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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Uranium appauvri, crime contre l’humanité

Uranium appauvri, crime contre l’humanité

Pour le 24° anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le groupe “Sortir du nucléaire Lot” et l’association “Gramat Information Citoyenne” organisaient vendredi 23 avril à Gramat une rencontre-débat avec Alain Acariès, secrétaire général d’Avigolfe.


Alain Acariès à Gramat, le 23 avril 2010

Vous pouvez écouter l’enregistrement audio de la conférence disponible ici en ligne

Uranium appauvri, crime contre l’humanité


« On se retrouvera, je ne sais pas où, je ne sais pas quand, mais je sais qu’on se retrouvera ».

Maintien de la Paix durable

Rien n’aurait justifié l’engagement d’Alain Acariès si son fils Ludovic, militaire mobilisé six mois pour l’opération “Maintien de la Paix”, n’était pas décédé d’une “longue maladie” en 1997, quatre ans après son retour de Bosnie. Face au silence de la grande muette, qui ne veut avouer aucun lien entre la pathologie et le service de son fils, Alain Acariès se rapproche en 2001 de l’association Avigolfe qui regroupe les victimes civiles et militaires des guerres du Golfe et des Balkans (Bosnie puis Kosovo) – au point d’en devenir en 2003 le secrétaire général.

C’est donc d’abord un père qui est venu à Gramat expliquer son combat à une quarantaine de personnes attentives, mais aussi un militant venu exposer la réalité de l’usage des armes à uranium appauvri. Ces armes sont bien connues ici, dans le Parc naturel des Causses du Quercy, puisque le Centre d’Études Atomique de Gramat étudie les performances des obus et munitions sur son site de tir à l’uranium (STU), mis en service en novembre 1987, ainsi que sur le site Athéna, installé en 1992 pour étudier l’impact des projectiles UA sur des cibles à une vitesse supérieure à 2.500 m/s. Plus de 1.000 tirs ont ainsi été réalisés depuis au moins 1987 (en 1979, la France avait déjà importé, afin de les tester, une trentaine de projectiles à l’uranium appauvri fabriqués par les américains), et analysés sous de nombreux paramètres, pour le compte de la France, en coopération internationale, et d’autres pays dont l’Angleterre.

Il faut dire que l’UA recèle des intérêts propres à faire tourner la tête de nos chers docteurs Folamour. Les armes à uranium appauvri, popularisées comme “anti-bunker” et vendues comme “frappes chirurgicales”, tirent leur avantage de l’extrême densité du métal UA et de ses redoutables propriétés perforantes et incendiaires. Ses performances, et le fait qu’il soit si abondant et bon marché, confèrent à l’UA une ‘suprématie’ qui justifie son utilisation dans les obus et munitions… au prix d’un silence coupable sur ses ‘inconvénients’ radioactifs et radiologiques.

Produit en énormes quantités par l’industrie nucléaire tant civile que militaire, l’uranium ‘appauvri’ est le résidu du processus d’enrichissement de l’uranium qui servira de combustible à nos centrales et de champignon à nos bombes atomiques. La France dispose ainsi d’un stock de plus de 200.000 tonnes de cet UA, entreposés entre autres à Bessines en Haute-Vienne. Notons que l’uranium appauvri peut aussi être issu d’un retraitement du combustible “usé” des centrales nucléaires et alors contenir du plutonium et d’autres radionucléides, sa dangerosité en est alors considérablement augmentée : la radioactivité du plutonium est environ 200.000 fois plus importante que celle de l’uranium, alors que sa radiotoxicité est environ un million de fois plus grande.

OTAN en emporte le vent

En 1992, l’OTAN publiait un “Manuel sur les principes de sécurité applicables au stockage des munitions et explosifs militaires”. Un chapitre de ce document à "diffusion restreinte" – destiné aux états-majors des armées des pays membres, dont la France – est consacré aux munitions à l’uranium appauvri. On peut facilement déduire des préconisations stipulées pour le stockage de ces munitions, les conséquences liées à leur utilisation.

On peut y lire que « la combustion de gouttelettes d’uranium en fusion s’accompagne d’un jaillissement d’étincelles et de projections permettant à une plus grande partie de la masse de métal de se transformer en une fine vapeur ou une fine poussière d’oxyde, qui en cas d’inhalation, risqueront davantage de pénétrer et de se fixer dans les poumons ». Il faut donc prévenir tout risque d’inflammation des munitions – ce qui arrive pourtant inévitablement lorsqu‘elles sont tirées ! « Il pourrait y avoir des effets radiologiques ou toxicologiques sur les tissus humains lorsque les personnes inhalent la fumée chargée d’oxyde d’UA qui se dégage pendant l’incident ».

