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Accueil du site > Actualités > Economie > Alerte aux excès de profits aux Etats-Unis !

Alerte aux excès de profits aux Etats-Unis !

Non, il ne s’agit pas d’un jugement de l’Humanité ou de Jean-Luc Mélenchon, mais d’un article de The Economist qui se penche sur la remontée fulgurante des profits des entreprises aux Etats-Unis, déjà 20% plus hauts qu’en 2007, point le plus élevé depuis la Seconde Guerre Mondiale.
 
La crise, quelle crise ?
 
Le graphique représentant la part des profits des entreprises dans le PIB des Etats-Unis est sidérant. En 2007, ce chiffre avait rejoint les records de 1929, au-delà de 12% du PIB. Ce chiffre avait progressé de 3 à 6% dans les années 1980, avant d’atteindre 9% dans les années 1990. La grave crise de 2008 a fait plonger ce chiffre à 7% (soit encore davantage qu’au début des années 2000) avant de rebondir à près de 15% du PIB cette année, 20% de plus que le pic précédent.
 
L’hebdomadaire anglais souligne que ce sommet aura du mal à être battu car les prévisions de profits des entreprises sont moins fortes pour les trimestres à venir et elles ne parviennent plus à battre aussi facilement les prévisions des analystes. Il y a des raisons structurelles. Tout d’abord, les entreprises se sont adaptées très rapidement à la crise, n’hésitant pas à licencier massivement. Ensuite, il y a la pression des pays émergents qui limite les revendications salariales.
 
De nouvelles explications
 
Mais The Economist souligne qu’en principe, cette rentabilité devrait pousser à une vague d’investissement, plus de compétition et du coup, moins de profits. Mais les entreprises gardent aujourd’hui l’argent qu’elles gagnent. Le journal y voit trois explications. La 1ère serait la crainte d’un excès de réglementation à la veille des élections présidentielles. La 2nde est la faiblesse de la demande, étant donné que les consommateurs se désendettent et la faible croissance des exportations.
 
Le journal souligne enfin le cercle vicieux où la hausse des profits diminue automatiquement la part des revenus et déprime donc par conséquent la demande, accentuant le conservatisme des entreprises. Enfin, il souligne le rôle néfaste des stock-options dans les choix des dirigeants d’entreprise, qui préfèrent les actions augmentant le résultat court terme des entreprises (et les rachats d’action) aux investissements à long terme, qui tendent à réduire les profits dans un premier temps.
 
Un capitalisme dysfonctionnel
 
Cette troisième raison est confirmée par une récente étude la Réserve Fédérale de New York qui expliquent elle-aussi que la structure des bonus des dirigeants d’entreprise a une forte influence sur leurs décisions et les pousse aujourd’hui à favoriser les résultats à court terme aux investissements à long terme qui ne tendent à rapporter que pour leurs successeurs… Idem pour les fonds d’investissement dont les résultats sont trop souvent jugés chaque trimestre en oubliant le long terme.
 
The Economist pousse l’audace en concluant « qu’il est bien meilleur que les profits diminuent parce que les entreprises investissent massivement plutôt que parce que la prudence des leurs dirigeants pousse l’économie en récession. Les dirigeants d’entreprises font partie des avocats les plus fervents de la baisse des déficits publics, mais si les entreprises dépensaient davantage, et embauchaient plus, cela ferait baisser les déficits de leur propre gré ».
 
C’est tout le paradoxe souligné par ce journal, pourtant absolument pas hostile au monde de l’entreprise. La montée des profits des entreprises aux Etats-Unis révèle un profond dysfonctionnement de l’économie, qui entretient même les difficultés dans lesquelles nous sommes.

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24 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 30 juillet 2012 11:31

    Je ne peux que conseiller, à tous ceux qui liront cet article, l’excellent article de Frédéric Lordon sur P S A, dans le Monde Diplomatique d’août !
    je ne saurais répondre quoique ce soit d’autre à cet article qui pointe si bien le dysfonctionnement de notre économie, donc de notre société !


    • yvesduc 30 juillet 2012 18:15

      Incluant le fait que PSA se retire d’Iran, où il réalise un chiffre d’affaires important (volume de ventes plus important qu’en France), suite à des pressions politiques ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 30 juillet 2012 18:47

      Hum. Probablement que ce chiffre des profits des entreprises est trafiqué, pour ne pas affoler les investisseurs. smiley


    • Mathias Foehr Mathias Foehr 30 juillet 2012 11:47

      La pression qui pèse sur les dirigeants de montrer des résultats à tout prix est bien connue.

      Une bonne partie de la problématique vient du changement, respectivement de l’évolution des techniques comptables.

      Désolé d’être technique : En Europe, la règle a toujours été le Principe de Prudence. En clair, un bilan se devait de renseigner tout au plus une valeur de l’entreprise et un bénéfice qui correspondait à la valeur réelle.

      Aujourd’hui le principe de la « True and Fair Value » a été généralisé, y compris en Europe. Cela veut dire que la compta promet de suivre la réalité financière au plus près... et que donc les bilans peuvent être trop pessimistes, mais aussi trop optimistes.

      Dans un contexte hautement compétitif, la tentation d’être trop optimiste est évidemment irrésistible

      et donc les bilans des entreprises reprennent de manière psrfois très optimistes des participations qui ont aussi été évaluées avec optimisme...


      • Soi même Soi même 30 juillet 2012 19:09

        A écoutez et à voir ,

        États-Unis : Peter Schiff prévoit un effondrement pire qu’en 2008

        http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/etats-unis-peter-schiff-prevoit-un-35845

        http://eyeswideopen.over-blog.com/


        • alinea Alinea 30 juillet 2012 20:10

          Dommage, je n’ai pas pu écouter la première vidéo ; mais ça prouve en tout cas que ceux qui ont raison ne sont jamais écoutés ; en général, la vérité dérange !


        • Soi même Soi même 31 juillet 2012 14:06

          Il y a une autre raison beaucoup plus profonde à cette crise, qui jusqu’à présent n’a pas été approfondie.

          http://orandia.com/forum/index.php?mode=thread&id=55186


        • T.REX T.REX 30 juillet 2012 20:05

          Mais qu’attendent donc ces Entreprises pour mieux redistribuer les richesses créées à leurs salariés afin de relancer la machine économique ?!

          Il faut mettre en place la règle des 3 tiers prônée par Sarkozy du haut son trône (mais dont il n’a jamais imposé la mise en place préférant imposer les salariés de la classe moyenne) :

          1/3 des bénéfices aux actionnaires, 1/3 en investissement et 1/3 distribué aux salariés.
          Voici un cocktail qui semble gouteux et facile à réaliser  !


          • noux noux 30 juillet 2012 20:53

            1/3 pour les actionnaires qui ne produisent rien, qui bénéficient juste du fait d’avoir du pognon c’est trop.

            L’actionnariat est une notion qu’il va falloir oublier, tout comme les entreprises cotées en bourses.

            Comment font les petites boites ? elles n’ont pas d’actionnaires.

            NON à l’usure, non à l’argent facile.


            • Cassiopée R 30 juillet 2012 21:03

              Le volume des richesses est insuffisamment distribué depuis des années, avec d’un côté des parts colossales qui vont vers l’évasion fiscale, et de l’autre une réduction des salaires ou une trop faible hausse par rapport aux richesses (proportionnelles) créées.


              Le rythme du coût de l’inflation ne suit pas la hausse des salaires en fonction de l’augmentation (proportionnelle) des richesses. Ce qui est un indice de prolongement de la pauvreté, et va précariser la société à court-moyen-long terme, puisque de toute façon le volume des revenus se réduit avec le temps, alors que les richesses se développent.

               

              Une réduction du volume des richesses équivaut de facto à une baisse générale du niveau de vie, alors qu’un niveau des richesses mieux réparties socialement permets de vivre convenablement, et améliorer le vivre-ensemble. C’est la répartition financière qui absente car elle est considérée comme un frein au developpement, alors qu’elle permets de créer une cohésion sociale.


              • tf1Goupie 30 juillet 2012 21:10

                Ben oui mais faut pas croire ce que vous disent les merdias Mr Pinsolle, même si cette fois vous trouvez que leur merde est à votre gout.


                • katakakito 30 juillet 2012 21:25

                  Rappelez-moi M. Pinsolle à qui appartient « The economist ». Ne serait-ce pas à un de ces barons de la finance qui a tout intérêt à faire passer un message comme ça.
                  D’ailleurs c’est étonnant que cet article arrive au moment au la bourse remonte à toute vitesse.


                  • Yurf_coco Yurf_coco 30 juillet 2012 21:50

                    " D’ailleurs c’est étonnant que cet article arrive au moment au la bourse remonte à toute vitesse"

                    -> Bah, ça va avec... Je vois pas de meilleur moment.

                  • Ruut Ruut 31 juillet 2012 06:07

                    En attendant ça délocalise toujours.


                      • kéké02360 31 juillet 2012 09:05

                        Presse écrite un nouveau bimestriel << antiproductiviste pour une société décente >> en Belgique ( à voir )

                        c’est ici , passes à ton voisin smiley

                        http://www.kairospresse.be/


                        • luluberlu luluberlu 31 juillet 2012 09:49

                          Et alors, ? les entreprises humaines vont bien,....mais ce sont les humains qui se sentent mal.


                          • Jean-Louis CHARPAL 31 juillet 2012 10:28

                            Ce qu’il faut bien comprendre c’est que la sauvagerie économique mondialisée (alias ultra libéralisme) qui conduit les peuples à la catastrophe est à la fois un énorme succès et un épouvantable désastre.

                            C’est un succès pour une infime minorité de privilégiés et un fiasco pour le reste de l’Humanité.

                            Aux Etats-Unis (pays bolchévique bien connu) sous Kennedy, le rapport entre ce que gagnait l’ouvrier des entreprises américaines le moins payé et son patron était de 1 à 30.Maintenant il est de 1 à 900, voire plus.

                            Tout est dit. Tout ce fric accumulé par une poignée de nantis fait défaut à l’économie réelle.Il n’y a pas de relance économique possible, sans un partage beaucoup plus équitable des richesses.

                            Aux Etats-Unis il ya 40 millions de pauvres, des services publics à la dérive, et la loi de la jungle est la seule qui a droit de cité. Un pays aussi riche ne devrait pas connaître un seul pauvre (cela dit le bilan n’est guère plus brillant dans les autres pays, car l’ultra libéralisme crée des ravages partout).

                            Je vous conseille, Monsieur Pinsolle, de lire dans la Monde Diplomatique de ce mois (pages 4 et 5) un article concernant « The Economist ». Excusez moi de vous dire que vous êtes bien naïf de croire que ce journal « n’est pas hostile au monde de l’entreprise ». C’est bien pire que ça ; il s’agit d’ un repère d’ultra libéraux fanatiques et déjantés, ayant une haine vicérale de la justice sociale, de l’intérêt général et des peuples.

                            Leur devise est « le pouvoir du fric, par le fric et pour le fric » et ils se vantent de leur détestation de la démocratie vraie et de tout ce qui peut réguler et maitriser l’économie au bénéfice de tous.

                            Leur dogme remonte à la première moitié du XIXè siècle. Ce sont les gourous d’une conception ultra réactionnaire et archaïque du capitalisme, des dinosaures de l’économie qui ignorent Marx et Keynes (on peut ne pas être marxiste, on ne peut ignorer ses analyses).

                            Ce ne sont pas ces gens là qui aideront le monde à sortir du marasme, puisque ce sont leurs conceptions qui l’ ont créé. Les fanatiques ne reconnaissent jamais s’être trompés.

                            NB : l’Humanité et Jean-Luc Mélenchon disent bien des vérités sur les réalités d’un système inacceptable. Je vous conseille aussi de lire de temps en temps le journal créé par Jaurès, vous en apprendrez plus sur la situation des peuples qu’en lisant les feuilles de choux ultra libérales.


