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Accueil du site > Actualités > Economie > Christine Lagarde se verra-t-elle contrainte de mettre en place la (...)

Christine Lagarde se verra-t-elle contrainte de mettre en place la politique du FMI de son prédécesseur ?

Du très léger chaos que nous connaissons aujourd'hui naîtra-t-il un nouvel ordre, et si oui, lequel ? Une alternative au système financier actuel était prête. Les USA l'ont bloquée. Seront-ils contraints de s'y soumettre ? Et si oui, celle qui semble être leur "femme de paille" à la tête du FMI deviendrait elle, par un hasard de l'Histoire le fossoyeur du dollar-roi ?

La note Aaa des USA est tombée. La spirale commence. Techniquement, cela n'a rien de surprenant, c'est la victoire de Wall Street. Comme l'explique l'analyste polémique Max Keiser dans une vidéo que vous pouvez visionner sur maviemonargent.info ou directement sur youtube, la négociation de titres dégradés rapporte beaucoup plus d'argent aux opérateurs que celle de titre Aaa.

De ce crash programmé que j'évoquais dans un article précédent, et dont nous ne voyons que les prémices, un "nouvel ordre" mondial peut renaître. Ce n'est même pas "peut", c'est "va", car toujours "Ordo ab Chaos". Laissons un instant aux tacticiens et aux ralliés de la dernière heure le plaisir des supputations ératiques, et essayons de voir comment se dessine la future organisation monétaire mondiale.
 
Tout d'abord, une monnaie dont le support principal n'est pas considéré comme parfaitement fiable peut elle servir d'unité de référence ? Autrement dit, est il raisonnable d'envisager un statu quo ?
 
On voit de tout dans la domaine de l'économie et de la finance et, en théorie, cela est possible. Néanmoins, deux des plus grosses économies mondiales, comme par hasard les moins endettées, la Chine et la Russie accentuent leur pression pour que cela cesse. Il est fort probable que nous vivions les derniers instants du roi dollar. Qui ou quoi pour le remplacer ?
 
Nous étions un certain nombre, beaucoup moins nombreux ces temps-ci, à croire, penser, espérer que l'Euro, assis sur ce qui apparaissait alors comme la première puissance économique mondiale (l'Europe) pouvait, au moment crucial, perndre le relai. Cet espoir est difficilement imaginable aujourd'hui, au vu de ce que les politiques irresponsables ont fait de cette monnaie à laquelle ils s'étaient pourtant engagés à de ne pas toucher.
 
Alors ? Pas d'alternative ?
 
Il faut tout de même que je vous conte quelques évènements et faits qui, mis bout à bout, seraient pas loin d'alimenter quelque chose qui pourrait ressembler, selon votre sensibilité, à un nouveau délire complotiste ou.... à un éclairage particulier de certains évènements récents :
 
Sans reprendre un historique lourd qui remonte à l'immédiat après-guerre, revenons à il y a seulement deux ans, au mois de mars 2009. MaVieMonArgent vous annonçait alors (dépêche du 24/03/2009 que vous retrouverez sur "l'ancien site") que "La banque centrale de Chine a appelé ce matin à l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international." Nous finissions notre article par ces mots : "La réforme de l'architecture financière devrait être au menu des discussions du G20, qui réunit les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes le 2 avril à Londres." Rien de ce sujet ne transpira lors des communiqués et des déclarations qui suivirent ce sommet. Pourtant, malgré les tentatives de sabotage et les manoeuvres politiques et d'intimidation des américains, les participants convinrent de missionner DSK et le FMI sur l'étude de faisabilité d'une monnaie d'échange, les USA acceptant finalement un triplement des ressources du FMI et l’émission par le FMI de Droits de tirages spéciaux (DTS) d’une valeur de 250 milliards de dollars. Ils acceptèrent aussi le principe d’un Conseil de stabilité financière auxquels seraient associés les grands États émergents.
 
Au sommet du G8 à L’Aquila (Italie), le 8 juillet 2009, les Russes relancent le sujet. Selon la bonne vieille méthode russe de négociation selon laquelle il faut réclamer plus pour obtenir ce qu'on veut, ils proposent de ne pas se contenter d’une monnaie virtuelle, mais de l’éditer. Le président Medevedev avait fait frapper des prototypes de cette monnaie et les distribua aux participants sous forme de pièces comportant les portraits des chefs d'Etat présents. Sous les pressions conjointes des russes et des chinois, et avec l'assentiment d'un DSK que la perspective de jouer les accoucheurs de la monnaie mondiale rendait presque aussi heureux qu'une (beeeep !), le projet connu une nouvelle impulsion. En effet, à partir d'Aquila, DSK se lance à fond dans ce projet. Devenir le grand argentier du monde, supplanter le dollar, l'euro, quel rêve de puissance !
 
