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Accueil du site > Actualités > Economie > Immobilier français : Apocalypse en vue ?

Immobilier français : Apocalypse en vue ?

L'immobilier est la valeur refuge par excellence des français depuis des décennies. Malheureusement, certains faits démontrent que le calvaire des propriétaires espagnols pourrait frapper le patrimoine privé de notre pays. Si vous êtes actuellement vendeur de votre bien, lisez attentivement cet article.
"L'immobilier, çà montait, ça monte et çà montera toujours, jusqu'à ce que mon appartement 3 pièces à Paris intra-muros achète la planète Mars !".
 
Soyons sérieux cher propriétaire, cela ne peut pas continuer ainsi !
 
Depuis que j'ai démarré mon activité en 2004, j'explique à mes clients que la pierre, au-délà d'être financée par ses propres revenus, se finance soit  :
  • Par une banque
  • Par un locataire
  • Par les cadeaux fiscaux
 
Ces agents économiques sont parfois réunis pour payer une même acquisition, notamment dans l'investissement locatif avec avantage fiscal.
 
Mais une grande majorité de la population achète leur résidence principale par le crédit bancaire et prie pour que la hausse des prix leur garantisse une plus-value en cas de revente.
 
Mais ces 3 "contributeurs" sont sur le point de se dérober au même moment sous nos pieds... et le cauchemar pour les banques, leurs clients vendeurs et l'insolvabilité de la nation planent au-dessus de nos têtes.
 
Les prix immobiliers actuels n'ont plus aucune raison d'être à l'endroit où ils se trouvent et le marché est sur le point de corriger l'aberration économique française.
 
Cette spirale déflationniste pourrait nous emporter dans une crise plus profonde que celle vécue par les espagnols ou les américains et coûter la faillite de notre pays.
 
Depuis 2002, une bulle spéculative géante s'est formée sur le parc immobilier français et nous constatons que les prix sont presque 2 fois au-dessus de la valeur historique en rapport avec le revenu des ménages :
 
bulle immobilière
 
Voyons comment nos 3 contributeurs s'organisent pour mettre un terme à cette anomalie économique :

1- Les banques : effondrement de 30% en 1 an

En octobre 2012, le Crédit Logement, organe central de garantie des prêts pour le logement a constaté une chute historique de 30% de distribution de crédits à l'habitat par rapport à l'année précédente : cela signifie qu'il y a 30% d'acheteurs en moins dans les cabinets de notaire par rapport à 2011.

 

Qui dit moins d'acheteurs, dit baisse des prix...

 

2- Les locataires : 17% de chômage réel

3 millions de chômeurs officiels selon l'INSEE. Soit 10,2% de chômeurs (une plaisanterie sur les vrais chiffres).

Rappelons que cet organisme ne diffuse au public et dans la mass-média que le nombre de chômeurs de catégorie A (demandeurs sans emploi tenus de faire des actes positifs de recherche)... et les autres, ils comptent pour du beurre ?!

Si l'on additionne les catégories B , C, D et E, ce sont seulement 2 millions de personnes inutiles aux statistiques : soit un taux de chômage réel de 17% (20% si l'on compte les DOM-TOM) !

La source de ces chiffres est ici : travail-emploi.gouv.fr

Soit 17% de la population métropolitaine incapable d'obtenir le moindre logement locatif dans le parc immobilier privé : à moins d'accepter de prendre le risque d'accepter un fort risque d'impayé.

 

3- Les cadeaux fiscaux : c'est fini !

Depuis 2002, les lois de défiscalisation ont toujours été de plus en plus attractives au fil des ans : de la loi Besson à la loi Scellier nous sommes passés d'une déduction sur le revenu imposable à une réduction directe sur l'impôt et du revenu locatif imposable !

La hausse continue des avantages fiscaux sur l'immobilier locatif a donc contribué à une hausse du nombre d'acheteurs et donc à la hausse des prix.

Mais fin 2012, marche arrière ! La loi Duflot met au régime la généreuse Loi Scellier.

2013 signe la fin d'une hausse continue de 11 ans des avantages fiscaux accordés aux investisseurs.

CONCLUSION :

La baisse de distribution de crédits à l'habitat, l'évaporation du nombre d'actifs dans une population vieillissante et le retour de bâton fiscal auront l'impact suivant : les prix immobiliers actuels vont rapidement tomber de leur état de lévitation avancée d'ici mi-2013 et pourraient poser un sérieux problème de dépréciation aux banques détentrices des prêts accordés à leurs clients.

Le phénomène immobilier espagnol est sur le point de se reproduire en France avec des conséquences catastrophiques pour les comptes publics. Si le Crédit Immobilier de France vient de faire les frais d'une anticipation de l'éclatement de la bulle immobilière, notre pays est incapable de supporter la nationalisation de l'ensemble de son système bancaire !


UN CONSEIL : Si vous êtes vendeur d'un bien, faîtes en sorte de vous débarrasser maintenant de ce qui pourrait devenir votre pire cauchemar dans les mois à venir. N'oublions-pas que l'Etat, faute de moyens financiers adaptés, est entré dans une politique de confiscation de la propriété (lire cet article sur mon blog)... Dans ce contexte, nous pourions voir des prix divisés par 2 dans les grandes métropoles...


Moyenne des avis sur cet article :  4.03/5   (58 votes)




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65 réactions à cet article    


  • walden walden 10 novembre 2012 08:45

    je suis d’accord, l’effondrement immobilier est probable à moyen terme. cet effondrement affectera d’abord les bilans des banques privées : leurs actifs seront dépréciés sans dépréciation de leurs passifs.
    il y aura donc des faillites bancaires, des sauvetages du secteur bancaire privé par les trésors nationaux jusqu’à ce que l’Etat ne soit rincé (il l’est déjà, au fait).
    La bulle explose et les locataires, les propriétaires qui ont déjà payé une fois la surévaluation des biens immobilier repassent pour refaire les prêteurs. Comme aux USA et en Espagne où la dette publique a pour ainsi dire été inventée par le secteur bancaire privé.
    Risque systémique donc, voir
    http://www.youtube.com/watch?v=QRCRiGiCCxo
    à ce moment-là, c’est la porte ouverte à l’aventure économique, au potager comme dirait Lordon auquel je renvoie ci-dessus.
    la seule certitude, pour ainsi dire mathématique, en cas de bulle, c’est qu’elle finit par exploser.


    • Alpo47 Alpo47 10 novembre 2012 08:47

      Je fais la même analyse de la situation générrale et immobilière.
      Mais ... il y a tout de même des gens ravis : les acheteurs potentiels, dont je suis. Et je remarque également qu’ici, en province, nombreux sont déjà les vendeurs de guerre lasse de n’avoir pu vendre, baissent d’ores et déjà leurs prix.

      Allez, encore un peu et je me lance.


      • C EST SURTOUT LES LOCATAIRES PAS LA BANQUE QUI PAYENT...........

        si l’immobilier parisien pouvait se casser le nez les bourgeois des 8 et 16èmes diviseraient leurs loyers par 2.....

        CERTAINES SCI ONT TOUT VENDU AVANT QUE LA GAUCHE ARRIVE..........ON PEUT LEUR FAIRE UN BON CONTROLE FISCAL....N EST CE PAS LES BOBOS SOCIALOS DE BERCY...VILLAGE (mme lambli eev....combien vaut sa maison ...dans ce quartier st emilion...)

        MALHEUREUSEMENT LE FDG N EST PAS DANS LE GOUVERNEMENT...NI LES COMMUNISTES


      • RECTIF MME LAMBLIN EEV ADJOINTE AU MAIRE..................


      • affirmatif

        dans les provinces hors d’atteinte des GEANTS DE SCI AVOCATS D AFFAIRES CARTES A L UMP

        LES PRIX BAISSENT .20% EN 5 ANS... (exemple autour de rennes il y a plèthore de maisons a vendre ou d’apparts..a 150000 euros on peut acheter une maison neuve ou un appart...
        A CE PRIX LA A PARIS ON A TOUT JUSTE ....1 chambre de bonne......... ?????
        POURQUOI PAS A PARIS MR L AUTEUR  ??????.... A ..PARIS ...CA CONTINUE A GRIMPER


      • RECTIF...GERANTS DE SCI..(souvent avocats d’affaires UMPFN)


      • Robert GIL ROBERT GIL 10 novembre 2012 08:56

        L’Etat, plutôt que de financer par des lois des dispositifs qui permettent aux propriétaires de faire payer leur investissement en partie par l’Etat et l’autre partie par le locataire (qui demandera aussi une aide à l’Etat via l’APL ou autre), devrait lui même financer des logements sociaux de qualité et récupérer les loyers des occupants. Actuellement l’Etat finance des logements privés, et a terme il va y avoir un gros, gros probleme...

        voir :
        http://2ccr.unblog.fr/2012/01/06/le-logement-une-priorite/


        • Xavxav 10 novembre 2012 09:07

          Je partage en partie votre analyse. Les prix de l’immobilier ont atteint des niveaux surévalués et de nombreux éléments convergent pour une chute des prix afin qu’ils reviennent aux niveaux du tunnel de Friggit. 

          Cependant, je me permettrait de nuancer votre propos alarmiste. Commparer la situation de la France à celle de l’Espagne n’est pas très pertinent pour plusieurs raisons.
          1) La démographie française est beaucoup plus dynamique que la démographie espagnole et il y a une demande importante de logement en Île de France et dans certaines grandes métropoles régionales. Cela permet de limiter la baisse de la demande.
          2) Les banques espagnols ont prêté avec des taux variables. Ceci a entrainé des faillites personnelles. A l’inverse, les banques française ont prêté avec des taux fixes et ont été assez prudentes dans leurs critères d’octroi de prêt immobilier. Par conséquent, à part quelques brebis galeuses, je pense qu’elles tiendront le coup à une baisse de l’immobilier.
          3) En Espagne, les promoteurs ont construit au delà du besoin. Les promoteurs immobilier Français ont retenu la leçon de la crise de l’immobilier des années 90 et n’ont pas lancé de programmes dont ils n’étaient pas certains de trouver des acquéreurs. Cela limitera la foire à la promotion et donc la baisse ne sera pas aussi brutale que vous pourrez le craindre.

          Ceci dit, nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux paramètres qui pourraient précipiter une chute de l’immobilier : sortie des PIGS de l’Euro, défiance envers la dette de la France ou de celle des USA...

          • Fanny 10 novembre 2012 12:04

            J’ajouterai un 4ème point : l’enrichissement des couches les plus favorisées de la société ne se dément pas. Ceux qui peuvent payer 13000 € le m2 à Paris continuent de s’enrichir, malgré les 5 millions de précaires qui continuent de s’appauvrir. Tant que ça n’explose pas, les prix à Paris peuvent se maintenir. 


          • julius 1ER 10 novembre 2012 12:05

            le paramètre principal que tu oublies , c’est la demande solvable ! et la demande solvable avec plus de 5 millions de chômeurs et une masse de pauvres qui augmente, eh bien cette demande se rétrécit comme peau de chagrin alors une offre importante à des prix élevés qui rencontre une faible demande , on sait d’avance ou cela finit, cela confirme ce que je pense on est dans une crise « de type Fordienne » qui se caractérise par la faiblesse de la demande, ce qui est valable pour tous les autres secteurs de l’économie, et les mesures économiques prises par ce gouvernement « Hoover bis » ne règlent rien , nous allons droit dans le mur !!!!


          • Xavxav 10 novembre 2012 17:39

            à julius 1ER

            Je n’oublie pas le problème de solvabilité. Ce que j’ai dit, c’est qu’effectivement, les prix vont baisser globalement, mais il y a de fortes chances que cette baisse soit moins importante à Paris et dans les grandes métropoles régionales que dans les petite villes ou à la campagne, où la baisse des prix a été pratiquement ininterrompue depuis 2008.

          • Immobilier-danger Immobilier-danger 10 novembre 2012 09:58

            A force de tout faire pour maintenir un système voué à l’échec (bah oui, les prix ne peuvent pas monter indéfiniment sans que les salaires ne suivent), on a perdu 3 ans et tout cela en aggravant fortement la dette publique.

            Sans injection massive d’argent public dans le marché immobilier, il aurait continuer à se corriger progressivement après 2009 et en 2012 on n’en serait plus à des prix aussi délirants par rapport aux revenus. Soutenir la construction de logements neufs, pourquoi pas à conditions de le faire réellement là où on en a besoin. Par contre, soutenir les prix dans l’ancien par les impôts des contribuables est voué à l’échec...

            Quand on regarde de plus près les travaux de Friggit (voir http://www.immobilier-danger.com/Friggit-septembre-2012-la-phase-563.html) on se rend bien compte que malgré des taux extrêmement bas la capacité d’achat immobilière est au plus bas depuis plusieurs années. Seul une baisse réelle des prix viendra améliorer cela.

            Si à court terme cela créera des difficultés pour l’économie française, sur le moyen/long terme cela permettra aux Français de ne plus s’endetter au max d’endettement sur 25 ou 30 ans pour un tas de brique à des dizaines de kilomètres de leur lieu de travail et les investisseurs se tourneront peut-être davantage vers les entreprises qui créent réellement de la valeur ajoutée. A ce moment là, on aura fait un grand pas pour sortir du chômage massif et de la crise.


            • lionel-pg44 10 novembre 2012 10:51

              Les banques seraient en faillite, dites-vous ?

              Bonne nouvelle, leur nationalisation ne coûtera pas un rond au contribuable puisqu’elles ne vaudront plus rien... Bye-bye banksters, actionnaires, spéculateurs, boursicoteurs en tous genres.

              • non667 10 novembre 2012 21:32

                à lionnel
                Bonne nouvelle, leur nationalisation ne coûtera pas un rond au contribuable

                pas si bonne nouvelle que ça !
                la nationalisation de banques vides imposera aux contribuables de rembourser (j’espère ) l’argent des déposants (vous et moi ) !


              • Romain Desbois 10 novembre 2012 21:34

                C’est pour ça que nous avons une carte à jouer et quitter ces banques qui sont dans des paradis fiscaux. smiley


              • Croa Croa 11 novembre 2012 21:59

                Oui tout à fait smiley

                Et l’auteur dit des conneries : « notre pays est incapable de supporter la nationalisation de l’ensemble de son système bancaire ! »


              • foufouille foufouille 10 novembre 2012 11:53

                il y a aussi eut des emissions sur les arnaques scellier
                les gens achetes plus les yeux fermes


                • foufouille foufouille 10 novembre 2012 11:56

                  « N’oublions-pas que l’Etat, faute de moyens financiers adaptés, est entré dans une politique de confiscation de la propriété »

                  c’est bidon
                  la loi de 89 est pas respecte pour les logements non decents


                  • picpic 10 novembre 2012 12:18

                    Il me semble que la dégradation social de l’Europe est un facteur à prendre en compte...J’ai la possibilité d’être propriétaire, mais j’attends.
                    Non, pas que les prix baissent, mais de savoir une fois la tempête passée, pour peu qu’elle passe, si mon pays est toujours vivable, sinon j’irais m’installer ailleurs.
                    L’immobilier sera directement impacté par le climat social et au train ou vont les choses, il s’effondrera forcément.
                    Parce qu’avoir toutes mes économies dans un bien immobilier invendable planté au milieu d’un nouvel ex union soviétique, ça m’enchante pas des masses...


                    • Le printemps arrive Le printemps arrive 12 novembre 2012 09:30

                      La partie nécessaire à un bien-être minimum du logement ne devrait pas être une valeur marchande.
                      Tout être humain digne et équilibré devrait pouvoir comprendre cela, comme pour l’eau, l’alimentation et le réclamer pour tous les autres êtres humains.

                      Tant qu’il réclamera toujours plus de pognon, l’être humain ne pourra être vraiment heureux et en paix.

                      Changeons de paradigme, de pensées, d’orientation de nos priorités qui sont d’abord de vivre le moment présent et non pas de chercher à avoir toujours plus de pouvoir plus tard, alors qu’il est aisé de se rendre compte que seule une minorité peut profiter du système sans en être pour autant heureuse : regardez tous ces riches (en finance) qui se plaignent sans arrêt dans les médias.

                      L’argent ne fait pas le bonheur, y contribue momentanément, à l’image du shoot de drogue qui fait oublier les tracas du moment, un instant...puis c’est la spirale infernale et la déchéance physique et mentale.

                      Le marché de l’immobilier va s’écrouler ? Tant mieux !


                    • wesson wesson 10 novembre 2012 12:46

                      Bonjour, 


                      meme si je suis pour une partie d’accord avec votre analyse, je diverge sur les explications que vous donnez, et ce n’est pas sans conséquence quant à vos conclusions.

                      Il y a bien une diminution des crédits immobiliers consentis par les banques, mais qui est causée par le fait qu’elles en sont gorgées à un point qui est maintenant devenu dangereux. J’ai un exemple. La caisse régionale d’une banque de ma région (toulousaine) a plus que doublé son encours de crédit lors des années 2010-2011. De 1.2 milliards, ils sont passés à 2.5 milliards. Résultat, ils prient pour que tout le monde leur paient les crédits, et surtout ils se montrent beaucoup plus sévères pour accorder un nouveau prêt. Pire : Ils n’essaient même plus de se piquer les clients potentiels.

                      Donc, effectivement les bilans des banques ont explosés, mais ils en ont conscience et se refusent pour l’instant à la fuite en avant. C’est une différence majeure d’avec les banques espagnoles ou américaines, qui n’ont pas hésité une seconde.

                      Sur les locataires, rien à redire les faits sont là, plus vous avez de chômage réel, moins vous avez de locataires solvables. 

                      Idem pour les cadeaux fiscaux, de toute manière il fallait que cela cesse car ils étaient largement parasités par une profession peu scrupuleuse, et ne profitait au final pas à là ou il y a un réel besoin : les habitations à loyer réellement modeste. Car c’est quand même un des paradoxe : alors qu’il y a un déficit abyssal en HLM, il y a trop d’appartements ou de maisons pour ménages aisés. Toutes ces aides auraient dû être réorientés vers les revenus modestes, et ça ne peut se faire efficacement que par des structures publiques qui n’ont pas la rentabilité comme seul objectif.

                      Au final, et là je ne suis pas du tout d’accord, c’est lorsque vous écrivez « notre pays est incapable de supporter la nationalisation de l’ensemble de son système bancaire ! »

                      Si cela arrive - en fait lorsque cela arrivera - c’est parce que il n’y aura aucune alternative entre ça, et la ruine complète et totale. Parce que si vous avez la BNP en faillite demain, ça veut dire que vous insérez votre carte bleue dans le distributeur, et qu’il vous réponds « carte non reconnue », idem à la caisse du supermarché. ça veut dire que d’un coup d’un seul, la totalité de votre fortune se résumera aux quelques piécettes et billets que vous avez dans votre poche. Comme les banques jouent un rôle primordial dans les encaissements et les échanges commerciaux, aucun gouvernement ne pourra les regarder s’effondrer sans faire quelque chose immédiatement, et ce sera donc une nationalisation « ad nutum ».
                      D’ailleurs, si vous voulez un exemple pris dans le réel, vous avez Dexia, dans laquelle les gouvernements Belges et Français viennent de remettre 5.5 milliards au pot la semaine dernière. Cette Dexia a bel et bien été renationalisé, il a toutefois manqué de courage politiques aux gouvernements pour envoyer les créanciers se faire voir. Dans un contexte d’effondrement généralisé, il faudra bien de toute manière le faire.

                      Bref, a mon avis, une nationalisation totale du système bancaire s’imposera tôt ou tard.

                      • herbe herbe 10 novembre 2012 14:17

                        Au fait wesson puisque vous la citez, la BNP est somme toute privatisée depuis peu !


                        Quelle riche histoire que celle de cette banque : banque qui change dans le monde qui change...

                        Et le « N » du nom y est encore malgré ce changement de statut, un signe ?

                      • wesson wesson 11 novembre 2012 01:10

                        « ce n’était pas »ad nutum« . »


                        Et c’est effectivement cela qui peut-être en définitive a posé problème. Mais laissez-moi expliquer plus avant. 

                        Si les banques sont sur le point de s’effondrer et d’enclencher un risque systémique, alors par définition, elles ne vaudront plus rien du tout. Donc, leur reprise ne devra ne se faire que sous le mode d’une saisie, et sans que l’état n’ai à bourse délier. Et ce que l’état devra uniquement faire, c’est garantir les encaissements (c’est à dire tout simplement que les gens puissent continuer à utiliser leurs moyens de paiement et se faire virer leur salaire sur leur compte) et les encourt (c’est à dire, l’argent qui réside sur le compte courant), mais absolument pas les placements, ou alors d’une manière très cadrée et restrictive. 

                        Voilà ce que je place derrière le vocable « nationalisation ad nutum » que j’ai d’ailleurs piqué à Frédéric Lordon. Et c’est largement autre chose que ce qui s’est passé en 1981

                      • herbe herbe 11 novembre 2012 09:40

                        extrait notable pour ceux qui ne le liront pas :

                        « On peut rappeler que, contrairement à une croyance répandue, les nationalisations des banques ne datent pas de 1981. Ce n’est pas le programme commun de la gauche qui les a réalisées, c’est le général de Gaulle, en 1945. Il l’avait fait de façon très déterminée, l’avait annoncé en disant : pour reconstruire le pays, on laissera la part la plus grande possible à l’initiative privée, mais certains secteurs sont stratégiques dans la reconstruction, et tout particulièrement le crédit, qu’on ne peut pas laisser ballotter au gré des intérêts privés. En France, clairement, cela n’a pas été une mesure de gauche, mais plutôt celle d’un parti conservateur un peu autoritaire. »

                      • JL JL 11 novembre 2012 10:41

                        Merci herbe, pour cette citation de De Gaulle que je répète :

                        "pour reconstruire le pays, on laissera la part la plus grande possible à l’initiative privée, mais certains secteurs sont stratégiques dans la reconstruction, et tout particulièrement le crédit, qu’on ne peut pas laisser ballotter au gré des intérêts privés"

                        On peut soutenir à partir de là que le seul parti gaulliste aujourd’hui c’est le FDG, n’en déplaise aux gauchistes du NPA : le libéralisme n’est un poison que par ses excès.

                        Rien de nouveau sous le soleil : à part les intégrismes, les systèmes ne sont pas mauvais en soi : ce sont toujours les intégristes qui le sont. Ceux que j’appelle couramment les libéraux quand je dénonce leurs excès, ce sont bien entendu les intégristes du libéralisme.


                      • Croa Croa 11 novembre 2012 22:14

                        à Herbe,

                        Oui, autrefois c’était la BNCI. à cette époque elle s’annonçait comme une banque du « soutien au commerce et à l’industrie ». Comme il y en avait une en ville j’y ai pris un compte. Maintenant c’est un truc privé avec valeur en bourse et tout. J’y ai toujours un compte mais c’est bien juste parce que les gens qui s’occupent des comptes sont resté sympa et à quelqu’un d’autre je conseillerais plutôt un truc mutualiste.


                      • xmen-classe4 xmen-classe4 10 novembre 2012 13:38

                        c’est un dossier intéressant.


                        il manque les données macroéconomique, encore que en ville la spéculation ne se fait que sur du logement ancien et les professionnels peuvent faire une estimation de la proportion d’inflation des prix de l’immobilier qui serrais abérante.

                        Etienne chouard faisais un exposé pas mal sur le probleme du credit en fonction de la masse monetaire dans un circuit fermé.je reéxplique vite fait, pour 10 maisons et 15 personnes 3 grandes 4 moyennes et 3 petites, le prix des maison va varier. si l’on donne la possibilité de faire des crédits d’argent nouveaux, 7 couples vont s’endetter de 30000€ donc 210000€ donc en plus dans le village, 210000/15 et 14 000 d’augmentation sur les salaires ou l’epargne, qui vont changer la donne et 5 vont racheter avec la maison d’un standart au dessus .
                        210000 +14000 *5=280000 et ainsi de suite jusqu’a ce que chacun trouve son compte.
                        sauf qu’apres faut rembourser et c’est le mouvement inverse.
                        c’est pas tres precis.

                        • xmen-classe4 xmen-classe4 10 novembre 2012 14:04

                          et sur le long terme, ça va redescendre forcement, les retraités devront vendre leur capitale immobilier pour vivre.


                          • Spip Spip 10 novembre 2012 15:58

                            La bulle va exploser, c’est logique, mais la question c’est QUAND ?


                            Je n’ai rien à ajouter aux pertinentes analyses faites par les divers intervenants. Je me placerai sur un autre plan, différencier les situations de ceux qui achètent pour investir de ceux qui achètent pour se loger. Si les conditions macro-économiques sont en gros les mêmes, le reste est différent.


                            Les premiers sont totalement prisonniers, une fois signé, de pleins de paramètres qu’ils ne contrôlent plus.


                            - Tout ce qui est relatif à la crise et ses répercussions sur le locataire réel ou espéré.

                            - Toutes les décisions des pouvoirs publics qui, actuellement, vont dans le sens d’un grignotage des avantages concédés.

                            - Toutes les réglementations qui arrivent en matière d’économies d’énergie et les travaux qui iront avec.

                            - La menace d’une forte dépréciation d’un bien qui était censé venir améliorer une retraite présentée comme incertaine : souvenons-nous du discours bien enfoncé dans les têtes, qui a poussé beaucoup de gens dans les bras des Scellier and co.


                            Les seconds ne sont pas (encore) prisonniers, et pour cause, ils attendent dans leur location, avec un proprio bien content d’être payé...


                            - La baisse des prix, bien sûr. Surtout sur des biens manifestement surcôtés, vu leur état. Les diagnostics, bien que discutables dans leur réalisation, fournissent des éléments de négociation plus précis qu’avant. Le Net est aussi sans pitié : il suffit de suivre l’historique d’une annonce pour avoir une idée du moral du vendeur... Quand je suis passé à l’acte, il y a deux ans, je n’ai eu aucun mal à obtenir une baisse conséquente sur le prix demandé (et même 2 000 € sur la com de l’agence, qui l’avait sur les bras depuis 18 mois ! )

                            - Le feu vert des banques. Même avec deux CDI, des banquiers rechignent. Petite expérience dans mon entourage : lors d’un premier contact, au vu de l’apport personnel du demandeur, suggestion du banquier « avec ça, vous ne préféreriez pas vous acheter une belle voiture ? ». Lamentable.


                            Du côté des vendeurs, deux cas de figure très différents aussi.


                            - Ceux qui avaient acheté dans la spirale ascendante, en gros 1997-2007. Là, on comprend bien la crispation sur le prix d’un bien payé (trop) cher et il y a souvent le prêt qui reste à rembourser.

                            - Ceux qui ont acheté avant cette période, avec une appréciation de 140 % (en moyenne nationale) sur 10 ans. Et là, on comprend moins. Croient-ils que les arbres poussent jusqu’au ciel ? Il est plus probable qu’ils vont s’étioler s’ils ne tombent pas...


                            • Le printemps arrive Le printemps arrive 12 novembre 2012 09:55

                              « La bulle va exploser, c’est logique, mais la question c’est QUAND ? »

                              Quand la prise de conscience des premiers 20% de la population concernée (les moutons) sera effective.
                              Les freins : le système politique / médiatique / financier et ceux qui les croient, continuant ainsi à propager la propagande.
                              Les accélérateurs : quand la Carte Bleue fera grève ! et avant tout faire de la pédagogie (contre propagande) vers le mouton et de la communication hors système médiatique contrôlé : internet encore, bouche à oreille, et au lieu du temps météorologique parlons du temps financier chez les commerçants, devant l’école etc...

                              Une chose est sûre, nous (les moutons) avons du pouvoir, il faut juste en prendre conscience. Après nous serons des moutons qui choisirons notre pré.


                            • Aldous Aldous 10 novembre 2012 16:12

                              Je pense que l’auteur se trompe a la fois sur l’analyse des chiffres et sur ses conseils.


                              La croissance des prix peut avoir deux origines :

                              a) Ce sont les biens immobiliers qui augmentent, 

                              b) C’est l’euro qui se dévalue.

                              Comment savoir quelle est la part des deux phénomènes dans l’évolution actuelle ?

                              En comparant l’évolution des biens immobiliers à d’autres bien tangibles de qualité constante, historiquement on utilise l’or ou d’autres matières précieuses.

                              On constate immédiatement que le prix de l’or a connu une inflation similaire au prix de l’immobilier, ce qui signifie que c’est essentiellement l’Euro qui chute de façon exponentielle.

                              Dans ces conditions, il n’y a pas de surévaluation du prix de la pierre. C’est la monnaie qui flanche.

                              Donc, il est irresponsable de conseiller de vendre un bien tangible pour obtenir des liquidités qui vont se d’évaluer de plus en plus vite, a moins d’y être contraint par la faim.

                              La saisie par l’état des biens vaquants ? Fantasme. Hollande n’est pas Lenine.




                              • wesson wesson 10 novembre 2012 17:19

                                Bonjour Aldous, 


                                il y a de ça, mais le problème in fine n’est pas l’inflation, mais le fait que les salaires ne la suivent pas. 

                                Lorsqu’il y avait une forte inflation, il y avait aussi l’échelle mobile des salaires qui faisait que en termes réels, les gens empruntaient à taux presque nul ou même négatif. Et plus le temps avançait, plus il était facile de rembourser. Car avec un emprunt à 17% et une inflation à 20%, en terme réel on achetait en fait moins cher à crédit que au comptant.

                                Sinon pour le reste vous avez parfaitement raison, les conclusions de l’auteur sont erronées, et surtout parfaitement orientées. 



                              • Aldous Aldous 10 novembre 2012 19:33

                                entierement d’accord, les salaires ne suivent pas l’inflation.


                                Nous somme a une epoque du gouvernement par le mensonge. Les chiffres sont truqué, le chomage et l’inflation escamotés.

                                Ce qui a inauguré ce cycle est l’escamotage en septembre 2006 de l’indice M3 qui indiquait la masse de dollars en circulation dans le monde.

                                J’avais alors commencé une serie d’articles pour expliquer que nous allions vers une crise monnétaire mondiale.

                                Le reste ne fait qu’en decouler.

                              • Romain Desbois 10 novembre 2012 19:56

                                Et force est de reconnaitre que c’est le PS qui a déconnecté les salaires de l’inflation au début des années 80.


                              • Croa Croa 11 novembre 2012 22:44

                                C’est un raisonnement qui se tient mais il faudrait vérifier qui sont les gros acheteurs d’immobilier. Si ce sont des bailleurs l’immobilier est devenu trop cher : impossible de commencer à gagner de l’argent avant vingt ans au moins ! C’est donc trop et avec la disparition des cadeaux fiscaux les apparts ne vont plus se vendre et la chute est imminente ! Si c’est majoritairement des primo-accédants voulant juste se loger c’est trop cher aussi même si ces gens sont prêts à tous les sacrifices, je crois qu’on atteint les limites surtout avec le chômage qui explose !... Mais si ce sont surtout des banques et autres institutions financières qui achètent, alors oui c’est une valeur refuge identique à l’or. Le fait que de nombreux biens récemment acquis ne soient pas proposés à la location prouve que cette motivation d’achat existe bel et bien.

                                à vérifier donc ! Puisque avec la troisième hypothèse l’immobilier est très loin d’avoir fini de monter !  smiley

                                 


                              • yvesduc 10 novembre 2012 17:07

                                Enfin !!! Cette bulle finissait par étouffer toute l’économie, puisque les ménages devaient porter de très longs emprunts (jusqu’à 35 ans pour certains), réduisant d’autant leur marge de manoeuvre sur les autres dépenses. Vivement le retour à la normale.


                                • Pingouin094 Pingouin094 10 novembre 2012 17:55

                                  Analyse intérressante, mais le point de vue est celui d’un agent immobilier. Inversons un peu les points de vue et interressons nous au point de vue des classes moyennes et en dessous. Pour ces classes, la Pierre n’est pas un investissement, mais la première cause de dépense.


                                  Comme l’indique fort justement le graphique, les prix immobiliers sont aujourd’hui de 80% supérieur à leur moyenne historique. Ceci grève considérablement le budget de l’immense majorité des ménages.

                                  Une réduction majeure du coût du logement aurait, sur le moyen à long terme, un effet extrêmement fort sur le pouvoir d’achat, et par conséquent sur la consommation, moteur indispensable de la croissance.

                                  Alors certes, il y’aurait un passage difficile pour le système bancaire, pour les investisseurs immobiliers. Mais pour l’économie globale, ça peut être positif, si tant est que l’état prenne les bonnes mesures vis à vis des banques ; ce qui n’a pas forcemment été le cas en Espagne ou ailleurs ( mais là, on sort du cadre de l’article pour entrer dans le cadre d’une discussion politique toute autre ).

                                  Rappelons juste que pour le ménage moyen, une légère baisse de l’immobilier serait plutôt une bonne nouvelle. Je vends mon logement, mais pas pour le convertir en action, plutôt pour en acheter un plus grand. Si le prix de mon logement baisse de 10%, celui du bien que je vais acquérir baissera aussi de 10%. Hors, comme il sera plus grand, donc plus cher, il baissera plus en valeur absolue. Financièrement, à vendre mon logement pour en acheter un plus grand, je serais gagnant.

                                  • Prometheus Jeremy971 10 novembre 2012 18:05

                                    lol ça va détruire les encours des banques, détruire l’un des secteurs économiques les plus importants de France, et éclater le budget des ménages.

                                    Imagine toi tu as acheté un studio pour le louer de 10m² à Paris à 200 000€. Ton prêt c’est 600€ tous les mois.

                                    Pour payer ce prêt tu es obligé d’avoir un loyer minimum de 600€. Après ça peut être plus complexe si t’es sous Scellier.

                                    Si demain le prix de l’immobilier s’effondre, ton locataire il va pas accepter de payer 600€. Si tu baisses pas le loyer, il va juste déménager dans un autre appartement où c’est moins cher.
                                    Et ton prêt de 600€, tu vas te le payer tout seul :)

                                    Sans compter que pour t’en débarasser bon courage, de 200 000€ ton bien sera passé à 100 000€, ça va t’en faire des traites à payer avant le remboursement complet du principal et des intérets.

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Lionel S.


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