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Dictature : Un “expert” européiste britannique réclame l’interdiction en Europe de tout référendum sur les questions européennes


Le "point de vue" de Faser Cameron a été publié le 11 avril 2016 sur le site Euractiv

De nationalité britannique, Fraser Cameron est un ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne. C'est désormais un analyste politique, largement médiatisé outre-Manche pour commenter les questions européennes et les affaires internationales. Il est directeur de « Eurofocus-Bruxelles » et professeur adjoint à la « Hertie School of Governance » à Berlin.

Suite au référendum qui a eu lieu le 6 avril 2016 aux Pays-Bas sur l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine - référendum qui s’est soldé par 61,1% de Non et une participation de 32% le rendant valide -, cet « expert » vient de publier un article sur le site Euractiv pour réclamer l’interdiction des référendums à travers toute l’Europe, dès lors qu’ils porteraient sur les politiques européennes.

Euractiv est une fondation de droit belge, composée d’un réseau de médias européens « indépendants » spécialisé dans la publication d'articles sur les questions européennes. Officiellement, la « tribune » ainsi offerte à Fraser Cameron n’engage pas la responsabilité d’Euractiv.

Il n’en demeure pas moins que ce genre de « point de vue » ressemble fort à ce que l’on appelle un « ballon d’essai », pour tester la façon dont l’opinion publique réagirait à une pareille mesure. En tout cas, ce genre d’articles témoigne de la très alarmante dérive des européistes, qui exigent désormais des mesures de plus en plus clairement dictatoriales.

Comme le lecteur pourra le mesurer, le « point de vue » de Fraser Cameron est bourré de sophismes et de mauvaise foi.

Le prétendu « expert » européiste affirme par exemple qu’il « est peu démocratique que 30% des électeurs dans un État membre puissent bloquer une politique approuvée par 27 États membres ». Mais il passe sous silence que les 27 autres peuples des 27 autres États membres n’ont justement pas été consultés sur l’accord d’association UE-Ukraine, et que tout porte à penser que, s’ils l’avaient été, une écrasante majorité d’entre eux auraient rejeté cet accord comme l’ont fait les Néerlandais.

Le même prétendu « expert » - qui n’est en fait qu’un propagandiste virulent -, reprend par ailleurs à son compte cet argument éculé des apprentis dictateurs européistes, selon lequel les peuples ne répondraient jamais aux questions posées par les référendums, mais à d’autres considérations. Et que, dès lors, c'est le « système de démocratie représentative en Europe qui doit être renforcé ». Il s’agit évidemment d’un raisonnement totalement fallacieux : car si l’on postule que les peuples ne répondent jamais à la question posée par un référendum, pour quelles raisons mirobolantes serait-on assuré que leur volonté serait mieux respectée par des députés qu’ils ont élus sans jamais évoquer ladite question ?

En réalité, et tout le monde le comprend bien, la volonté de supprimer les référendums et de laisser la « démocratie représentative » décider à la place des peuples revient tout simplement à considérer que les peuples sont comme des enfants à mettre sous tutelle. Les dictateurs en costume-cravate de l’euro-atlantisme estiment que les peuples n’ont, au fond, pas leur mot à dire sur la conduite des affaires publiques, et que celle-ci doit être confiée à des gouvernants ou des députés présélectionnés par le système médiatique et l’oligarchie qui le maîtrise.

L’article de Fraser Cameron est disponible en anglais ici.

J’en propose ci-après une traduction en français de mon cru (avec les réserves d’usage) pour nos lecteurs non anglophones.

François ASSELINEAU

Site Internet : http://www.upr.fr
Facebook : http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau
Twitter : https://twitter.com/# !/UPR_Asselineau
 

POURQUOI NOUS DEVRIONS INTERDIRE LES RÉFÉRENDUMS SUR LES POLITIQUES EUROPÉENNES Par Fraser Cameron

AVERTISSEMENT : Les opinions formulées dans cette tribune reflètent les opinions de l'auteur (s) et n’engagent pas EurActiv.com PLC.

Il est peu démocratique que 30% des électeurs dans un État membre puissent bloquer une politique approuvée par 27 États membres, écrit Fraser Cameron. Fraser Cameron est un ancien fonctionnaire de la Commission européenne et Conseiller principal chez Cambre Associates, un cabinet de conseil en relations publiques et affaires publiques basé à Bruxelles.

Les référendums deviennent un énorme problème pour l'UE. Le dernier résultat aux Pays-Bas sur l'accord d'association avec l'Ukraine est probablement le pire résultat possible. Si le taux de participation avait été inférieure à 30%, le gouvernement néerlandais aurait pu en toute sécurité ignorer le vote. Mais avec un peu plus de 30% de vote, et le rejet de l'accord d'association avec l'Ukraine par 64-36, le gouvernement devra consulter le Parlement sur la façon de procéder.

Pourquoi ce « Non » ? Il est clair que le camp anti-UE qui grossit aux Pays-Bas est bien organisé et se soucie plus de la relation du pays avec l'UE que la majorité des « électeurs mous » qui, à cette occasion, n’ont pas pris la peine de se rendre aux urnes. La dernière révélation des « Panama papers » selon laquelle le président ukrainien Porochenko pourrait être impliqué dans des paradis fiscaux corrompus pourrait également avoir joué un rôle dans le vote « Non ».

Ce qui est clair, c'est que ce résultat négatif provoque un embarras majeur pour le gouvernement, surtout parce qu’il assure actuellement la présidence de l'UE. Le Premier ministre néerlandais Rutte doit maintenant réfléchir sur ce qu'il faut faire. Il ne veut certainement pas que les Pays-Bas soient le seul pays opposé à l'accord avec l’Ukraine (tous les autres pays ont ratifié l'accord, ainsi que Kiev).

Le résultat représente aussi un coup dur pour le président de la Commission Juncker, qui a averti des conséquences désastreuses d'un « non » et la satisfaction que cela donnerait au président Poutine. Le service juridique de la Commission va sans doute passer des heures supplémentaires à rédiger des protocoles et des notes de bas de page pour prendre en compte les préoccupations néerlandaises. L'accord d'association sera certainement retardé, ce qui découragera le camp pro-réforme à Kiev. Il pourrait également retarder de nouvelles initiatives d'élargissement et de politique de voisinage. Ce serait un résultat très dommageable.

Il est trop tôt pour dire quel pourrait être l'impact sur la campagne référendaire au Royaume-Uni, mais il n'y a aucun doute qu'il donnera un coup de pouce à l'UKIP et aux autres partisans du « non ». Ce qui est également clair, d'après les campagnes néerlandaise et britannique actuelles, c'est que les politiciens anti-UE utilisent le vote pour soulever des questions allant au-delà de la portée de la question posée. Ce fut aussi le cas lors du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne lorsque le camp du « Non » dit que le « Oui » signifierait la fin de la neutralité irlandaise et l'obligation d'avortements gratuits. Geert Wilders, homme politique eurosceptique le plus important du Pays-Bas, se vantait après le vote néerlandais que les résultats étaient « le début de la fin pour l'UE. »

Il y a indubitablement une tendance croissante aux référendums. Il y en a eu plus de 50 au cours des vingt dernières années. Parfois, les référendums sont imposés aux gouvernements, s'il y a un soutien suffisant d’électeurs, comme cela a été le cas aux Pays-Bas. Parfois, ils sont utilisés pour essayer de préserver l’unité d’un parti, comme cela est le cas au Royaume-Uni. Et parfois, le gouvernement estime que ce serait un dispositif utile pour gagner rapidement en popularité, comme Mitterrand a essayé de faire avec le traité de Maastricht.

Quels que soient les motifs, il y a peu de preuves que les référendums atteignent jamais leur but. Nous avons un système de démocratie représentative en Europe et c'est cela qui doit être renforcé, en même temps que des mesures visant à une plus grande transparence et à une meilleure participation des citoyens dans le processus décisionnel européen.

Au passage, en ce qui concerne le jugement sur les politiques de l'UE, il est peu démocratique que 30% des électeurs dans un État membre puissent bloquer une politique approuvée par 27 États membres. On pourrait procéder à un référendum élargi à toute l'Union sur une question majeure, par exemple l’institution d’élections directes pour le président de la Commission. Mais un référendum dans un seul État membre sur les politiques de l'UE, cela n'a pas de sens.

Peut-être est-il temps pour l'UE d'interdire les référendums !


Moyenne des avis sur cet article :  4.91/5   (69 votes)




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173 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 13 avril 11:13

    Les référendums court-circuitent les partis politiques qui monopolisent le pouvoir en contrôlant étroitement le processus électif.

    Les partis politiques servent de bras armés à ceux qui les sponsorisent, les riches actionnaires des multinationales.

    Un référendum est donc une remise en cause de la classe dominante.

    Leur interdiction est dans la logique du système oligarchique.

    Remarquons, qu’en France, depuis la forfaiture Hollande/Sarkozy de 2007 sur le Traité de Lisbonne, aucun référendum n’a été organisé. Ce serait trop ridicule.


    • taktak 13 avril 13:38

      @Daniel Roux
      Il faut que ce soit le peuple qui décide

      Signez et faite signer la pétition pour exiger un referendum pour la sortie de l’UE et de l’euro !
      https://www.change.org/p/pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-pour-un-referendum-sur-la-sortie-de-l-union-europ%C3%A9enne-et-de-l-euro-democratie


    • tashrin 13 avril 13:43

      @Daniel Roux
      Pas mieux...
      L’illustration de votre propos n’est pas très éloignée de nous, suffit de regarder le resultat du dernier et sa traduction par la classe politique
      nous sommes déjà en dictature


    • Alainet Alainet 14 avril 00:28

      @taktak : les princes qui nous gouvernent savent parfaitement que 53% des Français souhaitent 1 référendum sur le Frexit !


    • JDCONSEIL 15 avril 12:29

      @tashrin
      J’ai signé des deux mains la pétition. Jadis, j’ai cru en l’Europe comme nécessaire pour le maintien de la paix. Mais je ne veux pas de paix au prix d’une dictature du profit des multinationales et de leurs lobbies ...C’est hélas ce qu’est devenue la communauté européenne au fil des abandons de souveraineté des états membres sauf peut-être les grands-bretons plus indépendants que les autres. Ce qui explique sans doute pourquoi la réaction la plus radicale contre un référendum vient de ce lobbyiste anglais là ! 


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 avril 15:53

      @Daniel Roux

      On met le doigt sur deux grandes bêtises-arnaques. La permière est de prétendre que la gouvernance actuelle est démocratique, et la seconde de croire qu’une gouvernance vraiment démocratique puisse gérer intelligemment une société complexe.

      Pierre JC Allard

    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 avril 16:01

      @Daniel Roux

      On met le doigt sur deux grandes bâtises arnaques. La premieère, c’est de prétendre que la gouvernance que nous avons est une démocratie, et les seconde de croire qu’un État moderne complexe puisse être gouverné de façon vraiment démocratique.

      Pierre JC Allard

    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 avril 16:05

      Désolé pour le doublon. Le message tardait a s’afficher.... J’ai douté, comme Moîse frappant deux fois le rocher. smiley


      PJCA

    • jocelyne 16 avril 20:31

      @taktak
      que le peuple décide 110% d’accord, sauf qu’il faut qu’il soit correctement informé smiley


    • tashrin 19 avril 16:16

      @jocelyne
      Et qu’il soit doté des facultés de comprehension adequates...
      C’est bien tout le souci de la democratie :)
      et aussi le fondement de tous les systemes autoritaires
      Le pire systeme à l’exception de tous les autres disait Churchill


    • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 13 avril 11:13

      @ François Asselineau,

      Bonjour,

      Sentant venir le vent mauvais, le microcosme s’agite. Cela ne fera qu’un Expert de plus à expertiser. Autant dire un ectoplasme au travail.

      Je pense les Anglais suffisamment intelligents pour passer outre. 

      Sinon, Cameron aura-t-il la constance de tenir ses engagements ?

      Cdt


      • Elliot Elliot 13 avril 13:31

        @Nicole CHEVERNEY

        Bonne question !

        Dont on aura la réponse pour peu que les Britanniques confirment dans les urnes les états d’âme qu’ils expriment dans les sondages, ce qui n’est pas acquis quand on voit la machine à faire peur transformer le plomb d’approximations en or des vérités révélées pour effrayer le populo ( en réalité, ces pseudo-experts qui accablent la Grande-Bretagne de tous les malheurs en cas de brexit n’en savent strictement rien des conséquences de ce choix et ils extrapolent sur la foi de la seule compétence qui peut leur être reconnue, celle de se fourrer le doigt dans l’œil à longueur d’analyses ).

        Mais on sait d’expérience que les européistes ont plus d’un tour dans leur sac à malices et qu’il sont imperméables au sentiment de forfaiture : on les met dehors par la porte, ils rentrent par la fenêtre ! Disons que le fait que Cameron soit mis dans ses petits souliers à cause du Panama Gate pourrait tempérer ses tentations de recourir à des artifices pour contourner un résultat qu’il n’appelle pas de ses vœux encore que d’autres pourront s’en charger à sa place.


      • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 13 avril 19:59

        @Elliot

        Bonsoir,

        Le référendum, ce sera le thermomètre British pour les reste des Européens, mais tout dépendra de la façon dont les « experts » vont formuler la question pour manipuler la réponse.

        -


      • Layly Victor Layly Victor 15 avril 17:18

        @Nicole CHEVERNEY

        Tout suffocant et blême
        Quand sonne l’heure
        Je me souviens
        Des jours anciens
        Et je pleure

        Et je m’en vais
        Au vent mauvais
        Qui m’emporte
        Deçà, delà,
        Comme la
        Feuille morte

        (déclaration d’un banquier et expert bruxellois)
        Pas de panique : les espèces sonnantes et trébuchantes ne partent pas au vent mauvais comme les feuilles d’automne.

      • diogène diogène 13 avril 11:17

        Il est un fait que nous devrions plus souvent suivre l’exemple des Britanniques.


        Pourquoi élire le chef d’état ? 

        La reine d’Angleterre est très convenable, bien élevée et on n’a pas honte quand elle invite quelqu’un à dîner : elle sait se tenir à table.

        Pourquoi élire des sénateurs ?

        La Chambre des Lords se compose de membres nommés à vie par la reine sur proposition du Premier ministre, de 92 lords héréditaires élus parmi les membres des différentes pairies du Royaume-Uni et de 26 lords clercs de l’Église d’Angleterre, membres de droit. 

        Vous n’allez quand même pas dire que le Royaume-Uni est une dictature !


        • Trelawney Trelawney 14 avril 13:00

          @diogène
          Vous n’allez quand même pas dire que le Royaume-Uni est une dictature !

          On ne dit plus « dictature », on dit « autocratie » ! Comme on ne dit plus « le gouvernement recule », mais « le gouvernement adopte une stratégie d’avancement à potentialité différée »


        • Layly Victor Layly Victor 15 avril 17:26

          @diogène

          Pour sensiblement la même population
          Grande Bretagne 24 000 élus
          France 630 000 élus
          sans compter ceux qui sont nommés hors scrutin dans les différents « conseils » qui pullulent

          Pour pouvoir tirer ce poids et celui, monstrueux, des votes achetés, je ne vois qu’une explication logique : la France est, de très loin, le pays le plus riche du monde !

        • amiaplacidus amiaplacidus 13 avril 11:24

          Je suis un ferme partisan de l’Europe, de l’Europe des peuples.

          Pas de l’Europe actuelle, pas de l’Europe des capitalistes, pas de l’Europe de eurocrates, pas de l’Europe des « experts », etc.
          .
          J’avais encore un faible, très faible, espoir que l’Europe pouvait être réformée dans un sens, non pas plus démocratique, mais simplement démocratique.
          .
          Cette proposition anéantit complètement tout espoir.
          Il faut détruire cette Europe, détruire son appareil bureaucratique, renvoyer les fonctionnaires européens. Qu’ils aillent voir dans un marché du travail qu’ils ont fortement contribué à démolir quelle est leur valeur réelle.
          Et ensuite, reconstruire, patiemment, sans forcer les peuples, une nouvelle Europe, nouvelle Europe non inféodée aux USA, nouvelle Europe insensible aux lobbies, nouvelle Europe dans laquelle les peuples dirigent effectivement, etc.
          .
          Il n’est pas interdit de rêver.


          • Ar zen Ar zen 13 avril 13:56

            @amiaplacidus

            Malheureusement, l’Europe des peuples est une parfaite « utopie ». 19 lois constitutionnelles, de 1992 (Maastricht) à 2008 (Lisbonne), ont transféré des pans entiers de souveraineté vers l’U.E. Notre constitution n’est plus du tout celle de 1958. Prenez simplement connaissance de l’ordre juridique de l’Union européenne et comprenez que le pouvoir n’est plus en France, que l’Europe des peuples est une impossibilité majeure, que la direction prise par les traités, que la France et les 27 autres Etats doivent respecter, est celle du néo-libéralisme à tout crin, celle de l’intérêt particulier d’une petite caste qui méprise les peuples. La seule et unique solution est de sortir de cette union et de porter dans la constitution la puissance du peuple. Pour modifier les traités il faut rassembler l’unanimité, autant dire qu’à 28 cela arrivera aux calendes grecques c’est à dire « jamais ». Celles et ceux qui ne veulent pas le comprendre sont en train d’asseoir définitivement la suprématie d’une caste oligarchique sur les peuples.

            3.3. L’ordre juridique de l’Union européenne Les politiques communes, qui sont l’essence de l’intégration multinationale, sont basées sur la législation commune. L’élément intrinsèque du concept de politique commune est sa force contraignante sur les États membres. Ces derniers doivent donner aux institutions communes les moyens d’appliquer les politiques communes et de faire respecter leurs décisions par toutes les parties concernées et leurs citoyens. À ces fins, les politiques communes sont formées par des actes juridiques arrêtés par les institutions communes, appliqués par les États membres et/ou les institutions communes et contrôlés par les institutions communes [voir le chapitre 4]. Les droits nationaux des États membres sont harmonisés dans un grand nombre de domaines dans le cadre des politiques communes. Un droit spécial, appelé précédemment « acquis communautaire » et désormais « acquis de l’UE », est ainsi créé afin de matérialiser les politiques communes, un droit qui a la primauté sur le droit national, même constitutionnel des États membres, que celui-ci soit antérieur ou postérieur à la législation européenne. En effet, selon la Cour de justice, les États membres ont transféré définitivement des droits souverains à la Communauté (et ensuite à l’Union) qu’ils ont créée, et ils ne peuvent revenir ultérieurement sur ce transfert par des mesures unilatérales [voir affaire 6/64], à moins de décider de se détacher de la CE/UE. Cela est encore une caractéristique du processus d’intégration multinationale, qui différencie cette dernière de la coopération intergouvernementale, où les décisions ont des conséquences politiques, mais n’ont pas un pouvoir contraignant sur les pays participants. Un processus d’intégration multinationale, comme celui de la CE/UE, ne pourrait pas fonctionner, si chaque État membre pouvait esquiver les obligations de la législation commune en mettant en jeu son droit national, y compris son droit constitutionnel.

            Les instruments juridiques, qui forment les politiques communes, ont une validité légale seulement si une disposition des traités autorise les organes compétents - le Parlement européen et/ou le Conseil - de les arrêter (principe de la compétence limitée). L’article 288 du traité sur le fonctionnement de l’UE (ex-article 249 TCE) prévoit cinq formes d’instruments juridiques, qui ont chacune une incidence différente sur les systèmes juridiques des États membres, certaines étant directement applicables en lieu et place de leur législation nationale, d’autres permettant une adaptation progressive de celle-ci aux dispositions européennes.

            Le règlement a une portée générale, il est obligatoire dans tous ses éléments et il est directement applicable dans tout État membre. Tout comme une loi nationale, il fait naître des droits et des obligations directement applicables aux citoyens de l’Union européenne [voir notamment affaires 43/71 et 39/72]. Les règlements entrent en vigueur à la date qu’ils fixent ou, à défaut, le vingtième jour de leur publication dans le Journal officiel de l’Union européenne. Le règlement substitue le droit européen au droit national et est donc l’instrument juridique le plus efficace offert par le traité. En tant que « loi européenne », le règlement doit être intégralement respecté par son destinataire (individu, État membre, institution européenne).