Oui, mais voilà. Les Américains n'avaient pas du tout lâché le morceau et ne faisaient que gagner du temps, histoire de torpiller le projet. Il n'est pas question que l'empire perde sa suprématie financière sur le monde. Il n'est pas question que la dette abyssale des USA puisse être évaluée en une quelconque autre devise que le dollar, si facilement dépréciable.
 
Rappelons, pour la petite histoire et le plaisir de nos lecteurs complotistes, que les USA envahirent l'Irak soumis à embargo depuis des années, seulement 6 mois après que Sadam Hussein ait annoncé qu'il ne vendrait plus son pétrole en dollars, mais en Euros. Un gros mensonge et de fausses preuves brandies à l'ONU ne leur ont pas fait peur pour justifier leur agression.
 
Reprenons le fil de notre récit et arrivons en 2010. L'an passé, le projet est soumis aux experts de la Division des Affaires économiques et sociales de l’ONU. Leur rapport est étudié le 25 avril 2010 lors d’une réunion conjointe du FMI et de la Banque mondiale. Le dossier semble bouclé et DSK croit la partie gagnée. Dans le même temps, Kadhafi, après avoir fait croire à Sarkosy qu'il rejoindrait le Franc CFA et apporterait à la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC) une partie des actifs de son fonds souverain (un des plus riches du monde...), décide de faire cavalier seul et crée... le "Dinar Or" gagé sur les 144 tonnes d'or qu'il possède et.... les DTS du FMI ! Cet impudent va même jusqu'à appeler les autres Etats arabes producteurs de pétrole à se rallier à son projet, à transformer sa banque centrale en banque centrale inter arabe indépendante du système bancaire mondial et faire du dinar-or la devise du commerce pétrolier. DSK, malgré les avertissements de son bras droit (américain), Mr Lipsky (à droite sur la photo), fonce tête baissée dans le projet. Il tient son test "grandeur nature". Les "gens avertis" lisant cet article ne manqueront pas de rétorquer que les objectifs de l'un et de l'autre sont radicalement différents :
 
Kadhafi, blousé par Goldman Sachs dans la gestion des avoirs libyens qui avaient été confiés à la banque américaine ne rêve que de créer une entité bancaire africaine qui permette aux pays du continent de se détacher de la finance mondiale et d’organiser et de financer de manière autonome, à l'exemple de la Libye, son propre développement. A l'instar de la Russie et de la Chine populaire, anciennes puissances communistes devenues puissances économiques, la Libye, ancien pays terroriste, avait pour ambition de devenir une plate forme financière pour l'Afrique. La Banque africaine d’investissement dont le siège était à Tripoli disposant de 90 Mds$ de fonds de dotation, la Banque centrale africaine, siège à Abuja (Nigeria) et le Fond monétaire africain, siège à Yaoundé (Cameroun) avec son capital de 40 Mds$, tous gagés sur les avoirs en or et les DTS du FMI, avaient pour buts d'éliminer du continent noir les banques d'investissement et les multinationales américaines et européennes.
 
DSK, grand mondialiste, voyait dans la situation actuelle, le soutien des Russes, des Chinois, et, indirectement de l'Afrique et de certains producteurs de pétrole, une convergence historique lui permettant d'imposer le projet keynésien de monnaie mondiale. Accessoirement, de figurer dans l'Histoire comme l'artisan de cette monnaie.

Des objectifs radicalement différents, donc, mais une convergence d'intérêts.... et de destins.

La date du lancement officiel de la monnaie mondiale était fixée au 26 mai 2011, à l'occasion du G8 de Deauville. C'était une véritable révolution qui se préparait. Le dollar aurait cessé d’être la monnaie de référence et Washington se serait retrouvée contrainte de renoncer au recours permanent à la dette pour se consacrer à sa restructuration interne. Les USA se voyant dicter leur politique par..... DSK, crédible ?

Hélas, deux "accidents" de l'Histoire nous empêcheront de le savoir.

Le 19 mars 2011 Sarkosy venant d'obtenir un feu presque vert de l'ONU engage l'armée française dans une guerre contre Kadhafi. Cette décision avait été précédée le 3 mars... du gel de tous les avoirs libyens, tant en Europe, qu'aux USA et dans le reste du monde.
 
Ce même 19 mars, les "révolutionnaires" soit disant civils, déguenillés et sous équipés annoncent la "désignation de la Banque Centrale de Benghazi comme autorité compétente en matière de politique monétaire en Libye" et nomment un gouverneur à la Banque Centrale de Libye avec un Q G temporaire à Benghazi. Ce qui fait écrire à un journaliste américain " Je n’ai jamais entendu parler auparavant d’une banque centrale créée juste après quelques semaines d’un soulèvement populaire. Ceci veut dire que nous avons à faire à autre chose qu’un groupe de rebelles déguenillés courant partout et qu’il y a derrière des influences plutôt subtiles ".Dès le mois d'avril, des cadres de HSBC, la banque qui détient le plus d'avoirs lybiens en Europe, sont à Benghazi pour apporter aux rebelles tous les concours techniques nécessaires à leur nouvelle banque centrale. Exit donc le dinar-or, le projet de monnaie africaine soutenu par plusieurs pays, le test "grandeur nature" de DSK.
 
Le 14 mai DSK est arrêté à New York au moment où il prend l'avion pour l'Europe. Il avait rendez vous avec Angela Merkel. Le 16 mai Il est accusé de viol et... mis au secret et incarcéré.
Le 17 mai, son adjoint Lipsky fait une déclaration pour le moins discourtoise disant que le FMI est paralysé car dans l'impossibilité d'entrer en contact avec son Directeur Général.
Le 18 mai DSK démissionne du FMI.
Le 20 mai, DSK n'est plus au secret, plus en prison, mais... plus DG du FMI !
 

Le 26 mai, à Deauville, le FMI est représenté par.... Mr Lipsky qui déclara, concernant le projet de monnaie basée sur les DTS et l'or, qu'il convenait d'attendre la nomination du nouveau Directeur Général avant de se lancer dans quoi que ce soit.

Par le plus bête fait du hasard, les deux défenseurs, les deux artisans (animés par des motifs différents l'un et l'autre mais alliés objectifs sur ce projet) se trouvaient hors jeu à la date fatidique du lancement.
 
L'histoire s'arrête-t-elle là et le projet définitivement enterré ?
 
Pas si sûr. En effet, la nomination de Christine Lagarde, incapable notoire ayant pour pratique de "mettre en forme" ce que plus compétent qu'elle décide, a pu paraître comme une victoire de Washington. Lipsky devenait le "vrai" patron du FMI, laissant le titre à une Européenne, histoire de préserver les susceptibilités. Mais la manière dont Obama a roulé dans la farine les républicains dans la dernière négociation et obtenu l'augmentation considérable de la dette US sans (ou quasiment sans) contrepartie budgétaire a énervé beaucoup de monde et "du lourd" !
 
Le 3 Août dernier, l'agence de notation chinoise Dagong, liée au gouvernement chinois, abaisse la note des USA.
Le 5 Août, Poutine déclare devant les caméras de télévision que les USA "parasitent" le système économique mondial et qu'il va falloir les arrêter.
Le 8 Août l'agence Chine Nouvelle déclare que les USA doivent s'attaquer à leur dette et vivre selon leurs moyens.
Le 9 Aout, c'est le premier ministre chinois lui même qui monte au créneau dans un discours très violent à l'égard des USA. Il appelle l'ensemble des pays du G20 et le FMI à agir de concert pour stabiliser les marchés financiers et protéger la croissance et a averti que la Banque centrale chinoise continuerait à diversifier ses investissements en devises étrangères face aux menaces qui pèsent encore sur le dollar.
 
Les USA pourront ils tenir face à la coalition de ces mastodontes ? Comment les USA et leurs soutiens espèrent ils passer le cap de 2013 et du refinancement des dettes comme je l'exposais dans un article précédent ? Comment les USA espèrent ils passer la crise qui se profile sur le marché de l'or lorsque la bulle de "l'or-papier" va exploser ?
 
