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Accueil du site > Actualités > Economie > Entendez-vous Marx rire ?

Entendez-vous Marx rire ?

L’exemple d’un pays comme le Japon ayant subi un ralentissement de sa production industrielle de près de 30% ces trois derniers mois est tout à fait explicite, ce rythme étant le plus dramatique depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale. Les faillites Japonaises quant à elles dépassent les 1’000 cas mensuels et montrent une sinistre progression de 21% sur Février 2009 par rapport à Janvier 2009 sachant qu’elles ont pratiquement triplé en une année. Pire encore : ce pays – presque entièrement dépendant de ses ventes à l’étranger du fait d’une consommation intérieure dont tout le monde sait qu’elle est anémique - est très sévèrement affecté par une chute phénoménale de près de 50% en une année du volume de ses exportations.

 Ayant certes régulièrement subi multiples ralentissements de son activité économique et industrielle ces vingt dernières années et ayant régulièrement dû se battre contre la récession, le Japon connaît néanmoins aujourd’hui une dépression en bonne et due forme qui se traduit par une contraction de son économie pour ce premier trimestre 2009 à un rythme annualisé de 15%. Ne nous acharnons pas sur le Japon car il n’est pas seul à connaître les affres de la crise : La Grande Bretagne, dont le P.I.B. s’est contracté de 1.5% au dernier trimestre 2008, ne subira-t-elle pas une contraction de son économie de l’ordre de 3% en 2009 ? Et ne parlons pas des Etats-Unis maints fois évoqués à travers ces diverses analyses...

De fait, l’ensemble des domaines d’activité de la quasi totalité des nations du monde accuse le coup du ralentissement le plus sévère depuis des décennies : pire qu’après les chocs pétroliers des années 70, pire que la chute d’activité du début des années 80, pire que lors de l’explosion de la crise d’Amérique Latine…sachant que l’inflation ne saurait aujourd’hui être prise comme prétexte à cette perte de production et de régime. Effectivement, l’ouragan de la crise du crédit a laissé après son passage effondrement de la production et tassement des prix. La conjugaison de ces deux phénomènes portant l’appellation fort significative de dépression.

Karl Marx - comme avant lui Adam Smith - avait longuement analysé la "société bourgeoise" ayant succédé au féodalisme. Marx était du reste convaincu que le communisme remplacerait cette société bourgeoise amplement stigmatisée car, selon lui, le capitalisme était intrinsèquement instable. L’effondrement du mur de Berlin ayant consacré la fin de l’utopie communiste Marxiste-Léniniste, la décision de la Chine de jouer le jeu de l’économie de marché a achevé de ringardiser les idées de l’ancêtre Karl et du grand-père Mao. Marx aurait pourtant crié victoire s’il était encore parmi nous car nous sommes témoins - et parfois acteurs - d’un des effondrements économiques les plus spectaculaires de l’Histoire de l’Humanité.

Sans prédire une période de révolutions à venir, il est néanmoins aisé de prévoir - à la fois de manière rationnelle et intuitive - un environnement économique futur radicalement et substantiellement ( dans le sens étymologique du terme ) différent des vingt-cinq dernières années. L’ampleur même de la débâcle présente affectera profondément et durablement nos existences pour les dix - voire les vingt - prochaines années : Finie la période abondante et faste où revenus et crédits semblaient progresser à l’infini, finies les périodes de récessions molles qui semblaient toujours devoir précéder une nouvelle frénésie d’activité, finie la théorie de l’efficience des marchés supposés corriger à terme tous les excès du capitalisme. 

L’Etat effectue son grand retour : Entendez-vous Marx s’esclaffer ?

Les taux d’intérêts étant proches du zéro, prix et salaires sont également sur une pente descendante avec, à la clé, une déflation qui, si elle devait réellement sévir, aurait pour effet premier de provoquer une course aux liquidités et une remontée toute naturelle des taux d’intérêts induisant une distorsion perverse au sein du marchés des capitaux. Quel intérêt y a-t-il en effet à risquer d’acheter des actions en bourse ou à prêter de l’argent à des entreprises qui émettent des obligations alors qu’il est possible de prêter en toute sécurité à un Etat ? Avez-vous observé le glissement insensible, graduel mais incontestable de nos sociétés dorénavant résignées à ce que la solution à nos maux proviennent, non plus d’un système bancaire et financier déficient, mais de nos Gouvernements ? 

Cet autrefois prestigieux et autonome système financier est aujourd’hui court-circuité par des Banques Centrales qui se jettent à corps perdu dans l’arène des marchés pour acquérir tous types d’actifs dans le but de ressusciter le marché des crédits. La conséquence de cette activisme exacerbé de ces Banques Centrales coule de source : C’est de plus en plus les Etats qui décideront des entreprises dignes d’être secourues et de celles qui devront être rayées du Registre du Commerce. De même, c’est nos Gouvernements - au gré de leurs multiples stimuli fiscaux - qui décideront désormais de l’utilisation de notre épargne. Cet interventionnisme de l’Etat est pourtant vital à la fois pour sortir de cette crise et pour sauver nos classes moyennes. Pour autant, les partisans d’un retour à cette normalité où les forces du marché dictaient leur loi ne doivent pas espérer de sitôt un retour au statu quo ante : ce retour en force de l’Etat est un phénomène durable et les pouvoirs publics ne se retireront pas après le passage de la crise car cette crise aura précisément été surmontée grâce à eux.

C’est aussi pour cette raison que - même lorsque la crise appartiendra au passé - notre niveau de vie déclinera inéluctablement à l’avenir : l’omniprésence de l’Etat découragera l’esprit d’initiative et les comportements à risques du passé ayant néanmoins grandement contribué à l’enrichissement de la société. 


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37 réactions à cet article    


  • John Lloyds John Lloyds 10 mars 2009 11:11

    "Cet interventionnisme de l’Etat est pourtant vital à la fois pour sortir de cette crise et pour sauver nos classes moyennes"

    Mr Santi, comment expliquez-vous alors l’attitude de Vaclav Klaus, président tchèque (pays assurant la présidence de l’UE), qui déclare : "Toute intervention des Etats dans l’économie dans le contexte de la crise risque d’accentuer la récession" ?


    • Marc Bruxman 10 mars 2009 16:28

      Les tchèques ne savent que trop bien ou mène l’étatisme. Ce n’est pas comme si ils n’avaient pas subi 40 ans de dictature au nom d’une certaine idéologie. 

      Il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils en redemandent ! Maintenant ils risquent de ne pas apprécier du tout la crise car leur économie est bcp plus basée sur l’industrie que la notre et elle est également basée sur le crédit. Ils risquent donc de prendre très cher. 

      Mais pour l’instant il suffit de voir Prague en 2009 pour se dire qu’ils n’ont pas envie de revenir en 1989. 


