• jeudi 20 juin 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Alerte aux excès de profits aux Etats-Unis !
8%
D'accord avec l'article ?
 
92%
(40 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Alerte aux excès de profits aux Etats-Unis !

Non, il ne s’agit pas d’un jugement de l’Humanité ou de Jean-Luc Mélenchon, mais d’un article de The Economist qui se penche sur la remontée fulgurante des profits des entreprises aux Etats-Unis, déjà 20% plus hauts qu’en 2007, point le plus élevé depuis la Seconde Guerre Mondiale.
 
La crise, quelle crise ?
 
Le graphique représentant la part des profits des entreprises dans le PIB des Etats-Unis est sidérant. En 2007, ce chiffre avait rejoint les records de 1929, au-delà de 12% du PIB. Ce chiffre avait progressé de 3 à 6% dans les années 1980, avant d’atteindre 9% dans les années 1990. La grave crise de 2008 a fait plonger ce chiffre à 7% (soit encore davantage qu’au début des années 2000) avant de rebondir à près de 15% du PIB cette année, 20% de plus que le pic précédent.
 
L’hebdomadaire anglais souligne que ce sommet aura du mal à être battu car les prévisions de profits des entreprises sont moins fortes pour les trimestres à venir et elles ne parviennent plus à battre aussi facilement les prévisions des analystes. Il y a des raisons structurelles. Tout d’abord, les entreprises se sont adaptées très rapidement à la crise, n’hésitant pas à licencier massivement. Ensuite, il y a la pression des pays émergents qui limite les revendications salariales.
 
De nouvelles explications
 
Mais The Economist souligne qu’en principe, cette rentabilité devrait pousser à une vague d’investissement, plus de compétition et du coup, moins de profits. Mais les entreprises gardent aujourd’hui l’argent qu’elles gagnent. Le journal y voit trois explications. La 1ère serait la crainte d’un excès de réglementation à la veille des élections présidentielles. La 2nde est la faiblesse de la demande, étant donné que les consommateurs se désendettent et la faible croissance des exportations.
 
Le journal souligne enfin le cercle vicieux où la hausse des profits diminue automatiquement la part des revenus et déprime donc par conséquent la demande, accentuant le conservatisme des entreprises. Enfin, il souligne le rôle néfaste des stock-options dans les choix des dirigeants d’entreprise, qui préfèrent les actions augmentant le résultat court terme des entreprises (et les rachats d’action) aux investissements à long terme, qui tendent à réduire les profits dans un premier temps.
 
Un capitalisme dysfonctionnel
 
Cette troisième raison est confirmée par une récente étude la Réserve Fédérale de New York qui expliquent elle-aussi que la structure des bonus des dirigeants d’entreprise a une forte influence sur leurs décisions et les pousse aujourd’hui à favoriser les résultats à court terme aux investissements à long terme qui ne tendent à rapporter que pour leurs successeurs… Idem pour les fonds d’investissement dont les résultats sont trop souvent jugés chaque trimestre en oubliant le long terme.
 
The Economist pousse l’audace en concluant « qu’il est bien meilleur que les profits diminuent parce que les entreprises investissent massivement plutôt que parce que la prudence des leurs dirigeants pousse l’économie en récession. Les dirigeants d’entreprises font partie des avocats les plus fervents de la baisse des déficits publics, mais si les entreprises dépensaient davantage, et embauchaient plus, cela ferait baisser les déficits de leur propre gré ».
 
C’est tout le paradoxe souligné par ce journal, pourtant absolument pas hostile au monde de l’entreprise. La montée des profits des entreprises aux Etats-Unis révèle un profond dysfonctionnement de l’économie, qui entretient même les difficultés dans lesquelles nous sommes.



par Laurent Pinsolle (son site) lundi 30 juillet 2012 - 24 réactions
8%
D'accord avec l'article ?
 
92%
(40 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Alinea (---.---.---.84) 30 juillet 2012 11:31
    Alinea

    Je ne peux que conseiller, à tous ceux qui liront cet article, l’excellent article de Frédéric Lordon sur P S A, dans le Monde Diplomatique d’août !
    je ne saurais répondre quoique ce soit d’autre à cet article qui pointe si bien le dysfonctionnement de notre économie, donc de notre société !

  • Par noux (---.---.---.15) 30 juillet 2012 20:53
    noux

    1/3 pour les actionnaires qui ne produisent rien, qui bénéficient juste du fait d’avoir du pognon c’est trop.

    L’actionnariat est une notion qu’il va falloir oublier, tout comme les entreprises cotées en bourses.

    Comment font les petites boites ? elles n’ont pas d’actionnaires.

    NON à l’usure, non à l’argent facile.

  • Par Mathias Foehr (---.---.---.165) 30 juillet 2012 11:47
    Mathias Foehr

    La pression qui pèse sur les dirigeants de montrer des résultats à tout prix est bien connue.

    Une bonne partie de la problématique vient du changement, respectivement de l’évolution des techniques comptables.

    Désolé d’être technique : En Europe, la règle a toujours été le Principe de Prudence. En clair, un bilan se devait de renseigner tout au plus une valeur de l’entreprise et un bénéfice qui correspondait à la valeur réelle.

    Aujourd’hui le principe de la « True and Fair Value » a été généralisé, y compris en Europe. Cela veut dire que la compta promet de suivre la réalité financière au plus près... et que donc les bilans peuvent être trop pessimistes, mais aussi trop optimistes.

    Dans un contexte hautement compétitif, la tentation d’être trop optimiste est évidemment irrésistible

    et donc les bilans des entreprises reprennent de manière psrfois très optimistes des participations qui ont aussi été évaluées avec optimisme...

  • Par yvesduc (---.---.---.191) 30 juillet 2012 18:15

    Incluant le fait que PSA se retire d’Iran, où il réalise un chiffre d’affaires important (volume de ventes plus important qu’en France), suite à des pressions politiques ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération