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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise de la zone euro : suicidaire orthodoxie

Crise de la zone euro : suicidaire orthodoxie

La politique complètement folle conduite par le gouvernement espagnol et qui pousse le peuple dans la rue devrait être immédiatement arrêtée. Mais il se trouve que cette politique folle est voulue par Bruxelles.

Comme je l’écrivais déjà il y a deux ans dans Rue89, et encore en septembre dernier sur le blog Fusionnisme, il est grand temps que la banque centrale européenne change de politique. Au besoin, il serait bon que chacun soit prêt à descendre dans la rue pour y contraindre la BCE.

Les choses allant de mal en pis à mesure que les mois et les années passent, il faut d'urgence que la BCE verse, en trois tranches, 2000 à 3000 milliards d’euros (sans contrepartie, c’est-à-dire sans bons du trésor en échange, contrairement à la pratique habituelle - cf. nos précédents articles) afin de relancer les économies grecque, espagnole et portugaise, ainsi que tous les pays de la zone euro. Car même l’Allemagne a besoin d’une politique de relance, quand on sait les millions de travailleurs pauvres que compte ce pays pourtant régulièrement cité en modèle.

La première tranche permettra :

- de nationaliser les banques en difficulté

de - nationaliser certaines unités de production industrielle stratégique (acier, automobile, savoir-faire dans tous les domaines)

- - d’aider les états à rembourser une partie de leurs dettes

- - de faire de l’euro un outil de relance de l’activité, notamment par la facilitation du crédit en particulier auprès des petites et moyennes entreprises.

Mécaniquement, un tel recours à la planche à billets devrait conduire l’euro à connaître une légère érosion face aux autres devises, ce qui accroîtra la compétitivité des entreprises de la zone euro.

La seconde tranche, débloquée dans les deux ans, permettra d’accompagner le processus, en poursuivant sur les mêmes lignes, mais aussi en lançant de grand travaux et finançant la recherche et surtout dans le lancement de partenariats étroits (en particulier dans le domaine de la scolarisation, la santé, l’économie) proposés aux Etats africains, l’Afrique étant le partenaire principal et incontournable de l’Europe pour les prochaines décennies.

La troisième tranche, débloquée dans les cinq ans, permettra de prolonger ces différentes actions.

Evidemment, si ces plans se révèlent efficaces, rien n’empêchera de procéder au versement de nouvelles tranches, pour poursuivre l’aide au développement général…

Ceux qui nous dirigent seront-ils assez fous pour refuser cette solution, au nom d’un dogmatisme monétariste absurde, jusqu’à détruire l’euro plutôt que de s’en servir « hors des clous » ? Quitte à basculer ainsi nos économies, une fois l’euro disparu, dans le désastre…

Alexandre Gerbi


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7 réactions à cet article    


  • CHIMERE 24 juillet 2012 08:36

    @ l’auteur,


    Vos propositions sont pleines de bon sens,sauf que l’Euro et plus généralement l’UE n’ont pas été conçus pour cela.

    L’Euro n’est pas une monnaie d’échange,un outil économique au service de la « vraie » économie,celle qui produit des richesse grâce à ses entreprises et ses travailleurs.

    L’Euro est une monnaie de réserve.

    Au service des banques,et des fonds de pensions privés,rappelez vous qui dirige la BCE.

    Alors faisons ce que vous préconisez,mais faisons le en France,avec une devise que nous nommerons le Franc.

    Avec une banque de France au service de la France.

    Prétendre à un quelquonque pouvoir politique dans un pays qui ne dispose plus du levier de la création monétaire et du contrôle de sa masse est un mensonge.

    Sortons de l’Euro.

    Sortons de l’UE.

    Sortons de l’OTAN.



    • Antoine Diederick 24 juillet 2012 10:21

      a l’auteur,

      Il y a vraiment de quoi être en colère et être désolé...

      Cela fait plus de 20 ans que nous savons qu’il y a trop de banques et cela fait 20 ans que le secteur bancaire aurait du être consolidé par fusion des entreprises de banque....

      Ensuite, le monde politique a cru naïvement que ceci se ferait naturellement selon les lois du marché. Ensuite, il ont introduit l’euro sans penser plus loin....

      Il aurait fallu d’autorité encourager les fusions bancaires auparavant et anticiper...

      La politique, les enjeux politiques mesquins sans véritable vision d’ensemble sont en train de couler l’Europe, l’euro et tout le reste....

      Maintenant, ce sont aux hommes politiques et au monde financier de réparer les dégats, ce serait le moins à faire de leur côte comme responsables car ils ont été étourdis....et sans doute nous aussi....

      note : bien sûr il est plus facile de refaire l’histoire après.....mais les erreurs on les paye toujours après...


      • Le péripate Le péripate 24 juillet 2012 13:49

        Je pense qu’un versement immédiat de un trillion d’euros sur mon compte arrangerait de beaucoup ma situation.
        Et je mets au défi quiconque de me prouver le contraire.
        Na.


        • Loatse Loatse 24 juillet 2012 14:04

          @L’auteur,

          vous dites :

          «  il faut d’urgence que la BCE verse, en trois tranches, 2000 à 3000 milliards d’euros (sans contrepartie »

          Or,

          Si l’on part du principe que la Banque Centrale ne possède aucun stock de monnaie centrale, cette monnaie étant créée en contrepartie de titres de créances (bons du Trésor ou autres créances « de qualité ») que lui confient les banques commerciales,

          Avec ou sans contrepartie, Il faut prendre en compte le fait que la BCE ne peut imprimer un billet sans l’accord de toutes les banques centrales. Je ne crois pasque les pays « sains » vont être d’accord pour encore s’appauvrir... 

          Sauf... si on leur vend l’augmentation du volume monétaire qui découlera de ces emprunts comme la seule solution pour sortir l’eurozone de la crise..

          ps : cette dévaluation est bel et bien à l’oeuvre. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’évolution du taux de change Euro/USD, ne serait-ce que sur une année :

          http://www.ecb.int/stats/exchange/eurofxref/html/eurofxref-graph-usd.en.html



           


          • Loatse Loatse 24 juillet 2012 14:07

            modif : lire : " si on leur vend la dévaluation qui découlera de l’augmentation de la masse monétaire créée par ces emprunts..


            • Cassiopée R 24 juillet 2012 18:49

              Il y a des dettes qui sont financières, et qui ne sont pas citoyennes. Il est mathématiquement impossible de rembourser ses dettes, la Grèce ne peut pas les rembourser pas plus que l’ Angleterre ou le Japon qui sont surendettés.


              Alors qu’en Islande, le peuple a pu voter la fin des dettes sur son territoire car elles allaient détruire leur niveau de vie sur des années avec après une situation très difficile à remonter, dans l’Europe des banques, c’est réduction des budgets, socialisation des dettes et nouveau traité avec 0,5 % au lieu de 3% pour le pacte d’ (in)stabilibité.


              Celà fait des années que les banques sont renfloués avec 300 milliards en France, encore plus à l’étranger, avec de nouveau plan encore en milliards d’euros ou dollars qui ont réalisés, et cette privatisation des gains (dont une partie de l’argent ne va pas dans l’économie) aboutit à une socialisation des dettes et une hausse des prix par la spéculation. C’est un enrichissement minoritaire, et un appauvrissement des classes moyennes et populaires.

               

              La dette des collectivités locales sont très importantes dans de nombreux pays comme la Chine, les Etats-Unis ou l’Inde, c’est un phénomène mondial. La hausse des revenus des citoyens est économiquement ou financièrement, théoriser ou libéraliser, comme un danger économique, ce qui est faux. C’est une concentration des richesses qui génèrent un mécontement populaire, lorsque les capacités de vivre en société diminuent par le revenu obligatoire pour y vivre, et que les services publics et le marché du travail sont cassés.


              • Gandalf Claude Simon 24 juillet 2012 22:02

                " Mécaniquement, un tel recours à la planche à billets devrait conduire l’euro à connaître une légère érosion face aux autres devises, ce qui accroîtra la compétitivité des entreprises de la zone euro."


                Le fait est que les pays qui font régulièrement du quantitative easing, bref tout les pays sauf l’eurozone (UK, US, Canada, Japon entre autres), ont des monnaies qui s’affermissent face à l’euro. J’aurai tendance à dire que les marchés accordent plus de valeur d’usage à la monnaie qu’à sa valeur de capitalisation, ce qui en soit est une appréciation judicieuse de la monnaie que n’en ont nos élites européennes.

                Sinon, concernant l’article, vous avez sans doute la main un peu lourde, mais vous avez au moins le mérite de démontrer que l’eurozone est bel et bien victime d’une doctrine et d’une Allemagne arc-boutée sur la morale acquise après le nazisme plus qu’autre chose. Et surtout que cette crise pourrait être éludé en très peu de temps.

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