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Accueil du site > Actualités > Economie > Crisis ? What Crisis ?

Crisis ? What Crisis ?

Quels salariés, patrons victimes de la mondialisation n’ont pas rêvé de voir s’effondrer l’architecture idéologique néo-libérale qui confinait ces derniers temps à de la lobotomie, de constater qu’actuellement la plupart des hedge-funds et autres LBO mettent la clé sous la porte ?

Beaucoup d’entre nous en avions rêvé, les marchés financiers l’ont fait.

Oh, bien sûr, c’est sans compter sur un probable stop-loss nommé Barack Obama (rien ne va plus, les jeux sont faits). Si cette association de mots semble baroque, au bas mot, on peut assez prudemment pronostiquer une chute des places boursières et financières pour encore une semaine maximum, affichant un rebond de façade ou de bienvenue pour le retour aux affaires des démocrates à Washington. Il est probable que ceux qui devront encaisser leurs pertes ou leurs banqueroutes sur les marchés financiers seront alors relégués à l’anonymat, étant renvoyés au réexamen de leur éthique ou de leurs prétentions pour quelque temps.

Pour l’heure, la faillite ultralibérale financière a laissé place au traditionnel étatisme clientéliste, dans l’urgence. On pourrait constater que la place d’idéologie hégémonique est vacante, mais les prétendants agissent en ordre dispersé, le retournement de vestes ou un pragmatisme idéologiquement invertébré suffisant largement à assurer l’intérim.

Cependant, cette crise a permis de mettre un terme à la légitimité des tentatives suivantes :

- retraites par capitalisation ;

- privatisation de l’école, de la santé, du réseau routier, de la police et de la justice, de l’air que nous respirons ;

- crédit hypothécaire à la française ;

- manipulation consistant à justifier la désétatisation au prétexte que les caisses sont vides, alors que l’on trouve les centaines de milliards (du moins comme caution) pour sauver le sommet de la chaîne alimentaire.

Cependant, cette crise ne mettra pas un terme :

- aux paradis fiscaux. On peut bien avoir la vocation politique sans pour autant être désireux d’y jouer sa vie ou ses relations ;

- à une monnaie européenne basée sur l’asservissement du travail au profit d’un capital ex-nihilo ;

- à un secret bancaire dont les quelques qualités permettent de dissimuler toutes les manipulations.

Nous rentrons dans une ère où l’étatisme malmené depuis longtemps risque de décevoir, quand bien même il constituera un paravent au tout libéral. L’Etat n’est-il pas le meilleur garant des privilèges, là où le libéralisme est le meilleur garant des situations de propriété dominante ?

Cependant, l’étatisme français a la particularité de préserver la capacité des individus (éducation, santé, etc.) au détriment de la prétendue liberté libérale, qui n’est qu’un piètre cache-sexe à la défense de la propriété constituée par la fraude, les relations, ou le privilège, et qui n’attend que la régénération de la pauvreté et de l’inculture pour mieux l’exploiter. Du moins, cette crise permettra-t-elle sans doute de préserver ce pilier de la société française (la capacité donc), fortement rogné par les sirènes libérales lors des années précédentes.

Par ailleurs, le libéralisme défendant la liberté individuelle est incapable de démontrer que celle-ci n’entraîne que la responsabilité de l’individu exerçant sa liberté, et non de tout ou partie de la collectivité (c’est la justification essentielle de l’interventionnisme ou de la régulation).
Il suffit qu’une agence de notation soit irresponsable du fait d’un conflit d’intérêt, puisque les banques les rémunèrent pour les produits financiers qu’elles notent, pour que toute l’économie mondiale aient quasiment tous ses indicateurs dans le rouge. Autant la liberté de l’un s’arrête où celle de l’autre commence, autant la responsabilité ou plutôt l’irresponsabilité de l’un ou l’autre est rapidement contaminante.

Extrait de commentaires via mail à Standard & Poors, à propos des produits titrisés incluant des certificats subprimes :

« Espérons que nous soyons tous riches et en retraite le jour où ce château de carte s’écroulera ».

Ou encore :

« - Ce contrat est ridicule.
- Je sais. Le modèle utilisé ne décrit même pas la moitié du risque.
- Nous ne devrions pas lui attribuer de note.
- Nous attribuons une note à tous les contrats.
- Il pourrait avoir été rédigé par une vache, nous lui en donnerions une. »


Source : contreinfo.info/rubrique.php3

Pour conclure, l’inflexion idéologique qu’a permise la crise actuelle autorise de pousser un énorme "Ouf !" de soulagement.
S’il s’agit effectivement d’une crise économique, celle-ci s’accompagne d’une guérison idéologique.
Cependant, les tares rédhibitoires du libéral-étatisme qui sert aujourd’hui d’ersatz sont bien trop connues pour se permettre de baisser la garde.


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16 réactions à cet article    


  • Cug Cug 28 octobre 2008 12:14

     Il ne reste plus qu’à reprendre le contrôle de l’Etat.

     Auxs urnes citoyennes, citoyens.


    • donino30 donino30 30 octobre 2008 13:37

      "Il ne reste plus qu’à reprendre le contrôle de l’Etat.


      Auxs urnes citoyennes, citoyens."


      Ah bon ? Et voter pour qui ?

    • Gandalf Tzecoatl 28 octobre 2008 13:59

      Concernant mon affirmation que la crise actuelle ne permettra pas de revenir sur "une monnaie européenne basée sur l’asservissement du travail au profit d’un capital ex-nihilo ;", il faut tout de même souligner que la Deutsche Bank évoque la possibilité du scénario "impensable" pour des allemands d’utiliser la planche à billets :

      http://ftalphaville.ft.com/blog/2008/10/27/17448/the-unthinkable/


      • fhefhe fhefhe 28 octobre 2008 16:34

        Aujourd’hui....VW est devenu la premiére sociétè en termes de CAPITAL BOURSIER.....320 milliards d’€ soit plus de 3 ans de chiffre d’affaires
        VW devance EXON , Microsoft et Génerale Electric !!!!!
        Porsche absorbe VW est son cours monte jusqu’à 1 000€ !!!!
        Attention que l’on nous refasse pas le coup avec l’ Economie " Réelle" .... !!!!


        • anny paule 28 octobre 2008 16:47

          J’aimerais savoir ce sur quoi vous vous fondez pour affirmer que :
          cette crise met un "terme à la légitimité des retraites par capitalisation, à la privatisation de l’école, de la santé, du réseau routier, de la police et de la justice... aux crédits hypothécaires à la française, aux manipulations consistant à justifier la désétatisation au prétexte que les caisses sont vides".

          Si c’était le cas, un très grand pas serait fait et l’avenir nous appartiendrait !...

          Surtout si l’on pouvait, de surcroît mettre un terme "aux paradis fiscaux, à une monnaie européenne basée sur l’asservissement du travail au profit du capital ex-nihilo, à un secteur bancaire dont les quelques qualités permettent de dissimuler toutes les manipulations"...

          Je pense, hélas, que tout ce qui se dit, à grand renfort de PUB et d’éclats médiatiques, ne fait que permettre au "système" de perdurer, envers et contre tous...

          Si ce que vous avancez est juste, alors, nous pourrons avoir des lendemains qui chantent ! J’ai bien peur, hélas, que ce ne soit pas le cas ! 

          Quoi qu’il en soit, puissiez-vous avoir raison !!!


          • Gandalf Tzecoatl 28 octobre 2008 17:31

            Je suis sans doute un tantinet optimiste, Anny Paule, cependant on devrait pouvoir se mettre d’accord pour constater que si de telles mesures de privatisation venaient tout de même à être porté à l’ordre du jour, l’argutie libérale serait d’un bien piètre recours pour justifier une telle politique, même si nos contorsionnistes d’hommes politiques sont capables de justifier la caution d’état pour tout institut financier et l’acaution laissez-fairiste pour tout le reste, je leur fais confiance.

            "Je pense, hélas, que tout ce qui se dit, à grand renfort de PUB et d’éclats médiatiques, ne fait que permettre au "système" de perdurer, envers et contre tous..."
            Quoi qu’il en soit, la tentation consistant à singer la réussite anglo-saxonne insolente a vécu, l’heure serait à un recentrage vers le modèle social-démocrate, somme tout bien français. La culture française ou du moins le modèle français, à bout dans sa résistance me semblait pas loin d’être détruite par ce prêt à penser débile, importé. Nous assistions à un nouveau Rhinoceros de Ionesco, ni plus ni moins, qui a ma préférence, vous l’avez compris.

            Mais vu le revirage des grandes chancelleries, il s’agit évidemment plus d’un ripolinage idéologique permettant de préserver des intérêts proches des pouvoirs en place ainsi que les pouvoirs en place, en faillite du fait d’un abus idéologique. Et surtout, surtout, de préserver l’ascendant hiérarchique. La nouvelle mouture du Rhinoceros ad hoc.

