Il est temps d’avoir une véritable réflexion nationale sur le creuset républicain que constitue la nation. C’est ce qu’a proposé François Bayrou sans aucune volonté de récupération et avec un souhait farouche d’unité nationale : « Faire grandir la compréhension entre les Français, les citoyens, en tirant par le haut le débat politique ».
La plupart des candidats à l’élection présidentielle ont marqué un temps de pause dans leur campagne pour accuser le coup de l’émotion immense suscitée par la tuerie de Toulouse, l’assassinat de sang-froid de trois enfants et quatre adultes à Toulouse et à Montauban les 11, 15 et 19 mars 2012. Le lendemain a vu cependant démarrer une polémique qui paraît de fort mauvais goût.
De horrible à ignoble ?
À l’origine, sur France 2 le 20 mars 2012, Alain Juppé a affirmé : « Ce qu’il y a de bien dans la classe politique française, c’est que, jusqu’à aujourd’hui, elle a réagi avec dignité et dans un esprit d’union nationale. Alors, n’ajoutons pas l’ignoble à l’horrible. N’essayons pas de tirer parti dans un sens ou dans l’autre, dans quelque direction que ce soit, de ce drame qui n’a rien à voir avec la campagne électorale naturellement. ».
Alain Juppé a évidemment raison lorsqu’il a souligné qu’aucun candidat ne se distingue dans la réaction à avoir face à une telle barbarie, émotion, condamnation, compassion. En revanche, en critiquant implicitement les déclarations qu’a faites François Bayrou à Grenoble dans un discours le 19 mars 2012 devant deux mille personnes, je considère qu’il s’est trompé de cible, d’autant plus que le mot "ignoble" est très fort.
Sans s’être senti visé par ces propos, François Bayrou a réagi en ces termes : « Ces mots-là sont excessifs. Qui ne voit que la société française est malade ? Il faut que ce sujet du racisme, de l’antisémitisme soit traité et que cela cesse. Tout ce qui touche à la société française doit être pris en compte dans la campagne présidentielle. ».
Après de longues interrogations et après s’être rendu sur les lieux du carnage, François Bayrou avait en effet décidé de maintenir finalement son meeting à Grenoble dans la soirée. Il a voulu respecter ceux qui s’étaient déplacés pour s’y rendre mais il n’a pas voulu en faire un meeting électoral à proprement parler mais plutôt un partage d’émotion et de réflexions sur l’acte terrible qui a endeuillé la France entière le matin même : « C’est pour moi une très importante réunion de réflexion nationale. ».
Ils roulent comme une avalanche
Et qu’a dit François Bayrou à Grenoble ?
Qu’il était très inquiet de l’évolution de la société française où des actes isolés de haine communautaire deviennent de plus en plus fréquents : « Ce type de folie s’enracine dans l’état d’une société et ce qui me frappe depuis longtemps, c’est que dans la société française, ce type d’atteintes, d’attentats, d’actes se multiplient. » en rappelant la vie quotidienne de la communauté juive : « des injures, des menaces, des cocktails Molotov et des écoles obligées de vivre derrière des portails blindés ».
Pour François Bayrou, ce climat de haine va croissant : « Il y a un degré de violence, de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, et c’est purement et simplement inacceptable. ».
Sans viser un candidat particulier, François Bayrou a développé assez crûment : « Le fait de montrer du doigt les uns et les autres en raison de leur présence dans le pays, de leur origine, de leur situation sociale, c’est d’une certaine manière faire flamber ce genre de passion, ce genre de sentiment. (…) Attention, ce n’est pas un bon service à rendre à la société française que de passer son temps à opposer même artificiellement, même électoralement, les gens les uns aux autres. ».
Il a explicité en pesant ses mots : « On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots et ces mots-là, après, ils roulent comme une avalanche et quelquefois, ils tombent sur des fous. ».
Ce sont nos enfants
Cet état de sensibilité de la société rend encore plus criant le besoin d’unité nationale : « Notre responsabilité (…), c’est au contraire, au lieu d’attiser les passions, de faire baisser les passions, au lieu de nourrir les affrontements, de cultiver la compréhension réciproque. Et c’est très important dans les temps de crise que nous vivons parce que les temps de crise rendent les hommes plus fragiles et les sociétés plus encore. ».

François Bayrou a précisé aussi l’importance de voir dans cet acte de barbarie une attaque à la notion la plus profonde de la nation, assimilée à une grande famille : « Ce ne sont pas les enfants d’une communauté particulière, ce sont nos enfants, ce sont les enfants de France, sur le sol de France. Ce n’est pas une partie de la nation qui est atteinte, c’est toute la national qui est atteinte. C’est une famille un pays, et on le sent mieux aujourd’hui qu’à n’importe quel moment. (…) Il n’y a qu’une seule réponse, c’est que l’on se serre les coudes et que l’on s’entraide les uns les autres. (…) Tout le monde sent bien maintenant, dans les moments graves que nous vivons, qu’au fond, pour s’en sortir, il va falloir que l’on accepte d’être ensemble au lieu d’être perpétuellement les uns contre les autres. Et ceci n’est pas un message électoral, c’est un message national. ».


| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Lisez, lisez......il en restera toujours quelque chose .......
29/03 00:51 - ReflexionsEt le faux pas de Bayrou consiste à exploiter de manière bassement électoraliste (...)
23/03 15:46 - francje pense pas que Bayrou ait voulu dire la même chose que ce que j’ai développé dans mon (...)
23/03 15:11 - francMon pauvre ami, il n’y a aucun rapport entre les théorie débiles de l’extrême (...)
22/03 23:22 - epapelL’affaire est loin d’être terminée, il va bien falloir que le gouvernement (...)
22/03 23:15 - epapel
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération