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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise de liquidités ou de solvabilité ?

Crise de liquidités ou de solvabilité ?

Depuis le début de la crise, les experts réels ou autoproclamés avaient tout compris. Pour les uns et les gouvernements, ce serait une crise de liquidités. Pour les autres, c’est une crise de solvabilité.

Qu’en est-il vraiment et que se cache-t-il derrière ce sabir de financier ? C’est ce que je vais tenter d’expliquer à l’aide d’un exemple concret.

Illiquide ou insolvable ?

Illiquide

Vous possédez une maison qui vaut 300 000 €. Vous l’avez entièrement payée, et vous ne remboursez pas ou plus aucun crédit pour cela. Suite à un problème quelconque - disons une invasion de castor qui a détruit vos fondations, votre maison a besoin de 25 000 € de travaux, sans quoi elle va s’effondrer. Or, vous ne disposez pas de cet argent. Vous êtes donc illiquide, car vous disposez totalement d’un actif (votre maison), mais qui n’est pas monnayable facilement, mais vous avez besoin d’argent rapidement.

Votre situation n’est cependant pas désespérée. Vous pouvez toujours revendre votre maison. Certes, les travaux à faire conjugués à l’immobilier en chute libre vont vous faire réaliser une mauvaise affaire, et vous revendrez votre maison à 200 000 € à une famille qui adore les castors. Mais cela vous permet de repartir, peut-être avec une maison plus petite, mais vous avez sauvé au mieux votre situation en restaurant votre liquidité.

Insolvable

Votre voisin possède aussi sa maison qui en vaut autant que la vôtre – c’est un de ces nouveaux quartiers résidentiels avec les maisons toutes pareilles. Contrairement à vous, votre voisin a un crédit pour lequel il lui reste 250 000 € à payer. Et comme vous, il a aussi besoin de 25 000 € de travaux (les castors sont passés chez lui aussi).

Votre voisin n’a pas plus l’argent pour commencer les travaux, mais, contrairement à vous, sa situation est désespérée. La différence c’est que votre voisin est insolvable, car la vente de ses actifs (sa maison) ne couvre pas la dette qui lui reste à régler. Il est en faillite et quoi qu’il fasse (revendre sa maison ou la laisser s’effondrer), il ne lui restera plus rien après.

Transposition aux établissements financiers

Les banques et établissements financiers ont acheté en masse des produits financiers complexes ayant de fortes perspectives de rentabilités. La crise les oblige à constater que ces produits ont une valeur bien moindre que la valeur d’achat. Or, pour acheter ces titres « pourris », les banques se sont endettées entre elles, aidées en cela par une politique de taux très bas pour les prêts consentis entre banques, et de baisse (ou contournement par les paradis fiscaux) des ratios prudentiels. Pour dire cela plus simplement, les banques ont emprunté tout ce qu’elles pouvaient à 2-3 % pour acheter des titres qui devaient gagner du 20 %.

Elles se sont même livrées à une course à l’échalote : les établissements ayant mesuré le risque de ces montages se faisant traiter par les autres d’archaïques et surtout dégageant moins de rentabilités immédiates, se sont pour une bonne part retrouvés entraînés dans cette histoire de gré ou de force par la demande de leur clientèle.

Aujourd’hui, ils se retrouvent avec des actifs achetés à crédit qui ne valent plus qu’une fraction de leur prix d’achat (typiquement moins de 10 % du prix d’achat aujourd’hui). Ils sont donc dans la situation d’insolvabilité : la revente de la totalité de leurs actifs ne suffit pas à couvrir leurs dettes. Techniquement, toutes les banques et établissements financiers qui ont joué à ce petit jeu sont en faillite, et ça en fait beaucoup.

Les gouvernements ont un plan !

Après avoir ignoré le problème pendant des années, nos gouvernements en sont à le nier tout en s’accrochant à la thèse de la crise de liquidités.

Ils veulent nous « vendre » cette hypothèse pour des raisons finalement assez simples : une crise de liquidités ne remet pas en cause le système, alors qu’une crise de solvabilité implique que le système n’est pas viable.

Dans les faits, s’il s’agissait d’un manque de liquidités, il suffit de remettre de l’argent dans le système, on passe le mauvais moment, et on repart peut-être un peu plus petit, d’un peu plus bas, mais sans rien changer fondamentalement. Or, on se rend bien compte que les milliers de milliards de dollars et d’euros injectés dans le système avec la frénésie du désespoir n’y changent pas grand-chose, ce qui détruit cette hypothèse de la crise de liquidités. Le problème est bien plus profond que cela. La reconnaissance des causes réelles de cette crise implique une telle remise en cause du système qu’il sera bien difficile aux personnalités politiques l’ayant mis en place de reconnaître qu’ils se sont fourvoyés depuis trente ans, et que cela a mené le monde à une catastrophe - sans oublier la réaction populaire consécutive à un tel aveu : des révolutions ont commencé pour moins que cela.

C’est bien un cancer qui ronge le monde néolibéral, et il n’est à mon humble avis déjà plus traitable.


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30 réactions à cet article    


  • iris 13 octobre 2008 12:41

    l’argent n’a pas tout disparu-il ne s’est pas volatilisé comme par enchantement !!
    il est bien quelque part et surement bien à l’abri dans quelques paradis fiscaux !! qui l’a planqué ??


    • Dominique Larchey-Wendling 13 octobre 2008 13:01

      L’argent a disparu parce qu’il ne correspond pas à de la richesse : c’est de l’argent-dette ! Il a été fabriqué par l’emprunt massif ...



    • makikou 13 octobre 2008 13:27

      Pour faire simple (même si ca ne se passe pas exactement comme ca, la modélisation est valide)
      Imaginez que vous ayez 104 000 euros et que vous les déposez à la banque. Celle-ci met 4 000 euros dans un compte BCE à cause du taux directeur de 4 % (elle récupérera sa tune à la fin du crédit quand il sera remboursé) ainsi elle peut créer un crédit de 100 000 euros.
      Un type, Mr A, totalement insolvable vient et demande ce crédit. Il achète une maison surévalué à Mr B. Ce dernier dépose ces 100 000 euros à la même banque qu’au début.
      On voit bien ici qu’il n’y a pas d’argent la banque à la fin n’a toujours que 100 000 euros dans ses caisses et 4 000 dans un compte BCE. Mais Le premier type et Mr B eux ont l’impression qu’il y a 204 000 euros dans le système.

      Maintenant dans un système normale Mr A travaillerait pour rembourser son crédit. Disons qu’il produit des pommes et les vends pour une certaine somme au premier type et à Mr B pour ainsi rembourser son crédit. A la fin il y aura toujours 104 000 (les intérêts sont remboursé parce que le banquier aussi mange des pommes) euros dans la banque mais Mr A aura une maison et le premier type et Mr B auront mangé leur pomme. Ou alors on trouvait un autre pigeon pour acheter la maison, transfert de dette.

      Mais voila il n’y a plus d’activité et Mr A ne peut donc pas rembourser son crédit. La banque se retrouve avec 2 clients qui croient avoir 204 000 euros alors qu’elle n’en a que 104 000. Elle est donc coincée.
      Il n’y a donc pas d’argent à cacher c’est bien ca le pb.
      Et ca c’est la version simple maintenant imaginez que l’argent déposé par Mr B a était utilisé pour faire d’autre crédit peut être tout aussi insolvable, et vous comprendrez la crise.
      Avec un taux à 1% comme c’était le cas à un moment avec 100 euros, les banques pouvaient créées 10 000 euros de crédit.


    • makikou 13 octobre 2008 13:38

      Dans la réalité rien quand déposant 4 000 euros la banque créer 100 000 euros de crédits (ca rend l’argent encore plus difficile à tracer) si Mr B dépose l’argent dans la même banque pas de pb par contre si il dépose l’argent dans une autre banque alors ils échangeront des lignes de crédits. Notre banque sera débitrice de l’autre.
      Si l’autre banque refuse (elle aussi doit avoir un peu de fond pour créditer un compte BCE), c’est donc soit à une autre banque qu’il faut demander un autre crédit soit à la BCE dans une opération au jour le jour (ou à la semaine) soit la banque se met en faillite.
      Au final avec 100 on créer toujours 10 000 à 1% mais la c’est une véritable usine à gaz ou tout le monde est dépendant des autres.



    • Bernard Dugué Bernard Dugué 13 octobre 2008 12:48

      Bonjour,

      Votre mise au point est claire. Elle rejoint mes intuitions sur le problème de solvabilité des ménages, justifiant ainsi le plan que j’ai tout récemment proposé


      • aquad69 13 octobre 2008 13:13

        Bonjour Wesson,

        bien d’accord avec vous : il y a une crise de liquidités ET de solvabilité ; les Etats ont répondu à la première, mais la seconde est bien plus grave et plus irrévocable ...

        De toutes façons, malgrès ce que nous annonce aujourd’hui sur Avox un Grand Philosophe (!), c’est hélas loin d’être fini : il y aurait déjà de gigantesques problèmes à prévoir à l’horizon 2009 ou 2010 pour les banques -en grande partie françaises, hélas pour nous- qui auraient fait de grosses opérations LBO en 2007, en pariant sur le futur développement des profits des entreprises visées : vu l’horizon actuel, il y a peu de chances qu’elles ne gagnent leurs paris.

        Au delà d’une grande inconnue qui est la chute ou non des fonds de pensions américains, il est à craindre que le cycle suivant ne soit les faillites successives des Etats eux-mêmes, en commençant par les plus fragiles, certains d’entre eux parmis les plus endettés des pays du Sud, mais suivis par beaucoup d’autres que nous pensions insubmersibles : les nôtres !

        Bon ! Sans entrer dans des prospectives hasardeuses et apocalyptiques, les simples conséquences des évènements auxquels on vient d’assister sur l’activité économique en général vont d’ore et déjà entraîner des conséquences sociales gigantesques... 

        Coprdialement Thierry


        • Alpo47 Alpo47 13 octobre 2008 13:49

          Et pour ajouter de la crise à la Crise, il faut tout de même se rappeler les sommes en jeu. Les dépots des ménages, simplement en France, sont compris entre 1600 et 3000 milliards d’euros, fonction des produits considérés.

          Alors, lorsque le gouvernement annonce qu’il garantit nos dépots, on voit tout de suite que cela lui est impossible. Le "truc", c’est qu’en principe, à compter du moment où le gouvernement affirme cette garantie, on pense qu’il n’y aura jamais besoin de l’utiliser. Risqué, très risqué ...

          Quant à garantir les banques, c’est du même ordre, en fait nos banques sont (Too big to be safe) trop grosses pour être sauvées ...

          Alors, toujours rassurés ?


          • iris 13 octobre 2008 14:50

            que proposez vous ??
            tout rétirer des banques- et- mettre l’argent au congélateur ou s’en servir pour sur consommer et faire^des provisions ??


            • del Toro Kabyle d’Espagne 13 octobre 2008 16:07

              @ Wesson

              Ça nous change de ce que raconte la presque écrite et audiovisuelle smiley

              En Espagne, Santander a fait un très gros coup : continuer à louer des locaux qu’elle venait de vendre.
              Du grand art d’argentier ...

              En prime, le mec s’appelle Botín smiley


              • S2ndreal 13 octobre 2008 18:46

                Wesson,

                Excellent, j’ai compris que les banques sont insolvables. Elles se tenaient toutes par la barbichette. Les subprimes ont fait lacher une banque. Tout le monde perd ou va perdre.

                Je comprends aussi que nos politiques tentent de sauver ce système intenable avec des déclaration tendant à nous faire avaler que tout va bien. Le truc peut exploser en vol n’importe quand. Je commence à comprendre les déclarations lénifiantes d’A. Minc. Il est obligatoire d’y croire sinon nous sautons tous. Comme le truc ne peut pas tenir, il va exploser un peu plus tard.

                Je fais partie des exclus de ce système. Son effondrement va certainement me tuer, mais au moins je ne mourrai pas seul. Je vous souhaite bonne chance. Tâchez de ne pas vous faire enfumer une nouvelle fois avec ces théories.

                J’ai pu lire quelques croyants totalement sincères défendant bec et ongles ce truc. Je crois qu’ils sont juste terrifiés. S’ils ont tort, c’est tout leur monde qui s’effondre.


