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Accueil du site > Actualités > Economie > La valeur de l’Homme, une erreur de calcul capitaliste

La valeur de l’Homme, une erreur de calcul capitaliste

Le capitalisme n'a qu'un seul objet : le profit. Ce profit est le résultat d'une balance entre les recettes et les dépenses liées à une activité, qui doit pour être viable dégager une plus-value, c'est à dire être finalement positive. A la limite de la perte et du profit se trouve un point « zéro », que l'on appelle le seuil de rentabilité.

C'est la recherche de ce seuil de rentabilité qui détermine la viabilité d'un projet, ce qui signifie que le lancement d'une activité dépend d'un calcul établi en amont pour savoir si le rapport entre les investissements effectués et les gains espérés seront globalement positifs ou non. La rentabilité se trouve donc être une projection des profits futurs, une espérance, une probabilité considérée comme suffisante pour atteindre un certain niveau de profit. En d'autres termes, la rentabilité calcule la probabilité d'un profit à venir ; jamais des certitudes.

Dans l'élaboration de ce calcul, les dépenses nécessaires à la création de l'activité se nomment investissement, et se trouvent séparées en deux entités distinctes, le facteur capital d'une part, et le facteur travail de l'autre. Le facteur capital est aisément intégrable dans des calculs, et cela malgré de très nombreuses données. Mais c'est pour le facteur travail que les difficultés sont les plus grandes. Car ce facteur travail c'est vous, c'est moi. Les recettes, elles, sont calculées à partir d'un concept également non mathématique, le fameux « consommateur rationnel », destiné à rendre l'homme « calculable », mais qui n'existe (heureusement) pas dans la réalité.

Pour le nucléaire comme pour toute autre activité, il faut donc, avant de se lancer, examiner le seuil de rentabilité d'un tel projet, ce qui signifie intégrer aux calculs de nombreux paramètres, dans lesquels interviennent donc des éléments mathématiques (les capitaux : combien coûte la maçonnerie, le travail, les impôts, les assurances…), mais également des facteurs humains (le risque d'accident, les conséquences sanitaires et environnementales à court, moyen et long terme). En fonction du prix « calculé » (on devrait dire « imaginé » car la somme des paramètres à prendre en compte ne peut être ni exhaustive ni quantifiée), et toujours en rapport avec les hypothèses de comportements des consommateurs (la demande supposée en électricité), le capitaliste déterminera le prix qu'il doit vendre son « produit » pour estimer si l'affaire est rentable ( si le prix qu'il fixe respecte la concurrence), ou quelle rentabilité il désire pour fixer son prix de vente (dans le cas d'un monopole).

L'exemple de Fukushima nous montre bien que tous ces calculs ne servent véritablement à rien, car en réalité les éléments « mathématiques » que représentent les coûts fixes sont erronés, car ils ne prennent pas en considération la véritable mesure ni des choses, ni des êtres. Même les « choses » sont le résultat du travail humain, et la « valeur » de l'homme est une donnée incalculable, car il fait partie d'un tout, l'Humanité. Et quand bien même nous serions capables d'en rendre compte de manière acceptable, jamais de tels projets n'auraient dû voir le jour, au regard de risques encourus. Nous aurons bon nous évertuer à calculer si oui ou non le bilan du nucléaire est, dans son ensemble, positif pour l'Humanité, cela est inutile. Car bien qu'à court terme cette activité semble « rentable » à certains égards (emplois, confort, prix, pollution), sur le long terme rien n'est moins sûr : ce que va coûter la catastrophe va bien au delà de tout ce qu'on peut imaginer en termes de santé, d'environnement, et même de financier. Et tout cela sans tenir compte des incidences de la production d'une centrale nucléaire, qui sont également incalculables dans une économie mondialisée : l'exploitation des ressources pour extraire le combustible, celle des êtres humains mis en servitude et rendus malades, la pollution et les trafics, les guerres engendrés pour son contrôle et son acheminement…

Alors au bout du compte, la rentabilité n'est pas au rendez-vous. Cela devrait nous faire réfléchir sur les dangers de tels calculs, qui intègrent dans leurs critères une sorte de « valeur » attribuée à l'être humain. Et c'est bien là que repose toute l'erreur du capitalisme : en définissant l'homme selon des critères purement financiers, qui plus est à court terme, il omet l'élément essentiel du fonctionnement d'une société, l'être humain dans son individualité, dans sa complexité, dans son humanité, et la pérennité de son existence. En n'estimant pas le facteur humain comme principal objet de ses calculs, en attribuant une valeur « monétaire » à l'être humain, il inverse les priorités « naturelles » des hommes, et finit par prendre l'homme non plus comme but mais comme moyen, et l'argent comme but alors qu'il ne devrait être qu'un moyen, au service de l'homme.

Ainsi, l'objectif primordial d'une société, à savoir la conservation de l'espèce humaine, rentre en contradiction totale avec l'objectif du capitalisme, qui préfère le profit à l'être humain, et qui permet à de telles catastrophes de se produire.

Les choses étant ainsi posées, et puisque le capitalisme attribue une « valeur » à l'être humain, il s'agit maintenant de savoir comment elle est calculée.

Parmi les dépenses que le capitaliste doit prendre en compte dans ses calculs, certains coûts sont dits « fixes » (bien qu'ils intègrent eux aussi les coûts « variables » -l'homme- dans le cadre de leur activité spécifique), et d'autres « variables », qui correspondent aux coûts du travail en un lieu et en un moment donnés. Le coût du travail en Chine n'est pas le même qu'en France, car la législation du droit du travail, les taxes, les conditions de vie des travailleurs, etc, ne sont pas les mêmes partout et tout le temps. Le coût du travail, c'est donc la valeur que l'on vous attribue, en fonction de votre productivité (ce que vous êtes capable de produire en un temps donné). Le coût du travail est devenu, selon les lois du marché, la seule variable d'ajustement sur laquelle les capitalistes peuvent encore jouer, et qui détermine donc notre valeur, la valeur de l'être humain. Cela peut paraître effarant, mais c'est bien la triste vérité. La valeur de l'homme n'est un facteur au même titre que le kilo de MOX, que l'assurance ou les conditions de travail.

Le principe de la fixation du coût du travail réside dans la conception même de l'être humain, avec comme limite sa capacité à supporter l'exploitation de sa force de travail. En d'autres termes, cela signifie qu'il faut traiter l'être humain le moins bien possible (réduire les coûts), sans toutefois qu'il se révolte. Le travail des économistes (qui se trouve être en réalité un travail de psychologue) se résumant à pousser cette « variable » (vous et moi donc) jusqu'au maximum de ses possibilités de productivité, sans dépasser une limite au delà de laquelle ils n'est plus rentable de la contraindre, car alors la productivité de cette variable baisserait. Il ne faut donc pas croire que les loisirs et autres « conforts » sociaux ne sont seulement que le résultat des luttes sociales, mais plutôt qu'ils sont la nécessaire concession faite par des économistes estimant qu'au dessous d'un certain seuil de confort, notre productivité baisse. La valeur de l'homme n'est donc définie que par le rapport entre ce qu'il est capable de rapporter (sa productivité, l'effort qu'il est capable de fournir), et ce qu'il coûte pour travailler sans se révolter (conditions de travail, salaires…). C'est cela l'optimisation, et c'est cela que vous valez, que nous valons, selon le capitalisme : moins que le profit.

Cette manière de calculer la « valeur » de l'être humain remet donc en question toute la morale humaniste des sociétés, et permet d'annihiler la conception égalitaire de nos sociétés selon laquelle un homme en vaut un autre. En « calculant » la valeur de l'être humain, on s'aperçoit qu'il ne s'agit donc plus de le faire « valoir » plus, mais moins. L'homme se trouve sacrifié au profit de la rentabilité, ce qui finit par nuire à l'Humanité toute entière. Car en « moyenne » la vie d'un Chinois vaut moins que celle d'un Français, et à l'intérieur même de chaque société certains valent plus que d'autres. Les « liquidateurs » sacrifiés pour refroidir les réacteurs japonais valent moins que les dirigeants de Tepco, qui achètent la vie des liquidateurs avec l'argent qu'ils ont gagné sur le dos d'autres misérables travailleurs, au nom d'une rentabilité justifiée par un calcul erroné, une conception du monde injuste et inhumaine.

Selon cette conception, la valeur de l'être humain ne dépend plus de ce qu'il est intrinsèquement (un être humain parmi des milliards d'autres), mais de ce qu'il fait. Cela signifie que tous les calculs économiques déterminant les activités humaines sont basés sur un principe « moral » qui contredit et outrepasse les lois « naturelles » imprescriptibles de l'Homme, celles de l'égalité et de la conservation de l'espèce. Avec la détermination de la valeur de l'homme les inégalités se sont tellement creusées que selon les critères de rentabilité, certains hommes en valent des millions d'autres : cela met en péril l'équilibre de l'Humanité toute entière, et rend évidemment impossible toute démocratie.

Car la démocratie implique la définition d'une majorité, chaque individu ayant le même poids dans les décisions concernant la société. L'objectif d'une société étant la conservation de l'espèce humaine, elle considère qu'en laissant souffrir 10 personnes de la faim pour en nourrir un million, le développement d'une activité est acceptable d'un point de vue global : les 10 misérables ne se révolteront pas, et la majorité se satisfera de ce calcul, acceptant ce principe majoritaire. On peut bien sûr aller plus loin dans les proportions (jusqu'à un maximum de 49, 9% de la population, le raisonnement est « théoriquement » acceptable). Mais d'un point de vue capitaliste, le principe démocratique ne tient plus : puisque quelques hommes en valent des millions d'autres, alors on peut considérer que laisser mourir de faim 90 % des hommes est acceptable, ce qui revient à un suicide programmé de l'espèce humaine.

En considérant l'homme seulement comme une variable d'ajustement mathématique, et non plus comme l'objet de toutes les attentions de la société, le capitalisme a fait une erreur de calcul impardonnable, qui va beaucoup plus loin que la raison humaine, comme on le voit aujourd'hui : car si dans la théorie le nucléaire est rentable, elle devrait servir les intérêts de la majorité de la société humaine (50, 01%). Mais en pratique, le risque incalculable que les capitalistes ont pris en fonction de conditions purement financières met en danger l'ensemble de l'humanité, prouvant ainsi à quel point la notion de profit est supérieure à celle de la valeur de l'être humain, et à quel point le système capitaliste est entré en contradiction avec les objectifs de l'humanité. En donnant une valeur différente à chaque être humain, elle sort l'humanité du principe selon lequel chaque homme en vaut un autre, et que la conservation de l'espèce est l'objectif primordial de toute société. Car aujourd'hui, selon les critères capitalistes, à peine 10% de la population sont susceptibles de laisser mourir de faim le reste des êtres humains pour que le système continue d'être rentable… mais pas viable.

Nous aurions du nous révolter depuis longtemps déjà, car la situation n'est plus supportable depuis un bon moment. L'homme n'est pas calculable, et le capitalisme est en train de tuer l'humanité. Les solutions existent pourtant, et il ne tient qu'à nous de les réaliser. Qu'attendons-nous pour leur montrer ce que nous valons vraiment ?

