• mardi 22 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Comment sortir du tout-jetable ?
9%
D'accord avec l'article ?
 
91%
(24 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Comment sortir du tout-jetable ?

Mercredi 16 février 2011, on verra sur M6, dans l'émission "Capital Terre" un documentaire qui va faire du bruit. "J'achète, je jette : comment consommer sans piller la planète ?". Sur Arte, le jour précédent, "prêt à jeter" aborde le même sujet. Le concept industriel de l'obsolescence programmée est au coeur de ce processus, celui qui a inventé les bas Nylon "qui file" car, auparavant ils duraient une année ! Vive l'auto-destruction qui permet de continuer à vendre et à gaspiller les ressources de la planète !

Comment en sortir ? Chacun comprend qu'on n'y arrivera pas sans un minimum de volontarisme politique. Mais dès qu'on parle de cela, tout expert "sensé" sort son joker : la concurrence mondiale ne le permettra pas ! Allez vous rhabiller ! Y a rien à voir !

Et si on pouvait agir ? Et si on pouvait le faire en valorisant l'économie de nos propres pays ? En développant l'emploi ? Démonstration.
 
Première étape : dans une catégorie de produit donnée (prenons l'électro-ménager par exemple), il est crée une taxe supplémentaire sur l'obsolescence des machines. Rassurons-nous, il ne s'agit pas d'une lourde taxe dissuasive mais d'une petite contribution de l'ordre de l'éco-participation (1% du prix du produit par exemple).
 
Deuxième étape : le produit de cette contribution est récolté et attribué à un fond "obsolescence" géré par la caisse des dépôts. Ce fond servira à valoriser l'élaboration, la construction et la vente de machines ayant une durée de vie minimum de 10 ans (ou davantage).
 
Troisième étape : la moitié des ressources du fond peut être utilisée pour investir dans des usines et des entreprises qui fabriqueraient des appareils électro-ménagers pourvus d'une garantie de 10 ans (pièces et main d'oeuvre). L'entreprise s'engage à intervenir gratuitement auprès de l'acheteur pendant cette période. Ces entreprises développeraient des emplois soit dans l'industrie électro-ménager soit dans la réparation et la maintenance. Les constructeurs seraient dans l'obligation de sortir de l'obsolescence programmée pour tenir ce cahier des charges.
 
Quatrième étape : l'autre moitié du fond sera utilisé pour subventionner par une prime à l'achat, ces appareils disposant d'une garantie longue. Cette prime sera variable selon les années de manière à ne pas mettre le fond en déficit. Cette méthode permet aussi de réguler les tensions entre offre et demande.
 
Cinquième étape : la petite contribution d'1% évolue. Elle augmente progressivement d'années en années d'une manière prévisible et connue. Avec cette méthode, les entreprises et les consommateurs peuvent anticiper et adopter des "comportements rationnels". Au fur et à mesure, il devient de moins en moins intéressant d'acheter puis de jeter, pour le fabricant comme pour l'acheteur.
 
Conclusion : le processus décrit ici, celui des contributions incitatives, n'a que des avantages. Il n'impose pas de réglementations pointilleuses qui seront toujours contournées de toute façon. Il ne coûte rien au budget de la Nation. Il entraîne la création d'emplois. Il peut se reproduire à l'infini dans tous les secteurs de la vie économique, limitant à chaque fois les gaspillages, faisant faire des économies à tous.
 
Ce processus que je décris a pour objectif de rallonger la durée de vie des produits. On aura intérêt à coupler l'exigence des garanties longues à celle du Cradle to Cradle, du recyclage à l'infini des précieux composants d'un produit.La contribution incitative devra répondre à ces deux exigences.
 
Si nous voulons sortir de la désespérance actuelle de nos modes de vie, nous n'avons pas d'autres solutions, au-delà de nos choix individuels, de mettre en place un volontarisme de l'action publique qui valorise les comportements vertueux en matière d'écologie. On espère avoir montré ici que ce volontarisme n'est pas synonyme de coût supplémentaire et de perte de productivité, bien au contraire.
par Rcoutouly (son site) lundi 14 février 2011 - 17 réactions
9%
D'accord avec l'article ?
 
91%
(24 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par picpic (xxx.xxx.xxx.138) 14 février 2011 10:37

    Les garder, c’est de loin le moins polluant.
    Votre lave vaisselle si vous en changiez vous rendrais infiniment plus pollueur.
    De plus, vos économies par rapport à l’ancien ne seront jamais de l’ordre du prix d’un neuf.
    Vos, vos au pluriels, car vous entrerez dans l’engrenage.
    Vos nouveaux lave-vaisselles fonctionnerons au maximum 5 ans.

