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Accueil du site > Actualités > Economie > Création monétaire, déficit public et chômage

Création monétaire, déficit public et chômage

N’ayant pas fait d’études en économie, veuillez pardonner le manque de discernement de mon jugement qui n’a rien de définitif, étant donné le peu d’informations dont dispose le citoyen lambda.
Cependant, j’essaie de trouver des éléments qui tente de prouver le "blues des classes moyennes".

Notre pays a deux problèmes : Chômage de masse [IV] et déficits abyssaux des finances publiques. Je me demande pourquoi nos hommes politiques sont d’une impuissance telle que je ne sais plus pourquoi je vote. En regardant de plus près, cela devient très clair :

M Giscard d’Estaing, dans l’indifférence la plus générale, a supprimé le privilège de l’état d’émettre de la monnaie et l’a confié aux banques privées en 1973 sous présidence de Pompidou. Et oui, j’ai toujours entendu à l’école que seuls les rois avaient le privilège de frapper monnaie, désormais, cela revient aux banquiers via les intérêts [VI]. Non seulement c’est de l’arnaque pure et simple, l’emprunt Giscard [I] a été ruineux, mais cela sert seulement les "intérêts" d’une oligarchie financière. Et pour finir, les crédits sont distribués en boule de neige, étant donné qu’il faut toujours plus de création monétaire pour rembourser les intérêts. Le système est par conséquent très instable, puisque dès que les taux d’intérêts remontent, ou que les banques ne veulent plus prêter, il y a une crise du crédit ("credit crunch"), ce que nous pouvons observer avec la crise des subprimes. Enfin, le système nécessite une croissance exponentielle, ce qui induit un pillage en règle des ressources naturelles. Combien d’hectares de fôrets primaire sont détruits pour une poignée de dollars afin de rembourser les dettes des pays du tiers-monde ?

Mais le plus grave est que par ce biais, le politique abandonne à des intérêts privés son pouvoir de financer des grands travaux, des infrastructures, de la recherche, de l’éducation [V]. En effet, où sont passés les grands programmes du Général de Gaulle (Condorde, TGV, Paquebot France...), constituant notre socle technologique d’aujourd’hui ?
Non la priorité est à la lutte contre l’inflation selon l’intéressé [VII], peut importe le chômage de masse que cela entraîne en :

- donnant le pouvoir aux banques de financer ou non les projets industriels

- supprimant les investissements à long terme, et donc en annihilant la productivité de demain

- volant la valeur ajoutée du travail aux banques via les intérêts remboursés

- désindustrialisant

- ouvrant les vannes de la mondialisation de la finance

Il n’est pas étonnant dans ce contexte que le début des années 70 coïncide avec le début de la crise économique en France et la fin des Trente Glorieuses.

C’est donc d’une clarté incroyable, nous sommes devenu une République Bananière aux mains de la nomenklatura financière. C’est du déni de démocratie pur et simple. Et l’Europe dans tout ça ? Ce ne sont pas pas le Traité de Maastricht [II] ou de Lisbonne [III] qui vont inverser la tendance. Vous allez me dire que d’autres pays s’en sont bien sorti avec ce genre de règles (Irlande, Espagne, GB*, Allemagne). Aujourd’hui, seule l’Allemagne s’en sort, parce qu’elle a un tissu industriel de PME innovantes fort. Les 3 autres pays ont misé leur développement sur l’endettement et sont aujourd’hui au bord de la banqueroute (* Le Royaume Uni n’est pas signataire de ces traités).

Les politiques n’ont donc la solution pour les finances publiques que d’augmenter les impôts d’une classe moyenne qui se réduit en peau de chagrin, puisque la classe populaire et les plus riches (en France) ne paient pas d’impôts. En effet, lorque l’on gagne entre 1 et 4 fois le smic, on est trop riche pour être dans la cible clientéliste des "plus démunis", et nous ne pouvons avoir le luxe de nous payer les niches fiscales en investissant dans les DOM-TOMs ou dans un plan De Robien, Borloo... Biensûr, le fait que les politiques dépensent sans compter pour se constituer des fortunes personnelles ou en créant des systèmes d’assistanat pléthoriques, redondants et inefficaces n’arrange pas les choses. Nous sommes dans la situation absurde où la quasi-totalité de l’impôt sur le revenu sert à payer la charge de la dette, celle-ci devenant le 2° poste budgétaire de l’Etat Français [VIII] !!!!! C’est une couleuvre dure à avaler pour les 50% des familles payant encore l’impôt sur le revenu [IX]...

Nous comprenons pourquoi nous voyons fleurir des impôts , CSG, et plus anecdotiquement des radars, des obligations d’acheter des gilets fluos, de passer un contrôle technique, de payer les péages, de payer les clopes à 5 euros le paquet, de payer des taxes sur l’alcool, l’essence, les CDs, bientôt sur les connections haut débit ? [X]. Et enfin, débarassé de son pouvoir, le politique ne sert donc plus à rien : UMP-PS même combat !