            Le tournant libéral-étatique dernièrement pris n’est pas moins inquiétant que le tout libéral, l’étatisme tout comme l’ultra-libéralisme étant très facilement dévoyés aux intérêts de caste.

            Pour conclure, aucune sophistication intellectuelle ne cache parfaitement les véritables enjeux animaliers (loi du plus fort, lutte des classes et égoïsme matériel) à l’oeuvre.


          • Gandalf Tzecoatl 28 octobre 2008 17:47

            Erratum :
            L’expression "qui a ma préférence," est là pour conclure le 3ème paragraphe, et non le second, vous l’aurez compris smiley


          • Gandalf Tzecoatl 29 octobre 2008 13:53

            Effectivement, qu’importe la propriété privée si celle-ci porte atteinte à la dignité humaine en instrumentalisant les besoins vitaux pour des finalités bien plus légères. Le libéralisme, qui ne reconnait pas une hiérarchie de nécessité des produits, besoins et services, s’éloigne une fois de plus et par la démonstration de l’humanisme.





          • GéraldCursoux Cursoux Gérald 29 octobre 2008 08:53

            Le problème c’est la capacité de l’Etat à faire. Comme l’a dit Coluche (en substance), si on donnait le Sahara à des énarques ils achèteraient bientôt du sable ! Si l’Etat remplissait correctement ses fonctions régaliennes ce serait déjà pas mal. Mais ce n’est pas le cas : Justice (lenteur, erreurs (d’Outreau !), arrogance des magistrats...), Finances, Police, Education, etc., beaucoup de moyens pour peu de résultats.
            Alors, comme disait l’autre, Que faire ? Que celui qui a une réponse se fasse connaître...


            • Gandalf Tzecoatl 29 octobre 2008 11:56

              Une des solutions possible est la mise en concurrence de services publics et privés, dans une certaine mesure, afin de tester les résultats des finalités propres à chacun de ces systèmes, au grand damn du tout libéral.

              Mais il ne faut pas être grand clerc pour écarter rapidement certains services publics de la concurrence, au mieux l’épée de Damoclès libérale permet d’espérer quelconques résultats et des remises en question suite à certains laxismes.

              Par ailleurs, certains défauts que vous évoquez ne sont que les conséquences d’insuffisance de conscience professionnelle, et la privatisation n’y pourvoiera pas, notoirement du fait que la vague ultra-libérale a essentiellement dégouté de nombreuses consciences professionnelles.

              D’autre part, l’ambivalence des caractéristiques publiques (qualités et défauts des qualités) sont solvables dans la loi voire l’absence de loi, ou mieux, la rationalisation de la loi.

              La vigilance citoyenne, grâce à la réactivité web, peut être un bon contre-pouvoir, du moins en ce qui concerne la réputation publique de nos élus et administrations, dans une nouvelle époque plus étatique.


            • donino30 donino30 30 octobre 2008 13:45

              "Une des solutions possible est la mise en concurrence de services publics et privés, dans une certaine mesure, afin de tester les résultats des finalités propres à chacun de ces systèmes, au grand damn du tout libéral."

              Tiens, une chose d’intelligente aura tout de même été dite aujourd’hui sur ce site. Un feu de paille, n’en doutons pas...

              Les monopoles, étatiques ou privés, aboutissent en effet toujours aux mêmes dérives. Heureusement que vous n’avez pas mis cette éventuelle mise en concurrence des services publics "pour tester leur efficacité" dans votre article, sans quoi la notation du billet serait tombée aux alentours des 40%... 


            • Mycroft 31 octobre 2008 11:14

              Bof, la concurrence, on en parle sans arrêt comme LA solution universel, mais j’ai du mal à voir en quoi il vaut mieux bosser chacun les uns contre les autres que les uns avec les autres...

              Une société privée sans concurrence, c’est un problème, vu que personne n’a de moyen de pression sur ses dirigeant (du moins pas légalement). Mais une société publique est controlé par le peuple, indirectement. Les moyens d’exercer ce controle ne sont pas

              Pas de concurrence, c’est aussi moins d’argent gaspillé en publicité, moins d’argent gaspillé en non-conformité, c’est une recherche collaborative (plus efficace que la recherche concurrente, tous les chercheurs vous expliqueront que ne pas avoir à réinventer des trucs fait par d’autre, ça fait gagner du temps).

              Bref, la concurrence, à par diviser les gens, pour permettre justement à ceux qui ne sont pas en concurrence de régner (parce qu’il y aura toujours des petits malins pour s’allier), je ne vois pas ce qu’elle apporte. Une baisse des prix ? Je n’y crois pas vraiment, c’est plus les délocalisations et l’amélioration technologique qui ont permis une baisse des prix, que la concurrence en elle même. 


            • Gandalf Tzecoatl 31 octobre 2008 21:24

              Il y a un terme plus raffiné que concurrence, c’est émulation.

              Effectivement, on pourrait parler de complémentarité entre systèmes privés et publics, du fait justement que les finalités poursuivies sont différentes, à priori. Quoiqu’il en soit, les environnements de ces systèmes pour l’heure les soumettent.


            • Rousquille Rousquille 29 octobre 2008 11:44

              Je ne comprends pas pourquoi tant d’auteurs agoravociens mettent un point d’honneur à utiliser des titres anglais pour leurs articles. Le comble du ridicule a été atteint l’année dernière par un auteur qui avait cru bon d’affubler une analyse sur l’Allemagne (! )d’un titre anglais dont je ne veux pas me souvenir. Et ne parlons pas de la rubrique "Culture et Loisirs", qui n’est qu’une longue suite de noms barbares en anglais...

              Utiliser la langue de Bill Gates & Tony Blair pour un papier qui parle d’une réalité spécifique à un Etat anglo-saxon, je suis parfaitement d’accord, mais ici, était-ce vraiment nécessaire ? A quoi bon faire étalage de votre (bien modeste) connaissance de l’anglais ?

              "Une crise ? Quelle crise ?" n’était-ce pas assez bon pour Mister Tzecoatl ? Je me demande combien de gens sont conscients ici des enjeux de la guerre linguistique et de la violence avec laquelle le Nouvel Ordre mondial tente de formater les esprits en imposant le globiche. En utilisant l’anglais à tort et à travers, vous ne vous agrandissez pas ni ne vous faites mieux comprendre, quoique vous en pensiez, vous vous faites—inconsciemment, je l’espère—complice d’un empire criminel qui met le monde à feu et à sang et enterrez la culture française et ses valeurs. C’est honteux, et je tente de rester poli. 

              Last but not least, il est honteux aussi qu’Agoravox laisse passer ce genre de choses tout en inventant un mal-nommé "Carevox" (Santévox ? non, merci, trop clair sans doute) et continuant à user de mots inutiles et peu compréhensibles tels que "login" dans sa présentation.

              La trahison des clercs, comme disait feu Julien Benda.


              • Rousquille Rousquille 29 octobre 2008 12:01

                On le parle de mémoire pas besoin de traducteur
                On a tous sans le savoir un Larousse dans le cœur
                Avec ses tournures province et ses pointes d’accent
                Il a fait trembler les Princes , tomber les Présidents

                Laissez chanter le Français
                Laissez chanter le Français

                Si le rêve de quelques uns est d’en faire un parfois
                Une langue de rien un parler d’autrefois
                Ne prenons pas la gomme à effacer les mots
                A effacer les hommes qui chantent à la radio

                Laissez chanter le Français
                Laissez passer le Français
                Laissez le dire ce qu’il veut
                Laissez le rire quand il veut

                Laissez chanter le Français
                Laissez parler le Français
                C’est sa première liberté
                C’est sa manière d’exister

                Qu’on écrive les droits de l’homme ou « Ne me quitte pas »
                Se comprendre d’abord c’est s’entendre déjà
                Avec ma femme je l’avoue les « je t’aime » sont naturels
                Dois-je dire « I love you » pour être universel


                Laissez chanter le Français
                Laissez chanter le Français

                Si l’histoire a ses modes , ses donneurs de leçons
                Elle a pour certains snobs des retours de bâtons
                Ne prenons pas la gomme à effacer le cœur
                A effacer les hommes qui chantent par bonheur

                Laissez chanter le Français
                Laissez chanter le Français
                Laissez le rire quand qu’il veut
                Laissez le dire ce qu’il veut

                Laissez le plaire ou déplaire
                Laissez lui faire ses colères
                Comme un pavé d’espérance
                Pour dire j’existe et je pense

                Laissez chanter le Français
                Laissez passer le Français
                Laissez le dire ce qu’il veut
                Laissez le rire quand il veut

                Pierre Bachelet

                Prenez-en de la graine !


              • Gandalf Tzecoatl 29 octobre 2008 12:05

                Un titre anglais pour une critique et un constat d’échec de "l’anglo-saxoïsation" des moeurs économiques ? Quel paradoxe n’est-ce pas ?

                Constatez que je ne suis pas anglophobe, puisque le titre de l’article reprend mot pour mot le titre d’un grand groupe du rock anglais. Ni francophile "totalitaire" par ailleurs. Désolé.

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