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Accueil du site > Actualités > Economie > L’arnaque de la privatisation de la création de la monnaie

L’arnaque de la privatisation de la création de la monnaie

Après avoir posé les enjeux du débat monétaire, André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder en viennent plus particulièrement à la question de la création monétaire et de la dette publique.

Remettre en perspective notre endettement

Les auteurs soulignent de manière intéressante le choix du terme « service » de la dette en lieu et place du terme « intérêt ». Ils critiquent le catastrophisme des opposants de tout bord à la dette publique en soulignant plusieurs points importants. Tout d’abord, ils soulignent la myopie de leur analyse, qui oublie de prendre en compte le patrimoine de l’Etat. En effet, l’analyse de la situation financière de quiconque impose d’avoir une vue globale et comparative.

Or, un tel examen (déjà évoqué ici) donne une autre perspective, qui explique pourquoi notre pays conserve son AAA. Tout d’abord, notre endettement brut est dans la moyenne. Ensuite, notre pays a davantage d’actifs que les autres. Fin 2009, le solde entre les actifs et les dettes des administrations publiques était positif de plus de 400 milliards d’euros. Et si on prend uniquement en compte les actifs financiers, notre dette nette était de 44% du PIB, contre 58% dans la zone euro…

Le vrai problème

Les auteurs déplace alors le débat : « ce qui est immodéré dans la dette, c’est moins son montant (lequel a permis la création de richesse) que la part des intérêts dans ce montant ». Et cela est d’autant plus vrai que le privilège de la création de monnaie, bien collectif, a été abandonné aux banques commerciales. Les auteurs réalisent alors le fameux calcul qui commence à s’imposer dans le débat public et qui remet quelques idées en place sur les implications de la loi de 1973.

De 1979 à 2009, la dette publique est passée de 240 à 1490 milliards d’euros (de 21 à 78% du PIB), soit une augmentation de 1250 milliards. Entre temps, nous avons payé pour 1340 milliards d’euros d’intérêt. En clair, depuis 30 ans, l’augmentation de la dette publique est plus qu’intégralement la conséquence du paiement d’intérêts. Dès lors, comme en monétisant un pays n’a pas à payer d’intérêt, cela pose clairement la question de cette privatisation de la création monétaire.

En outre, tout ceci pose de nombreux problèmes. Tout d’abord, cela rend les Etats dépendants des marchés (alors qu’aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon, la monétisation est courante). Et cela limite considérablement les moyens de financement des Etats à un moment de chômage de masse et de défi écologique. Ils dénoncent également « la tendance actuelle (…) à amputer les ressources publiques, ce qui implique de transférer sur le privé, petit à petit tous les services ».

Comment s’en sortir ?

Les auteurs exhument une belle citation de Tocqueville : « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». En fait, le débat est ancien : il a eu lieu le 22 juillet 1981 à l’Assemblée Nationale quand une quarantaine de députés ont défendu un projet de loi qui aurait permis à nouveau de mettre la création monétaire au service de la collectivité.

Les auteurs citent également Maurice Allais pour qui « tout création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul » et qui assimilaient les banques commerciales à des « faux-monnayeurs ». Le « prix Nobel d’économie » était favorable à des taux de change fixes et révisables, un équilibre des balances des paiements, l’interdiction de la spéculation pour les banques.

Ils proposent une banque centrale indépendante, seule créatrice de la monnaie (qui ne peut être qu’un bien collectif), un budget de fonctionnement de l’Etat équilibré excepté en période de récession économique ainsi qu’une séparation des banques privées en trois types : les banques de dépôts, les banques de prêts et les banques d’affaires. Ils évoquent la proposition de 1995 de Jean-Marcel Jeanneney « d’émettre de la monnaie ex nihilo pour sortir notre économie de son anémie ».

La privatisation de la création monétaire est un accident de notre histoire économique. Mais il est encore plus incroyable que les Etats d’Europe continentale ait renoncé à son émission publique. Merci aux auteurs pour ce livre qui éclaire d’une perspective stimulante un des débats du moment.

Source : « La dette publique, une affaire rentable », A-J Holbecq et P Derudder, Editions Yves Michel


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34 réactions à cet article    


  • Yvance77 19 août 2011 09:42

    Salut,

    Et oui tout est là : « De 1979 à 2009, la dette publique est passée de 240 à 1490 milliards d’euros (de 21 à 78% du PIB), soit une augmentation de 1250 milliards. Entre temps, nous avons payé pour 1340 milliards d’euros d’intérêt.  »

    C’est ce qui se nomme se payer sur la bête ! Le secteur financier n’a tout simplement aucun intérêt à ce que la dette soit résorbée.

    Notre dette, c’est leur bonheur simple comme un coup de clavier pour faire augmenter leurs dividendes.

    Il faut en arriver à supprimer la bourse et la spéculation. Et qu’on ne vienne pas me dire que l’on ne peut pas se passer de la bourse ou vivre sans... bien au contraire !


    • Alpo47 Alpo47 19 août 2011 10:38

      La dette est aussi un formidable moyen de transfert de richesses.

      Ainsi, les emprunts sont évidemment souscrits par ceux qui ont des capitaux, les « rentiers-actionnaires » et remboursés les derniers à encore payer des impôts, la fameuse « classe moyenne » qui travaille.

      Un vrai racket organisé. Al Capone n’aurait pas rêvé mieux.

      C’est d’ailleurs la raison essentielle qui explique que le Pouvoir actuel refuse une modification de la fiscalité et s’en tienne à plus d’emprunts.
      « IlS » sont au service des détenteurs de capitaux et cela devient tellement visible que le clash social devient inévitable.


    • Robert GIL ROBERT GIL 19 août 2011 10:12

      L’État doit se rapproprier son droit fondamental d’émettre une monnaie utile aux
      citoyens, dont notre économie et la société ont besoin. Il n’est plus acceptable que
      notre argent issu de notre travail ne nous appartienne pas. Nous subissons chaque
      jour les conséquences de cette trahison : dégradation de l’emploi et des services
      publics, course sans fin à la croissance, destruction de l’environnement…Etc.

      http://2ccr.unblog.fr/2011/05/07/creation-dargent-et-endettement-public/


      • Alpo47 Alpo47 19 août 2011 10:28

        C’est, certes, un des critères importants de retour à « L’Etat de Droit », ce n’est pas le seul.

        La deuxième mesure est de rétablir une justice fiscale, avec des prélèvements progressifs, la disparition des niches et avantages fiscaux qui n’ont pas de vraie raison économique.

        La troisième de restaurer une vraie démocratie, frein au pouvoir des lobbies, par exemple en installant un mode de révocation des élus.

        La quatrième, de contribuer au niveau mondial, à mettre fin aux paradis fiscaux qui contribuent à confisquer les richesses en faveur des ultra-riches.

        Mis à part la dernière, toutes ces mesures sont théoriquement faciles à mettre en place. Étonnamment, ce n’est pas le cas et quasi personne ne le propose. Et bien non, ce n’est pas étonnant, personne de sensé ne scie la branche sur laquelle il est assis.

        Ces changements, indispensables, ou tout autre allant dans le même sens, ne se feront que s’il y a une mobilisation pour les imposer. Et cela passe par une « Résistance passive » généralisée à toute mesure du Pouvoir actuel.

        En attendant, « ILS » sont en train de faire s’écrouler l’économie mondiale pour bâtir autre chose encore plus contraignant ... pour les peuples.

        La suite dépend de chacun de nous...


        • Paolini Paolini 19 août 2011 11:14

          « La suite dépend de chacun de nous... »

          Absolument, et ce n’est pas forcément très rassurant.

        • Yoann Yoann 19 août 2011 11:54

          Pas mieux Alpo47,

          Ce sont aussi à mon avis les 4 mesures à prendre d’urgence pour sauver ce qui peut encore l’être de notre pauvre démocratie ...
          Malheureusement je ne vois pas comment y parvenir, jamais les puissants ne le voudront, l’abolition des privilèges ne pourra se faire que par la force .... En espérant que l’histoire se répète ...


        • zakari 19 août 2011 11:12
          L’arnaque de la privatisation de la création de la monnaie
          traduction
          L’arnaque de la privatisation de la création des semences


          • interlibre 19 août 2011 12:10
            Malgré la situation qui ne fait qu’empirer et l’aveuglement maladif de nos représentants, il me reste encore un peu d’optimisme, du coup je vous invite à signer cet appel contre la dictature financière :

            http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/180811/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere

            • sisyphe sisyphe 19 août 2011 12:13

              Cela fait des années que les analystes lucides le clament sur tous les tons ; d’Allais à Chomsky, en passant par Stiglitz, Naomi Klein, et tant d’autres ; la privatisation de création de la monnaie est L’ARNAQUE du XXème siècle, qui a permis une progressive privatisation du monde, et la mainmise des mafias financières et des usuriers sur la planète. 


              Les hommes politiques, évidemment, le savent parfaitement ; pourtant, aucun des partis dits « de gouvernement » ne l’inclut dans son programme, alors que ce serait extrêmement facile à réaliser. 
              Ne serait-ce qu’en Europe, il suffirait d’un vote au Parlement Européen (élu), pour que la mesure entre en effet immédiatement ; ainsi que la taxation sur les transactions financières ; mais pas une taxe ridicule du genre 0,0 et des broutilles ; une taxe d’au moins 5% ; qui permettrait largement de renflouer les dettes de tous les pays européens, et qui laisserait quand même 95% à tous les usuriers, spéculateurs, et mafieux des bourses et des « marchés » de merde, pour se gaver sur le dos des citoyens. 

              La dette des états, largement payée par les intérêts versés depuis bientôt 40 ans aux usuriers mafieux, doit être annulée, la création monétaire remise aux banques centrales qui doivent pouvoir prêter aux états sans intérêt ; la création ex-nihilo interdite aux banques privées et d’affaires, les banques en faillite doivent être saisies, et celles qui subsistent ne prêter que sur leurs fonds propres, ou en empruntant aux banques centrales AVEC INTÉRÊTS (et pas 1% ; mais les taux d’intérêt appliqués actuellement aux états). 

              Tout ceci est d’une telle évidence, s’impose tellement urgemment, qu’il faut virer tous les politicards qui ne préconisent pas ces mesures. 

              Et ilo ne s’agit pas de se replier sur soi, en quittant l’UE, ni l’€uro (le remède, sans rien changer d’autre, serait pire que le mal ; dévaluation qui coûterait le plus cher aux plus défavorisés) ; mais bien dans le cadre de l’Union Européenne remodelée, où c’est au PARLEMENT (et non à la Commission, non élue) de faire voter les lois qui renforceront la zone européenne, et l’€uro, au bénéfice des citoyens, en s’attaquant aux usuriers de tous bords. 

              Il y a plus qu’urgence, et ces solutions ne seront appliquées que si l’ensemble des citoyens européens, solidaires, exerce une pression constante sur les gouvernements et les élus. 

              Pas de repli nationaliste, mais une Europe confédérée, retrouvant sa création monétaire, annulant les dettes, et enclenchant un processus de lutte réelle contre les mafias financières néolibérales. 

              Outre le soutien aux mouvements légitimes de tous les peuples européens INDIGNéS, que chacun s’en souvienne aux approches des élections ; le peuple doit faire entendre sa voix, pour faire valoir ses droits. 

              Mobilisation, solidarité, révolte. 

              • sisyphe sisyphe 19 août 2011 12:21

                ... et si ce n’est pas réalisable dans le cadre de l’Europe actuelle, parce que trop verrouillée par les petits valets des mafias financières, que chaque pays européen décide déjà d’annuler sa dette, et exige de la BCE, l’urgente, vitale, salutaire REFORME MONETAIRE, avec un fonds commun européen (eurobons), qui garantisse à chacun des états l’incapacité de spéculer sur sa faillite, et sur sa dette. 


                Toutes ces mesures sont possibles IMMÉDIATEMENT, sans difficulté (si ce n’est pour les usuriers) ; exigeons les TOUT DE SUITE. 

              • sisyphe sisyphe 19 août 2011 12:47

                Au lieu d’être obligés de renflouer les banques en faillite, parce qu’on est contraint de leur emprunter à elles, il faut autoriser la Banque Centrale à émettre de la monnaie, et prêter aux états sans intérêt ; du coup, ce sont les banques qui seront obligées de s’aligner, ou de faire faillite. 


                Lordon, Jorion, Chouard, Robertson, et tant d’autres ne cessent de le dire, de le répéter, de le démontrer ; basta à l’arnaque du siècle ; que l’économie et la finance soient de nouveau mis au service des états et des citoyens, et que les usuriers, mafieux et autres spéculateurs, se dévorent entre eux, dans leurs jeux de casino mortels. 

                Ya basta ! 

              • ZenLo 19 août 2011 12:25

                Il y en a qui ce sont gavés pendant 30 ans... 1340 milliards d’intérêts... mais il a servi à quoi ce fric, à part à engraisser des c.....

                Et maintenant, c’est les mêmes qui vont venir pleurer parce que c’est la crise.

                Elle est où la fourche !


                • yoananda 19 août 2011 12:58

                  pas d’accord !
                  Il faut une création monétaire décentralisée (ou automatisée ...).
                  Que ce soit un banquier ou un chef d’état, ca reste un faux monnayeur. L’histoire l’a prouvé.

                  Mais ca signifie que collectivement on serait prêt a en assumer les conséquences. Il faudrait alors vivre dans le monde réel et non pas les fantasme des la croissance éternelle et infinie.


                  • Paolini Paolini 19 août 2011 17:44

                    Il est vrai que peu importe qui détient la création monétaire ; l’important est la motivation qui détermine les décisions. 

                    La monnaie créée ne devient « fausse » que si elle n’est pas utilisée pour la création de biens et de services productifs. Si l’état émet du crédit pour financer des infra-structures qui permettent de développer une région, alors l’argent émis a une réelle contre-partie ; de plus, les gains réalisés sous formes de taxes et d’impôts annulent en grande partie les effets inflationnistes de cette création monétaire (dans la mesure où le trésor public est bien cela, le bien collectif, le « compte en banque » de la nation).

                    Si ce même état finance une guerre par de la création monétaire, alors une augmentation des prix viendra compenser la baisse du pouvoir d’achat de la devise en question, car ce nouvel argent dilue la valeur de la masse monétaire existante et aucun bien tangible et durable ne correspond à cette monnaie nouvellement créée ; « l’espèrance » de vie des bombes et autres équipements militaires n’étant pas très longue durant un conflit.

                    Le problème avec la création monétaire privée est celui des intérets qui, n’étant pas créés lors de l’émission du crédit, ne peuvent être créé que par un nouveau crédit.Cela entraîne tout le système dans une spirale d’emprunts pour payer les intérets des emprunts pour payer les intérets de l’emprunt pour payer .........


                  • JL JL 19 août 2011 13:35

                    La social démocratie européenne a été noyautée par les idées libérales qui sont avec les idées de droite comme larrons en foire.

                    C’est pourquoi le libéralisme est aujourd’hui la pensée dominante, et c’est ce qui explique cet accident de l’histoire, comme vous dites : la droite nationale a été trahie par la droite libérale, et la gauche authentique a été trahie par les socialo-mondialistes.

                    Je crois que la CIA y est pour quelque chose, et c’est un euphémisme.


                    • PhilVite PhilVite 19 août 2011 13:53
                      « L’arnaque de la privatisation de la création de la monnaie »
                      Question à 100 balles :

                      Pourquoi aucun homme/femme politique « de premier plan » ne souhaite s’exprimer sur cette question ?


                      • Croa Croa 19 août 2011 22:36

                        « Vous avez 2 politiques qui s’expriment sur cette question, »

                        Tu veux dire 2 politiques qui arrivent à s’exprimer sur cette question ?

                        Ils sont bien plus de deux : Presque tous « les petits » voudraient en parler, les gros ayant fait délibérément le choix inverse de ne pas vouloir en parler !


                      • kiouty 19 août 2011 15:33

                        Les auteurs citent également Maurice Allais pour qui « tout création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul » et qui assimilaient les banques commerciales à des « faux-monnayeurs ».

                        Il faut aussi de méfier du mionopole d’état sur la création monétaire, qui ne manquera pas, dès qu’il croisera des mécontents, pour assurer la réelection du parti en place, d’émettre de la monnaie à qui mieux mieux pour contenter tout le monde.

                        Il faut un contrôle socialisé du crédit de la part des citoyens, intermédiaire entre le contrôle entièrement privé et le contrôle purement étatique, aussi dangereux et irresponsables l’un que l’autre mais pas pour les mêmes raisons.


                        • Aureus 19 août 2011 16:24

                          Ce scandale est l’une des raisons pour lesquelles Maurice Allais n’apparaissait jamais dans les médias.

                          Petite vidéo :

                          http://www.dailymotion.com/video/xkd8c2_francois-asselineau-sur-la-loi-giscard-pompidou-de-1973_news


                          • Claude Claude 19 août 2011 17:17

                            Les solutions financières à la crise existent, elles sont maintenant exposées très clairement par de plus en plus d’économistes, reprises sur des sites internet, et même par des candidats à la présidentielle.

                            Quand il arrive que ces solutions soient évoquées sur un grand média le journaliste se dépêche de vite passer à un autre sujet (il fait son boulot de désinformation).

                            Parmi les politiques, la plus connue et la plus médiatisée, MLP , ainsi que l’inclassable NDA, en parlent régulièrement. Aucun écho !

                            D’autres candidats en parlent aussi (Jacques Cheminade…) mais ils sont tellement petits, si peu audibles !!

                            Et les grands partis politiques ? Ils n’en parlent pas ! Avez-vous entendu Martine ou Ségolène dire quoi que ce soit sur ces solutions de bon sens ? Rien !...

                            Je ne parle même pas des partis de droite ou du centre. Mais la gauche ? Ils ne sont pas près du peuple, à gauche ? Ne cherchent ils pas à nous redonner le plein emplois et la joie de vivre ?  Oui c’est vrai on peut avoir un léger doute sur la réponse.  Ils mangent la même soupe, je devrais dire le même caviar que les autres (ils se retrouvent dans les mêmes repas du siècle …).

                            Alors la chose est claire, ils ne nous sortiront de cette m… que si on les pousse violemment à le faire !

                            Il faut harceler le PS, seul grand parti ayant encore une audience d’envergure devant le FN, pour qu’il donne impérativement une réponse à ces deux questions très simples :

                             

                            1.  Pourquoi refusez vous de proposer dans votre programme l’application des règles de retour à la création monétaire par une banque nationale, sans intérêts, comme c’était le cas jusqu’à……ce que la gauche…. décide de rompre ce système…. Mince alors, j’ai compris pourquoi la gauche ne veut pas revenir sur ce processus qui nous ruine depuis des dizaines d’années. Mais on promet qu’on ne vous demandera pas de justifier ce moment d’égarement de vos prédécesseurs, on ne vous cherchera pas des poux sur la tête !  Dites simplement que vous voulez remettre en place ce processus dont la suppression nous a coûté plus de 1000 milliards d’euros d’intérêts. Allez, on passera l’éponge, on ne vous fera pas de procès !

                             

                            2.  Pourquoi ne voulez vous pas appliquer cette simple règle de séparation des banques ? Celles qui jouent à la loterie d’un côté, et celles qui font tourner l’économie réelle de l’autre (mettre en place le Glass Steagle Act) ? Sur ce coup là vous n’étiez pas impliqués.

                             

                            Il est vrai que ça risque de foutre une sacrée pagaille dans le système bancaire et la bourse ! Mais cette révolution là, si elle est menée par la gauche, le peuple lui en sera infiniment reconnaissant. Tout simplement la gauche pourra être fière d’avoir retrouvé sa place.

                            Par  pitié, faites le ce geste, venez supporter tous ceux qui ont encore foi dans le redressement de l’économie, avant que le grand soir des révoltés ne vienne tout gâcher…


                            • A-J Holbecq 19 août 2011 17:43

                              @Claude

                              Hollande a plus ou moins répondu à votre question (et tout le PS est sans doute sur la même ligne) : http://www.dailymotion.com/video/xh26ks


                            • Croa Croa 19 août 2011 22:44

                              « Il faut harceler le PS, seul grand parti ayant encore une audience d’envergure »

                              Tu ne connais donc pas encore ces gens ? Plus tu les harcèlera plus il voudront « avec pédagogie » t’expliquer que tu te trompes !

                              Ils font partie de l’élite, enfonces-toi ça dans la tête ! smiley


                            • platon613 19 août 2011 17:50

                              Le monde se crashe

                              La fin est-elle proche ? Rarement dans l’histoire de la bourse, des actions ont perdu autant en si peu de temps et ce, dans le monde entier. Le prix ​​de l’or continue d’exploser. - Peut-on espérer une réaction technique de la bourse ? Ce crash d’août 2011, revêt d’ores et déjà la même symbolique que celle de 1929...

                              http://www.news-26.com/econmie/946-le-monde-se-crashe.html


                              • sparte sparte 19 août 2011 18:05

                                En 1973 Pompidou a placé cette bombe à retardement des ROTHSCHILD et cnie, en France, pendant que d’autres « agents » faisaient de même dans les autres pays  ! ! !
                                ( et certains pensent que tout cela n’est pas concerté )

                                " Certes l’Euro est une expérience politique. Alors que les tous les problèmes liés à la monnaie sont dus au monopole, il a imposé un monopole qui empêche d’ajuster des offres de monnaie aux demandes locales. C’est le problême de fond de la crise économique l’Europe, mais il ne faut pas le confondre avec l’endettement des états qui est du à des polItiques socialistes laxistes. « 
                                 
                                Revenir à une émission état par état est il la solution ?
                                Non.

                                 » la suppression de la liberté des contrats en matière monétaire qui a créé un autre problême : la banque libre fournissait à ses utilisateurs la quantité exacte de monnaie que ceux-ci souhaitaient détenir ; et l’imposition de monopoles réglementaires par les hommes des états, notamment sur les billets de banque, crée des surplus ou des insuffisances qui débordent sur les marchés des autres produits, ce qui change le pouvoir d’achat de la monnaie et surtout fausse l’ensemble des prix, engendrant des pertes spectaculaires. "
                                http://lumiere101.com/2007/12/11/leuro-et-la-banque-centrale-europeenne/


                                • Paolini Paolini 19 août 2011 18:44

                                  Revenir à une émission état par état est il la solution ?


                                  Peut-être pa LA solution mais un premier pas indispensable (si par « état » on entend une administration centrale, indépendante et transparente, oeuvrant pour le bien collectif).

                                • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 19 août 2011 18:53

                                  @ Alpo47 : je suis d’accord

                                  @ Robert Gil : d’accord également

                                  @ Sisyphe : je ne serai pas aussi catégorique que vous sur le fait que les hommes politiques le savent. Je crois qu’il y a beaucoup de conformisme et un manque de réflexion sur ses sujets qui fait qu’ils ne remettent pas en cause ce qui est en place.

                                  Le Parlement Européen ne me semble pas la bonne voie. Il a voté cet hiver une TTF mais elle n’est pas rentrée en action.

                                  Pas d’accord sur la sortie de l’euro. Le problème de la monnaie unique, c’est qu’elle ne peut pas fonctionner sur une zone aussi hétérogène (ce n’est pas une Zone Monétaire Optimale), ce qui créé pleins de cercles vicieux :

                                  -  une course au moins disant salarial et social puisqu’il n’y a plus possibilité de dévaluer pour ajuster une hausse des salaires supérieure aux voisins

                                  -  une politique monétaire procyclique et qui fait diverger les économies : « la politique monétaire unique freine ainsi les économies en récession et stimule les économies en surchauffe » cf Jean-Jacques Rosa

                                  -  une impossibilité de rééquilibrer les échanges commerciaux (les pays en déficit ne peuvent pas dévaluer ou laisser déprécier leur monnaie, et inversement pour les pays en excédents)

                                  -   

                                  Une politique unique ne pourra jamais convenir à des pays aussi différents

                                  D’accord sur des coopérations européennes, mais pas avec cette Europe qui n’a jamais fait que soutenir la libéralisation de l’économie et les intérêts des grandes entreprises

                                  @ Paolini : c’est très juste

                                  @ JL : le problème de la social-démocratie, c’est que son côté libertaire était un pont vers le libéralisme économique

                                  @ 1FRED0 : il faut aussi des circonstances et les circonstances présentes vont permettre de faire émerger un tel débat

                                  @ Claude : aucun espoir avec le PS. Tous ceux qui pensent un peu différemment ont fini par partir (Chevènement, Mélenchon).

                                  @ Sparte : je suis en train de travailler sur la banque libre (Salin, Séglin), mais tout ce que je lis ne me convainc pas du tout. Il y a beaucoup de failles dans leur raisonnement et beaucoup trop d’affirmations théologiques. Je crois que ce sont surtout des idéologues.


                                  • sparte sparte 19 août 2011 21:04

                                    @ Sparte : je suis en train de travailler sur la banque libre (Salin, Séglin), mais tout ce que je lis ne me convainc pas du tout. Il y a beaucoup de failles dans leur raisonnement et beaucoup trop d’affirmations théologiques. Je crois que ce sont surtout des idéologues.
                                    ******************************
                                    Monsieur PINSOLLE : bien que vous ne répondiez pas à mes questions - dommage - voici quelques liens pour vous permettre de travailler plus facilement sur la banque libre et sur des sujets économiques selon les auteurs « libres » ( SALIN n’est pas idéologique mais moins pédagogue  : il s’exprime souvent à l’Institut TURGO : vous pouvez vous faire inviter sur invitation libre )

                                    GEORGES LANE : tout son « enseignement » , très clair ( F Guillaumat l’est moins mais il est brillant ) : http://lumiere101.com/categories/emissions/les-entretiens/georges-lane/
                                    exemple sur la banque libre :

                                    François Guillaumat et Georges Lane présentent le problème qu’a créé la suppression de la liberté des contrats en matière monétaire : la banque libre fournissait à ses utilisateurs la quantité exacte de monnaie que ceux-ci souhaitaient détenir. Depuis, l’imposition de monopoles réglementaires par les hommes des états, notamment sur les billets de banque, crée des surplus ou des insuffisances qui débordent sur les marchés des autres produits, ce qui change le pouvoir d’achat de la monnaie et surtout fausse l’ensemble des prix, engendrant des pertes spectaculaires. Cependant, conformément à la loi des calamités, au lieu de renoncer aux ingérences qui les avaient causées, les hommes de l’état ont pris prétexte de ces pertes pour violer encore davantage la liberté des contrats. → Livre : “Théorie de la banque libre”, George Selgin, Paris, Les Belles lettres, mars 1991

                                    http://lumiere101.com/2007/12/04/la-banque-libre/

                                    JACQUES GARRELO : également très clair, aussi professeur et qui fait très bien son boulot :
                                    http://www.libres.org/&nbsp ; toujours au fait également : exemple son " université d’été  :
                                    Quelle crise et quelle sortie de crise - Après l’Etat Providence - Aix en Provence, 21-24 août 2011
                                    Le choix du thème de la 32ème UNIVERSITE D’ETE DE LA NOUVELLE ECONOMIE a été dicté par le calendrier politique français, bien que les questions posées soient d’intérêt universel. Dans notre pays les libéraux saisissent l’occasion de la campagne pour rappeler l’urgence d’en finir avec l’Etat Providence, véritable responsable de la crise passée et présente. Mais en France comme ailleurs, les gens se demandent toujours : comment substituer l’entreprise privée et la société civile à l’Etat Providence et la société politique ? Ne va-t-on pas vers le chaos ou l’explosion sociale ? Les expériences menées à l’étranger et l’analyse scientifique donnent la réponse : tout espoir est permis. Ne manque que la volonté politique…

                                    JEAN GILLE MALLIARAKIS
                                    dés émissions remarquables avec ses invités
                                    http://lumiere101.com/2011/06/30/la-regle-dor-de-lequilibre-budgetaire/
                                    http://lumiere101.com/2010/12/29/la-faillite-parlons-en/

                                    ( les émissions de LUMIERE 101 sont enregistrables sur votre i-pod ou autre )

                                    CHARLES GAVE -proche de MADELIN ... mais personne n’est parfait ) : un livre très formateur ( par des graphiques non orthodoxes ... qui vont étonneront ) http://www.tupeuxcourir.com/politique/charles-gave-des-lions-men%C3%A9s-par-des-%C3%A2nes/

                                    P S tous ces libéraux avaient prévu les troubles actuels, ce qui démontrent que ce ne sont pas des libéraux au sens populaire, c’est à dire acquis au système qui détruit nos nations :

                                    J GARELLO :
                                    Les banques américaines sont fragiles parce qu’elles ne peuvent pas diversifier leurs risques. La réglementation leur interdit de constituer des réseaux géographiquement étendus : toute alliance avec d’autres activités économiques pour former des conglomérats est également interdite. Par comparaison, les banques européennes sont libres.
                                    Cependant le vice le plus grave du système américain est la garantie des dépôts par les pouvoirs publics. Cette couverture automatique a été exploitée sans limite par les Caisses d’Epargne américaines. A la recherche de taux de profit spectaculaires, les Caisses ont pris des risques insensés, et font payer la facture au système fédéral, c’est à dire au contribuable.
                                    Lorsque les finances sont dopées par de telles pratiques, les erreurs d’investissement se multiplient. On sort de la logique capitaliste lorsque l’Etat socialise le risque d’investir.

                                    MALLIARAKIS :
                                    Libre journal du 23 janvier 1998 dirigé exceptionnellement par François Guillaumat avec l’assistance de Raymonde Baron. Jean-Gilles Malliarakis et Georges Lane y annoncent la crise qui va se produire effectivement dans les régimes monopolistes [et qui se développe en ce moment face aux appels du Trésor public parisien aux marchés financiers.] À l’époque les affaires “sociales” étaient sous la responsabilité ministérielle de Mme Aubry…

                                    Voilà cela fera de la doc pour tout le monde y compris mediapart

                                     


                                  • Croa Croa 19 août 2011 23:11

                                    Cet article est trop intelligent pour moi smiley

                                    Je recommande le livre voire un antécédant : les choses y sont plus claires !

                                    Merci quant même smiley


                                    • BA 19 août 2011 23:59
                                      Récession aux Etats-Unis et en zone euro : l’horizon s’assombrit.

                                      Les banques JPMorgan Chase et Wells Fargo ont abaissé leur prévision de croissance des Etats-Unis, la première avertissant que les risques de récession restaient « élevés », selon une note publiée vendredi.

                                      Les analystes de la banque d’affaires JPMorgan Chase estiment que le produit intérieur brut (PIB) américain progressera de 1 % au quatrième trimestre, contre une prévision précédente de 2,5 %.

                                      Pour le premier trimestre 2012, ils attendent une hausse de 0,5 %, contre 1,5 % auparavant.

                                      « La confiance des consommateurs a chuté et le revenu des ménages s’est détérioré », souligne JPMorgan Chase, qui déplore par ailleurs la faiblesse du marché immobilier et la fragilité des petites entreprises.

                                      Au total, « pour les quatre prochains trimestres, nous ne pensons pas que la croissance soit plus forte que celle du premier semestre » de 2011, écrit la banque.

                                      Malgré la baisse des prix de l’énergie, « les risques d’une récession sont clairement élevés », prévient la banque.

                                      Wells Fargo a également révisé ses prévisions de façon importante, même si les changements sont moins drastiques que chez sa consoeur.

                                      Les analystes de la banque de San Francisco (ouest) tablent désormais sur une croissance du PIB des Etats-Unis de 1,6 % en 2011 et 1,1 % en 2012, contre respectivement 1,7 % et 1,9 % précédemment.