    • Julius Julius 10 mars 2009 19:16

      Les problèmes de l’économie tchèque d’aujourd’hui :
      1) La République Tchèque est l’État le plus industrialisé en Europe.
      2) L’économie est orientée vers l’exportation.
      Les avantages :
      1) Son système bancaire est sain. Le crise des banques est passée dans le 90e. Ils ont fait les réformes nécessaires pour stabiliser les banques.)
      2) Les gens n’ont pas de dettes. La culture de la dette n’a pas (encore ?) commencé.
      3) Les finances de l’etat sont dans une bonne forme. Et le gouvernement ne fait pas les opérations populiste.
      4) L’économie est très libérale. Les Tchèques se souviennent encore l’économie centralisée. Ils ont essayé Marx, et ils n’ont pas aimé.
      5) La République tchèque n’a pas Euro. Cela signifie qu’il part de la crise sera amorti par le taux de change.

      V. Klaus a son blog, aussi en français : http://www.klaus.cz/klaus2/asp/default.asp?lang=FR&CatID=PvbqyBh9


    • Marc Bruxman 11 mars 2009 01:54


      5) La République tchèque n’a pas Euro. Cela signifie qu’il part de la crise sera amorti par le taux de change.

      Oumpf ! C’est juste dommage que quand ils empruntaient de l’argent, les prêts étaient libellés en Euros et en Francs suisses. Ce qui fait que cela devient dur à rembourser et que c’est un problème pour les banques notamment Autrichiennes et Italiennes qui ont beaucoup prétées à ces pays. M’enfin vous allez en ré-entendre parler de cela :(


    • John Lloyds John Lloyds 11 mars 2009 09:49

      Bon, Monsieur Santi ne daigne pas répondre, merci aux autres pour leur réponse.


    • Julius Julius 11 mars 2009 10:33

      Ne pas confondre Tchéquie avec la Hongrie ou pays Baltes.Tchéquie a assez peu de la dette. Tchéquie même a récemment contribué financièrement à la Lettonie (je pense) pour le taux zéro.


    • Michel Santi Michel Santi 11 mars 2009 13:19

      Désolé pour mon retard mais je viens de rentrer de voyage !
      Selon moi, il s’agit d’un réflexe de fierté ( mal placée ) des Tchèques mais en catimini - cad sans pub ni tapages - ils quémandent l’assistance Européenne...


    • manusan 10 mars 2009 11:35

      La crise au japon, c’est la même que celle des année 90, et c’est représentatif de l’ensemble de la zone asie.
      Une monnaie basse, des exportateurs qui s’enrichissent, des plus value investies plus ou moins n’importent comment sur la planéte, une crise, les carry trade qui reviennent en masse, un YEN qui grimpe, un retour vers la consommation intérieur qui n’existe pas, .....

      un lien trés intéressant sur le système "carry trade"

      http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/09/monnai e-vers-la-fin-du-menage-a-trois.html




      • Veilleur de Nuit 10 mars 2009 11:53

        Pour ce qui concerne Karl Marx, je ne sais pas, mais en ce qui concerne Groucho Marx qui avait perdu toutes ses économies dans les spéculations et dans le crash du marché boursier de 1929, je sais simplement qu’il s’est refait une santé financière en multipliant les films où il nous fait rire encore...

        Juste quelques sourires dans un monde qui s’annonce difficile...


        • K K 10 mars 2009 18:28

          C’est surtout la radio qui l’a relance avec "you bet your life..."

          Mais la, Marx rit tellement que j ai meme l’impression d’entendre Harpo (pour une fois !)

          Les liberaux vont dire que c’est une erreur.


        • furio furio 10 mars 2009 13:05

          Au nom de karl Marx, l’Occident a frappé fort. Guerre contre l’URSS, guerre militaire d’abord, puis guerre économique, le tout accompagné d’une incroyable guerre de propagande. En fait l’Occident a toujours vécu dans le "containment".
          Guerre contre Cuba ; peuple que l’on continue encore aujourd’hui à affamer sous prétexte qu’il mène une politique "autre" !! 
          La Yougoslavie proposait une autre politique mais tout aussi différente et à bien des égards trés interessante. Qu’en est il advenu du système auto-gestionnaire, l’OTAN sous le dictat des US a bombardé la Yougoslavie pour abattre ce régime après avoir mené une guerre de propagande et d’intox immonde. 

          Alors aujord’hui, oui Karl Marx doit bien se fendre la gueule ! Les Etats-Unis et cela est souhaitable vont crouler et on pourra alors voir sortir de sinistres vérités. Comme la vérité sur la Guerre du viet-nam, le monstrueux bilan de la guerre contre l’Irak, etc... Et pourquoi pas..on peut rêver on pourrait assister à des pendaisons de responsables de ces 50 années de cauchemar états-unien que le monde entier a vécu dans une grande insouciance.

          Cela permettrait à KM d’avoir la banane.
           


          • alberto alberto 10 mars 2009 13:55

            Bien vu, M. Santi, si Marx nous regarde de là où il est, il doit bien rigoler dans sa barbe !

            Mais ce que je n’est guère trouvé à la lecture de ses oeuvres (je ne les ai pas toutes lues, loin s’en faut ! ) ce sont les moyens de prévenir la corruption. Cette corruption qui serait, si j’ai bonne mémoire, une des principales causes de la crise japonaise. Cette même corruption qui gangrène la finance mondiale grâce à l’immunité (complicité ?) dont jouissent les paradis fiscaux.

            Bien à vous.


            • masuyer masuyer 10 mars 2009 14:33

              Bonjour Michel,

              L’Etat effectue son grand retour : Entendez-vous Marx s’esclaffer ?

              Penser que Marx soit étatiste est je crois un non-sens. Il pensait qu’un état fort était un état transitoire avant son dépérissement. Mais pas n’importe quel état, celui de la dictature du prolétariat. Ce fut d’ailleurs une pierre d’achoppement avec Bakounine :

              • Il y aura un gouvernement excessivement compliqué, qui ne se contentera pas de gouverner et d’administre les masses politiquement, [...] mais qui encore les administrera économiquement, en concentrant en ses mains la production et la juste répartition des richesses, la culture de la terre, l’établissement et le développement des fabriques, l’organisation et la direction du commerce, enfin l’application du capital à la production par le seul banquier, l’Etat. Tout cela exigera une science immense et beaucoup de têtes débordantes de cervelle dans ce gouvernement. Ce sera le règne de l’intelligence scientifique, le plus aristocratique, le plus despotique, le plus arrogant et le plus méprisant de tous les régimes. »
              « Écrits contre Marx », dans Œuvres complètes, Vol. III, p. 204.