                • barbiche 13 octobre 2008 20:05

                  Bonjour,

                  Cette crise de liquidités n’est pas claire, je suis bien d’accord. On dirait que les banques mentent et que les états jouent le jeu.

                  Car, si il est vrai que les banques ne se prêtent pas, il y a au moins une bonne nouvelle : c’est que certaines banques ont de l’argent.
                  Or je peux comprendre que les bonnes banques ne prêtent pas aux mauvaises mais je ne comprends pas qu’elles ne prêtent pas aux bonnes entreprises ... En effet, on nous dit que les bonnes entreprises ne trouvent pas à se financer ... Or un bon entrepreneur appellera toutes les banques avant d’appeler l’Etat à l’aide. C’est donc les entrepreneurs qui nous disent qu’aucune banque n’a pu leur prêter de l’argent et ainsi que toutes les banques sont illiquides !? (et probablement ou bientôt insolvables).

                  On est malheureusement obligé de trouver la vérité par nous-mêmes, nos élites mentent sans remord aucun. Quand on a vu Sarko à 20H00 dire que le traité de Lisbonne n’est pas le traité constitutionnel européen, sans personne pour relever à part le FN et les communistes, il n’y a plus rien à attendre d’eux. C’est la trahison généralisée. Vendez l’euro pour des pièces d’or ou d’argent.

                  Pourtant si les banques réclament des garanties inter bancaires, ce n’est pas pour rien. Il y a certainement des banques qui ont de l’argent. Seraient-ce dans les paradis fiscaux ? On se rappelle aussi cette proposition d’un gars de l’UMP qui voulait amnister les comptes off shore. Quels sont les montages avec les paradis fiscaux ? Et pourquoi on veut tout réformer sauf les paradis fiscaux !? Et ce Luxembourg qui nous commande alors que c’est un paradis fiscal europpéen !

                  Je crois aussi que l’argent perdu par les banques est ailleurs et qu’il existe. Les banques créent des liquidités en créant une dette (qu’elle titrise ensuite pour la virer de leur bilan !). Mais les liquidités subsitent tant que la dette n’est pas remboursée. Si les banques se servent des liquidités pour acheter des actions, l’argent va à celui qui vend les actions. Et ensuite ... ou va cet argent ? où est-il ? En Chine ? Au Luxembourg ?








                  • licorne 13 octobre 2008 20:10

                    vous avait pas presisé que les banque ce pretent de l’argent entre elles afin d’augmenter leur "actif".... ca fait juste empirer la chose...

                    mais nous pouvons etre rassurer l’etat va emprunter 360 milliard d’euro pour relancer la machine infernal sachant qu’il y a environ 35 million de contribuable en france, nous avons donc tous une dette d’environ 10 000€ que nous allons payer avec nos impots (qui soit dit en passant risque d’augmenter pour la cause).

                    Donc les banques se porterons tres bien et n’aurons pas fait faillite, nous pourrons continuer a rembourser nos emprunt et surtout a en faire d’autre pour entretenir le systeme... et vu que l’on a gagner des dettes que l’on rembourse sur nos impots on aurat pas d’autre solution que de vivre un peu plus a credit....(je vous laisse imaginer l’evolution du pouvoir d’achat)...


                    bref nous avons reussi le pari insensé de l’eguer a nos generation future un patrimoine de dette, de credit, d’emprunt, etc.... tous ca pour que les plus riche ne perde pas leur fortune ? (avez vous entendu dire qu’un millardaire se soit retrouvé ruiné ?, juste des entreprise qu’il ont vendu et qui licencie maintenant)....


                    a que c’est beau le concept de la croissance perpetuel..... mais plus on monte plus la marche est haute pour redecendre !!!!


                    • frédéric lyon 13 octobre 2008 21:09

                      Camarades !

                      Il est temps d’abandonner le socialisme et l’etatisme, qui sont tout deux responsables de la crise financière que nous venons de vivre.

                      Rejoignons le capitalisme aussi vite que nous le pourrons.

                      En effet :

                      La crise financière a été provoquée par l’intervention de l’Etat et du Gouvernement Américain dans l’attribution des prêts hypothécaires, dans le but d’inciter les banques à prêter aux ménages non-solvables, surtout si ceux-ci faisaient partie des minorités ethniques.

                      Ce sont les gouvernements américains, démocrates et républicains confondus qui, depuis trente ans, ont créé cette monstrueuse bulle financière en incitant et même en obligeant les banques à "faire" du subprime.

                      Car c’est bien l’Etat fédéral américain qui a créé la Federal National Mortgage Association (FNMA) et la Federal Home Loan Mortgage Corporation (FHLMC), plus connues aux Etats-Unis sous leurs surnoms de "Fannie Mae" et "Freddie Mac".

                      Ces deux institutions avaient pour mission d’émettre des obligations garanties par l’Etat pour financer des banques, elles-mêmes émettrices de prêts à taux préférentiels destinés à des ménages pauvres.

                      Bien que privatisés par la suite, ces deux organismes bénéficiaient d’un statut très spécial, celui de "Government Sponsored Enterprise". Elles avaient moins d’obligations que les autres banques de publier leurs comptes, payaient moins de taxes et bénéficiaient de la garantie implicite de l’Etat en cas de coup dur.

                      Les banques ont donc continué à utiliser Fannie Mae et Freddie Mac pour refinancer des crédits accordés à des ménages de moins en moins solvables.

                      C’est donc bien l’interventionnisme forçené du gouvernement Américain dans l’économie des prêts immobiliers qui a provoqué la crise.

                      Camarades socialistes ou interventionnistes, il est temps d’abandonner les chimères et de revenir dans le monde réel.


                      • philbrasov 15 octobre 2008 22:09

                        fannie mae.... émets les T BONDS... garanties par l’état US... qui les refourgue aux créditeurs des USA.
                        Chine, Japon , Inde allemagne etc... etc.... pour des montants de 3500 mulliards de US$./.... T bonds qui aujourd’hui ne sont plus négiciables...... 
                        Tout cela rajouté à des yoyos douteux sur le prix du baril....
                        on peut penser que la grande bataille financière de ces derniers jours et qui n’en est qu’à son début, fera en premier lieu les victimes parmi les créditeurs... et non vers LE DEBITEUR de la planète...

                        bref le créditeur s’est fait entubé par le débiteur..... 
                        Il est vrai que dans un système réellement capitaliste,, nous n’aurions pas eu cette "crise"

                        Mais en est -elle UNE. ???


                      • barbiche 13 octobre 2008 21:19

                        Après avoir vu un peu mieux la solution aux prêts interbancaires, je corrige :

                        En fait la garantie ne s’applique pas de banque à banque, mais d’Etat à banque. En gros, les banques filent une dette pourrie à une institution nationale en échange de liquidités.

                        Comme ça ils évitent de parler de nationalisation, ils font croire que tout va bien, ils cachent le cadeau par une garantie bidon. Ils donnent de l’argent aux banques quasiment sans contrepartie !

                        Quand les ricains nationalisent, au moins ils avouent. Mais ici on cache. On cache tellement qu’on finit par donner sans contrepartie.


                        • licorne 13 octobre 2008 21:40

                          effectivement l’etat a "acheter".... des dettes.... qui sont toujours des dettes..... donc en plus de d’avoir depensé 360 milliard d’euro il a recuperé "360 milliard d’euro de dette" !!!!!!


                          coute de l’operation 720 milliard d’€, soit 20 000 € de credit a nom de chaque contribable....


                          "attention ce commentaire et purement ironique, a ne pas prendre au premier degré...."

                          quoi que....


                          • Céphale Céphale 13 octobre 2008 23:32

                            Il y a plus de vingt ans, Maurice Allais décrivait déjà le système financier comme un château de cartes prêt à s’écrouler. Ce qui a provoqué l’écroulement auquel nous assistons, c’est la perte de confiance des investisseurs.

                            Les dirigeants européens reconnaissent eux-mêmes que nous sommes dans une crise de solvabilité et non de liquidités, puisqu’ils disent aujourd’hui qu’ils vont "restaurer la confiance".

                            Mais là, ils se mettent le doigt dans l’oeil ! Injecter des liquidités ne changera rien.


                            • wesson wesson 13 octobre 2008 23:42

                              Bonsoir tout le monde et merci à tous d’avoir contribué,

                              j’ai écrit cet article Samedi soir, sans avoir les informations de ce qui a été décidé dimanche.

                              De ce que j’en ai compris - pour l’europe - l’état va garantir tout prêt entre banque par des bons du trésor.

                              Pour faire simple, je te files 100 balles et si tu ne peux pas me les rembourser, c’est l’état qui va me les rendre, avec les interêts.

                              dans ces conditions là, que les banques sont pas solvables n’a plus beaucoup d’importance, elles disposent directement de la richesse publique. Il fallait oser !

                              Evidemment, ça va remettre la bourse à flot, mais ça ne fera que déplacer le problème en l’amplifiant. il est trop tôt pour se livrer à l’interessante prospective de quand ça repètera, ce qui m’apparait comme certain, c’est que le problème n’est pas du tout réglé.

                              Nous vivons décidément des temps nouveaux.


                              • Internaute Internaute 14 octobre 2008 08:21

                                Quand vous écrivez — Or, pour acheter ces titres « pourris », les banques se sont endettées entre elles, aidées en cela par une politique de taux très bas pour les prêts consentis entre banques, et de baisse (ou contournement par les paradis fiscaux) des ratios prudentiels.

                                Vous pointez le seul vrai problème. Les banques se sont mises à spéculer en bourse et que ce soit avec des prêts hypothécaires ou d’autres valeurs cela n’a pas beaucoup d’importance.

                                Le rôle d’une banque est de servir d’intermédiaire financier et de gagner sa vie ainsi. Ce n’est pas de spéculer en bourse. Pour l’avoir oublié, Lehman Brothers qui a traversé 3 guerres et toutes les récessions sans trop de dommages a fait faillite comme un débutant.

                                Il est inadmissible qu’une banque emprunte pour aller placer sur des marchés papiers. C’est la première règle à imposer dans le nouvel ordre financier.Même les banques qui gèrent des fonds de placement devraient se limiter à jouer avec l’argent des clients du fond.


                                • wesson wesson 14 octobre 2008 10:13

                                  @Internaute,

                                  bonjour Internaute,

                                  bien vu, et pas faux. Il faut cependant se replacer dans la situation d’il y a 2 ans : les banques qui ne jouaient pas à boursicoter étaient ringardes, archaïques et surtout, elles ne dégorgaient pas autant de rentabilité financières. 
                                  Je vous invite à aller sur le site de IceSave - une filiale d’une des banques d’islande - maintenant nationalisé, et qui il y a quelque jour proposait une rentabilité de jusqu’à 7%. 

                                  c’est bien un des problèmes du capitalisme. Même si des opérateurs ont vu, et pour certains très tôt, que tout cela courait à la catastrophe, ils n’en ont pas moins été balayés par les forces de la concurrence, et de la cupidité. Face à la raison, l’appat du gain l’emportera tout le temps. 

                                  Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, je partage effectivement votre opinion d’imposer aux banques de ne pas aller jouer en bourse - mais il reste un problème de taille : comment dégonfler la valeur de ces actifs pourris sans mettre les banques en faillites (si ils sont payés à leur prix réel), ou sans mettre les états sur la paille (en les payant à un prix proche du prix d’émission ...) ? C’est une question à laquelle je n’ai pas de réponse, et qui décidera portant de l’avenir de l’économie mondiale.


                                • Internaute Internaute 14 octobre 2008 12:05

                                  Je me suis fait la même réflexion. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de la traduction d’un article américain puis, en voyant le nom de l’auteur, je me suis dit qu’il doit être canadien. En effet, un français aurait parlé de termites ou d’inondations mais jamais de castors. smiley


                                • wesson wesson 14 octobre 2008 17:05

                                  @PaPy

                                  Bonjour Papy,

                                  "Pourquoi vous en prenez vous aux castors ?"

                                  Honnêtement, je ne le sais pas ! ça m’a traversé la tête, sans que je puisse savoir pourquoi.

                                  Je plaide la folie passagère !


                                • Muadib 14 octobre 2008 11:38

                                  Je me permettrais juste de compléter en insistant sur ce point :

                                  "La crise les oblige à constater que ces produits ont une valeur bien moindre que la valeur d’achat"

                                  La première crise est une crise de l’information.
                                  Si les banques connaissaient précisément les actifs qu’elles possédaient, leur variance, l’espérance de gain, la composition du portefeuille...Alors, elle pouvait se permettre de s’endetter pour investir dans ces actifs.
                                  On peut comparer la banque à une entreprise ( ce qu’elle est) qui investit dans un nouvel emplacement et est prêt à s’endetter ( raisonnablement) pour le construire vu que l’espérance du gain de ce nouvel emplacement dépasse le passif créé par la dette.

                                  On peut cependant se dire que l’endettement entre les banques peut devenir malsain vu les risques d’emballement lors d’une crise de confiance.

                                  Le fait donc que des banques cherchent des actifs à rentabilités supérieure ne me dérangent pas. La banque est un investisseur qui se doit de chercher de tels actifs.
                                  Sinon, elle devrait répercuter cette absence de rentabilité sur ses clients.
                                  Et, effectivement, dès qu’une banque commence à investir, les autres doivent suivre sous peine de voir leurs tarifs exhorbitants par rapport à la banque qui investit.

                                  Tout ceci pour en revenir à l’autorité de régulation et de contrôle de l’état qui devrait forcer les banques à évaluer précisément leur exposition au risque.

                                  A ce niveau, on a l’impression qu’ils sont encore à l’âge de pierre.

                                  En conclusion, manque d’information => mauvaise connaissance du risque => mauvaise gestion de l’expostion au risque.
                                  Quand tout va bien et que ca monte, on est tranquille.
                                  Quand ça va mal, on est insolvable.
                                  Typique d’une mauvaise gestion du risque.


                                  • philbrasov 15 octobre 2008 22:16

                                    les fameux AAA...... 
                                    3 qui comptent dans ce monde... et toutes américaines.....



                                  • Muadib 19 octobre 2008 15:55

                                    Les agences de notation n’ont rien à voir là dedans.

                                    C’est à la banque de savoir quelle est l’exposition au risque de ses actifs et cela ne peut etre réduit à "AAA" ou chiffres magiques.

                                    Tout au plus peut-on le considérer comme un indicateur.

                                    Il n’y a guère que dans la réassurance que ces notations sont encore les seules données disponibles.


                                  • Gilles Gilles 14 octobre 2008 11:47

                                    Le plan européen qui recapitalise en partie les banques avoue que c’est une crise de solvabilité.........

                                    Quant à la garantie de 360 G€ elle est censée couvrir ces dettes si elles venaient à être irrécupérables, ce que personne ne sait encore. Je ne vois pas comment cette crise peut s’arrêter tant que ces titres toxiques seront toujours non fiables et encore dans la nature


                                    • wiztricks 14 octobre 2008 20:53

                                      Aujourd’hui nous entendons des voix qui osent prétendre que les Etats pourraient retirer un profit substanciel de l’opération prétextant qu’il ne s’agit que d’un problème de liquidité. 

                                      Demain, ils nous expliquerons qu’il y a des problèmes de solvabilité et qu’une partie ces milliards auront servis qu’à éponger la dette des banques, aux frais du contribuable.

                                      C’est de la com... pour ménager l’opinion.


                                    • Barrous Barrous 5 janvier 2010 18:56

                                      @Wesson
                                      L’article est un peu vieux mais je viens de le lire et j’adore smiley
                                      Je n’ai pas un background économique ou financier, mais j’ai commencé à m’intéresser à ce domaine assez récemment, en plus je suis un fervant adepte de la pédagogie et de l’explication par l’exemple. Ce sont les deux raisons pour lesquelles j’ai particulièrement apprécié cet article.

                                      J’ai une question (en fait deux mais elles sont liées) : si j’ai bien compris, le problème est que les banques se sont retrouvées dans une situation d’insolvabilité, càd de devoir rembourser les crédits qu’elles se sont accrodé mutuellement, alors que les actifs achetés avec ces crédits ont perdu leurs valeurs. Donc le problème est de ne pas pouvoir rembourser les dettes, d’où ces deux questions :

                                      1- si les banques avaient acheté ces actifs sans faire de crédit (à partir de leurs fonds propres), est-ce que l’argent perdu (valeur d’achat - valeur actuelle) aurait quand même fait faire faillite aux banques ?