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

http://lavoiedespeuples.unblog.fr


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32 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 28 mars 2011 10:49

    La démocratie ce n’est pas la majorité, ou le vote

    la démocratie commence avec l’individu et son pouvoir direct, sa voix direct dans le pouvoir : un seul citoyen vaut la voix de votre majorité : c’est l’atomisation du concept de masse pour devenir démocratie direct

    Et l’ump va encore remettre en avant une valeur travail en laquelle plus personne ne croit il suffit d’ouvrir les yeux

    VOUS VOYEZ : la production est là, le partage n’est plus là il y a pas de revenu donné, il y a pas d’achat

    il y a plus d’économie, il y a plus de pme, et il y a plus tertiaire

    chaine de causalité

    Le probleme de l’économie c’est la VALEUR

    Comment calcul t’on la valeur dans un monde ou le travail n’existe pas ?

    On partage, au moins au niveau du pays

    On partage et personne ne perd rien, tout le monde gagne plus

    Certains calcul cela en terme de l’économie dépassé

    d’autre parlent d’économie basée sur les ressources

    On produit actuellement autant de légume , de farine etc

    ON ( le cnrs, et des anglais ) ont calculé la géo démographie pour les ressources qu’on produit et qu’on produira (meme sans pétrole, ) en france et ailleurs

    vous avez au final un démographie maximale, tenons compte également d’une certaine mobilité des produits, la mobilité des personnes subsidiaire

    on peut se dire que : un pain, est un pain et on multiplie les pains pour les partager

    et on a une valeurs intrinsèque

    un des problemes de l’argent c’est qu’il peut tout valoir, mais le probleme c’est que vous l’avez compris tout ce ne se vaut pas

    si il y a assez de nourriture pour nourrir la démographie

    et si on limite la démographie a son maximum

    ce n’est plus une question de VALEUR

    C’est une question de partage


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 10:56

      NOUS AVONS LE DROIT DE VIVRE

      C’est un droit que l’on a oublié de défendre


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 10:57

      Et dans un monde ou le travail n’existe plus

      il n’y a qu’une SEULE SOLUTION : le partage dans une allocation universelle

      Owni vient de sortir un dossier complet sur le sujet avec une mitraille de plusieurs posts ciblés avec » Yoland Bresson : ’le revenu d’existence sera au centre du débat en 2012’ » ainsi que « revenu garanti, travail choisi« , « financement du revenu de vie : une bonne affaire pour les comptes publics ?« , ou encore » Revenu universel : ’la première vision positive du XXIème siècle’ »

      Rom’s blog nous propose « Dividende Universel un enjeu majeur de société » dans un blog très épuré, que j’aime beaucoup, où les mises à jour sont peu fréquentes, mais d’excellente facture ! L’auteur prend le temps de bien mûrir ce qu’il y met…

      Tête de quenelle a posté « Le match de 2012 : revenu maximal contre revenu universel » une analyse très poussée des fondamentaux philosophiques qui distinguent deux approches, l’une punitive, et l’autre incitative.

      Singularité et infosphère nous offre « La protection sociale augmente en France » et met en avant le gain énorme en coût administratif et en réduction des pertes en lignes que constituerait la réforme des mécanismes sociaux pour réaliser un revenu de base.

      Sebmusset nous a proposé son analyse sociale, économique et politique de « chroniqueur de guerre néolibérale », dans « Le revenu universel selon Corinne Morel-Darleux »

      Dominique de Villepin propose le Revenu Citoyen

      Interviewé sur le journal de 20h00 de France 2 d’aujourd’hui (24/02/2011) Dominique de Villepin propose un Revenu Citoyen de 850 € / mois (vers 5 minutes). 

      Alternative Libérale et l’Allocation Universelle de Liberté

      Allemagne : Le SPD inscrit le Revenu de Base dans son programme

      Après l’annonce à Genève par Samuel Bendahan de l’inscription de l’Allocation Universelle dans le programme du PS Suisse, c’est le SPD qui inscrit ce principe dans son programme politique officiel (Si comme moi vous ne lisez pas l’Allemand, vous pouvez consulter la traduction automatique de Google). Dans ce document pdf le SPD se positionne sur 800 € / mois pour un adulte et 500 € / mois pour un mineur.

    • Hermes Hermes 28 mars 2011 13:15

      Bonjour,

      La suppression apparente du travail est une des conséquences du modèle productiviste intimement lié au capitalisme.

      Dans les pays « développés » les temps libres sont transformés en temps de consommation de produits de divertissement et cela permet de maintenir artificiellement le besoin d’un travail rémunéré pour accéder à des « loisirs » de plus en plus virtuels.

      La réintroduction du travail comme un outil d’épanouoissement directement lié à la participation à la vie et la survie d’une communauté humaine est une nécessité. Toutefois à moins que cela s’impose suite à un écroulement du système ou à une politique autoritaire, il y a peu de chances que cela se produise de façon globale rapidement.

      Par ailleurs, dans ces deux hypothèses, cela serait vécu comme une régression : dans le premier cas, les sociétés n’auraient de cesse d’essayer de se diriger vers un mirage de confort perdu, et dans le deuxième cas le travail subi autoritairement ne produirait que l’effet inverse d’un épanouissement.

      Il est nécessaire de voir que la tendance à un confort personnel ne peut être lâchée que par un travail conscient pour dépasser une frustration liée au dépassement du désir de compenser par le confort le manque d’aimer et d’être aimé (soi-même et les autres).

      Cela n’est pas facile à admettre et à intégrer car le psychisme, comme la nature dans son ensemble marche à l’économie d’énergie, et c’est un chemin qui nécessite un investissement conscient beaucoup plus important : dépasser la frustration et poser des actes conscients sans attente de confort autre que la satisfaction d’exister et de partager avec les autres. Cela ne peut se passer que dans un flux d’énergie non conservateur et non possessif (non capitalisant donc).

      Il y a un long chemin à parcourir pour vider le langage politique et économique de son non-sens, et reconstruire par un travail personnel, un « vécu de valeur » qui développe, véhicule et porte la notion d’humanité. L’humain prend toute sa valeur quand il se met sur ce chemin.

      Le capitalisme et le productivisme ne peuvent pas calculer une valeur de l’être humain, car ils participent (avec l’assentiment tacite de la grande majorité) au maintien d’une condition humaine qui ne construit pas et ne véhicule pas cette valeur. C’est en quelque sorte complètement cohérent.

      La destruction du système ne saurait la véhiculer non plus. Dans la destruction avec toute la violence qui l’accompagne, il y a toujours la perte de la valeur humaine, car des camps s’affrontent et des pouvoirs se mettent en place.

      Une évolution consciente est à dessiner, dès maintenant au présent. Pour celà, n’attendons pas de résultat, ne soyons pas identifiés à des idéologies ou à des slogans, mais prenons repère dans notre propre vécu :

      - comment je me relationne avec les autres ?
      - quelle place je leur donne ?
      - en quoi suis-je différent de l’autre, et à quoi cela me sert-t’il  ?
      - est-ce que je vois en quoi mes jugements ne sont que la projection de mes difficultés personnelles ?
      - est-ce que je reconnais mes tensions, ma souffrance ?
      - où se situe la violence en moi-même, la possession ?

      Cela s’investigue au présent, ce n’est pas un jeu de l’esprit. Il est nécessaire de cultiver l’attention. Apprenons donc à exister et à développer un comportement basé sur une tranquillité interne, une écoute et une reconnaissance de soi-même et d’autrui.

      Si tant est qu’il existe un modèle de société qui sous-tende cette direction d’humanité, alors il émergera peut-être, mais il convient de se méfier de tout modèle et de toute recette que l’on viendrait à défendre, et d’apprendre à se donner une direction évolutive en adaptation permanente. L’humanité pour réaliser son aspiration de liberté doit apprendre à devenir insaissisable, et pour cela il est nécessaire de cesser vouloir saisir et posséder.

      Bonne journée à tous.


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 14:23

      Mec tu sais

      99% des travails ne sont glorieuxet n’appportent rien a l’individu

      il y a plus d’artisan et il y aura pas que des fonctionnaire

      donc votre idéologie transfuge

      qui voudrait que tout le monde travail

      et le principale probleme a la réalisation du passage a une société

      NON Ce n’est pas le capitalisme qui a détruit le travail

      C’est la technologie

      et la technologie continue

      et continuera

      d’avancer

      VOUS NE L’ARRETERAIT : VOUS NE REVIENDRAIS JAMAIS EN ARRIERE

      ALors faites vous soigner

      le travail est mort

      tu partages

      ou tu crèves


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 14:26

      14 millions de travail ou pseudo travail

      et les autres qui survivent comme ils peuvent et crève

      dans pas longtemps ca sera encore moins

      Tu partages ou tu crèves

      LE MONDE EST AUTOMATISE ET ÇA VA CONTINUER

      C’EST LA RÉALITÉ

      ET C’EST UN MUR QUE VOUS PRENEZ DANS LA GUEULE

      TU PARTAGES OU TU CREVES


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 14:31

      On est plus au petit débat de petit gauchiste d’il y a cent ans

      non on est plus là

      c’est terminé

      c’est fait

      il y a plus de travail

      http://singularityhub.com/2011/03/23/robot-domination-automated-factory-sorts-seals-and-ships-with-little-human-contact-video/


      Expensive lawyers replaced by cheaper software

      A Robot Stole My Job : Automation in the Recession

      Robot Domination – Look At The Making of a Memory Card

      Robot Domination : Automated Factory Sorts, Seals, and Ships With Little Human Contact

      No Humans, Just Robots – Amazing Videos of the Modern Factory

      http://www.youtube.com/watch?v=Ycd0npw39NQ

      LE travail qu’il reste : centre d’appel : les logiciels intelligent sont en train de remplacer les pov type qui avaient encore du travail de merde avec un petit chef a la con,


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 14:33

      La classe moyenne, là jeune ou vieux

      sont désormais traité comme des esclaves sous payés

      et ils

      sont

      égalemnt

      en train de se faire

      remplacer

      par des outils informatique


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 14:37

      AU lieu de relativiser

      SOrtez de votre trou, ou plutot de votre de vieu gauchiste

      vous ne trouverez JAMAIS de travail pour 10 millions de personnes

      non ca se commande pas

      Il y a qu’une seule chose a faire partager

      car tout le monde a la droit de vivre

      MAIs vous ne pourrez pas crée de travail dans ces quantités là

      Les gens se remettent a participer a la société, dans une allocation universelle

      cela ne s’appelle PLUS TRAVAILLER

      MAIS OEUVRER


    • Hermes Hermes 28 mars 2011 15:58

      Bonjour Kalki

      Vous avez l’air convaincu d’une chose : la mécanisation de la société va supprimer définitivement le travail. Je respecte cette conviction : le monde des machines est une chose impressionnante de complexité et d’intelligence.

      Je n’affirmerai quand a moi qu’une seule chose : la mécanisation de la société créée des machines. Trivial ? Pas forcément : les machines il faut ensuite les entretenir, les approvisionner en énergie, les réparer (assitance, dépannage etc.), les remplacer (elles tombent en panne), gérer tous les approvisionnements qui sont nécessaires en matières premières, recycler les déchets d ela production, etc.

      Par ailleurs, il faudrait non seulement partager la production des machines, mais aussi les machines, non ? Des pistes pour y arriver ?

      Et ces machines, elles devront fonctionnent dans une optique productiviste pour que l’utopie de la disparition du travail ait une chance, car si elles ne sont pas concentrées, il en faudra beaucoup, et donc beaucoup de personnes pour les faire fonctionner.

      Si elles sont concentrées, elles généreront dans la tendance actuelle une pollution et une exploitation des ressources concentrées, et utiliseront de l’énergie concentrée. Les nuisances devront être réparées, encore du travail....

      Franchement, je ne vois pas en quoi les machines sont en soi une solution. Il faut une éthique de la mécanisation pour qu’elles soient un atout intéressant peut-être, mais pas la solution.

      Pour revenir à mon propos que vous éludez rapidement, à supposer qu’une éthique de la mécanisation soit élaborée pour permettre le bon usage des machines, elle ne se fera pas sans les hommes, et une transformation radicale de leurs motivations profondes.

      N’oubliez pas que ce ne sont pas la même personne qui découvrent et qui utilisent la découverte pour détruire ou assoir son pouvoir ou générer du profit pour son propre compte. Ce ne sont pas les mêmes profils de personnes. L’un n’est pas meilleur que l’autre d’aileurs, et aujourd’hui ils se complètent dans la mise en place de systèmes anti-humains dû à leur absence de conscience globale.

      Au lieu de chercher à trouver une solution externe (machines ou autres d’ailleurs), le développement d’une attitude interne (autant basée sur le coeur que l’intelligence) qui garantisse une direction d’humanité me semble une condition incontournable.

      J’espère que ce commentaire met mieux en perspective le précédent.

      A bientot peut-être.


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 18:40

      Sortez de votre trou

      bordel

      QUand vous avez une usine 120 % automatisé

      capable de s’auto réparer

      avec des robots travailleur

      Quand on peut tout produire et tout recopier , après l’immatériel, le matériel

      quand on colonise l’espace avec de la robotique autonome

      QUand la creativité, les relations humaines, et l’intelligence

      ne sont plus rien face a la machine :

      il serait vraiment temps

      de réviser

      vos positions qui datent en fait de 40 ans

      Vous devez avoir peur , dans un premier , réellement peur

      car l’être humain NE VAUT PLUS RIEN

      C’est le point de départ, la première chose dans le processus de compréhension, ouvrir les yeux et analyser

      LA SEULE QUESTION A VOUS POSER :

      VOUS CROYEZ VOUS PLUS PUISSANT QUE WATSON ? A JEOPARDY ?

      Non vous ne l’êtes pas

      Tous comme, tous les métiers judiciaires, comme bien des métier de la santé, vous savez pas il y a des nouveaux logiciels : plus besoin d’expert, plus besoin de médecin, plus besoin d’analyste,

      avec des gadget de la taille d’une piece : qui arrive cette année en vente aux usa, vous saurrez tout ce que vous avez comme maladie, physiologique biologique, mentale, cancéreuse

      C’est génial

      On vire 10 000 poste dans la santé , ca sera vite compensé

      Tout comme dans l’éducation : un gosse apprend plus sur une machine, et la co éducation ca existe, plus besoin d’un professeur, mais d’un correcteur personnalisé

      Et en corré du sud, c’est meme une machine qui joue se role

      VOus ne connaissez pas le monde dnas lequel vous vivez

      Vous ne savez pas ou l’on va

      Je vous donne 2 sites, vous lisez les 4000 pages

      et après seulement vous pouvez venir me dire votre avis, un peu plus éclairé, car pour le moment vous n’êtes pas au courant

      http://nextbigfuture.com/

      http://singularityhub.com/

      http://www.kurzweilai.net/

      http://lifeboat.com/ex/main

      Contrairement a ce qui habite votre réalité, le progrès ne s’est pas arretté a l’usine, la voiture et la bombe atomique

      Votre téléphone portable, est plus puissant que votre ordinateur

      Votre ordinateur est plus puissant que vous, sauf pour quelque tache donné ou il faut un processeur adapté mais sinon il est plus puissant

      Demain ...

      L’immortalité, et la mort

      A quoi sert des humains quand il ne servent a rien et qu’il est dépassé ? Pour ceux qui ont le pouvoir ?

      Vous devriez avoir peur, si vous n’avez pas eu peur, vous n’avez pas compris


    • Kalki Kalki 28 mars 2011 18:53

      De tous ces dangers technologiques, et les nouvelles promesses

      Le plus grand danger reste l’homme

      L’homme, actuel

      Le point d’entrée dans la singularité, l’entrée dans le nouveau système qui réagira au quart de tour

      Le danger c’est certains hommes

      >Qui ont déjà les mains sales

      > Et de très mauvaises intentions

      > Et qui vont obtenir des pouvoirs (technologiques ) qui dépassent votre entendement

      Une seule personne peut détruire toute l’humanité, une seule volonté

      Une seule volonté peut conquérir la planète

      Une seule volonté peut choisir les voies vers les futurs

      Il en suffit d’une seule

      Etant donné la réaction de nos dirigeants face a tous les possibilités de la technique et le fait justement qu’ils ont pour but initial de nous tuer, car ils veulent tous sauf créer une société et partager

      Nos chances de survie sont nulle

      Alors Sachant ceci vous avez 2 solutions soit : la résignation, soit la rage

      tic tac votre temps est compté


    • Hermes Hermes 29 mars 2011 11:49

      Bonjour,

      Je vous rejoins totalement sur le danger humain. Mais c’est aussi la seule voie possible : l’humain. A condition qu’il ne soit pas aveuglé par la rage ou la passion destructrice ni appeuré dans la résignation et la soumission.

      Ne pensez vous pas qu’il existe une autre attitude possible ? J’ai essayé de développer cela plus haut.

      Bonne continuation.


    • Georges Kaplan Georges Kaplan 29 mars 2011 18:50

      L’idée d’une allocation universelle a été développée en premier – sauf erreur de ma part – par Jacques Marseille. C’est en effet une très bonne idée.


    • JL JL 29 mars 2011 19:42

      Revenu universel ?

      Kalki, Kaplan, Marseille Foufouille, kitamissa, ... rien que du beau monde !

       : -))


    • interlibre 28 mars 2011 11:11

      A l’arrivée le capitalisme financier aura fait plus de morts que tout les « isme » réunit.


      • Georges Kaplan Georges Kaplan 29 mars 2011 18:52

        Probablement l’affirmation la plus stupide et magistralement fausse qu’il m’ait été donné de lire cette semaine ; et pourtant la concurrence était rude…


      • JL JL 28 mars 2011 11:13

        Bonjour caleb irri,

        je suis d’accord avec votre analyse présentée ici.

        Je voudrais rebondir sur ça : « Le facteur capital est aisément intégrable dans des calculs, et cela malgré de très nombreuses données »

        C’est vrai si par facteur capital on ne considère que le capital stricto sensu et que l’on néglige le capital environnemental et les infrastructeures. Vous les intégrez semble-t-il, peu ou prou dans le facteur travail.

        Pour exprimer une métaphore qui me parait corrrespondre à votre démonstration, je dirai que la rentabilité d’une entreprise capitaliste est évaluée de la même façon que l’on a coutume d’évaluer le rendement des pompes à chaleur : on ne calcule que l’énergie qu’on paie, pas celle qui est prélevée gratuitement sur l’air ou l’eau ambiants, et c’est ainsi que l’on arrive à des rendements supérieurs à 100%. (*)

        Mais cette similitude est un peu logique : aujourd’hui, toutes les entreprises capitalistes sont devenues des pompes à phynance (**)

         smiley



        (*) Mais ce rendement supérieur à 100 % ne permettra jamais de parler de mouvement perpétuel, par définition.

        (**)  « Sérieusement, vous croyez vraiment que Peugeot produit des voitures, Michelin des pneumatiques et Aventis des médicaments ? Bien sûr que non ! Ils produisent des profits. » (Jean Pierre Berlan)

        Le même JPB écrivait ici :’« La main invisible du marché, c’est pour les Bisounours, c’est quand tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Faut arrêter : le marché, c’est la jungle. […] Les néolibéraux, c’est des grands malades, ces mecs-là ! Friedman et toute sa bande… C’est eux qui ont mis en place la politique économique de Pinochet, au Chili ! Et c’est enseigné dans toutes les écoles de commerce ! C’est des psychopathes ! »


        • Georges Kaplan Georges Kaplan 29 mars 2011 18:41

          Cette citation de Jean Pierre Berlan vaut en effet  son pesant de cacahuètes ! J’imagine difficilement que l’on puisse démontrer plus de mauvaise foi, d’ignorance de l’histoire des idées et d’imbécilité partisane en si peu de mots.

          « La main invisible du marché, c’est pour les Bisounours, c’est quand tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. »

          Ici Berlan nous démontre qu’il n’a rien compris à l’idée de la « main invisible ». Entendons nous bien : on a le droit de ne pas partager le point de vue d’Adam Smith ; ce qui est frappant ici c’est que Berlan ne l’a pas compris (ce qui, de toute évidence, signifie qu’il n’a jamais lu ni Smith ni quelqu’un qui expliquait l’idée). Ce n’est pourtant pas très compliqué : il y a même un article sur Wikipédia.

          « Les néolibéraux, c’est des grands malades, ces mecs-là ! Friedman et toute sa bande… »

          Outre que « néolibéraux » est un néologisme néocon répété comme un mantra pas des gens trop paresseux ou malhonnêtes pour distinguer d’une école de pensée à une autre ; le « Friedman et toute sa bande » confirme que Berlan dispose en la matière d’une culture qui confine au risible. Parle t’il des monétaristes, des keynésiens, des autrichiens.. ? Allez savoir, lui-même ne sait visiblement pas…

          « C’est eux qui ont mis en place la politique économique de Pinochet, au Chili ! »

          La grande classique ! Je l’adore celle là : c’est l’arme présumée fatale de tout les staliniens, maoïstes et autre nationaux-socialistes qui ont, pendant des années, cherché à trouver une collusion – aussi infime soit-elle – entre un économiste libéral et une dictature. Après bien des efforts, ils ont trouvé ça – Friedman et Pinochet – et appliquent le vieux principe de Goebbels : « La plus brillante des techniques de propagande ne donnera aucun résultat à moins qu’un principe fondamental ne soit constamment gardé à l’esprit – elle doit se confiner à quelques points et les répéter encore et encore ».


        • JL JL 29 mars 2011 19:29

          Kaplan,

          nous savons tous ici que vous êtes ultra libéral de chez ultralibéral. Avec les gens comme vous, on ne peut jamais avoir d’écha,ge sur le fond : vous naviquez entre attaques ad’hominem et arguments d’autorités, parce que vos tgèses ne tiennent pas la route, et vous le savez.


        • sh_yoda 28 mars 2011 14:07

          Le capitalisme comme le résumait Coluche, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme.

          Chaque habitant de cette planète, qu’il soit d’accord ou non avec cette idéologie, en récolte aujourd’hui ses semences.

          On ne peut que constater, par de multiples exemples du mode de vie occidental axé sur la survie par la compétition, que cet étau de l’exploitation individuelle ne cesse de se resserrer, n’entrainant pour autrui que chomage ou frustration, donc un monstrueux cercle vicieux de la dictature de la bien-pensance, qui ne peut au final aboutir uniquement vers une oligarchie liberticide mondiale.

          Victime ou profiteur, qui d’autre que les dirigeants peut se vanter d’être épanoui aujourd’hui ?

          Soumets-toi, écrase les autres ou crève. Le capitalisme est une survie où il faut vendre son cul pour réussir. Réussir à perdre son humanité. Personne n’a rien gagné.


          • Abou Antoun Abou Antoun 28 mars 2011 22:15

            Le capitalisme comme le résumait Coluche, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme.
            Et le socialisme c’est le contraire.


          • Georges Kaplan Georges Kaplan 29 mars 2011 18:47

            sh_yoda,

            « Chaque habitant de cette planète, qu’il soit d’accord ou non avec cette idéologie, en récolte aujourd’hui ses semences. »

            On pourrait vous objecter que le « capitalisme » n’est pas une idéologie mais le nom donné par ses opposants à un système économique dans lequel la propriété des moyens de production est détenue par des personnes privées… Mais restons simple tant la tâche à accomplir est immense.

            Juste un point cependant : certains habitants de la planète échappent complètement au « capitalisme », vous les trouverez en Corée du nord.


          • xbrossard 29 mars 2011 12:13

            @l’auteur

            « Selon cette conception, la valeur de l’être humain ne dépend plus de ce qu’il est intrinsèquement (un être humain parmi des milliards d’autres), mais de ce qu’il fait »

            même pas, puisque si c’était le cas, on donnerait du pouvoir aux salariés en proportion de ce qu’ils rapportent...or actuellement, un salarié travaille pour une entreprise qui est une personne morale, esclave de ses possédants...donc les salariés travaillent pour un esclave et n’ont aucun pouvoir sur les décisions de cet esclave, se sont donc eux même des esclaves


            • xbrossard 29 mars 2011 12:17

              @l’auteur


              « il ne faut donc pas croire que les loisirs et autres « conforts » sociaux ne sont seulement que le résultat des luttes sociales, mais plutôt qu’ils sont la nécessaire concession faite par des économistes estimant qu’au dessous d’un certain seuil de confort, notre productivité baisse. »

              c’est tout à fait vrai, d’ailleurs je pense que peu de personnes ne se doutent de l’impact des jeux vidéos et de la culture quasi gratuite par internet a eu sur la paix sociale depuis 2 décennies.

              D’ailleurs je pense que si l’état décide d’un tour de vis sur le piratage (loi Hadopi et autres conneries), il risque d’y avoir un retour de baton et des conséquences que personne n’est capable d’évaluer.

              La situation actuelle est un contrat tacite entre le peuple et les élites :« vous nous préssurez mais en échange on veut avoir droit à la culture et l’abrutissement de masse (télé, jeux vidéos) pour 3 fois rien » si on supprime ça, la révolution viendra très rapidement...

              • Georges Kaplan Georges Kaplan 29 mars 2011 18:17

                Imaginons, si vous le voulez bien, que le « capitaliste » ne cherche à aucun moment à donner une valeur à l’homme mais à son travail dans un contexte donné. Par exemple, on pourrait penser qu’un salarié est un individu qui décide de louer ses compétences et son travail à un « capitaliste » qui en a besoin. En fait, le salarié serait alors comme le patron d’une toute petite entreprise dont l’activité consiste à louer son travail à de plus grosses entreprises.

                Bien sûr, si on part dans cette voie, l’idée selon laquelle les « capitalistes » auraient attribué une valeur à l’être humain en tant que tel relèverait – au mieux – du doux délire.


                • xbrossard 30 mars 2011 09:53

                  @Georges Kaplan


                  sauf que si vous généralisez ce que vous dites (ce que vous ne faites pas, peut-être sciemment...), le salarié se louerait à une entreprise comprenant elle-même des salariés qui se louent à l’entreprise moins eux, etc...etc...

                  d’où la finalité est qu’il n’y aurait pas de grosses entreprises, mais que des entreprises individuelles où tout se ferait de gré à gré par des contrats 

                • Georges Kaplan Georges Kaplan 30 mars 2011 12:05

                  Oui, c’est un peu ça. Il y a de grosses entreprises qui produisent des trucs ou des services qui louent le travail de petites entreprises dont l’activité consiste à proposer la force de travail de leur unique actionnaire. Entre les grosses et les petites, on passe des contrats mais ces contrats ne sont pas vraiment libres parce que le gouvernement a décidé que les petites entreprises devaient avoir un statut spécial – on appelle ça le « salariat ».


                • JL JL 30 mars 2011 10:43

                  « Imaginons, si vous le voulez bien, que le « capitaliste » ne cherche à aucun moment à donner une valeur à l’homme mais à son travail dans un contexte donné. » (kaplan)

                  Le capitaliste n’est pas un bienfaiteur de l’humanité, ça se saurait !

                  Comme je l’ai écrit plus haut, les deux piliers de l’entreprise capitaliste en régime productiviste - produire plus que nécéssaire, dans le seul but de faire du profit - sont, d’une part, la captation de la plus value du travail, d’autre part, la transformation des patrimoines collectifs en patrimoines privés.

                  Il est clair que les deux facteurs de profit seront, d’une part l’importance de la captation de la plus value sur le travail, d’autre part la modicité du coût à payer pour la captation-destruction des patrimoines collectifs.

                  Par exemple, une multinationale qui extrait du minerai en Afrique fera une excellente affaire en profitant de la présence d’un pouvoir colonial qui lui permettra de ne pas payer ces ressources à leur juste prix ; de ne pas être inquiétée par des revendications locales, lesquelles seront réglées par le pouvoir militaire local inféodé ou envoyé par la métropole. Et de ne rien payer pour ce service rendu à l’insu du plein gré des métropolitains à qui l’on racontera que nos armées sont là-bas pour y installer nos valeurs délmocratiques et empêcher les vilains dictateurs de génocider leurs peuples. 

                  Autre exemple de pillage de patrimoines collectifs, l’utilisation gratuite d’infrastructures, à l’instar d’un passager clandestin, par le fait d’exonérations fiscales obtenues par le chantage à l’emploi, quand ce n’est pas des subventions.

                  Enfin, en vendant des objets inutiles et prématurément obsolète, l’entreprise ne contribue à aucune augmentation de patrimoine individuels modestes susceptibles de s’accumuler, mais crée au contraire, des patrimoines individuels considérables qui en s’accumulant progressent de manière exponetielle.

                  Bref, l’entreprise capitaliste dans un système productiviste est une formidable machine à créer de l’inégalité. Pour mettre fin à la spirale infernale, il faut réhabiliter l’impôt sur les sociétés. Pour cela il faut en finir avec la théorie de libre échange, de la globalisation libérale.

                  Mais pour y arriver, il faut mettre dehors les néolibéraux que sont en France, Sarkozy, et en GB, David Cameron surnommé l’homme de fer en hommage à Margareth Tatcher, sa mère spirituelle.

                  Il faut mettre fin à la globalisation libérale : le libre échange enrichit les riches et appauvrit les pauvres : le libre échange est l’idéologie des riches aussi surement que le marxisme est l’idéologie des pauvres.


                  • Georges Kaplan Georges Kaplan 30 mars 2011 12:13

                    JL,

                    Je partage vos critiques des collusions entre Etats et entreprises privées. Si c’est ce que vous entendez par « capitalisme » alors moi aussi je suis contre.

                    Ce qu’on appelle du libéralisme économique, c’est un système dans lequel c’est le marché qui prime ; pas le producteur ni le consommateur mais le marché qui existe entre les deux. Dans ce système, quand un producteur produit trop de trucs, il se retrouve avec du stock et il perd de l’argent.

                    La « la captation de la plus value du travail » est en fait une vue de l’esprit et une des principales erreurs commises par Marx. Je vous expliquerais ça si ça vous intéresse.

                    Nous sommes – aujourd’hui, en France – très loin de vivre dans un régime libéral.

                    Pour ce qui est des effets de la « mondialisation libérale », je vous suggère cette petite vidéo.


                  • JL JL 30 mars 2011 12:42

                    kaplan,

                    quand un libéral commence par : « Je partage vos critiques des collusions entre Etats et entreprises privées », je me dis que je ne me suis pas bien fait comprendrre.

                    De fait, je n’ai pas tout dit de ma pensée.

                    Entre l’Etat corrompu par les lobbies et l’Etat réduit à sa plus plus simple expression à savoir, les instituts de gestion de la propriété et les forces de l’ordre pour les faire respecter,
                     
                    Entre le fascisme d’Etat et le totalitarisme du marché, la seule alternative et qui est tout sauf libérale qui soit laissée aux citoyens c’est de choisir une fois tous les 5 ans entre peste et choléra : les médias des possédants appellent ça la démocratie, qui consiste à donner les pleins pouvoir aux gugusses qui ont le mieux trompé leur monde.


                  • xbrossard 1er avril 2011 10:08

                    @Georges caplan


                    « La « captation de la plus value du travail » est en fait une vue de l’esprit et une des principales erreurs commises par Marx. Je vous expliquerais ça si ça vous intéresse »

                    justement non, c’est le coeur du problème, tout le reste n’est qu’accessoire ; ce qui pose le problème à la base, c’est cette captation qui est injustifié et illégitime, et qui perpetue les inégalités et les injustices du système.

                    Quand une banque me prête de l’argent, je lui rembourse avec un intérêt défini à l’avance ; si je gagne plus avec son argent, elle n’a aucune raison d’avoir plus. Or, dans le cas du capitaliste, si je produit plus, la plus-value augmente et il gagne plus, et je ne suis absolument pas garanti de gagner plus (on va même dire que c’est rarement le cas...). 

                    Quel est la légitimité du capitaliste par rapport à la banque ? en quoi apporte t’il plus qu’une banque ? son travail ? mais il est déjà rénuméré par un salaire intégré dans les coûts...

                    J’ai beau y réfléchir, je ne voit pas la valeur ajoutée d’un capitaliste par rapport à une banque...
                    Le système fonctionnerait bien mieux sans capitalistes, mais seulement avec des banques comme apporteurs d’argent.

                    A la limite, le seul autre système qui marcherait serait de réserver l’actionnariat aux seuls salariés de l’entreprise puisque là encore les seuls qui toucheraient plus seraient ceux qui participeraient à l’effort consenti ; il est quelque part scandaleux que ce soit des étrangers à l’entreprise qui tirent les marrons du feu...

                    N’oublions pas qu’historiquement les capitalistes ont pris le pouvoir par la force à la révolution en profitant du peuple, à ceux qui eux même avec pris le pouvoir par la force (la noblesse). Il n’y a rien de « naturel » ou de « légitime » là dedans

                    Doit-on attendre que le peuple lui même prenne le pouvoir par la force ? j’en ai bien peur

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