    C’est bien pire pour les véhicules neufs, d’ailleurs la prime à la casse est en réalité un système conçut pour nettoyer le marché de ces vieux véhicules "increvables".
    Des véhicules très gênant, puisque non seulement toujours réparables, pire, réparable par vous même.
    Vous pouvez toujours y faire vous même de petite réparation,changer une batterie, une bougie, etc...
    Par contre, les véhicules neufs, la moindre petite action doit se passer dans un garage agréé. tout est scellé électroniquement, la moindre action "non officiel" saborde le véhicule.
    C’est très pratique, ça assure à la marque que vous passerez dans LEUR garage régulièrement...Évidemment, soyez certain qu’ils ont électroniquement prévu toute une série de panne, qui s’enchaineront de manière régulières, leur assurant que vous passerez régulièrement.

    Je suis comme vous, j’ai un vieux tacot, mais je sais qu’un jour, ce genre de véhicule aura beaucoup de valeur.

  • Par pierrarnard (xxx.xxx.xxx.76) 14 février 2011 09:42

    C’est intéressant mais quid du progrès technique ???
    Actuellement on me fustige car je m’obstine a rouler avec des voitures de quinze ans qui polluent plus que des neuves, mon lave vaisselle antédiluvien consomme une quantité d’eau aujourd’hui politiquement incorrecte, comme ma machine a laver d’une marque qui annonce dix ans de durée de vie minimum, et mon frigo de quinze ans est un gouffre d’énergie par rapport aux modèles actuels.
    Donc si je garde tout cela je suis un pollueur et si je le remplace je suis un pollueur...
    Pas facile, non ????

  • Par MarcDS (xxx.xxx.xxx.146) 14 février 2011 10:09
    MarcDS

    Contrairement à vos dires, ce processus n’a pas que des avantages. En effet, il fait fi de la pierre angulaire de notre système économique qui est l’obligation de croissance, et qui est précisément à l’origine de l’obsolescence programmée. Pour respecter cet impératif, il faudra donc que le ralentissement de consommation causé par votre système soit compensé par une augmentation de la consommation dans d’autres secteurs (à supposer que cela soit possible), et le résultat final sera le même qu’avec toutes les technologies et tous les mécanismes soi-disant verts que l’on tente de mettre en place actuellement : tout gain sur les fronts du gaspillage et du coût énergétique est annulé par une augmentation de la consommation globale.

    Votre processus ne pourra donc s’appliquer de façon réellement efficace que dans un système économique qui ne sera plus coincé par l’impératif de croissance. Il faut changer de paradigme ; ensuite seulement, les outils (souvent déjà connus et disponibles) pourront servir à préserver l’environnement tout en assurant des conditions de vie décentes à l’humanité.

  • Par MarcDS (xxx.xxx.xxx.146) 14 février 2011 10:53
    MarcDS

    Pas facile du tout, en effet. Je dirais même que c’est la quadrature du cercle puisqu’il s’agit de combattre les effets dûs au principe de fonctionnement du système ; c’est ce qu’on appelle une crise systémique.
    Et on vous taxera d’autant plus facilement de pollueur que les coûts environnementaux dûs à la fabrication et au transport des marchandises sont allègrement oubliés, et qu’avec vos agissements vous ne soutenez pas l’économie de votre pays.

    Le fond du problème est que poussé par l’impératif de croissance, notre système économique crée sans cesse de nouveaux besoins, lesquels induisent de nouveaux comportements qui imposent ces nouveaux besoins à l’ensemble de la société. Un exemple : je n’ai jusqu’à ce jour pas de portable, mais la société s’est tellement organisée autour de ce nouvel objet qu’il devient de plus en plus difficile de s’en passer. Et pourtant, les chiffres de pollutions et de consommation d’énergie dus à la seule fabrication de ces petits appareils ont de quoi faire frémir.
    Un autre exemple est celui de la voiture, qui a provoqué un éloignement des fonctions : habitat, commerces, lieu de travail, fonctions publiques, écoles et aires de détente et de culture ne sont plus accessibles sans une voiture. Or il devient de plus en plus évident que la prétention à posséder chacun sa propre voiture est insoutenable, à la fois écologiquement et fonctionnellement (à moins de macadamiser l’ensemble du territoire).

    Tout cela montre que sans une remise en cause fondamentale du dogme de la croissance sur lequel est basé notre système économique, toute "solution" ne permettra au mieux que de retarder l’instant où ce système s’écroulera.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox