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Accueil du site > Actualités > Economie > Dette : les Grecs et la DeptOcracy 2e partie

Dette : les Grecs et la DeptOcracy 2e partie

DeptOcracy est un documentaire qui fait fureur en Grèce. Il traite de la dette utilisée comme arme d'assujetissement de nations. Une leçon à apprendre vite pour tous les citoyens de pays endettés.

Je publiais il y a peu la 1ère partie de la traduction de ce documentaire de en français.

La 1ere partie expliquait la notion de Dette Odieuse et donnait l'exemple de la crise traversée par l'Equateur et comment la notion de Dette Odieuse lui avait permis de s'en sortir au millieu des années 2000.

La suite concerne la situation actuelle de la Grèce, mais elle pourrait s'appliquer également au Portugal et à toutes les autres nations dont la dette souveraine a atteint le point de non retour, c'est-à-dire presque tout l'Occident...

Il met à jour le mécanisme de création de cette dette qui la qualifie en tant que Dette Odieuse, ce qui la rend illégitime.

C'est aussi un signal d'espoir car il apporte à cette situation inique dont la finalité est de créer un système d'assujetissement et non d'aider les pays à se financer.

Bonne lecture donc.

....

En Grèce, les historiens, les économistes et les analystes débattent quotidiennement de la façon avec laquelle nous allons faire face à la dette. Il reste cependant une question que peu se posent. Le peuple grec est-il véritablement redevable de tout ce qu’on lui demande de rembourser ?

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Eric Toussaint

Eric Toussaint : « La dette plus récente de la Grèce, je dirais que c’est une dette frappée d’illégalité et d’illégitimité. Alors quels sont les signes de ça ? Et bien, quand les autorités d’un pays reçoivent des pots-de-vin de la part de sociétés transnationales, et c’est le cas de Siemens, qui, avec sa filiale Siemens Hellas, a distribué de l’argent, des pots-de-vin, à des responsables, à des ministres, à des hautes fonctionnaires, depuis plus de 10 ans, pour gagner des contrats, là on peut dire qu’il y a une marque d’illégalité et d’illégitimité. Et que ces dettes là doivent être remises en cause, c’est absolument évident pour moi. »

La justice grecque s’est montrée timorée dans l’affaire Siemens et très lente dans d’autres cas de transactions passées dans le dos du peuple grec et qui ont augmenté le poids de la dette qui repose sur ses épaules.

Avec les transactions de swaps effectuées en 2001, le gouvernement a hypothéqué l’avenir afin de maquiller le présent  avec un bien meilleur bilan factice. Elle a fait artificiellement baisser la dette du pays en convertissant un prêt en Yen en Euro et en se basant sur un taux de change passé. Pour aider à faire cette cuisine, c’est Goldman Sachs qui a mis la main à la pate, empochant au passage des millions dans ce deal.

 Mark Kirk, Sénateur US (vidéo d’une commission sénatoriale) : « Je suis particulièrement concerné par le rôle joué par les institutions financières US, en particulier Goldman Sacks, qui, quand la Grèce s’est trouvé droguée au crédits, Goldman a joué le rôle du dealer de Crack. »

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Nous revoilà !
Goldman Sachs et le contribuable.

L’astuce a fait illusion pendant de nombreuses années, et les élites politiques grecques ont montré qu’elles savaient récompenser leurs partenaires. Ils reprirent de nouveau Goldman Sacks comme conseillers en laissant l’ardoise aux citoyens.

Jean Quatremer, journaliste à Liberation : « La Goldman Sack a conseillé le gouvernement grec d’une main et de l’autre main attaquait le gouvernement grec. »

Le scandale est découvert en 2010. Quelques jours avant, un ancien employé de Goldman Sacks avait été nommé à la tête de l’organisme de gestion de la dette nationale grecque.

 

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M. Quatremer

Jean Quatremer : « Embaucher quelqu’un qui a été chez Goldman Sacks, c’est comme embaucher un criminel pour surveiller votre maison… Quelqu’un qui est un braqueur de banque, vous l’embauchez pour surveiller votre maison. Là c’est la même chose. Effectivement il connaît bien les opérateurs et sait comment empêcher quelqu’un d’entrer dans votre maison, mais objectivement, le risque est bien plus grand qu’un jour il profite de votre absence pour tout piquer. Qu’est-ce qui me garantit que ce personnage qui est passé chez Goldman Sacks va gérer de façon optimale les affaires grecques ? »

Un bon nombre de pays critiquent la Grèce pour ses errements avec Goldman Sacks, mais ce sont les mêmes qui utilisent leurs relations avec le gouvernement grec pour fourguer leur armes et systèmes de défense au pays.

Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke : « Quand l’Allemagne s’est rendue compte de la position de la Grèce, il y a un an de cela, le mot d’ordre a été de ne pas arrêter les exportation d’armements allemands. La Grèce devait économiser sur les retraites, et les services publiques mais pas sur l’armement. Cela montre l’implication de certains intérêts. Le gouvernement allemand se comporte comme le protecteur des fabricants d’armes allemands et de l’industrie de l’exportation. Ils veulent que les exportation continuent en dépit de la crise. »

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Danny-le-rouge

Daniel Cohn Bendit (Eurodéputé vert) : « On est quand même hypocrites ! Ces derniers mois la France a vendu 6 frégates à la Grèce pour 2 milliards et demie d’Euros, des Hélicoptères pour plus de 400 millions, des Rafales à 100 millions l’unité. Mon « espionnage » ne m’a pas permis de dire si c’est 10 ou 20 ou 30 Rafales. Ca fait presque 3 milliards ! L’Allemagne a vendu 6 sous-marins, pour 1 milliard dans les prochaines années. Mais on est complètement hypocrites ! On leur donne de l’argent pour acheter nos armes ! »

Face à l’hypocrisie européenne, des reculades coupables complètent les décisions criminelles. Toujours au prétexte du bien de la nation, cette nouvelle Grande Idée (nom d’un projet nationaliste avorté) a laissé derrière elle des friches immobilières en ruine et des dettes immenses.

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l’ex ministre Voulgarakis
« Nous avions cet argent ! »

George Voulgarakis, ministre des finances (Interviewé avant les jeux Olympiques d’Athènes) : « Nous avons dépensé des sommes considérables, le double de ce qui a été dépensé à Sydney. Le cout final ne sera connu qu’a la fin des jeux Olympiques. »

C-STAN TV : « Vous avez parlé de 1,2 milliard de $ pour la sécurité. D’où vient tout cet argent ? »

George Voulgarakis : « Nous avions cet argent. »

C-STAN TV :« C’est de l’argent grec ou ce sont des fonds provenant du comité olympique ou bien encore des USA ? »

 George Voulgarakis : « Nous parlons d’argent Grec. Sans doute est-ce plus que ce que nous pouvons fournir mais il ne s’agit que de sécurité.

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Ouverture des JO d’Athenes
La Grèce a mis les petits plats dans les grands, mais la foule n’était pas au RDV.

Eric Toussaint : « On a fait des dépenses somptueuses, tout à fait exagérées, payées par la population grecque, parce que pour rembourser les dettes contractés pour réaliser ses jeux olympiques, on utilise une grande partie des impôts payés par les citoyens grecs. Il est tout à fait normal que les citoyens grecs demande qu’on fasse une analyse très claire de pourquoi le budget des jeux olympiques a explosé et à quoi les dépenses ont servies. »

Les JO et les rapports avec les entreprises comme Siemens et Goldman Sacks ne représentent que la partie émergée de l’iceberg de dettes qui reposent sur les citoyens. Il existe cependant des malversations bien plus importantes qui ne concernent pas seulement la Grèce, mais tous les pays de la périphérie de l’Europe.

Constantin Lapavitsas professeur d’économie : « Toutes les règles ont elle été respectées dans les procédures aboutissant à la monétisation de la dette souveraine grecque ? Y a-t-il des conflits d’intérêt dans le rôle joué par les banques dans la vente tant sur le premier que le second marché des bons de la dette grecque ? Qui sont ces banques ? Comment et selon quelles conditions ont elles été impliquées dans ces transactions ? »

Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke : « Une part importante des dettes souveraines de la zone Euro est monétisée. Et cela résulte d’une politique menée à l’encontre de l’intérêts des peuples. C’est pour financer cela que les citoyens payent. » 

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L’exemple de l’Equateur nous a montré que les circonstances illégales dans lesquelles la dette a été générée peuvent être dévoilées par une commission d’enquête d’économistes.

« Pourquoi ne nous dit-on pas clairement de quoi est constitué cette dette ? Quel est son montant ? Et comment a-t-elle été générée ? Et auprès de qui nous sommes endettés ? C’est pour répondre à ces questions qu’il est urgent et impératif de créer une commission aux comptes chargée de cerner précisément la nature de cette dette. C’est pourquoi je dis que nous ne pouvons nous contenter des mensonges des banques, du gouvernement ou des perroquets qui sont payés pour répéter ces discours creux. »

Mais qui va créer cette commission de contrôle ? Et comment nous assurer qu’il ne s’agira pas encore d’une énième commission parlementaire constituée des mêmes personnes qui ont généré la situation actuelle ?

Constantin Lapavitsas : « Ca ne peut pas s’agir une simple commission d’experts. Car si il ne s’agit que d’une commission d’experts nommés par le gouvernement, même il fait venir des experts étrangers, même si il y a des représentants de la société civile, il y a le danger qu’ils soient orientés. »

Hugo Arias : « Il n’y a que le peuple qui soit légitime pour demander une commission des comptes. C’est pourquoi il est primordial de sensibiliser tout le peuple pour qu’il se mobilise afin de demander cet audit. »

Eric Toussaint : « Dans la situation grecque, effectivement, comme le parti de la Nouvelle Démocratie (droite) ou le Pasok (socialiste) ont bénéficiés eux-mêmes d’avantages en endettant le pays depuis une quinzaine d’années, il est certain que ces partis voient très mal de faire un audit car leur responsabilité va être démontrée aux yeux du public. Donc ce qu’il doit se passer c’est que l’opinion publique grecque doit se mobiliser, des organisation doivent aussi se mobiliser, des syndicats, la magistrature grecque, des intellectuels, des artistes… Les gens doivent faire connaître leur avis et faire monter la pression sur le pouvoir politique. »

Depuis mars, une équipe de personnes d’horizons politiques et professionnels variés, a lancé une initiative pour la création d’une commission d’enquête chargée d’auditer la dette grecque.

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Manif à Athènes

Des professeurs, des journalistes, des artistes ou des syndicaliste du monde entier ont soutenu cette initiative. La commission devra dire quelle part de la dette est illégitime et illégale et établira, en se basant sur le droit grec et international, que le peuple grec n’est pas obligé de rembourser cette part de la dette.

Cependant la décision demeure dans les mains des politiques et no des économistes. Quand bien même la dette serait légitime, aucun gouvernement na le droit d’assassiner sa population pour servir les intérêts des créanciers.

Constantin Lapavitsas : « Même si il était démontré que l’intégralité des 350 milliards d’Euros de la dette souveraine grecque étaient légitimes, ce qui ne sera pas le cas, la Grèce ne pourrait de toute façons pas l’honorer. Il faudra donc l’effacer. Si le poids de la dette impose le démantèlement des hôpitaux, de l’éducation, des routes, dans ce cas c’est le cout social qui deviendra insupportable. »

« En substance, le gouvernement dit qu’il va se mettre en  défaut de payement vis-à-vis des citoyens grecs. Je ne comprends pas comment un gouvernement socialiste, élu démocratiquement, peut décider de faire défaut à ses citoyens plutôt qu’aux institutions financières. »

« Il n’y a pas d’autre choix, dans les décennies qui viennent, que de ne pas honorer la dette car elle est basée sur le néolibéralisme. Et le comportement néolibéral était un crime contre l’humanité. »

« Personne n’a l’obligation de payer cette dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux du marché. »

Constantin Lapavitsas : « Il est odieux de payer une Dette Odieuse. »

La création d’une commission d’enquête économique n’est pas une finalité. Ce n’est qu’une arme politique dans une bataille plus vaste d’une guerre où s’affrontent depuis des siècles des forces antagonistes pour la maitrise du système. Même si nous effaçons cette dette, la dette renaitra de ses centres.

