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Accueil du site > Actualités > Economie > L’euro après la Grèce, une solution pour sortir du merdier...

L’euro après la Grèce, une solution pour sortir du merdier...

Le système monétaire européen n’est sans doute pas le meilleur. À la lumière de la crise grecque, il semble qu’il faille le repenser sérieusement. Voici quelque idées sur la question.

Il est possible que la Grèce soit sauvée, de peine et de misère !
Elle va cependant devoir surfer sur un tsunami d’oppositions, de troubles et peut-être de violences, suscitées dans la population grecque par la perspective d’une baisse drastique de son niveau de vie, imposée par ses créanciers européens et le FMI.
Les manifestations qui ont traversé Athènes et Salonique pendant plusieurs jours, et la grève générale de mercredi dernier peuvent laisser craindre d’autres débordements par la population, car si la semaine dernière les mesures restrictives de tous ordres se dessinaient encore en filigranes. Aujourd’hui, elles sont bel et bien devenues définitives.
Pour la plupart des observateurs européens et étrangers, il ne fait pas de doute que la responsabilité de la situation actuelle de la Grèce est à placer sur les épaules des gouvernements précédant celui de Georges Papandréou.
Pour ma part, j’en suis moins sûr. Il est certain que ces anciens gouvernements ont commis des malversations, tant à l’égard de leur peuple qu’à celui de l’Union européenne à laquelle ils appartenaient.
Mais l’Union européenne, elle-même, ne les a-t-elle pas poussés au crime ?
***
À douze années de distance, la quasi-faillite de la Grèce est venue confirmer mon opinion défavorable à la création de l’euro. Deux arguments fondaient la position que j’avais en 1997, cinq années avant le lancement de l’euro. J’avais même créé un dossier pour entasser les notes manuscrites que j’écrivais, dans des brasseries, chez moi, à mon bureau, et que j’ai conservées, tant ce sujet m’obsédait à cette époque.
Mon premier argument reposait sur le principe que, comme l’activité militaire, l’activité économique est une discipline qu’il est risqué de laisser à elle-même.
Or les fondateurs de l’Union Européenne, plus théoriciens en chambre que véritables hommes de gouvernement et de terrain, qu’à l’époque on appelait Eurocrates par dérision, se baladant de Bruxelles à Rome, à Maastricht, à Lisbonne et autres lieux, ont cru possible de fonder une économie européenne sans établir de structure politique pour un ensemble européen monétairement unifié, qui l’aurait encadré et contrôlé.
Pour éviter l’unité politique qui leur paraissait prématurée, sinon même inutile puisque l’idéologie du marché qui se régule lui-même faisait déjà partie de la doxa économique de l’époque, le système monétaire qui gérait l’euro, avec la Banque Centrale Européenne à sa tête, avait donc été bâti de manière étroite, avec des règles de fonctionnement enchâssées dans un traité définitif, rendant ainsi toute modification impossible sans la signature d’un nouveau traité. À partir de ce moment-là, la zone de l’euro devenait incapable de faire face à tout événement économique inattendu, pour lequel une grande souplesse et une grande rapidité d’action et d’adaptation auraient pu être requises. Selon ses créateurs, le système devait pouvoir fonctionner comme une montre ! Sans horloger !
 Pour cette seule raison déjà, ils couraient à l’échec en cas de crise économique ayant une origine extérieure à l’UE. Ils se croyaient sur une ile ! Pourtant, une économie véritable sans autorité politique qui la coiffe, est comme un cheval fou sans cavalier. C’est ce que l’on vient de vivre avec la crise grecque, et ce n’est peut-être pas fini !
La raison pour laquelle les Eurocrates ont évité cette indispensable première étape politique était que l’unité européenne n’était pas encore faite dans leurs propres esprits, les hommes politiques étant loin d’être prêts à abandonner leurs pouvoirs nationaux à une unité politique centrale. Ils ont remplacé ce qui aurait été un vrai gouvernement, par une Commission européenne à tête de Minautaure, indépendante de tout gouvernement, qui animait une série de comités plus ou moins spécialisés où les décisions devaient nécessairement être consensuelles, entraînant de multiples renvois d’ascenseurs vers les pouvoirs centraux des différents pays membres. Décisions nécessairement tronquées, marchandées, exigeant des délais incroyables avant d’entrer en application.
L’UE était un cirque eurocratique à plusieurs pistes.
Les Eurocrates avaient éliminé d’emblée toute perspective de fédéralisme à terme. Ils préférèrent l’élargissement de l’Union à sa concentration, c’est-à-dire à son enracinement dans les peuples de l’Europe. Déjà le néolibéralisme avait fait son œuvre, la liberté tous azimuts n’avait pas besoin d’État, et l’ère des Nations était dépassée, refoulée dans une histoire à écrire. LE MARCHÉ se régulait tout seul. Ils ne savaient pas encore qu’ils n’étaient que des idéologues abstraits.
Ils créèrent une monnaie qu’ils confièrent à la Banque Centrale Européenne, mais en lui rognant préalablement les ailes. Par exemple, ils ne lui donnèrent comme mission que la défense contre l’inflation, alors que toute banque centrale reçoit également celle de lutter contre le chômage, et quelques autres caractéristiques utiles. Point majeur, il fut interdit à la BCE de venir au secours d’un membre de l’UE qui se trouverait en difficulté, dont on a constaté la marque pendant la crise grecque. On ne s’explique pas un tel aveuglement. Sinon par une solide incompétence technocratique.
Ce n’était d’ailleurs pas seulement une erreur, mais une horreur ! Lorsqu’on a assisté, depuis 2008, au rôle fondamental joué par Bernanke et la Federal Reserve (Fed) dans la crise des É-U, émettant des volumes de dollars considérables pour sauver le secteur financier du pays, et qu’en face, pendant la crise grecque, en retrait derrière les hommes politiques qui gigotaient dans tous les sens sans bien savoir comment réagir à la crise, Jean-Claude Trichet ne pouvait que prodiguer des conseils, on ne peut qu’en être frappé de stupeur.
Mais cette attitude n’était pas voulue par Jean-Claude Trichet. Il n’avait tout simplement pas le pouvoir d’entreprendre quoi que ce soit, car selon les traités qui définissaient ses pouvoirs, il n’avait pas celui d’agir dans un cas comme celui-là. Lorsqu’il fut question de l’intervention du FMI, il protesta cependant, estimant que le recours à une institution internationale manquait de dignité, et soulignait la faiblesse de l’Europe. Il est probable que c’était là une allusion indirecte au rôle que la BCE aurait pu jouer, à l’instar de la Fed aux É‑U, si le Conseil européen (sommet des Chefs d’État et de Gouvernement des pays membres) lui avait demandé de faire intervenir la BCE, en tant que banque de réserve et de dernier recours.
Mais le Conseil ne pouvait pas non plus lui donner une telle instruction, puisque d’après les traités fondant la BCE, celle-ci avait été rendue totalement indépendante de tout pouvoir politique, et que son statut comme ses pouvoirs ne peut être modifié que par un autre traité, c’est-à-dire par au moins cinq ans de “salamalecs”, et peut-être quelques référendums pour les gouvernements qui préfèrent ne pas prendre leurs responsabilités.
Quel gachis ! Aux É-U, si Obama a besoin d’argent, il lui suffit de siffler Bernanke pour qu’il lui escompte les bons du Trésor nécessaires !
La fameuse “Union européenne” s’était mise en cage elle-même avec une minutie extrême. Or, ces conditions statutaires étant largement ignorées de l’opinion mondiale, les errements des politiciens européens sont apparus pour le monde entier comme des désarrois, des incompétences, des incapacités, et ont augmenté la panique sur les marchés, plus encore que les décisions erratiques des Agences de notation. Celles-ci n’auraient sans doute pas cèder d’elles-mêmes à la panique, mais l’agitation européenne n’a pu que les convaincre qu’une issue catastrophique était en vue. Comment pouvaient-elles comprendre qu’il fallait plusieurs semaines pour conforter la situation de la Grèce, au sein d’une “Union” !
Tout ce qui précède avait pour but de décrire le lamentable état institutionnel de l’Union européenne à la veille de la crise grecque, actuellement dotée d’un demi-président, Van Rompuy, lui-même flanqué d’une demie portion de ministre des Affaires étrangères, l’un et l’autre ayant tout au plus le droit de convoquer les Conseils et Comités dont ils sont les présidents, et d’en rédiger les ordres du jour.
Voilà pourquoi je n’approuvais pas le lancement de l’euro. Pas tellement sur le fond, car c’était une initiative formidable, mais sur la forme, c’est-à-dire l’absence d’un exécutif politique fort pour le maîtriser. Lorsqu’on entame une évolution de cette envergure, ou on la réalise complètement ou on s’en abstient !
***
Mon second argument pour craindre la création de l’euro reposait sur la disparité des économies destinées à évoluer sous l’empire d’une même monnaie.
