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Accueil du site > Actualités > Economie > La santé otage de l’économie et de la finance

La santé otage de l’économie et de la finance

L'économie de la santé est assujettie aux critères économiques et financiers. Le droit à la santé pour tous, le droit à une bonne santé sans considération de revenus, d'âge et d'utilité sociale ou économique est désormais révolu malgré les professions de foi démagogiques des politiques et des professionnels de la santé.

On (?) condamne unanimement (hypocritement pour certains) les déficits de la Sécurité Sociale et certains comportements irresponsables de professionnels de la santé (corps médical et paramédical et industrie pharmaceutique) et d'utilisateurs consommateurs. La grande tricherie est malvenue mais elle reste bien implantée dans le système. Quelques grandes figures de la médecine (professeurs EVEN et DEBRAY) dénoncent les abus exaspérants du système de médicaments parfois dangereux et souvent inutiles. Ils sont prescrits en trop grand nombre, environ deux fois plus que dans des pays comparables de l'parachutés. Et leurs coûts agréés par des Administration étatiques ne paraissent pas établis de façon claire et irréprochable et laissent planer des interrogations sur les conflits d'intérêts présents et à venir : certains hauts représentants de l'Autorité publique se retrouvant rapidement parachutés dans de grands groupes pharmaceutiques (dont ils ont eu à autoriser leurs produits et leurs prix) avec des rémunérations considérablement plus élevées que leurs anciens traitements. Il y a suspicion générale mais présomption d'innocence pour chacun des Administrateurs en absence de toute enquête.

Un discrédit se fait jour, dû en partie aux faux médicaments en circulation, à l'inefficacité de certains, à des prix exorbitants pour d'autres, et également dû à l'envol du prix des consultations et d'interventions de professionnels addicts au profit plus qu'à honorer en tout temps et en toute circonstance leur serment d'Hippocrate. Des médecins se découvrent des talents d'auteurs pour prodiguer aux lecteurs de judicieux conseils de bonne santé (Saldmann pour la bonne santé, Khayat pour réduire les risques de cancers, et beaucoup d'autres). Des industriels proposent en pharmacie et en vente spécialisée sur Internet, une multitude de compléments alimentaires issus de la chimie, de l'herboristerie, de la biologie microbienne (bactéries et levures probiotiques). Les centres de remise en forme et de maintien font florès. Quelques médecins abandonnent le traitement des maladies et des malades pour se consacrer à la prévention paramédicale beaucoup plus lucrative et sans contrôle de la Sécu. Sans oublier le grand marché des médecines parallèles, des rebouteux, guérisseurs et autres. Il y a vraiment pléthore de "piranhas" dans les eaux troubles du marché de la santé.

Tout ceci ne reflète que la croissance explicite de vieilles tendances. Il en est autrement pour certains comportements nouveaux issus de critères économiques : les deux principaux sont liés à l'antibiorésistance d'une part, et à la gestion de la fin de vie (l'euthanasie) d'autre part.

La résistance aux antibiotiques utilisés contre les bactéries est due aux mutations génétiques naturelles des bactéries pour contrer l'attaque des molécules des antibiotiques. Les découvertes de nouveaux antibiotiques, super efficaces contre les bactéries mutantes et résistantes, se font de plus en plus rarement. Les grands laboratoires pharmaceutiques espèrent trouver une nouvelle famille de molécules source d'un grand jackpot. L'antibiorésistance frappe lourdement par les maladies nosocomiales développées au cours d'une hospitalisation (la principale bactérie tueuse concernée est le staphylocoque doré SRAM). Rien qu'en France on dénombre chaque année environ 4000 morts directes (cause unique) et plus de 9000 morts à cause multiples. Des mesures drastiques d'hygiène sont prises pour réduire ces chiffres. A ces morts il y a lieu d'ajouter les victimes d'amputations de membres contaminés par des SRAM et autres bactéries résistantes. Une autre catégorie de malades proviennent des élevages utilisant massivement des antibiotiques comme traitement de maladies déclarées et surtout comme traitement préventif et comme facteur de croissance. L'antibiorésistance des animaux d"élevage peut être transmise partiellement aux consommateurs selon le mode de préparation des aliments, la quantité consommée, le niveau de concentration et la physiologie du consommateur. Depuis la découverte des bactériophages par Félix d'Hérelle en 1917, chaque bactérie normale ou mutante est susceptible d'être détruite par un virus bactétiophage appelé phage. De nombreux phages, par milliers d'espèces, ont été isolés et cultivés. Ils ont prouvé leur efficacité contre un certain nombre de maladies et de bactéries pathogènes aussi bien des staphylocoques dorés que le bacille du choléra. Ils ont été utilisés avec succès avant la découverte des antibiotiques. Un collaborateur de Félix d'Hérelle à Pasteur, Elieva, a créé à Tbilissi (Géorgie) un institut de bactériophagie toujours efficace. En France, l'hôpital de Villeneuve saint-Georges a remis à l'honneur et en toute discrétion des traitements par les phages : le nombre de guérisons d'infections nosocomiales vouées à l'amputation est particulièrement significatif. L'utilisation des phages adaptés et sélectionnés, en milieu hospitalier, réduirait considérablement le nombre de décès par maladies nosocomiales : cela ne se fait pas sans raison. D'autre part l'utilisation de phages dans les élevages supprimerait quasi totalement l'utilisation d'antibiotiques : cela ne se fait pas aussi sans raison.

Le refus de la bactériophagie est inhérent aux phages naturels : ceux-ci sont des virus existant en milieu naturel (ce qui évite qu'une bactérie pathogène puisse se développer indéfiniment dans la nature si elle n'avait pas de prédateurs) ; ils ne sont pas brevetables et toute recherche coûteuse d'un laboratoire serait copiée sans vergogne par les autres laboratoires : il faut donc des recherches publiques alors que les caisses de l'État sont vides. Tout laboratoire d'analyses biologiques est capable au sein de l'hôpital ou dans le privé de sélectionner la bactérie pathogène ainsi que son ou ses phages prédateurs. Il en est de même au sein des élevages agricoles où c'est le système de distribution lucratif des antibiotiques par les vétérinaires qui s'oppose à l'introduction des phages, même s'il existe quelques produits sur le marché tel "l'Agriphage" ou le "Listex".

La non utilisation des phages assure à l'industrie pharmaceutique une énorme rente de situation. Des études publiques en nombre limité montrent que les traitements les plus efficaces contre des maladies infectieuses bactériennes est l'association des phages aux antibiotiques : cela ne suffit pas à rassurer les industriels. Cependant pour les maladies nosocomiales mortelles où les phages seraient efficaces il n'y a aucune mobilisation publique : ce serait introduire le ver dans le fruit des antibiotiques ! Tous les opérés ou malades développant une maladie nosocomiale ne meurent pas, heureusement. Alors que pèsent quelques milliers de morts prématurées de quelques années (en moyenne) devant les 650 000 morts annuels en France. C'est comparable aux décès annuels dus à la grippe et moins que les décès prématurés de la canicule de 2003. Maintenir en vie ces malades condamnés va coûter en moyenne 5 années de retraite avec des soins, plus les soins d'accompagnement de fin de vie. Cette argumentation comptable, horrible ou inhumaine selon chaque conscience a été retenue, en douce, par les lobbies de l'industrie du tabac : les morts prématurées seraient bénéfiques pour les caisses de retraites et les assureurs ! L'argument présenté ici ne saurait être évoqué sincèrement ou hypocritement par la grande famille du monde de la santé.

La fin de vie entre également dans les critères économiques et financiers. Le corps médical pratiquant reconnaît quelques milliers annuels de décès "prématurés" de malades sans aucun espoir de guérison, dans le cadre ou l'esprit de la loi "Léonetti" de 2005. Une extension de la loi est en cours de discussion au Parlement. D'un côté, officiellement, le corps médical rappelle que son rôle est de soigner et de soulager les douleurs, donc s'oppose non seulement au suicide "médical" de bien portants mais encore à une euthanasie de fin de vie de malades incurables et en grande souffrance. Ainsi hypocritement la loi est présentée comme un droit nouveau des malades, une possibilité potentielle et surtout pas comme une protection juridique du corps médical ou une participation à la réduction des frais de longue hospitalisation sans espoir de guérison, pour des économies de la Sécu et des caisses de retraites. Les opposants forcenés à l'euthanasie et à ses formes "humanitaires et compassionnelles" pressentent les dérives susceptibles de se produire. Ils connaissent déjà les hospitalisations psychiatriques abusives et définitives sur simple ordonnance d'un médecin pour se débarrasser d'un "patriarche encombrant" et récupérer au plus vite son héritage.

Ainsi les discrédits jetés sur l'industrie pharmaceutique, sur certaines pratiques médicales, sur l'utilisation systématiques des antibiotiques dans les élevages industriels, sont des raisons suffisantes pour que la bonne santé de chaque individu soit prise en charge par lui-même. C'est à l'individu de lutter collectivement contre les diverses pollutions nuisibles à la santé et à l'environnement et de s'informer individuellement pour retenir les bonnes pratiques de vie pour une bonne santé.


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4 réactions à cet article    


  • Donbar 30 avril 2015 08:34

    Quand la corruption généralisée gangrène jusqu’aux fonctions vitales de la société que sont médecine et activités connexes, n’y a-t-il pas lieu d’amputer ? Contre la pourriture qui tue les nôtres, rétablissons la peine de mort.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 avril 2015 08:57

      L’auteur va être enchanté par les réformes structurelles de Bruxelles, qui imposent la privatisation progressive de la Sécurité sociale, pour le plus grand profit des mutuelles privées !!


      Tant que nous resterons dans l’ UE, il n’est pas possible de remettre de l’ordre dans ce bazar !
      Les lobbies des laboratoires font la loi à Bruxelles, et auprès du corps médical en France.

      Alors, commençons par le commencement, sortons de l’ UE par l’article 50, empêchons la privatisation de la Sécurité sociale et interdisons les lobbies, comme le propose le programme de l’ UPR. Et les Français diront ce qu’ils souhaitent comme médecine.

      • zygzornifle zygzornifle 30 avril 2015 11:11

        bientôt si tu te soignes aux herbes, médecine douce etc.... tu iras direct en prison et les lobbys porteront plainte pour concurrence déloyale ......


        • Mju96 7 mai 2015 16:40

          Pour moi la santé commence par bien manger. Et pour le coup ca existe il y a des initiatives à des degrés divers pour produire des produits de qualité. http://chefsimon.lemonde.fr/pratique/label.html

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Auteur de l'article

hugo BOTOPO


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