[I] http://fr.wikipedia.org/wiki/Emprunt_Giscard

L’emprunt Giscard d’Estaing, est un emprunt d’État émis par l’État français en 1973 au taux d’intérêt de 7 %, alors que Valéry Giscard d’Estaing est ministre de l’Économie et des Finances ; il est mis en place à la suite du premier choc pétrolier, afin de compenser les pertes de recettes budgétaires causées par la baisse de la TVA ; afin d’obtenir et de rassurer les souscripteurs, il est indexé sur le poids d’or de l’ECU et celui du franc, ou à défaut, sur le cours de l’or, comme l’avait été l’emprunt Pinay (1952-1958).

En 1978, les accords de la Jamaïque, en prévoyant qu’aucune monnaie ne devrait plus être rattachée à l’or, rendirent l’emprunt Giscard uniquement indexé sur le cours du lingot d’or.

Cet emprunt a la réputation d’avoir été particulièrement ruineux pour les finances publiques : pour 7,5 milliards de francs emprunté pour 15 ans, l’état dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs.

L’écart s’explique d’abord par la dévaluation du franc entre 1973 et 1988 : sa valeur a été divisé par 3,5 en 15 ans.

Le second facteur est l’effet normal d’un emprunt à 7 % sur 15 ans : dans ces conditions, in fine c’est 2,75 francs qu’il faut rendre à la fin du prêt pour chaque franc emprunté. [...]


[II] Article 104 Traité de Maastricht

« 1. Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après
dénommées "banques centrales nationales" d’accorder des découverts ou tout autre type
de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales,
aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres
organismes ou entreprises publiques des États membres ; l’acquisition directe des
instruments de leur dette, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales,
est également interdite. »

[III] Article 203 Traité de Lisbonne

[IV] "Contre le chômage on a tout essayé" François Mitterand

[V] "Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation , et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font
ses lois." Amchel Mayer Rothschild

[VI] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ation_mon%C3%A9taire

[VII] Réponse de VGE

Par Valéry Giscard d’Estaing le vendredi 25 juillet 2008, 14:26

@ A-J Holbecq : Réforme des statuts de la Banque de France

La réforme des statuts de la Banque de France, adoptée sous le mandat de Georges Pompidou et lorsque j’étais Ministre des Finances, est une réforme moderne qui a transposé en France la pratique en vigueur dans tous les grands pays : il s’agissait à l’époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu’il soit émis par une entité privée ou publique.

La possibilité du prêt direct de la Banque de France au Trésor public a généré partout où il fut appliqué une situation d’inflation monétaire permanente. Votre remarque sur l’endettement public est inexacte et révélatrice : vous semblez penser qu’une dette du Trésor public envers la Banque de France ne serait pas décomptée comme faisant partie de la dette de l’administration publique. En réalité, il y a dans ce domaine des règles bien connues qui définissent le montant des avances et prêts de l’institut d’émission en faveur du Trésor public, avances et prêts qui ont évidemment vocation à être remboursés et qui figurent de ce fait dans le montant de la dette publique. Ce que vous supposez consiste à dire qu’on aurait pu remplacer un endettement visible et structuré par une simple émission monétaire. Mais ce serait ouvrir les bras au retour à l’inflation des années 1950.

[VIII]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France

Le service de la dette représente le paiement annuel des échéances (capital plus intérêts) des emprunts souscrits. La charge de la dette représente le paiement des intérêts seuls ; elle se montait à 47,4 milliards d’euros pour l’année 2005, soit la presque totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français (qui représente, en 2006, 17 % des recettes de l’État). En 2006, et pour l’État seul, la charge des intérêts de la dette était de 39 milliards d’euros, soit 14,6 % du budget de l’État[20]. La charge des intérêts se montait en 2007 à plus de 50 milliards d’euros (augmentation de 12 % par rapport à 2006)[réf. souhaitée]. Il s’agit de l’équivalent du déficit public. Cette charge est en 2005 le deuxième poste budgétaire de l’État français, après celui de l’Éducation nationale et avant celui de la Défense[21].

Le remboursement du capital de la dette, qui fait partie du service de la dette, représente pour l’État environ 80 milliards d’euros, c’est-à-dire la somme de toutes les autres recettes fiscales directes (impôt sur les société, ISF, etc.). Au total, le service de la dette de l’État représente 118 milliards d’euros, ce qui correspond à la totalité de ses ressources fiscales directes, ou encore, presque à la TVA (environ 130 milliards)[22].

Le taux d’intérêt payé sur la nouvelle dette émise est susceptible de varier dans les années à venir. En 2007, les taux réels sont particulièrement bas et les économistes anticipent une augmentation de ces taux dans le futur[23]. Cela renchérira mécaniquement la charge de la dette : selon l’Agence France Trésor en 2005, une hausse des taux d’intérêts de 1 % entraînerait un surcoût mécanique de 2 milliards d’euros en 2007 et de 4,3 milliards en 2009[24]. En 2008, selon la loi de finances initiale 2008 (LFI), la hausse des intérêts versés sur les emprunts indexés sur l’inflation (principalement OATi, dont le montant est supérieur à 100 milliards d’euros fin 2006[25]) provoquerait mécaniquement une augmentation du service de la dette d’environ 2,16 milliards d’euros[26].