Le projet de monnaie de change FMI étant bien avancé et semblant aujourd'hui la seule alternative crédible au chaos absolu, il n'est pas impossible d'imaginer que Mme Lagarde ne se retrouve dans la situation de devoir mettre en place le projet DSK, quitte à devoir négocier avec les USA une dévaluation du montant de leur dette contre l'abandon du dollar-roi.
 
Nos lecteurs pragmatiques trouveront cela cocace, nos lecteurs complotistes s'écriront "une guerre et l'honneur d'un homme pour rien !", dans tous les cas, l'Histoire inexorablement avance...

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8 réactions à cet article    


  • Ariane Walter Ariane Walter 15 août 2011 10:14

    mais arrêtez de penser que dans cette histoire là il y a des Européens , des Américains, des Chinois , des russes et que sais-je encore.
    Il y a « LA FIRME » contre le reste du monde. Point barre.
    Ils veulent détruire les Etats et chez eux ils garderaient les nationalités ?

    Comme si DSK avait été autre chose qu’un larbin de cette Firme. Comme si Lagarde pouvait être autre chose qu’une larbine bis.

    leur seul objectif gagner le plus de blé possible. et que le dollar soit à la ramasse , ça les arrange. ils font courir des bruits parce que ces bruits leur rapportent.
    Et tous les matins ils lancent leurs machines diaboliques qui ramènent des pépètes à la nano-seconde.

    Nous voulons une histoire qui réponde à notre logique alors que la leur, très simple, nous paraît tellement énorme que nous n’y pensons même pas. nous avons un vampire accroché à la gorge qui nous pompe nuit et jour. Et le vampire, la seule chose qui l’intérresse , c’est ça dose.
    il faut égorger ce vampire.


    • Ariane Walter Ariane Walter 15 août 2011 10:14

      « C’est SA dose ».


    • pens4sy pensesy 15 août 2011 10:51

      Un vampire a la gorge des citoyens, mais aussi un cancer qui étouffe tout les aspects de la société : santé , justice, éducation, médias, finance, logement, nourriture, environnement ... tout tout tout.
      Et le cancer c’est dur de s’en débarrasser.


      • Jimmy 15 août 2011 13:27

        Excellent article qui permet de mieux comprendre les révélations de Thierry Meyssan à propos de ce qui se joue actuellement autour du dollar


        • bigglop bigglop 15 août 2011 16:57

          Depuis peu, nous entendons parler de plus en plus d’une intégration européenne de la politique budgétaire des Etats à travers la BCE, le FESF et la banque MES. Le falot Van Rompuy est à la manoeuvre discrètement et Lagarde est la représentante de ce nouvel ordre que l’on veut nous vendre en douceur avec la mort définitive de la « démocratie européenne ».
          C’est la reconfiguration de l’Union Européenne à travers l’article suivant :

          Rappelez-vous : le 2 avril dernier, le G20 était historique ! Le gratin mondial s’était réuni à Londres et allait prendre des mesures qui allaient non seulement sauver du krach imminent le monde mondialisé, mais aussi «  refonder le capitalisme ». Dans les faits, rien – absolument rien – n’a changé, et ce sont les mêmes fadaises, à peine remises à jour, que le « couple » Sarkozy-Merkel nous resservent aujourd’hui. En réalité, nos dirigeants ne sont jamais en rivalité avec les marchés financiers qu’ils feignent de dénoncer. Au contraire même, ils sont les meilleurs garants de leur succès.

          Selon les médias alignés, le quotidien Libération (propriété de la banque Rotschild) et Le Figaro (groupe Lagardère) en tête, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel auraient mis « tout leur poids politique » derrière la Grèce, afin de la sauver de la défiance des marchés. Vraiment ?

          Comme nous l’avons déjà indiqué dans notre article du 10 janvier, c’est l’agence de notation Flitch Ratings, propriété du holding français Fimalac qui a été à l’origine du déclassement de la note Grecque au début du mois de décembre dernier. Ensuite la Deutsche Bank et la banque Goldman Sachs, ainsi que des hedges funds qui leur sont directement liés, ont pariés sur la baisse du prix des obligations émises par le trésor grec entre décembre 2009 et début février 2010 (source). Dans le même temps, ils se sont précipités sur les produits Credit Default Swap (voir notre article du 6 février), tout en vendant massivement des euros contre des dollars, ce a qui à entrainé une aggravation de la situation de la Grèce, qui ne pouvait plus trouver preneur pour sa dette sur les marchés à moins de 6 %.

          Mais la baisse de l’euro face au dollar bénéficie directement à l’économie française et allemande, comme l’indique cet article du NouvelObs : « La reprise suit deux axes. L’un est celui de l’Espagne et la Grèce qui s’enfoncent dans la récession alors que la croissance s’accélère dans la plupart des autres pays, menés par la France et l’Allemagne (…) Les exportations bénéficient actuellement du retrait amorcé par l’euro face au dollar en raison des craintes qui pèsent sur la dette du Portugal et de la Grèce  ». Le gouvernement allemand précipite donc les signatures de contrat à l’exportation : « la composante des commandes à l’exportation a également grimpé à un sommet de 29 mois, à 53,8 contre 53,2 en décembre et en estimation flash.  »

          Humour noir

          La Deutsche Bank est donc à la base de la manipulation, ce qui n’empêche pas son économiste en chef, Thomas Mayer, dont le cynisme laisse penser qu’il aime prendre les gens pour des imbéciles, d’indiquer : « La pression sur l’euro s’accroît. L’UE doit maintenant tout entreprendre pour stabiliser la Grèce et l’euro  » (source). « Plus le mensonge est gros, plus il passe  » disait un autre Allemand nommé Goebbels, le siècle dernier.

          Marc Ledreit de Lacharrière, le patron de Flitch Ratings n’est pas en reste. Il jouait même les pucelles effarouchées, il y a deux jours, en suppliant «  il faut aider la Grèce !  » (source).

          Résumons : le système financier des pays européens les plus puissants, avec la bénédiction de leurs gouvernements respectifs, spécule sur la faillite de la Grèce jusqu’à ce que la la situation devienne critique. Ils envoient ensuite les dirigeants politiques éteindre l’incendie qu’ils ont allumés et, au final, si la Grèce se retrouve en cessation de paiement, ce sont ces derniers qui viendront la secourir… avec de l’argent public.

          Le but de la manœuvre

          Mais l’objectif n’est pas simplement de se remplir les poches à court terme, ce serait trop simple. Ce que nous suspections dans nos précédents articles est confirmé par une note secrète du président du Conseil européen, Herman van Rompuy, révélée par The Independent.

          La Grèce est le premier pays européen à être placé sous tutelle directe de l’UE. L’Espagne, dont le déficit est comparable, puis le Portugal, l’Italie, l’Irlande, etc, suivront. Ces pays ont en commun de refuser le projet d’un gouvernement économique centralisé, comme tente de l’imposer Herman van Rompuy, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. « Ce dont nous avons besoin est le même genre de mécanisme que nous avons maintenant imposé à la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro  » (The Indépendent)

          Comme nous l’écrivions il y a deux jours, « ce gouvernement économique ne sera pas mis en place au matin du 12 février (…) Pour contraindre les pays récalcitrants, il est nécessaire que la situation se dégrade encore  ». Mais nous assistions d’ors et déjà aux premières phases d’une reconfiguration totale de l’Union européenne, de la perte de la souveraineté économique des pays membres et de la création d’un « impôt européen ». L’article 269 (et alinéas) du Traité de Lisbonne permet cela : « L’Union se dote des moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs et pour mener à bien ses politiques. Il est possible, dans ce cadre, d’établir de nouvelles catégories de ressources propres ou d’abroger une catégorie existante. 

          Mais pour rendre l’économie européenne plus « compétitive  », Il faudra donc rationaliser le rapport coût/productivité des masses. « Les développements récents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement économique. Dans nos économies imbriquées, nos réformes doivent être coordonnées pour optimiser leur effet  » indique Monsieur van Rompuy. Optimiser leur effet, par la contrainte où la culpabilité, comme c’est le cas aujourd’hui avec la Grèce.

          Les élucubrations de Sarkozy et Merkel seront sans effet sur la crise en cours. Il faudra attendre lundi pour que les premiers leviers du plan de van Rompuy soient actionnés, lors de la rencontre des ministres des finances des pays de la zone euro, avec Jean-Claude Junker, patron de l’Eurogroupe et ministre des finances luxembourgeois (et ancien directeur de la Banque Mondiale).

          Notre précédent article concluait sur la mort de la démocratie européenne. Nous ne pouvons clore celui-ci sans penser, de cette Europe, qu’elle ressemble de plus en plus à un IVème Reich.