Constantin Lapavitsas : « Ce sera une arme dans une confrontation idéologique et politique. La dette est une arme également. »

Eric Toussaint : « N’ayez surtout pas peur, en tant que Grecs de revendiquer vos droits dans l’UE, par rapport au gouvernement grec. C’est fondamental, c’est en se battant qu’on fait respecter ses droits. C’est pas en se soumettant au diktat des créanciers. Regardez la Tunisie, regardez l’Egypte. C’est quand une population se met en action qu’elle peur réellement changer une situation. »

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Ca va péter, c’est sûr !

 

« Repoussons de nos épaules ce joug. Libérons nous du FMI. Libérons nous de la BCE, et plus généralement de cette troïka qui imposte l’inféodation économique de la Grèce. »

C’est maintenant le moment de vérité. En avant.


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14 réactions à cet article    


  • BA 7 mai 2011 09:22
    Vendredi 6 mai 2011 :

    A propos de la situation en Grèce, une réunion secrète a eu lieu vendredi soir :

    Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen sont au Luxembourg pour une réunion sur la Grèce, a dit vendredi à Reuters une source proche de la coalition au pouvoir en Allemagne.

    « C’est vrai », a-t-elle dit au sujet d’un article du Spiegel Online, disant que des responsables allemands assistaient à une réunion au Luxembourg pour évoquer la situation de la Grèce.


    Voici les dirigeants présents à la réunion secrète de vendredi soir au Luxembourg :

    - Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen.
    - La ministre de l’Economie française Christine Lagarde.
    - Jean-Claude Juncker, Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, président de l’Eurogroupe (l’Eurogroupe est le nom donné à la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro).
    - Olli Rehn, commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, qui représente la Commission Européenne.

    The meeting included discussions on Jean-Claude Trichet’s successor as ECB chief. Germany’s Wolfgang Schäuble, French Finance Minister Christine Lagarde and European Commissioner Olli Rehn were also present at the meeting.



    Cette réunion n’apparaît pas dans l’agenda officiel de Christine Lagarde :


    • BA 7 mai 2011 13:38

      Oui, je le pense.



    • les FRANCAIS ONT L’ OLIGARCHIE...LA PLOUTOCRATIE....MAIS PLUS DE DEMOCRATIE

      ENA ...SCIENCES PO .... AVOCATS ET HOMMES POLITIQUES D’ AFFAIRES...ACHETENT LES ELUS...

      les patrons du cac 40 touchent une retraite complementaire de 7X 45000 euros...et donnent l exemple au peuple d en bas... LA MOITIE DES FRANCAIS GAGNE MOINS DE 1500 EUROS PAR MOIS...DONC 750 EUROS DE RETRAITE..


      tousensemble
      TOUSENSEMBLE


    • Ariane Walter Ariane Walter 7 mai 2011 10:13

      Romios, votre article , ici je parle de celui d’hier, fait des révélations formidables avec cette « dette odieuse » et comporte un immense espoir.
      C’est un argument de poids pour tous ceux qui disent : « Nous ne paierons pas ! »
      Même donc, je reprends ce que vous m’avez appris, les US l’ont utilisée en Irak refusant de payer pour les dettes de Sadam Hussein.

      Imitons leur noble exemple et merci de ces informations.
      ¨Pauvre Grèce et pauvre Portugal.


      • Assurancetourix Assurancetourix 7 mai 2011 12:15

        Non c’est raté !

        « Une discrète réunion devait se tenir à Luxembourg à propos de la dette de la Grèce et des irresponsables de la presse ont tout foutu par terre en publiant l’information, « sapant l’effort de la Grèce » et alimentant la spéculation. C’est tout du moins ce qu’a fait savoir dans la nuit George Papaconstantinou, le ministre grec des finances.

        Une belle brochette de hauts responsables avait pourtant tenté de s’y retrouver en catimini : Elena Salgado et Christine Lagarde, Wolfgan Schaüble et Giulio Tremonti, ainsi qu’Olli Rehn et les deux Jean-Claude pour fermer la marche (Juncker et Trichet). A l’arrivée, ils ne sont parvenus à se mettre d’accord que sur ce qu’ils ne voulaient pas : ni de sortie de la Grèce de la zone euro - une« option stupide », selon Jean-Claude Junker - ni de restructuration de sa dette, tout en reconnaissant que cette dernière option est « activement discutée sur les marchés financiers ». Piètre résultat.

        Il ne reste alors que deux solutions sur le tapis, soit un inévitable défaut de la Grèce, dès 2012 quand elle devra revenir sur le marché pour financer sa dette - où elle est attendue de pied ferme - soit lui accorder une nouvelle grosse rallonge financière pour sortir de ce mauvais pas. La première issue est impensable, la seconde n’est politiquement pas praticable. Voilà au moins ce qui ressort de cette réunion loupée.

        Il ne restait alors plus d’autre ressource que de demander aux Grecs de « redoubler d’efforts », maigre viatique qu’a présenté Jean-Claude Juncker. Une impasse de plus sur laquelle il faudra - comme à l’accoutumée - revenir à chaud, puisque rien décidément ne peut être décidé à froid. Le simple fait que la réunion était destinée à rester secrète en disait d’ailleurs long sur les chances que se donnaient leurs organisateurs d’aboutir à quoi que ce soit.

        Dans cette affaire, les autorités européennes n’auront fait que précipiter une nouvelle crise, à laquelle on va assister dès lundi prochain. L’origine allemande réitérée des fuites ne laissant pas de doute sur la volonté du gouvernement de mettre les uns et les autres devant leur responsabilité. C’est en effet ces mêmes Allemands qui, depuis des mois, tentent en pure perte de faire partager le poids du sauvetage du système financier aux banques. Par une taxe bancaire nationale dont on a appris que son rendement serait au final ridicule, ses obligations contournées par les banques. En poussant désormais à une restructuration de la dette grecque, pour ne pas avoir à la financer à nouveau sur fonds publics.

        Que soit exclue même une restructuration de velours, dont la possibilité circulait et qui porterait sur un allongement du remboursement de la dette obligataire grecque, sans décote, voilà qui en dit long sur les craintes ou les refus qu’une telle perspective suscite. Ainsi que sur la situation réelle du système bancaire européen. En dépit des forfanteries de ceux qui prétendent, comme la BNP Paribas, avoir les moyens de l’assumer.

        Ou bien faut-il admettre que ces banques ne veulent tout simplement pas payer et considèrent avoir les moyens de l’imposer, un blocage qui ferait rebondir la crise ? A bien y réfléchir dans la logique de la mansuétude complice dont elles ont bénéficié de la part des autorités politiques et qui les encouragerait à persévérer.

        Ces dernières n’ayant pas la ressource de s’étonner de cette intransigeance dont ils sont à l’origine, il ne leur reste plus qu’à essayer de la masquer, pris dans leurs propres contradictions. »



      • Robert GIL ROBERT GIL 7 mai 2011 10:54

        La dette publique marque de son empreinte le capitalisme. La seule partie de la prétendue richesse nationale qui entre réellement dans la propriété collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de l’idée que pour la classe dominante, plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit, voila le credo du capitalisme !

        Voici un article simplifie de Marx qui analisait deja tres bien le probleme :

        http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-la-bancocratie/


        • BA 7 mai 2011 13:39

          Mise à jour :

           

          Vendredi 6 mai 2011 :

           

          A propos de la situation en Grèce, une réunion secrète a eu lieu vendredi soir :

           

          Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen sont au Luxembourg pour une réunion sur la Grèce, a dit vendredi à Reuters une source proche de la coalition au pouvoir en Allemagne.

           

          « C’est vrai », a-t-elle dit au sujet d’un article du Spiegel Online, disant que des responsables allemands assistaient à une réunion au Luxembourg pour évoquer la situation de la Grèce.

           

          http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRWEA943720110506

           

          Voici les dirigeants présents à la réunion secrète de vendredi soir au Luxembourg :

           

          - Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen.

           

          - La ministre de l’Economie française Christine Lagarde.

           

          - La ministre de l’Economie espagnole Elena Salgado.

           

          - Le ministre de l’Economie italien Giulio Tremonti.

           

          - Jean-Claude Juncker, Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, président de l’Eurogroupe (l’Eurogroupe est le nom donné à la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro).

           

          - Olli Rehn, commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, qui représente la Commission Européenne.

           

          - Jean-Claude Trichet, president de la Banque Centrale Européenne.

           

          http://www.pauljorion.com/blog/?p=24027


           

          Cette réunion secrète n’apparaît pas dans l’agenda officiel de Christine Lagarde :

           

          http://www.minefe.gouv.fr/discours-presse/historique_finances.php



          • liberta 7 mai 2011 17:49


            «  »LES TYRANS NE SONT GRANDS QUE PARCE QUE NOUS SOMMES A GENOUX«  »«  »" (La Servitude Volontaire - La Boétie—)
            alors relevons nous et mettons à terre les Banksters que sont : le FMI - l’OMC- la BCE - l’ONU et ses dérivés
            L’organisation de la dette Grecque et l’Islande, Irlande, le Portugal est très bien décrite dans le film
            INSIDE JOB - à voir absolument- et à diffuser largement - lien ci-dessous

            http://cequevousdevezsavoir.com/2011/03/16/inside-job-vostfr-un-crime-commis-de-linterieur/




            • zadig 7 mai 2011 18:29

              Bonjour,

              J’ai évolué au sujet des dettes ( pour les sommes petites et moyennes petites).

              Autrefois quand un ami me sollicitaient, je prêtais.
              En général je perdais l’ami et l’argent.

              Maintenant, je discute et je donne une partie de la somme.
              En principe je garde l’ami et réduis la perte.

              Dans le cas de la Grèce, ce serais mon banquier qui récupérerait la somme.
               ( bien entendu il me proposerait gentiment un prêt )

              Cordialement


              • zadig 7 mai 2011 18:30

                Erreur
                sollicitait et non pas sollicitaient


                • fifilafiloche fifilafiloche 7 mai 2011 18:55

                  Quelqu’un a t il ici remarqué que pour se libérer de sa dette, l’Etat grec vendait de...l’immobilier. Il s’agit ici du problème central de la Grèce. L’entrée dans l’union monétaire a permis de bénéficier de taux d’intérêts sans commune mesure avec l’efficience de son économie. La conséquence directe a été la production de monnaie presque gratuite qui s’est reportée sur des actifs non productifs, puisque l’industrie y est quasi absente. Il en a résulté, comme dans tout l’arc méditerranéen, des bulles d’actifs sans commune mesure avec le pouvoir d’achat qu’autorise les salaires.


                  Curieusement, l’Etat français fait de même. Mêmes causes, mêmes effets, la gangrène de l’argent facile nous atteindra de la même manière.

                  • kataroff kataroff 7 mai 2011 19:26

                    « Personne n’a l’obligation de payer cette dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux du marché. »

                    Et ce fonctionnement vicieux a été causé par l’irresponsabilité, la corruption, et l’interventionnisme de l’état grec :

                    "On a fait des dépenses somptueuses, tout à fait exagérées, payées par la population grecque, parce que pour rembourser les dettes contractés pour réaliser ses jeux olympiques, on utilise une grande partie des impôts payés par les citoyens grecs."

                    George Voulgarakis, ministre des finances (Interviewé avant les jeux Olympiques d’Athènes) : « Nous avons dépensé des sommes considérables, le double de ce qui a été dépensé à Sydney. Le cout final ne sera connu qu’a la fin des jeux Olympiques. »

                    « Avec les transactions de swaps effectuées en 2001, le gouvernement a hypothéqué l’avenir afin de maquiller le présent  avec un bien meilleur bilan factice. »

                    "Dans la situation grecque, effectivement, comme le parti de la Nouvelle Démocratie (droite) ou le Pasok (socialiste) ont bénéficiés eux-mêmes d’avantages en endettant le pays depuis une quinzaine d’années, il est certain que ces partis voient très mal de faire un audit car leur responsabilité va être démontrée aux yeux du public."

                    On retrouve donc des dépenses somptuaires à crédit, probablement mêlées de copinages et de financements occultes, de la fraude, et des abus de biens sociaux. Ce serait trop facile de blâmer uniquement le système financier, et à travers lui le secteur privé, car une grande partie de ces dettes a été monétisée par la BCE dont les plus gros actionnaires sont la Bundesbank allemande (19%) et la Banque de France (14.2%), suivis par la Banca d’Italia (12.5%). La Grèce possède moins de 2% du capital.

                    Or monétiser la dette signifie un achat direct par la BCE d’obligations grecques souveraines, payé avec un chèque sur elle-même, et qui rapporte des intérêts. Ces intérêts passent en fin d’année dans la colonne ’bénéfices’ de la BCE et sont partagés entre les actionnaires.

                    A travers les taux directeurs, les ratios de réserve et les ratios prudentiels de Bâle, la BCE contrôle l’expansion et l’effet de levier du secteur financier, qui collabore volontiers à ce vol organisé car ces privilèges monétaires et autres bailouts permettent d’immenses profits couplés à un risque limité.

                    La monétisation de ces montagnes de dettes est accompagnée de sa corollaire, l’inflation (alors que le mandat de la BCE est soi-disant de lutter contre), et d’ailleurs il suffit d’aller faire les courses pour s’en apercevoir.
                    D’ailleurs récemment la BCE a demandé une augmentation de ses fonds propres (actuellement de 5.2 milliards d’euro à mettre en relation avec les 1900 milliards d’euros de sa balance sheet et toutes les opérations ’hors-bilan’ dont fond de soutien Européen), car un effet de levier important accroît les risques de faillite technique.

                    Alors on peut blâmer les spéculateurs, l’augmentation de la demande mondiale, les mauvaises récoltes, la conjoncture ou les sorcières pendant que les vrais coupables restent dans l’ombre et tirent les ficelles.

                    Dénoncer les dettes illégitimes serait une bonne chose, si le peuple ne souhaite plus être le dindon de la farce. il faut aussi garder à l’esprit que l’inflation et la dette sont des moyens de s’approprier des ressources sans l’accord du peuple, contrairement à l’impôt, ce qui contribue à l’indépendance financière de la classe politique vis-à-vis de ses électeurs, ce qui est mauvais pour la démocratie.

                    Le dormeur doit se réveiller !


                    • BA 7 mai 2011 21:46

                      Parmi les 17 Etats membres de la zone euro, quels sont les Etats les plus endettés ?
                      Réponse :


                      1- Grèce : la dette publique est de 328 milliards d’euros, soit 142,8 % du PIB.
                      2- Italie : la dette publique est de 1843 milliards d’euros, soit 119 % du PIB.
                      3- Belgique : la dette publique est de 341 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.
                      4- Irlande : la dette publique est de 148 milliards d’euros, soit 96,2 % du PIB.
                      5- Portugal : la dette publique est de 160 milliards d’euros, soit 93 % du PIB.
                      6- Allemagne : la dette publique est de 2079 milliards d’euros, soit 83,2 % du PIB.
                      7- France : la dette publique est de 1591 milliards d’euros, soit 81,7 % du PIB.


                      Comme si leur situation n’était pas suffisamment désespérée, les Etats européens vont se surendetter encore plus pour pouvoir prêter 25 milliards d’euros supplémentaires à la Grèce !

                      De toute façon, la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes !

                      Alors autant continuer à verser des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes !

                      On s’en fout : ce sont les CONtribuables européens qui paient !

                      Lisez cet article ahurissant sur la folie du système européen et la fuite en avant des dirigeants politiques :

                      « Les Européens prêts à aider davantage la Grèce.


                      D’après les participants à la réunion, George Papaconstantinou a été convaincant quant à la volonté de son gouvernement de hâter la mise en oeuvre des mesures nécessaires.
                      De leur côté, les Européens se sont montrés disponibles, en échange de cela, à remettre la main au portefeuille en cas d’échec du dispositif renforcé. La somme additionnelle en jeu serait de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros, selon nos informations. »

                       

                      http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201353315492-les-europeens-prets-a-aider-davantage-la-grece.htm


                      • rakosky rakosky 8 mai 2011 00:31

                        Tout à fait édifiant vôtre article
                        Je rajouterais à la notion de dette odieuse celle de dette politique,je crois qu’en plus de l’aspect économique de la question la Dette est aussi une arme politique pour disloquer les nations,leur retirer tous les attributs de la souveraineté ,placer les pays sous le contrôle dircet du Capital financier
                        Un autre aspect de la question est la résistance de la classe ouvrière,début Mai le syndicat de l’électricité appelle à des gréves reconductibles contre les privatisations
                        « DEI ( la compagnie nationale ) appartient au peuple grec,aucun gouvernement n’a le droit de la brader au nom de quelques spéculateurs » déclaration du secretaire général du syndicat
                        Une nouvelle grève générale est appelée le 11 Mai à l’appel des grandes centrales syndicales..

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