                                      « En l’absence d’une intervention appropriée de la Banque centrale européenne, de la Réserve fédérale et de l’Etat américain, il est complètement possible que la spirale à la baisse actuelle dans l’économie et les marchés financiers ne se renforce elle-même », observe John Silvia, de Wells Fargo.

                                      Ces notes suivent de peu celle d’une autre banque d’affaires américaine, Morgan Stanley, qui a abaissé jeudi ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale et a vu les Etats-Unis et la zone euro « dangereusement proches de la récession ».

                                      • BHL=MST 20 août 2011 08:30

                                        Article excellent. Concrètement, quel candidat ayant une chance d’accéder au second tour de la présidentielle propose de revenir sur ce que vous dénoncez ? Mr Asselineau, Mr Dupont Aignan, ou Marine Le Pen ? L’heure est grave, et il n’y aura bientôt que deux côtés de la barrière. D’un côté les souverainistes et les patriotes ( un gros mot pour beaucoup ), désireux de libérer le peuple français de l’esclavage bancaire, de l’autre les collaborateurs au IVème reich naissant. Bien à vous. 


                                        • sparte sparte 21 août 2011 00:39

                                          Ce qui est embêtant c’est que ces articles se terminent tous en eau de boudin ...

                                          on est comme prisonnier du rythme ... ça va pas ...

                                          on retrouve même plus ce qui a été dit et redit CENT fois


                                          • testarossa 22 août 2011 21:26

                                            Ce qui me fait réellement sourire chez la plupart d’entre vous, c’est que vous oubliez un seul instant que rendre la création monétaire à l’état conduit à toutes les manipulations politiques possibles.

                                            L’abolition de cette fameuse loi était plutôt un acte politique courageux. En effet elle ne consiste en rien de moins qu’à retirer aux alcooliques la clef de la cave.

                                            C’est promis juré : on emprunte auprès de la banque centrale et on lui rembourse le prêt qu’elle nous a concédé. Ce que la plupart d’entre vous refuse de voir c’est le principe de la cavalerie financière. Ce n’est rien d’autre que rembourser d’anciens prêts avec des nouveaux. C’est exactement ce que font les états depuis des dizaines d’années. C’est génial : on dépense de plus en plus sans augmentation d’impôts ! C’est la recette préférée des politiciens !

                                            Est il utile de vous dire que les dettes actuelles des états ne seront jamais remboursées ?
                                            Dans le système actuel on recrée ex nihilo de la monnaie qui va resservir à rembourser les emprunts d’état précédent Et ainsi de suite... C’est le principe de la monnaie scripturale qui n’est rien d’autre que de la monnaie de faux monnayeur, qu’elle soit d’origine publique ou privée !

                                            Toute la subtilité est de contrôler la masse monétaire afin que l’inflation de la monnaie scripturale ne soit pas trop visible, ce qui permet de rembourser les dettes en monnaie de singe.

                                            Toute monnaie scripturale est par nature inflationniste car l’on ne paye une marchandise qu’avec une autre (par exemple l’or ou l’argent). L’effet de la création monétaire est immédiat : achat avec une monnaie de singe, qui ne sera détruite que progressivement.

                                            Les banquiers centraux mentent allégrement quand ils prétendent lutter contre l’inflation. C’est impossible avec une monnaie scripturale par construction.

                                            Le règne de la monnaie scripturale c’est la guerre, cela semble assez évident puisque cela coûte horriblement cher et est impossible à financer avec des moyens conventionnels. C’est ainsi que pour financer la guerre du Viet Nam les américains ont été obligés de suspendre la convertibilité en Or du dollar US (USD).

                                            Mais pouvoir financer des dépenses publiques sans limite et sans impôt en contrepartie, cela ne consiste également en rien d’autre qu’employer des fonctionnaires de manière complètement disproportionnée ou de faire des promesses sociales que l’on sait parfaitement bien que l’on ne peut pas tenir...


                                            • kataroff kataroff 27 août 2011 00:05

                                              Surtout que l’endettement est un impôt différé et illégitime, qui permet à l’état de se passer de l’accord de ses citoyens.


                                            • Tall 27 août 2011 00:15

                                              très juste kataroff


                                              il peut même exister un cycle démocratique vicieux avec d’un côté des gouvernants dépensiers et dilapidant un budget sain sans déranger trop la population, et puis quand l’opposition arrive au pouvoir, elle est obligée de faire de l’austérité, ce qui remet le budget sur les rails, mais comme c’est antipathique, les ex-dépensiers reviennent alors au pouvoir et ça recommence

                                              je me demande si ce n’est pas un peu ce qui passe aux Usa entre les républicains ( dépensiers ) et les démocrates ( austérité ) depuis au moins Clinton

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