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Accueil du site > Actualités > Economie > Espagne : La chute

Espagne : La chute

Les mesures volontaristes d’assainissement budgétaire que voudra bien adopter l’Espagne n’y changeront rien. Ce pays, qui prend l’eau de toutes parts, connaîtra très prochainement le même sort que la Grèce en l’absence du mot magique : la croissance ! Qu’on le veuille ou pas, il ne sert à rien de nier la réalité : en l’absence d’une immense et inconditionnelle solidarité Européenne (qui ne se matérialisera évidemment pas), l’Espagne – pour espérer se sauver – devra opérer une dévaluation interne de l’ordre de 20% ou quitter la Zone Euro ! Et ce n’est pas les Allemands (de moins en moins enclins à payer encore et toujours plus pour le Club-Med) qui nient cette réalité car ils se préparent à retourner – au moins provisoirement – au deutschemark si l’Espagne n’adopte pas très rapidement une de ces deux voies !

Effectivement, les faits sont limpides et d’une simplicité mathématique : l’Euro pliera puis rompra comme une branche d’arbre sèche si l’Espagne ne se met pas de suite sur cette « via dolorosa » et peu importe après tout si la démission de M. Zapatero – qui ne sera pas en mesure de passer son budget 2011 – en sera une des conséquences prévisibles. En réalité et en l’absence de toute possibilité de dévaluation de sa devise qui lui aurait permis de gagner en compétitivité, l’Espagne n’a pas tant besoin d’un changement de Gouvernement que d’un consensus large et de toutes les parties et des classes sociales en faveur d’une dévaluation intérieure substantielle. Pour autant, le Gouvernement actuel sera très certainement la victime expiatoire d’une austérité radicale qui consistera principalement en réajustements à la baisse des salaires et en une rigueur budgétaire se traduisant en économies généralisées des dépenses de l’Etat… autant de décisions qui marqueront une baisse sensible du niveau de vie des citoyens Espagnols mais qui restent un passage obligé si ce pays souhaite s’éviter les foudres du marché « à la grecque »… 

Quoi qu’il en soit, nul responsable politique ou économique ne sera en mesure de soulager (et de rectifier) un marché du travail dysfonctionnel, une compétitivité pour le moins entamée, un secteur privé surendetté vis-à-vis de l’étranger, une méga bulle immobilière, un déficit budgétaire effroyable et – last but not least – un secteur bancaire hyperfragilisé sans larges adhésion et soutien populaires… De fait, l’ascension vertigineuse du marché immobilier Espagnol fut un cadeau empoisonné à toute une série d’intervenants – ménages et entreprises – dont l’endettement (combiné à l’endettement public) atteint aujourd’hui 265% du P.I.B. Espagnol ! Toutefois, dans son malheur, l’Espagne se caractérise par un endettement public relativement faible (comparé à celui de la Grèce ou de l’Italie) contrebalancé il est vrai par un endettement record de son secteur privé qui se monte ainsi à 210% de son P.I.B.. Pour mémoire, un pays comme les Etats-Unis se retrouve également avec un secteur privé excessivement endetté puisque ce chiffre y atteint 300% de leur P.I.B… 

Pour autant et à un moment clé dans l’histoire financière mondiale où les marchés scrutent les endettements souverains avec la plus grande attention, l’Etat Espagnol ne peut soulager son secteur privé sans être automatiquement condamné à payer des taux d’intérêts dissuasifs par des marchés au très faible niveau de tolérance. Effectivement, pour avoir construit partout où elle le pouvait grâce à des influx massifs de capitaux et à la faveur d’une immigration de 5 millions de personnes en 10 ans, l’Espagne dépend entièrement de l’extérieur puisque son ardoise globale envers l’étranger représente … 90% de son P.I.B. ! Hormis le fait que l’Espagne ne sera pas en mesure de se rétablir par une exportation qui nécessiterait une monnaie – mais aussi une économie – compétitives, le tour de force sera d’y ramener une croissance avec moins de crédit. En effet, bien que l’usage du crédit soit un instrument décisif de propagation de la croissance dans toute économie intégrée, l’inévitable « deleveraging » consistant à passer par Pertes & Profits une part importante des dettes que doit impérativement subir l’économie Espagnole se traduira à l’évidence par une contraction du secteur des crédits. Il y donc fort à craindre que cette spirale de l’endettement et des créances pourries qui ne seront vraisemblablement jamais remboursées combinée à un niveau de chômage particulièrement élevé et à des exportations à la traîne contribueront à une contraction supplémentaire de l’économie de ce pays. 

En résumé, l’Espagne court au-devant d’une ruine annoncée et, à moins d’un miracle sur le front de la croissance globale, devrait revivre à très court terme un traumatisme comparable à l’Argentine…


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52 réactions à cet article    


  • Gandalf Tzecoatl 8 juin 2010 10:40

    Santi, perpétuelle « via financiaria »...


    C’est sans doute une fin de règne, tout au plus


    • Radis Call 8 juin 2010 10:58

      Sans doute...

      Mais puisque c’est le marché qui maintenant détient le pouvoir absolu, à moins d’une révolution, je ne vois pas quel pays européen échappera à l’effet domino...En dehors de l’Allemagne qui est une puissance industrielle et d’exportation , derrière la Chine ?


      • Alpo47 Alpo47 8 juin 2010 11:08

        Lorsque les seules mesures envisagées consistent à réduire le pouvoir d’achat de 90% de la population, on a du mal à envisager qu’elles puissent avoir un effet positif sur la croissance, les rentrées fiscales, la consommation ... l’économie.
        Etonnant que personne, quasiment, ne parle de remettre en place un impot proportionnel, de rechercher l’argent là où il est, dans les cadeaux aux entreprises et chez les haut revenus ?

        Comment peuvent « ils » penser s’en sortir ainsi ? Une épidémie d’autisme, peut être ?


        • Anonymous Republic Punisher Rigel 8 juin 2010 15:02

          Il faut croire que c’est une politique volontaire d’appauvrissement des masses ^^ Tout est fait exprès pour ça empire de jours en jours, comme on dit on voudrait le faire qu’on s’y prendrait pas mieux


        • LE CHAT LE CHAT 8 juin 2010 11:43

          vu ce que les banques française ont comme placements dans les banques espagnole , il y aura des eclaboussures chez nous !

          j’avais ce début d’année en tant que numismate pronostiqué une forte hausse des cours de l’argent , je ne me suis pas trompé ! à 500€ le lingot et presque 5€ une simple pièce de 5f argent , ça s’envole !


          • rastapopulo rastapopulo 8 juin 2010 11:46

            Donc il s’agit bien de convertir les dettes en monnaie espagnol avant dévaluation ?


            • Anonymous Republic Punisher Rigel 8 juin 2010 15:55

              Je crois que c’est le fait de repassé à une monaie nationale qui permet de pouvoir dévalué et donc oui qui fait passer la dette en monnaie (de singe si inflation galopante) avec une inflation maîtrisée ça semble possible mais bon personnellement je trouve que l’euro à bon dos dans toute cette affaire !


            • Croa Croa 13 juin 2010 08:29

              Une « dévaluation » isolée en zone euro n’est évidemment pas possible. L’auteur dit n’importe quoi et chercher à comprendre n’a pas de sens puisque c’est absurde.


            • Ecureuil Ecureuil 8 juin 2010 11:46

              C’est ce qu’on appelle la dictature de la finance sur les peuples...

              Et ce sont les mêmes qui donnent des leçons de démocraties.

              www.delaservitudemoderne.org


              • Lucien Denfer Lucien Denfer 8 juin 2010 11:50

                Il va y avoir du sport et nous on reste tranquille...


                • Alpo47 Alpo47 8 juin 2010 12:11

                  Hélas, en France, nous n’avons pas au pouvoir les hommes qu’il nous faudrait pour prendre des initiatives fortes et salvatrices. Il n’y a aucun politique de l’envergure de De Gaulle.
                  Sarkozy est totalement inféodé aux « élites ». Il est certain que nous partons avec un gros handicap pour faire face et sauvegarder nos (ceux de 98% de la population) intérêts.


                  • Henri François 8 juin 2010 12:24

                    Et si tous ces pays européens endettés (la France, la Grande Bretagne et même l’Allemagne en font partie) décidaient de ne pas rembourser. Mais qui donc en patirait ? Qui me dira un jour qui sera « grosjean » si une telle décision était prise ?


                    • PhilVite PhilVite 8 juin 2010 14:27

                      Les dettes européennes rapportent une montagne de pognon aux maîtres du mondes (la totalité de l’IR en France sert à rembourser l’intérêt de la dette). Nos politocards, qui sont leurs laquais affidés, en bénéficient, d’une façon ou d’une autres. Pourquoi voudriez-vous qu’ils mettent un terme à une si merveilleuse mécanique ? Vous payez (et payerez de plus en plus), ils encaissent, de plus en plus. Tout va bien, que de demande le peuple ? Tiens, c’est une bonne question, quelqu’un a-t-il entendu le peuple ?


