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Accueil du site > Actualités > Economie > La gratuité est la seule alternative

La gratuité est la seule alternative

Le remplacement du capitalisme est une question délicate. J’ai déjà beaucoup écrit à ce sujet, et termine souvent dans la même impasse : l’impossibilité de faire sinon autrement, au moins mieux. Car il faut dire que je ne crois ni en la possibilité d’un capitalisme « moralisé », ni en celle d’un autoritarisme « paternaliste ». Pour moi, ces deux solutions entrainent inévitablement la misère et l’exploitation du plus grand nombre, car ces deux systèmes sont basés sur des rapports de force, et donc fondés sur l’injustice.

Il peut être intéressant de s’interroger sur l’opposition entre ces deux termes, justice et force. Car il est de fait que lorsque l’un augmente, l’autre diminue en conséquence ; c’est une loi quasi naturelle.

La seule solution pour sortir de ce rapport donc, de mon point de vue j’entends, consiste pour moi en un système non plus fondé sur la rareté qui crée l’injustice (celui qui possède plus est plus fort que celui qui possède moins…), mais plutôt par l’opulence seule capable de créer la gratuité.

Ne parvenant pas à amorcer le début d’une réflexion censée et crédible sur ce à quoi pourrait ressembler un tel système concrètement, je parviens parfois moi-même à me persuader que le capitalisme est impossible à vaincre, et qu’il faut bien se rendre à l’évidence : composer avec ce dernier, et ce malgré l’inutilité flagrante d’une telle espérance. Car pour changer le système, je pars toujours d’un point de vue capitaliste : changer les règles, définir une morale, refonder l’éducation, je me trouve chaque fois face à un mur de refus logique qui provient de l’état actuel des choses. comme si je demandais à une pierre de remonter la montagne d’où elle est tombée.

Mais en prenant le problème d’un autre point de vue (celui de l’esprit), rien n’est impossible en théorie. Si le système capitaliste enchaîne les réformes à son propre fonctionnement, le fait de se séparer du concept même de l’argent remet l’esprit humain et les relations sociales, la société toute entière dans une autre perspective.

Imaginons un instant que l’annonce soit faite qu’à partir de demain, tout ce qui se trouve dans les supermarchés soit gratuit : en deux jours le magasin serait vidé, des heurts auraient lieu rapidement d’abord entre clients, puis avec la police ; rupture de stocks, bazar complet. Mais si l’annonce stipule que cette gratuité sera la même le lendemain et les autres jours qui suivront, que les supermarchés seront remplis comme aujourd’hui, alors nul besoin de se précipiter.

Si on autorisait chacun à posséder autant de voitures qu’il le souhaite, en voudrait-il plus qu’il n’en peut conduire ? surtout si tous les voisins ont la même possibilité que lui ?

Alors que revoilà les « terre à terre » avec leurs arguments, et qui voudrait travailler, et comment faire pour vaincre l’égoïsme et les « rapaces » de toutes sortes ?
Que ceux-ci réfléchissent bien : passer des journées à ne rien faire, tous et tout le temps, qui désire réellement cela ? nous désirons le repos que parce qu’on nous impose le labeur… arrêtez-vous de travailler cinq minutes et vous verrez ! ceux qui sont à la recherche d’un travail vous le diront : ils s’ennuient.

Et pour éviter les abus, on peut très bien imaginer comment les choses pourraient fonctionner, en établissant une règle simple : le don n’est pas obligatoire. Cela signifie que le producteur possède sa production, et ne la donne qu’à celui qui, à ses yeux, le mérite. Pour les produits faits en commun, il serait même envisageable de remettre en cause ce don à chaque étape du processus de production, par la solidarité des relations humaines ; le contact “commercial” se trouvant en quelque sorte conditionné à l’établissement préalable de liens entre les humains. On peut imaginer que l’hypocrisie ferait peut-être au début quelques déçus d’un tel système, mais il faut savoir que l’hypocrisie ne dure jamais longtemps. Car d’une part la connaissance de l’autre peut rendre le masque inutile, et d’une autre les masques finissent toujours par tomber : celui qui se fait avoir aura appris une leçon, en s’appliquant la fois suivante à mieux analyser les sentiments humains.

Le « don gratuit » que j’imagine ici ne va donc pas sans échange : car celui qui donne aime aussi à recevoir, c’est dans la nature des choses. Il est des habitudes, comme de l’hypocrisie, qui s’estompent toujours avec le temps. Celui qui se sent contraint à être aimable pour obtenir quelque chose en retour n’est pas forcément dans l’état d’esprit purement généreux, mais il est comme l’enfant que l’on éduque : à force de sentir il comprend que les choses demandées avec gentillesse aboutissent plus certainement, que le sourire appelle le sourire. Il finira par l’intégrer, et peut-être même y trouver un certain contentement.

Un boulanger qui donnerait son pain à ceux qui s’entendent bien avec lui peut un jour demander un coup de main à un de ses clients du matin pour transporter du bois, ou à un autre de réparer son portail.

Pour les travaux pénibles ou rares, il faut adapter les besoins et les possibilités. Que les travaux pénibles soient partagés pour ne nuire à personne, et que d’autres cherchent les moyens de les rendre faciles (création de machines ou de techniques) ou attrayantes (considérées comme du sport, ou un concours). Que les métiers trop rares soient plus enseignés s’ils intéressent et remplissent un besoin.

Il faudrait bien sûr un Etat pour coordonner tout ça, et établir des objectifs humanitaires qui motivent les hommes. Faire la balance entre les besoins et les désirs, partager les tâches qui doivent l’être, rendre justice, coordonner les projets nécessitant la gestion de trop nombreux paramètres, avoir une politique publique véritablement au service de la collectivité.

Car à partir du moment où la gratuité est instaurée, il n’y a plus rien qui puisse sembler impossible à réaliser : le choix éducatif, celui du métier, les frontières, les relations humaines, la paix, tout semble alors à portée de main. on s’aperçoit qu’ainsi pensé, de nombreux problèmes que nous croyons liés à l’homme (à son égoïsme, sa lâcheté, sa méchanceté) ou à la vie en société (la misère, la guerre, le pouvoir) sont en réalité les conséquences du capitalisme, et non la cause de son existence.

Je n’ai absolument aucune idée de la manière dont on puisse parvenir à un tel système, ni aucune certitude quant à son hypothétique pérennité. Mais je sais une chose, c’est que l’argent est la source de tous les maux humains. et que ceux qui veulent changer le monde ou trouver leur bonheur n’obtiendront rien de l’argent. Et je sais aussi que donner est mieux que vendre, et que voler est moins bien que de recevoir : la gratuité est la seule alternative.


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73 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 6 février 2010 08:28

    Article plein de bon sens mais un peu naif. L’apologie du troc, ça s’est vu et revu, mais ça ne marche pas à l’échelle d’un pays. Aussi, l’utilisation du terme « gratuité » est abusif et inexact. En français il existe une distinction nette entre « gratuit » et « libre ». Et la différence est de taille. Ce qui est gratuit n’est pas forcement libre et vice-versa. Google est gratuit, mais reste propriétaire. Linux est libre, mais dire qu’il est gratuit ce serait lui faire du tort : pour l’utiliser, il faut une connaissance acquise qui est obtenue au prix d’un effort et non pas gratuitement.

    Il parait que l’on a inventé l’argent pour ne pas devoir supporter le regard de l’Autre.


    • caleb irri 6 février 2010 10:07

      @ Deneb

      bonjour,

      je savais que cet article serait considéré comme naïf, et il l’est sans doute beaucoup. il se veut simplement une vue de l’esprit, et pour tout dire je ne savais pas trop dans quelle catégorie le proposer (j’avais proposé la rubrique « étonnant »)...
      mais pour le reste, il ne s’agit pas de troc. le troc est un échange, alors que le gratuit est un don. le fait qu’il incite le bénéficiaire de ce don à donner à son tour n’est ni obligatoire, ni doté d’une correspondance en terme de « valeur ». car c’est de relations de solidarité, de liens sociaux dont il s’agit, et non pas d’une économie.

      ensuite, l’effort dont vous parlez pour la connaissance est pour moi gratuit, car il n’a pas de valeur. on pourrait même penser que la connaissance est une récompense si on envisage l’effort comme le chemin conduisant à l’augmentation de ses propres capacités.

      et pour l’argent, il paraît qu’il a été inventé pour asservir les hommes...


    • Deneb Deneb 6 février 2010 13:15

      Caleb :"...l’effort dont vous parlez pour la connaissance est pour moi gratuit, car il n’a pas de valeur..."

      bien au contraire, il a une valeur absolue, d’autant plus qu’elle n’est pas marchande. Donner une valeur marchande à une valeur absolue est immoral. Comment appelez-vous déjà les marchandes de l’amour ? Ou les marchands de l’effort (des autres, bien sûr) ?


    • Croa Croa 6 février 2010 23:07

      Cet article n’a rien de naïf, l’auteur nous présente une utopie directrice intéressante.

      A nous d’adopter ou pas, l’avenir étant un étrange labyrinthe avec lequel négliger les voies qui ressemblent à des impasses est le plus sûr moyen de se perdre !


    • JL JL 6 février 2010 10:13

      Bonjour Calen Irri. De mémoire, je crois avoir lu une nouvelle sur le sujet. Si je la retrouve, je vous en ferai part.

      Vous écrivez : « ...je ne crois ni en la possibilité d’un capitalisme « moralisé », ni en celle d’un autoritarisme « paternaliste ». Pour moi, ces deux solutions entrainent inévitablement la misère et l’exploitation du plus grand nombre, car ces deux systèmes sont basés sur des rapports de force, et donc fondés sur l’injustice. »

      Et Pascal (Blaise) a écrit : « La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice tyrannique »

      Je ne serais pas si radical : ce qui pose problème ce n’est pas la force, mais la violence. La force est neutre, pas la violence, et c’est là problème : le post capitalisme est violent en ce qu’il refuse de payer l’impôt juste, la seule morale dont pourrait faire preuve le capitalisme.


      • Deneb Deneb 6 février 2010 10:33

        Il n’y a de pire violence que la gratuite.


      • JL JL 6 février 2010 14:04

        Mais non, voyons, Deneb ! La violence que j’évoque n’est pas limitée à la violence gratuite. Peut-être voulez-vous dire que c’est celle-là que vous trouvez la plus injuste ? La violence est toujours injuste, ce n’est pas une question de nature, c’est une question de degré.


      • caleb irri 6 février 2010 14:46

        @ JL

        à tout prendre je préfère la force de la justice à la justice de la force.

        la justice forte n’est pas violente, en tout cas pas plus que ne l’est le loup dévorant la brebis : il faut bien que tout le monde mange...

        la force n’est juste que par sa violence, car elle a le pouvoir de dénaturer la notion de justice.


      • gimo 6 février 2010 15:54

         

        Le capitalisme a pour but de suscité les gens a vouloir plus, donc a suscité leur vanité

        ( comme disait mon copain JJ Rousseau) de genève (suise « toujours plus »


        ce n ’ est pas être naïf que de vouloir trouver mieux et c’est bien d’’ouvrir le débat déjà

        mais réflexions un peu de plus près pour comprendre le mot CAPITAL et son corolaire classique

        aveugle accumulations des biens et argent

        tout ça est une fausse théorie mais de la vanité

        POURQOI

        l principe du capitale est que bp de gens ils ont oublier de savoir

        et de loin du système Marx et qu’ on ne vous a pas dit pas clairement


        la réponse est dans sa racine capité soit par tête

        le jeu est de prendre le maxi par effet de multiplication sur bp de gens (têtes)



        pour cela la bourse est la machine idéale

        Mais au début de cette histoire c’estait pour

        permettre les entreprises de se financer pour avoir du crédit

        pour celle qui ont minimum en capital social 1,500000 de F POUVAIT RENTRE en bourse et ont commence a jouer,, car le système leur permettait de revendre aussitôt


        or aujourd’hui ce n’est plus un moyen de crédit mais un jeu de casino

        interdire la bourse le mal vient de là

        donc un jeu perverti de la bulle informatique des années 2000

        il y avait des boite capitalisées chimériquements

        en actions mises pas des spéculateurs de plus de 1 millard de F  !!

        quand bien même celle-ci

        n’avait à peine 50,000F DE CAPITAL SOCIAL


        et le fuit de l’argent était plus investi pour produire mais pour faire encore plus d’argent

        et il alait droit dans des poche des sp »culateurs et ainsi de suite,, etc ,,etc

        en privent les autres de vivre du travail

        donc le mensonge commence ,,,,là


        ce n’est pas d’être naïf que de penser à un autre système bien au contraire

        le fait d’avoir un téléphone portable dans la main il y a 40 ans était naïf , ?


        je penses que il y a des solutions mais a chercher et a développer

        le pb sera de faire changer les gens !! de cette maladie !!!

        mais tout est possible si le peuple le veut




      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 février 2010 10:49

        à l’auteur

        "je parviens parfois moi-même à me persuader que le capitalisme est impossible à vaincre, et qu’il faut bien se rendre à l’évidence : composer avec ce dernier"

        Il n’y a aucune raison de désespérer :
        Pour un Nouvel Ordre Économique Français Équitable !


        • sleeping-zombie 6 février 2010 10:57

          La gratuité générale comme mode de fonctionnement ? pourquoi pas... ça fonctionnerait, puisque les principaux problèmes économique en « occident » sont dus à une insuffisance de consommation, pas de production. N’importe quel entrepreneur te le dira : la difficulté c’est d’avoir des clients, pas de trouver des travailleurs.

          Le capitalisme te semble indéboulonnable ? C’est vrai qu’a l’échelle humaine on voit pas de changements, et qu’en ce moment les seules forces qu’ont voit a l’oeuvre sont celles de la réaction (l’empire contre attaque ^^), mais si on regarde avec un point de vue plus large, on s’aperçoit qu’il traverse de très violentes crises, et très fréquemment. Je parles des crises idéologiques, pas économique. 1917, 1945, 1968... même en ce moment, notre président dit qu’il faut le changer. Evidemment il n’en pense rien, mais le fait qu’il estime être bon pour lui de devoir avancer masquer en dit long sur la popularité de ce système.

          Comment franchir le pas ? j’en sais rien, hélas, mais peut-être qu’il suffit d’attendre (personne me fera quitter mes pantoufles), vu la tendance actuelle à la disparition du travail rémunéré...

          Par contre, là où y a du boulot, c’est qu’un tel système économique ne peut aller de pair qu’avec une égalité sociale totale. Et là y a encore du boulot...


          • La sentinelle La sentinelle 6 février 2010 11:51

            Bonjour

            La gratuité, le travail pour rien et l’état qui se charge de redistribuer, la nourriture, les vêtements, qui gere la gratuité de l’école, les soins.. etc.

            J’ai déjà vu ça quelque part...

            Vigilance

            A+


            • oncle archibald 6 février 2010 12:24

              Sentinelle, vous regardez vers l’Est me semble-t-il ...

              Pour moi la solution reste la libre entreprise et la redistribution par l’état d’une part importante du gâteau que l’on aura produit , servant de régulateur à la société et justifiant le « fraternité » qui est aux fronton de nos édifices publics depuis fort longtemps .... 
              Il suffirait finalement de supprimer le bouclier fiscal et de réétudier les barèmes des impôts, qu’ils s’appliquent aux revenus ou au capital. C’est juste de la mauvaise volonté !!

            • La sentinelle La sentinelle 6 février 2010 12:59

              Bonjour Oncle Archibald.

              Philosophiquement parlant, l’idée est séduisante, mais malheureusement la mise en place va se heurter à un obstacle majeur. Comme ça toujours été le cas avec la religion et le communisme par exemple, puisqu’effectivement c’est à cela que je faisais allusion.

              La gestion de ce projet devra être confié à des humains. Et connaissant bien mes congénères, il y aura toujours quelqu’un pour corrompre ce système d’une façon ou d’une autre. C’est ce qui a toujours fait capoter les idées humanistes de tous poils..

              Ecce omo.

              Vigilance


            • colza 6 février 2010 13:05

              Bonjour,
              La redistribution par l’Etat d’une part importante du gateau...
              On avait ça (avec plus ou moins de bonheur) il n’y a pas si longtemps.
              Le problème, c’est que toute société, basée sur la possession, quelle que soit son organisation, tendra toujours vers un accaparement par un petit nombre de toute la richesse. Il n’y a pas d’exception.
              J’aime bien la solution de Caleb, que j’avais déjà lue quelque part...


            • Bodhi 6 février 2010 16:50

              @ la Sentinelle.

              Vous dites cela car vous percevez le communisme uniquement sous la vision Marxisme.
              Après tout le communisme est un type de système économique et non un système d’Etat.

              Le fédéralisme libertaire sous système économique communiste, de par son organisation basée sur une hiérarchie quasiment plate et sur le mandatement, est fait pour réfréner au maximum les ambitions du premier <<corrompu>> venu.


            • sleeping-zombie 6 février 2010 21:02

              @ la sentinelle :

              j’imagine que tu fais référence à l’URSS.

              petit rappel :
              1. la sécurité sociale et la retraite par répartition, c’est du communisme. Ha bon ? ben ouais. Mais ça marche ? ben ouais, mais faut pas le dire. Et ça date de quand ? de 1945, quand le pouvoir était détenu par les réseaux de la résistance, qui curieusement étaient remplis de communistes.

              2. le 1er essai de république française a sombré dans la terreur, le 2eme dans la dictature, le 3eme dans la monarchie, le 4eme dans le fascisme, et tout ça en moins de 50ans. Pourtant on a persévéré. Alors prétexter que l’URSS était un échec est un peu limite comme démarche...


            • La sentinelle La sentinelle 8 février 2010 03:30

              Bonjour sleeping zombie

              « Alors prétexter que l’URSS était un échec est un peu limite comme démarche. »

              Vous avez lu ça ou ?


            • sleeping-zombie 8 février 2010 13:12

              entre les lignes ^^
              j’ai mal interprété ce que tu as écrit, je m’en excuse


            • La sentinelle La sentinelle 9 février 2010 07:53

              Bonjour

              @ Sleeping zombie

              Pas de problèmes  smiley

              Ça pouvait effectivement porter à confusion, mais ça n’étais pas mon propos.


            • La sentinelle La sentinelle 9 février 2010 07:54

              OOOOps, n’était


            • Bélial Bélial 6 février 2010 12:16

              @ l’auteur caleb (et pr les autres aussi) :

              Ca me fait penser, si vous ne connaissez pas déjà, au bouquin « Eloge de la gratuité » écrit par Paul Ariès, un petit aperçu de la réflexion en rapport avec l’article ici : http://www.dailymotion.com/video/x98xr8_la-gratuite-face-au-capitalisme_news



              • ninou ninou 6 février 2010 13:03

                Caleb iri,
                Connaissez-vous le mouvement Zeitgeist, le projet Venus, Fresco ?
                Un lien vers un pdf que Deneb qualifiera sans aucun doute de naif...
                Tant pis.
                http://thezeitgeistmovement.com/wiki/images/e/e8/Designing_The_Future_Fr.pd f


                • caleb irri 6 février 2010 14:59

                  @ Ninou,

                  j’en ai déjà entendu parler en effet. après une rapide vision, il semblerait que ce mouvement Zeitgeist soit assez proche de mes opinions. cependant, la route est encore très longue pour parvenir à un tel monde. car la transition n’est pas facile à mettre en oeuvre, et Fresco imagine l’aboutissement de ce processus, pas le processus lui-même. car pour parvenir à un degré de technologie suffisant à l’élaboration d’un tel projet, il faudrait au préalable la volonté unanime de la communauté humaine de se diriger dans cette voie. ce qui n’est pas simple.

                  mais je trouve l’idée passionnante, et les « projections visuelles » très belles. faisons passer le message, et ne lâchons pas nos rêves. la naïveté est meilleure que le fatalisme


                • Pyrathome pyralene 6 février 2010 13:17

                   Bonnes réflexions , j’ai fait un rève du même genre........cette solution représente l’avenir et la socièté de demain , débarrassée des immondes parasites qui gangrénent et mènent à sa perte notre monde actuel !!
                  Le capitalisme sous toutes ses formes est un cancer qu’il faut éradiquer , non pout retomber dans le communisme totalitaire , mais dans cette ébauche de société que vous décrivez partiellement ici , débarrassée de la monnaie et de la corruption..
                  On pourrait traduire ainsi simplement le « leitmotiv »...
                   « qui participe et travaille au bien-être de tous , dispose gratuitement des ressources de cette même société »
                  La nouriture et le logement ne pouvant être que des droits inaliénables , au même titre que l’eau et l’air.....et là , tout devient possible.. smiley


                  • Gotch 6 février 2010 18:27

                    Oui, Pyralène, le logement et la nourriture sont des droits inaliénables. En revanche, ce qui coince, c’est la propriété individuelle. On n’est vraiment propriétaire que de son propre corps. Pour le reste, tout le reste, si on y regarde bien on n’en a que la jouissance. A partir de là, cela change tout le système, et toutes ses bases.


                  • Bonzo 6 février 2010 13:39

                    C’est en fixant des règles trop radicales que l’on décrédibilise une politique.

                    La gratuite peut apporter la paix sociale à condition d’être maîtrisée. Il y aura toujours des hommes prêts à se battre pour obtenir le meilleur. Il y aura toujours des produits plus luxueux et plus rare qui attireront des convoitises. La compétition toujours forte pour obtenir ses produits viendrait remettre en cause ce système avec le risque de la corruption.

                    Il ne faut donc pas supprimer l’argent mais réserver la gratuité aux produits courants ; à une catégorie de vêtements, de logement, de produits alimentaires.  


                    • Bobby Bobby 6 février 2010 16:39

                      Bon article, merci !

                      La gratuité des transports en commun est déjà rentable dans certaines villes (cf Hasselt Belgique)... pour autant que l’on considère l’ensemble des facteurs déterminants.

                      A la lumière des probables d’un futur pas très éloigné, on ne peut que chercher à trouver une autre voie au capitalisme. C’est même à mon sens notre unique espérance de survie... pas moins !

                      Élaborer des possibles est un exercice évidemment bien difficile ! mais indispensable. l’exemple de développement du système d’exploitation de linux me paraît un bon exemple des limites rencontrées par « l’impérialisme marchand » cher à Jean-François Brient.

                      Il nous appartient à chacun de réfléchir et d’essayer de trouver une alternative possible c’est déjà une démarche citoyenne et constructive, même si on « y arrive pas » dans un premier temps ... car les déséquilibres actuels n’augurent rien de bon ... !


                      • Tiberius Tiberius 6 février 2010 16:46

                        Une fois que nous aurons supprimé les lois de l’offre et de la demande, qui se souciera de concevoir des marchandises en adéquation avec les attentes des consommateurs ? Aujourd’hui c’est impossible de faire autrement car une demande nulle implique une valeur nulle pour nos marchandises. Mais si la gratuité se substitue aux lois du marché, qu’est-ce qui définira la valeur des choses et nous garantira de toujours trouver des marchandises répondant notre attente ?

                        Encore pire :

                        Si tous les pays du monde n’adhèrent pas tous ensemble au modèle gratuit et que certains continuent de concevoir des marchandises dont la valeur est définie par les lois du marché et qui seront donc faites pour nous plaire et se vendre en grande quantité. Combien de temps faudra-t-il à ces pays pour nous faire envie avec leur produits commerciaux et combien de temps leur faudra-t-il pour flanquer par terre notre système gratuit qui n’engendre quant à lui que ce qu’il plaît à chacun de produire et non pas ce qui est utile et qui répond à la demande des consommateurs ?


                        • Bodhi 6 février 2010 17:18

                          Une fédération faisant le lien entre les fédérations des entreprises autogérées de chaque secteur d’activité.
                          L’objectif de ces fédérations est la répartition des produits et des ressources créer ou récoltées par les entreprises.

                          Les entreprises autogérées ayant pour but d’avoir des échanges (débat, communication...) partant du bas et allant du haut de la hiérarchie, les employés étant les premiers consommateur et échangeant leur point de vue sur les produits avec leur entourage sont les mieux placés pour dire si le produit correspond à la demande.

                          En ce qui concerne la qualité du produit lui même. Les normes devront sans doute être imposées par les fédérations aux entreprises autogérées.


                        • caleb irri 6 février 2010 17:20

                          @ Tiberius

                          voilà bien un problème concret auquel il faut répondre. c’est peut-être à cela que devrait servir l’Etat : faire remonter les besoins et désirs, et définir la meilleure (et la moins contraignante) manière de les satisfaire...

                          cela laisse entrevoir le nombre d’intervenants (d’emplois) nécessaires à l’élaboration d’un tel projet ; et une activité sans doute tout aussi intéressante que celle de trafiquer les statistiques comme sont chargés de le faire les fonctionnaires de l’Etat d’aujourd’hui !


                        • colza 6 février 2010 18:30

                          Les employés-producteurs étant en même temps leurs premiers « consommateurs », les normes de qualité se réguleraient d’elles-mêmes (enfin, j’espère que ça marcherait mieux que la « main invisible du marché »)


                        • Croa Croa 6 février 2010 23:35

                          Les individus humains ont un besoin de reconnaissance. La société de consommation a corrompu ce besoin (inutile ici d’entrer dans les détails !)

                          Dans une société d’échanges gratuits répondre aux besoins des uns et des autres se fera certainement plus facilement car ce sera la base de la cohésion sociétale. Le terme consommateur aura perdu de son sens car l’offre ne précèdera plus le besoin, enfin... Normalement !


                        • sobriquet 6 février 2010 17:03

                          Permettez à tout le monde d’accumuler autant de grosses bagnoles qu’ils le souhaitent, et ils les utiliseront peut-être moins qu’aujourd’hui.

                          Permettez aux gens de prendre autant de repos qu’il le désirent, et ils iront travailler d’eux même, avant de s’en sentir contraints.

                          Vous présentez des idées sensées : on ne cherche à accumuler que ce que l’on désire, et l’on désire ce qui nous manque. Supprimons la rareté en instaurant la gratuité, nous supprimerons du même coup le besoin d’accumuler.

                          Ne ne suis pas sûr que cela suffise : les lois fondamentales du marché, aussi discutables que soient leur mise en application, se basent sur des principes réalistes, en particulier l’offre et la demande. En ne donnant qu’à ceux à qui l’on veut bien donner, on risque bien de réinventer la monnaie.

                          Si l’on vivait dans un monde où tout était abondant, les idées que vous développez couleraient peut-être de source. Malheureusement, on désire trop souvent des choses rares ou dont la production est longue et pénible.

                          Pourtant, notre planète propose tout ce qu’il faut pour satisfaire les besoins de l’homme : de l’eau en abondance, de la nourriture à profusion, nos mains nous permettent de construire de quoi nous protéger du froid et de l’humidité, et notre langage permet de communiquer tous les savoirs faire nécessaires.

                          Gandhi disait : « Notre monde est assez grand pour répondre aux besoins de tous les humains, mais trop petit pour satisfaire tous leurs désirs ».

                          La bonne idée consisterait peut-être à rendre la satisfaction des besoins gratuite, et à garder la satisfaction des désirs payante ?


                          • caleb irri 6 février 2010 17:12

                            @ Sobriquet

                            le besoin et le désir, justement :

                            http://calebirri.unblog.fr/2010/01/24/le-besoin-et-le-desir/


                          • sobriquet 7 février 2010 14:09

                            Excellent article ! Et dire que j’ai failli passer à côté...

                            J’ai des fois l’impression que cette distinction, si elle était mieux connue, suffirait à résoudre la plupart des problèmes humains...


                          • Mougeon Mougeon 6 février 2010 17:25

                            Le responsable de tous les maux de la terre c’est l’argent, cela ne fait aucun doute, car un seul individu peut en stocker des quantités infinies.

                            Une petite chanson « La chanson du 11/09 » dans laquelle se cache le responsable de tous les problèmes de la terre, saurez-vous le trouver ?


                            • richman 7 février 2010 09:25

                              Le responsable de tous les maux de la terre c’est l’argent !!!! Hou le pas gentil...Le responsable de tous les maux de la terre c’est l’Homme !!!

                              Et on n’est pas prêt de s’en sortir, visiblement smiley


                            • h2b1 6 février 2010 17:25

                              Vive l’Utopie ! Si les humains doivent s’en sortir, c’est grâce à de telles idées ! mais dire que le chemin sera long est un pléonasme... 3 ou 4.000 ans de « culture » marchande, ça marque un bonhomme.


                              Merci à l’auteur
                              Humbert

                              • Tiberius Tiberius 6 février 2010 18:08

                                @ caleb irri et Bodhi

                                Ben oui les gars mais la dernière fois qu’un état s’est mis dans la tête de définir la voiture idéale sans tenir compte des lois du marché, ça a donné des Traban en plastique bleu. Vous vous en souvenez ? 

                                Si nous rejetons les lois de l’offre et de la demande et que chacun travaille désormais pour son plaisir, nous trouverons dans les magasins des choses qu’il aura fait plaisir à leur concepteur de créer, mais en aucun cas des choses conçues pour répondre aux attentes des consommateur et se vendre en grande quantités, ces choses imaginées pour nous plaire, dans les pays capitalistes, par les seigneurs du marketing, genre Steve Jobs. 

                                Et finalement, pour empêcher le peuple de vouloir lui aussi jouir des attrayantes marchandises des pays capitalistes, nous n’aurons d’autre choix que de reconstruire le mur de Berlin...

                                Tout cela n’est pas très sérieux !

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