[IX]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_sur_le_revenu_des_personnes_physiques_(France)

[X]
http://www.contribuables.org/actualite/tribunes/la-france-ecrasee-d%E2%80%99impots/


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26 réactions à cet article    


  • Gandalf Tzecoatl 31 décembre 2008 17:20

    La politique monétaire actuelle est volontairement génératrice de crises et de désastres, afin d’asservir le travail au pouvoir. Mais crises et désastres font parler d’eux, réalimentent l’évènementiel (faillites, délocalisations, medias, services sociaux, etc). Pourquoi devrions-nous vivre dans une économie plate alors qu’elle peut être erratique ? Imaginez la perte de cynisme, de pouvoir et de pouvoir par la peur que cela génèrerait ? Les choix monétaires traduisent la volonté de préserver la hiérarchisation de la société.

    Ca me fait bien rigoler des politicards qui se vantent de créer 50 000 ou 100 000 emplois pendant qu’ils en détruisent 5 millions. D’autres vantant la solidité de l’euro à ce même prix.

    Et rappelons nous d’une chose, les slogans de mai 68 étaient souvent halte à la consommation, rupture culturelle il me semble. Ils sont plus rares par les temps qui courent. Différence de système monétaire oblige.

    Par ailleurs, à l’heure du plein emploi des 30 glorieuses, le patronat s’en sortait face à la surpuissance de la classe moyenne (qui pouvait faire du chantage au salaire et changer d’entreprise du jour au lendemain) par l’immigration massive.

    De mon point de vue, l’objectif de tout système monétaire devrait être de préserver la hiérarchisation de la société (dans l’ordre état-finance-patronat-salarié), mais avec un inégalitarisme le plus ténu possible.


    • Forest Ent Forest Ent 31 décembre 2008 19:19

      Je ne suis pas économiste non plus, mais je me suis un peu intéressé à ces sujets ces dernières années. Votre article est bien intentionné mais, à mon avis, tape à côté de la cible. Contrairement à ce qu’un article affirme chaque jour sur AV, la cause de nos problèmes n’est pas la création monétaire par les banques, et ce pour des tas de raisons, dont je ne citerai que la principale.

      Cette thèse est endémique depuis qu’elle a été inventée dans les années 1930 par des gens comme Ford pour expliquer que la dépression de l’époque avait été volontairement causée par les banquiers juifs. C’était plus pratique que de reconnaitre qu’il payait très mal ses ouvriers, contrairement à la légende dorée. C’est aussi pratique qu’à l’époque de Philippe le Bel, et il était prévisible qu’on nous le ressorte aujourd’hui.

      La cause principale de la dépression actuelle, c’est le libre-échange, qui a profité à l’ensemble des establishments occidentaux. Il explique à lui seul la fracture sociale. La bulle monétaire a été une tentative de le cacher par la fuite en avant, mais elle n’a pas été initiée par les banques : elle l’a été par le gouvernement US via son influence à la Fed. C’est en fait, contrairement à ce que vous écrivez, un état qui peut battre monnaie qui a créé le problème.


      • gdm gdm 31 décembre 2008 21:22
        @Forest Ent
        Vous affirmez que la cause principale de la dépression actuelle serait le libre-échange. La cause technique de la dépression actuelle fut le blocage du marché interbancaire, aujourdhui débloqué. Ce blocage du marché interbancaire est venu d’une insuffisance d’actifs de certaines banques. Cette insuffisance d’actif des banques provient des 1000 milliards d’euros de créances douteuses des subprimes. La crise des subprimes provient d’une loi anti-raciste qui forçait les banques à prêter à des insolvables. Les banquiers ainsi piegés se sont débarassés, légalement, de leur créances toxiques en les dissimulant dans des titres hypothecaires respectables et ne les vendant aux autres banques.
         
        Cette crise financière a révélé que les banques commerciales étaient sous-capitalisées. Cette sous-capitalisation était autorisée par la garantie de la Banque Centrale, qui s’affirmait, et qui est "prêteur en dernier ressort". Un tel "prêteur en dernier ressort" permet aux banques commerciales de s’exempter d’avoir des capitaux propres plus importants pour garantir leurs risques. En effet, en cas de manque de liquidité, le risque est assuré par la Banque Centrale, c’est à dire par les contribuables.
         
        Vous avez donc raison de dire que c’est "un Etat qui peut battre monnaie qui a créé le problème". La crise actuelle provient directement la gestion étatique de la monnaie. les règles de fonctionnement de la monnaie et de la Banque centrale ne correspondaient pas exactement aux exigences du marché financier actuel. Elles étaient et restent encore trop rigides, inadaptées, "obsolètes" disait Paulson.
         
        Je reviens sur votre affirmation contestable que le libre-échange puisse être "la principale cause de la dépression actuelle". Cette question du libre-échange un débat récurent depuis deux siècles entre les économistes, et entre les politiciens.
         
        Il n’est pas sérieusement contestable que tout échange commercial crée de la valeur, crée de la richesse pour le vendeur et pour l’acheteur. Autoriser l’acheteur à acheter moins cher à l’étranger a pour conséquence d’enrichir le gentil acheteur national, mais aussi d’enrichir le vendeur qui est un salétranger, même pas français. Et le gentil vendeur français ne peut plus vendre ses marchandises invendables et risque alors d’être contraint de changer de métier pour produire d’autres richesses vendables.
         
        Le seul argument des adversaires du libre-échange est de postuler que le gentil vendeur français sera incapable de changer de métier pour produire des marchandises vendables, pour produire des produits compétitifs. Cet argument est contraire à l’observation, contraire à l’évidence. En effet, chaque mois des dizaines de milliers d’emplois sont détruits et environ autant sont créés. Parfois plus, parfois moins. Ce ne sont donc pas les mêmes salariés qui perdent un emploi et ceux qui restent longtemps au chômage. L’argument des adversaires du libre-échange ne tient donc pas.
         
        Pour conclure, la cause du chômage français provient de la rigidité excessive du Code du Travail français, provient aussi du fait que l’Etat prélève une taxe de 100% sur le travail salarié. En effet, lorsqu’un smicard reçoit 1000 euros, son employeur verse 1000 euro à l’Etat. Le coût total d’un smicard est ainsi de 2000 euros pour un employeur. Peu de marchés pourraient survivre à une taxe qui double le prix de vente. Il y a aussi l’essence qui subit 400% d’impôt.


      • Forest Ent Forest Ent 31 décembre 2008 21:59

        @ gdm

        Oui, nous avons déjà eu cette discussion.

        La cause technique de la dépression actuelle fut le blocage du marché interbancaire, aujourdhui débloqué.

        Faux. Ce n’est qu’un symptôme très secondaire. La cause est l’absence de demande de crédit, causée par le surendettement.

        Ce blocage du marché interbancaire est venu d’une insuffisance d’actifs de certaines banques. Cette insuffisance d’actif des banques provient des 1000 milliards d’euros de créances douteuses des subprimes.

        Pas seulement. La dette totale US est 3,5 fois le PIB. En dehors de l’immobilier, il y a les credit cards, l’automobile, les LBO et une infinité d’autres trucs.

        La crise des subprimes provient d’une loi anti-raciste qui forçait les banques à prêter à des insolvables.


        Complètement faux. Le CRA a 30 ans. Les crédits immobiliers ne sont toxiques que depuis la baisse de taux de 2002.

        Cette crise financière a révélé que les banques commerciales étaient sous-capitalisées.

        Elles sont sur-leveragées. C’est l’inverse.

        Un tel "prêteur en dernier ressort" permet aux banques commerciales de s’exempter d’avoir des capitaux propres plus importants pour garantir leurs risques.

        Non. Les ratios Cooke et Bâle auraient du s’appliquer dans tous les cas.

        En cas de manque de liquidité, le risque est assuré par la Banque Centrale, c’est à dire par les contribuables.

        Non, par le FDIC capitalisé par les banques. L’état n’est pas obligé d’intervenir. Il y a d’ailleurs déjà eu 15 faillites, et le FDIC ne couvre que les dépôts.

        La crise actuelle provient directement la gestion étatique de la monnaie.


        Oui.

        Cette question du libre-échange un débat récurent depuis deux siècles entre les économistes, et entre les politiciens.

        Oui, Mercantilists Vs Liberals.

        Il n’est pas sérieusement contestable que tout échange commercial crée de la valeur, crée de la richesse pour le vendeur et pour l’acheteur.

        Si si, je le conteste très sérieusement.

        Autoriser l’acheteur à acheter moins cher à l’étranger a pour conséquence d’enrichir le gentil acheteur national, mais aussi d’enrichir le vendeur qui est un salétranger, même pas français. (...) Cet argument est contraire à l’observation, contraire à l’évidence.

        Merci, je connais la doxa OCDE. Je vous défie d’exhiber une seule "observation" ou "évidence". En tout cas, je n’en ai jamais vu.

        Pour conclure, la cause du chômage français provient de la rigidité excessive du Code du Travail français, provient aussi du fait que l’Etat prélève une taxe de 100% sur le travail salarié.


        Tout cela fait partie du niveau de vie en général, qui est lié à un équilibre national capital/travail que la mondialisation a rompu. Si la mondialisation était "positive" et "heureuse", comme le chantaient J6M et Minc, comment conduit-elle à une baisse du niveau de vie ?


      • Gandalf Tzecoatl 1er janvier 2009 07:58

        "La crise actuelle provient directement la gestion étatique de la monnaie.

        Oui."

        Ou plutôt d’une insuffisance de gestion étatique de la monnaie. Les états qui limitaient les taux des emprunts bancaires n’ont pas été générateurs de cette crise.


      • gdm gdm 1er janvier 2009 13:29
        @Forest Ent
        Le blocage du marché interbancaire fut une telle méfiance des banques entre elles qu’elles refusaient de se prêter de l’argent entre elles. Vous prétendez que la cause de ce blocage serait le "surendettement". Je ne partage pas votre avis sur la cause de ce blocage. Néanmoins, ce blocage fut une étape majeure et incontestable dans la chaîne des causes qui formèrent la crise actuelle. Ce blocage ne fut pas un "symptôme" puisque que ce blocage fut la cause directe de chute des banques qui ne trouvant pas a emprunter, tombèrent en faillite.
         
        Le niveau de l’endettement ne peut jamais être, en lui-même, une cause d’instabilité monétaire. Le seul souci d’un banquier est que les créances sur les emprunteurs ne soient pas douteuses. Les créances sur les emprunteurs sont garanties, soit par des hypothèques suffisantes, soit par un risque suffisamment faible. Le savoir-faire d’un banquier est de savoir reconnaître l’emprunteur qui risque de ne pas rembourser.
         
        Le Communauty Reinvestment Act, le CRA, est certes ancien. Le CRA pouvait apparaître comme neutre, mais il commençait une intrusion dangereuse sur la liberté de choix du banquier pour choisir ses clients. Ainsi, certains assureurs français vendent leur police d’assurance-accident quatre fois plus cher aux nouveaux conducteurs, si ce sont des hommes. Les assureurs ont besoin d’une totale liberté de leurs critères pour choisir leur client et les prix selon le risque estimé. Parler de discrimination honteuse serait ici stupide. Il en va de même pour les banquiers.
         
        En 1999, la pression du gouvernement Clinton fut telle que Freddie mac annonça qu’il garantissait les crédits hypothécaires "subprime". Les mises en gardes de Gregory Mankiw, son chef économiste, fut vains. Les politiciens résistent rarement à la démagogie.
         
        La folie des subprimes commença ainsi à partir de 1999. Les banques, dans leur logique de profit, prêtèrent volontiers un grand nombre de contrats "subprime", puisque ces contrats subprime semblaient être garantis par le gouvernement, au travers de Freddie mac. Le poison toxique commençait alors son oeuvre. La baisse des prix de l’immobilier révéla la présence de ce poison toxique qu’étaient les contrats subprimes. La cause de la baisse des prix d’une partie de l’immobilier américain est un autre débat.
         
        Les banques qui ont fait faillite manquaient de fonds propres.
         
        Nous sommes d’accord que le fait que la crise provient d’une mauvaise gestion de la monnaie par l’Etat. J’en déduit qu’il faut d’urgence dénationaliser la monnaie. Il faut que l’Etat permette aux banques de créer de la monnaie sans Banque Centrale. Il faut que les Etats cesse d’interdire la circulation d’autres monnaies sur leur territoire.
         
        Vous n’êtes malheureusement pas le seul à penser que l’échange commercial ne créerait pas de richesses. Dans votre erreur, vous êtes en bonne compagnie, avec Aristote et Montaigne qui commettaient la même erreur. Lorsque vous versez un euro pour acheter un pain, c’est que vous jugez que le pain vendu vaut, pour vous, plus que un euro. Cela signifie que pour vous, le pain a plus de valeur que 1 euro. Apres votre achat, vous êtes donc un peu plus riche. Il en est de même pour le vendeur. Pour le vendeur, le pain vaut 0,50 euro. Il vous le vend 1 euro. Le boulanger gagne ainsi 0,50 euro.
         


      • Le péripate Le péripate 1er janvier 2009 14:02

         Et dans cette erreur en compagnie aussi de Adam Smith, Ricardo et Marx. Il faut dire que la ligne de partage qui sépare la tradition de la valeur travail de la tradition valeur utilité marginale (utilité attribué à une unité supplémentaire du bien) n’est pas neutre d’un point de vue social. La première en effet a pour conséquence théorique que si seul le travail est créateur de valeur, tous les autres revenus autres que le salaire doivent être considéré comme des prélèvements, comme de pures ponctions sur cette valeur crée par le travail. Ce qui aboutit à une théorie de l’exploitation.

        Il est donc de toute première importance pour les étatistes cohérents de nier que le marché est le lieu, l’échange le moment, où se révèle l’utilité d’un bien, et, donc, sa valeur.


      • Forest Ent Forest Ent 1er janvier 2009 14:32

        @ tzecoatl

        Ou plutôt d’une insuffisance de gestion étatique de la monnaie. Les états qui limitaient les taux des emprunts bancaires n’ont pas été générateurs de cette crise.

        @ gdm

        Nous sommes d’accord que le fait que la crise provient d’une mauvaise gestion de la monnaie par l’Etat. J’en déduit qu’il faut d’urgence dénationaliser la monnaie. Il faut que l’Etat permette aux banques de créer de la monnaie sans Banque Centrale. Il faut que les Etats cesse d’interdire la circulation d’autres monnaies sur leur territoire.


        D’accord avec tzecoatl.

        La majorité du problème actuel est constituée de la monnaie implicitement créée par le risque de contrepartie sur les produits dérivés non régulés. Si l’état gère la monnaie, il doit être honnête et efficace. Si ce sont les banques, l’état doit les réguler de manière honnête et efficace.

        Il n’y a pas d’alternative à l’honnêteté de l’état, n’en déplaise aux libertariens : le sans-état s’appelle la loi de la jungle et on en voit le résultat.

        @ gdm

        Ce blocage fut la cause directe de chute des banques qui ne trouvant pas a emprunter, tombèrent en faillite.

        Faux. Elles ne trouvaient pas à emprunter parce que leur situation économique était désastreuse. Si elle était florissante, on se serait bousculé.

        Le niveau de l’endettement ne peut jamais être, en lui-même, une cause d’instabilité monétaire.


        Euh ... la preuve ?

        En 1999, la pression du gouvernement Clinton fut telle que Freddie mac annonça qu’il garantissait les crédits hypothécaires "subprime".

        Le problème est donc plus le statut des GSE. Un truc doit être public ou privé, pas les deux. GDF-Suez est l’exemple-type du statut bâtard.

        Les banques qui ont fait faillite manquaient de fonds propres.

        Je répète : elles étaient sur-leveragées.

        Nous allons aussi constater en 2009 que le LBO a poussé les entreprises à se vider de leur trésorerie, et beaucoup feront faillite en parfaite santé.

        @ gdm

        Vous n’êtes malheureusement pas le seul à penser que l’échange commercial ne créerait pas de richesses. 

        @ péripate

        Il est donc de toute première importance pour les étatistes cohérents de nier que le marché est le lieu, l’échange le moment, où se révèle l’utilité d’un bien, et, donc, sa valeur.


        Je suppose qu’aucun de vous deux n’est mathématicien, sinon vous auriez pris garde à la précision de l’énoncé : "tout échange commercial". "Pas tous" n’est pas équivalent à "aucun". smiley

        Pour développer mon humble avis, il faut prendre en compte le fait que l’acheteur est également employé, et que son achat peut le priver d’emploi ("principe walmart"). Le marché, comme la monnaie, suppose une régulation, en particulier sociale.


      • Le péripate Le péripate 1er janvier 2009 14:58

         Régulation, le mot est bien beau. Un feed-back est un exemple de régulation qui ne fait appel à rien d’extérieur au système considéré. Ce n’est pas ce que vous avez en tête, j’imagine. Peut-être le mot réglementation conviendrait mieux. Utiliser le mot régulation en lieu et place de réglementation est un vol de concept, une tromperie sur la marchandise.


      • Forest Ent Forest Ent 1er janvier 2009 15:59

        Je ne discuterai pas sur la terminologie. Il y a déjà trop de sémiotique sur AV.

        Il n’en reste pas moins que l’état n’est pas - tout au moins pas encore - un concept suranné. Il exprime un certain nombre de compromis sociaux qui ne sont pas (déjà) dispensables. Le libertarianisme excessif aura pour effet paradoxal le "réveil des nations", excessif lui aussi.


      • Gandalf Tzecoatl 1er janvier 2009 16:03

        "Il n’y a pas d’alternative à l’honnêteté de l’état"

        Un TINA qui me semble crédible, hélas.


      • Le péripate Le péripate 1er janvier 2009 16:05

         smiley C’est possible. Mais, à l’évidence, je ne vois nul part de force politique qui réclame l’abolition de l’état.
        Il s’agit plus prosaïquement d’exercer le droit garanti par l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme, qui est le droit du citoyen de demander des comptes à l’administration des moyens qui lui sont confiés. Et la création monétaire en fait partie.


      • gdm gdm 1er janvier 2009 17:02

        @Le peripate
        Vous disiez que l’usage du mot régulation cache une tromperie. Il est vrai que l’etymologie de ce mot est la "régularité", la "regle", qui implique une forme de calme et d’harmonie grace à l’action bénéfique d’un etre humain plus sage, d’une institution au dessus de la mélée de cuex qui grouillent humblement sur leur ouvrage quoptidien. Le mot "reglementation" apparait, dans l’imagerie inconsciente, comme une regle impersonnelle, froide, sans vie, sans ame, souvent imparfaite, génante pour soi-meme sous des prétextes incompréhensibles.

        La réalité est tout autre. La reglementation, c’est la respect de la loi. La régulation est l’absence de loi fixe, la variation constante des regles du jeux entre les joueurs. C’est ainsi que l’ARCEP régule le marché entre les qq dizaines d’opérateurs de telecommunication. L’ARCEP fabrique des reglementations dans un domaine incertain, sachant que ces reglementations sont provisoires. L’ARCEP juge en equité et pas en droit. Peut-etre ce comportement de l’ARCEP est-il justifié s’il est impossible de définir une reglementation stable a cause de difficultés technologiques ou juridiques.

        La régulation signifie une absence de l’Etat de Droit, une absence de lois stables et respectées par tous, y compris par l’Etat. La régulation signifie la dictature, le gouvernement par décrets successifs. La régulation est l’opposé de la réglementation.


      • Forest Ent Forest Ent 1er janvier 2009 17:18

        Terminologie... La règlementation peut aussi procéder par décrets. Pour être concrets, ce dont on aurait eu besoin là, c’était de "règles prudentielles" sur tous les produits financiers, et surtout de leur mise en oeuvre et de sanctions pénales dans le cas contraire. Appellez cela comme vous voudrez.

        Le droit du citoyen de demander des comptes à l’administration des moyens qui lui sont confiés. Et la création monétaire en fait partie.

        Question intéressante. Comment pourra-t-on demander des comptes à la BCE ?


      • Le péripate Le péripate 1er janvier 2009 19:41

         Tout à fait. La BCE existe parce que les politiques (enfin quelques uns) ont compris que la création monétaire était comme une drogue pour l’état, et qu’ils ont voulu, en guise de geste de bonne volonté, mettre la bouteille sous clé. Mais ce n’est pas suffisant, comme en témoigne la résurgence permanente d’une volonté de contrôle, la croyance en la magie de la monnaie. 

        C’est pour cela qu’il faut dépolitiser la monnaie.


      • Forest Ent Forest Ent 1er janvier 2009 22:20

        Le monde apolitique n’existe pas. La BCE a un pouvoir politique. Comment en rendra-t-elle compte aux citoyens européens ?


      • gdm gdm 1er janvier 2009 23:08

        @Le peripate
        Une maniere de dénationaliser la monnaie est d’autoriser les devises étrangeres à circuler sur le territoire controlé par l’Etat. Lorsque je dis "autoriser à circuler", cela signifie que l’usage de la devise étrangère par les usagers sera légalement aussi simple que la monnaie légale actuelle. Aujourdhui, de multiples lois rendent tres coûteuses l’usages de devises étrangères sur le sol francais.


      • Le péripate Le péripate 2 janvier 2009 00:38

         Forest, à vous lire, je vais finir par croire que vos slips et vos chaussettes sont frappés de la faucille et du marteau ! Tout est politique.... ça suffit, n’importe quel amoureux sait bien que c’est une fumisterie, pour être poli. Blague à part, dépolitiser veut simplement dire ceci : soustraire la production (dans le cas qui nous occupe la production de la monnaie) au marché politique. Votre attitude ne peut se comprendre que parce que vous hypostasiez le fonctionnement démocratique et refusez de voir la dictature de la majorité et la soumission aux lobbies qui en sont le versant obligé. Les théoriciens du "Public choice" ont très bien explicité le fonctionnement de ce marché.
        Gdm. Je doute que d’autoriser que circule la monnaie-violence d’autres états soit plus qu’une cautère sur un jambe de bois. Bien que je sois favorable à cette liberté. La monnaie d’état, si elle veut être crédible, doit pouvoir être comparée à la monnaie-confiance, à la monnaie contrat. 

        Il faut quand même rappeler que les banques centrales ont pour objectif (affiché) la stabilité des prix. On ignore souvent quels sont les outils qui leur permettent de mesurer si cet objectif est rempli ou non. Or, malgré leur apparente complexité, ces outils sont les plus frustes qu’il soit possible d’imaginer : des statistiques sur les prix, dont on imagine toutes les difficultés à les établir. En fait, même si les mesures étaient précises, il est absolument impossible de savoir si les prix ont changé parce que l’offre et la demande sur un produit a évolué, parce que la productivité a augmenté (ou diminué), ou parce que l’offre et la demande de monnaie a évolué. Sans compter que les profils de consommation ne sont pas stables, et que personne ne sait dire comment ils évoluent. L’orgueil planiste même le mieux intentionné ne peut qu’échouer devant la complexité.


      • Forest Ent Forest Ent 2 janvier 2009 14:57

        @ gdm

        Le dollar avait cours dans l’UE, puisqu’il en constituait la monnaie de réserve, et c’est justement la cause de nos problèmes. N’oubliez pas le très vieux dicton : "la mauvaise monnaie chasse la bonne".

        @ Péripate

        J’écris "tout échange n’est pas mutuellement profitable" et vous comprenez "aucun échange ne l’est".

        J’écris "un monde sans politique n’existe pas" et vous comprenez "tout est politique".

        Je vais finir par penser que vous avez des soucis avec Aristote et la logique. smiley  smiley


      • Le péripate Le péripate 2 janvier 2009 15:09

         Oui. Je trouve aussi parfois assez agréable de faire passer mon interlocuteur pour un con. Maintenant, ça ne fait pas avancer le dialogue. Dire que rien n’est apolitique était un argument pour réfuter la possibilité de dépolitiser la production monétaire, ou ça ne voulait rien dire. Je viens donc d’apprendre que ça ne voulait rien dire. Merci de cette conversation.


      • Le péripate Le péripate 2 janvier 2009 15:32

         Par ailleurs, vous faites bien d’évoquer la loi de Gresham (la mauvaise monnaie qui chasse la bonne). Elle signifie que lorsque l’état surévalue sa monnaie, les acteurs sociaux thésaurisent la bonne monnaie (privée ou d’un autre état) et se débarrassent de la mauvaise. Ce qui est un argument en faveur des monnaies privées.


      • gdm gdm 8 janvier 2009 00:02

        @Forest Ent
        Vous rapellez que le dollar fut une "monnaie de réserve". Mais cela ne signifie pas que vous pouviez valablement payer votre fournisseur, ni vos impots, en dollars. Il est donc inexact de dire que le dollar aurait été une monnaie ayant cours en France.

        Vous rapellez la fameuse loi de Grisham "la mauvaise monnaie chasse la bonne". Ce fonctionnement n’existe que dans le cas du bimétalisme par lequel un Etat imposait, par la violence de la loi, une deuxieme monnaie légale, et dont la valeur objective est inférieure à ce que prétend l’Etat.

        A mon avis, l’Etat devrait accepter la concurence de la circulation des monnaies sur son territoire. Et alors, c’est la bonne monnaie qui chassera la mauvaise. Ce seront alors les usagers qui choisiront la monnaie la meilleure.


      • jfbiz 31 décembre 2008 19:45

        Belle étude pour un auteur sans formation en économie....

        A voir le problème comme ça, on comprend mieux la faible marge de manoeuvre des politiques.
        Moi je me demande surtout ce que pourrait faire la politique aujourd’hui pour répondre mieux à cette situation ?


        • zelectron zelectron 1er janvier 2009 02:07

          Qu’est-ce que ce serait si l’auteur était férré d’économie ! il vise juste et fort malgré son handicap.


          • guiness 4 janvier 2009 18:55

            Il est vrai que les US ont déstabilisé le système en injectant massivement des dollars, mais l’émission doit être un acte responsable et est une arme à double tranchant. Ils sont au pied du mur. Cela leur a permis de se faire financer des déficits abyssaux, durant la Guerre du Viet Nam d’une part, et plus récemment avec la désastreuse Guerre du Golfe. Ils se sont servis de leur monnaie comme d’une arme, imposée comme monnaie de réserve, assurant la plupart des échanges commerciaux y compris les matières premières et le pétrole. Ce tour de force a été réalisé en deux temps : fin de la convertibilité or-dollar décidée unilatéralement en 1971 par Nixon et dévaluation à partir de 1973 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dollar_am%C3%A9ricain#2008_:_le_dollar_au_plus_bas).
            D’ailleurs, en ce qui concerne les subprimes, les banquiers ont pu avantageusement limiter leurs risques en sachant que l’état serait garant, étant donné le côté politique, et ont emballé les dettes dans des titres boursiers pour une fois de plus faire payer leurs conneries au reste du monde. Enfin, en proposant ces contrats d’escrocs, pouvant faire passer les mensualités de 600 à 1600 dollars, les banques se sont servis sur les maisons des plus modestes qu’elles pouvaient saisir ou racheter à bas prix. Ne blamons pas les banques, elles font leur métier. Blamons seulement les dirigeants qui les encouragent à prospérer.

            Parler de la monnaie comme une arme me semblait essentiel, étant donné les attaques économiques de ce genre. Nous avons vu récemment que la Chine n’hésite pas à sous évaluer sa monnaie pour rendre ses exportations très compétitives, ceci doublé d’une main d’oeuvre quasi-gratuite.
            L’Europe fait comme si le libéralisme était fair-play, est que la concurrence était libre et non faussée, en érigeant cette idée en dogme. C’est complètement faux. nous l’avons vu avec les contrats aéronautiques airbus-boeing. L’industrie aéro ne peut émerger sans une volonté politique forte, en amortissant des efforts R&D colossaux et en achetant en masse des avions de chasse pour profiter des économies d’échelles, sans parler des aspects politiques des contrats de défense et du flou artistique qui entoure la signature des contrats. D’où l’idée de revenir à une impression monétaire d’état pour financer une politique de grands travaux Keynésienne. Y-a-t-il d’autres outils économiques ?
            Devrions nous avoir une monnaie unique artificiellement gonflée par le retour des actifs sur ce placement ? Une monnaie unique forte convient très bien à l’Allemagne qui importe ses biens intermédiaires et revend des produits à forte valeur ajoutée. Elle convient moins à des pays plus laxistes au niveau des finances publiques comme la France, l’Italie et la Grèce, pays habitués aux dévaluations. La monnaie ne peut donc s’envisager sans un accord des politiques économiques et n’est donc pas apolitique à mon avis.
            J’attend donc une unité plus forte de l’Europe par rapport à sa monnaie et à la convergence des politiques économiques, sociales et environnementales afin de peser pour défendre ses intérêts et ses valeurs. Elle a tous les moyens pour réussir, les compétences, une monnaie de RESERVE, un marché de 400 millions d’habitants (solvables contrairement à la CHINE) et peut se permettre d’imposer la réciprocité à tous ceux qui veulent traiter avec elle. N’oublions pas que la chine impose des transferts de technologie et l’obligation de monter une joint-venture 50% chinoise pour accéder à son marché ! Cela permet au passage de remonter des entreprises 100% chinoises à quelques km avec notre savoir-faire bradé...

            Mon article avait pour but initial de montrer une ou plusieurs causes du déclin des classes moyennes. Aujourd’hui, elles sont dans le collimateur de la mondialisation. Dans la plupart des pays émergents, Chine, Inde, Brésil, Russie, elle est quasiment inexistante, ou du moins pas telle que nous l’entendons. Une minorité est très riche et la TV se réjouit de ses fastes, mais la majorité de leur population vit avec trois fois rien. Une telle situation n’est possible que dans des dictatures. Et c’est là le problème, la démocratie ne peut survivre sans classe moyenne, ni la prospérité économique d’ailleurs. Il est très probable que l’abus de l’endettement dérive bien du fait que les revenus des classes moyennes diminuent.
            L’exemple de la création monétaire par les banques montre une aspiration des richesses du bas vers le haut. La mondialisation par le bas et la pression des populations à très faible salaire en est une autre. J’ai fait cet article, car j’ai l’impression, que depuis les années 70, il y a une volonté politique d’écraser la classe moyenne. Paranoïa ? Ma génération, les trentenaires, n’ont connu que la peur du chômage et nous avons été poussés à faire des études. Les émeutes récentes en Grèce ou contre le CPE montrent que cela ne garantit pas à tous le maintien dans la classe moyenne (CDD à répétition, temps partiel, SMIC ou chômage). Le recul du gouvernement sur la réforme des lycée montre la peur du gouvernement du réveil de la "majorité silencieuse", colonne vertébrale du système.


            • Galuel Galuel 4 janvier 2009 23:29

              Tout es brillament expliqué là ainsi que la solution aux problèmes : http://www.michaeljournal.org/ilenauf.htm

              Le crédit social, ou comment augmenter la masse monétaire réelle de façon régulière et modérée en versant un dividende en monnaie gratuite à tous les citoyens.

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