En condition réelle d’utilisation, il règne au point d’impact de l’obus une température de 3.000° C. Tous les matériaux solides en présence se transforment alors instantanément en gaz – un phénomène appelé ‘sublimation’ – et se recombinent en alliages de métaux et oxydes d’uranium sous forme de nano particules. Ces minuscules poussières, de l’ordre du millionième de millimètres, pénètrent dans le corps (par inhalation, ingestion ou blessure) par le biais des circulations sanguine et lymphatique. Les rayonnements alpha en particulier vont bombarder les organes sur lesquels les particules se seront fixées. Les premiers organes touchés sont les reins, les poumons, les os, le foie, les ganglions lymphatiques et plus encore le cerveau.

Il est en outre précisé que les oxydes d’UA peuvent être « remués par des agents naturels ou humains, comme le vent ou la circulation ». Les particules radioactives vont, en se disséminant, entraîner cancers et leucémies, naissances monstrueuses chez les populations locales, punies ad vitam aeternam – la durée de vie de ces radioéléments se comptant en millions d’années (la demi-vie de l’U238 est de 4,5 milliards d’années). Le danger concerne tout le monde, non seulement les militaires – il y a encore des forces françaises en Afghanistan ou au Sud Liban – mais aussi les populations civiles, la faune et la flore : « un dépôt important de poussière d’uranium de l’ordre de quelques g/m2 peut avoir un effet toxique sur les plantes et sur le bétail en pâture ».

Ce qui n’a pas empêché l’OTAN, d’utiliser ces armes UA, en 94/95 en Bosnie, puis en 99 au Kosovo, et de voir leur usage se généraliser et se banaliser : Afghanistan, Irak, Somalie, Sud Liban et dernièrement à Gaza. On peut dès lors se demander si la mission de “Maintien de la Paix” justifie de condamner (sciemment ?) des populations et des territoires entiers à perpétuité. Sans oublier les lieux, plus ou moins contaminés, où ces armes sont testées et mises au point, ni le fait que les poussières voyagent à travers la planète au gré du vent.


Le site de tir à l’uranium du Centre d’Études Atomiques de Gramat. PHOTO DIRE LOT
On aperçoit le socle de positionnement de l’arme devant le couloir de pénétration du tir, puis la demi-bulle
métallique blanche de 17 m de diamètre et de 30 mm d’épaisseur où se produit l’explosion.

Des munitions hautement radioactives

Un autre scandale vient plomber le dossier, révélé en 2001 par le professeur Asaf Durakovic, spécialiste américain de médecine nucléaire, lorsqu’il a trouvé dans les urines et les tissus de 16 anciens combattants de la guerre du Golfe, et ceci 9 ans après le conflit, des traces d’uranium 236, matériau qui n’existe pas à l’état naturel. L’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a à son tour reconnu que des traces d’U236 et de plutonium ont été trouvées en 2000 dans des pénétrateurs à l’UA utilisés par l’OTAN au Kosovo. L’amiral Craig Quigley, porte-parole du Pentagone, justifiera le 25 janvier 2001 que « Les traces de plutonium et d’uranium 236 hautement radioactif décelées dans les munitions à l’uranium appauvri tirées au cours des conflits en Bosnie et au Kosovo proviennent de la contamination des usines américaines qui ont fabriqué cet uranium appauvri ». Cet UA provient de l’usine de Paducah, Kentucky, contaminées « durant les années cinquante jusque dans les années 70 » par de l’uranium de retraitement.

Or c’est auprès de la société américaine Nuclear Metals, Inc (aujourd’hui Starmet) que la France s’est fournie, via les sociétés CERCA et SICN, en uranium appauvri pour usiner ses obus flèches. 102 kg ont été ainsi achetés en 1979 (sous la forme de 30 pénétrateurs destinés à être testés), 75 tonnes en 1991 et 1.000 tonnes en 1993. Il en résulte que les obus de 105 mm destinés au char MX30 et ceux de 120 mm prévus pour les chars Leclerc (contenant respectivement 3,6 et 4,8 kg d’UA) sont également contaminés par du plutonium, de l’uranium 236 et d’autres radioéléments. Cette contamination a été confirmée par la Mission Parlementaire d’Information mise en place en 2001 sous le nom « Guerre du Golfe : vérité sur un conflit », qui a obtenu, auprès des laboratoires militaires qui ont analysé ces obus, l’évidence de la présence d’U236.

