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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Raoul Vaneigem, le visionnaire oublié

Raoul Vaneigem, le visionnaire oublié

Michel Onfray nous a régalé tout l’été avec sa contre-histoire de la philosophie, mais c’est avec Raoul Vaneigem qu’il a peut-être proposé sa contribution la plus intéressante.

La pensée de Raoul Vaneigem mérite plus qu’un détour, et récemment, sur l’antenne de France Culture, Michel Onfray s’est attardé longuement, lors de ses émissions sur le « traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes générations ». lien

Cet écrivain belge, philosophe, situationniste, révolutionnaire et médiéviste, est l’inventeur de la célèbre formule que l’on a pu découvrir en mai 68 sur beaucoup de murs à Paris, et ailleurs : «  jouir sans entrave  ». lien

Revendiquant un droit d’inventaire pour mai 68, ce fils de cheminot qu’était Vaneigem, s’intéresse aussi à l’irrationnel, tant sur le sujet des « rebouteux  » et autres guérisseurs, que sur celui de la « transmission de pensée », faisant état de leurs réalités, même s’il constate l’absence d’explications plausibles.

L’historien qu’il est aussi s’interroge sur l’image que nos religions ont décidé de faire de Jésus, en nous le proposant en blond, aryen, aux yeux bleus, dans un pays ou la peau est plutôt brune, les yeux sombres.

Dans son livre « La résistance au christianisme  », paru en 1993, qu’il résumera par la suite dans un petit ouvrage (les hérésies/que sais-je), il détaille la construction de ce mythe, affirmant que Jésus n’a pas existé, du moins tel qu’il est décrit dans le Nouveau Testament.

Il assure que le village de Nazareth (village qui serait le lieu de naissance du Christ) n’existait pas au moment de l’histoire racontée, ne comprend pas comment ce dernier aurait pu dialoguer avec Ponce Pilate puisqu’ils ne parlaient pas la même langue, et il fait un travail précis de mise en perspective des évangiles, mettant en évidence qu’elles sont totalement contradictoires les unes avec les autres.

Au delà de sa réflexion sur la religion, Vaneigem défend surtout un autre modèle social.

Prônant la haine de ceux qui haïssent le vivant, et défendant l’amitié communautaire, il fait l’éloge de l’animal, de la nature, dénonçant la chasse en tant « qu’exercice de guerre en temps de paix  », remarquant que dans les temps anciens, à l’époque des « cueilleurs », la guerre n’existait pas, que l’apparition de la chasse et de la propriété sont des vecteurs de violence et que la pratique du dressage est liée à cet instinct de mort qui nous habite, puisqu’il est avant tout porteur de souffrances.

Il s’en prend aussi aux intellectuels, ces hommes qui « mettent une bibliothèque entre eux et le Monde  », leur préférant « l’intuition, l’intelligence animale  ».

Il fait l’impasse sur la violence, croit à la nécessité du triomphe du « bien » et alors que les évènements de mai commencent, provoquant l’arrivée d’intellectuels qui jusqu’à présent s’étaient fait remarquer par leur absence, il s’en va en douce compagnie, prendre du bon temps en Espagne.

Il affiche sa différence avec Guy Debord, alors que le situationnisme de ce dernier vouait un culte à la pulsion de mort, Raoul Vaneigem lui préfère la pulsion de vie. lien

Récemment encore, il participait à l'insolent journal « Siné Hebdo », devenu en Juillet dernier « Siné Mensuel ». lien

Ce citoyen hors norme, qui explique dans l’un de ses billets, pourquoi il ne vote pas, ne cesse de passionner par la clairvoyance de sa pensée.

Faisant le constat que la démocratie actuelle n’est qu’un leurre, il réclame dans l’hebdo satirique : « une assemblée de citoyens qui choisisse des délégués pour défendre ses revendications, leur donne mandat de les représenter et leur demande de rendre compte du succès ou de l’insuccès de leur mission, voila ce qui constitue une véritable démocratie ».

Il dénonce «  ceux qui escroquent le bien public, se servent des taxes et des impôts (…) pour renflouer les malversations des banksters, gèrent, au mépris des patients, les hôpitaux comme des entreprises à rentabiliser, privilégient l’enseignement concentrationnaire et construisent des prisons et des centres fermés au lieu de multiplier les petites écoles, soutiennent les mafias agroalimentaires qui dénaturent la nourriture, bousillent les secteurs prioritaires  » et il plaide pour une démocratie directe. lien

Mais revenons au livre majeur de Raoul Vaneigem, son « traité du savoir vivre à l’usage des jeunes générations » publié le 30 novembre 1967 par Gallimard, après de multiples hésitations.

Michel Onfray le décryptait le 28 aout 2013 sur l’antenne de France Culture.

Sur la question du travail, Vaneigem propose que nous soyons « maîtres sans esclaves », reprenant la pensée de Nietzsche qui écrivait : « il m’est odieux de suivre, autant que de guider », et il préconise que la révolution soit dans le détail de notre vie quotidienne, refusant le principe de la délégation de pouvoir.

Critiquant toutes les dictatures, autant celle des bolchéviques que celles de Cuba, et les autres bien sur, critiquant toutes les gauches, affirmant que toutes les révolutions ont trahi, de 1789 à mai 68, Vaneigem regrette que si cette dernière révolution voulait la destruction du vieux monde, elle ne se soit pas préoccupée d’en mettre en place un nouveau.

Son programme de société est clair : il préconise le gout de la vie, l’exploration du vivant, la générosité humaine, la création de soi, qu’il oppose au fétichisme de l’argent, à la volonté de pouvoir…

Pour réaliser ce choix, il évoque l’insurrection pour la vie, critiquant la survie, la vie mutilée, le travail sans intérêt, l’entassement dans les transports en commun, dans les immeubles, les petits salaires, le piège de la consommation qui nous aliène au marché, l’endettement pour posséder, l’accumulation des objets, concluant qu’on finit par mourir sans jamais avoir vécu, sans avoir eu de désir, de plaisir, nourrissant la religion par notre aliénation, puisque l’on croit en Dieu parce qu’on a pas les moyens de croire en soi, investissant un « au-delà », car incapables de vivre un « ici-bas ».

Il veut en finir avec la religion, mais aussi avec toutes les religions, dont le communisme fait partie, puisqu’il est aussi une forme d’ascétisme.

Cette société, pour Vaneigem, nous encourage au sacrifice, demandant que nous renoncions à nous-mêmes, au profit du progrès, du parti, de Dieu, dans une logique de servitude volontaire.

En résumé, pour cette société du spectacle, dénoncée par Debord, il suffit de paraitre au lieu d’être, alors que ce qui est important, ce n’est pas la « quantité de vie », mais sa qualité, sa densité.

« Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui » écrira au début de son ouvrage le philosophe, phrase qui sera quelques mois après au cœur des évènements de mai. lien

Il préconise la fête permanente, et non pas la fête de fin de semaine en attendant le lundi, le travail toute une année en attendant les vacances, ou toute une vie en attendant la retraite

Mais la société veut l’ordre, la soumission, l’obéissance, et non son contraire.

Il fait aussi l’éloge du don, sans contrepartie, car donner, dit-il, c’est une subversion puisque la gratuité est subversive.

Il défend aussi « une microsociété dont les membres se seraient reconnus sur la base d’un geste, d’une pensée radicale, et qu’un filtrage théorique serré maintiendrait dans un état de pratique efficace permanent. Un tel noyau réunirait toutes les chances de rayonner un jour avec suffisamment de force pour libérer la créativité du plus grand nombre des hommes ».

