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Accueil du site > Actualités > Economie > Je consomme donc je suis !

Je consomme donc je suis !

 
L’expansion de l’économie Américaine a été bâtie pendant des décennies sur la gourmandise d’une consommation qui a représenté plus de 70 % du P.I.B. du pays ! L’Américain moyen se distinguait en effet de tous autres peuples de la Terre par son appétit immodéré de la consommation dont la proportion à la richesse nationale a progressé de 67 à 71.6% du P.I.B. entre 1997 et 2007. Pourtant, ces dépenses effrénées, qui n’étaient en rien redevables à un enrichissement du peuple Américain ou à un usage accru qu’il faisait de son épargne, étaient tout simplement le résultat de facilités de crédit abondamment mises à la portée de toutes les bourses et de tous les ménages.
 
L’engouement pour l’hyper consommation à travers les cartes de crédit fut en effet rapidement distancé par la vogue des financements (et des refinancements) hypothécaires rendue possible par l’appréciation quasi linéaire des valorisations immobilières. Laquelle hausse du marché immobilier était en grande partie du reste imputable à ce crédit facile… Il devenait ainsi enfantin pour un Américain propriétaire d’un bien immobilier d’augmenter périodiquement son prêt immobilier grâce à des expertises toujours plus élevées et ce dans le seul but de dépenser le différentiel lui ayant été accordé par un système bancaire indulgent à souhaits... De 1997 à 2006, les Américains pompèrent en effet quelque 9’000 milliards de dollars de leur système bancaire au titre de prêts immobiliers sachant que les découverts sur carte de crédit atteignirent des niveaux records.
 
Cette consommation artificiellement provoquée par un système complice et peu préoccupé des conséquences de ce type de comportements frénétiques de ses propres citoyens fut forcément interrompue de manière brutale à la faveur de l’implosion de la bulle immobilière à l’été 2007 qui sonna le glas d’un mode de vie dont la seule fin était la consommation. L’inévitable crise favorisait dès lors toute une série de questionnements existentiels relatifs notamment à cette consommation tout à fait disproportionnée eu égard à l’épargne Américaine quasi inexistante et par rapport aux revenus stagnants des ménages. Les accusations, qui succédèrent tout naturellement aux interrogations, mirent en cause le système bancaire, le secteur peu sourcilleux des prêts hypothécaires, la Réserve Fédérale et même le mécanisme US bipartisan accusé de collusion avec les élites de la finance... 
 
En réalité, la vulnérabilité d’un citoyen Américain entièrement dépendant de son revenu mensuel était bien connue de l’establishment financier de son pays bien avant l’explosion de la dernière bulle spéculative et l’aggravation du chômage.
 
Aujourd’hui, l’alternative à la consommation privée est représentée par la Gouvernement Fédéral qui constituait déjà 22% du P.I.B. préalablement à la crise. Toutefois, ces subsides Fédérales, ces stimuli fiscaux et autres mesures Keynésiennes destinés à relancer une machine grippée par une consommation en berne (et qui ne peuvent être relayés par une épargne US anémique) sont injectés dans l’économie à travers des emprunts contractés auprès de l’étranger par l’Etat Américain... En définitive, comme les 800 milliards de dollars du dernier stimulus US coûteront au pays un total de 3’000 milliards (en tenant compte des intérêts), son impact positif à court terme est condamné à s’effacer face aux effets à moyen et à long terme désastreux de cet endettement dont le remboursement sera pompé évidemment sur l’économie réelle du pays...
 
 

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15 réactions à cet article    


  • M.Junior Junior M 1er décembre 2009 10:17

    Le prix Nobel d’économie 2008 est désormais favorable à la taxe Tobin. Il y a de l’espoir pour l’homo economicus.


    • jltisserand 1er décembre 2009 11:54

      Ce sont les dern !éres bouchées du festin. Après, ou ils vomissent ou ils meurent étouffés.

      La décadence romaine, la fin de l’Empire (pour un meilleur ?)


      • Triodus Triodus 1er décembre 2009 13:08

         Par ici la bonne soupe !


      • Jean-paul 1er décembre 2009 13:29

        Black Friday ,les magasins ouverts des 2 heures du matin .Les Americains continuent a consommer mais recherchent les promotions .Le systeme des cartes de credit n’a pas change .
        Avoir un bon credit est toujours aussi important .Les Americains ont 2 a 3 jobs pour justement payer leurs credits .Ils attendent juste que l’economie reprenne .


        • Dominique Larchey-Wendling 1er décembre 2009 14:19

          Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du dernier livre du colonel Andrew J. Bacevich : « The Limits of Power : The End of American Exceptionalism »

          Il y explique comment la recherche du bonheur inscrite dans les gênes de l’Amérique a muté pour se transformer en volonté d’accumulation sans limite de biens matériels. La croissance, c’est le progrès ... Non ?


          • hs47 1er décembre 2009 16:08

            Bon article qui démontre qu’une politique économique essentiellement basée sur une relance par la demande de type Keynésien sans avoir préalablement innové dans le sens de Schumpeter et recréé des outils compétitifs de productions industrielles innovantes, ne sert à rien, juste à alourdir le déficit de la balance commerciale et/ou le crédit.
            Erreur que les USA sont en train de corriger avec des innovations majeures et de ruptures dans les green technologies durables qui vont bientôt envahir l’europe.
            Ne regardons pas simplement la paille dans l’oeil de notre voisin en oubliant la poutre bureaucratique qui gangrène notre économie française et l’enfonce dans le chômage et la précarité de masse depuis 50 ans, quels que soient les partis « pantins » au pouvoir, tristes marionnettes des hauts technocrates, qui seuls détiennent les rennes du pouvoir sans partage.


            • fredleborgne fredleborgne 1er décembre 2009 21:15

              Comment peut-on connaitre Schumpeter et user de « détenir » au lieu de « tenir », de « rennes » au lieu de « rênes » ?

              Encore auraient-ils détenu les reines du pouvoir qu’un chevalier sans peur et sans reproche serait parti les délivrer.

              Votre post par ailleurs intéressant prouve qu’au moins Schumpeter n’es pas cité à contre-emploi.

              Mais faites gaffe sur votre CV. Il existe encore des DRH qui apportent de l’importance aux fautes d’orthographe, et qui se moquent des barbarismes.


            • fredleborgne fredleborgne 1er décembre 2009 21:19

              Apporter au lieu d’accorder ?
              Pfff, encore un hôpital qui se moque de la charité  ;o)


            • hs47 1er décembre 2009 23:43

              désolé pour les fautes de frappes pour les puristes... j’aurais du le relire avant.

              regarde plutôt le fond plutôt que la forme !


            • hs47 1er décembre 2009 23:44

              désolé pour la répétition des ... plutôt !


            • Bardamu 1er décembre 2009 16:17

              Cette crise est à l’image du fond d’un puits -en lequel nous ne cessions de nous enfoncer !
              Elle a ceci de bon, de mettre enfin un terme à une descente aux enfers !

              Oui, car maintenant que nous sommes coincés en bas, au moins pouvons-nous envisager la possibilité de remonter.

              Les valeurs actuelles étant réduites à néant, ainsi pourrions-nous espérer :

              -une meilleure qualité de vie, touchant à l’essentiel ;
              -moins de gâchis ;
              -manger moins mais mieux ;

              -un tourisme moins désastreux, empreint de curiosité, et ne se répandant plus de façon carnivore aux quatre coins du globe, pour faire dire au clampin de retour au bercail qu’il « a fait tel ou tel pays » ;

              -un divorce consommé entre le peuple et ses élites dévoyées, voire une petite révolution s’acheminant vers une saine remise en question ;

              -la fin du règne de l’enfant, tyran, gâté jusqu’au trognon, et un terme à cette infecte compétition entre parents, à qui offrirait toujours plus de biens matériels à ses chérubins : activités sportives onéreuses -équitation, tennis-, portables, consonnes de jeux, enfin toutes ces merdes !

              -un retour à des échanges, vouant aux gémonies ce culte de la communication qui, in fine, n’a fait que diviser les gens en codifiant les rapports sociaux jusqu’à la caricature, menant à une indifférence policée, et un cynisme encouragé ;

              -la fin de l’aliénation dans le travail, avec ses suicides à la clé, ses harcèlements, ses humiliations, ses retenues d’information, le triomphe du paraître sur le savoir-faire, de la division sur la solidarité ;
              -un retour à la culture, la vraie, à une écriture de qualité, loin de fantoches tels Begbeider, Bhl, Angot et autres écrivassiers adeptes forcenés du « degré zéro de l’écriture ».

              -la fin de l’hégémonie des banquiers, banksters et autres financiers véreux, comme de leurs chargés de com, les politiciens sans idéologies !

              Enfin, tant et tant encore !
              Alors oui !... si la crise peut nous mener lentement mais sûrement vers cela, elle est la bienvenue !
              Par contre, si le peuple abdique toute volonté et que ce marasme nous conduit à un gouvernement mondial, alors le suicide sera, ma foi, une façon comme une autre d’y échapper, peu conseillée mais guère blâmable !
              Pour de plus courageux restera la résistance, que je conseille vivement.
              A nous d’agir, frères humains ! 


              • Triodus Triodus 1er décembre 2009 17:13

                <<Pour de plus courageux restera la résistance, que je conseille vivement.
                A nous d’agir, frères humains ! >>

                Et, votre recette pour une cure de desintox’ rapide ? Parce que résistance et courage, on a jamais su ce que ça voulait dire dans la pratique (je parle de ma génération de fils de 68ard)..

                Cordialement,
                T.


              • Bardamu 1er décembre 2009 20:43

                Je connais des jeunes de vingt à trente ans qui ont vraiment conscience de la situation présente, et ne sont pas, ainsi que le système les désire, de simples consommateurs, jouisseurs et écervelés.
                Cependant, ce ne sont guère ceux-là que l’on nous donne en exemple, que l’on pointe du doigt.
                Forcément, ils vont à l’encontre de l’idéologie dominante !
                Cependant, ces gens existent : il y a donc bon espoir !
                Bien à vous.


                • Marc Bruxman 1er décembre 2009 19:51

                  Il n’y a pour l’instant que très peu de changements. Les américains consomment et souhaitent toujours consommer plus. De même que le reste de la planête. Ils font un peu plus attention avec la crise, parfois par peur, parfois par choix, parfois forcés. Mais leurs rêves n’ont pas changés.

                  Les gens rêvent tous de toucher un gros bonus, d’avoir une grosse baraque, plusieurs grosses bagnoles, de faire de grosse fêtes, etc, ...

                  L’obstacle à ce rêve a d’abord été la faillite des banques. Mais le système a été recapitalisé par les états sans que ceux ci en aient les moyens (ils étaient déja en faillite avant).

                  Demain l’obstacle à ce rêve deviendront les états. Et vu la défiance qu’ont les américains au sujet de washington on va assister à un downsizing en règle de l’état américain ce qui va foutre un bordel magistral. Les états européens suivront mais eux pourront appeler l’union européenne à l’aide ce qui facilitera la sortie.

                  Si nous parvenons :

                  • A mutualiser les frais de défense entre tous les pays d’europe et unifier un commendement militaire commun.
                  • A unifier les prestations sociales européennes (ce qui permettra de détruire de nombreux postes et de les réduire au passage pour la france).
                  • A faire disparaitre les échelons de gouvernement inutiles comme le département dans les pays.
                  • A n’avoir plus qu’un grand ministére des affaires étrangéres européens et supprimer tous les autres qui coute du fric pour rien.
                  • A avoir à terme une vrai europe fédérale.
                  Alors, nous pourrons abaisser les frais de fonctionnement de nos pays, ramener les comptes publics à l’équilibre voir au surplus et à repayer notre dette.

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