            La directive lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens. C’est une sorte de loi-cadre européenne, qui se prête particulièrement bien à l’harmonisation des législations nationales. Elle définit l’objectif ou les objectifs à atteindre par une politique commune et laisse aux États membres le soin de choisir les formes et les instruments nécessaires pour s’y conformer. Étant donné que les États membres sont tenus seulement à la réalisation des buts de la directive, ils disposent, pour sa transposition au droit national, d’une marge de manœuvre leur permettant de tenir compte des spécificités nationales. Ils sont tenus, toutefois, « à assurer l’exécution des obligations découlant du… traité ou résultant des actes des institutions de l’Union » (article 4 TUE). Bien qu’elles soient généralement publiées dans le Journal officiel, les directives prennent effet par leur notification aux États membres destinataires. Ces derniers ont l’obligation d’arrêter les dispositions nationales nécessaires à la mise en œuvre de la directive dans les délais fixés par elle, à défaut de quoi ils sont en infraction.

            La décision a un caractère obligatoire pour les destinataires qu’elle indique et qui peuvent être, soit un, plusieurs, voire tous les États membres, soit une ou plusieurs personnes physiques ou morales. Cette variété de ses destinataires potentiels s’accompagne d’une variété dans l’ampleur de son contenu pouvant aller d’un quasi-règlement ou d’une quasi-directive à une décision administrative particulière. Sa prise d’effet pour ses destinataires résulte de la communication et non pas de la publication au Journal officiel. En tout cas, selon la Cour de justice, une décision peut produire des effets directs en engendrant dans le chef des particuliers des droits que les juridictions nationales doivent sauvegarder [Affaire 9/70 et affaires jointes C-100/89 et C-101/89].

            Les actes juridiques susmentionnés sont normalement utilisés, sur base du traité et suivant la méthode originalement dite « communautaire » (maintenant la méthode européenne) [voir la section 4.3], pour harmoniser ou rapprocher les législations nationales. Ils ont des effets contraignants pour les États membres, pour les institutions européennes et, dans de nombreux cas, pour les citoyens des États membres. C’est le cas des législations ou des décisions qui doivent s’appliquer de manière uniforme dans tous les États membres. Lorsqu’un État membre ne respecte pas le droit européen, la Commission dispose de pouvoirs propres (le recours en manquement) pour tenter de mettre fin à cette infraction et, le cas échéant, elle saisit la Cour de justice de l’Union européenne [voir la section 4.1.2].

            Toutefois, les objectifs des politiques communes sont aussi poursuivis par une action concertée non contraignante, sous la forme de coordination des politiques nationales, de mécanismes d’échange d’informations, d’organes de coopération, de programmes et/ou de soutien financier européen. Ainsi, en plus des actes contraignants susmentionnés, qui forment le droit européen, le Conseil et la Commission peuvent adopter des recommandations suggérant aux destinataires un certain comportement ou exposant les buts d’une politique commune et des avis appréciant une situation actuelle ou certains faits dans l’Union ou dans les États membres. De plus, le Conseil et le Parlement européen, adoptent des résolutions, également non contraignantes, suggérant une volonté politique d’agir dans un certain domaine. Ces instruments permettent aux institutions européennes d’adopter des lignes directrices pour la coordination des législations ou pratiques administratives nationales de manière non contraignante, c’est-à-dire sans obligations juridiques pour les destinataires - États membres et/ou citoyens.


          • vida06 (---.---.252.105) 13 avril 15:15

            @amiaplacidus
            le probleme est qu une « autre europe » c est justement ce que vous a fait miroiter l oligarchie pour vous donner un petit espoir et que vous continuez a soutenir l UE , alors qu ils ont prevus dans les traités que pour la reformer il fallait l unanimité des 28 pays membres +le conseil europeen + la commission europeene (article 48 du TFUE ) , donc un seul qui s y oppose et c est foutu , c est donc un systeme totalement autobloquant qui leur a permis de continuer cette politique liberale capitaliste et de plus en plus dictatoriale sans pouvoir changer une virgule , l UE a ete faite par les banques et les multinationales et pour eux seuls https://www.youtube.com/watch?v=nbUIufrGzVo



          • amiaplacidus amiaplacidus 13 avril 15:37

            @Vida06

            Mais, reprenez mon texte, j’appelle au contraire à la destruction de l’Europe actuelle pour, ensuite, reconstruire sur une base populaire, sans doute en plus petit, pas avec 28 membres.

            Je pense qu’un brexit serait le premier pas vers l’implosion de l’UE.


          • HELIOS HELIOS 13 avril 17:08

            @amiaplacidus

            vous savez donc pour qui voter « utile », quelle que soit l’election, jusqu’a ce que les elus respectent la volonté de ceux qui votent pour lui.

            voter « utile », c’est voter pour celui qui est le plus pres possible d’arriver au pouvoir, parmi ceux qui le contestent !

          • marcdouziech 13 avril 17:15

            @amiaplacidus
            Donc malgré tout favorable à une Europe raciste et xénophobe sans le Maghreb, sans l’ Afrique de l Ouest, sans l Amérique du Sud, conforme au Choc des Civilisations.



          • franc 13 avril 19:57

            @amiaplacidus

            Oui j’ai la m^me pensée que vous .


          • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 13 avril 20:08

            @Ar zen

            Le pouvoir n’est tellement plus en France que les bâtiments qui abritaient la Bourse, sont devenus un musée, et un centre d’expositions artistiques tandis que la Bourse a été déménagée en Angleterre, à quelques encablures de la City.

            Chantons en choeur : - Plus près de toi, mon Dieu ! (bis).


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 avril 20:15

            @amiaplacidus
            Pour signer des accords de coopération avec certains pays européens, ou d’autres dans le vaste monde, il faut d’abord sortir de l’ UE et redevenir un pays souverain qui peut choisir avec qui coopérer.
            C’est ce que font les pays des BRICS, tous des pays souverains.


            Actuellement, c’est la Commission européenne qui négocie TAFTA et les peuples ne seront pas consultés. Aucun pays dans l’ UE ne peut choisir librement ses coopérations.

          • Alainet Alainet 14 avril 01:02

            @amiaplacidus : - C’est un bon argumentaire chez eux pour amener au Brexit ! Je ne rêve plus, sutout quand Mister Hyde se cache derrière le Docteur Jeckyll !
            - D’accord pour que les Anglais déposent ce condominium US, dans la cuvette des WC.. on ira ensuite tirer la chasse d’eau, chacun notre tour !
            - En parlant d’une autre Europe ; chacun semble oublier qu’elle existe pourtant : l’AELE, fondée en 1960 par le Traité de Stockolm, qui a comptée jusqu’à 10 Etats ( beaucoup ont été débauchés par l’UE ensuite et doivent le regretter ). Il en reste 4 : Suisse, Norvège, Islande & Liechtenstein .La Norvège et l’Islande ont intégré l’Espace Schengen en 2001, la Suisse en 2008 et le Liechtenstein en 2011. Cette union est basée sur des accords de libre-échange entre pays, pas de monnaie commune et chacun peut y conserver sa pleine souveraineté sans plus. Chacun peut y entrer ou sortir à son gré. Il existe des programmes de coopération sur les sciences, les contrôles sanitaires, l’environnement, la protection du consommateur, l’Education ( reconaissance des diplomes), etc...
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_europ%C3%A9enne_de_libre-%C3%A9change


          • Ar zen Ar zen 14 avril 10:31

            @HELIOS

            A ceci près qu’un parti trop « clivant » n’a strictement aucune chance de rassembler largement. La probabilité de remporter l’élection, même s’il semble proche de le faire, est nulle.

            Nos oligarques, qui ne sont pas des imbéciles, le savent et font ce calcul. Un parti clivant est un outil aux mains de l’oligarchie pour assurer la réélection de ceux qui mangent dans leurs mains.

            Un parti clivant divise totalement le peuple de France. C’est une parfaite hérésie de penser qu’il possède des chances de gagner. Pour secouer l’oligarchie, pour que le peuple reprenne son pouvoir, il faut un parti qui rassemble au delà des clivages. Il faut mettre sa propre « idéologie » entre paranthèses. Ceux qui font croire au contraire jouent le jeu de l’oligarchie, et quel jeu ! C’est perdant, perdant pour le peuple.

            A chacun ses failles intellectuelles et sa dissonance.


          • Laurent 47 17 avril 20:51

            @Fifi Brind_acier
            Bonsoir.
            Je pense qu’avant de songer à sortir de l’Union Européenne ( c’est mon rêve ), il y a bien plus urgent, car il y a le feu au lac !
            C’est de quitter définitivement cette organisation criminelle qu’on appelle l’OTAN, qui ne sert que les intérêts de Washington, et qui nous entraine vers une pente dangereuse par toutes ces guerres régionales fomentées par l’oncle Sam qui, sachant que les Etats-Unis retourneraient à l’âge de pierre en cas de conflit direct avec la Russie, nous incite à faire ce sale boulot à sa place !
            Alors, aux prochaines élections, demandez à votre candidat s’il a l’intention de demander ce retrait de l’ O.T.A.N. qui en plus, nous coûte la peau des fesses pour contrer un ennemi imaginaire !
            S’il dit NON, alors ne prenez pas la peine de vous déplacer pour mettre votre bulletin dans l’urne !
            Dans une dictature, à quoi sert de voter ? Prenez exemple sur l’Arabie Saoudite !


          • Fouls 13 avril 11:30

            Ils ne masquent même plus leurs propos, maintenant il argumentent sur la supériorité de l’élite sur le peuple. Encore que s’autoproclamé élite ne signifie pas grand chose, quand on voie la quantité industrielle de connards produit par nos z’écoles à z’élites smiley

            Le plus pénible c’est l’acceptation des médias et même maintenant de la justice qui pourra poursuivre les fameux « lanceur d’alerte », et ça ça ne vas pas être simple à s’en débarrasser.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 avril 20:25

              @Fouls
              Ce n’est pas le premier « expert Mamamouchi » qui prend les citoyens pour des truffes...


               ** Giscard D’Estaing : "Pourquoi faire un référendum ? (...) s’interroge Valéry Giscard d’Estaing, qui estime qu’il s’agit de toute manière "d’une question trop compliquée pour être simplifiée par un référendum« . »Comment un citoyen britannique de la base peut-il se faire une opinion sur l’avantage ou l’inconvénient de rester dans l’Union européenne ?« , s’interroge l’ex-chef de l’Etat.

              ** Elisabeth Guigou : »La démocratie entrainerait un blocage des Institutions européennes.« 

              ** Viviane Redind : » Les Anglais sont trop ignorants pour qu’on demande leur avis sur la sortie de l’ UE."

            • Fouls 14 avril 10:48

              @Fifi Brind_acier

              Je le sais bien, jetez donc un oeil la dessus, 90% nous tartines les oreilles de leurs déjections verbales !

              https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27%C3%A9narques_par_promotion#Promotion_Voltaire_.281980.29

              Je vous conseille de lire le livre de Sophie Coignard et Romain Gubert : L’oligarchie des incapables d’une main et la liste des z’élites dans l’autre main, vous mettez un coup de stabillo à chaque fois qu’un de ces connards a croulé une boite ou violé la France....


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 14 avril 17:50

              @Fouls
              Une bonne partie des Ministres de Hollande est Young Leaders.


            • Jo.Di Jo.Di 13 avril 12:00

              Qui veut les RAPPORTS RÉELS DE PRODUCTION de la division du travail mondialiste veut LE DROIT mondialiste qui va avec.
              A dire à un NPA, FdG où pseudo PC ....
               
              « A quel point les rapports juridiques vont de pair avec le rapport des forces objectives dérivées de la division du travail, se voit déjà dans le développement historique de la puissance des tribunaux et la lamentation des féodaux devant le développement du Droit... Au moment précis où le commerce entre les nations européennes commençait à prendre de l’importance et que les relations internationales elles-mêmes prenaient un caractère BOURGEOIS, la puissance des tribunaux a commencé à prendre de l’importance. Sous la domination de la bourgeoisie, où la division du travail devient nécessité incontournable, cette puissance atteignit son point culminant [...] Si ces concepts [du droit international] prennent valeur de puissances mystérieuses, c’est la conséquence nécessaire du fait que les rapports RÉELS, dont ils sont devenus l’expression, sont devenus autonomes. Outre la valeur qu’il prennent dans la conscience habituelle, ces concepts généraux sont affectés d’une valeur spéciale et développés par les politiciens et les juristes qui, chargés PAR la division du travail du CULTE de ces concepts, voient en eux, et NON dans les rapports de production, le FONDEMENT véritable de tous les rapports de propriété réels. »
               
              L’idéologie allemande 2eme partie Marx et Engels


              • BA 13 avril 12:09

                La construction européenne est anti-sociale, anti-populaire, anti-démocratique.

                Elle doit être détruite.

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