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Facebook a peut-être sauvé sa peau

Sur le Web, tout va très vite. MySpace a été dépassé par Facebook alors que SecondLife, prisonnier d’un lourd téléchargement de l’outil avant utilisation, piétine. De nombreux réseaux sociaux ont mis la clef sous la porte (6nergies et Bahu récemment en France) alors même que de nouvelles initiatives sont lancées chaque semaine. Facebook, toujours à la recherche d’un modèle économique viable, voit la menace Twitter se pointer (la plus grosse croissance actuelle sur le Web) sachant que Google et Microsoft restent les maîtres incontestés de la rentabilité. En octobre 2007, un agrégateur de réseaux sociaux FriendFeed est apparu. Il vient d’être absorbé le 10 août par Facebook…

 Les agrégateurs de réseaux sociaux, Twitter et FriendFeed

Parmi les réseaux sociaux qui connaissent des croissances exceptionnelles, deux attirent l’attention : Twitter fondé en 2006 et l’agrégateur de réseaux sociaux FriendFeed créé en 2007. Ils sont souvent l’objet de buzz comme en témoigne par exemple l’attaque dont Twitter vient d’être victime par déni de service.

Les agrégateurs de réseaux sociaux se multiplient. Ils ont pour noms Spokeo, OneConnect de Yahoo, Ziki, Atomkeep, EventBox, Nomee et la liste est longue ! Parmi ces agrégateurs, FriendFeed émerge. Permettant l’agrégation en un site unique depuis 58 outils, principalement du Web 2.0, (parmi lesquels Facebook, Twitter, LinkedIn, votre blog, YouTube), il permet de créer des messages avec éventuellement des photos et des fichiers, de commenter les flux publiés (une discussion est associée à chaque message), de rassembler sur une même page des contenus publiés sur des autres sites, de partager ces contenus avec ses contacts comme on peut le faire sur d’autres réseaux sociaux. Il offre des fonctions de suivi multiples avec des méls d’avertissement adressés selon ses préférences de façon à être rapidement alerté et pouvoir réagir le cas échéant. Il permet aussi des recherches performantes parmi les flux et dans l’instantanéité. La fonction « like » permet de signaler un contenu qui a plu et son principe a été repris par Facebook avec sa fonction « j’aime ». La fonction « meilleur de la journée » permet de visualiser rapidement les discussions qui ont fait le plus de buzz quotidiennement.

 

Les opportunités du rachat de FriendFeed pour Facebook

Facebook, qui n’est toujours pas rentable, tisse néanmoins une gigantesque base de données d’informations nominatives qui permettrait des profilings très ciblés sur les internautes (les amis délivrant également de précieuses informations sur la personne selon le principe du « Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es »). De telles informations peuvent donner de très bons taux de retour lors de campagnes commerciales. Le jour où les obstacles seront levés – car la pression des internautes est forte bien que paradoxale – d’un côté l’internaute renseigne des informations nominatives le concernant y compris souvent des informations sensibles au sens de la CNIL (opinion politique, religieuse, etc.) pourtant facultatives et de l’autre est hostile à leur monétisation. Tout l’art sera pour Facebook d’utiliser ces informations pour des ciblages les moins intrusifs possibles en apportant une valeur ajoutée à l’internaute comme a pu le faire Google avec ses AdWords/AdSense. Ce n’est apparemment qu’une question de temps. La course à la taille critique peut s’avérer déterminante mais un jour où l’autre il deviendra nécessaire d’atteindre pour la société un équilibre financier. Dans le passé, on pourrait citer Amazon créé en 1995 qui a tout misé sur sa croissance et a dû attendre 2003 avant d’annoncer ses premiers bénéfices. L’acquisition de FriendFeed (cash + titres) par Facebook avoisinerait les 50 millions de dollars, ce qui reste modeste par rapport à l’offre de Facebook faite pour racheter Twitter (plus gros morceau il est vrai), 500 millions de dollars et qui s’était soldée négativement.

L’opportunité de ce rachat de FriendFeed est plus technique que financière. Actuellement, Facebook continue d’engranger des membres - 250 millions environ à ce jour -, dénombre 45 millions de groupes actifs. On estime à 120 le nombre moyen d’amis par compte et un large panel de 350 000 applications où la longue traîne se vérifie a été constitué autour de Facebook avec 15 000 sites Internet qui ont mis en oeuvre l’interface de programmation d’authentification Facebook Connect depuis son lancement en décembre 2008. En effet, le site de micro-blogging Twitter qui connaît la plus grosse croissance du Web (et à un degré moindre FriendFeed) perce et offre une interface et une recherche d’information avec ses API développés autour plus facile que pour Facebook. Même si la coopération entre les utilisateurs est bonne sur Facebook avec les groupes et les pages créées, les informations sont plus difficiles à débusquer et à faire émerger, quelques-uns des principes de base de Facebook étant le mur et le News Feed. Plusieurs couches d’API ont été rajoutées au fil des mois sur Facebook complexifiant l’outil alors que FriendFeed dénote par sa simplicité et l’excellente ergonomie de son interface. Sur FriendFeed, les commentaires et nouveaux contenus apparaissent en temps réel, de façon à créer les conversations les plus spontanées possibles : son fonctionnement est bien plus proche de celui de Twitter que de celui de Facebook.

En acquérant FriendFeed, Facebook acquiert avant tout des talents. La petite équipe de 12 personnes qui compose FriendFeed comprend les créateurs de Google Maps, Bret Taylor, et de Gmail, Paul Buchheit. Bret Taylor a annoncé vouloir rapidement proposer les innovations développées sur FriendFeed aux 250 millions d’utilisateurs de Facebook. Ces talents ont œuvré pour ouvrir les sites communautaires et les rendre interopérables. Ils l’ont fait avec FriendFeed. Ils vont donc continuer à le faire pour Facebook. L’interopérabilité de Facebook et de la communauté de réseaux sociaux dans l’écosystème sera nécessaire pour peser face au consortium OpenSocial créé notamment à l’initiative de Google.

 

Les questions en suspens

Du côté des utilisateurs de FriendFeed, cette acquisition n’est pas toujours bien perçue. Elle est vue comme une volonté d’abandonner à terme FriendFeed et d’intégrer certains composants dans Facebook. Aussi un groupe a-t-il été créé sur FriendFeed.

Cette acquisition judicieuse a été faite le 10 août alors même qu’elle aurait pu émaner de Google, de Yahoo ou de Microsoft. Une prochaine étape possible dans la partie de Go que se livrent les géants du Web pourrait être le rachat de Twitter, fragilisé par cette acquisition de Facebook, par l’un de ces trois acteurs : Google, Yahoo ou Microsoft. La croissance externe permet d’aller vite, d’éviter de voir croître un concurrent gênant mais peut néanmoins générer un choc culturel au moment de réinjecter les savoir-faire au sein de l’entreprise achetante. L’histoire de Facebook et de ses concurrents reste à écrire et à suivre. La bataille qui se livre sur les réseaux sociaux risque d’être passionnante. J’en reparlerai.


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9 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 12 août 2009 11:52


    Et combien de centaines de millions d’inscrits, qui ont raconté leur vie, leurs rêves, se sont livré ... et ont ainsi constitué une formidable base de données à la NSA ?

    Tout savoir, sur tout le monde. C’est en bonne voie.

    Trop facile ...


    • john val john 17 août 2009 04:23

      Et pas seulement pour les agences gouvernementales. Un moteur de recherche posséde des stats fantastiques sur ce que recherche les internautes. Ça a une valeur marketing énorme.


    • stephanemot stephanemot 12 août 2009 13:20

      je vois surtout un mouvement defensif de la part de Facebook. la boite se cherche un modele et ne veut pas perdre la main, alors elle grimpe a un niveau superieur d’integration.

      on va surtout voir ce que vaut Facebook pour la veritable integration. toutes les boites ne sont pas bonnes dans la croissance externe.


      • jschouinard 12 août 2009 15:57

        Bonne analyse David. J’entrevois une concentration des pouvoirs sur le web ; on se dirige vers une lutte à trois, ce qui n’est jamais très bon pour une industrie. J’ai aussi écrit un article à ce sujet que je vous invite à lire : http://www.adviso.ca/blog/2009/08/11/facebook-acquiert-friendfeed-est-ce-la-fin-de-twitter/


        • T.REX T.REX 12 août 2009 16:52

          Pour éviter d’être prisonnier, il faudrait fuir Facebook et tous les gros réseaux sociaux qui en profiteront un jour ou l’autre pour nous imposer leur loi ! Hélas, l’instant grégaire et le besoin d’appartenance des gens aux groupes dominants ou à la mode fait que facebook continue d’engloutir de plus en plus d’internautes et va atteindre la masse critique qui lui permettra d’abuser enfin de sa position dominante. Quand on voit tous les jeux et gadgets ridicules que Facebook utilise pour séduire et amuser les gogos, il y a de quoi rire ou plutôt pleurer tant l’internaute prouve qu’il marche dans toutes les combines les plus stupides ! 


          • boris boris 13 août 2009 00:41

            Face de rat , connais pas !


            • kay kay 13 août 2009 00:58

              Second Life n’est pas dans la même catégorie. Il n’a peut-être pas le même nombre d’utilisateurs que Facebook et autre, mais son nombre de résident augmente légérement quand même.


              • David Fayon David Fayon 13 août 2009 19:31

                @Kay,

                J’en conviens, Second Life est un univers virtuel en 3D et son positionnement est très différent du réseau social généraliste qu’est Facebook. Je mentionne simplement en introduction de l’article que cet univers virtuels, qui a aussi des fonctions sociales, a des difficultés, difficultés qui sont inhérentes à ses choix techniques : programme à télécharger avant de pouvoir utiliser l’outil, pas d’utilisation de techniques comme Flash et a contrario des coûts d’infrastructure notamment pour les serveurs onéreux où sont stockées les données, courbe d’apprentissage de l’outil longue.

                Second Life par ses fonctions préfigure ce que seront les univers virtuels de demain à moins qu’il puisse rebondir techniquement. Et comme je l’annonce en début de l’article, sur le Web tout évolue très vite. Et les internautes sont versatiles et peuvent délaisser un outil pour un autre assez rapidement : migration passée de Yahoo à Google pour les recherches, de MySpace à Facebook, etc.


                • maryenglish3000 14 juillet 2011 22:01

                  Everything in the virtual world changes so quickly that one has not enough time to understand how did it happen. People shall migrate from one to another, depending on marketing strategies, publicity, and many other factors, impossible to be enumerated, because they are quite a lot.
                  by :soldadores inverter


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