Sans entrer dans le détail de théories monétaires, je me contenterai de mettre en évidence qu’un système monétaire ne se limite pas seulement à fabriquer et distribuer des billets de banque. La partie essentielle du système est bien évidemment la gestion de la distribution de la monnaie en fonction des besoins de l’économie. Cela s’appelle faire de la “politique” monétaire, soit gouverner les différents taux d’intérêt qu’il convient d’appliquer aux activités des “acteurs du marché”, banques et établissements financiers, entreprises et particuliers, en fonction de leurs besoins propres, mais aussi de l’équilibre économique global du pays, à travers temps d’inflation ou de déflation, de crise ou de surchauffe.
On sait combien il est difficile pour une banque centrale de régler les curseurs de taux d’intérêt pour une économie complexe. Les besoins et les nécessités financières d’une entreprise agricole, manufacturière ou de services sont parfaitement contradictoires, en volume, taux et durée. C’est donc pour elle une activité acrobatique de tous les instants la conduisant sans arrêt à faire des choix et des arbitrages difficiles.
C’est pourquoi d’un pays à un autre, d’une banque centrale à une autre, et au même instant, les décisions des banques centrales peuvent être totalement différentes, voire opposées. Sachant cela, projeter de remplacer 27 monnaies européennes par une seule d’un seul coup (par chance, seuls 16 pays ont pour le moment intégré la zone euro) est tout simplement une ineptie.
En effet, la BCE ayant pour tâche de mener une politique monétaire équilibrée de l’euro, elle doit satisfaire 16 fois plus de structures (ou variétés) d’activité qu’une banque centrale ordinaire. C’est un travail herculéen. En période de stabilité économique, cette difficulté est peu lisible, les outils habituels de la régulation monétaire pouvant suffire à maintenir plus ou moins cette stabilité, mais en période de tempête, une banque centrale comme la BCE peut être jetée sur la côte. On vient d’en voir un exemple avec la Grèce. Elle ne peut tout simplement pas gérer financièrement dans le même temps une telle gamme de besoins et d’intérêts contradictoires. Elle ne peut que mécontenter tout le monde en essayant de pratiquer une politique monétaire médiane.
Alors doit-on supprimer l’euro et liquider sa zone ? Certainement pas. L’euro était, et reste, une initiative superbe, mais il fallait simplement raisonner et agir autrement qu’on ne l’a fait.
***
Lorsqu’en 1997, j’analysais le Traité de Maastricht, je me demandais comment on pouvait faire évoluer le projet en permettant à l’euro ( étant sous-entendu que lorsque l’on parle de l’euro, on parle en fait du système monétaire européen basé sur l’euro, avec ses multiples fonctions de régulation et de politique monétaire ) de répondre à la fois aux intérêts collectifs de la zone, et aux exigences nationales individuelles.
Pour être clair, ses objectifs mondiaux se ramènent à procurer à l’ensemble des pays membres une puissance globale susceptible de rivaliser avec des systèmes de sa taille, par exemple la zone dollar, celle du yen, celle de la livre sterling. Par exigences nationales, il faut entendre la diversité des spécificités nationales de chacun des pays membres de la zone euro, l’Union européenne ne constituant pas un État.
Assez vite, ces deux objectifs m’ont semblé incompatibles, et leur atteinte simultanée comme un problème analogue à celui de la quadrature du cercle. La recherche d’une solution à la crise financière grecque est venue à propos pour démontrer cette incompatibilité de façon tangible.
On a vu en effet que pour arriver à sa résolution, il avait fallu recourir à des “partenaires individuels”, les membres de la zone euro, et non aux institutions de la zone euro elle-même (le parlement européen n’a pas été impliqué dans la solution, non plus que la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne), ainsi qu’à un “partenaire international”, le FMI, dont l’action efficace a davantage tenu à la nationalité de son directeur, qu’à son rôle de dirigeant d’une institution internationale. Cela n’aura échappé à personne.
Puisque le système monétaire recherché devait, par analogie, être affecté de strabisme, le système à mettre en place devait lui aussi être décomposé en deux sous-systèmes connectés entre eux par la BCE : l’un d’eux face au monde, l’autre face aux pays constituant la zone.
En d’autres termes, l’euro aurait dû être la monnaie “relationnelle”, de la zone, assurant les entrées et sorties de la zone prise dans son ensemble, et les anciennes monnaies restées en place dans leurs pays respectifs assurant l’intendance monétaire correspondant aux besoins internes des économies nationales, et constituant le sous-système intérieur de la zone.
Ces deux sous-systèmes auraient bien entendu été placés sous la suzeraineté de la BCE, pour assurer la cohérence de l’ensemble monétaire de la zone euro.
Sommairement, les points de détail de cette mise en place auraient pu être les suivants :
- L’euro flotterait, comme aujourd’hui, en compagnie des autres monnaies mondiales, bien que, personnellement, je sois plus favorable à la fixité des monnaies, dont j’ai donné les raisons dans un précédent article (Guerre des monnaies - Dollar contre Yuan - deuxième round).
- L’euro serait la seule devise de transaction internationale pour la zone, en même temps que monnaie de réserve de l’ensemble de cette zone.
- Les monnaies dites “nationales” seraient reliées uniquement à l’euro par des cours fixes, définis par les banques centrales nationales et la BCE, en fonction des besoins du pays, et dévaluées ou réévaluées, également selon les besoins. On pourrait prévoir des dates fixes pour effectuer les mises à niveau nécessaires.
- Les monnaies nationales n’auraient un cours forcé qu’à l’intérieur des frontières du pays considéré.
- La BCE serait l’institution de contrôle des banques centrales nationales.
- Les pays pourraient, en fonction de leur équilibre interne, choisir de conserver leur monnaie nationale tant qu’ils ne se sentiraient pas assez forts pour adopter eux-mêmes l’euro à l’intérieur de leurs frontières, ou adopter l’euro dans le cas contraire. Réciproquement, si ayant adopté l’euro comme monnaie nationale, ils traversaient des circonstances économiques les rendant provisoirement trop affaiblis pour supporter sa force, ils pourraient revenir à leur monnaie antérieure, sous des conditions transitoires à établir en accord avec la BCE (cas qui aurait pu être celui de la Grèce).
- Les citoyens des “nationalités” pourraient bien entendu posséder des euros par conversion de leur propre monnaie, de façon gratuite, pour leurs voyages ou autres achats à l’extérieur de la zone.
Il est évident que ces dispositions ne constituent qu’une ébauche des règles de fonctionnement qui devraient être étudiées et complétées pour que ce nouveau système ne bute pas sur des impasses auxquelles on n’aurait pas pensé. La complexité apparente du système que je propose pourrait être aisément maîtrisée par les techniques informatiques actuelles.
Dans mon esprit, si un tel système avait préexisté à la crise grecque, la Grèce aurait pu dévaluer sa monnaie nationale, la drachme, de manière à rétablir son équilibre économique sans nuire à celui de l’ensemble de la zone, sous réserve, évidemment, que sa dette ait été libellée en drachmes, ce qui n’était probablement pas le cas. Mais à cet égard, il faut souligner le grand danger que constitue le recours à des financements extérieurs à sa zone monétaire.
Cette dévaluation aurait évité les importantes mesures d’abaissement du niveau de vie de la population grecque, qui aurait eu lieu malgré tout, mais avec moins de brutalité, car cette baisse serait intervenue à mesure que son endettement s’accroissait, par dévaluations successives. La Grèce a trop longtemps bénéficié d’un euro trop fort pour son économie, ce qui a certainement suscité les fraudes statistiques des gouvernements précédents. C’est là sans doute une explication de ces déviations, mais absolument pas une justification acceptable.
Au fil des mois qui viennent, nous verrons bien si cette analyse vient à l’esprit de nos dirigeants. En tous les cas, l’union politique dont il est question au début de cet article, serait une condition essentielle préalable à l’application de la formule présentée.
Il est en effet toujours possible de faire évoluer l’Union européenne vers la solution que je propose. Cela nécessiterait un plan d’ensemble qu’un homme comme Jean-Claude Trichet serait tout à fait capable de mettre en place à partir du système monétaire actuel.
***
Pour terminer ce tour d’horizon, je voudrais conclure sur une observation qui m’a posé problème :
Tout au long du mois où la Grèce était tournée et retournée sur le barbecue des politiciens européens, on vit très peu le président Sarkozy, sauf à de très brèves reprises. Attitude étonnante, inattendue de sa part, car on avait pris l’habitude de le trouver très actif lorsque des événements très chauds survenaient quelque part sur la planète. Mais il n’avait pas disparu, bien au contraire. On le retrouva à Beijing la veille de l’ouverture de l’exposition internationale de Changhai, au bras de la présidente, après s’être longuement congratulé avec Hu Jintao, à propos de sujets fort intéressants pour la planète. Sans doute qu’à son avis, il était plus important pour l’Europe et pour lui, qu’il se trouve à Beijing plutôt qu’à Paris.
Je vous reviendrai bientôt là-dessus.
 
© André Serra
http://andreserra.blogauteurs.net/blog/
http://cybercanard.com
Cet article répond aux règles de la nouvelle orthographe


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26 réactions à cet article    


  • Yvance77 7 mai 2010 11:43

    Salut,

    Pas besoin de faire long car la seule solution est d’être à nouveau « propriétaire » de notre monnaie - droit régalien par excellence " et de ne pas laisser cela aux uniques financiers-spéculateurs et autres usuriés créateurs de génocides contre l’humanité.

    Pendant que ceux-ci s’enrichissent tant et plus jusqu’ à dépasser les bornes de l’acceptable, 75% des hommes crèvent de ce cancer de la finance.

    Au peleton d’exécution et sans procès ...

    A peluche


    • Triodus Triodus 7 mai 2010 11:45

      Achetez du plomb, il va monter sec en peu de temps..


    • Julius Julius 7 mai 2010 11:59

      La monnaie commune ne peut fonctionner que si la communauté concernée (zone euro) satisfait à l’une des conditions suivantes :

      1. Elle est économiquement assez homogène. Ce n’est certainement pas le cas de l’Europe et toutes les tentatives d’homogénéisation par la force vont créer des vives réactions.

      2. L’économie est centralisée et planifiée. Ce type de l’économie a été expérimentalement prouvé de provoquer la lente mais certaine déclin économique.

      3. L’économie est totalement libéralisé afin que toutes les dis-fonctionnalité sont rapidement réparé par le marché. La libéralisation complète (= la suppression de tous les obstacles au libre échange) est la seule façon pour empêcher l’effondrement de la zone euro.


      • Johnny Marocco 7 mai 2010 17:50

        Tout à fait d’accord avec vous Julius, je me souviens de ce que mon professeur d’histoire-géographie nous disait il y 20 ans, à savoir que les derniers entrés en CEE à l’époque), la Grèce et le Portugal, seraient les premiers à s’effondrer, dû au fait que ces derniers ne disposaient, et ne disposent toujours pas d’ailleurs, du même niveau de vie. CQFD


      • Cogno2 7 mai 2010 20:14

        Stupide.

        Votre point 3 est conditionné au point 1, à savoir que ça ne marche que si les économies sont de « puissances » équivalentes, sinon le plus faible se fait bouffer par le plus gros qui peut s’appuyer sur sa force économique, tandis que le plus petit ne pourra strictement rien faire.
        Ensuite, ça fait un moment qu’on est engagé sur cette voie, et on en constate le succès phénoménal aujourd’hui.

        J’en conclu que soit vous mentez volontairement, ce qui est grave, soit vous êtes autiste, et la vous avez une excuse.
        A vous de choisir.


      • Yvance77 7 mai 2010 12:17

        Je cite : « L’économie est totalement libéralisé afin que toutes les dis-fonctionnalité sont rapidement réparé par le marché. La libéralisation complète (= la suppression de tous les obstacles au libre échange) est la seule façon pour empêcher l’effondrement de la zone euro. »

        Toujours aussi taré le garçon !!!

        Ces néo-cons de cette espèce sont en train de tuer l’humanité et ce crétin en veux encore plus.

        Vite une révolution et une arme ... je me charge du reste et sans pitié.

        A peluche


        • curieux curieux 7 mai 2010 13:51

          Mefie toi, c’est un répondeur qui parle.


        • Peretz Peretz 7 mai 2010 18:05

          C’est vrai : on est en face d’un spécimen parfait du super conditionné. Mais il n’est pas dangereux, tout le monde, à part lui a compris. Ce que les super intellos de l’Ecole de Chicago nous ont asséné depuis longtemps, et que ce pauvre homme a ingéré sans comprendre, a été bâti sur une énorme erreur, un contresens épouventable : les économistes ont confondu, (volontairement) et ça continue « réguler » et « ajuster ». Les marchés laissés à eux mêmes ne se régulent jamais. Ils s’adaptent et ceux qui le savent en ont profité avec gourmandise jusqu’à l’indigestion actuelle. Ils sont en train de rendre gorge.


        • Dujnou Dujnou 8 mai 2010 10:07

           Surtout qu’ on connait déjà la méthode qui va être appliquée.
          Illustration :

          Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu’à cause de la crise il n’y a plus de touristes.

           Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre.

           Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre.

           Il la paie avec un billet de 100 €. Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre, que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande. Le paysan, à son tour, se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes. La prostituée boucle la boucle en se rendant à l’hôtel pour rembourser l’hôtelier qu’elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l’heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l’hôtelier qu’il n’aimait pas sa chambre et n’en voulait plus, ramasse son billet et disparaît.

           Rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu.

           N’empêche que plus personne dans le village n’a de dettes.

           


           N’est-ce pas ainsi qu’on est en train de résoudre la crise mondiale ?


        • Mercure Mercure 17 mai 2010 14:49

          @ Yvance77

          J’ai eu beau relire mon article sous tous les angles, je n’y trouve pas le texte que vous citez.

          Je suppose donc que votre message s’adresse à un autre commentateur, mais pas à l’auteur.

          Mercure


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 7 mai 2010 17:32

          Ce que vous dites n’est pas faux et c’ est pourquoi cette crise peut être nécessaire pour faire que la zone euro devienne ce que vous désirez : une zone économique régulée politiquement.


          Les choses en histoire sont toujours au départ incohérente : il faut des crises (et la loi de la nécessité) pour faire naitre la volonté de les rendre plus cohérentes par delà les conflits des intérêts et des points de vue égo-centrés, dommageables à tous.

          Le travail du négatif disaient Hegel et Hobbes. Cela ne garantit en rien le succès, car ce n’est qu’une condition nécessaire, mais pas suffisante.

          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 7 mai 2010 17:33

            incohérentes( avec mes excuses) 


          • Mercure Mercure 16 mai 2010 15:57

             Bien vu ! Mais cela signifie plus profondément que l’humanité n’a que peu de pouvoir sur son destin. Elle prétend conduire son évolution, mais celle-ci est tellement complexe que tout raisonnement ne peut être qu’incomplet, c’est à dire finalement : faux.
             Nous ne sommes en fait que des écureuils qui tournent sans fin dans une cage dont ils ne perçoivent pas les limites, et qui continuent leur manège jusqu’à ce que mort s’ensuive...

             Mercure


          • JL JL 16 mai 2010 16:41

            Sylvain Reboul, vous écrivez : « Les choses en histoire sont toujours au départ incohérente : il faut des crises (et la loi de la nécessité) pour faire naitre la volonté de les rendre plus cohérentes par delà les conflits des intérêts et des points de vue égo-centrés, dommageables à tous. »

            Est-ce que vous ne feriez pas dans le fatalisme, là ?

            Je lis votre phrase en même temps que celles-ci : « Quand on s’est trompé il faut persister, ça finit par donner raison »

            et : « En politique, une absurdité n’est pas un obstacle ».

            Cela montre clairement que votre propos est conforme à ce que l’autorité exige, càd une approbation du principe que le chef a toujours raison.

            Je ne suis pas sûr que philosophie et politique fassent bon ménage, si vous voyez ce que je veux dire.

            ps1 : les deux phrases sont attribuées à Napoléon Bonaparte.

            ps : une troisième, pour le plaisir : « La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur obtienne de ses subordonnés une obéissance entière et de tous les instants ».


          • Mercure Mercure 17 mai 2010 14:58

            @ Sylvain Reboul,

            Bien d’accord ! Je crois aussi qu’en toute logique cette crise devrait mener à l’unification politique de l’Europe. Malheureusement, il y a encore beaucoup trop d’égotisme et d’ambition chez la plupart des politiciens européens. À peu près tous manquent d’humilité, et d’esprit de sacrifice.

            Peut-être faudra-t-il encore une seconde crise pour y arriver !

            Mercure


          • Mercure Mercure 18 mai 2010 01:55

            @ JL
             Je viens de recevoir votre message, mais les phrases que vous citez ne figurent pas dans mon texte.

             Je pense donc qu’il y a eu un cafouillage chez agora. Je crois qu’elles venaient de Sylvain Reboul, du moins les premières. En revanche, elles s’adressaient à moi.

            Mercure


          • viva 7 mai 2010 19:16

            @Sylvain Reboul.

            vos arguments se tiennent mais rien n’est certains, la donne à changé, nous sommes dans une économie mondialisé ou les entreprises ne sont plus nationales.

             Elles peuvent donc investir leur argent ou elles le souhaitent sans se préoccuper de telle ou telle décisions politiques.

            En conclusion, les crise peut se prolonger très longtemps dans les pays concernés sans qu’aucune solutions ne soient mises en oeuvre pour ceux qui en sont les victimes


            • Mercure Mercure 16 mai 2010 15:58

              Exact !

              Mercure


            • curieux curieux 7 mai 2010 23:39

              « cette crise peut être nécessaire »
              Les suppots du de la sarkosie après nous avois vanter les bienfaits du nanisme en viennent à nous dire celà(crise nécessaire). Enfin, venant d’un piqué, rescapé de la crise du H1N1, rien d’étonnant.


              • BA 8 mai 2010 09:15

                La zone euro traverse une « crise systémique », selon Nicolas Sarkozy.

                Eviter l’effet domino. Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que la zone euro traversait une « crise systémique » et que cela nécessitait une « mobilisation générale » à l’issue d’un sommet des dirigeants de la zone euro à Bruxelles.
                « Cette crise est systémique, la réponse doit être systémique », a estimé Nicolas Sarkozy à l’issue d’un sommet consacré intialement à la crise grecque mais qui s’est transformé en conclave pour défendre toute la zone euro contre les attaques des marchés.
                « Nous sommes maintenant dans des mécanismes communautaires, c’est toute la zone euro qui a décidé de se défendre » et il s’agit donc « d’une mobilisation absolument générale », a déclaré le président français.
                Selon lui, « il faut doter la zone euro d’une véritable gouvernance économique ». Car « la zone euro traverse sans doute la crise la plus grave depuis sa création » et « désormais les spéculateurs doivent savoir qu’ils en seront pour leurs frais », a-t-il ajouté.
                Auparavant, les dirigeants ont annoncé la mise en place prochaine d’« un mécanisme de stabilisation », un fonds pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières et validé le plan d’aide à la Grèce.

                http://www.20minutes.fr/article/403231/Economie-La-zone-euro-traverse-une-crise-systemique-selon-Nicolas-Sarkozy.php

                Il y a donc deux questions qui se posent :

                1- Première question : avec quel argent les pays européens vont-ils créer ce fonds ?

                Avec quel argent ?

                Est-ce que chaque Etat européen va devoir verser plusieurs milliards d’euros pour abonder ce fonds ?

                2- Seconde question : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets à plein régime ?

                Concrètement : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets pour acheter les dettes souveraines des Etats européens ?


                • Daniel Roux Daniel Roux 9 mai 2010 12:29

                  J’admire que l’auteur essaie de trouver une cohérence et une solution à cette écurie d’Augias qu’est l’union européenne.

                  Dès l’origine, le but réel poursuivi - l’intégration transatlantique - n’était pas celui exposé par ses promoteurs corrompus - la grande europe des peuples.

                  Dès le début, l’union était condamnée à n’être qu’un satellite des usa, d’où l’entrée imposée de la GB, et de la Grèce en attendant celle de la Turquie.

                  Dès la création de la monnaie unique soutenue secrètement par les américains, sa fin désastreuse était prévisible pour les raisons que montrent l’auteur de cet article. 

                  Tout le monde savait que la Grèce est l’un des pays les plus corrompus et mal gouvernés d’Europe et personne n’a rien fait pour que cela change.

                  L’europe n’est qu’un grand marché pour les multinationales peuplée par 450 millions de consommateurs en voie de paupérisation organisée par ses propres dirigeants.

                  Notre salut ne serait que dans la fuite mais les portes de l’enfer sont bien gardées par nos cerbères et il n’y a pas le peuple français n’a pas la volonté ni la force de Hercule..


                  • Mercure Mercure 16 mai 2010 16:03

                    @Daniel Roux

                     C’était effectivement le but avoué de Jean Monnet !

                     Mais je suis persuadé que ce projet va avorter, dans les larmes et les pleurs...

                    Mercure


                  • titi 10 mai 2010 08:04

                    « Dès le début, l’union était condamnée à n’être qu’un satellite des usa »
                    Condamné par qui ?

                    L’union européenne est une union de libre échange « par défaut ».
                    Dès le début, des tentatives ont été faites pour une intégration politique, ainsi qu’une intégration de la défense. Cela n’a pas abouti pour cause d’opposition politique interne.Qui s’est opposé à cette intégration ? Les mêmes qui aujourd’hui dénoncent qu’il n’y ait pas d’intégration, les mêmes qui dénoncent le caractère mercantile de l’union.

                    « Dès la création de la monnaie unique soutenue secrètement par les américains, »
                    Expliquez moi en quoi la création d’une monnaie qui concurrence directement le dollar pourrait avoir été voulue par les USA ?



                    • Daniel Roux Daniel Roux 11 mai 2010 08:01

                      Vous devriez mieux vous informer plutôt que de faire le naïf

                      http://www.fdesouche.com/articles/54488

                      Ce n’est pas un fantasme, ce sont des faits avérés. Il ne tient qu’à vous approfondir les recherches sur le sujet. Bon appétit.

                      Voir aussi les conférences de François Asselineau.


                    • JL JL 10 mai 2010 09:13

                      @ titi : Par construction, l’UE était condamnée à n’être qu’un satellite des USA.

                      Pourquoi ? parce que ses bâtisseurs étaient tous des atlantistes. De Gaulle le savait et le disait, et François Asselineau en a fait la démonstration dans cette conférence : « Qui gouverne réellement la France »

                      Maintenant, titi, ou bien vous voulez croire des salades qui vous arrangent, et dans ce cas vous continuerez à poser questions naïves ; ou bien vous le savez, mais laissez moi vous dire que si vous n’êtes pas un lobbyiste atlantiste, vous leur êtes un diot utile.

                      Si vous êtes un lobbyiste, alors faites votre sale boulot !


                      • ZEN ZEN 18 mai 2010 04:02

                        Les propos de J.Généreux sont ici très éclairant à mon sens
                        A écouter jusqu’au bout...
                        Il donne des clés pour comprendre et ouvre des perspectives pour agir

                        -J. Généreux : l’esprit de Munich régnait à Bruxelles !

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