Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Le monde est-il gouverné par Goldman Sachs ?

Le monde est-il gouverné par Goldman Sachs ?

Qui n’a pas entendu - au moins une fois dans sa vie - parler de Goldman Sachs, cette Banque créée aux USA en 1869 par l’association d’un immigrant Allemand, Marcus Goldman, avec son beau fils, Samuel Sachs ? Introduit en bourse seulement en 1999, cet établissement suscite des réactions toujours passionnées, réussite suprême pour certains, incarnation par excellence de la manipulation et de l’avidité humaines pour d’autres... Quoi qu’il en soit, son bénéfice record de 3.44 milliards de dollars au deuxième trimestre 2009 aura suffi à me sortir de ma torpeur estivale où j’étais si confortablement installé. 

Je plante le décor : Goldman Sachs, qui venait tout juste il y a quelques semaines de restituer au Gouvernement Fédéral Américain 10 milliards de dollars reçus en 2008 dans le cadre du plan de sauvetage ( TARP ) voit ainsi son bénéfice bondir de 65% d’année en année et ce à l’issue de la crise financière et économique la plus grave depuis 1930. En conséquence, Goldman s’apprête à distribuer en moyenne à ses 29’000 salariés un revenu global moyen estimé par les analystes de Wall Street de l’ordre de 770’000 dollars par tête ! Cette somme, double du salaire du Président des Etats-Unis d’Amérique, provoque bien-sûr l’ire de certains membres du Congrès US qui protestent en faisant valoir que, l’économie étant encore loin d’être rétablie, Goldman ne peut avoir un comportement de "business as usual"...

La crise du crédit a-t-elle vraiment eu lieu ?

Comparée parfois à un vampire se précipitant pour parasiter et profiter de tout ce qui est susceptible de lui profiter, Goldman est au centre de toutes les théories conspirationnistes : De ceux qui soulignent son omniprésence au coeur du pouvoir politique Américain à ceux qui la soupçonnent de manipuler en sa faveur la politique monétaire US en passant par ceux qui l’accusent d’avoir créé les subprimes ayant abouti à la débâcle que l’on sait, les détracteurs de Goldman Sachs sont légion.

Disposant certes d’arguments intéressants et crédibles, ceux qui vouent ainsi Goldman aux gémonies passent pourtant à côté d’un fait essentiel et qui expliquerait en grande partie le succès phénoménal de cette Banque : ses cadres dirigeants excellent tout simplement dans leur métier. Et si, à mesure que le monde émerge progressivement de cette terrible crise, les profits de Goldman étaient tout bonnement dus à une nette augmentation des volumes traités en Bons du Trésor, Devises et autres matières premières ? Et si, à la faveur de la spectaculaire appréciation boursière, il était tout simplement naturel que les banques d’investissement comme Goldman augmentent considérablement leurs profits du fait de leur intermédiation dans le cadre de levées de fonds de sociétés, de Banques et d’Etats en mal de liquidités ? Pour preuve : l’Etat de Californie ayant levé 6.9 milliards de dollars, Arcelor Mittal ayant levé 4 milliards de dollars ou HSBC ayant levé 19.6 milliards de dollars en sous traitant par le biais de Goldman Sachs...

Pour autant, - et comme d’habitude - la substance même de ces bénéfices laisse deviner une face cachée : ces profits gigantesques de Goldman ne sont-ils précisément pas tout aussi redevables à une compétition qui se retrouve laminée, voire sur le carreau ? Qui reste-t-il en fait face à Goldman ? Lehman disparus. Bear Stearns sauvés in extremis par JP Morgan. Merrill Lynch sauvés par Bank of America. Citigroup et UBS sous perfusion. "And the winner is " : Goldman Sachs, grand vainqueur de la crise...

Tout s’éclaire subitement : on comprend pourquoi elle a appliqué - ou imposé - une hausse de ses tarifs d’intermédiation. On comprend également le sobriquet dont elle est affublée : " Government Sachs"... Et pour cause, depuis Henry Paulson, le précédent Secrétaire d’Etat au Trésor et architecte du plan de sauvetage bancaire ( TARP ) à Robert Rubin ayant servi au même poste sous Clinton, l’élite de Goldman n’a eu de cesse de se dévouer au service des finances fédérales ! Morceau choisi des tenants de la théorie de la conspiration : N’est-il pas de notoriété publique que Paulson aurait décidé de ne pas secourir Lehman à caise de sa haine contre son patron Dick Fuld ? ... Et tant pis si cet épisode a failli provoquer au passage un cataclysme global !

Une certitude : Le remboursement de ses 10 milliards à l’Etat Fédéral permet aujourd’hui fort opportunément à Goldman de rémunérer généreusement ses cadres, débarrassée ainsi de l’emprise Gouvernementale.

A se demander si Goldman ne fait pas tout pour être détestée.
 

Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (32 votes)




Réagissez à l'article

88 réactions à cet article    


  • tonton raoul 17 juillet 2009 10:23

    C’est idem pour JPMorgan Chase dont j’ai suggéré l’achat ya pas longtemps

    Mais pour le complotisme, le nom à consonne juive de Goldman Sachs est évidemment + porteur

    • Capone13000 Capone13000 17 juillet 2009 10:32

      JPMorgan est la propriété de David Rochefeller


    • tonton raoul 17 juillet 2009 11:09

      j’me disais aussi, comme si les non-juifs étaient capables de gagner du fric


    • tonton raoul 17 juillet 2009 11:12

      même les arabes sont devenus juifs ... c’est dingue hein ?


    • Alpo47 Alpo47 17 juillet 2009 13:04

      Lorsque tout s’écroule et que, quelques uns en tirent profit, je trouve de bon sens de ce demander quelle est leur implication. http://www.alterinfo.net/Crise-financiere-les-Etats-americains-au-bord-du-precipice_a34621.html
      Cela a au moins le mérite de nous montrer où sont nos ennemis.


    • plancherDesVaches 17 juillet 2009 14:04

      Laissez surtout tonton raoul (tall) dans ses rêves.

      Un petit porteur se fait toujours avoir.
      Ainsi, lorsqu’il s’apercevra que ces actions chutent, il revendra.

      Souci : cela m’étonnerait fort qu’il nous dise quel est son bénéfice réel en oubliant pas le coût des commissions d’achat et de vente.....

      Désolé, tall. Mais tu es sencé être majeur, mon garçon.


    • tonton raoul 17 juillet 2009 14:26

      plancher


      j’ai annoncé ici mes petits « coups » à l’avance, et ça s’est vérifié plein-pot
      et il fallait quand même un peu de cran à l’époque ( fin 08 - déb 09 ), car l’ambiance médiatique sur le sujet était au noir intersidéral pour x années

      note que tu as raison pour les petits porteurs... dont je suis
      mais moi, je n’ai fait qu’exploiter l’opportunité temporaire d’une période hors-norme
      et je compte tout liquider cette année, et puis c’est fini
      car si je n’y connais rien en boursicotage, je l’admets...mais j’ai par contre une longue expérience des paris en tous genres, et vu des 2 côtés du guichet
      et cette expérience-là m’a énormément aidé... 
      exemple : il ne m’a pas fallu des mois pour comprendre que les médias boursiers, c’est du flan... c’est ce que le Paris-Turf est au tiercé, en fait
      pour les résultats, ça va, mais pour les pronos : c’est du bel enfumage

    • tonton raoul 17 juillet 2009 14:32

      on pourrait comparer la bourse au poker d’une certaine façon

      c’est pas la peine de s’asseoir à une table avec une cave de 1000$ si les autres en ont 1 million devant eux
      moi, je me suis glissé à la table au beau milieu de la panique, et j’en repars dès qu’ils se ressaisissent


    • plancherDesVaches 17 juillet 2009 14:36

      Ca se confirme : tu n’annonceras aucun chiffre.

      Notes, mon métier m’oblige à compter au centime près.... Mais ce n’est pas pour ça que je suis radin. Non. Je suis calculateur de risque.
      Ainsi, lorsque ma société n’entretient pas son outil de travail, je vois la dette monter. Passons.

      Le jeu : il y a un moins un gagnant. La bourse, en tant que petit porteur : tu ne peux que perdre. Comme dans les casinos : les dés sont aussi pipés que pour les bandits manchots. Lorsque l’on voit les palais qui les abrite : on comprend trés bien.

      Chacun sa religion, tall... et je ne te demande surtout pas de considérer mon point de vue : il détruirait le tien.
      Sans rancune.

      Et comme dans les tontons flingueurs : si tu prends un pain, tu ne comprendras même pas pourquoi... lol
      Film culte pour moi.


    • tonton raoul 17 juillet 2009 14:42

      mais c’est ce que je dis pour la bourse... tu lis une ligne sur 3 ?

      et pour les chiffres... tu veux pas les mensurations de ma femme aussi ?

    • Alpo47 Alpo47 17 juillet 2009 14:46

      Et pour répondre plus directement à la question en titre : 

      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2774&nbsp ;


    • plancherDesVaches 17 juillet 2009 14:46

      Tu as posté pendant que j’écrivais, balot.

      Ta femme... non, merci. Te connaissant...


    • tonton raoul 17 juillet 2009 15:11

      bonjour le niveau .... 

      le pseudo « fosse-à-purain » serait + approprié

    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 juillet 2009 23:02

      Une lutte titanesque est en cours. En affichant ses profits GS provoque et met au défi Obama de nationaliser les institutions financières et de mettre fin à la crise par une action politique. S’il ose le faire, nous aurons une nouvelle société. Pas nécessairement meilleure, dans l’immédiat, mais différente.


      http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/07/12/barack-le-rouge/

       S’il ne le fait pas, le capitalisme se gagne un sursis et nous aurons une spectaculaire décadence. Des trillions d’argent sans valeur vont encore s’échanger avant que la banque ne saute définitivement. Cela me rappelle la reprise de Hong-Kong par la Chine, il y a 10 ans, quand on spéculait encore sur l’immobilier à la hausse, quelques mois avant la passation des pouvoirs. Les vrais pros à nerfs d’acier misaient sur un dernier profit avant que la musique ne s’arrête. Il y avait une ambiance du tonnerre....

      Mais à moins d’un cataclysme, cet ultime sursaut du capitalisme ne prévaudra pas contre la volonté de pouvoir de s’affranchir des financiers. C’est pour ça que la situation est si dangereuse et que je lis sans préjugés des théories auxquelles en d’autres temps je n’accorderais pas la moindre attention.


      Pierre JC Allard

       

    • plancherDesVaches 19 juillet 2009 18:47

      Mr Allard.

      Vous semblez vous affoler pour la perte de ces 9 000 milliards de dollars (pas retrouvés depuis 8 mois....)
      Mais je vous rassure : ceci est bien réel et montre la totale hypocrisie dont ils sont capables.
      (et en France, ça commence à bien venir....)

      Ces 9 000 milliards étaient juste nécessaires pour graisser quelques pattes à droite et à gauche afin de maintenir une emprise de plus en plus difficile.

      De là à ce qu’ils aient un rapport avec les 134,5 milliards miraculeusement retrouvés entre l’Italie et la Suisse, tout est permis, lorsque l’on voit le système sous un autre angle.
      http://www.bakchich.info/Criminels-terroristes-dictateurs,08233.html


    • Capone13000 Capone13000 17 juillet 2009 10:30

      Cette banque manipule les marchés grace a ses logiciels hypersophistiqués qui anticipent les évolutions de cours et passent des ordres automatiquement.
      C’est la propriété des banksters internationaux qui ont voulu et provoqué cette crise économique pour plus raisons mais cela leur permet de racheter à moindres couts les entreprises en train de sombrer.

      Paul Craig Roberts vient de déclarer que le secrétaire au trésor Tim Geithner ne travaillait pas pour le peuple américain mais pour Goldman Sachs.
      Vidéo à voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=XcQJSFJKvy0


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 juillet 2009 23:13

        @ Capone : NON. Vous pensez encore à un élément de risque qui n’existe plus. Le capital gagnant est celui qui joue main dans la main avec l’État. Il arrive ce qu’on décide qu’il arrivera. Le risque est au palier des intrigues et des trahisons au sein de la symbiose Capital-État.


        « Les variables qui déterminent le succès d’une spéculation sont toutes aujourd’hui directement ou indirectement sous le contrôle de l’État. Même si c’est une catastrophe naturelle qui déclanche une occasion d’affaire, c’est la réaction de l’État pour faire face à la catastrophe qui sera au coeur de la spéculation qui en résultera.

        Toutes les roulettes sont mises en mouvement par l’État et seuls peuvent y gagner les amis de ceux qui les font tourner. Seuls ceux qui agissent de connivence avec l’État peuvent désormais spéculer et gagner. Les gros pontes jouent toujours avec la banque. 

        Ceux qui jouent en s’en remettant au hasard ou même à leur honnête sagacité pour spéculer seront vite ruinés. »



        Pierre JCAllard



      • John Lloyds John Lloyds 17 juillet 2009 10:46

        S’il y a une institution dont il faut mettre en doute tous les chiffres officiels, c’est bien Goldman Sachs, cet état dans l’état baptisé avec raison « government Sachs ». Outre les doutes que peuvent susciter les récents changements des normes comptables, derrière lesquels on ne sait encore quelle ligne comptable abyssale, planquée derrière ces apparents bons résultats, sortira un de ses prochains bilans, on comprend fort bien pourquoi cette antichambre du gouvernement s’est empressée de rembourser les généreuses avances du TARP. C’est que les loulous vont bien s’engraisser sur le dos des millions de déshérités qu’on met à la lourde de chez eux (et dont le chiffre s’est aggravé de 15% ce mois-ci).

        J’aurais aimé que vous parliez un peu, Mr Santi, de cette machine à faire tourner à vide le système boursier, une planche à billets revue et corrigée, version intervention financière massive de fin de séances en bourse, qui maintient, comme Atlas maintenait le globe, un Dow Jones ou un CAC40 qui auraient dus plonger depuis quelques mois :

        « Autrement dit, Goldman Sachs »tourne du papier« — des centaines de millions de titres et des centaines de milliers de contrats par jour. La firme assure ainsi la liquidité, qui sans cela serait en chute libre, comme sur le Dow ou le CAC 40 depuis trois mois... mais cela ne rajoute pas un dollar dans le système financier. »

        Oui, assez bon article, qui a le mérite d’attirer l’attention sur cette escroquerie planétaire qu’est Goldman Sachs, mais qui mériterait toutefois une analyse approfondie sur la qualité d’illusionniste de cet appareil d’état. Car quand le numéro de prestidigitation prendra fin, tout ce qui tient encore debout s’effondrera.

        _____________________________________

        Alerte Info


        • Reinette Reinette 17 juillet 2009 14:56

          ah ! Tonton, l’aventure


          « Il y a des circonstances où il faut s’abstenir de jouer à la bourse, aux courses, au baccarat ou à la roulette : primo, quand on n’a pas les moyens et secundo, quand on les a. »

          « Si je travaille, c’est dans le but unique de subvenir à mes débauches... »


          Alphonse Allais




        • tonton raoul 17 juillet 2009 16:58

          c’est mon film préféré, reinette... et dieu sait que la concurrence est vaste

          ausi subversif que tordant

        • tonton raoul 17 juillet 2009 23:29

          te moque pas, reinette ... être un grand sensible, c’est pas tous les jours facile


        • Reinette Reinette 18 juillet 2009 12:32

          je me moque pas tonton Raoul, pas du tout ...

          comme disait Edward Franklin Albee

          « Le signe le plus évident d’un cancer social... c’est la disparition du sens de l’humour. Aucune dictature n’a toléré le sens de l’humour. Lisez l’Histoire et vous verrez »


          http://www.dailymotion.com/video/xf2v2_moi-y-en-a-vouloir-des-sous




        • franck2009 17 juillet 2009 10:49

          Pendant la crise les affaires continuent.

          Certains se posaient la question de savoir si ’ ILS ’ avaient compris et tiré les leçons du marasme financier. Et bien non...le capitalisme reste le pire ennemi du capitalisme, et c’est celà la bonne nouvelle.


          • alberto alberto 17 juillet 2009 10:56

            Merci, M. Santi de nous montrer pourquoi, du fait des connivences que vous citez, le gouvernement US a pu avancer $.10 MDs à GS sans aucune contrepartie !

            Bien à vous.


            • plancherDesVaches 17 juillet 2009 13:54

              Sans aucune contrepartie....

              Tiens, on se croyerait en France avec le Notre Président qui fait des prêts avantageux aux banques.
              Et qui ne sont absolument pas limitées en temps.

              Elles n’ont donc aucune raison de les rembourser.

              Merci, le Notre Président. De laisser les caisses grandes ouvertes.

              Mais..... j’y pense. Ce sont nos sous qu’il distribue à ses copains du CAC 40. Enf... Merci monsieur Notre Président.


            • ZEN ZEN 17 juillet 2009 11:15

              Même Claude Guéant s’en est hier soir scandalisé ...
              C’est dire !


              • ZEN ZEN 18 juillet 2009 12:29

                Grossière erreur de ma part
                Il ne s’agit pas de Guéant, mais de Guaino

                Quelle crise ?
                -« Réagissant à ces annonces, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino a estimé que ces résultats étaient »honteux« et un »scandale absolu« . »La banque Goldman Sachs est responsable en grande partie de ce qui nous est arrivé comme beaucoup d’autres grands établissements de ce genre, elle porte une très lourde responsabilité et la voir aujourd’hui noyée sous les dollars de profits et de bonus est proprement scandaleux« , a-t-il ajouté. Soulignant que »Goldman Sachs n’existerait plus si le contribuable américain n’était pas venu à son secours« , Henri Guaino a estimé que »c’est un problème que le G20 aura à traiter« . »Les responsables politiques du monde entier sont au pied du mur d’un problème moral gigantesque« , a poursuivi le conseiller spécial. »Si ils ne le font pas, on va vers des problèmes politiques majeurs."


                • ZEN ZEN 17 juillet 2009 11:24

                  Devinette :
                  Qui a dit naguère :« Ce monde marche sur la tête » ?

                  Martine Aubry ? B16 ? Bertrand ?Le Péripate ? Arlette L ?
                  (rayez les mentions inutiles...)


                  • Philou017 Philou017 17 juillet 2009 11:26

                    L’auteur : "ceux qui vouent ainsi Goldman aux gémonies passent pourtant à côté d’un fait essentiel et qui expliquerait en grande partie le succès phénoménal de cette Banque : ses cadres dirigeants excellent tout simplement dans leur métier."

                    C’est cela, oui. A moins qu’elle n’ait des relations au plus haut niveau ?

                    Le 21 septembre 2008, en raison des pertes considérables subies par leurs implications dans la crise des subprimes, le groupe demande et reçoit l’approbation de la Réserve Fédérale (FeD) pour un changement de statut : de banque d’investissement (investment bank) elle devient la quatrième holding company du pays.[2]. Le groupe peut alors bénéficier des nouvelles liquidités de la Réserve Fédérale (FeD) débloquées par le plan Paulson. [3]. Henry Paulson étant ancien président et directeur de la banque Goldman Sachs des critiques s’émeuvent de ces conflits d’intérêts possibles stipulant que la firme tire bon partie du plan Paulson (cela la sauve) et certainement meilleur partie que les autres compagnies . Notamment le fait que l’un des vrais concurrents de GS, Lehman Brothers, ait été écarté du sauvetage]. On mentionnera aussi que l’homme, supervisant la gestion des fonds du plan, est un ancien de GS. Ce sauvetage semble ne pas être sans contreparties : le capital de Goldman Sachs change de mains. Ainsi officiellement Warren Buffett rentre dans le capital de la banque en injectant 5 milliards de dollars.

                    Goldman a reçu au total 10 milliards du Trésor américain dans le cadre du TARP (Troubled Asset Relief Program).
                    La banque a mis en réserve 6,65 milliards pendant le trimestre pour les rémunérations et primes de son personnel, un domaine délicat alors que l’administration Obama veut limiter les salaires dans le secteur bancaire. Cela représente une hausse de près de moitié par rapport aux trois mois à fin mai 2008.

                    C’est à la banque d’affaires que le capitalisme doit tous ses maux depuis la Grande Dépression. La liste des anciens de Goldman Sachs qui occupent les plus hautes fonctions de l’administration économique des Etats-Unis est interminable, les « goldmanistes » sont partout. Leur recette ? Acheter puis revendre des investissements qu’ils savent infructueux à terme, en profitant de vides juridiques laissés béants par les anciens de « La Firme ». Faisant ainsi gonfler les bulles spéculatives aussi rapidement que leurs profits. Première à s’engouffrer dans les mouvements spéculatifs en 1929, Goldman Sachs est aussi celle qui accepte à la fin des années 1990 d’introduire prématurément en Bourse des start-up high-tech à la valorisation extrêmement volatile. La bulle Internet n’a d’ailleurs pas tardé à exploser. C’est ce même schéma que la banque a reproduit avec les «  subprimes » en acceptant de déguiser et de revendre des emprunts qu’elle savait toxiques. Selon le magazine américain, même la flambée des cours du pétrole de 2008 serait à imputer à un accord passé en 1991 entre les dirigeants de la banque et le gouvernement américain. Mais avec la crise, l’argent des investisseurs se fait plus rare. La banque se lance donc à l’assaut de l’argent du contribuable américain. Après avoir capté des milliards de dollars que le gouvernement américain a dépensé pour les plans de relance, la banque d’affaires a une nouvelle cible : le marché des crédits carbone.

                    Voir aussi : http://www.rollingstone.com/politics/story


                    • tonton raoul 17 juillet 2009 12:10

                      dans cette crise, c’est par centaines que les banques ont été aidées par les pouvoirs publics partout à travers le monde

                      et il est normal que cette crise ait remodelé la distribution des parts de marchés
                      des investisseurs arabes, chinois... etc... ont gagné des fortunes dans cette histoire
                      même moi, le plouc microbien, je suis passé à la caisse ( dans une proportion légèrement différente, of course )
                      la clé de cette crise qui a permis de distinguer les gagnants des perdants tient en un mot :
                      ANTICIPER
                      Et à ce jeu-là, il n’y a plus de race, ni de nationalité qui compte

                      Un exemple concret :
                      en été 2007, les hollandais d’ABN Amro ayant senti venir le crash avant les autres, revendent leurs tomates pourries à 3 beaux gros pigeons qui mettent 70 milliards d’euros sur la table : ce sont Fortis ( hollando-belge ), Royal Bank of Scotland ( RBS - british ) et Santander ( espagne )

                      Mais début 2008, Santander sent à son tour le coup fourré et revend vite sa part à je-ne-sais-plus-qui ( peu importe ), tandis que Fortis et RBS restent tout fiers de leur brillante acquisition.

                      Et puis en automne 2008, c’est le big crash : RBS est alors aux abois, et il a fallu que le gvt anglais intervienne jusqu’à 70% dans le capital pour sauver cette très grosse banque qui faisait partie du top15 mondial. Idem pour Fortis qui s’est fait coupé en rondelles, avec une partie nationaliée par les hollandais et l’autre revendue par les belges à BNP Paribas.

                      Voilà ... alors complot ? où ça ?
                      Non ...rien que des gens qui, d’un côté, ont bien anticipé, et de l’autre, pas du tout




                    • ZEN ZEN 17 juillet 2009 12:15

                      Tout est simple avec Tonton Raoultall
                      ça me rappelle les belles histoires de l’oncle Paul...


                    • tonton raoul 17 juillet 2009 12:59

                      ah mais j’ai évolué ... aujourd’hui je lis le bouquin du professeur Zen, préfacé par Revelli :


                      Epistémologie de l’enfumage

                      avec le 0911 comme application illustrée ... c’est très intéressant

                    • ZEN ZEN 17 juillet 2009 13:27

                      Bone lecture, Tonton Tall
                      Je n’osais vous recommander ma dernière parution (édition Les Comploteurs)
                      Même si la préface de Carlo n’est pas terrible


                    • tonton raoul 17 juillet 2009 13:59

                      Vous êtes un peu sévère, Zen, il est pas mal ici quand même


                    • armand armand 17 juillet 2009 18:57

                      Philou,

                      Enfin un sujet sur lequel nous sommes d’accord.

                      Petite nuance, Goldman emploie les plus gros talents ET entretient les meilleurs rapports du monde avec ceux qui gouvernent. D’ailleurs, ce SONT ceux qui gouvernent... Et dire qu’à une époque antédiluvienne (je pense que c’est sous Wilson) on a écarté un banquier comme Secrétaire du Trésor par crainte de conflit d’intérêt !

                      Actuellement Goldamn/Sachs sont dans la situation de ceux qui gagnent à tous les coups.
                      Ils ont accompagné et amplifié les spéculations qui ont mené à la crise.
                      Et on s’en remet à eux pour ramasser les morceaux (en en mettre plein dans leurs poches).

                      Petite anecdote - quand tout allait encore mieux pour les Maîtres du Monde, n’est-ce pas la succursale londonienne de GS qui a refusé une augmentation à ses femmes de ménage ?

                      Belle symbolique - depuis la destruction du WTC, une des tours les plus saillantes du skyline newyorkais c’est bien la tour GS, qui s’élève en face, sur la rive newjersienne, à dominer Manhattan depuis son isolement orgueilleux.


                    • tonton raoul 17 juillet 2009 23:33

                      de là à penser qu’ils ont commandité le 0911 pour avoir + de lumière dans le bureau du pdg...

                      bien sûr, on n’a pas de preuve... vu que la police est également corrompue


                    • emile1111 18 juillet 2009 18:15

                      le site de Rolling stone est reprise en France par la Tribune en page 2/3 et en couverture
                      « Crise : GS au banc des accusé ».

                      Mais je partage le débat ici : la bataille est importante soit le scénario rose gagne et la nous allons vers une nouvelle bulle et elle gonfle déjà se sont les États et la Chine.
                       Soit on arrive a faire évoluer ce capitalisme.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès