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Accueil du site > Actualités > Economie > « Capitalism : A love story » - à Moore le capitalisme !

« Capitalism : A love story » - à Moore le capitalisme !

« Capitalism : A love story »... qui n’en finit pas de finir mal. Deux ans après Sicko, Michael Moore revient en force, dénonçant les ravages du capitalisme sauvage à la sauce américaine. Vive la crise  !

"Capitalism : A love story". Le dernier film de Michael Moore, dans les salles le 25 novembre prochain. Au menu, la question qui fâche : quel prix les Etats-Unis paient-ils leur amour aveugle du capitalisme ? Quand tout va bien, c’est le meilleur des systèmes et tout le monde y trouve son compte : les frites crépitent et le Coca coule à flots. Mais quand la machine se grippe, ça devient du grand n’importe quoi, une anarchie ultralibérale (au sens européen) dont seuls sortent gagnants... les riches qui ont leurs entrées au gouvernement. Telle est en substance la conclusion - un brin simpliste mais plutôt bien étayée - de l’agitateur Michael Moore, qui appelle quasiment à la révolte en guise de chute finale.

Un film réalisé au lance-roquettes

Tout y passe. Des familles expulsées de leur logement, pourtant remboursé jusqu’au dernier cent mais hypothéqué grâce à cette géniale invention que sont les subprimes. Des cohortes d’autoproclamés "vautours", qui lorgnent sur ces pépites au prix inégalable. Des pilotes de ligne endettés sur vingt ans pour avoir financé leurs études à crédits et... payés 20 000 $ par an, ce qui les contraint à pointer à la soupe populaire ou à trouver un job d’appoint. Des étudiants contractant des prêts de 100 000 $, qui devront les rembourser au quintuple, faute de trouver un boulot assez rémunérateur.

Le plan Paulson, un "coup d’Etat financier"

Des gamins illégitimement envoyés en centre de rétention au prix de petits arrangements sonnants et trébuchants entre les gérants de la geôle et un juge véreux. Des prêts quasiment gratuits accordés en loucedé par des banques aux plus hauts représentants de l’Etat, dont le responsable de la lutte contre... la fraude aux prêts bancaires. Juteux business. Ce "coup d’Etat financier" que constitue le plan Paulson (de sauvetage des banques), voté en extrême urgence en contrepartie de supposés "cadeaux". Bling bling. Les centaines de milliards de dollars injectés dans les banques qui profitent surtout à une minorité... ceux qui se sont succédé au gouvernement, à savoir les principaux dirigeants des banques américaines. Le hic, c’est que personne ne sait où est parti l’argent... ce qui n’émeut pas grand monde. Curieux...

Quand les patrons spéculent sur la mort de leurs employés...

Un des moments forts du film est certainement l’interview de l’avocat Mike Myers, qui dénonce les "dead-peasants insurances", aussi appelées "corporate-owned life insurances" (COLI). Pour faire bref, ce sont des assurances vie secrètement contractées par les employeurs sur la tête de leurs salariés... pour leur seul bénéfice ! Qu’un salarié meurt, et l’entreprise touche un petit pactole : entre 50 000 et 5 millions de dollars. Si une femme décède jeune, c’est le jackpot, son espérance de vie théorique étant des plus élevées. Bingo !

Et pas un dollar ne sera versé à la famille de la victime... qui devra s’endetter pour payer les obsèques. Un cas extrême, une exception, un scandale ? Pas du tout, ces "investissements" sont même déductibles de l’impôt sur les sociétés. On aurait tort de se gêner. Visez donc cette liste, établie par Mike Myers. Les plus prestigieuses entreprises américaines seraient concernées (American Express, Bank Of America, Coca-Cola, Dow Chemical, Wal-Mart, Walt Disney...). Sans rire, ces subtils spéculateurs pondent régulièrement des rapports pour identifier les "problèmes" de rendement au sein des entreprises. Comprenez : pourquoi si peu de morts dans certaines sociétés...

Dérive systémique ou faiblesse humaine ?

C’est la conclusion qui fait tiquer. Que faire... puisque personne ne fait rien ? Se prendre en main. Se battre pour que la loi et la constitution soient enfin respectées. Que le capitalisme cède la place à... la démocratie. Simple comme un coup de film... quand Michael Moore présente un modèle de gestion d’entreprise dans lequel tous les salariés sont payés au même tarif (65 000 $) et où toutes les décisions se prennent en communauté. Prenant pour exemple la société Isthmus Engineering, gérée sur un mode coopératif (donc communiste), le réalisateur y évoque la "démocratie" d’entreprise, sans presque jamais nommer la chose comme il se doit : socialism (au sens américain). Juste une histoire de mots...

Cri(se)tique...

Sur le fond, il y aurait beaucoup à dire, mais le format imposé limite grandement la marge de manoeuvre. Certes. Notons juste que Michael Moore a totalement oublié que ce n’est pas le système qui fait les dérives, mais les hommes. Socialisme, communisme, capitalisme, démocratie, collectivisme... tous les systèmes sont faillibles. L’histoire l’a amplement démontré. Sur la forme, bonne surprise. Michael Moore semble avoir définitivement rompu avec son dualisme fahrenheitien. On aurait toutefois apprécié un peu de sobriété. L’enchainement des images et des informations est trop rapide, trop abrupt, trop agressif, le spectateur frise l’indigestion permanente. Etait-ce vraiment utile d’en rajouter ? ...

Une citation, issue du dossier de presse : "Qu’est-ce que votre film a à offrir à vos spectateurs ? Du pop-corn et des fourches". N’abusez pas des sucreries...

La suite à suivre sur "les mots ont un sens"...

 


Capitalism : A Love Story - Bande-annonce VOSTFR
envoyé par waytoblue. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.

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15 réactions à cet article    


  • Le péripate Le péripate 23 novembre 2009 11:37

    Naturellement, comme tous les films anti-capitalistes, l’entrée est gratuite.


    • Kelson 23 novembre 2009 12:11

      @ Le péripate

      Ce n’est pas parce que tu critiques le capitalisme américain, ou encore le capitalisme en générale que tu es forcément anti-capitaliste ou encore contre le principe même de l’échange monnayé.

      De plus, lorsque tu vas au cinéma, tu rémunères un service complet ; donc tu ne rémunères pas uniquement le créateur/producteur du film mais aussi le propriétaire de la salle.

      Pour terminer, Moore n’a rien contre le fait que tu visionnes gratuitement son film en le téléchargement sur Internet, au contraire. C’est suffisamment rare pour devoir être signaler.

      Voir cet article pour plus d’informations :
      http://www.numerama.com/magazine/10567-le-nouveau-michael-moore-d-abord-sur-internet-et-gratuitement.html


    • Le péripate Le péripate 23 novembre 2009 16:54

      Mais non. Je trouve au contraire la réussite de M Moore parfaitement édifiante. smiley


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 23 novembre 2009 17:57

      coproduit par la Paramount et the Weinstein Company

      pas hyper credible, le fim.

      L’anti capitalisme est un business capitaliste comme les autres.


    • Proudhon Proudhon 23 novembre 2009 20:27

      Ton problème Péripate c’est que tu veux faire croire que tu es un anarchiste libérale (branche droite).
      Mais du moment que tu soutiens un système qui fait intervenir l’Etat pour sauver le privé (comme c’est actuellement le cas dans une bonne partie du monde) tu es soit de mauvaise foi soit un imbécile, ce dont je doute.


    • ZEN ZEN 23 novembre 2009 11:44


      Non, faudra payer, mon vieux
      Quoi qu’on pense de M.M.,Péripate s’accomode apparemment bien des malheurs décrits au début de l’article et des conséquences dramatiques du hold-up de la finances paulsoniennes, dont nous ne voyons que les prémisses...


      • Le péripate Le péripate 23 novembre 2009 16:53

        Non, sans blague ! Il y a eu un hold-up de la finance ?
        On ne me dit jamais rien.


      • Thegrannysmith Thegrannysmith 23 novembre 2009 15:27

        Ayant trouvé Sicko d’une démagogie exemplaire, bien loin de son génie de Bowling for Colombine je ne sais si j’irai voir ce film. La Preview est certes alléchante, mais il me semble que pour comprendre la crise et des désastreuses conséquences mieux vaut lire des économistes (américains) comme Soros ...


        • M.Junior Junior M 23 novembre 2009 15:39

          Quand je pense que mon article sur le suicide dans le calcul des bonus a été refusé.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 novembre 2009 16:25

            Abrakatabra, le magicien,

            " Notons juste que Michael Moore a totalement oublié que ce n’est pas le système qui fait les dérives, mais les hommes. «  bien sur, coca cola, c’est tous ceux qui le boivent et participent ainsi à en faire ce monstre qui ruine tous les autres petits artisans producteurs de sirop.

             » Socialisme, communisme, capitalisme, démocratie, collectivisme... tous les systèmes sont faillibles. " A une différence près. Quand le plus fort système ligue tous les autres à lutter vaille que vaille contre le communisme, la chute de celui-ci est inéluctable, mais, appuyer sa grandeur sur la ruine d’un autre peut condamner, par méconnaissance, à s’écrouler avec.

            Michael Moore, cet antéchrist devant la tombe duquel rendront hommage les générations entières du futur, si elles survivent.


            • Bleu Montréal 23 novembre 2009 18:56

              Ce film de Moore est excellent.

              Les messages sont clairs. Ls enchaînements des idées et des images sont beaucoup moins abruptes que dans les autres documentaires de Moore.

              Le meilleur documentaire de Moore.

               


              • anty 23 novembre 2009 21:53

                Moi aussi j’ai vu l’excellent film de Moore.Ce magnifique dessin animé fera un carton chez les jeunes et moins jeunes.

                Ce film projeté avant les fêtes de Noël est une idée superbe

                Mes enfants étaient enchantés par ce film de fiction et ils en redemandent ils le trouvent mieux que Disney.

                Reprendre l’idée du méchant communiste qui essaye de combattre les moulins à vents est d’une originalité sans pareil jamais pensé , jamais concretisé.

                Juste un reproche a l’auteur de ce film :
                Pourquoi fait-il gagner les moulins contre le méchant communiste ?


                • Jordi Grau J. GRAU 24 novembre 2009 08:47

                  La première différence entre les moulins à vent de don Quichotte et le capitalisme, c’est que les premiers sont inoffensifs, et même bénéfiques à la société, ce qui n’est pas vraiment le cas du capitalisme.

                  La deuxième différence, c’est que le capitalisme est beaucoup plus fragile qu’un moulin à vent. S’il a jusqu’à présent résisté aux menaces communistes, c’est qu’il s’est réformé, c’est qu’il a consenti une petite dose de « social ». Si Ford a relevé le salaire de ses employés, par exemple, ce n’est pas uniquement par calcul économique : c’était sous la pression des ouvriers. Il en va de même pour l’instauration de la sécurité sociale, des indemnités de chômage, etc. Tout cela est en grande partie le résultat des mobilisations anticapitalistes. Celles-ci n’ont donc pas été aussi vaines que l’héroïsme de don Quichotte.

                  Ensuite, il est absurde de dénoncer le manque d’originalité de Michael Moore. Quand un scandale s’éternise, il y a deux solutions : soit on ferme sa gueule, on se résigne ; soit on continue à dénoncer et à informer pour réveiller les consciences. La première solution est la plus confortable (à condition bien sûr qu’on vive dans des conditions sociales et économiques pas trop mauvaises) mais elle contribue à perpétuer le scandale. La deuxième solution est la plus intelligente et la plus digne, même si on n’a jamais la garantie qu’elle puisse servir.

                  Enfin, vous sous-entendez que la seule manière de combattre le capitalisme est de renouveler les expériences soviétiques ou maoïstes, qui n’ont évidemment pas marché. Mais, si j’ai bien compris, ce n’est pas du tout ce que propose Moore. Ce dernier est partisan d’une démocratie radicale, qui soit présente à tous les niveaux de la société, y compris dans les entreprises. Je ne crois pas que ce genre d’expérience ait jamais été tentée à l’échelle d’un pays entier. A cet égard, l’URSS avait un mode de fonctionnement très proche de celui des USA, puisque les travailleurs y étaient soigneusement encadrés et spoliés du fruit de leur travail.


                • BA 23 novembre 2009 23:10

                  Mardi 17 novembre 2009 :

                   

                  Aux Etats-Unis, le nombre de pauvres explose. 50 millions d’Américains souffrent d’insécurité alimentaire. En pourcentage, cela représente 14,6 % de la population.

                   

                  Food insecurity - defined by the USDA as when « food intake … was reduced and their eating patterns were disrupted at times during the year because the household lacked money and other resources for food » - afflicted 14.6 % of Americans in 2008. Ie, some 50 million people were too poor to guarantee being able to put food on the table.

                   

                  http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2009/nov/17/food-insecurity-us-state-data


                  • Jordi Grau J. GRAU 24 novembre 2009 08:34

                    A l’auteur

                    Merci pour cette critique,qui me donne bien envie d’aller voir ce film. Au signal, je vous recommande un film qui est sorti il y a quelques années sur un sujet très proche : The Corporation, de Mark Achbar et Jennifer Abbot (deux réalisateurs canadiens qui avaient déjà fait un bon film sur Chomsky). C’est disponible en DVD (grâce à notre amie TF1).

                    Au sujet de votre critique, j’ai une petite objection à vous faire : vous dites que ce sont les hommes qui font les systèmes, et non l’inverse. Ce n’est pas entièrement faux, mais il faut tout de même nuancer. Car les hommes sont aussi, en grande partie, le produit de leur éducation, qui est elle-même dépendante de la culture dominante. On n’apprend pas les mêmes valeurs morales et politiques à quelqu’un qui naît dans une société capitaliste et libérale à quelqu’un qui naît dans une tribu indienne en Amazonie ou dans une famille paysanne du Moyen-Age. Si le système capitaliste tient encore - pour combien de temps - c’est en partie à cause d’un conditionnement idéologique qui met en avant les vertus de la consommation à outrance, de la compétition généralisée, etc. Bien entendu, les gens ne sont pas entièrement dupes de ces discours, mais comme ils ne voient guère d’alternatives crédibles, pour l’instant, ils y croient à moitié.

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