          Spain next !

          Addendum du 13 février

          Le soutien à la Grèce affiché hier n’est qu’une farce grotesque. Comme nous l’avons écris à plusieurs reprises, il est nécessaire que la situation se dégrade encore. Les chose vont sans doute aller assez vite maintenant : les bourses continueront de plonger lundi, et l’euro de chuter. C’est le but. L’Espagne va assez rapidement se retrouver dans le même cyclone que la Grèce, à qui on demande de réduire de 4% son déficit en 10 mois sans lui apporter d’aide, mais en lui imposant des réformes drastiques. C’est « marche ou crève ! ». Pour Bruxelles, il est nécessaire de mettre en place une sorte de « stratégie de tension » afin d’étendre ces réformes aux autres pays en difficultés  : révision des statuts des fonctionnaires, élévation de l’âge de la retraite, hausse des impôts, privatisation des assurances sociales, etc. Cette stratégie de tension doit trouver son équilibre pour faire passer ces réformes sans toutefois occasionner un désordre social et politique trop violent, ce qui serait contre-productif (encore qu’il puisse encore accélérer le processus en cours, mais il est économiquement préférable de s’en passer).

          La réunion de lundi de l’Eurogroupe ne changera en rien la situation des pays de la zone euro qui sont en difficultés. Ce n’est d’ailleurs pas son but. On continuera de faire la promotion de l’idée que la résolution de toutes les difficultés passe par la mise en place d’un « gouvernement économique européen ». Il est nécessaire de poser les premiers jalons techniques nécessaires à sa constitution et, surtout, qu’il fasse réagir positivement les marchés quand on énonce son nom. Ce « gouvernement économique » doit apparaître comme étant LA solution à tous nos problèmes et devenir incontestable. Les Allemands font un peu semblant d’être réticents. Sans doute que la part du gâteau qui leur est octroyée n’est pas encore assez grosse. Un détail qui sera très vite réglé à leur avantage.

          Spencer Delane, pour Mecanopolis

          http://www.mecanopolis.org/?p=13708

          http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-fesf-l-ue-et-la-banque-mes-le-97421
          AGIR DE SUITE, SANS ATTENDRE LES ELECTIONS DE 2012


          • Stoïque 15 août 2011 17:05

            Très bon article qui me semble bien décrire les véritables enjeux du remue-ménage actuel !

            Il n’est pas possible de penser que ceux qui ont dicté leur loi (économique, politique, militaire,..) ne feraient rien pour éviter de perdre leurs pouvoirs....
            Tout sera bon pour eux pour casser tout changement.

            Toutes les problématiques importantes actuelles et/ou médiatisées (Lybie, DSK, guerre sur l’Euro, ect... ) peuvent très bien s’expliquer par ce que décrit l’auteur, description similaire par exemple quant aux remue-ménage actuel sur l’USD et l’EURO par le GEAB (LEAP 2020).

            De quelle façon pourrait-on expliquer autrement les différents évènements économiques et politiques mondiaux se déroulant, ainsi que leur enchainement ?

             


            • Antoine Diederick 16 août 2011 02:12

              mouais, possible scénario ....

              je crois surtout que nos dirigeants sont dépassés par la situation, certains même doivent être tétanisés...faut dire qu’il y a de quoi...

              je viens de lire quelques scénarios de sauvetage....chacun y va de sa solution....

              je crois que les marchés qui sont un très bon baromètre ( en bien comme en mal ) sont prêts à rechuter....calme avant la tempête....

              j’espère me tromper....

              en tout cas, une chose est acquise maintenant, depuis le premier de ce mois, et cela doit être un soulagement, les marchés ne pourront plus ignorer la réalité et nos dirigeants ne pourront plus nier l’échec que nous allons tous constater si le évènements se précisent négativement.

              au contraire, si jamais le monde politique parvenait à limiter la casse ( ce que je souhaite tout de même) , j’espère qu’ils auront un bon plan B (mais quoi, à quel prix ....).

              je suis plutôt pessimiste ce soir . Un écroulement général aurait le mérite de permettre de tout remettre à plat....sans doute ai-je tort.


              • apopi apopi 16 août 2011 09:05

                 Le FMI c’est le Titanic version 2011, la seule différence avec l’original c’est que ceux qui sont à la barre seront les premiers à monter dans la première chaloupe de sauvetage.

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