              • paul 11 mars 2009 16:58

                il est utopique d’imaginer que l’etat va deperir après s’etre renforcé,marx aurait du moins forcer sur le rhum,cette intervention beaucoup trop importante de l’etat a gravement entravé la créativité et les initiatives individuelles,menant à la debacle économique , favorisant le viellissement du tissu industriel
                source d’une pollution plus importante qu’en milieu capitaliste malgré une productivité moindre (il est vrai que le capitalisme a aussi une responsabilité très importante dans la degradation de l’environnement)ceux qui parmi les pays communistes étaient riches en denrées alimentaires sont devenus importateurs de ces denrées à cause de ces délires.l’equilibre entre l’intervention de l’etat et le
                laisser faire est important,cette crise va amener la moralisation et l’humanisation du capitalisme,solutions plus raisonnables que les croyances et les superstitions marxistes,le problème de l’environnement est aussi de la plus grande importance.


              • fhefhe fhefhe 10 mars 2009 15:23

                Devenons des ...

                C onsommateurs
                R aisonnés ( en nous )
                I nterdisant (le)
                S urperflus (qui nous)
                E trangle.... !!!

                Pour moi Karl Marx a démontré que la Finalité du Capitalisme était le Communisme...
                Le Capitalisme , le Libre Echange , est un "Incubateur" d’Oligopôle !!!!

                Comme me dit dans un autre commentaire....

                Qui tue 100 concurrents est un "Capitaine d’Industrie" qui a la médaille du 

                M érite (d’avoir)
                E xterminé (ses)
                R ivaux ( pour )
                I mposer (ses)
                T arifs (qui)
                E tranglent...les consommateurs !!!!

                Il est proche le temps ....du retour au source...."Chasse , Pêche et Ceuillette" , en effet , nous allons

                C onnaître (la Pire)
                R ecession (qui nous)
                I mposera (la )
                S agesse (pour)
                E xister... !!!

                Pour conclure

                C ourage
                R aison ...(gardée.)
                I mpulsion ...(freinée.)
                S érenité (et surtout )
                E spoir de jours Meilleurs... !!!







                • Marc Bruxman 10 mars 2009 15:25

                  Oui le monde va être différent après cette crise, car effectivement toute société a ses limites. Mais ce que Marx a analysé été en réalité la société industrielle et son fonctionnement. Le capitalisme était son outil et une bonne part d’étatisme lui permettait de construire les infrastructures lourdes dont elle avait besoin. Tout cela c’est le monde dans lequel nous avons vécu. 

                  Ce monde la avait aussi besoin de R&D pour fonctionner. Et il a généré la plus fabuleuse révolution technologique de l’histoire a peu près au moment ou l’essentiel des besoins de base étaient satisfaits. A ce moment la, la société ne pouvait que changer et vite. Et c’est à ce moment la que notre société est devenue massivement basée sur les services. Cela ne veut pas dire que l’on ne produit plus rien, cela veut juste dire que ce n’est plus le fait d’avoir en main les outils de production qui donne de la puissance. Et entre 1970 et 2008 mieux valait être actionnaire d’une grosse boite du tertiaire que d’une grosse boite industrielle. Même si entre temps la quantité de matière produite a explosée. 

                  Or, une société basée sur les services n’a pas les mêmes besoins qu’une société basée sur l’industrie. Cela ne peut donc produire qu’un affrontement de plus en plus visible entre deux modèles de sociétés, un naissant, l’autre mourrant. Mais ce n’est pas aussi simple que cela, car pendant toute la phase de cohabitation les deux systèmes interagissent ensemble de façon complexe. Et au moment ou l’un cède, l’autre s’effondre. 

                  Or depuis l’an 2000 la révolution technologique est de nature fortement déflationiste pour l’industrie et cela s’accélére depuis 2005. Pourquoi ? Parce que nombre de biens sont dématérialisés et leur coût devient donc marginal. L’industrie dans les pays dits "développés" est ainsi en chute libre. Mais deux choses masquent ce phénoméne  :

                  • Le secteur financier en plein boom est capable d’injecter des capitaux énormes dans l’industrie sous forme d’obligations et autre rachats. Des boites comme GM se sont surendettées (mais toute l’industrie est dans ce cas) ce qui a permis de masquer une réalité souvent pas reluisante. 
                  • Une bulle immobilliére sans précédent fesait tourner la production de biens matériels occasionnant inflation et hausse de la production. C’est la encore le secteur financier qui a payé pour cela. 
                  La bulle immobilliére aura cédée en premier, entrainant avec elle la finance. Or, l’industrie étant surendettée, elle chute avec la finance. 

                  Le mariage entre le secteur des services et l’industrie se termine en cataclysme pour les deux secteurs... Et cela va compléter la phase de transition de pouvoir en cours. Nous entrons dans la société post-industrielle avec tous les effets pervers que cela va comporter. 

                  Le regain d’étatisme n’est que passager. Lorsqu’un pouvoir est vacant (ici le pouvoir financier et industriel) il est normal que celui qui reste fort tente de combler le vide. Mais les états sont dépendents des banques. Et c’est aussi pour cela qu’ils les renflouent car une faillite des banques serait diabolique pour les états. Mais les banques prétent également aux Etats car ce sont de bons clients et que le secteur des services a finalement moins besoin des capitaux bancaires. (Cela coute moins cher de monter une boite de logiciels qu’une aciérie). Il y a donc une interdépendence entre les états et les banques. Or les états sont surendettés et bientot ils ne pourront plus payer comme l’industrie en ce moment. Lorsque ce seuil sera atteint et vous pouvez penser qu’il le sera avant 2020, il faudra s’attendre à de gros troubles. 

                  Une véritable guerre est peu probable car les états seront devenus incapables de la financer. Mais nous allons malheureusement assister à une privatisation de masse de tout ce qui reste à l’état voir à une liquidation pour beaucoup de choses. A ce moment, le pouvoir politique aura cessé d’exister et il faudra trouver une nouvelle force de cohésion pour la société que l’ordre marchand ne peut à elle seule tenir. Cette idéologie la reste à inventer. Et c’est seulement une fois que cette force de cohésion sera revenue que le monde pourra repartir correctement. 

                  Ce changement est souhaitable et apportera effectivement de grands bienfaits à nos enfants grâce à une société qui sera technologiquement très avançée. Mais il faudrait quelqu’un qui ait le courage de conduire ce changement car il serait beaucoup plus simple qu’il n’y ait pas un effondrement mais une transition. Je suis toutefois de plus en plus pessimiste sur ce dernier point. Les politiques semblent ne pas vouloir admettre ce qui va se passer sous leurs yeux car cela implique une diminution drastique du role de l’état et ce à court terme. Ils réagissent en faisant l’inverse de ce qu’il faudrait sans comprendre que cela risque de leur être fatal à très court terme. 

                  • masuyer masuyer 10 mars 2009 16:25

                    Bonjour Marc Bruxmann,

                    je suis presqu’en accord avec votre analayse. Mais il me semble que le capitalisme tel que nous le vivons aujourd’hui (et qui dans la forme est évidemment fort différent de celui qu’a connu Marx) n’est que son développement logique si, comme le pensait Marx, son moteur est l’accumulation du capital. Dans un premier temps la technique permet des gains de productivité très importants mais qui vont en diminuant. Quand on ne peut plus gratter suffisamment sur les gains de productivité, il faut rogner sur les coûts. Ce sont les salaires, mais aussi l’externalisation de pans entiers de la production (la production coûte), pour tenter d’arriver à produire de la richesse sans produire de biens. En haut le détenteur de capital, sous lui la multitude des sous-traitants et des sous-traitants des sous-traitants, puis toutes les catégories de prolétaires hiérarchisées, tout en exerçant une pression du haut vers le bas. A terme cela engendre l’explosion.


                  • Marc Bruxman 10 mars 2009 19:12


                    							

                     
                    								Bonjour Marc Bruxmann,

                    je suis presqu’en accord avec votre analayse. Mais il me semble que le capitalisme tel que nous le vivons aujourd’hui (et qui dans la forme est évidemment fort différent de celui qu’a connu Marx) n’est que son développement logique si, comme le pensait Marx, son moteur est l’accumulation du capital.


                    Sauf que le capital et Marx l’avait bien compris, ce n’est pas de l’argent, ce sont des outils de production. Et ces outils de production ne sont du capital que parce qu’ils sont rares et offrent une barrière à l’entrée. 

                    Une aciérie est un capital, de même qu’un bien immobillier. Une marque bien en vue finit par devenir du capital. 

                    Mais la plupart des entreprises de service ne sont pas un capital. Elles brassent de l’argent, permettent de bien vivre, mais entre deux SSII par exemple (marchands de viande en informatique) il n’y a pas de barrière à l’entrée. Juste un pool de salarié qui peut passer d’une boite à l’autre. 

                    Dans les business immatériels, le capital devient artificiel, ce sont les lois sur la propriété intellectuelle qui le garantisse. Or elles deviennent elles même difficiles à défendre. Ce qui veut dire comme je l’avais écrit ici :
                    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10198

                    Le capitalisme va connaitre de profonds changements et ces changements vont être imposés par l’état de l’art de la technique... Ce qui est finalement une idée très marxiste ;)

                    Dans un premier temps la technique permet des gains de productivité très importants mais qui vont en diminuant. Quand on ne peut plus gratter suffisamment sur les gains de productivité, il faut rogner sur les coûts.

                    Ce ne sont pas les gains de productivité qui diminue. Le problème c’est qu’avant la technique était un capital dont la reproduction était cher. Une machine révolutionnaire vous n’alliez pas en innonder le monde en quelques mois. 

                    Lorsque l’innovation devient souple (logiciel), le monde s’innonde en quelques heures. Et comme je l’ai écrit dans l’article sus-cité on rentre dans un cadre d’hypercompétition pour avoir la dernière technologie. Ce qui place les entreprises traditionelles qui ne maitrisent pas la technologie dans la position d’un héroinomane dépendent. Elle a besoin de sa dose, mais chaque dose lui procure moins de plaisir. Au final le marchand d’armes technologiques est le seul gagnant. 

                    Ce sont les salaires, mais aussi l’externalisation de pans entiers de la production (la production coûte), pour tenter d’arriver à produire de la richesse sans produire de biens. En haut le détenteur de capital, sous lui la multitude des sous-traitants et des sous-traitants des sous-traitants, puis toutes les catégories de prolétaires hiérarchisées, tout en exerçant une pression du haut vers le bas. A terme cela engendre l’explosion.

                    Non actuellement beaucoup de ceux qui croient détenir du capital ne détiennent en fait que de l’argent. Et il y a une différence très franche entre les deux. Pire, ils detiennent en fait souvent de la dette ! A la fin, seulement une chose ne se dévalue pas, c’est la compétence humaine. Or dans un monde ou l’on a à tout prix cherché à rabaisser celle-ci pour favoriser des employés modèles qui ferment leur geule, ces compétences vont être un grand manque. Et on le voit déja dans le secteur technologique ou malgrès la crise on peine à recruter des employés réelement qualifiés. 

                    Ce qui se dessine j’en suis de plus en plus persuadé c’est effectivement une remise à plat du capitalisme mais dans un style qui ne va pas du tout plaire à la gauche. L’internet permet déja le télétravail et la mise en relation directe entre travailleurs et employeurs. A l’issue de ce processus, la plupart des gens deviennent auto-entrepreneurs. Ils gagnent effectivement le fruit de leur travail (contrairement à l’employé) mais y perdent en protection. D’une certaine façon c’est un certain type de libéralisme que l’on a jamais connu jusqu’à présent qui va en naître. Car collectiviser le capital ne sert plus à rien quand il n’y a plus de capital ! Controler les frontières ne sert plus à rien lorsque les biens qui y circulent sont immatériels. A ce point, tout ce que l’on connait est caduque. Y compris nos anciennes utopies qu’il faudra bien réinventer pour coller à la nouvelle réalité. 

                    A partir de la, tout le reste de la société va se redessiner, du politique aux capitalisme et c’est ce processus la qui est douloureux. Car si le futur système sera sans nul doute très agréable à vivre et offrira surement du bon temps à ses citoyens, durant la transition nous allons assister à la destruction de l’ancien système sans pour autant qu’un nouveau ne l’ait remplaçé. 


                    							

                  • Eloi Eloi 10 mars 2009 20:15

                    Marc Bruxman, vous faites des commentaires plein de bon sens mais il ne faudrait pas prendre vos rêves pour la réalité :
                    * disparition de l’Etat : des personnes qui partagent des lois communes forment par définition un état. Vous pourriez objecter que les lois deviendraient des contrats, mais des contrats se fondent sur des lois (pour que des juges puissent décider de la rupture d’un contrat) et de plus, je me vois mal signer des contrats avec 6 milliards d’êtres humains pour garantir la vie en société.
                    * disparition des culutures nationales : la culture est d’ailleurs un moyen de simplifier l’expression des lois. Leur disparition entraînerait une complexification de la loi (ou des contrats) qui entraînera un coût supplémentaire. La part du tacite...
                    * disparition du salariat : le salariat est bien pratique pour garantir une certaine stabilité. De plus, la définition d’un poste est souvent plus facile à faire qu’un contrat de sous-traitance. De plus, il y a tellement de choses qu’il est contre-productif d’essayer de formaliser à l’avance : il faut donc un contrat vague : un contrat de salariat. Et enfin, que des entrepreneurs demanderaient un salaire supérieur pour contrecarrer le risque de chômage : vu les tarifs des assurances, vous imaginez bien que ca coûtera cher. Peut-être même plus qu’un système étatique de solidarité...


                  • Céline Ertalif Céline Ertalif 10 mars 2009 22:07

                    Même si les réflexions de Marc Bruxman sont stimulantes, j’avoue que je ne suis guère convaincue. Et je voudrais avoir l’avis d’économistes sur un point du commentaire de MB : est-il vrai que l’industrie est endettée ? J’en doute, qui ça : PSA ? non. Les grandes firmes de Détroit ? Même pas, même si elles sont en grande difficulté et que leur patrimoine en chaîne de production ne vaut plus un dollar... Saint Gobain ? Mittal Steel ? qui ?