                            • tf1Goupie 31 juillet 2012 14:56

                              Et oui Mr Charpal, vous faites partie de cette minorité favorisée qui a un accès libre à Internet, et vous semblez insatisfait de ce privilège ...


                            • Jean-Louis CHARPAL 1er août 2012 00:24

                              @ Par tf1Goupie

                              Désolé, mais je ne vois pas le rapport avec la teneur de mon message. Que j’ai, comme des millions de gens, accès à internet ne m’empêche pas de condamner la sauvagerie économique et la babarie financière mondialisées ultra libérales.

                              Si internet peut favoriser les échanges d’information et la mobilisation de tous les démocrates progressistes de la planète pour combattre et, je l’espère, anéantir un jour ce système, tant meiux ! 


                            • Yvance77 31 juillet 2012 11:12

                              Salut,

                              Au final je me fiche pas mal de cela. Ceci concerne ces idiots d’américains, c’est leurs sociétés privées qui sont out of space, et c’est à eux de prendre conscience de toute cette gabegie.

                              Occupons de nous, on a pas de leçons à donner... et Dieux sait que du nettoyage doit être fait dans notre CAC40


                              • lsga lsga 31 juillet 2012 19:02

                                « La montée des profits des entreprises aux Etats-Unis révèle un profond dysfonctionnement de l’économie »

                                Simplement pour dire qu’il s’agit du fonctionnement normal du Capitalisme. 
                                Il n’y en a pas d’autre possible. 

                                On ne peut pas retourner au Capitalisme des années 50, c’est matériellement impossible. 
                                En effet, aujourd’hui, le Capital est passé des mains de l’oligarchie industrielle à celles l’oligarchie financière :

                                Bref, on a pas le choix, il faut avancer. Or, avancer, ça veut dire se diriger vers le Socialisme, sur les modèles Vénézueliens ou Chinois (nationalisation de la Finance, Gosplan, coopératives, etc. )


                                • JL JL 1er août 2012 09:23


                                  Le monde capitaliste crève littéralement de trop d’inégalités. Le monde capitaliste crève davantage d’apoplexie que de faim pour la bonne raison que ceux qui meurent de faim ne font pas crever le monde capitaliste, au contraire, d’une certaine manière.

                                  Les classes moyennes sont sacrifiées sur l’autel du Profit. Je m’explique : les arbres ne montant pas jusqu’au ciel, et les profits étant sans limite, la seule solution pour la machine c’est d’augmenter le nombre de pauvres.

                                  « Ne pas confondre pas la lutte contre la « pauvreté » (thème de droite) et la lutte contre les « inégalités » (impératif de gauche). On peut réduire la pauvreté en accroissant les inégalités. C’est même cela l’astuce.

                                  En effet, réduire la pauvreté, c’est une nécessité pour les riches, puisque »ventre affamé n’a pas d’oreilles". Et les pauvres, au bout du compte, ça coûte cher ! Et comment réduire la pauvreté sans réduire la richesse ? En sacrifiant les classes moyennes. Celui qui a compris ça a tout compris de la nuance droite vs gauche. Si un gouvernement qui se dit de gauche ne réduit pas les inégalités, alors, il n’est pas de gauche, c’est clair.

                                  Que font les riches de tant d’argent, demandez vous ? L’argent confère à la fois la sécurité et la liberté. C’est pourquoi les riches sont contre l’égalité républicaine qui est basée sur le deal : un peu moins de liberté contre un peu plus de sécurité. L’égalité ne s’oppose pas à la liberté, mais seulement à celle des riches. Mais la liberté des riches s’oppose à la liberté des autres, car dans un monde d’argent, sans un sou on n’a ni liberté ni sécurité.


                                  • jacques jacques 1er août 2012 15:46

                                    alerte aux profits, je viens de lire dans le canard de la semaine dernière que dans la téléphonie mobile en France après l’arrivée de Free la marge serait encore de 33% et Free avec ses tarifs à 2 et 20 euros à 40% !
                                    Et ils délocalisent et nous font pleurer dans nos chaumières !

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