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Accueil du site > Actualités > Economie > La seconde vie du nucléaire.

La seconde vie du nucléaire.

Tous les signaux semblent actuellement au vert pour le nucléaire. Après des années de vie végétative sans aucune commande, l’activité nucléaire semble repartie pour une deuxième carrière, sans doute plus brillante que le première. Celle-ci effectivement a été arrêtée net par plusieurs accidents et problèmes majeurs. L’accident de Three Miles Island, puis surtout la catastrophe de Tchernobyl, ont créé dans les populations mondiales une peur panique du nucléaire. Le problème des déchets, non encore totalement résolu, est le second problème qui inquiète les populations. De ce fait, nombre de pays ont pris la décision d’arrêter tout développement du nucléaire, voire ont décidé de commencer le démantèlement de leurs centrales existantes.

Le tournant de l’histoire du nucléaire est le protocole de Kyoto et l’émergence aux yeux du monde du problème du réchauffement climatique et de l’avantage extraordinaire du nucléaire, qui est d’être la seule source d’énergie "de masse" sans émissions de CO2. L’éolien, le photovoltaïque ou les biocarburants, dans l’état actuel de leur développement, ne peuvent être pour l’instant que des appoints utiles dans notre cocktail d’énergies, mais insuffisants dans leur capacité de production de masse d’électricité.

Le deuxième tournant, concomitant au précédent, est l’émergence également aux yeux du monde du caractère fini des réserves de combustibles fossiles à court terme, alors que la demande ne fait qu’augmenter considérablement du fait du développement accéléré de la Chine ( encore 10 pct cette année) et de l’Inde.

Entre temps, la conception des dernières générations de centrales (3e) a été drastiquement améliorée pour que la sûreté d’exploitation puisse devenir acceptable par les populations. L’exploitation, sans problème pendant des décennies, des centrales existantes dans les pays développés, avec de très bonnes performances de sécurité, a montré également aux populations qu’il est sans doute possible de concilier nucléaire et sécurité.

Enfin les 15 dernières années ont permis d’avancer considérablement dans le problème du retraitement des déchets. Sans vouloir anticiper sur les résultats de l’enquête publique, il semble que la vitrification et le stockage, soit dans des couches géologiques profondes, soit dans des installations en béton contrôlées par l’homme, devraient permettre de trouver des solutions techniques acceptables pour les humains.

Le rachat de Westinghouse par Toshiba est une autre indication que le nucléaire pourrait bien avoir une seconde vie, éclatante à court terme. A suivre.


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6 réactions à cet article    


  • òmedòc (---.---.59.30) 31 janvier 2006 17:00

    Vous êtes représentant en centrales nucléaires ? Je vois beaucoup d’affirmations dans votre article mais quels sont les arguments convaincants ?

    Les points négatifs sont systématiquement minorés : « Le problème des déchets, non encore totalement résolu ». Non ! Le problème des déchets, n’est pas encore résolu.

    « la conception des dernières générations de centrales (3e) a été drastiquement améliorée » : la « conception » peut-être (si vous le dites) mais le fonctionnement pratique ? C’est à l’usage qu’on le verra. La plupart des problèmes sont dus à des erreurs humaines, les opérateurs seront-ils aussi conçus différemment ?

    Et pour finir l’affirmation gratuite : « les 15 dernières années ont permis d’avancer considérablement dans le problème du retraitement des déchets.... »

    Votre article ne prouve rien sinon que le nucléaire est bon car le nucléaire est bon.

    Chanson connue.


    • (---.---.43.15) 3 février 2006 00:35

      Réponse de CaDerange :

      Sur les différences entre l’EPR et les centrales des générations précédentes, l’EPR intègre des dispositifs de sécurité très améliorés comme la cuvette de retention en cas de fonte du coeur(qui, incidemment, aurait évité Tchernobyl) et le doublement de tous les systèmes de sécurité. Sa conception résulte de la confrontation du savoir faire accumulé des ingénieurs Français et des ingenieurs allemands depuis trente ans. C’est bien d’ailleurs pourquoi il a été choisi par la Finlande. Il y a donc bien un monde en terme de sécurité entre nos centrales actuelles(qui n’ont néanmoins pas donné lieu à un seul accident mortel en quarante ans de fonctionnement) et l’EPR. C’est la raison aussi du surcout significatif de l’EPR.

      L’erreur humaine, comme dans tous les systèmes, reste toujours une possibilité que l’on ne peut réduire que par de la formation et des exercices d’alerte de grande fréquence. Les automatismes et les systèmes de sécurité assistés par informatique(systèmes experts) ont également énormement progressés depuis quarante ans pour justement réduire au maximum l’occurence de cette erreur humaine..

      Le problème des déchets n’est pas encore totalement reglé c’est vrai. Il a donné lieu à 15 ans de travaux de recherche en application de la loi Bataille dont des travaux sur la vitrification des déchets et la construction du site expérimental de Bures pour tester la faisabilité de l’enfouissement des déchets en grande profondeur. Nous devrions donc en connaitre les résultats scientifiques très bientot. Sans vouloir préjuger de résultats que je connais pas, je pense que 15 ans de travail de nos chercheurs doit quand même avoir permis de faire le tour du problème et d’avoir identifié des solutions possibles.

      Le fond de mon article n’était pourtant pas la. Il était de constater que le monde revient vers le nucléaire pour toutes les raisons que j’ai énuméré. On peut aimer ou ne pas aimer cette évolution, mais je crains qu’elle ne s’impose à nous.


    • lobi (---.---.182.56) 2 février 2006 20:01

      On peut voir, au bas de la page sur laquelle figure un article bien peu nuancé, qui présente l’énergie nucléaire sous un jour très favorable, un lien publicitaire nous orientant vers le site de la société AREVA. On ose espérer que ceci n’est que pure coïncidence et qu’ AGORAVOX est bien un « média citoyen » indépendant.

      Force est de constater que la très puissante industrie de l’atome met le paquet en matière de communication, ce qui lui permet de convaincre bien des naïfs. Plusieurs études trop peu médiatisées car dérangeantes, soulèvent les problèmes posés par par le développement de cette énergie. Lire sur le site de l’UNESCO : http://www.unesco.org/courier/2001_02/fr/planet.htm


      • (---.---.124.105) 7 février 2006 01:27

        Réponse de CaDérange :

        L’article de la revue de l’Unesco auquel vous vous referrez date de fevrier 2001. Depuis les choses ont pas mal changé pour beaucoup de raisons.

        Le Peak oil se rapproche et nous n’avons pas trouvé pour l’instant de production d’énergie sans production de CO2 qui puisse satisfaire les besoins d’un monde qui n’économise pas beaucoup et qui ait la capacité de production de masse que ne peuvent apporter (pour l’instant du moins) l’éolien ou le photovoltaique

        C’est la raison pour laquelle un nombre de pays importants se repose la question soit de repousser le demantélement des centrales nucléaires(Allemagne) soit de relancer la construction de centrales (Angleterre). Les incertitudes sur la fourniture de gaz en provenance de Russie et la découverte de notre vulnérabilité dans certains pays (Allemagne,Italie)va aussi alimenter ce débat.

        La Chine et l’Inde, pourtant grosses productrices de charbon envisagent aussi le nucléaire de masse pour cause d’émission de CO2 et d’autres polluants.Ainsi que pour cause de l’insécurité inacceptable dans les mines chinoises.

        Comme je le disais dans ma réponse au message précédent, on peut aimer ou ne pas aimer mais je crains que le nucléaire nouveau ne s’impose à nous. Il y en a des signes précurseurs partout dans le monde...


      • x026790 (---.---.101.8) 6 avril 2006 19:15

        Cet article a le ton de l’incantation.

        « Le nucleaire revient a la mode » ... tellement que les chinois se jettent dans nos bras pour nous acheter nos reacteurs. De meme, les US se jetent a corps perdu dans le nucleaire, c’est bien connu. L’Angleterre quant a elle vient de chiffrer le cout du demantelement de ses centrales : 100 milliards d’euros, je gage que Tony reflechira a deux fois avant de decider de relancer le nucleaire.. d’ailleurs un parc de 1100 MW eolien vient de se lancer dans l’estuaire de la Tamise. Alors Je veux bien que nos centrales soient plus modernes et donc le cout de leur demantelement soit inferieur, on reste songeur quand on sait que EDF a provisionne quelques 3 milliard d’euros, on imagine deja qui va payer la facture : le contribuable. je rappelle que le cout du demantellement d’une eolienne, d’une centrale renouvelable est inclus dans le prix du KWh renouvelable, lui.

        « le monde revient vers le nucléaire » avec tellement de force qu’il faut un reacteur vendu a la Finlande et un autre commande sur ordre en France pour s’en prevaloir.

        Et comme vous le dites vous meme, depuis cinq ans, les choses ont change, surtout dans le domaine renouvelable car l’EPR, n’est lui qu’une amelioration des technologies connues de fission. Quoi de neuf dans les EnR : industriellement * les eoliennes sont passees de 800-1000 Kw de taille a 3000 pour le terreste et 5000 pour l’off-shore. * les cellules soalire sont passes de 10% de rendement a 15 pour le moncristallinen des fabricants annonces de resultats insutriels de 25%. Dans le meme temps des centrales thermosolaires ont pousse en Espagne, la technologie commence a etre maitrisee (techno dont nous etions les pionners en debut de annees 80 avec la centrale Themis et que nous avons dedaigne). * Depuis 3 ans, les energies de la mer (vague, houle, maree) emergent et de pistes de production arrivent au stade de la preserie (hydroliennes).

        Il faut garder en memoire que ces energies ne beneficient quasiment pas de soutien publique a la recherche alors que la recherche nucleaire est abondemment subventionnee.

        Quelles perspectives au niveau de la production electrique ? Le potentiel francais est inconnu car on a soigneusement evite de l’etudie mais on peut se baser sur le chiffres allemands : 19 000 MW eolien pour un potentiel terrestre estime a 25 000 MW + 25 000 MW off-shore dont la regularite et la productivite est superieure. Quelques 700 MW soalires installes au total (1200 MW de puissance solaire produite dans le monde en 2004 : + 50%/an).

        Alors chaque jour qui passe nous rappproche de la l’objectif de remplacement du nucleaire ET du thermique par les EnR. C’etait un objectif volontaire mais realiste en 2000, ca l’est encore plus aujourd’hui, il est dommage que nous Francais restions sur le quai a voir le train passer en nous repetant qu’il ne pourra pas avancer.


        • T.B. 17 mars 2007 14:55

          test ..................

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