                    @ Michel Santi

                    Un changement d’ère industrielle et technique nous dit M Bruxman, je veux bien mais la crise actuelle est, si j’ai bien compris, d’abord le résultat d’un excès de liquidités monétaires que l’on traite par de gigantesques apports de liquidités supplémentaires. Me trompé-je ou les informations abondamment communiquées par les banquiers centraux il y a encore qq mois sur l’évolution de M3 ont totalement disparues du paysage ?

                    @ Marc Bruxman

                    Je suis une ancienne étudiante de Jacques Ellul, une rencontre exceptionnelle que je ne saurai trop vous recommander de faire avec ce qui reste : les livres ou via http://www.jacques-ellul.org/ par exemple. Je dis cela au regard des sujets qui vous intéressent en général. Et ce qui attire ce commentaire, c’est mon agacement pour la confusion entre les termes technologique et technique. Presque tout le monde pratique aujourd’hui cette confusion, mais je crois vraiment que c’est fort instructif de découvrir ce que Ellul en dit. Il me semble qu’il développe ce point dans la première partie du "bluff technologique".


                  • K K 10 mars 2009 18:30

                    et un autre qui claquait des fortunes dans les casinos


                  • Frabri 10 mars 2009 21:30

                    @Archibald, n’êtes vous pas marxsiste tendance Groucho ?

                    Dans tous les cas vous n’êtes pas marxsiste tendance Lénine ou Besancenot


                  • aquad69 10 mars 2009 15:34

                    Mr Santi,

                    de grâce ! Epargnez-nous tous ces poncifs et lieux communs qui ont servi depuis une bonne vingtaine d’années de slogans à la destruction de nos sociétés :

                    Dans votre texte, vous concluez :

                    "C’est aussi pour cette raison que - même lorsque la crise appartiendra au passé - notre niveau de vie déclinera inéluctablement à l’avenir : l’omniprésence de l’Etat découragera l’esprit d’initiative et les comportements à risques du passé ayant néanmoins grandement contribué à l’enrichissement de la société."

                    Où avez-vous vu que l’Etat décourageait l’initiative ? Toutes les grandes entreprise françaises, d’avant-garde et fleurons de notre tissu industriel, qui ont été fondées après la deuxième guerre mondiale, l’ont été sur des initiatives d’Etat.

                    Quand à vanter "les comportements à risques du passé ayant néanmoins grandement contribué à l’enrichissement de la société", mais vous hallucinez, ma parole !

                    Alors, comme ça, vous trouvez que l’état d’effondrement actuel de l’économie, causé à l’évidence par les comportements à risques des intervenants majeurs, est un "enrichissement de la société ?"

                    Décidément, ce n’était pas la peine de se débarrasser des anciens curés ! Vous et vos semblables, vous êtes bien plus menteurs et nuisibles qu’eux ...

                    Dieu sait que nous n’aimons pas l’Etat et sa prétention à exercer un contrôle disciplinaire abusif sur les populations.

                    Mais nous le préférons aux prétentions et dérives patronales : qu’il revienne en force dans le jeu économique, eh bien tant mieux ; et nous souhaiterions qu’il y revienne, non pas en tant que simple intervenant, mais en tant que participant à part entière et propriétaire, et qu’il nationalise à tout va, le plus possible.

                    La prétendue inefficacité et non rentabilité des entreprises publiques est un vaste mensonge qui a été développé par les escroc libéraux depuis quelques décennies. En vérité, toutes les entreprises qui ont été privatisées depuis les années soixante-dix étaient, non seulement rentables, mais de véritables vaches à lait pour le gouvernement : et à l’évidence ! Car si ce n’avait pas été le cas, on ne se serait pas bousculé au portillon pour les acheter.

                    Il n’y a plus d’administrations : Publiques ou privées, les entreprises fonctionnent aujourd’hui de la même façon, avec des comptabilités en parties doubles, et en s’appuyant sur leurs profits - et non sur vos impôts !- pour payer leur développement et leurs investissements.

                    La différence entre les deux tient à une seule chose :

                    Les profits des entreprises privées vont à des actionnaires privés, c’est à dire pour une petite partie aux privilégiés français, et pour la majeure part à des intérêts étrangers, fonds de pensions américains notamment. Ces profits, fondés sur notre travail, nous échappent totalement.

                    Les profits des entreprises publiques reviennent à l’Etat qui est en quelque sorte leur seul actionnaire : c’est à dire qu’ils reviennent aux français, précisément, car c’est autant d’impôts qu’il n’y aura pas a payer, et c’est autant de richesses que l’Etat pourra repartager.

                    Oseriez-vous prétendre que les sociétés d’autoroutes étaient déficitaires quand elle ont été bradée au privé, sous notre nez et à notre détriment ?

                    Qu’on y croie ou non, la seule institution où le principe démocratique puisse encore exister, c’est l’Etat ; grignoter les pouvoirs -et l’économique est aujourd’hui le plus grand et le plus évident d’entre eux- de cet Etat au profit du secteur privé qui est par nature d’esprit le moins citoyen qui soit, celà revient fondamentalement à miner la démocratie. 

                    Depuis des années, on a manipulé la mentalité des gens de manière à leur faire croire que les fonctionnaires - pourtant à leur service - étaient des profiteurs, tandis qu’on présentait les grands patrons, capitaines d’industries, financiers et autres pirates économiques comme l’élite et les fers de lances de notre société. Pour un peu, on nous aurait fait croire que ces corsaires étaient des bénévoles !

                     Après avoir vu des millions de benêts applaudir aux privatisations des entreprises publiques, cad à leur propre spoliation, on prend conscience qu’il n’y a pas de limite, pas de fond à la bêtise humaine ...

                    Thierry
                     


                    • Eloi Eloi 10 mars 2009 20:22

                      "C’est aussi pour cette raison que - même lorsque la crise appartiendra au passé - notre niveau de vie déclinera inéluctablement à l’avenir : l’omniprésence de l’Etat découragera l’esprit d’initiative et les comportements à risques du passé ayant néanmoins grandement contribué à l’enrichissement de la société."

                      C’est le grand problème de certains libéraux : ils en arrivent à être blessants... Vous savez, on arrive à briller au sein d’un système d’état, si si, je vous le jure, M. Santi.

                      Merci quand même à l’auteur pour son article...


                    • fhefhe fhefhe 10 mars 2009 16:26

                      Merci à Max et à Thierry pour leur commentaire.... !!!
                      Effectivement , plus dur sera la chute....
                      Aprés la "Société Industrielle" et la "Société de Service" ....peut-être une....
                      Société de " Consom’Acteur-Producteur...au Service de l’ Humain"

                      La France du début des Années 70 a créee le "Systéme D" ....
                      A nous de créer le " Système V V"
                      Vraies Valeurs... !!!

                      Et que l’ Etat reverse à chaque citoyen la TVA sur la

                      T rouvaille
                      ulgarisée (sans)
                      A rgent... !!!

                      Vulgariser.....= Répandre auprés du Grand Public.


                      • Kobayachi Kobayachi 10 mars 2009 16:39

                        Ce n’est pas du tout la défaite du capitalisme financier. Il a empoché ses bonus et, maintenant, il fait payer ses pertes par les contribuables. Jacques Attali

                        Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le communisme, c’est le contraire. Henry Jeanson

                        La difficulteé n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’chapper aux idées anciennes. John Maynard Keynes

                        Si l’on aspire seulement à doter d’un nombre croissant de biens un nombre croissant d’êtres, sans se soucier de la qualité des êtres ni de celle des biens, alors le capitalisme est la solution parfaite. Nicolás Gómez Dávila


                        • Kobayachi Kobayachi 10 mars 2009 16:43

                          Une derniere citation de Marx et Engels :

                          Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante.


                        • manusan 10 mars 2009 16:44

                          On attend tous la prochaine vague, à savoir l’effondrement du systéme des cartes de crédit américaine, en moyenne 10 par habitant). Bref on a pas encore touché le fond, loin de là.


                          • testarossa 10 mars 2009 17:36

                            Encore une fois, comme il est commode d’accuser ce que l’on appelle "capitalisme" !
                            Comme s’il s’agissait d’un système auquel on peut substituer un autre. Ce que peu de gens ne souligne
                            c’est que le communisme n’existe pas n’a jamais existé et n’existera jamais.
                            Et pourquoi donc ?

                            Car le communisme se définit négativement : c’est le soit disant "contraire" d’une société capitaliste.
                            On sait ce que n’est pas le communisme, mais on ne sait pas ce qu’il est et en quoi il consiste réellement ...
                            Il manque dans l’analyse marxiste et marxienne le détail du fonctionnement du communisme et la comparaison avec le "capitalisme". Que Marx n’ait pas eu le temps de le réaliser, passe encore. Mais auncun de ses successeurs ne l’a réalisée non plus ... D’où les interminables débats stériles selon lesquels les pays communiste n’ont fait que "pervertir l’esprit du communisme." Il convient d’être précis, tout simplement.

                            L’analyse Marxiste ou Marxienne n’est qu’au mieux une description du "capitalisme", en aucun ce n’est une explication de son fonctionnement... La preuve en est que toute société "communiste" en revient toujours aux bon vieux principes capitalistes :
                            monnaie, prix, salaires et profits ( qui constituent la part du produit global affectée à n’entretien et l’acumulation du capital)...


                            • Marc Bruxman 10 mars 2009 19:17


                              L’analyse Marxiste ou Marxienne n’est qu’au mieux une description du "capitalisme", en aucun ce n’est une explication de son fonctionnement... La preuve en est que toute société "communiste" en revient toujours aux bon vieux principes capitalistes :
                              monnaie, prix, salaires et profits ( qui constituent la part du produit global affectée à n’entretien et l’acumulation du capital)...


                              C’est surtout que le duo monnaie, prix des biens et salaires forment un système d’information commode qui permet d’échanger des biens de façon la plus équitable possible à partir du moment ou il existe un marché ouvert. 

                              Le système communiste en voulant se débarasser de tout cela n’a jamais réussi à se créer un système d’information alternatif. En conséquence l’information circule mal dans la société, les décisions se prennent sur des asymétries d’information. Et le système finit par s’effondrer. 

                              Après le capitalisme classique produit lui aussi des asymétries d’informations et on ne peut pas dire que son SI soit parfait. La crise actuel est un exemple d’échec. 

                              Mais lorsque vous réfléchissez à un type de société, il faut toujours avoir une approche informationelle à savoir comment circule l’information. Et sous cet angle, il est évident qu’il faut un moyen pour équilibrer l’offre et la demande. Et que pour cela on n’a pas trouvé plus efficace qu’un marché. Après par dessus cela, on peut mettre en place des mécanismes de redistribution (social-démocratie) mais sans marché, l’information circule moins bien et le système se meurt...


                            • K K 10 mars 2009 20:35

                              He oui, quand on est habitue a elever son train de vie a l’aide du levier que constituent les hypotheques et les credits a la consommation, on se prend la charge sur la tete lorsque le levier casse.

                              Un homme politique francais dont je tairais le nom par pure charite a un jour dit que les francais ne sont pas assez endettes et que cela penalisait l’economie. Finalement, notre regle de l’endettement maximal a 30% a du bon. Il est dommage que les organismes de credit poussent les gens a le contourner.


                              • Jean Lasson 10 mars 2009 23:03

                                @ K,

                                Un homme politique francais dont je tairais le nom par pure charite a un jour dit que les francais ne sont pas assez endettes et que cela penalisait l’economie.

                                Aucune raison d’être charitable avec les politiques : qui est l’auteur de cette "idée" ?


                              • K K 11 mars 2009 02:05

                                Allons, vous avez certainement une petite idee du nom de cette personne tres tres connue. Mais comme tout le monde peut faire des erreurs, je ne le denoncerai pas.


                              • Marc Bruxman 11 mars 2009 01:42

                                @Eloi
                                Marc Bruxman, vous faites des commentaires plein de bon sens mais il ne faudrait pas prendre vos rêves pour la réalité :


                                Je ne suis pas sur que la façon dont je l’exprime ici corresponde à un rêve, au contraire. Si je suis pour le libéralisme je suis pour une transition raisonnée entre le modèle actuel et une société effectivement moins étatique. En aucun cas une disparition brutale des structures telles que l’état ne serait bonne. De même que si je suis pour la démocratie, il faut reconnaitre que l’Angleterre a su en son temps obtenir cette démocratie sans passer par une révolution trop violente. Alors que nous Français l’avons fait brusquement et dans un bain de sang. (cf la terreur).

                                Bref, si j’avais un rêve ce serait effectivement de transitionner vers un état minimal mais de faire cela de façon progressive et démocratique, pas en passant par une gabegie qui ne sera bonne pour personne. 

                                * disparition de l’Etat : des personnes qui partagent des lois communes forment par définition un état. Vous pourriez objecter que les lois deviendraient des contrats, mais des contrats se fondent sur des lois (pour que des juges puissent décider de la rupture d’un contrat) et de plus, je me vois mal signer des contrats avec 6 milliards d’êtres humains pour garantir la vie en société.


                                Je parles ici d’états nations et non cela n’a même pas toujours existé. Au moyen age, il n’y avait d’état au sens ou on l’entend aujourd’hui. Nous ne retournons pas au moyen age cela sera différent. Mais il est clair qu’un état fort et omnipotent correspondait à un besoin de la classe dominante à savoir la classe industrielle et donc cet état fort a eu lieu. Les militaires passaient des commandes à l’industrie, l’état construisait les routes dont l’industrie automobile avait besoin, bref l’organisation sociale du XXème siécle avait du sens pour cette période. Depuis le monde a changé et cette organisation sociale a avouez le moins de sens. C’est pourquoi nous en arrivons la. Il faudrait objectivement réduire la taille de l’état, mais même les plus libéraux n’ont pas osés le faire (sous Reagan la taille de l’état US relativement au PIB a augmenté). Ce n’est pas tout de baisser les impôts et de virer des allocations à ceux qui en ont besoins, si le déficit continue d’augmenter et que le budget militaire s’envole, les réformes ne sont pas allées dans le bon sens.

                                Ce que je dis c’est juste que soit on le fait graduellement et bien, soit on laisse les forces de l’histoire s’en charger. Mais il faut être conscient que dans ce dernier cas, on risque de se retrouver un jour avec un état techniquement détruit. Et que l’histoire nous enseigne que ce n’est JAMAIS une bonne chose car dans ce cas la même les missions "minimales" ne sont plus réalisées. 

                                * disparition des culutures nationales : la culture est d’ailleurs un moyen de simplifier l’expression des lois. Leur disparition entraînerait une complexification de la loi (ou des contrats) qui entraînera un coût supplémentaire. La part du tacite...


                                Je suis tout à fait d’accord avec vous sur ce point et je n’en parles pas du tout comme d’un rêve contrairement à ce que vous semblez croire. Maintenant la constatation est la : il est de plus en plus difficile de maintenir une culture nationale et ce n’est pas propre à la France. Et ceci est également un point qui va tendre à dissoudre les états. Parce que la culture nationale est ce qui permet au peuple d’accepter l’autorité de l’état. Si cela disparait, alors c’est la corruption et le vice qui se mettent en place. Malheureusement nous y sommes déja. 

                                L’aspect "narratif" d’une société est ce qui maintient sa cohésion. Le fait que plus aucun état nation n’a de modèle narratif efficace et ce dans quasiment tous les pays est très inquiétant. Et contribue à me faire penser que la structure "état nation" tel qu’on l’a connue ne passera pas le XXIème siécle et sera remplacée par une autre structure lorsque les affaires se seront décantées. 

                                * disparition du salariat : le salariat est bien pratique pour garantir une certaine stabilité. De plus, la définition d’un poste est souvent plus facile à faire qu’un contrat de sous-traitance. De plus, il y a tellement de choses qu’il est contre-productif d’essayer de formaliser à l’avance : il faut donc un contrat vague : un contrat de salariat. Et enfin, que des entrepreneurs demanderaient un salaire supérieur pour contrecarrer le risque de chômage : vu les tarifs des assurances, vous imaginez bien que ca coûtera cher. Peut-être même plus qu’un système étatique de solidarité...

                                Oui il restera des salariés je n’ai pas dit le contraire mais cela ne sera pas la forme d’organisation dominante. Je travaille dans les nouvelles technologies et j’ai des salariés. Toutefois, on a aussi recours de plus en plus fréquamment à des freelances pour certaines postes. Et ce que je vois c’est que je suis plutot d’arrière garde par rapport à certains de mes clients qui sous-traitent absolument tout. 

                                Ah oui et le contrat vague, ca existe, ca s’appelle même "de la régie" dans le monde des SSII : En gros c’est la location d’une personne avec des compétences pour une durée déterminée. Le télétravail est quand à lui de plus en plus présent. 

                                @Celine
                                Même si les réflexions de Marc Bruxman sont stimulantes, j’avoue que je ne suis guère convaincue. Et je voudrais avoir l’avis d’économistes sur un point du commentaire de MB : est-il vrai que l’industrie est endettée ? J’en doute, qui ça : PSA ? non. Les grandes firmes de Détroit ? Même pas, même si elles sont en grande difficulté et que leur patrimoine en chaîne de production ne vaut plus un dollar... Saint Gobain ? Mittal Steel ? qui ?

                                Alors, prenez par exemple cet article :
                                http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/engineering /article429763.ece

                                dont je cite la phrase importante :
                                "Late last year GM owed more than $300 billion (£155 billion) and had $120 billion in outstanding bonds."

                                Donc voila, les "bonds" ce sont des obligations c’est à dire de la dette cotée. GM est donc endetté a 120 milliards ne serait ce que sur les marchés financiers. Soit plus de 2 Madoffs ou si vous préférez 24 Kerviels. Alors ces 120 milliards il va falloir en gagner de l’argent pour les rembourser aux investisseurs ! Le reste de la dette (Les 300 - 120 soit 180 milliards) c’est probablement de la dette vis à vis des fournisseurs et il faut étudier le bilan plus profondément pour la juger ne la prenez donc pas en compte ici. 

                                Pour PSA :
                                http://www.boursorama.com/profil/profil_finance.phtml?symbole=1rPUG

                                Alors dans le tableau vous avez environ 30 Milliards rien qu’en dettes financières courantes et non courantes. A mettre en regard du milliard de bénéfices annuel. (Je ne trouve pas cela très sain de comparer l’endettement au CA mais bon c’est une affaire de goût). 

                                En fait, il est très simple pour une grosse boite de s’endetter, il lui suffit d’émettre des obligations sur les marchés. 

                                Notez que les états font pareil, quand vous entendez parler sur Boursorama d’une "AFT" (Adjudication France Tresor), c’est que la France vient de vendre de la dette. 

                                Alors après cette dette c’est des titres comme d’autres et divers organismes type assurances, mutuelles, caisses de retraites peuvent en posséder. Dans certains cas comme General Electric, les obligations du groupe sont même classés AAA ce qui veut dire qu’on les considére comme absolument sans risque. 

                                Donc pour répondre à votre question, si la plupart des entreprises sont endettées et le fait que l’endettement soit souvent rapporté au CA fait que l’industrie a une part d’endettement assez monstrueuse. D’autant que ses marges sont faibles. 

                                @ Michel Santi

                                Un changement d’ère industrielle et technique nous dit M Bruxman, je veux bien mais la crise actuelle est, si j’ai bien compris, d’abord le résultat d’un excès de liquidités monétaires que l’on traite par de gigantesques apports de liquidités supplémentaires. Me trompé-je ou les informations abondamment communiquées par les banquiers centraux il y a encore qq mois sur l’évolution de M3 ont totalement disparues du paysage ?

                                Oui c’est ce que vous voyez et que nous voyons tous. Mais maintenant pourquoi la machine s’est emballée comme cela ? Le monde était enlisée dans une crise dans les années 70 et nos dirigeants ont rapidement compris que le modèle de la société industrielle ne pouvait plus tenir une fois les pays occidentaux entièrement reconstruits. Si le commerce peut toujours se faire et croitre, le commerce de biens physique ne peut par définition être illimité. 