Face à cette contamination, Bruno Barillot, auteur pour l’Observatoire des armes nucléaires françaises (OBSARM) d’une enquête sur l’uranium appauvri et d’un dossier sur la production des armes UA (téléchargeable en pdf), préconise en 2001 dans un communiqué de presse, que : « les usines de production des flèches à l’uranium appauvri (SICN Annecy et CERCA Romans) ainsi que les sites d’expérimentation des munitions à l’uranium appauvri de Gramat (Lot) et Bourges (Cher) doivent faire l’objet d’une enquête approfondie. De plus, les munitions à l’uranium appauvri produites par la France doivent être démantelées, les flèches à l’uranium étant entreposées définitivement dans un site de déchets radioactifs sous contrôle de l’Agence nationale des déchets radioactifs. Enfin, les personnels civils et militaires ayant participé à la fabrication et aux essais des munitions à l’uranium appauvri doivent faire l’objet d’un suivi médical spécifique ».

À Bourges, la population très inquiète voudrait bien connaître l’origine des cas de cancers dont le nombre serait en augmentation. Plus de 1.500 tirs y ont été réalisés à l’air libre avec ces munitions contaminées. Un missile à l’UA a même été retrouvé début 2010 dans un champ, ce qui laisse croire que les essais continuent encore aujourd’hui. À Gramat, le site de tir à l’uranium appauvri est situé en terrain karstique, au-dessus du gouffre de Bèdes où coule la rivière souterraine des Vitarelles, parcours immergé de l’Ouysse. Cette rivière et ses affluents alimentent en eau potable de nombreuses communes. Le CEA/Gramat avait avoué un tir raté en 1991. La population est là aussi en droit de se poser des questions… et d’obtenir des réponses.


« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre,
ne veut pas voir, ne veut pas parler et ne veut pas agir »

Quand la grande muette fait la sourde oreille

Depuis au moins 1992, le ministère français de la Défense connaît les effets de l’utilisation de munitions à l’uranium appauvri sur les hommes et l’environnement. Des études sérieuses provenant de plusieurs scientifiques démontrent que l’UA est un contaminant spécifique, à cause des radiations de faible niveau produites par les particules alpha qui bombardent les cellules qui les environnent, après inhalation lors d’explosions des munitions à l’UA, ou lors d’ingestion via des aliments précédemment contaminés. L’État français nie pourtant les conséquences sanitaires en ne reconnaissant pas aux vétérans les vraies causes de leurs maladies, ce qui contribue à légitimer l’utilisation des armes à UA sur les terrains de conflits où ces militaires sont engagés.

Les organismes internationaux qui font autorité en la matière ne sont ni neutres ni indépendants et jouent de leur position pour confisquer les analyses sur les effets des armes UA, soit parce qu’ils sont liés avec le lobby nucléaire comme l’AIEA (l’Agence Internationale de l’Energie Atomique), soit parce qu’ils sont largement subventionnés par les pays producteurs, vendeurs et/ou utilisateurs d’armes à l’uranium appauvri, comme l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) ou l’UNEP (le Programme Environnemental des Nations Unies), soit enfin parce qu’ils sont étroitement liés entre eux par des traités militaires, comme l’OTAN (l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) et le comité Finabel (instrument des chefs d’états-majors des armées de terre européennes, qui fait des recommandations face au danger de l’UA). L’ONU elle-même couvre en chef de clan cette conspiration du silence menée par ses organes de tutelle.

L’État français, comme d’autres, se réfugie derrière la non-expertise de ces instances. Ainsi Nicolas Sarkozy, alors candidat à l’élection présidentielle, écrivait en 2007 au Président d’Avigolfe : « Avant d’envisager d’éventuelles mesures spécifiques, je souhaite que la matérialité de pathologies directement liées à ce conflit (guerre du Golfe de 1991) soit établie sans le moindre doute scientifique. Les analyses doivent se poursuivre, tant en France que dans d’autres pays ayant engagé des troupes dans ce conflit. Et, en l’espèce, seules les preuves médicales et scientifiques permettraient une adaptation du code des pensions militaires (…) ». Pourtant, à l’ONU en 2008, la France, les USA et l’Angleterre, confortés par l’abstention d’autres pays de l’OTAN et de leurs alliés, ont voté contre une résolution visant à procéder à des études approfondies pour disculper ou incriminer, une fois pour toutes, l’uranium appauvri. Ce refus de connaître équivaut de fait à… un refus de reconnaître !

Les questions restent ainsi sans réponse. Comme celles soulevées en janvier 2001 par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) dans un dossier remis au ministre de la défense et au gouvernement français (téléchargeable en pdf) et dans un courrier remis aux parlementaires pour la création d’une commission d’enquête afin de faire toute la lumière sur l’adoption par l’armée française des obus à l’uranium appauvri – UA dont elle rappelle les enjeux environnementaux, sanitaires et éthiques. Ainsi la France continue de posséder, et sans doute de vendre, des munitions de ce type au mépris délibéré des traités internationaux, et peut continuer de bafouer le protocole de Genève d’août 1949 qu’elle a pourtant signé, et qui affirme dans son protocole additionnel adopté le 8 juin 1977 : « il est interdit d’utiliser des méthodes ou des moyens de guerre conçus pour causer, ou dont on peut attendre qu’ils causeront, des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel ».

Le courage d’un père, face à l’État et à ses intérêts “supérieurs” – principalement économiques, ne nous leurrons pas – et son obstination à faire avancer une cause juste (cause toujours), a touché au cœur d’autres parents présents ce jour-là à Gramat, et les a convaincus que ce sont leurs enfants et leurs descendants qui souffriront un jour de ce silence entretenu sur l’utilisation des armes à uranium appauvri s’il n’est pas un jour brisé. Un silence, relayé par nos médias et nos institutions, qui vaut complicité.

Le groupe “Sortir du nucléaire Lot
Gramat, le 12 mai 2010

 

> Pour télécharger ce texte (format doc.)

Lettre d’Avigolfe aux députés français
du 25 janvier 2010

Avigolfe, l’association des victimes civiles et militaires des guerres du Golfe et des Balkans, aura dix ans d’existence au mois de juin 2010. Elle enregistre toujours de nouvelles adhésions de personnes atteintes de pathologies plus ou moins graves, en lien avec leurs activités sur les champs de bataille. Elle a acquis la certitude que des militaires français ont pu être en contact avec des sites ou des cibles bombardés par des munitions à uranium appauvri. Les pays de l’OTAN et leurs alliés se sont abstenus ou ont voté contre lorsqu’il s’agissait de procéder à des études approfondies pour disculper ou incriminer, une fois pour toutes, l’uranium appauvri (...)

> à télécharger en format word (4 pages) / en format pdf (2 pages)
Vous pouvez imprimer ce document et l’adresser à votre député.


Pour plus d’informations :

Coalition Internationale pour le bannissement des armes à l’Uranium appauvri
International Coalition to Ban Uranium Weapons (ICBUW) - site en anglais

Site Avigolfe sur le Syndrome des Balkans


Documents et liens sur l’Uranium appauvri

Commémoration des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki



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8 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 19 mai 2010 11:37

    Bonjour,

    «  naissances monstrueuses chez les populations locales, punies ad vitam aeternam » rien n’est plus durable sur notre planète que nos déchets et nos plus graves erreurs. L’éternité rimait avec bonheur avant qu’elle ne soit ternie par la saleté définitive et condamnatoire.

    On avait coutume de voir des enfants se lancer dans des procédures judiciaires pour défendre leurs parents, mais le fait de voir des parents engager des procédures pour la mémoire de leurs enfants témoigne de ce que les conséquences de l’actualité rattrape l’histoire.

    Charly Chaplin s’en était voulu d’avoir traité Hitler par l’humour, ayant ainsi manqué le coche par l’influence que ses films auraient pu faire peser sur l’histoire.


    • fonzibrain fonzibrain 20 mai 2010 11:11

      putain, 3 commentaire pour un sujet aussi grave, c’est ahurissant...



      merci à l’auteur pour ce papier, les nazis c’est nous, c’est con que les occidentaux ne le comprennent pas, ça en fait des coupables, parcequenous sommes libres et que nous ne faisons rien....


      • slipenfer 20 mai 2010 18:08

        Uranium appauvri pour les pauvres
        Uranium enrichi pour les riches
        et décher pour la planète.
        pas dur.
        Vous ferez la liste des nuisances au fur et mesure du
        temps qui passe.
        pétrole mon amour,plutonium chérie,méthanol ou j’ ai la mienne.


        • ubotugy ubotugy 22 mai 2010 16:43

          Très bien merci !

          Je ne comprends pas pourquoi cet article n’est pas noté 100% positif, à croire que certaines personnes se moquent bien de ce qu’elles laissent à leurs enfants, enfin si elles sont encore capables de procréer, vu la situation en cours de ce côté...

          Comme l’écrit fonzibrain : aussi peu de réaction pour un article aussi grave... hallucinant +1

          Les adeptes NO FUTUR réunis ?

           smiley


          • pierrot pierrot 16 février 2013 17:38

            En vérité, cet article n’est pas fondé sur des faits réels.


            • pierrot pierrot 16 février 2013 17:36

              Il est complètement impossible que l’uranium provenant des usines SICN et du CERCA puisse être contaminé par du plutonium.
              Aucune masse de plutonium ne peut rentrer dans ces usines.
              En France, le plutonium n’est entreposé que dans les usines de plutonium soit UP2 et UP3 à La Hague, UP1 à Marcoule et sous forme de combustible à Célestins à Marcoule, Melox à marcoule et dans les installation du CEA/DAM de Valduc ...
              Ce mensonge décrédibilise l’ensemble de l’article.


              • Lablanquie 8 mars 2013 16:55

                Je ne comprends pas votre remarque puisque les sources sont dans l’article.
                Si vous l’avez bien lu, il est écrit au chapitre « des munitions hautement radioactives » que l’UNEP a reconnu que des traces d’U236 et de plutonium ont été trouvées dans des pénétrateurs à l’UA utilisés par l’OTAN au Kosovo - fait confirmé par l’amiral Craig Quigley, porte-parole du Pentagone, le 25 janvier 2001 : « Les traces de plutonium et d’uranium 236 hautement radioactif décelées dans les munitions à l’uranium appauvri tirées au cours des conflits en Bosnie et au Kosovo proviennent de la contamination des usines américaines qui ont fabriqué cet uranium appauvri ». Cet UA provient de l’usine de Paducah, Kentucky, contaminées « durant les années cinquante jusque dans les années 70 » par de l’uranium de retraitement.

                Or c’est auprès de la société américaine Nuclear Metals, Inc (aujourd’hui Starmet) que la France s’est fournie, via les sociétés CERCA et SICN, en uranium appauvri pour usiner ses obus flèches.

                Il en résulte que les obus fabriqués par la France sont également contaminés par du plutonium, de l’uranium 236 et d’autres radioéléments. Cette contamination a d’ailleurs été confirmée par la Mission Parlementaire d’Information mise en place en 2001 sous le nom « Guerre du Golfe : vérité sur un conflit », qui a obtenu, auprès des laboratoires militaires qui ont analysé ces obus, l’évidence de la présence d’U236.

                Reste à voir si l’explication ’officelle’ de la présence de plutonium de cet UA trouve réellement sa cause dans la contamination des usines citées, ou s’il ne s’agit pas plus simplement d’uranium de retraitement, issu du cycle de fonctionnement d’une centrale nucléaire - ce que nous n’affirmons pas dans l’article faute de sources. Le ministère de la défense reconnait cette contamination dans un dossier depuis retiré de son site (le lien original ne fonctionne plus) :

                L’UA  : aspects techniques et utilisation militaire
                Présence d’isotopes mineurs de l’uranium, de transuraniens ou de produits de fission.

                Ces éléments résultent de l’efficacité ou de la pollution des cascades d’enrichissement. Ils peuvent donc constituer des marqueurs permettant de tracer l’origine de la matière. A titre d’exemple, la présence de traces d’uranium 236, voire de traces de plutonium, peut désigner des unités de fabrication de l’uranium métal où a transité de l’uranium de retraitement de combustibles venant de réacteurs nucléaires. En pratique, l’origine de la matière peut être difficile à déterminer, plusieurs scénarios pouvant conduire à une même composition isotopique.

                La France a-t-elle utilisé ces munitions à l’UA au Mali ?
                La question a été posée au ministre de la défense par M. André Chassaigne et par Mme. Joëlle Guarriaud-Maylam (publiée au JO le 24 janvier 2013) : http://www.senat.fr/questions/base/2013/qSEQ130104198.html. La réponse de M. Le Drian ne leur a pas encore été donnée.

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