Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Faut-il fusionner CDD et CDI en un contrat unique ?

Faut-il fusionner CDD et CDI en un contrat unique ?

Selon le Premier ministre de la République française, le contrat de travail unique (CTU) sera une réalité d’ici la fin de l’année. Comme son nom l’indique, il aurait pour vocation de devenir le seul contrat de travail, mettant ainsi un terme à l’existance des CDD et des CDI. L’objectif est en tous les cas de permettre de lutter contre les inégalités entre salariés et notamment de mettre fin à la précarité des 12 % d’entre eux abonnés aux contrats précaires et à leurs abus. Un an après le mouvement social anti-CPE, un « sujet lourd de conséquences, technique et difficile » est à nouveau sous les feux de l’actualité économique gouvernementale.

4445bfbdd7adbf9a9a2673a05e8b547e.jpgForce est de constater qu’en l’état atuel des choses, une réforme du Code du travail paraît nécessaire à un meilleur épanouissement du marché du travail français, à l’heure où la précarité de l’emploi en France constitue un problème majeur. Les femmes, les immigrés et les jeunes font les frais du système français, connu pour être vecteur d’inégalités et de précarité : 60 % des jeunes de 20 ans qui travaillent ont un contrat temporaire. Nous nous trouvons à l’heure actuelle dans un système très inégalitaire, qui pénalise d’abord les populations les plus fragiles, ces dernières ayant plus de mal que les autres à trouver un logement, à contracter un prêt et ainsi à assurer leur autonomie en dehors des mesures d’assistanat.

Une autre caractérisitique du système français réside dans l’étendue du nombre de contrats de travails différents. Aux traditionnels CDI et CDD se sont ajoutés, ces dernières années, pas moins de cinq nouveaux contrats (CNE, CDD seniors, CRP, CTP et contrat d’avenir) compartimentant les travailleurs selon des critères d’âge, d’expérience professionnelle... Les détracteurs du CTU mettent en cause la dualité du marché du travail entre les titulaires d’un CDI, assurés d’un revenu régulier et fixé, ayant la certitude de l’emploi et l’assurance d’une retraite, et les titulaires d’un CDD étant le plus souvent des travailleurs précaires alternant entre intérim et CDD. Aujourd’hui, la délivrance d’un contrat à durée indéterminée est de plus en plus rare, plus d’une personne sur cinq en âge de travailler n’en bénéficiant pas.

Pour une approche sans ambiguïté, le CTU n’est pas une idée d’inspiration patronale. C’est en premier lieu l’idée de deux économistes totalement neutres de renom, MM. Cahuc et Kramarz. Ensuite, l’idée a été reprise dans le rapport Camdessus (Le sursaut, vers une nouvelle croissance pour la France) ainsi que dans l’ouvrage de Michel Pébereau et Bernard Spitz.
Le président de la République, M. Nicolas Sarkozy, séduit par la formule, envisage de l’employer pour mettre fin, selon lui, à la fracture sociale causée par la fameuse dualité du marché du travail. L’existence de cette dualité et de la floraison de CDD, souvent illégaux par ailleurs, est effectivement susceptible de nous amener à nous demander si le salarié n’aurait pas tout à gagner d’une fusion entre CDD et CDI.

Cependant, cette thèse repose sur une imposture de taille. L’intérêt du CTU pour ses promoteurs serait de pacifier le clivage existant entre les salariés en CDI, donc en situatiuon stable, et les salariés en situation de précarité. Nombreux sont ceux qui s’adonnent à penser qu’un salarié muni d’un CDI est aujourd’hui un salarié protégé disposant d’un emploi stable et sûr à vie. En effet, les entreprises décidées à procéder à des licenciements économiques et à des restructurations en France y arrivent, et le taux de recours (2,5 %) est faible. Notre législation demeure en ce domaine moins contraignante que la législation des pays scandinaves sociaux-démocrates tels que la Suède, le Danemark ou la Finlande. Le clivage est en réalité moins marqué qu’il n’y paraît.

A la lecture du rapport de Pierre Cahuc et de Francis Kramarz, on comprend que ce contrat unique serait caractérisé par6d92a4115ecba347db17014acd1891e0.jpg le fait qu’en cas de licenciement pour des raisons strictement économiques, il n’y aurait plus de contrôle du motif de licenciement. En effet, l’employeur serait déchargé de son obligation de reclassement interne ou externe des salariés et le juge ne pourrait vérifier l’existence d’un motif économique. Dans ce cas précis, le salarié recevrait une indemnité de licenciement plus importante que celle prévue dans le système actuel, c’est-à-dire concrètement une indemnité proportionnelle à l’ensemble des salaires versés tout au long du contrat de travail destinée à la fois au salarié et aux pouvoirs publics. Le salarié aurait également droit à un accès à un service public de l’emploi chargé de mener un accompagnement plus personnalisé.

Cependant, l’un des problèmes majeurs soulevé est l’attachement des entreprises françaises au CDD dont l’avantage réside dans le fait que la non-reconduction d’un emploi n’aboutit pas à une situation conflictuelle. En revanche, dans le cadre du Contrat unique de travail, la situation serait différente : l’entreprise serait contrainte de procéder à un véritable licenciement qui peut ne pas être accepté par le salarié. De plus, l’article 4 de la Convention n°158 de l’Organisation internationale du travail (OIT) prohibe les licenciements sans "motif valable lié à l’aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l’entreprise" et l’article 24 de la Charte sociale européenne révisée affirme le même principe. Nous comprenons donc bien que la nature même de ce contrat unique ne serait pas en adéquation avec la norme internationale. Cependant, nous pourrions renverser cet état de fait en faisant prévaloir la norme interne sur la norme internationale. Le préambule de la Constitution de 1945, contenu dans le bloc de constitutionnalité créé par le doyen Louis Favoreu, prévoit la supériorité de la norme internationale sur la norme interne française (« La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international.  »). On retrouve par ailleurs ce principe contenu dans l’article 55 de la Constitution de 1958. Ainsi, dans l’arrêt Kirkwood, du Conseil d’Etat du 30 mai 1952, le juge considère l’acte international comme norme de référence. La Cour de cassation reconnait également la primauté du traité international sur la loi interne dans l’arrêt Société des cafés Jacques Vabre, du 24 mai 1975. Ainsi, le contrat de travail unique ne peut voir le jour en France dans ces conditions, sauf avis contraire du Conseil d’Etat.

Le débat entamé par la volonté d’origine gouvernementale de créer ce CTU ne doit-il pas plutôt nous amener à envisager l’adoption en France d’un système proche de la « flex-sécurité » danoise, fondé non pas sur le choix du sacrifice de la sécurité d’existence de ses travailleurs mais sur un alliage composé de flexibilité et de sécurité de l’emploi. Ce système repose principalement sur une cogestion de la politique sociale avec des syndicats puissants et également sur une vraie pression sociale sur les chômeurs, contraints le plus souvent à accepter les emplois qui se libèrent sous peine de sanctions économiques. Force est de constater à quel point ce régime porte ses fruits dans les pays scandinaves où des pays tels que le Danemark ont un taux de chômage de 5,8 %, supportés par une croissance économique de 2 % par an (je vous invite pour plus d’information à consulter l’excellent article sur le sujet, rédigé par Bénédicte De Beys et intitulé "La flex-sécurité danoise, sociale ou libérale ?"). Il est certes impensable de calquer entièrement le système danois sur le système français du fait des spécificités de notre pays, fondées principalement sur le pouvoir étatique centralisé et sur un Etat providence corporatiste et administratif, tout le contraire, vous l’aurez compris, du modèle du welfare state libéral à l’américaine ou bien du welfare state social démocrate à la scandinave. La question mérite d’être envisagée plus sérieusement et de donner lieu à de prochains débats qui devraient faire couler beaucoup d’encre.



Moyenne des avis sur cet article :  4.47/5   (45 votes)




Réagissez à l'article

124 réactions à cet article    


  • anamo 26 juin 2007 13:05

    « des syndicats puissants » !!? En France, il ne sont même pas représentatifs, ... mais toujours conviés. Pas du tout enclins à évoluer et faire évoluer la situation (la sauvegarde des avantages acquis prime). Et pour couronner le tout, toute représentation émergente se trouve écartée. Au profit de qui, de quels groupes de pression, de quels clans, ... ?


    • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 26 juin 2007 13:29

      Effectivemment vous avez parfaitement raison. Peut on d’ailleurs parler de syndicat stricto sensu en France ? Peut on parler de partenaires sociaux ? Le syndicalisme n’existe pas dans notre pays. Le dialogue est nul, la contestation très souvent partisane et politicienne. La logique jacobine à la française peut elle permettre l’essors d’un syndicalisme social démiocrate ? je pense que toutes ces questions de fond et ces questions sociales doivent nous amener à une profonde remise en questions de nos coutumes, modes de pensées et de vie. De vastes chantiers de réformes sont à entreprendre, encore faut il que les français soient prêts et suffisemment mûr pour les entreprendre sereinement, ce qui n’est pas encore le cas visiblement.


    • Rage Rage 26 juin 2007 16:32

      Bonjour,

      J’apprécie votre style et votre plume.

      Néanmoins, je pense que derrière le « cadrage » que vous faîtes, il y a des lacunes de jeunesse quant aux exemples cités ainsi qu’à l’analyse de fond tant est qu’il y en ait une, puisque vous énoncez en conclusion : le débat est ouvert.

      Pour ma part, je pense que le contrat unique n’en sera jamais un et qu’il n’est pas une réponse à tous les problèmes d’emplois : il ne constitue qu’un fragment de la réponse.

      Que reproche t’on aux contrats actuels ? Clairement, leur multiplicité (vous oubliez le CAE et autres Borloo), leur vétusté pour les CDD renouvelables dans le public entre autres, leur lourdeur pour le CDI et pour les indemnités de départ et les motifs de licenciement.

      Le problème des « contrats », c’est à dire des contenants, ce n’est pas tant le fait d’avoir CDD/CDI et CTT (qui lui est très bon) mais plutôt d’avoir des usages et des contenus très variables. Les freins du CDI en particuler actuel ? Trop de frais pour licencier. Ce n’est même pas une question de délais ou de motifs, mais plus de coûts et de justification.

      Un CDD (le meilleur des contrats en droit « pur » car sécurisé dans la durée fixé) 18 mois dans le privé à 2000€/net/mois n’a rien à voir avec un CDD renouvelable tous les mois dans le public au même niveau de salaire.

      Un CDI à McDo n’octroiera pas les mêmes dispositions qu’un CDI à EADS, et même souvent moins qu’un CDD 18 mois à EDF ou même qu’un CNE chez Total.

      La question n’est donc pas tant sur les contenants, que sur les contenus.

      On peut alors jouer à la marge en proposant à CTU à droits progressifs, pourquoi pas, mais celui-ci ne peut faire l’économie des modalités sur le FOND.

      Le fond, c’est quoi ? Le fond c’est la rémunération, le temps de travail, les dispositions connexes, la qualité de travail, les indemnités de départ/fin de contrat etc...

      Aujourd’hui, vendre le CDI « MacDo » comme une panacée est un leurre : ce n’est pas parce que vous avez un CDI que vous êtes ni bien, ni sauvé, ni heureux dans l’emploi. J’ai moi même rompu un CDI pour un CDD, et je ne regrette rien, bien au contraire.

      Vaut-il mieux un CDI chez Etam lorsque vous avez Bac+5 ou un CDD dans votre filière de diplôme ? La question engage à une réponse : les perspectives d’avenir.

      Un contrat sans perspectives d’évolution, un contrat pour ceux qui n’ont pas le choix, un contrat sans contenu, et qui plus est un « petit contrat » type CNE est la caricature de la précarité. Les banques et bailleurs finissant d’enfoncer le clou par ce que cela entraine.

      La conclusion - et elle est la même pour les stages - : le problème n’est pas le contenant, c’est le contenu et la capacité des entreprises à proposer des contrats/emplois connectés avec la réalité de terrain.

      Proposer un stage à 300€ à un Bac+7 ou un CDI précaire pour ne pas avoir à payer les coûts d’un CDD alors que l’offre est limité dans le temps : voilà les écueils à éviter.

      Donc, CTU ou pas, le débat ce sont SES MODALITES plus que son existence : il ne faut pas se tromper de débat...


    • Céline Ertalif Céline Ertalif 27 juin 2007 08:15

      Rage a raison d’évoquer le problème des CDD dans le secteur public. Cela pourrait être plus déterminant qu’on ne l’imagine, malgré le nombre réduit d’emplois (au niveau global) que cela représente.

      Dans le secteur public, le CTU est une bombe posé sous le statut. Et, on n’en parle pas... A mon avis, on va probablement nous dire que le projet de CTU n’existe pas pour le public.


    • aurelien 26 juin 2007 13:16

      « Le marché du travail », tout est dit...


      • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 26 juin 2007 13:32

        Avant de penser à faire un contrat de travail unique, il ferait mieux de faire le ménage dans tous ceux existants.

        C’est juste pour faire plus du bruit.


        • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 26 juin 2007 13:36

          L’argument avancé par les détracteurs du CTU est justemment de faire le ménage au sein des modes de divulgation des contrats de travails, existant une trentaine de CDD différents compartimentant les travailleurs selon leur âge, ancienneté...etc...ainsi que je l’énonce dans cet article. Cependant la question centrale serait de savoir si oui ou non l’état des choses en France rendrait pertinent une telle mesure. J’ai expliqué la réticence des entreprises, attachées au CDD et le problème de l’adéquation aux normes internationales. De plus, l’exemple danois permet de nous rendre compte que flexibilité n’est pas incompatible avec sécurité de l’emploi ou du moins stabilité.


        • bulu 26 juin 2007 13:34

          oui, il faut fusionner, tout le monde sur le meme plan.

          Le contrat unique ne precarisera que les incompetents ou profiteurs dans un systeme qu’on voudrait equitable.

          C’est la seule mesure qui vaille la peine de se supporter un Sarko+ump pendant cinq ans...


          • Ronfladonf Ronfladonf 27 juin 2007 13:08

            La tu comptes sur l’honnêteté des patrons...

            Il précarise à terme tout le monde car non seulement les incompétents qui profitent du système, les compétents qui font une remarque à leur patron, les salariés de groupes dont les actionnaires effectuent une prise de bénéfice plus grande que d’habitude, les salariés d’un secteur qui peut être chaotique...

            Par contre sans être pour le contrat unique je suis au moins pour réduire le nombre de contrats possibles. Et ce n’est pas la seule mesure qui mérite de nous faire supporter Sarko pendant 5 ans, loin de là !


          • spartacus1 spartacus1 27 juin 2007 13:56

            Bulu a écrit : "Le contrat unique ne precarisera que les incompetents ou profiteurs dans un systeme qu’on voudrait equitable.

            Mon expérience du monde du travail est assez différente de la tienne. C’est au contraire les incompétents et profiteurs qui vont largement profiter de l’absence de garanties légales. Ne sont-ils pas, dans l’immense majorité des cas, infiniment plus habiles dans le léchage et le cirage de pompes ? Pas besoin de faire de longues études pour s’en apercevoir, quelques semaines de travail dans une quelconque entreprise permet de s’en rendre compte.


          • finael finael 26 juin 2007 13:38

            - Première remarque par rapport à votre CV : On voit à quel point vous êtes jeune et pensez plus par rapport à des slogans qu’à une réalité : si vous aviez connu la france d’il y a 1/2 siècle vous auriez beaucoup plus de mal à soutenir l’idée d’un « immobilisme » cher à nos « libéraux ».

            - Deuxième remarque : Un CDI est, comme son nom l’indique un contrat à durée Indéterminée, il ne garantit en aucun cas quelque durée que ce soit (même si les banques considèrent la chose autrement), il est d’ailleurs plus facile de licencier quelqu’un en CDI qu’en CDD (surtout depuis l’explosion des licenciements « pour motif personnel »). Vous reconnaissez vous même que le taux de recours est faible.

            - Troisième remarque : Pourquoi vouloir à tout prix qu’un employeur n’ait pas à justifier un licenciement, pour accroître encore la subordination de l’employé « jetable » ?

            - Quatrième remarque : vous comparez la situation avec celle du Danemark. Il serait aussi instructif de comparer des cartes géographiques et pariculièrement la taile des zônes habitées en France et au Danemark, pays où un changement d’emploi n’implique quasiment jamais de changement de domicile.

            - Cinquième remarque : la multiplicité du type de contrats de travail fait suite à des revendications patronales pour obtenir des exemptions, des « contrats aidés » pour ceci ou cela.


            • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 26 juin 2007 13:47

              « il est d’ailleurs plus facile de licencier quelqu’un en CDI qu’en CDD (surtout depuis l’explosion des licenciements »pour motif personnel« ). Vous reconnaissez vous même que le taux de recours est faible. »

              ==> effectivemment nous sommes d’accord sur ce sujet : c’est pour ça que je dénonce le stéréotype comme quoi CDI = sécurité et stabilité de l’emploi à vie. La réalité est tout autre !

              « On voit à quel point vous êtes jeune et pensez plus par rapport à des slogans qu’à une réalité : si vous aviez connu la france d’il y a 1/2 siècle vous auriez beaucoup plus de mal à soutenir l’idée d’un »immobilisme« cher à nos »libéraux«  »

              ==> En quoi ma jeunesse serait obligatoirement synonyme de « suivre des slogans » obligatoirement ? Parce que le fait d’être jeune empêche de réfléchir ? Justemment je suis opposé à certaines thèses avancées par certains universitaires, me documente énormément sur certaines questions et passe énormément de temps à réfléchir sur certaines problématiques (voir d’autres articles me concernant. L’immobilisme tient à la dualité du marché du travail, à une illisibilité due à une multiplicité de contrats différents. Excusez moi mais cette remarque ne me semble absolument pas pertinente, surtout étant donné que vous ne me connaissez pas en IRL.

              « Troisième remarque : Pourquoi vouloir à tout prix qu’un employeur n’ait pas à justifier un licenciement, pour accroître encore la subordination de l’employé »jetable«  ? »

              ==> C’est une excellente question. Elle a un rapport étroit avec la volonté de flexibiliser le marché du travail. Un autre exemple de contrat suivant un peu le même esprit est le CNE et le défunt CPE. Posez cette question à l’Assemblée smiley

              Cinquième remarque : la multiplicité du type de contrats de travail fait suite à des revendications patronales pour obtenir des exemptions, des « contrats aidés » pour ceci ou cela.

              ==> En effet c’est une spécificité somme toute française. On donne des dérogations sur dérogations ce qui rend complètement illisible le marché du travail.


            • Fred 26 juin 2007 14:40

              De la meme facon, pourquoi faut-il toujours avoir une raison valable pour licencier quelqu’un ? Si je cree ma boite et que l’un de mes employes ne convient pas, vu que c’est mon argent et mon temps pourquoi est-ce que je ne pourrais pas me debarasser de cet employe en lui payant ses indemnites (sans aller aux prudhommes) pour ensuite prendre un employe qui me convienne ?

              Si la position du patron est si envieuse que l’on se demande pourquoi nombre de nos compatriotes ne commencent pas leur boite.


            • alala 26 juin 2007 17:17

              @ Fred

              Ne pas avoir à justifier un licenciement c la porte ouverte à tous les abus (harcelement moral et physique entres autres).

              Si on vivait dans un monde ou tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ok tres bien mais faut redescendre sur terre, la vie reelle c pas ca !

              Tu veux revenir au temps des vassaux, et pk pas un ptit droit de cuissage pour le patron ? apres tout c lui qui finance le train de vie de ses sous fifres.

              Ce genre de mentalité me fait gerber !

              Et le respect de la dignité humaine t’en fais quoi mon gros ?


            • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 26 juin 2007 17:20

              Comme je l’ai déja dit, l’Etat français corporatiste et administratif n’est pas du tout incitatif concernant les initiatives privées...90 % des jeunes qui créent leur boite coulent en deux ans...ça fait réfléchir et maintient la France dans une logique de salariat...chez nos voisins socio démocrates ou allemands, 40 % de la population est chef d’entreprise ou de PME grâce à une politique d’initiative privée incitative !


            • Fred 26 juin 2007 19:58

              "@ Fred

              Ne pas avoir à justifier un licenciement c la porte ouverte à tous les abus (harcelement moral et physique entres autres).

              Si on vivait dans un monde ou tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ok tres bien mais faut redescendre sur terre, la vie reelle c pas ca !

              Tu veux revenir au temps des vassaux, et pk pas un ptit droit de cuissage pour le patron ? apres tout c lui qui finance le train de vie de ses sous fifres.

              Ce genre de mentalité me fait gerber !

              Et le respect de la dignité humaine t’en fais quoi mon gros ?"

              En quoi je ne respecte pas la dignite humaine ? Tu ne te forces pas a etre ami avec des gens que tu n’aimes pas, pourquoi est-ce qu’un patron devrait se forcer a employer quelqu’un qu’il n’aime pas ?

              Votre position est facile a tenir quand ce n’est pas votre argent que vous risquez. Mais le patron de PME (plus de 92% des patrons en France) n’a pas forcemment le luxe de garder un employe avec lequel il a du mal a travailler. Un employe qui se fait virer a droit a des indemnites de licenciement et le chomage ; un petit patron n’a droit a rien.


            • Bof 26 juin 2007 22:18

              Merci Fred .Enfin un avis intelligent ,mais il ne sera pas compris par tous ces messieurs qui veulent bien « vivre » sur votre travail ". Les discutions sur les contrats ont un relent d’esprit esclavagiste , actuellement contre les patrons (pas de congès payés, peu de respect de leur être ) , mais quand le balancier reviendra ...avec les entrepreneurs étrangers ,et la très grande faiblesse de la position Française ,nos enfants n’auront pas une vie enviable.


            • pifo 27 juin 2007 11:28

              @ fred et bof

              « En quoi je ne respecte pas la dignite humaine ? Tu ne te forces pas a etre ami avec des gens que tu n’aimes pas, pourquoi est-ce qu’un patron devrait se forcer a employer quelqu’un qu’il n’aime pas ? »

              Faites un peu l’effort de prendre le problème sous un autre angle.

              N’oublions pas que dès lors qu’un individu lambda a trouvé un emploi à partir duquel il a fait des projets de construction de sa vie, sa stabilité, ainsi que celle des siens est un problème d’ordre social, et non individuel.

              Nous sommes tous conscients qu’un emploi ne fait pas vivre que l’employé qui l’occupe ; il sert très souvent à subvenir aux besoins de plusieurs personnes. D’où le caractère social de l’emploi.

              La société peut-elle s’offrir le luxe de voir un employeur, sous prétexte que la boite lui appartient, foutre à la porte notre ami lambda au seul motif que sa gueule ne l’inspire pas ?

              Autrement dit, la seule convenance ou le seul confort de l’employeur suffit-il à justifier que l’avenir d’une famille entière soit compromis ? Il va de soit que si ce genre de démarche est autorisé, notre ami lambda ne sera certainement pas le seul à se retrouver dans une telle situation. D’où la question de savoir si le seul confort d’un employeur suffit à justifier que la société toute entière doive marche avec un potentiel de déstabilisation aussi élevé.

              Sauf à être inconscient, il est difficile de répondre par l’affirmative à une telle question. Ce qui revient à dire à l’employeur que dès lors que sa structure contribue à nourrir plus d’une famille, son devenir (le devenir de sa structure) ne relève plus exclusivement de lui, car elle contribue à l’évolution de la société toute entière, et peut aussi être la l’origine de la déstabilisation de celle-ci (la société).

              D’où la nécessité pour les dirigeants d’encadrer de manière rigoureuse le contrat de travail par des lois et règlements.


            • Rage Rage 27 juin 2007 11:49

              Excellent commentaire.

              Le critère géographique auquel vous pensez me paraît tout à fait pertinent à souligner.

              En France, perdre son emploi signifie bien souvent « déménager » pour en retrouver. Au Danemark, au pire, ce sont des heures de bateau...


            • pifo 27 juin 2007 12:14

              @ fred et bof

              « Votre position est facile a tenir quand ce n’est pas votre argent que vous risquez. Mais le patron de PME (plus de 92% des patrons en France) n’a pas forcemment le luxe de garder un employe avec lequel il a du mal a travailler. Un employe qui se fait virer a droit a des indemnites de licenciement et le chomage ; un petit patron n’a droit a rien. »

              Je regrette de le dire, mais cette approche me parait quelque peu simpliste. Accepter que l’on précarise la situation des employés parce que les patrons de PME/PMI vivent dans une certaine précarité sur le plan social, ne me semble pas être la meilleur des approches.

              En raisonnant de la sorte, on ne résout ni le problème des salariés, ni celui de employeurs.

              Je suis certain qu’en regardant bien, il y a, dans le carcan juridique en vigueur, des textes qui permettent aux employeurs de gérer sans trop de dommages les employés à problème.

              En ce qui concerne les indemnités de licenciement, je doute qu’elles soient systématiquement accordées à tous les employés par les textes actuellement en vigueur. Les cas d’abus y donnent lieu, ce qui est justifié.

              Concernant les indemnités de chômage, il appartient au patronat d’entreprendre les démarches utiles à trouver un palliatif à une telle situation.

              N’oublions cependant pas que le salarié et son patron n’ont pas souvent le même revenu, ni la même marge de manœuvre quant la conservation de leur emploi. Le salarié bénéficie en effet d’une présomption de faiblesse sur ce plan, vis-à-vis de son employeur. Ce qui est, somme toute, logique.

              En ce qui concerne la prise de risque financier, vous aurez l’obligeance de reconnaître qu’elle ne se fait pas gratuitement. Elle est effectivement rétribuée par les bénéfices, auxquelles les salariés ne participent que pour une portion congrue.

              Le salaire versé ne justifie pas, à mon avis, que soient minimisées l’énergie, la disponibilité et l’ingéniosité investies par les salariés pour la bonne marche de l’entreprise. Jusqu’à preuve du contraire, sans ces apports des salariés, aucune entreprise ne fonctionnerait, et ce, quelque soit le montant investi.

              Toute proportion gardée, je suis convaincu que le salaire ne rétribue pas suffisamment ces investissements qui sont très souvent passés sous silence dans tous les débats sur le travail et l’emploi. Ils sont pourtant la principale source de valeur ajoutée dont l’entreprise et la société toute entière tire l’essentiel de ses bénéfices.


            • Ronfladonf Ronfladonf 27 juin 2007 13:15

              C’est pour ca qu’existe la période d’essai...

              Excuse moi mais si en 3 tu es pas capable de te rendre compte qu’un employé te convient pas, liquide ta boite tout de suite car tu ne seras jamais assez réactif en cas de coup dur...


            • Fred 27 juin 2007 13:21

              "C’est pour ca qu’existe la période d’essai...

              Excuse moi mais si en 3 tu es pas capable de te rendre compte qu’un employé te convient pas, liquide ta boite tout de suite car tu ne seras jamais assez réactif en cas de coup dur..."

              C’est debile, un individu peut tres bien travailler dur pendant sa periode d’essai pour ensuite se relacher.


            • Fred 27 juin 2007 13:53

              "Je regrette de le dire, mais cette approche me parait quelque peu simpliste. Accepter que l’on précarise la situation des employés parce que les patrons de PME/PMI vivent dans une certaine précarité sur le plan social, ne me semble pas être la meilleur des approches.

              En raisonnant de la sorte, on ne résout ni le problème des salariés, ni celui de employeurs.

              Je suis certain qu’en regardant bien, il y a, dans le carcan juridique en vigueur, des textes qui permettent aux employeurs de gérer sans trop de dommages les employés à problème.

              En ce qui concerne les indemnités de licenciement, je doute qu’elles soient systématiquement accordées à tous les employés par les textes actuellement en vigueur. Les cas d’abus y donnent lieu, ce qui est justifié.

              Concernant les indemnités de chômage, il appartient au patronat d’entreprendre les démarches utiles à trouver un palliatif à une telle situation.

              N’oublions cependant pas que le salarié et son patron n’ont pas souvent le même revenu, ni la même marge de manœuvre quant la conservation de leur emploi. Le salarié bénéficie en effet d’une présomption de faiblesse sur ce plan, vis-à-vis de son employeur. Ce qui est, somme toute, logique.

              En ce qui concerne la prise de risque financier, vous aurez l’obligeance de reconnaître qu’elle ne se fait pas gratuitement. Elle est effectivement rétribuée par les bénéfices, auxquelles les salariés ne participent que pour une portion congrue.

              Le salaire versé ne justifie pas, à mon avis, que soient minimisées l’énergie, la disponibilité et l’ingéniosité investies par les salariés pour la bonne marche de l’entreprise. Jusqu’à preuve du contraire, sans ces apports des salariés, aucune entreprise ne fonctionnerait, et ce, quelque soit le montant investi.

              Toute proportion gardée, je suis convaincu que le salaire ne rétribue pas suffisamment ces investissements qui sont très souvent passés sous silence dans tous les débats sur le travail et l’emploi. Ils sont pourtant la principale source de valeur ajoutée dont l’entreprise et la société toute entière tire l’essentiel de ses bénéfices."

              Le salaire moyen d’un patron d’une entreprise de moins de 20 employes (qui representent la majorite des patrons en France) est de 38500 euros annuels soit 3200 euros mensuels sans retraite ou assurance chomage a comparer au salaire moyen francais qui est de 1900 euros mensuels. Les patrons francais travaillent en moyenne 50 heures a comparer au 36.4 heures des employes soit 37% de plus. Voila maintenant on a pose les chiffres, vous jugerez du rapport de force.

              Les indemnites de licenciements sont tout le temps versees mis a part en cas de faute grave ou lourde. Ces indemnites ne sont pas si elevees que ca, le probleme est que beaucoup d’employes se sentant leses ont recours aux prudhommes ou les montants sont superieurs sans compter le temps perdu par le patron pour se representer. Rappelons que l’employe gagne 65% du temps aux prudhommes.

              Vous basez ensuite votre argument sur le fait que l’entreprise beneficie grandement de l’employe sur lequel je suis entierement d’accord (sans employe pas d’entreprise, l’inverse est aussi vrai sans patron pas d’entreprise) cependant votre argument est aussi base sur un hypothetique rapport de force que je ne vois nullement : si on ajoute 37% au salaire moyen de l’employe pour 50 heures par semaine on arrive a 2600 euros net et si on enleve les charges patronales et salariales sur la retraite et l’indemnite chomage on arrive a une valeur proche des 3200 euros equivalente au salaire moyen du patron d’une entreprise de moins de 20 employes. Donc la prise de risque financiere n’est pas vraiment retribue.


            • karg se 27 juin 2007 14:20

              @Finael : bien vu le problème de mobilité géographique, les problèmes d’espace sont souvent occulté par les politiques et les médias.

              Il faut relié ça avec la propriété du logement et des lourdeurs pour les déménagements (taxe de mutation).

              Maintenant quand le gouvernement veut favoriser l’accès à la propriété, on peut se poser la question de réalité de la volonté de réduire le chômage


            • pifo 27 juin 2007 18:52

              @ Fred

              « Le salaire moyen d’un patron d’une entreprise de moins de 20 employes (qui representent la majorite des patrons en France) est de 38500 euros annuels soit 3200 euros mensuels sans retraite ou assurance chomage a comparer au salaire moyen francais qui est de 1900 euros mensuels. Les patrons francais travaillent en moyenne 50 heures a comparer au 36.4 heures des employes soit 37% de plus. Voila maintenant on a pose les chiffres, vous jugerez du rapport de force. »

              Vous m’excuserez si je pose quelques réserves quant aux chiffres, parce que je ne les connais pas à vrai dire.

              Prenons l’hypothèse où ils sont véridiques : vous conviendrez avec moi que jusqu’ici, les chiffres avancés parlent de la rémunération du travail. A l’évidence, le patron travaille plus, donc gagne plus. Tiens, Sarkozy n’a apparemment rien inventé. Charmante découverte.

              Sauf que lorsque nous parlons de la rétribution de la prise de risque, il s’agit ici de la rétribution du risque financier, donc de l’investissement en capital ou en compte courant.

              Cet aspect là ne se traite pas dans le bulletin de paie. Je reste convaincu qu’à ce niveau, les patrons ne sont pas toujours perdants, car en plus du revenu tiré de leur travail, ils bénéficient également de la rémunération du capital investi. Ce qui n’est pas exactement le cas de l’employé.

              Le véritable problème, à mon sens, vient du non aboutissement de la mutation de la société française toute entière. Elle a malheureusement conservé tous les traits qui la caractérisaient à l’époque de la féodalité.

              Tout a été fait, pour que les personnes de souche .... aient toujours plus de facilités à accéder à un certain nombre de choses, par rapport aux autres. « France d’en haut et France d’en bas » disait l’autre.

              La contribution à la création de la valeur ajoutée n’a jamais vraiment fait partie des critères de gestion dans la société français. Vous venez du bas de la France, donc vous n’êtes dignes de recevoir que le SMIC. Vous percevrez le SMIC et rien que le SMIC, quand bien même vous aurez aidé l’entreprise à accroître ses performances de manière significative. Je caricature à peine la réalité.

              C’est sur ce point que les anglo-saxons ont pris une sérieuse avance, en bonifiant régulièrement toute démarche susceptible de générer un + pour l’entreprise. Le résultat doit être observé aujourd’hui : la demande domestique aux USA est de nature à faire pâlir de jalousie n’importe quel autre pays au monde. C’est normal, ils ont les moyens de s’offrir tout ou presque tout ce qu’ils veulent, grâce à la rémunération tirée de leur travail. Pendant ce temps, le salarié français se demande avec qui il va se mettre en colocation, parce que le coût du logement est au dessus de ses moyens. La valeur du travail effectué par un américain est-elle plus élevée que celle du français ? Pas tant que cela. La preuve : les français qui y vont (aux USA) ne sont pas toujours parmi les plus niais. Où se situe donc le problème ? Dans la valorisation du travail.


            • Fred 27 juin 2007 22:38

              "Vous m’excuserez si je pose quelques réserves quant aux chiffres, parce que je ne les connais pas à vrai dire.

              Prenons l’hypothèse où ils sont véridiques : vous conviendrez avec moi que jusqu’ici, les chiffres avancés parlent de la rémunération du travail. A l’évidence, le patron travaille plus, donc gagne plus. Tiens, Sarkozy n’a apparemment rien inventé. Charmante découverte.

              Sauf que lorsque nous parlons de la rétribution de la prise de risque, il s’agit ici de la rétribution du risque financier, donc de l’investissement en capital ou en compte courant.

              Cet aspect là ne se traite pas dans le bulletin de paie. Je reste convaincu qu’à ce niveau, les patrons ne sont pas toujours perdants, car en plus du revenu tiré de leur travail, ils bénéficient également de la rémunération du capital investi. Ce qui n’est pas exactement le cas de l’employé.

              Le véritable problème, à mon sens, vient du non aboutissement de la mutation de la société française toute entière. Elle a malheureusement conservé tous les traits qui la caractérisaient à l’époque de la féodalité.

              Tout a été fait, pour que les personnes de souche .... aient toujours plus de facilités à accéder à un certain nombre de choses, par rapport aux autres. « France d’en haut et France d’en bas » disait l’autre.

              La contribution à la création de la valeur ajoutée n’a jamais vraiment fait partie des critères de gestion dans la société français. Vous venez du bas de la France, donc vous n’êtes dignes de recevoir que le SMIC. Vous percevrez le SMIC et rien que le SMIC, quand bien même vous aurez aidé l’entreprise à accroître ses performances de manière significative. Je caricature à peine la réalité.

              C’est sur ce point que les anglo-saxons ont pris une sérieuse avance, en bonifiant régulièrement toute démarche susceptible de générer un + pour l’entreprise. Le résultat doit être observé aujourd’hui : la demande domestique aux USA est de nature à faire pâlir de jalousie n’importe quel autre pays au monde. C’est normal, ils ont les moyens de s’offrir tout ou presque tout ce qu’ils veulent, grâce à la rémunération tirée de leur travail. Pendant ce temps, le salarié français se demande avec qui il va se mettre en colocation, parce que le coût du logement est au dessus de ses moyens. La valeur du travail effectué par un américain est-elle plus élevée que celle du français ? Pas tant que cela. La preuve : les français qui y vont (aux USA) ne sont pas toujours parmi les plus niais. Où se situe donc le problème ? Dans la valorisation du travail."

              Vive Google

              salaire des patrons de PMEs : moins de 20 salaries 38497 euros a l’annee (Decembre 2006)

              http://www.journaldunet.com/management/repere/salaires-patrons-pme.shtml

              salaire moyen francais : 1903 euros mensuel (Fevrier 2006)

              http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1636

              Par rapport au capital, la majorite des entreprises ne sont pas inscrites en bourse donc le patron ne profite pas de pluvalues annuelles.

              Je crois que vous serez surpris de voir que la majorite des patrons de petites entreprises ne viennent pas de milieux sociaux eleves. Je crois vraiment que nous ne parlons pas des memes personnes. Je traite souvent avec des patrons de PMEs (moins de 10 employes) a travers mon travail, notamment des entreprises d’usinage ; la plupart ont des diplomes de type BEP, CAP ou BTS mais pas beaucoup plus haut.

              Ensuite par rapport a l’evolution sociale, mes parents viennent d’un milieu social tres pauvre, ont evolue vers un milieu social de classe moyenne pour me donner une education et je me considere comme classe moyenne mais apparement plus de 2.32 fois le SMIC ca me place dans la categorie moyenne superieure. Donc il y a bien une evolution sociale, effectivement j’ai la chance d’etre blanc et d’avoir des parents qui ont decide de n’avoir que 2 enfants.

              Enfin par rapport aux US, effectivement les salaires sont plus eleves ; j’etais paye presque 100,000$ annuel pour un travail similaire a ce que je fais en France. J’avais le choix de la secu et de la retraite, mon entreprise ne payait que tres peu de charges patronales, celles-ci m’etaient directement versees. Forcemment si vous rajoutez ca a votre salaire en France deja, ca change pas mal de chose mais bon nous vivons dans un systeme social, le meilleur au monde parait-il.


            • michelc 28 juin 2007 14:14

              @ Fred

              Cela fait pas longtemps que je suis sur AV mais je remarque que tu as toujours quelques commentaires nauséeux et haineux à faire quelque soit le sujet. Il n’y a que de la crasse, de la bétise et aucun arguments... minable !

              Question à Fred : Un patron assez bête pour embaucher un incompétent et ne pas s’en rendre compte pendant la période d’essai ne mérite-t-il pas son sort ?

