par peur du vote sanction des traditionalistes) m’empeche de faire pousser une plante que la Nature a cru bon de produire. Consomme autant de somnifères que tu veux, mais un joint grand Dieu non c’est pêché. Ce discours d’adapte bien aux drogues douces. Et même si n’ayant jamais pris de drogues dites dure (TF1 mis à part, mais j’ai décroché heureusement), pour mio c’est le même combat. Majeur, tu souhaites consommer ta petite ligne de cocaine ? De quel droit l’Etat t’en empeche-t-il ? Cette hypocrisie aboutit à la ruine de certains pays du Sud, condammé à la gangrène mafieuse pour cause de production de substances que nous consommons illégalement. Bon, je m’égare un peu. En tout il est clair que le code civil devraitn petre allegé, ca lui ferait pas de mal. L’Etat se mêle trop souvent de qu’il ne le regarde pas. Et l’évolution en France est assez inquiétante, la sphère privée se retrecit de plus en plus. Fallait pas voter à droite...


                            • sisyphe sisyphe 24 juin 2008 16:43

                              Cet article mélange tout allègrement ; l’hygiène, la répression étatique, l’incomodation produite envers les autres, la liberté et l’insalubrité.

                              Puez donc si ça vous donne l’impression d’être libre, mais n’ empuantissez pas les autres.

                              Quant à assimiler la puanteur à l’anarchie, bel abus de sens, qui ferait se retourner dans leurs tombes Proudhon, Bakounine (ce camarade vitamine), Reclus, Makhno et bien d’autres...

                              Que l’on fustige des lois liberticides, entièrement d’accord ; néanmoins la coexistence sociale induit aussi le respect des autres ; ou alors, faut vivre en ermite ; pourquoi pas, mais c’est un choix global.

                               


                              • La Taverne des Poètes 24 juin 2008 16:53

                                Et le lancer de Nagy-Bosca, c’est autorisé ?


                                • fred 24 juin 2008 17:03

                                  Je comprends que Sarko ait plaidé en défaveur du lancer de nains ! lol Je retire ce que je dis. On s’en fout de sa taille. Ce qui est préocupant est à l’intérieur ou plutôt autour de lui. Une chose est sûre : ses sous-vêtements doivent être propres. ce sont ses idées qui blairent...


                                • fred 24 juin 2008 17:01

                                  Merci auteur ! smiley

                                  Tout ce dont vous parlez relève de la "criminalisation du citoyen ordinaire" pour toujours plus de contrôle et d’impunité.

                                  A nous de nous battre non ? smiley

                                  On a le monde qu’on mérite.

                                  Bon allez, je pète un coup pour marquer le coup !


                                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 juin 2008 17:08

                                    Bonjour,

                                    Tout comme vous je m’inquiète énormément de la dérive hygiéniste s’insinuant dans notre société. Et comme vous le précisez fort bien à un moment de votre papier, le langage lui même hélas est touché par ce phénomène de fond.

                                    La démocratie est en train d’étouffer. L’Occident fait peur, non seulement aux civilisations tierces mais aussi envers ses propres ressortissants. Je me souviens de Globalia, un roman de Jean-Christophe Rufin, et je dois avouer que nous ne sommes plus très loin de ce que cet ouvrage dénonce. Je recoupe aussi avec Supercapitalisme de Robert Reich, un ancien conseiller proche de Bill Clinton, démontrant que l’hypertrophie de la finance internationale menace déjà les fondements même de la démocratie.

                                    Parfois je me plais à faire ressurgir cette phrase d’un intellectuel de la Rome Antique qui observait que bon nombre de ses concitoyens fuyaient l’espace Romain pour se réfugier au delà du limes : mieux valait pour eux vivre libres sous une apparence d’esclave que vivre esclaves sous une apparence de liberté.

                                    Cordialement


                                    • Yannick J. Yannick J. 24 juin 2008 17:22

                                      euuuhhh mais ce qui veut dire que dans les milieux anars bientot le signe de rconnaissance en se disant bon jour ce sera :

                                      -salut dédé, ça flatule ?

                                       

                                      bon ok je sors...........


                                      • LE CHAT LE CHAT 24 juin 2008 17:23

                                        heureusement , manquerait plus qu’on m’empêche de manger mon maroilles !


                                        • Tintin Tintin 24 juin 2008 17:47

                                          J’ai une définition toute personnelle de la liberté, pour moi, elle s’arrête la ou commence l’intolérance de l’autre.

                                          L’intolérance est-elle légitime ? La plupart du temps sans doute, puer, faire du bruit, sont des sources de nuisance qu’il est difficile de tolérer. Pour autant, à quoi pourrait ressembler une société sans bruits et sans odeurs ? Une morgue peut-être, sans cadavre évidemment.

                                          Si on mesure le degré d’intolérance d’une société à son nombre de lois, la France arrive facilement en tête de peloton. Bien sûr, toutes les lois ne sont pas explicitement liberticides, elles veulent notre bien, contre notre gré, contre notre responsabilité personnelle, contre nous-mêmes individus imparfaits. La loi veut la perfection, elle doit donc nous détruire.

                                          Dans une démocratie, la loi est l’expression, certes imparfaite elle aussi, de la volonté populaire. En somme notre propre expression d’individus imparfaits. Par notre propre intolérance, souvent légitime, nous développons donc un système qui nous anéantit.
                                           


                                          • Le péripate Le péripate 24 juin 2008 18:40

                                            J’ai adoré cet article, qui a l’immense mérite de faire chier les cons...

                                            Je propose le slogan : je pue, donc je suis.

                                             

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