                                      2- prenons trois banques : A et B et C, et supposons que chacune a prêté à la suivante 1 millon d’euros et emprunté de la précédente à peu près la même somme. Si les trois banques se sont retrouvées dans l’impossibilité de rembourser ces crédits, pourquoi ne pas annuler tout simplement les trois crédits, au lieu d’opter pour un plan où l’état donne à chacune 1 million d’euros pour qu’elle le donne à la suivante ?
                                      En réalité les sommes engagées ne sont pas bien sûr identiques, mais le système bancaire est un circuit fermé : l’argent qui part dans une banque va dans une autre. Il s’agit donc ré-équilibrer tout ça dans le cadre d’un consensus inter-bancaire. Sauf si l’argent perdu aurait quand même mené les banques à la faillite, ce qui nous ramène à la première question.

                                      Merci d’avance pour votre réponse smiley


                                      • wesson wesson 5 janvier 2010 19:47

                                        bonsoir barrous,

                                        1 - le système bancaire repose sur le fait que pour prêter une somme de 100, une banque n’a besoin de disposer dans ses fonds propres que d’une somme de 5, et crée ex-nihilo l’argent restant, les 95, par un simple jeu d’écriture informatique. Cet argent n’existe alors que par la promesse que vous faite de les rembourser.

                                        Maintenant, si ce que vous avez acheté 100 n’a plus qu’une valeur de 50 et que vous ne payez plus, la banque va vendre le bien à 50 donc encaissera une moins-value sur ses fonds propres cette fois-çi de - 50, soit 10 fois plus que les fonds propres engagés.

                                        Et c’est comme cela que les banques se sont retrouvés techniquement en faillites avec des fonds propres qui se sont retrouvés fortement négatif et donc une nécessité de re-capitaliser.

                                        2 - Les circuits financiers sont certes pour une bonne part en circuit fermé (quoiqu’il faille relativiser, le crédit est un instrument indispensable au développement de l’économie réelle, d’où le besoin de banques capable d’en accorder pour au moins financer des projets réels). Cependant, il faut bien comprendre que le capitalisme en général et l’esprit anglo-saxon en particulier accorde au paiement d’une dette une importance au delà de tout ! Partir de l’hypothèse que l’on puisse effectuer un « reset » sur les crédits en cours et annuler des dettes, il y a là quelque chose contre laquelle l’oligarchie financière et dirigeante se battra jusqu’au dernier sang.

                                        Et pourtant, pour sortir de la crise actuelle sans devoir livrer une guerre mondiale passerait à mon sens obligatoirement par une annulation massive de ces dettes non-remboursables.

                                        et pour finir je précise que je ne suis pas non plus du tout un spécialiste des questions économiques, ce que j’écris est juste le reflet de la compréhension que j’ai de l’économie, limitée par la débilité de mon esprit.


                                      • Barrous Barrous 6 janvier 2010 19:23

                                        Bonsoir Wesson

                                        1- Ca voudrait dire que même si ces actifs avaient été achetés sans crédits, les montants investis sont tellement énormes qu’ils auraient causé la faillite des banques ? Comment elles ont pu s’enliser autant dans un seul type d’investiment ?!!! Il est certain aussi que le top management des banques savait qu’en cas de faillite, ils auront des parachutes dorés... donc ils seront pas touchés, ou plutôt seront très bien rémunérés smiley
                                        Doooooooooooooonc... smiley

                                        2- Rembourser la dette à tout prix ? Même au prix de crises touchant toute l’économie avec les conséquences qu’on connait ? Ceux qui soutiennent de tels principes seront forcément ceux qui en profitent : les grandes banques privées à la Rotchild et Rockfeller...

                                        Vous n’êtes pas spécialisé en économie mais vous expliquez très bien smiley
                                        Ca confirme une autre de mes théories : on apprend toujours mieux en apprenant tout seul smiley

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