Avec le recul, on réalise à quel point Vaneigem avait compris, avant pas mal d’autres, à quel point Mai 68 allait bouleverser le monde, puisque il évoquait, lors d’un entretien avec Laurent Six, dans le livre de ce dernier (éloge de la vie affinée/éditions Luce Wilkin) : « le refus du travail, le refus du sacrifice, de la culpabilité, de la hiérarchie, du refoulement et du défoulement, dénonçant la fonction déshumanisante de l’économie », plaidant pour « le caractère inséparable de l’amour et de la révolution, pour l’émancipation conjointe de la femme, de l’enfant et de la nature  ». lien

Pour autant, il se refuse d’être un maître à penser, de fonder un parti, de se poser comme exemple, ou d’offrir un modèle en quoi que ce soit, et pourtant, c’est ce qui va arriver, puisque Guy Debord va largement reprendre les thèses qu’il défend.

Ce philosophe visionnaire qu’était Vaneigem n’était fort heureusement pas seul à avoir compris ce qui allait se passer après 68 : Guy Hocquenghem, avait dénoncé en son temps « ceux qui sont passés du col Mao au Rotary », en établissant la longue liste de ceux qui sont passés par la case reniement, citant BHL, Cohn Bendit, Finkielkraut, ou Bruckner. lien

Aujourd’hui, alors qu’il vient d’avoir 89 ans, les idées de ce philosophe libertaire sont plus que jamais d’actualité.

Comme dit mon vieil ami africain : « l’homme du désir périt avec ce qu’il désire  ».

L’image illustrant l’article vient de « larevuedesressources.org »

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

à découvrir : Les graffitis de mai 68


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77 réactions à cet article    


  • morice morice 2 septembre 2013 10:05

    son « Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations » devrait être obligatoire comme lecture !



    • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 11:11

      merci morice d’avoir proposé ce lien qui permet de découvrir la lecture de ce texte incontournable.

      je le remet sur ce lien

    • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 13:48

      essai

      j’aime bien vos formules toutes prêtes.
      elles pourraient être jugées agaçantes parce que brut de décoffrage, et surtout un peu répétitives, mais c’est marrant.
      à bientot ?
       smiley

    • La mouche du coche La mouche du coche 2 septembre 2013 16:16

      Hum. Il a une bonne tête d’ivrogne, votre héros. smiley


      Je ne vois absolument pas l’intérêt de promouvoir les idées de ce monsieur. Toutes ses idées soixantuitardes sont déjà partagé par TOUT le monde et même Onfray constate que la société s’effondre. 

      Il aurait mieux fallu étudier l’inverse : en quoi ces idées d’apparence très sympas sont en réalité dévastatrices et très justement définies comme sataniques par toutes les religions. 

    • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 17:59

      la mouche du coche

      vous me surprenez.
      d’abord, je ne constate pas que les idées soixantuitardes soient reprises par une majorité de citoyen ?
      ensuite, l’ivrognerie de notre philosophe n’est pas un secret, puisque lui même l’a évoquée, et que celà faisait partie de la logique des situationnistes, Debord en tête.
       smiley

    • soi même 2 septembre 2013 19:35

      On voit tous de suite que pour certain le lire cela à servie à rien, Troll un jour Trollybus pour toujours !


    • gaijin gaijin 2 septembre 2013 10:35

      il a l’air bien sympathique ce monsieur
      je me permettrais juste une observation :
      " remarquant que dans les temps anciens, à l’époque des « cueilleurs », la guerre n’existait pas, que l’apparition de la chasse et de la propriété sont des vecteurs de violence « 
      là ou on en est de notre connaissance de ce lointain passé il ne semble pas y avoir eut d’époque de cueilleurs exclusifs
      la guerre serait plutôt apparue au néolithique liée a 2 » évolutions " :
      l’ existence de stock de nourriture et le début de la notion d’accumulation de biens d’une part
      la domestication des chevaux d’autre part ( qui permettaient se barrer rapidement avec le butin )


      • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 11:09

        gaijin

        pourtant l’historien qu’était aussi Vaneigem semble formel : toute la période des cueilleurs aurait été marquée par l’absence de violence.
        il donnait dans son livre l’explication, confirmée par d’autres historiens, qu’il n’aurait pas été trouvé trace de violence, blessures par flêche ou autre sur le moindre squelette de cueilleur...
        à suivre donc.
         smiley

      • gaijin gaijin 2 septembre 2013 13:00

        olivier
        oui mais depuis nos connaissances ont beaucoup évolué
        pour retrouver un stade cueilleur exclusif il faut remonter bien avant le genre homo et toute utilisation d’outils
        si on observe nos cousins chimpanzés ( qui ont la structure politique la plus proche de la notre ) :
        ils utilisent des batons et sont capables de se mettre a plusieurs pour s’acharner sur un intrus et le tuer
        il est donc probable que dans notre espèce aussi l’aptitude a la violence soit très ancienne
        la guerre est un autre usage ( plus organisé ) de la violence qui a priori n’apparait qu’au néolithique.

        je crois qu’il faut renoncer au mythe de du bon sauvage
        cela dit il n’est pas interdit d’évoluer et de se dire que foutre sur la gueule de son voisin pour lui piquer sa bouffe n’est pas une activité très sympathique
        et qui sait ça pourrait nous permettre de passer du stade de singe sapiens a un véritable stade humain .........
        ( on n’est pas rendus mais on peut toujours rêver )


      • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 13:51

        gaijin

        merci d’ouvrir cette porte à la discussion.
        je vais de ce pas m’employer à fouiller un peu le passé, histoire de voir si Vaneigem avait raison, ou tort.

      • gaijin gaijin 2 septembre 2013 15:05

        sur la question des origines on « sait » très peu de choses je ne sait plus quel paléontologue disait que tous les fossiles de la lignée humaine tiendraient sur une seule table ......
        pour boucher les trous on observe ce que l’on connait des chasseurs cueilleurs c’est plus clair
        comme le dit essai villista le pnume les papous sont pas sympas mais pas loin de là les aborigènes australiens ne semblent pas avoir développé le concept de guerre ( même s’ils connaissent les armes de chasse )
        certaines civilisation antique semblent avoir été principalement pacifiques ( on n’a en tout cas pas de traces d’armes ou de conflits )
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohenjo-daro
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Caral
        http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_J%C5%8Dmon
        comme quoi c’est possible


      • Pyrathome Pyrathome 2 septembre 2013 12:34

        Salut Olivier !

        « ceux qui sont passés du col Mao au Rotary », en établissant la longue liste de ceux qui sont passés par la case reniement, citant BHL, Cohn Bendit, Finkielkraut, ou Bruckner.....
        .
        D’autres sont passé du col Mao directement à la chemise brune.....

        En ce qui concerne Fukushima, rien ne va plus...

        http://www.slate.fr/life/77162/fukushima-cauchemar-eau-radioactive-aggrave
        ..


        • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 13:53

          salut Pyra

          oui effectivement à fuku, on est passé de l’incontrolable à l’improbable.
          mais on devine le probable assez facilement
          j’ai un article en cours
          ton aide, et celle d’autres me sera nécessaire.
          je crois qu’ils n’ont pas compris (ou fait semblant) ce qui se préparait.
          quel merdier.
          à+

        • Loatse Loatse 2 septembre 2013 12:52

          Bonjour Olivier,

          C’est très tendance de mettre à bas les mythes de faire tomber certaines idoles de leur piedestal (Freud par exemple) et c’est tant mieux quand ca permet d’avancer et d’approcher au plus près la vérité (si tant est qu’on puisse la connaitre un jour) mais voilà, le risque est de trop en faire, de ne pas approfondir et in fine, de jeter le bébé avec l’eau du bain...

          C’est ce qu’il advient lorsqu’on se retrouve devant ce qui semble être une inexactitude, une erreur de traduction ? telle que la naissance de jésus à Nazareth...

          D’après Robert Ambelain et Gérard, les auteurs grecs puis latins auraient commis un terrible contresens. Jésus dit « le Nazôréen » serait en fait « naziréen » et donc le plus illustre des nazirs. Rappelons que, dans l’hébreu classique, non vocalisé, les voyelles sont représentées, au mieux, par de simples points, chacun de ces points pouvant donc être traduit par a, e, i, o, u – d’où, la controverse sur le nom Y.H.V.H, que certains traduisent par « YaHVéH » et d’autres par « JéHoVaH ». En ce qui concerne n.z.r, ce nom et qualificatif ne viendrait pas de la ville de Nazareth, mais plutôt, comme dit ci-dessus, du mot « nazir », qui désigne une personne pieuse ayant prononcé les vœux de nazirat. Le nazirat, à cette époque, connaissait un regain de faveur, et il y aurait eu en Israël des groupes de naziréens, en particulier les disciples de Jean-Baptiste dont il existe encore aujourd’hui des adeptes.

          Quand au dialogue avec Ponce Pilate, qui nous dit qu’il n’y avait pas un traducteur (araméen - latin) présent ? Fait on état de la présence d’un traducteur dans les débat entre chefs d’états étrangers aujourd’hui ? pourquoi n’en serait il pas de même dans les récits blbliques ?




          • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 13:58

            loatse

            loin de moi de tenter de me mettre en harmonie avec les « tendances »
            mais j’ai vraiment apprécié la pensée de Vaneigem, comme tu as pu le remarquer.
            bon, sur l’histoire de Jésus, je comprend qu’elle puisse déranger, il y a tant de certitudes...
            mais historiquement, sur quoi sont-elles basées ?
            pas grand chose je le crains.
            après, on peut imaginer que, le temps aidant, les propos, les situations, aient été déformés, mais tout de même, constater (comme je l’avais fait avec d’autres) ces contradictions étranges entre les 4 apotres principaux (il suffit de lire le nouveau testament), il y a matière à s’interroger.
            je crois bien que je vais proposer sous peu un article sur le sujet, avec ton aide, et celle d’autres, si tu le veux bien.
             smiley

          • Deneb Deneb 2 septembre 2013 15:06

            La thèse mythiste gagne du terrain pour ma plus grande satisfaction. J’étais assez atterré quand j’ai appris qu’en France on enseignait à l’école publique que Jésus serait un personnage historique avéré, bonjour la laïcité ! Comme quoi, l’Histoire enseignée en France, comme d’ailleurs dans tout autre pays, c’est souvent du n’importe quoi, plutôt que des faits, on privilégie ce qui arrange les institutions, la rigueur scientifique on s’en fiche un peu.


          • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 15:16

            Deneb

            il serait grand temps qu’on laisse les religions dans les églises, et non pas dans les gouvernements, ou les écoles...
            ça éviterait ce qui se passe aujourd’hui en Egypte, Tunisie, et ailleurs.
            la farce de l’école « libre » a fait long feu, et je ne comprend pas qu’un état subventionne les écoles religieuses ?
            ceci dit, je respecte toutes les croyances, tant qu’elles ne m’empêchent pas de vivre la vie que j’ai choisi.
            merci de ton commentaire

          • Deneb Deneb 2 septembre 2013 15:30

            Olivier, vous respectez toutes les croyances, pour ma part je respecte les croyants, mais leur croyances, je n’y arrive pas pour une simple raison : elles sont contradictoires entre elles : ainsi, pour respecter l’Islam, on devrait ne pas respecter le judaïsme (sauf, bien sûr, s’il paie sa dime). Je vous signale aussi que les nazis croyaient fermement à la supériorité de la race aryenne (c’étaient des bons aryens, sans doute), pour n’exposer que ces deux exemples. Le respect des croyances inscrit dans les principes de la laïcité à la française est pour le moins énigmatique.


          • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 18:05

            Deneb

            joli débat que vous lancez
            perso je crois plus à des interprétations irrecevables de nombreuses religions des textes anciens,
            ce que défendent certains musulmans n’est pas dans le Coran : notamment au sujet de la place des femmes...
            tout comme ce que défendent les catholiques n’est pas dans la Bible.
            le rôle de Marie est, par exemple, quasi absent dans ce livre.
            et quid des marchands du temple ?
            dans le texte biblique, la « maison de Dieu », l’église donc, ne devrait comporter aucun ouvrage d’art, ni peintures, ni sculptures... être le lieu de refuge des plus pauvres.
            que se passerait-il si des SDF décidaient de s’y installer ?
            je vous laisse deviner.

          • Deneb Deneb 2 septembre 2013 20:59

            Interprétations irrecevables des textes anciens, oui, c’est possible, Mais ce qui est probable, c’est qu’au moment où ces textes sont écrits, très peu de gens étaient lettrés, tout ce qui était écrit était donc presque automatiquement sacré. Que l’on y trouve de la sagesse, peut-être, mais dans la même proportion que la bêtise. Régler sa vie sur des écrits d’il y a des millénaires à l’époque où des humains pratiquaient encore le cannibalisme et où la pédophilie était la règle, la vie humaine n’avait aucune valeur sauf celle de se sacrifier pour le souverain … De plus, les écrits les plus pertinents, dérangeants et subversifs ont été systématiquement détruits.

            Le rôle de la femme dans le christianisme est singulièrement réducteur. Marie, c’est Paul, l’inventeur du crucifix, qui en a fait une figure, sa secte avait besoin d’un symbole feminin, on l’a fait mère et vièrge, (on s’en fout, on n’est pas à une incohérence près...)

            La place des femmes est bel et bien déterminé aussi dans le Coran : (IV, 38) : "Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises."

            Voyez, Olivier, soit on respecte la femme libre, soit la croyance islamique, les 2 ce n’est pas possible. Je ne dis pas que je n’aime pas les femmes joliment soumises pour la bagatelle, mais pour vivre avec, je la préfère libre, les soumises on s’en lasse très vite (expérience personnelle)

            L’Eglise a compris très tôt qu’il faille monopoliser l’esthétique, sans Bach ou Michel-Ange elle n’existerait plus aujourd’hui . Il fallait bien un truc pour attirer le bigot. Qu’il y ait aujourd’hui les SDF qui s’y réfugient parfois, encore heureux. Et dans les mosquées ou synagogues, comment traite-t-on les SDF ?


          • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 21:15

            merci Deneb de cette analyse pertinente.

            je la partage globalement.

          • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 14:24

            bonjour soleil

            heureux de partager avec toi mes sentiments sur ce philosophe 
             smiley

            • alinea Alinea 2 septembre 2013 14:51

              C’est un pote à moi ! smiley


              • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 15:17

                Alinea

                je m’en doutais un peu.
                 smiley

              • Loatse Loatse 2 septembre 2013 15:36

                J’attend avec impatience ton prochain article, olivier...

                Pour en revenir aux lignes directrices de cet écrivain dont tu nous parles... je suis mitigée là.. surtout lorsque je lis :

                « Il préconise la fête permanente, et non pas la fête de fin de semaine en attendant le lundi, le travail toute une année en attendant les vacances, ou toute une vie en attendant la retraite »...

                Me suis toujours demandée pourquoi mai 68 n’avait pas débouché sur un changement de paradigme, un autre modèle sociétal.. C’est peut être dans ce tout festif que se trouve le noeud du problème... comme si nous n’avions le choix qu’entre un abrutissement ( entre autres travail répétitif et aliéant en usine ou l’on ne suit pas sa fabrication du début à la fin) et le rejet de l’ordre établi qui assure une cohésion à nos sociétés... Le nombre de babas cool qui sont revenus de leurs trips écolos en lozère est là pour en faire foi..

                Bref il m’apparait nécessaire de « s’entraver » quelque peu... notamment dans certain domaine ou l’etre humain n’est plus qu’un objet de consommation. Alors qu’il se pense libre il ne fait que reproduire ce qui l’a asservi, un monde jetable fait d’objets jetables, de salariés et de peuples interchangeables..

                C’est certes à la sueur de leurs front que les hommes ont construits des cathédrales, mais ils n’oubliaient pas de faire la fête, tels les paysans une fois finis les moissons afin de célébrer l’oeuvre commune (familles, voisins, tout le monde mettait la main à la pâte à tour de rôle).. Quelle saveur que ces fêtes là qui couronnaient l’effort et récompensaient le travail accompli.. ! (souvenir d’enfance,)

                mais notre monde a changé, on construit utile (fini les immeubles hausmanniens), l’homme vit séparé de la nature dans des tours de bétons, nous sommes 7 milliards de sans terre demain le double et le travail se fait rare tandis que les ressources s’épuisent...

                Impression d’être dans un train lancé à pleine vitesse... avec au bout de course un mur.. sauf prise de conscience collective et marche arrière...

                Après pour en revenir à ce festif auquel l’auteur est si attaché, il en existe plusieurs formes dont celui de Francoise Dolto auquel j’adhère : « chaque rencontre est une fête ! »... celui de la nature qui explose en bouquets de couleurs parfumées...et à laquelle nous pouvons nous ressourcer...

                celui aussi de ces paysans, vêtus de leurs habits du dimanche qui partageaient le pain béni (pas l’hostie) dans cette petite église... coeur de la communauté ou étaient célébrés mariages et enterrements..joie commune, peine commune...

                Pourquoi vouloir faire table rase de ce qui unit les hommes ?









                • alinea Alinea 2 septembre 2013 16:54

                  Ah Loatse ; cela mérite plusieurs chapitres...
                  La fête au quotidien ne veut pas dire faire la fête, mais faire fête de tous actes du quotidien !
                  L’effort, l’engagement, la responsabilité, s’ils ont leur lot de dureté n’en possèdent pas moins leurs récompenses, non ? Et qu’est-ce que cela veut dire : honorer ses engagements fait partie de la liberté :
                  aucun travail n’est pénible s’il est fait librement , ça c’est pas de lui mais de moi ! car la pénibilité, l’effort, le dépassement de soi participent de la liberté et de la réalisation de soi : la fête est au bout de l’effort, en vrai au bout des travaux collectifs, repas beuverie si on veut, ou bien repos et plénitude après ses travaux personnels...


                • gaijin gaijin 2 septembre 2013 17:29

                  « Me suis toujours demandée pourquoi mai 68 n’avait pas débouché sur un changement de paradigme, un autre modèle sociétal.. »
                  parce que le changement ne se décrète pas !
                  il demande un travail pour aboutir a une prise de conscience plus profonde seul moyen de parvenir a une « maitrise » de nos nos instinct et fonctionnements mentaux
                  la paix ne se décrète pas
                  ni l’amour

                  seule la guerre se décrète.

                  c’ est pour ça que les anciens utopistes ont pour la plupart réintégré la troupeau.


                • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 17:50

                  Loatse

                  tu ouvres la possibilité d’un champ de réflexion assez vaste.
                  tout comme en 1789, la révolution attendue en mai 68 a été très vite vidée de sa substance.
                  la faute à qui ?
                  en 89 on sait que cette révolution avait été téléguidée par la mouvance bourgeoise, laquelle avait armé le peuple, pour se débarrasser du pouvoir royal, suite au renvoi de Necker (pour faire court)
                  en 68, la faute aux syndicats assez naïfs pour le coup, qui ont accepté de rentrer dans les rangs en échange d’une grosse augmentation du smic, lequel a été très vite compensé par une dévaluation qui a annulé encore plus vite les effets de cette augmentation.
                  bien loin des préoccupations des 68arts...
                   smiley
                  ceci dit, la graine avait été semée, et aujourd’hui, on sait qu’une autre société est en train de se mettre en place, avec le refus de l’obsolescence programmée, le partage en réseau, et tout le reste, sans attendre des décisions politiques.
                   smiley

                • Loatse Loatse 2 septembre 2013 21:40

                  @Alinéa

                  Nous sommes déjà dans une société vouée à l’hédonisme, à laquelle tout devient irritation et supplice
                  (je cite bruckner là, dans son essai sur le devoir de bonheur intitulé « L’euphorie perpétuelle »...)

                  et donc pour être dans cet etat d’esprit festif permanent, il me faudrait me couper du monde (éteindre ma télé, ne plus consulter les sites d’informations), me gaver d’anti depresseurs ou me saouler pour transformer l’enterrement d’une amie (cette semaine) en évènement festif, me blinder contre la tristesse, le chagrin, le desespoir parfois...tout ce qui jalonne nos existences et qu’on ne peut fuir sauf à se leurrer..

                  cette facon de voir le monde me semble utopique et dangereuse...


                • Loatse Loatse 2 septembre 2013 21:53

                  exact, Gadjin.. il manquait encore « des marches » pour parvenir au palier supérieur... sans doute l’enthousiasme a permit de croire que l’on pouvait en faire l’économie..

                  Mais quel beau feu d’artifice tout de même ! smiley


                • gaijin gaijin 3 septembre 2013 08:18

                  loatse
                  oui sans doute ( je n’ y était pas )
                  mais je crois qu’il nous reste de cette période une sacrée gueule de bois ! 

                  je suis de la génération d’après et j’ai beaucoup côtoyé les anciens ( ceux que j’appelle les rescapés de 68 ) quelques uns ( les plus rares ) s’en sont sortis et ont poursuivi une évolution personnelle la grande masse s’est noyée dans le consumérisme et les autres continuent a courir après leurs illusions
                  mais tous ou presque sont figés dans un nombrilisme adolescent .

                  la boisson, les drogues, la sexualité libre, peuvent être des portes d’évolution s’il y a derrière un véritable élan spirituel, sinon ce n’est que de la dissipation vaine qui même a l’abrutissement et a l’érosion de la sensibilité.

                  c’est très bien les feux d’artifices mais comme disais satprem après « il faut bien tailler son chemin pas à pas dans le noir »


                • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 2 septembre 2013 16:39

                  Oui, Olivier, le personnage est sympathique mais la question du « sacré » peut difficilement être évacuée d’un simple revers de main. Même les fêtes étaient toujours liées à la sacralité, en rapport avec les cycles de la nature. Sinon, d’accord pour se libérer de l’infantilisation par l’Etat et des rapports de domination de toutes sortes, mais je suis plus intéressé par les méthodes réelles que par les propositions abstraites. 


                  Onfray a justement fait entendre de très bonnes conférences sur France-Culture cet été, notamment sur les impostures et l’impuissance du communisme idéologique. 

                  • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 17:52

                    Gaspard

                    d’accord en partie bien sur.
                    sauf qu’aujourd’hui on constate que la graine de mai 68 a germé, et qu’une autre société est en train discrètement de se mettre en place, avec le souci de se rapprocher de l’autarcie, dans une logique de partage, comme je l’ai expliqué récemment dans plusieurs articles.

                  • Vipère Vipère 2 septembre 2013 17:34

                    Bonjour Olivier smiley


                    Tout comme vous, j’ai écouté ces émissions sur France-Culture qui méritent d’êtres saluées ! Et Michel Onfray était, ma foi, fort pertinent de citer Raoul Vaneigem !

                    Etre visionnaire, c’est simple et compliqué à la fois et ce bonhomme dans le sens positif du terme, excellait dans ce domaine, puisque ses théories philosophiques sont d’une justesse étonnante ! 



                    • olivier cabanel olivier cabanel 2 septembre 2013 17:53

                      Vipère

                      en phase avec ton commentaire.
                      je partage et remercie.
                       smiley

                    • soi même 2 septembre 2013 19:45

                      Salue, olivier l’ébonite, t’as le droit de te faire plaisir, mais avoue l’artiste ne casse pas la patte à un canard !, il y a comment même un plus sérieux que jouir sans entrave ?

                      Onfray est à la philosophie ce que BHL est à politique, des sous produits de Mai 68  !

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