                    • Anonymous Republic Punisher Rigel 8 juin 2010 15:08

                      Ce qui se passerait si on ne remboursait pas c’est que les banques feraient faillite et tout le système s’effondrerait l’etat ferait faillite les fonctionnaires ne seraient plus payer etc... C’est donc une sorte de chantage au risque systémique qu’excercent les banques ! On pourrait décider de ne pas rembourser la dette et de nationaliser les banques le temps d’aplanir la situation et de réinventer le système :D, evidement ça serait trsèscabreux de faire fonctionner un etat pendant un moment sans les salaires etc ...


                    • perlseb 8 juin 2010 18:08

                      Mais qui donc en patirait ?

                      Si le Glass-Steagall act n’avait pas été abrogé en 1999 (séparation banques d’investissements et banque de dépôts), personne n’en pâtirait : il y aurait faillite d’un grand nombre de banques d’investissements et tout le monde continuerait sans elles.

                      L’abrogation du Glass-Steagall act permet aux dirigeants, alliés des banquiers, de nous expliquer que l’on ne peut pas laisser tomber les banques. Que ce soit la crise des suprimes, la crise des dettes d’état, nous devons payer pour leurs investissements hasardeux. Obama a réussi a repousser, il y a peu, la réinstauration de cet acte. Obama est issu de la finance, c’est un traitre vis-à-vis du peuple, autant que Sarkozy qui ne veut pas s’allier à Mme Merkel contre la spéculation.


                    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 juin 2010 18:40

                      Si les dettes sont répudiées (ou non-honorées) alors les banques feront faillites. Ce qui obligera les gouvernements à les nationaliser, puis à reprendre le contrôle des monnaies afin de garantir les échanges (salaires, transactions, etc) et d’assurer le bon fonctionnement de l’économie réelle.

                      Pour répondre à la question de Henri François « qui perdrait quoi ? », et bien seraient « Gros-Jean » les ménages qui possèdent plus de 140.000€ sur leur compte de dépôt (détail ici), et, surtout, les détenteurs de titres (dettes des Etats, actions émises par les banques). Soit en vrac les hedge funds, les financiers, les traders, les milliardaires et les amis du Fouquet’s.

                      On comprendra pourquoi ces derniers, les seuls à vraiment bénéficier du système, sont très motivés pour empêcher son effondrement. Et pour y arriver ils n’ont rien trouver de mieux que de demander aux peuples de passer à la casserole à leur place.

                      ...avec le risque révolutionnaire qui va avec.


                    • Rudolph 8 juin 2010 19:04

                      une excellente chose que serait le Glass-Steagall en effet, et bien la plus urgente


                    • wesson wesson 9 juin 2010 00:49

                      Bonsoir Rudolph,

                      "une excellente chose que serait le Glass-Steagall en effet, et bien la plus urgente"

                      super, mais ... trop tard ! c’est comme utiliser un frein de vélo sur un 38 tonnes qui dévale une pente. Il ne reste désormais plus qu’à attendre que le bouzin se crashe, ce qui ne saurait tarder


                    • Croa Croa 13 juin 2010 08:42

                      « l’etat ferait faillite les fonctionnaires ne seraient plus payer etc... »

                      Pas obligé : L’état a la possibilité de reprendre la main et de recréer une monnaie.  smiley

                      Mais tu as raison si l’on considère que nos édiles actuels n’oseront jamais aller jusqu’à oser un tel geste d’indépendance. Sarkozi est notamment bien trop proche du milieu des affaires ! smiley


                    • lolo 8 juin 2010 14:07

                      Pour bien connaître l’Espagne et y avoir mes racines, je dirais qu’outre sortie de l’euro ou dévaluation de 20% des salaires, c’est un gros changement de mentalité qu’il faudrait. Il faudrait qu’ils aient à nouveau le gout de l’effort, au lieu de çà travailler pour gagner de l’argent y est devenu ringard, tous et surtout les jeunes n’ont qu’une idée en tête faire du fric vite et en grande quantité, songeant souvent à l’immobilier pour y arriver.

                      En Espagne, les seuls qui gagnent bien leur vie sont les rares qui ont fait fortune pendant le boom immonilier, parcequ’ils ont pu vendre un bout de terrain hérité des parents, ou un bien immobilier... Ce pays me fait aujourd’hui penser au Brésil, avec une minorité ultra-riche, et la grande majorité qui rame. Les jeunes restent jusqu’à 40ans en moyenne chez leurs parents (car incapables d’assumer un loyer même lorsqu’ils ont un boulot)...
                      Et puis surtout, les gens bien formés avec formation universitaire fuient le pays car soit il n’y trouve pas de débouchés soit on leur propose des salaires extrèmement bas, souvent plus bas que les salaires des maçons qui travaillent (ou travaillaient) dans la construction... Les scientifiques espagnols, s’en vont travailler aux USA, en Suisse en Allemagne, Suède...
                       Donc je ne vois pas comment un pays qui laisse partir ses gens les plus formés pourrait s’assurer une compétitivité future. Il leur reste le tourisme, mais avec l’euro l’Espagne est devenue une destination chère, les touristes peuvent aller au Maroc ou en Turquie pour moins cher et plus longtemps...
                      Tous çà est quand même dommage, car ce pays devrait avoir de sérieux atouts pour l’exportation, notemment grace à une langue et culture commune avec l’ensemble de l’Amérique latine (et bientôt avec une bonne partie de la population des USA), une position privilégiée au contact de l’Afrique, pays à la fois ouvert sur le méditérannée et l’atlantique...

                      Et pour finir, même si ce tableau ne colle pas parfaitement à celui de la France, nous ne sommes pas très loin non plus de la situation des espagnols.


                      • Anonymous Republic Punisher Rigel 8 juin 2010 15:11

                        En effet l’indicateur des enfants qui reste habité chez leur parents est symptomatique d’une societé malade c’est le cas en Grèce en Italie, apparement en Espagne aussi et aussi en France !


                      • Lorenzo extremeño 8 juin 2010 15:40

                        @ lolo

                        commentaire lucide et juste analyse de la réalité espagnole actuelle,
                        ce que vous décrivez est bien le reflet de ce que je peux constater
                        sur place.

                        Cordialement.


                      • wesson wesson 8 juin 2010 14:49

                        Bonjour Monsieur Santi,

                        "[...] une austérité radicale qui consistera principalement en réajustements à la baisse des salaires et en une rigueur budgétaire se traduisant en économies généralisées des dépenses de l’Etat« 

                        Une bonne question à se poser est ... nous gouvernants européens ont ils jamais eu une idée qui ne soit autre que celle là ?

                        Et étant donné que cette »solution" n’a historiquement jamais fonctionné (exemple récent : Amérique du Sud), croient-ils que cette fois çi c’est là bonne, ou sommes nous gouvernés par des shadocks (plus ça rate, plus ça a de chances de marcher la prochaine fois) ?


                        • goc goc 8 juin 2010 16:43

                          @ l’auteur

                          vous dites que l’Espagne, pour s’en sortir, devrait pouvoir dévaluer, mais finalement, avec la chute de l’euro suite aux pb de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, voir de la France, on va assister a une dévaluation de fait ??
                          que l’Espagne dévalue sa « pesetas » ou qu’on devalue l’euro, c’est pareil pour elle, non ?


                          • perlseb 8 juin 2010 18:29

                            Dans une période de crise systémique, les états les plus fragiles commencent par dévaluer. Cela fragilise les états moyennement solides qui dévaluent à leur tour. Les états les plus forts se retrouvent alors obligés eux aussi de dévaluer.

                            La dévaluation, c’est un faux remède en période de crise généralisée. La solution : mieux répartir les bénéfices du travail, taxer massivement la rente du capital. C’est ce que l’on fera, quand il y aura 25% de chômeurs en Europe (C’est ce que Roosevelt avait fait, en tout cas). Nous sommes en 1929, attendons un peu les effets dévastateurs des décisions de nos chers politiques, le soulèvement populaire sera naturel et les décisions prises seront très différentes si les politiques veulent sauver leur tête.

                            Mais un jour ou l’autre, par manque de vigilance, nous reviendrons à plus de libéralisation et ça explosera à nouveau. Et encore, et encore... Tant que les hommes sont cupides et veulent de l’inégalité, personne ne déterminera quelle inégalité est décente par rapport à une autre. Seul le peuple malmené remet les pendules à l’heure de temps en temps. Ce scénario est triste de bêtise et ne s’arrêtera jamais. Pourquoi ne pas choisir dès aujourd’hui l’égalité stricte en terme de revenu ? Pas motivant ? Et bien, enchainons les cycles et accrochez vos ceintures.


                          • Souciétal Souciétal 8 juin 2010 17:40

                            Je compreds rien à l’économie de marché. Mes notions sont toutes théoriques...

                            Ceci dit, j’ai comme l’impression que ça va chauffer pour notre matricule, non ?

                            Bon, alors je note :

                            Mercredi 9 juin  : 8 heures pétante, passer au Leclerc et Ldl pour faire stock pâtes, pommes de terre et conserves en tout genre. Surtout, surtout NE PAS OUBLIER café, sucre sel, farine et huile. Y’a moyen d’se faire du blé quand les blés sont fauchés...
                            Jeudi 10 juin : Passer à la banque pour récupérer mes ptites économies : presque rien peut-être même rien.
                            Vendredi 11 juin : bêcher l’jardin : sé-rieu-sement et semer, semer, semer, semer...
                            Samedi 12 juin : pause cafés clopes : profiter, profiter, profiter...
                            Dimanche 13 juin :
                            semer, semer, semer,...
                            Lundi 14 juin : Annuler we bord de mer. Relire mes cours sur les 30 glorieuses, juste comme ça et passer à Nature et découverte acheter l’bouquin comment chier dans les bois...
                            Mardi 15 juin : oeil pour oeil, dent pour dent.


                            • Rudolph 8 juin 2010 19:02

                              mon cul le PS


                              • BA 8 juin 2010 19:09

                                Lundi 7 juin :

                                - Si l’Espagne avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 4,601 %.

                                Le graphique des taux d’intérêt des obligations espagnoles est incroyable : les taux d’intérêt espagnols sont en train d’exploser.

                                http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPG10YR%3AIND

                                 

                                - Si l’Irlande avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,149 %.

                                http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GIGB10YR%3AIND

                                 

                                - Si le Portugal avait dû lancer un emprunt à 10 ans, il aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,20 %.

                                http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPT10YR%3AIND

                                 

                                - Si la Grèce avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 8,123 %.

                                http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GGGB10YR%3AIND

                                 

                                Le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne voient leurs taux d’intérêt qui explosent : ces quatre pays foncent vers le défaut de paiement.

                                 

                                Au contraire, les taux d’intérêt de l’Allemagne deviennent de plus en plus bas.

                                - Si l’Allemagne avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt très faible : seulement 2,563 %.

                                http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GDBR10%3AIND

                                Cette divergence est intenable.

                                Cette situation est explosive : la zone euro va finir par éclater.


                                • herbe herbe 8 juin 2010 20:30

                                  Cher Auteur je me pince quand je compare le factuel espagnol d’aujourd’hui avec celui d’hier :

                                  tapez « miracle économique espagnol » dans votre moteur de recherche et lisez.

                                  Ne serait ce que la page de wikipedia :

                                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Miracle_%C3%A9conomique_espagnol

                                  on brule donc le veau d’or que l’on a adoré hier...

                                  On devrait d’autant plus faire gaffe donc à ce qu’on nous propose comme recettes aujourd’hui...

                                  Moi tant que les « passeurs de plats » n’auront pas radicalement changé....


                                  • asterix asterix 8 juin 2010 20:35

                                    Vendez tous vos Euros contre des monnaies des pays émergents, il est encore temps....


                                    • Marc Bruxman 8 juin 2010 20:55

                                      Ma cousine est espagnole et elle a effectivement du quitter le pays pour trouver un boulot payé à sa mesure. La bas, la paie d’un ingénieur télécoms n’était tout simplement pas à la hauteur de ce qui se fait ailleurs. 


                                      Mais il faut signaler que si l’on parle de l’espagne comme un seul pays, il y a des différences très nettes entre les régions. La crise semble les avoir encore accentués. Barcelone et la Catalogne en général semble bien moins touché que le reste du pays par la crise. Pour l’instant Zapatera a réussi à enterrer les pressions séparatiste mais il y a un risque que malheureusement elles reviennent. 

                                      Sortir de l’euro pour l’espagne est impensable. Sa dette extérieure exploserait litéralement, ses taux d’intérêts aussi et le pays serait rayé de la carte financiére en peu de temps. Sans compter justement que à ce moment la les pressions des minorités catalognes et basques pour prendre leur indépendence deviendraient intenables. Ces deux régions ayant les moyens de rester dans l’euro si elles sont seules, il est clair que leurs élites auront un argument « de poids ». Pour Madrid cela va être un cauchemar. Paris ne va pas apprécier non plus, car si les basques d’espagne bougent, cela pourrait réveiller des régionalismes français pour l’instant beaucoup moins extrémes qu’en Espagne. (Car nos régionalisme culturels ne correspondent pas aux régions les plus riches du Pays). 

                                      Mais il ne faut pas oublier que la dévaluation de la monnaie a lieu en ce moment (l’euro baisse) et que l’on en bénéficie déja. Couplé à quelques mesures d’assainissement de l’économie, cette dévaluation de fait devrait remettre sur les rails l’économie espagnole en peu de temps. Et nous éviter un énorme bordel séparatiste qui n’est pas souhaitable vu le risque de guerre qu’il nous fait courrir. 







                                      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 juin 2010 22:33

                                        Et quid des peuples qui s’arrogent par référendum le droit à l’autodétermination ? Comme ici (lien), lorsque l’indépendance a été plébiscitée à 94,8% en Catalogne, il y a seulement six mois.

                                        Madrid et Barcelone ce n’est pas qu’un match de foot, c’est surtout une lutte - démocratique - pour un choix de civilisation. Un combat mené entre les héritiers du franquisme et les tenants de la République. Le fric mondialisé contre le Territoire protecteur pour résumer sommairement.

                                        Si les peuples de la péninsule (avec leurs langues, leurs traditions et leurs aspirations sociales) envoient bouler les centralisateurs néolibéraux de Madrid, alors la montagne de dette espagnole ne leur retombera pas sur la tête. Mieux, elle sera livrée en recommandé par Fedex sur le parvis du palais du Roi. Et il se débrouillera tout seul avec ses potes banquiers.

                                        Et vive le FC Barcelone !


                                      • ChatquiChouine ChatquiChouine 8 juin 2010 23:46

                                        Devant la frénésie du secteur immobilier hispanique de ces dernières années, je ne peux m’empêcher d’évoquer quelques éléments :

                                        - Le taux de propriétaire en Espagne est de 80% (58% en France)
                                        - Pour 16.5 millions de familles, il y a entre 22 et 24 millions de maisons, dont 3 à 4 millions qui sont... vides
                                        - Le taux de fécondité est l’un des plus bas d’ Europe (1.24 enfants/femme) et la population diminue.
                                        - L’Euro a renchérit considérablement le cout de la vie en Espagne, ce qui ne favorise pas le tourisme ni ne motive les velleités d’expatriation vers ce pays.
                                        - L’immigration a été très importante, comme le souligne M. Santi (5 millions ces 10 dernières années) mais celle ci est essentiellement axée vers les travaux saisonniers ou...le bâtiment.
                                        Ainsi donc, l’ Espagne construit des logements en partie pour acceuillir des immigrés qui travaillent...dans le bâtiment. et après ? ...Eh bien quand les problèmes apparaissent, le gouvernement met en place une politique d’ aide au retour...ce qui ne favorise pas, on en conviendra, l’écoulement des dit logements.

                                        Ainsi donc, devant ces quelques éléments, je ne vois pas comment cette obstination à tout axer sur le secteur du bâtiment pouvait aboutir à autre chose qu’ une impasse catastrophique.

                                        Que le quidam de base croyait qu’il pouvait faire la culbute en spéculant sur l’immobilier en soit pour ses frais, c’est son problème mais comment les élites politico-financières de ce pays n’aient en rien anticipé cette recession en encourageant à tout rompre ce secteur d’activité, c’est à désespérer...voir même, à suspecter.


                                        • Ren 9 juin 2010 00:27

                                          Il est gentil le trader suisse, il veut qu’on fasse un « ptit » effort.


                                          Non mais, moi j’en ai d’autres des solutions pour sauver l’Espagne :

                                          on met un taxe de 15% sur toutes les opérations boursières
                                          on commence a virer les joueurs de foot de l’équipe nationale si ils ne payent pas d’impôts en Espagne
                                          on fait payer Nadal et Alonso ce qu’ils doivent a l’état depuis qu’ils sont a Monaco
                                          on met les maires corrompus en prison et on saisi tous leurs actifs
                                          on détruit tous les hôtels (et habitations) illégaux, ça remplira les légaux vides
                                          on fait de vrais redressements fiscaux sur les grosses fortunes
                                          on oblige les banques á appliquer les règles européennes ( ce qu’elles ne font toujours pas depuis 15 ans que je vis ici) et on taxe leurs immenses bénéfices.
                                          ...

                                          La baisse du niveau de vie des citoyens ok mais celui des riches, des multinationales, des banquiers et des consultants alors, pas des caissières de supermarché qui ne gagnent deja que 800€ chez nous.

                                          Il a deja essayé de vivre avec moins que 1000€ par mois Monsieur Santi ?
                                          En Arabie Saoudite, a Barhein et en Suisse, ça m’étonnerait.

                                          C’est beau les mesures d’austérités vu depuis un bureau de consultant mais vu d’en bas c’est pas terrible.

                                          Enfin merci quand même pour vos bons conseils.... on fera un effort.

                                          • fifilafiloche fifilafiloche 9 juin 2010 01:36

                                            L’Espagne ne va pas bien, c’est un fait. Mais contrairement à la France, les médias tiennent un discours réaliste à la population. Ils sont mêmes capables d’un certain humour sur leur situation.


                                            Voici une vidéo pour illustration :

                                            Leopoldo Abadia (professeur d’économie) explique, non sans humour, les excès de la fonction territoriale espagnole : http://www.youtube.com/watch?v=PGRufeA6voM&feature=related

                                            Il explique comment le système électoral démocratique implique une inflation de subsides à la fonction territoriale qui exerce un chantage au vote pour obtenir toujours plus de subsides. Une situation finalement pas si éloignée de la nôtre. La différence, c’est que ce pays a été capable, lui, de générer des excédents budgétaires,d où son niveau d’endettement inférieur à la France. Et comme en France, la solution passera par une remise à plat des privilèges de la fonction publique et une purge de la bulle immobilière.



                                            • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 9 juin 2010 10:30

                                              "Et comme en France, la solution passera par une remise à plat des privilèges de la fonction publique et une purge de la bulle immobilière."

                                              La purge de la bulle immobilière et la fonction publique ??Ouvrez les yeux parce qu’il y a là un large déficit de réflexion dans cette phrase.Vous lisez un peu ??
                                              Tout ramener à la fonction publique pour regler les deficit quand on sait que les zouaves qui nous on conduits ici en ont fait leur cheval de bataille,tres tres intelligents.
                                              Faut aussi tué les chomeurs.......


                                            • volapuk volapuk 9 juin 2010 02:28

                                              La caricature du paysage politique qui est à l’œuvre joue aussi pour beaucoup. Souvenez-vous de ce gnome d’Aznar avec sa moustache épaisse et son rire de marsouin. Un sous homme irresponsable à la mode Bushiste d’avant l’heure, comme on les aiment actuellement près de chez nous…

                                              Ce n’était pas le jogging à New York avec le Tee-shirt NYPAD puant, mais plutôt les pieds croisés sur la table pour s’élever à la rhétorique du bouseux Texan ! Pour s’être aliéné à une invasion asymétrique, mensongère et illégale, le doux « Born-con-again » s’était frappé d’amnésie en confondant son nom par celui d’ANZAR ! Ça sonnait cow-boy comme jamais et l’hispano bigot se voyait flatté pour jouer au lasso et ligoter 80% de pauvres Espagouins marchant pieds et colères liées dans les rues de la capital.  C’est toujours pas les attentats de Madrid qui ont éveillé la moindre culpabilité chez ce néo-Caudillo, godillo Impérialiste au service de vos sols mi corazon. Bien au contraire Don PP donne tout ce qu’il peut dans le sermonage merdiatique et se fait payer des conférences révisionnistes sur l’invasion des barbares musulmans !

                                              80% c’est aussi le nombre de propriétaires que les banques ont rendu vertueux en construisant des urbanisations à couillons. Oui, 80% si tout le monde vit chez papa maman ! Ces magnifiques montages financiers ont permis de bétonner à gogo toute la « Costa » tout en exploitant la main d’œuvre. Ça a permis aussi de corrompre la classe politique (voir le cas Marbella si vous voulez vous marrer) en faisant croire au miracle économique de « la brique ». Ah ah, d’où l’Espagne montrée en exemple... Le tout, en jouant d’un appel d’air pourri par l’afflux de capitaux douteux que seul le Père Botin pourrait nous éclaircir, comme sa tentative de corruption avec Garzon d’ailleurs…

                                              Grâce à l’entretien du « tous pourris » et ce n’est pas ce rabat joie de Rajoy (Lider du PP) à la barbe bavant qui viendra me contredire, la soumission à la monnaie de singe commune dans la zone des « Heureux cons » s’est gravée jusque dans le fond de la culotte. Le Régionalisme comme axiome idéologique de la mondialisation est à son comble et la démonstration est faite de l’impuissance du pouvoir coordinateur dans le royaume. Et qui plus est, en ayant son maxi représentant à la Présidence Européenne ! Pas plus tard qu’hier, le vétéran de la moustache s’est écrié que l’État ne servait plus à rien et qu’il fallait s’en débarrasser… Vas-y mon guignol, l’état c’est seulement bon pour faire la guerre !

                                              Avec des mariolles pareil pas étonnant que le politicard se transforme en master card. Pas étonnant qu’on chouchoute le banquier pour faire la fête aux Maures ! C’est à en perdre sa case, seulement au pays des hédonistes qui courbent l’échine pour rentrer chez papa et maman, le fanfaron est Roi. Le plus important étant de continuer à payer sa voiture de "crâne pas t’es chauve" à crédit, de sortir de tapas même si t’en as plus et de garder une chemise impeccable pour les copains en place publique. Oh fièvre, fièvre la «  seleccion » va nous délivrer !!!

                                              Sinon à part ça, España va bien…


                                              • piquecul 9 juin 2010 09:10

                                                Bonjour à tous.
                                                L’Espagne, ce pays cher à mon cœur où la plupart de ma famille vit, est hélas dans un marasme insoluble. Depuis de longue années, moi petit ouvrier, je déclarait, au grand dam des gens du cru, que cette folie de la construction serait une catastrophe.

                                                Profitant d’une tradition bien ancrée basée, sur l’achat de logement par les jeunes couples, les spéculateurs de tout bords on poussés dans ce sens. L’absence, quasi indécente, de logement sociaux et l’émigration intérieure vers les centres industriels à facilité cette transition. L’appât du gain, du gain facile, a embarqué avec les banques des supposés investisseurs qui n’étaient en fait que de petites gens cherchant à rentabiliser un maximum leur épargne.

                                                Aucune crainte pour les banques (jusqu’ici) car ces dernières n’accordaient que des prêts hypothécaires au point que des familles dans la trentaine sont endettées jusqu’à l’age de 75 ans. Cet exemple n’est pas un « on dit » cela est la réalité pour certain de ma famille.

                                                Aujourd’hui, le nombre impensable de panneaux « A Vendre » qui fleurissent sur quantité d’immeubles urbains est révélateur. Le pire est que ces organismes bancaires sont, en cas de saisie de bien pour non paiement, propriétaires d’un coquille vide impossible a réaliser faute d’acheteurs.

                                                Même certains petits propriétaires de leur maison ou appartement, se fourvoyaient en s’engageant dans un achat de logement comme placement en pariant sur une location qui paierait les crédit. Erreur funeste.

                                                Ce point d’appuis de l’économie à été posé depuis des décennies par l’état franquiste qui a tout d’abord insisté sur le tourisme en bétonnant systématiquement les côtes Espagnoles. La recette paraissant intéressante les politiciens de tous bords ont suivit les moutons comme ceux de Parnuge. Aucun de ces « responsables » n’a voulu regarder la vérité en face et ils se sont contentés de tirer sur la ficelle en pariant qu’ils ne seraient pas de ceux qui casseraient le fil.

                                                Hé voila qu’aujourd’hui la boite de Pandore est ouverte. Chacun des Espagnols sait intimement qu’il va au devant de très mauvaise années. Aussi ces petites gens font ce que tous condamné ferait, il tirent leurs dernières cartouches. De toute façon mort pour mort autant en profiter.

                                                J’ai pu constater de moi même depuis déjà deux ans, que si les bars sont ouverts la nuit pour des soirées « Tapas » la clientèle est plus clairsemée. Les bars ferment plus tôt et ils sont bien souvent peu remplis. Les réunion se font le plus souvent chez l’habitant alors que cela ne se pratiquait pas. 

                                                Les commerçants sont moroses car le chaland se fait plus exigeant et plus rare. Le commerce de bouche lui continue son activité mais les produits sont plus ordinaires. Il y a moins de produit chers qui ne vendent plus surtout par exemple dans les poissons. Un effet certainement lié par ailleurs à la crise de la pèche.

                                                Le plus étonnant est, par dessus tout, que nous nous croyons en tant que Français à l’abri. Je crains que le réveil soit brutal et que de grosses larmes ne coulent sur nos joues.


                                                • DrVonSeb 13 juin 2010 11:16

                                                  « Chacun des Espagnols sait intimement qu’il va au devant de très mauvaise années.  »


                                                  le tout avec une désagréable impression de s’être fait entuber sans vaseline, avec des hypothèques et crédits immobiliers sur 30ans pour des valeurs largement surévaluées (et en plus du neuf à la qualité très limite). 

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