                                Alors l’échappatoire a effectivement été de faire n’importe quoi avec la politique monétaire. Et pendant un temps l’excés de crédit a permi de maintenir une croissance mondiale très élevée. Et a généré une très mauvaise allocation des ressources. Ce qu’on a fait c’est un peu comme donner un médoc anti-douleur a un cancéreux en phase terminale. Ca le remet en forme mais cela ne le soigne pas. A la fin l’issue est la même. Ce que je dis ici, c’est attention ! Une crise peut en cacher une autre. Et maintenant que le système de crédit abusif est cassé vous allez assister à un "deleveraging" (comme disent les financiers) puis à l’adaptation de l’outil industriel à la demande. Ce qui ne sera pas une chose agréable. 

                                @ Marc Bruxman

                                Je suis une ancienne étudiante de Jacques Ellul, une rencontre exceptionnelle que je ne saurai trop vous recommander de faire avec ce qui reste : les livres ou viahttp://www.jacques-ellul.org/par exemple. Je dis cela au regard des sujets qui vous intéressent en général. Et ce qui attire ce commentaire, c’est mon agacement pour la confusion entre les termes technologique et technique. Presque tout le monde pratique aujourd’hui cette confusion, mais je crois vraiment que c’est fort instructif de découvrir ce que Ellul en dit. Il me semble qu’il développe ce point dans la première partie du "bluff technologique".


                                Ok, je lirai ca avec plaisir, merci pour le lien !


                                • Marc Bruxman 11 mars 2009 02:16

                                  @Celine

                                  Merci pour le lien sur l’auteur, je viens de commander le bluff technologique sur Amazon je vous dirai ce que j’en penses. Il m’a l’air d’avoir réfléchi a peu près sur les mêmes sujets que Neil Postman dont la lecture des ouvrages était très enrichissante :) 



                                • aquad69 11 mars 2009 09:20

                                  Bonjour Marc Bruxman,

                                  à relire votre premier commentaire à cet article, il me semble que votre prospective serait assez vraissemblable quand vous écrivez :

                                  ’"Une véritable guerre est peu probable car les états seront devenus incapables de la financer. Mais nous allons malheureusement assister à une privatisation de masse de tout ce qui reste à l’état voir à une liquidation pour beaucoup de choses. A ce moment, le pouvoir politique aura cessé d’exister et il faudra trouver une nouvelle force de cohésion pour la société que l’ordre marchand ne peut à elle seule tenir. Cette idéologie la reste à inventer. Et c’est seulement une fois que cette force de cohésion sera revenue que le monde pourra repartir correctement.

                                  Ce changement est souhaitable et apportera effectivement de grands bienfaits à nos enfants ... "

                                  Mais quand à être souhaitable... A votre avis, quelle est la force de cohésion principale dans une société marchande sinon le principe de propriété, les corpus de lois qui le consacrent, et les milices privées qui le feront respecter ?

                                  Vous êtes en train de nous prédire le retour de l’esclavage, ni plus ni moins !

                                  Et dans un Monde de pénuries de ressources, en l’absence de l’arbitrage d’un pouvoir politique dominant, le prévisible chantage à la subsistance qui sera exercé par les riches sur les pauvres rend celà tout à fait probable.

                                  En somme, un Monde sur le modèle de certaines régions du Brésil d’il y a cinquante ans, quand de grands propriétaires fonciers étaient quasiment propriétaires des populations employées sur leurs domaines et soumises à leur loi.

                                  Cordialement Thierry


                                • Marc Bruxman 11 mars 2009 14:15
                                  Bonjour,

                                  à relire votre premier commentaire à cet article, il me semble que votre prospective serait assez vraissemblable quand vous écrivez :

                                  ’"Une véritable guerre est peu probable car les états seront devenus incapables de la financer. Mais nous allons malheureusement assister à une privatisation de masse de tout ce qui reste à l’état voir à une liquidation pour beaucoup de choses. A ce moment, le pouvoir politique aura cessé d’exister et il faudra trouver une nouvelle force de cohésion pour la société que l’ordre marchand ne peut à elle seule tenir. Cette idéologie la reste à inventer. Et c’est seulement une fois que cette force de cohésion sera revenue que le monde pourra repartir correctement. Ce changement est souhaitable et apportera effectivement de grands bienfaits à nos enfants ... "

                                  Mais quand à être souhaitable... A votre avis, quelle est la force de cohésion principale dans une société marchande sinon le principe de propriété, les corpus de lois qui le consacrent, et les milices privées qui le feront respecter ?

                                  Vous êtes en train de nous prédire le retour de l’esclavage, ni plus ni moins !

                                  Non, l’esclavage, imposait une certaine responsabilité entre le maître et son esclave. Il y avait bien sur des maîtres sadiques, des salauds, et même pire que ca. Mais l’intérêt bien compris du propriétaire de l’esclave était que celui ci soit en bonne santé pour qu’il puisse travailler. Le salariat a donné plus de liberté au travailleur (il peut se séparer de son employeur par exemple) mais a déchargé l’employeur de certaines responsabilités. Entre temps il y avait eu le servage qui offrait certaines garanties au travailleur par rapport à la situation précédente. A chaque époque ses rapports sociaux !

                                  Ce qui vient c’est une libération supplémentaire du travailleur, mais également le fait que l’employeur n’ait aucune autre responsabilité que celle de payer presta par presta. C’est très différent de l’esclavage et que je sache les travailleurs indépendents de notre monde ne sont pas esclaves. Maintenant c’est la transition vers ce monde la qui va être désagréable car nous n’y sommes pas préparés. 

                                  Et dans un Monde de pénuries de ressources, en l’absence de l’arbitrage d’un pouvoir politique dominant, le prévisible chantage à la subsistance qui sera exercé par les riches sur les pauvres rend celà tout à fait probable.

                                  Vous raisonnez encore à l’ancienne époque, la production industrielle va décroitre et l’économie va massivement se reporter sur des biens plus immatériels. La consommation de ressources devrait donc diminuer dans les vingt ans à venir. Et notamment la consommation d’énergie. Une fois le monde stabilisé politiquement et la transition faite, ce que vous aurez à craindre ce n’est pas la pénurie de biens matériels et de nourriture (du moins ici même) mais la difficulté pour ceux qui sont les moins biens lotis par la vie de trouver des contrats pour avoir du travail. 

                                  En somme, un Monde sur le modèle de certaines régions du Brésil d’il y a cinquante ans, quand de grands propriétaires fonciers étaient quasiment propriétaires des populations employées sur leurs domaines et soumises à leur loi.

                                  Non, la encore, vous parlez d’un attachement à la terre (servage) qui est la encore différent de l’esclavage, différent du salariat et différent du statut d’indépendent qui vient. Et pensez bien que le statut de salarié passait au début du XIXème siécle pour être une infamie probablement pire que ce qui avait précédé. Le serf ne craignait en effet pas le chomage et avait ses conditions de vie garanties ce que le salarié a perdu. 

                                  Il ne faut pas spécialement craindre l’avenir. Si vous pensez à ce que j’ai écrit que c’est effectivement cela qui se prépare, préparez vous. Et dites vous qu’un homme prêt à toutes les chances de bien réussir la transition entre les deux systèmes. 
                                  							

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