              Concernant l’article, je pense qu’il ne faut pas voir le CTU comme la panacée. Avant tout, les problèmes sont les suivants :
              - La représentation syndicale qui ne représente qu’elle même. Quand on voit la CGT qui refuse tout et la CFDT qui accepte tout, cela pose un problème dans la négociation !
              - Il faut protéger les employés et non les emplois. Si une personne doit partir de son emploi (volontaire ou non), elle ne doit pas tomber dans la précarité et pouvoir entreprendre un projet (formation, création d’entreprise, etc...) avec l’aide de l’état et non être assisté.
              - Enfin, mettre en place un vrai système de suivi de parcours professionnel lorsque l’on quitte son emploi. Le système en place, je parle de l’ANPE, ne sert qu’à pointer les chômeurs en les laissant totalement à l’abandon et en les culpabilisant.

              Le CTU, à mon avis, ne réglera rien si il n’y a pas une refonte du système d’aide à l’emploi qui reste une machine à assistanat.


            • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 28 juin 2007 14:16

              Je suis parfaitement d’accord avec vous en tout point. Dans l’état actuel des choses, le CTU ne sert strictement à rien et ne me semble pas d’ailleurs une solution aux problèmes. Cessons de toujours régler les symtômes, attaquons-nous aux sources des problèmes français. Je partage votre opinion sur la sécurité des employés et non des emplois.


            • Fred 28 juin 2007 19:28

              « Question à Fred : Un patron assez bête pour embaucher un incompétent et ne pas s’en rendre compte pendant la période d’essai ne mérite-t-il pas son sort ? »

              Je vais remettre la meme reponse, qu’est-ce qui empeche un employe de travailler duremment pendant la periode d’essai et de se relacher apres ? Ce n’est pas quelque chose qui ne s’est jamais vu.


            • Fred 28 juin 2007 19:31

              « Cela fait pas longtemps que je suis sur AV mais je remarque que tu as toujours quelques commentaires nauséeux et haineux à faire quelque soit le sujet. Il n’y a que de la crasse, de la bétise et aucun arguments... minable ! »

              montrez moi lequel de mes commentaires est nauseux et haineux ! Parce que je ne suis pas d’accord avec les gens de gauche de ce forum, je suis forcemment du mauvais cote apparemment.

              Ce qui me fait rire (je le vis au quotidien) est d’entendre les gens de gauche qui pretendent defendre les pauvres et les misereux et qui dans leur vie de tous les jours ne font strictement rien mis a part deblaterer leurs idees sans jamais les mettre en pratique. Si etre haineux est de mettre ca en evidence alors oui je suis haineux.


            • ripouette ripouette 26 juin 2007 14:00

              Le Danemark est à la mode ces temps-ci. Hausse du taux de TVA ? Regardez le Danemark qui liquide ses charges sociales et passe sa TVA à 25 %... Comme c’est beau.

              Remise en question du CDI (car c’est lui la norme ne l’oublions pas, le CDD étant une exception à cette norme) remise en question du CDI pour un contrat de travail « flexible » ? Tournez vos regards ébahis vers le Danemark... Comme c’est beau.

              Le hic est que le danemark est un tout petit pays et qu’il serait totalement absurde de croire que son organisation sociale puisse être transposée vers un pays ayant 12 fois plus d’habitants sans casse sociale.

              Je propose que dorénavant nous tournions nos regards curieux vers ce merveilleux exemple qu’est la Principauté de Monaco comme laboratoire d’idées économiques et sociales.

              C’est quoi le taux de chomage de Monaco au fait ?


              • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 26 juin 2007 14:07

                Comme je l’ai signalé en fin d’article, une transpositon d’un tel système en France est inenvisageable de par la spécificité de la France et les spécificités danoises ! Cependant, on peut s’en inspirer. L’esprit social démocrate à la scandinave est intéressant. Nous pourrions nous inspirer de certaines normes et règles de fonctionnement propres à ces pays. Lisez de fond en comble avant de me faire dire ce que je n’ai pas dit !

                De plus, certes le Danemark a une TVA à 25 %...mais le SMIC est à 2400 euros...Augmenter la TVa de cet ordre là est inenvisageable en France en l’état actuel des choses de par la faiblesse du pouvoir d’achat populaire.


              • ripouette ripouette 26 juin 2007 14:29

                Il n’y a pas de SMIC ou salaire minimal au Danemark. Il existe des salaires « planché » qui sont définis par branche d’activité dans les conventions collectives mais ce n’est nullement obligatoire.

                Il y plein de bonnes idées à pêcher au danemark, effectivement. Je te rappelle que toutes les aides sociales y sont soumise à l’impôt sur le revenu et ce dès le premier euro. Voilà une bonne idée que Sarkozy devrait mettre en application : taxer les RMIstes et vive les Danois !

                Pour répondre à ton commentaire, j’ai lu ton article, qui est intéressant et bien documenté, je trouve seulement dommage qu’il se conclue sur une question ouverte... J’attendais une réponse plutôt, faut-il ou non fusionner CDD et CDI ? La question reste en suspens...


              • soiwatter soiwatter 26 juin 2007 16:16

                Pourquoi comparer des chiffres qui ne veulent rien dire ? 2400€ brut, ça fait combien en net ? rapporté au coût de la vie ? Il ne faut pas oublier que les modes d’imposition sont différénts d’un pays à l’autre. En prenant l’exemple de l’Allemagne que je connais bien pour y avoir vécu 6 mois, les salaires des ouvriers et des cadres nous font pâlir. Un simple ouvrier gagne plus de 2000€ par mois... avec 50% d’imposition... et un coût du panier moyen plus important qu’en France.

                Le coût de la politique publique danoise est parmis les plus importantes au monde. La faible superficie et population permet des expérimentation sociales assez surprenantes : qui aurait cru à l’époque que la flex-securité serait « durable » ? Mais de ce fait ils deviennent un laboratoire expérimental de méthodes nouvelles.

                Or le système français devient grabataire avec l’âge, il faut trouver un nouveau modèle social, aussi bon que le précédent l’était pour les années 60, mais applicable aux problématiques actuelles. « flex-sécurité » ? non ! CTU ? pas dans la voie pour l’instant exposée (trpo rigide). Quelqu’un à une autre idée ?


              • Nicolas C. 26 juin 2007 20:17

                On parle du danemark, mais on peut aussi parler de la Finlande, et la l’argument du petit territoire ne tient plus. Surtout que les conditions climatiques y sont très fortement defavorables.

                Et pourtant, c’est le pays occidental qui a la meilleur croissance !


              • finael finael 30 juin 2007 13:06

                @ Nicolas C

                Pourquoi pas, parlons de la Finlande, de la Norvège ou de la Suède !

                Avez vous remarqué où sont les régions peuplées de ces pays ?

                Ou n’avez-vous jamais ouvert un atlas démographique ?

                Parce que par un hasard vraiment étrange tous ces pays n’ont qu’une zône très étroite qui soit réellement peuplée et sont quasiments déserts en se rapprochant ou en dépassant le cercle polaire.


              • Socialibéral 26 juin 2007 14:02

                Félicitations M. De Guardia pour cet article qui a retenu toute mon attention. C’est argumenté, clair, concis et précis. Toutefois, je vous invite à enrichir votre connaissance sur le modèle scandinave notamment sur le modèle danois. Ce modèle est certes intéressant mais emprunt tout de même de certains défauts que je vous invite à découvrir, le modèle suédois étant plus aboutit dans le domaine « social-démocrate ».

                @ Finael

                Je ne trouve pas votre remarque très gentille à l’égard d’un jeune rédacteur d’Agoravox. Il a l’air très aguerrit et possède une culture politique vraisemblablement riche étant donné les autres articles qu’il a rédigé. La jeunesse n’est pas un problème pour être objectif me semble t-il, au contraire il faut l’encourager ! Etant sépicaliste sur ces questions, ce jeune homme est loin d’être emrisonné dans les slogans classiques en économie politique.

                Bien à vous

                Socialibéral


                • finael finael 26 juin 2007 19:39

                  @ socialiberal

                  Ma remarque n’avait pas pour but d’être « gentille » mais de rappeler que le soi-disant « immobilisme » des doctrinaires à la mode ne tient pas la route au regard des historiens.

                  La France est un pays qui s’est profondément et rapidement transformé, contrairement à ce que d’aucuns soutiennent.

                  - Il me souvient d’un certain ouvrage : « Le Défi Américain », publié il y a une quarantaine d’années par un M. Jean-Jacques Servan-Schreiber défendant l’idée que « tout ce qui était américain était bien » et que la France était condamnée à un déclin irréversible.

                  Durant les 30 ans qui ont suivi le taux de croissance de la France a constamment été supérieur à celui des USA de 1,5 à 2 points !

                  - Il me revient aussi que durant les « trente glorieuses », la planification (« le plan ») était une « ardente obligation » et que la reconstruction, le redressement puis la croissance du pays n’ont jamais été aussi forts.

                  - J’ai encore à l’esprit l’époque où Alger était une préfecture, des bombes explosaient un peu partout et on tirait au fusil-mitrailleur sur le chef de l’Etat (alors les « émeutes de banlieue » seraient passées dans la rubrique des chiens écrasés).

                  - Tout cela pour dire qu’avant de discourir sur « l’immobilisme », il vaut mieux connaître un petit peu l’histoire récente du pays.

                  Et pour terminer :

                  « Un économiste c’est quelqu’un qui peut vous expliquer doctement le lendemain pourquoi il s’est si lourdement trompé la veille » Jacques Attali


                • Vincent 26 juin 2007 14:23

                  Pour commencer,

                  Licencier un employé en CDI de moins de deux ans ne coûte presque rien, en tous cas moins que les indemnités de fin de contrat d’un CDD.

                  Les motifs sont nombreux et variés, les procédures prud’hommales très longues et le meilleurs moyen de vous griller dans un secteur d’activité d’une région donnée.

                  D’autre part, les modèles nordiques ne sont pas applicables, car les populations sont moins importantes qu’en France. (Suède : 9M ; Danemark 5.3 M ; Hollande 12 M)

                  Ces trois exemples montrent que les populations sont inférieures de 5 à 10 fois la population française.

                  On ne gère pas une PME ou une TPE comme une multinationale.

                  Je pense que la réactivité de ces pays en matière d’emplois est inversement proportionnel à leur population.

                  D’autre part la représentativité de nos syndicats est d’environs 8% des salaries.

                  Et le système d’élection des représentants du personnel est tellement verrouillé par les syndicats qu’il est quasiment impossible d’être un élu indépendant au sein de sa société, car priorité est donnée au premier tour aux syndiqués.

                  Pour avoir été élu indépendant d’un site de production automobile, je puis vous assurer que la plus part des syndiqués représentants ; du personnel ; font ce que j’appelle du syndicalisme primaire et s’opposent continuellement à la direction, juste pour s’opposer et ne proposent aucune solution constructive.

                  Regardez par exemple les signataires des accords syndicaux, vous observerez qu’en dernière page il manque la plus part du temps la signature d’au moins un organisme syndical (CGT).

                  Des solutions sont possibles à condition que l’on cesse de penser systématiquement que le « patronat veut niquer les ouvriers ».

                  Pour en revenir au CTE pourquoi pas à condition que les droits et les devoirs évoluent en fonction de la durée du contrat.

                  Ce n’est pas à mon avis le type de contrat de travail qui déclanchera l’emploi, il s’agit d’un faux prétexte, le premier déclencheur d’emplois C’est la demande des clients.

                  Aussi fabriquons et proposons des produits et des services moins chers, exportons nos savoir-faire, vendons-nous comme des champions de la productivité par exemple, organisons les productions à l’étranger, apprenons à nos partenaires à bien travailler, donnons-leur le goût pour les loisirs, afin qu’ils découvrent qu’en dehors du travail, on peut aussi se détendre et s’amuser, que le but dans la vie n’est pas de trimer 12h00 par jour pour un bol de riz.

                  Contaminons les pays « low-cost » par les loisir, vous verrez leur productivité s’en ressentira !!!! Et ils se poseront la question suivante :

                  Comment font-ils ces foutus français, pour produire autant et êtres aussi efficace en si peu de temps ?

                  Enfin je pense que notre développement et la pérennité de notre système passeront par l’exportation de notre mode de vie.

                  Vendons la french touch partout où cela est possible, travailler moins pour gagner plus !!!!!

                  Ce paradoxe a été mis en place avec les 35h00 exploitons le.


                  • Cyril de Guardia Cyril de Guardia 26 juin 2007 14:28

                    Effectivemment je vous rejoins sur le syndicalisme primaire français et comme je le disais dans un autre commentaire, on peut aller jusqu’à affirmer que le syndicalisme stricto sensu n’existe pas en France : les partenaires sociaux n’ont que leur nom ! En effet, il convient de détruire l’image diabolique du patron qui veut casser de l’ouvrier. A mon sens, il convient d’inciter les initiatives privées. En France, plus de 87 % des travaileurs sont des salariés et 12 % des chefs d’entreprises. En Allemagne, presque 40 % de la population est chef d’entreprise.

                    A la sorite des universités françaises, un étudiant sur 3 s’inscrit à l’ANPE, en Allemagne 2 sur 3 fondent leur boite...des réformes de fond sont nécessaires et se remettre en question également.

                    D’accord avec votre analyse sur le CTU smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès