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Accueil du site > Actualités > Economie > La somme de tous les égoïsmes

La somme de tous les égoïsmes

Les marchés financiers ont-ils vocation à exercer un effet bénéfique sur la société ? Le progrès technologique, l’augmentation ininterrompue de la productivité et l’amélioration incontestable de nos conditions de vie de ces dernières décennies sont après tout redevables au marché libre. La baisse généralisée des prix n’a-t-elle pas en outre été la conséquence logique de la concurrence, cette sécrétion naturelle du marché libre ?

Pourtant, la spécificité même de ce marché - libre, sans idéologie et qui, tout compte fait, se vend au plus offrant - le rend également insupportable, ces attributs le privant dès lors de toute conscience. Les décisions et actions d’individus prises certes en toute liberté ne sont à l’évidence orientées qu’en fonction de leurs propres intérêts matériels forcément inversement proportionnels aux intérêts de la société : le jeu du marché étant un jeu à somme nulle, l’individu ne maximisera ses profits qu’au prix des pertes de la partie adverse, c’est-à-dire de la société. Du coup, le marché libre devient la plate-forme de tous les égoïsmes, une sorte de Dieu gourmand et capricieux ne cessant de réclamer toujours plus de sacrifices humains ou, plus prosaïquement, le vecteur idéal de toutes les manipulations...

C’est ainsi qu’une Banque titrise des prêts peu solvables afin de les vendre à des investisseurs en quête de profits plus élevés, faisant au passage appel à des agences de notation bienveillantes dont l’intérêt est de satisfaire cette Banque afin que toute la chaîne des intervenants optimise ses profits. C’est ainsi que l’augmentation de prix de ces actifs attire d’autres investisseurs alléchés dans une sorte de pyramide de Ponzi à échelle planétaire où seuls les plus rapides et ceux qui se situent le plus loin de la base s’en sortent gagnants...

Faudrait-il donc démanteler ce marché libre amoral - ou immoral c’est selon - et, dans l’affirmative, quelle en serait l’alternative ? Le retour de l’Etat ramènera-t-il en grâce une justice évanouie du vocabulaire capitalistique, l’action publique est-elle synonyme de conscience ? L’Etat peut-il être juge et partie ? Le renforcement de l’Etat - défendu à juste titre en ces temps de crise - est-il susceptible de créer les conditions de l’épanouissement de l’Homme, apanage pourtant incontestable du marché libre ?

Il y a fort à craindre que la régulation accrue de demain ne soit qu’un phénomène éphémère préparant le terrain à un retour en force de la divinité féroce du marché libre.

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16 réactions à cet article    


  • Julius Julius 20 avril 2009 11:09

    > C’est ainsi qu’une Banque titrise des prêts peu solvables Afin de les vendre à des investisseurs en quête de profits plus élevés, au passage faisant appel à des agences de notation bienveillantes dont l’intérêt est de satisfaire cette Banque Afin que toute la chaîne des intervenants d’optimiser ses profits.

    Dans le système libéral, une banque ne osera pas le faire. Une Banque ne prendra pas le risque.

    Les banques travaillent comme ça parce que le système est loin d’être libéral. Tous les principaux acteurs du système (d’abord Fannie Mae et Freddie Mac) ne sont pas privés, mais "parrainé par le gouvernement" (GSE). Et c’est le gouvernement américain (principalement sous présidents démocratique), qui a non seulement permis, mais contraint les banques faire crédit hypothécaire pour les offrir aux personnes qui ne peuvent se le permettre. Le gouvernement a également créé la mesure pour les banques, de sorte qu’ils ne craignent pas de mauvais crédits.

    Dans le système économique libéral, l’ensemble du mécanisme conduirait à l’inflation massive et l’effondrement, il ya déjà longtemps. Il est de nouveau l’Etat (cette fois, le FED), qui a conservé le système si longtemps.

    Ce n’est pas le libéralisme, qui est à l’origine des crises. Le « social engineering » est à l’origine. Gouvernement américain a estimé qu’il peut distribuer ce qui n’a pas été produite, à des personnes qui ne peuvent pas se le permettre. Ce n’est évidemment pas possible.

    Les causes profondes de la crise est d’avis que l’on peut évoluer sans crises. Mais ce n’est pas possible. Chaque processus de création est cyclique, les crises sont inévitables en raison de la imprevisibilité du processus créatif. Nous avons considéré, que l’on peut « réglementer » le système pour que les crises ne se produisent pas. Nous n’avons pas empêché les crises (on ne peut pas), nous les avons juste reportée et nous avons fait de la crise plus profonde.

    Plus de détails :
    http://hrivnac.free.fr/wordpress/?p=815
    http://hrivnac.free.fr/wordpress/?p=864
    ...

    Vaclav Klaus a expliqué bien :

    Si je me réfère à ce qui se dit habituellement dans les médias, en Europe et aux États-Unis, ce serait la faute aux excès du capitalisme, à la politique de déréglementation menée depuis Ronald Reagan et Margaret Thatcher. C’est complètement faux. C’est exactement l’inverse. Les événements actuels s’expliquent, en réalité, par une insuffisance de capitalisme et un trop-plein de réglementations. La multiplication d’interventions politiques irrationnelles et intempestives est venue perturber le fonctionnement normal des marchés. Je pense, par exemple, au marché des dettes hypothécaires aux États-Unis, les fameux subprimes, mais aussi à la mise en place de réglementations financières spécifiques qui ont incité les banques et les établissements financiers à développer une grande diversité de produits et de techniques ad hoc, de plus en plus complexes, qui leur permettaient d’en contourner les effets. C’est un élément que tous les G7 ou G20 qui se réunissent les uns après les autres ne prennent pas en compte. Ils passent complètement à côté des véritables causes de cette crise. Le résultat inévitable est un renforcement des réglementations et des interventions dans le fonctionnement normal des marchés. C’est véritablement tragique. Infiniment plus tragique, à long terme, que les problèmes conjoncturels que nous allons rencontrer dans les mois qui viennent.



    • JPL 20 avril 2009 12:24

      à Julius,


      Votre réaction est typique d’un certan nombre de prises de positions de théologiens du libéralisme, ces croyants qui ont une foi mystique dans un marché idéalisé.

      Or il est patent que la crise actuelle ne saurait être vue comme une crise des crédits subprime et encore moins à cet égard comme une crise due à une réglementation qui aurait incité à prêter à des gens non solvables.

      D’abord parce qu’il n’y a pas de réglementation de ce type aux Etats-Unis !
      Ensuite parce que, si les Fannie Mae et Freddi Mac ont été mis en place il y a des décennies pour garantir des prêts de manière à permettre l’accession à la propriété des classes moyennes, il est assez évident que si c’est ce mécanisme de soutien en lui-même qui était à l’origine de la crise, elle serait survenue non en 2006-2007 mais il y a des dizaines d’années (pourquoi aurait-il fallu attendre si longtemps si cela était intrinsèque ?). Au demeurant depuis quand l’existence de garantiepour certains clients induit-elle une obligation de prêter dans n’importe quelle condition à tous ?

      La crise actuelle est due à l’opacité du système financier, démultipliée depuis des années par des mécanismes de titrisation de plus en plus obscurs, les paradis fiscaux jouant un rôle non négligeable dans l’opacité du système (toutes les grandes banques, notamment françaises, mettent en vente des produits dérivés depuis des paradis fiscaux, pour des milliers de milliards de dollars).

      Tout cela a servi d’appui à un marché financier en perpétuel déséquilibre, reposant sur des anticipations toujours positives de croissance (de croissance annuelle à 2 chiffres de ces marché... comme si cela était tenable). Cela s’est appuyé sur une spéculation immobilière (fin des années 80 début des années 90), puis la bulle Internet (années 1990), de nouveau une bulle immobilière (qui vient de crever), plus quelques bulles plus ponctuelles (matières premières, ou locales, marchés asiatiques).

      Arrive un électrochoc, le retournement du marché immobilier aux Etats-Unis à un moment où le déséquilibre est trop fort et.. la confiance s’évapore, les anticipations deviennent négatives, ce qui déséquilibre encore plus le système, les banques ne peuvent plus se refinancer (personne ne sait le niveau de leurs actifs pourris, qui sont très très loins de se limiter à de l’immobilier...) etc. 

      Bref c’est bien l’absence de régulation et surtout de transparence qui nous ont conduit là où nous sommes.

      Au demeurant avez-vous noté : la dérégulation des marchés a été entamée par Nixon (pour financer par emprunt la guerre du Vietnam) et surtout par Reagan et Thatcher, les autres pays ayant embrayé dans les années 80 (dérégulation entamée sous le gouvernement Fabius en France). Que constate t-on : nous sommes passés d’une relative stabilité à une ère d’instabilité et de crises financières et économiques récurrentes. 
      C’est assez logique, dans un système non régulé, chaque acteur fonce aussi loin qu’il le peut pour maximiser son intérêt, lorsque beaucoup vont dans le même sens, il arrive un moment où ça coince parce qu’on a atteint la limite.

      En tout cas la dérégulation s’est accompagnée d’une série de crises et d’une instabilité croissante des marchés et de l’économie mondiale. Ca c’est un fait.

      • Julius Julius 20 avril 2009 13:49

        J’ai déjà dit que : Les crises sont inévitables dans tout processus de création (qui ne sont pas previsible). Dans le système économique libéral, les crises apparaissent au début, lorsque le dissequilibrium est faible. Le régulation vise à empêcher les crises. Mais parce que nous ne pouvons pas comprendre la nature de la dissequilibrium, le régulation ne peut pas le résoudre. Le régulation ne peut arrêter que certaines conséquences. De cette façon, la cause de l’dissequilibrium n’est pas résolu et la crise est reporté (et rendues plus profond). Le cas extrême de la régulation est l’économie communiste planifié. Ils ont estimé qu’ils sont capables de supprimer complètement les crises. Mais ils ont seulement reportée indéfiniment. Le dissequilibrium n’a pas été résolu. Tout ce a abouti à la perpétuel déclin.

        Il est vrai que les crises apparaissent généralement comme une bulle. C’est normal. Le même phénomène apparaît dans la technologie - certaines techniques semblent de résoudre tous les problèmes et ils sont surutilisés. Sans régulation, les bulles explose rapidement. Malheureusement, le gouvernement américain et FED ont fait tout pour empêcher l’explosion, et de garder les bulles en vie le plus longtemps possible. Cette politique a fait les explosions plus violente.

        Fannie Mae et Freddi Mac existent certainement pour un long moment. Mais leur statut et leur mission ont considérablement changé, avec d’autres lois et politiques visant à permettre subprimes, « zéro-paiement » etc pour presque tout le monde.


      • titi 21 avril 2009 08:33

        « D’abord parce qu’il n’y a pas de réglementation de ce type aux Etats-Unis ! »
        Bah si.

        C’est le CRA : Community Reinvestment Act
        Il date des années 70 mais a été renforcé sous Clinton.


      • plancherDesVaches 26 avril 2009 19:52

        JPL. Julius est un libéral qui croit en son système tel qu’il est : non seulement, il lui rapporte quelques miettes, mais de plus, il craint toute remise en question de lui-même.
        Laissons-le dans ses rêveries, même si nous pouvons tous craindre que son réveil soit difficile.

        Une chose importante que vous citez, monsieur Santi est : « L’Etat peut-il être juge et partie »
        Et là, effectivement, c’est là que le bât blesse.
        L’état, qui gagne son élection grâce aux financiers, ne peut QUE défendre ses bienfaiteurs.
        La boucle étant bouclée, ne reste plus qu’à convaincre le bas peuple qu’une politique en faveur des riches est bonne.

        Bizarrement, ça vient de caler en Islande smiley
        Ô tempora, ô mores....


      • JPL 1er mai 2009 15:57

        à titi

        Vous nous expliquerez depuis quand le Community Reinvestment Act CRA fait obligation de prêter ! Vous ne l’avez manifestement pas lu...
        Je vous donne un lien, cela vous permettra de le faire et d’en parler avec moins d’approximation. Cet Act, en fait le titre VIII du Housing and Community Developmen Act, dispose essentiellement que les agences fédérales dans leur rôle de supervision doivent prendre en compte le souci d’encourager les institutions financières à servir les besoins de toutes les communautés sans discrimination, pour autant que cela soit compatible avec les règles prudentielles.

        Donc a) cela ne met pas en place une obligation de prêter mais une obligation dans l’évaluation par les agences fédérales et b) il y est explicitement fait mention du respect des règles prudentielles.
         

        A Julius : si l’on devait appliquer votre approche dans d’autres domaines... En effet votre argument, typique des théologiens du léibarlismen consiste à croire en ordre naturel de création-destruction et à considérer qu’il faut laisser faire le plus possible car cela permet de purger les crises dès le début.
        Toute l’histoire du monde démontre que cela ne marche pas.

        En matière politique, les anglais et français ont laissé faire Hitler en pensant qu’il s’assagirait ou se retrouverait contraint de revenir à la sagesse. Ils se sont retrouvés avec la 2e guerre mondiale, avec quel prix humain...

        Depuis quelques décennies on sait qu’un certain nombre de ressources naturelles vitales pour l’économie actuelle sont en voie d’extinction, que c’est une réalité physique Cela n’empêche pas les acteurs économiques et pays de continuer de foncer comme si de rien n’était. Lorsque la contrainte sera devenue bien trop forte, inévitable, on agira. Mais à quel prix social et économique à ce moment là ?

        Parce que l’homme est ainsi fait qu’il pousse son avantage en pensant à demain matin au mieux, jamais à après-demain, jusqu’à ce qu’il soit entré dans le mur.
        Dans un système économique dont la logique est de laisser un grand nombre de micro-acteurs sans régulation (comme, même en en restant au temsp rpésent, si la somme de leurs optima pouvait être un optimum global, effarante naïveté), on a inévitablement un système qui va de crise en crise, que la crise annoncée soit lagère ou catastrophique. or il est assez raisonnable de vvouloir réguler et éviter les crises catastrophiques...

        Au demeurant, l’économie mondiale a été beaucoup plus régulée de 1946 à 1971 (début de la dérégulation avec la fin de l’étalon or décidée par Nixon) que de 1972 à 2008. Que constate t-on : accroissement du nombre de crises et de leur gravité, équilibre social remis en cause partout, croissance économique plus faible etc.
        Faut-il continuer à déréguler ?


      • JPL 1er mai 2009 16:03

        P.S. pour Julius

        Je note une erreur factuelle (ou une contradiction ?) et une contradiction dans la fin de votre réponse.
        Vous écrivez :
        Fannie Mae et Freddi Mac existent certainement pour un long moment. Mais leur statut et leur mission ont considérablement changé, avec d’autres lois et politiques visant à permettre subprimes, « zéro-paiement » etc pour presque tout le monde.

        Or :
        - si le statut de Fannie Mae et Freddie Mac a changé (au début des années 80), cela a précisément été pour les privatiser un peu et pour déréguler

        - vous semblez considérer que le fait d’avoir autorisé des pr^tes subprimes (qui ne sont pas zéro paiement, mais c’est un détail) « pour presque tout le monde » serait à l’origine de la crise. Non seulement les fameux subprimes ne sont pas l’essence de la crise comme je le rappelais, mais vous êtes en trian d’écrire très exactement qu’une dérégulation aurait été le déclencheur de la crise...


      • Internaute Internaute 20 avril 2009 14:46

        Le deuxième paragraphe n’a ni queue ni tête. Il est faux de dire que ce gagne l’un, l’autre le perd. Ceci n’est que la vue étriquée du trader, elle-même fausse dés le départ car elle fait abstraction de la création de richesse (de « valeur » pour le trader).

        On échange son travail contre un salaire. l’entreprise fait des bénéfice et l’employé gagne sa croûte. Tout le monde est content. Les problèmes commencent quand le gâteau rétrécit, mais là encore ce qui est gagné par l’un n’est pas nécessairement perdu par les autres.

        Le véritable problème est quand on fait sauter les cloisons du bassin de telle sorte que la règle du jeu devient dissymétrique. Quand les députés mettent en concurrence les travailleurs et entreprises français avec ceux du tiers-monde et qu’en même temps ils imposent aux entreprises françaises des coûts sociaux bien plus élevés que ceux des entreprises du tiers-monde alors oui, on se fait voler sur toute la ligne mais c’est un autre sujet.


        • moebius 20 avril 2009 15:15

           La moral en économie ? le comportement « moral » est du coté des consommateurs et des producteurs. Certainement pas du coté du systéme économique qui en soit n’est qu’une charmante robinsonnade édifiante quelle soit libérale ou régulatrice mais qui reste symbolique et toujours seconde par rapport aux nouveau comportements véritablement moraux qui se mettent en place et vont etre adopté par les consommateurs. La morale est du coté de l’épargne, elle a toujours été du coté de la rétention. Celle ci est a la base de la formation et de l’accumulation du Kapital. La morale c’est celle du « bourgeois » qui calcule prudemment ses risques et s’efforce de construire quelque chose dans la durée méme si celui ci pour se faire s’encainaille et contourne parfois discrétment les régles. Qu ’est ce qui fairait plaisir au bourgeois actuellement ? peut etre d’avoir des paradis fiscaux mais plus moraux. Des paradis fiscaux sociaux en quelque sorte parce que la morale qui est toujours exclusivement bourgeoise est du coté du social actuellement. Si le fils prodigue de la bourgeoisie a un peu trop tiré sur la ficelle on lui serrera un peu la vis et voila tout madame Muche


          • alberto alberto 20 avril 2009 16:57

            Bonjour, M. Santi.

            J’ai sursauté quand j’ai lu :"La baisse généralisée des prix n’a-t-elle pas en outre été la conséquence logique de la concurrence, cette sécrétion naturelle du marché libre ?« 
            Y croyez vous vraiment ?
            J’ai plutôt le sentiment que cette baisse généralisée des prix est le résultat de l’exploitation de pauvres types du tiers monde pour produire nos biens de consommation ! Avec pour corollaires le non respect des normes sanitaires et environnementales dans les pays (bas prix obligent !) où s’effectuent ces productions : à moins que ce soit cela que vous appeliez »concurrence" !

            Pour le reste assez d’accord avec vous, notamment sur la référence à la pyramide de Ponzy, le tort de Madoff, n’aura finalement été que de d’avoir tenté, lui le petit artisan, de concurrencer les Banques...

            Bien à vous.


            • Marc Bruxman 21 avril 2009 01:52

              J’ai sursauté quand j’ai lu :"La baisse généralisée des prix n’a-t-elle pas en outre été la conséquence logique de la concurrence, cette sécrétion naturelle du marché libre ?« 
              Y croyez vous vraiment ?
              J’ai plutôt le sentiment que cette baisse généralisée des prix est le résultat de l’exploitation de pauvres types du tiers monde pour produire nos biens de consommation ! Avec pour corollaires le non respect des normes sanitaires et environnementales dans les pays (bas prix obligent !) où s’effectuent ces productions : à moins que ce soit cela que vous appeliez »concurrence" !

              Ah ben non ! Sans concurrence, on ne se fait même pas chier à délocaliser vu qu’on a un monopole ! ! ! D’ailleurs je vais vous donner un bon tuyeau, faites vous embaucher par Microsoft et vous aurez des conditions de travail idéales, un bon salaire et tout ce qui va bien ! ! !

              Maintenant effectivement qui dit concurrence dit compétition pour avoir le meilleur prix. Alors la y’a la composante je vais en Chine, et je produis à pas cher. Right ! Mais votre concurrent va faire pareil. Vous avez même pire, le risque qu’il ait un meilleur pote chinois que le votre qui va aller faire des mammours au gouverneur de la province du coin pour avoir le droit à faire plus de trucs que vous ! Diantre ! ! !

              Et le problème aussi c’est que les potes gouverneurs de province en Chine c’est renouvellé souvent et que le nouveau aura peut être d’autres intérêts que l’actuel. Et la vous risquez d’être dans le caca. Donc c’est pas un bon plan ! Bad Bad Bad !

              Le meilleur plan par contre c’est d’avoir des avancées technologiques que vous gardez secrétes et d’avoir ainsi un véritable avantage compétitif sur vos concurrents. Vous allez me répondre qu’ils peuvent vous copier ? Et oui ! Mais parfois l’info top secrête est noyée dans une foule d’infos anodines. Parfois vous avez donné une information incompléte parce que vous rajoutez un ingrédient une fois le produit sorti d’usine.

              Un truc que j’ai vu couramment faire dans l’électronique c’est de filer au producteur un produit avec un firmware volontairement déffectueux. De préférence avec un bug bien fourbe qui donne l’impression que le produit marche mais crée un désastre au bout de quelques semaines d’utilisation. Officiellement le produit est envoyé dans une autre usine pour une opération d’assemblage bidon ou vous en profiter pour le faire flasher par d’autres personnes. Et la le premier bouffon qui tente de vous contrefaire se retrouve à produire plusieurs milliers de piéces qui vont défaillir au bout de quelques semaines d’utilisation. Il ne vous reste plus qu’à bien rigoler. 


              • frédéric lyon 21 avril 2009 09:26

                Moi je bois du petit lait lorsque je rencontre un auteur qui prétend avoir été « cambiste puis chef cambiste dans une banque Suisse, puis associé/gérant de fortune dans une société de gestion de fortune basée à Genève » et qui écrit :

                « Il y a fort à craindre que la régulation accrue de demain ne soit qu’un phénomène éphémère préparant le terrain à un retour en force de la divinité féroce du marché libre »

                La « divinité féroce du marché libre » .........

                J’adore !

                Je connais bien quelques banques suisses, ainsi que quelques société de gestion de fortunes à Genève, mon brave Santi, et je pense qu’ils doivent être bien contents de s’être débarrassé de toi.

                En supposant qu’ils t’aient jamais embauché un jour. 


                • frédéric lyon 21 avril 2009 09:35

                  Et puis, on pourrait aussi conseiller à tous nos petits amis d’aller prendre au moins deux ou trois petits cours d’Economie avant de venir nous expliquer ici le fonctionnement défectueux des marchés financiers à la divinité féroce.

                  Deux ou trois petits cours suffiront pour que vous écriviez déjà moins de bêtises.

                  On ne va quand même pas vous demander de passer un Doctorat, car sinon ce n’est pas demain qu’on vous reverra sur Agoravox !!


                  • paul muadhib 21 avril 2009 18:46

                    l amelioration incontestable du niveau de vie est redevable au marche libre..

                    absolument pas, elle est redevable a ceux qui travaillent vraiment , c est a dire aux ouvriers de tous bords, des agriculteurs aux macon, avec l aide de concepteurs de projet, d ingenieur , c est un travail commun force, avec dans les dos soit un fusil ,soit la peur du chomage, sans oublier le vol de richesses de continents entiers, de guerres provoquees pour destabiliser l ensemble, surtout la ou les predateurs voient des profits a faire.
                    Le marche libre lui meme n a strictement rien fait de concret , le leurre est joli mais c est un leurre, sans compter que la periode de reference est hyper courte . 
                    Le marche libre s est accapare toutes les productions collectives qui auraient du servir le bien commun des humains, ce qui a pour effets catastrophique les desequilibres mondiaux terribles que nous connaissons, mais pour un liberal , les autres peuvent crever , ce n est pas son soucis, son soucis c est uniquement le profit erige en dogme unique, j appelle cela la legalisation du vol.
                    Selon moi , le marche dit libre, libre de quoi d ailleurs, le mot libre seul n a pas de sens, comme« libre de peter dans l ascenseur », le marche dit libre a surfer sur les progres techniques et scientifiques importants, le marche libre s en est octroye le benefice ,ce qui est un nnieme mensonge, car un travail cooperatif volontaire aurait donne au moins d aussi bons resultats, voir meilleur car on aurait pu eviter les problemes de pollution, de pensee unique, de violence, d injustice, etc...le marche dit libre a egalement surfe sur les guerres generatrices de profit, a ce sujet au lendemain de la 2eme guerre mondial le PIB americain quasiment a 50% du PIB mondial n a jamais ete aussi eleve avant et depuis ,tout benef donc.
                    cela dit sauf minorite, le pauvre veut devenir riche, le faible puissant, etc...
                    etre vivant n est pas satisfaisant , le miracle de la vie est deja beau, mais nous avons detourne notre regard de la beaute ,on ne sait pas le sentir, sauf rares exceptions, en vivant en permanence dans l accomplissement de desirs divers et varies, dans le futur donc, au detriment du present la ou etre vivant a un sens..la peur de la mort est un des elements du desir, comme une fuite permanente de ce que l on ne peut pas voir.Et ne pas etre realiste sur notre condition c est etre irrealiste pour l ensemble des actes de la vie.l humain semble etre le seul « objet » dans l univers a ne pas etre dans le present mais dans un futur ideal selon chacun, futur projeter par le cerveau analytique, dit comme cela une simple pierre est plus vivante qu un humain..
                    Je ne pense pas qu il y ait de solution globale d abord, il y a une solution individuelle ,10 puis 20 puis des milliers qui vont ouvrir les yeux..faudra attendre..l idee de se comprendre, de se voir tel que l on est et que cela puisse transformer l etre humain fait sourire l occidentale moyen , qui ne pense que ,argent,reussite sociale, maisons,voitures, peur du futur ,du chomage,de la mort..qui vient tout gacher !!
                    j ai l intuition que toute tentative de dire : on va creer un systeme meilleur est une illusion grotesque, pire une erreur fatidique, la premiere etape etant d ouvrir les yeux sur l horreur humaine , sur soi meme bien sur et c est la vision de l horreur humaine , la vision eclairee de soi , de ce que l on est qui pourra transformer radicalement l humain, c est l humain qui cree l horreur depuis toujours a travers des systemes differents mais a but unique : le profit personnel , impliquant necessairement le vol de quelque chose..vouloir changer le systeme et garder l humain tel qu il est c est etre totalement sur le mauvais chemin...


                    • Blé 22 avril 2009 08:11

                      Je pense comme vous, je ne crois pas qu’il y ait une solution globale, plutôt des solutions locales selon le contexte et l’environnement, dans un même pays il peut y avoir de grandes différences économiques d’une région à l’autre.

                      Maintenant, je n’ai jamais compris qu’un travailleur préfère travailler pour un patron plutôt que travailler en coopérative. C’est une question qui est très peu débattue (sauf dans les milieux convertis) dans les médias. Travailler au sein d’une entreprise coopérative ne règlerait sans doute pas tous les problèmes mais déjà se sentir réellement responsable de ses décisions ce serait déjà un pas vers une régulation et le partage.

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