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Accueil du site > Actualités > Economie > Les banques centrales accélèrent l’obsolescence des théories (...)

Les banques centrales accélèrent l’obsolescence des théories économiques

Bientôt, il faudra réviser l’ensemble des manuels économiques, tout simplement parce que les théories héritées du passé ont pris un sérieux coup de vieux. Le monde a beaucoup changé en l’espace de quelques décennies, et nos systèmes économiques par la complexification de leurs organisations, ont fait naître en eux-mêmes des propriétés dites émergentes. Les nouveaux comportements qui en résultent vont mettre en défaut certaines théories économiques et bousculer tout un ensemble de causalités qui nous paraissaient si évidentes.

Auto-organisation et propriétés émergentes

Ce nouveau monde se caractérise par de nombreuses relations, économiques, financières, politiques, géopolitiques, structurelles, donc des interdépendances, qui ont progressivement été mises en place aussi bien entre pays qu’entre zones géographiques ou entre zones monétaires. Les flux de capitaux s’intensifient et se diversifient, les couplages et les rapports de force se réorganisent, les organes de régulation ont gagné en prérogatives et en force d’intervention (notamment les banques centrales). Tout ceci rend la compréhension du monde économique plus difficile et sa régulation plus délicate (pas de régulateur mondial), au vu de comportements répondant à de nouvelles logiques qu’on n’a jamais vues dans le passé.

La globalisation, le monde vu dans sa totalité, évoque le concept de l’holisme, un mode de pensée qui appréhende un système comme un « tout », ses propriétés ne pouvant être déduites à partir de ses seuls sous-systèmes ou éléments. Le « tout » est plus que la somme des parties, nous renvoyant au principe selon lequel les systèmes se dotent de nouvelles propriétés dites émergentes à partir d’un certain seuil critique de complexité. Par exemple, la construction européenne s’est faite par une multiplication des liens entre des éléments nommés « pays », générant des accords, des traités, de nouvelles structures et institutions pour piloter l’ensemble. Parallèlement apparaissaient de nouvelles propriétés, comme la libre circulation des capitaux, des personnes, des biens et des services et bien sûr la monnaie unique (la propriété émergente tient dans le mot « unique »). L’Euro n’a de sens qu’à travers le « tout », d’où une Banque Centrale Européenne indépendante qui dépasse le cadre national. Seulement voilà, quand une nouvelle propriété apparaît au niveau du « tout », les éléments pris séparément perdent eux-mêmes des propriétés qu’ils avaient en propre. Les états de la zone euro ont perdu la prérogative de l’émission monétaire, la fixation des taux directeurs, la mise en place de certaines normes.

Quand un système est imparfait, victime d’un vice de construction, une propriété émergente peut rendre l’ensemble inefficace et instable, ce qu’on a vu avec le problème grec et la crise des dettes souveraines. La construction d’un ensemble complexe se fait par une succession d’échecs et de réussites, par l’apprentissage, comme dans les processus naturels ; L’Europe s’est construite par à coups avec difficulté, jusqu’à ce que les crises multiples récentes entravent ce processus, laissant entrevoir au mieux une phase de pause, au pire un début de déconstruction (crise Euro qui pourrait renaître, migrants, Brexit, Grexit, indépendance régionale). Mais si un ensemble complexe comme l’Europe se déconstruit ou se désorganise trop vite, les propriétés émergentes auront tendance à disparaissent, au plus grand bonheur de ceux qui veulent en finir avec l’Euro.

Tout ceci pour appuyer l’idée que les théories anciennes n’ayant pas intégré les notions de complexité et de propriétés émergentes, ne peuvent plus être de véritables références.

Les théoriciens du passé ignoraient la vision globale

Les grandes théories économiques des siècles passés, ou dérivées (classique, néoclassique, keynésienne, etc.), bâties dans des environnements qui n’ont plus rien à voir avec le monde actuel et sur lesquelles beaucoup de politiciens et économistes se reposent encore, n’ont jamais pu être amendées par leurs auteurs afin de tenir compte de nouveaux contextes, notamment la mondialisation, les changements de nos modèles sociaux, la multiplication des réseaux et des flux en tout genre, l’accélération du temps économique (versus inertie du temps politique), les interdépendances, les nouvelles technologies, la finitude du monde (à l’époque tout paraissait sans limite avec si peu de monde sur la planète)  etc.

Rappelons que l’école classique regroupe des économistes du 18ème et du 19ème siècle dont parmi les plus célèbres Adam Smith, David Ricardo, Jean-Baptiste Say. Le Keynésianisme date du début du 20ème siècle. La plupart des auteurs n’ont pas connu les grandes théories du 20ème siècle que sont « la théorie de l’information », « la théorie des systèmes », « la cybernétique », ou « approche systémique » qui s’appuie sur les 3 premières. Or, ces théories ont joué un rôle fondamental dans la compréhension des mondes complexes, de leurs comportements ou dynamiques, des méthodes de régulations. C’est peut-être pour cette raison, que l’on ne comprend plus grand-chose à ce qui se passe actuellement, nos crises, nos krachs, nos déséquilibres, nos emballements financiers, les causalités inversées. Il manque une strate à nos modèles et automatismes de pensée, celle de la complexité qui vient troubler des règles du jeu que l’on croyait immuables.

Les banques centrales ont tout bousculé

Les banques centrales, par leurs politiques non conventionnelles portent une responsabilité importante dans les chamboulements économiques bien visibles depuis la crise des dettes souveraines. Le monde bousculé, renversé, fait que ce que l’on croyait vrai hier, peut s’avérer faux aujourd’hui, et ce que l’on croit vrai aujourd’hui pourrait s’avérer faux demain. Elles ont cru et croient encore que le monde est symétrique en faisant passer les taux d’intérêts en territoire négatif, signifiant qu’il y a plus de certitudes dans le futur que dans le présent. C’est là une erreur conceptuelle majeure, sans que les états ne s’en émeuvent vraiment. Inquiétant ! Une politique efficace de régulation doit se traduire par des convergences vers des points d’équilibre. Or, on constate le contraire, l’échec d’une politique érigée en dogmes, chaque nouvelle crise étant plus grave que la précédente. Les politiques monétaires entachées de ces vices conceptuels, à la base d’une ingénierie délirante, n’auront d’autres conséquences que de provoquer des divergences par rapport à une marche normale de l’économie, donc des instabilités génératrices de nouvelles crises. En voulant retourner les lignes de force qui animent une économie, on s’expose au retour fracassant des vérités et des prix justes.

Les nouvelles causalités

Voici quelques relations de causalité ou corrélations qui sont remises en cause ou inversées, bousculant nos schémas appris, auxquelles viennent s’ajouter des modifications comportementales, des aberrations dans les processus décisionnels.

  • Relation croissance / inflation.
    Désormais on observe que l’on peut avoir de la croissance sans inflation. Cela s’est rarement vu dans le passé.
  • Relation risque dettes souveraines / taux intérêt.
    Logiquement, plus un emprunteur est à risque plus le coût de ses emprunts nouveaux doit augmenter (c’est le coût du risque). Aujourd’hui on observe la relation inversée, les états empruntant à des coûts toujours plus faibles. Pire encore, ils peuvent gagner de l’argent en s’endettant dans un contexte où les dettes explosent, augmentant théoriquement les risques de défaut.
  • Taux intérêts négatifs.
    Les investisseurs sont prêts à payer pour prêter. C’est « du jamais vu » dans l'histoire. Inutile de dire que cette situation est complètement aberrante. Pour l’anecdote, si demain votre banquier rémunère votre compte négativement, vous aurez tout intérêt à disposer de la même somme d’argent en billets, en supposant que vous les mettiez en totale sécurité ! Ce serait la ruée vers la monnaie fiduciaire ! Malheureusement les banques centrales vont jouer encore et encore de cet outil de la destruction pour ruiner les épargnants et peut-être précipiter les économies dans le chaos.
  • Injection massive de liquidités / inflation.
    Les politiques accommodantes des banques centrales, basées sur des injections massives de liquidités ne provoquent pas d'inflation (tout du moins jusqu’à ce jour), contrariant les attentes et les logiques monétaires (au désespoir de la BCE !). L’inflation aux Etats-Unis et en Europe reste très basse malgré les Quantitative Easing et les facilités de crédits. En zone Euro, on s’inquiète encore de la déflation en dépit d’un gonflement significatif du bilan de la BCE et de la baisse de l’euro qui devrait générer une inflation importée.
  • Inversion des politiques monétaires.
    Les politiques monétaires sont devenues pro-cycliques alors qu’elles étaient tout logiquement contra-cycliques. La FED monte les taux quand c'est trop tard, quand l'économie semble ralentir sur une fin de cycle. Les Etats-Unis ont connu une croissance ininterrompue depuis 2009, ouvrant de larges espaces pour resserrer une politique monétaire ultra-accommodante, et la FED n’en a pas profité. Aujourd’hui, elle est prise à son propre piège, tout comme la BCE.
  • Relation devise / exportations.
    Le monde mondialisé a fortement érodé la relation « dévaluation de la monnaie / augmentation des exportations ». Les importations ont tendance à augmenter au même rythme que les exportations quand la monnaie baisse, du fait que les entreprises exportatrices utilisent beaucoup de sous-produits en provenance du monde entier. Dans le passé, la baisse d’une monnaie entrainait un retour à l’équilibre de la balance commerciale, un objectif plus difficile à réaliser de nos jours.
  • Relation taux d'intérêt / volume des crédits.
    Les taux bas ne relancent pas vraiment le crédit comme la logique nous l'enseigne. La BCE rémunère négativement les liquidités bancaires déposées chez elle pour forcer les banques à prêter (une autre aberration jamais vue). Aucun livre économique n'enseigne cela !
  • Relation rendement du capital / consommation.
    Dans un schéma classique, une baisse des revenus du capital incite les gens à consommer davantage (pourquoi conserver une épargne qui ne rapporte pas grand chose, voire se déprécie avec l’inflation ?). Aujourd'hui le schéma s’'inverse. Les ménages ont tendance à épargner davantage, étant inquiets des rendements dérisoires, du contexte économique et social dégradé, tout cela accompagné d’une perte de confiance en une monnaie qui se déprécie.
  • Relation politique budgétaire / croissance PIB.
    Les déficits publics ne contribuent plus vraiment à la croissance. Le multiplicateur budgétaire de la France est largement passé en dessous de 1 (1 euro injecté pour 0.2 à 0.3 euro de PIB supplémentaire ; avant il était plus proche de 1). Dans beaucoup de domaines, on se retrouve victime de la loi des rendements décroissants. 
  • Une bourse inquiète quand le pétrole baisse !
    Jusqu’à présent les bourses étaient plutôt satisfaites de la baisse du prix du pétrole car en redonnant du pouvoir d'achat, il y avait un effet positif sur la croissance. Les Etats-Unis anciennement importateurs sont devenus de gros producteurs et exportateurs. Cela change tout !

Plus localement, on peut pour la France citer la relation « emplois aidés / chômage  ». Les emplois aidés perdent au fil du temps leur efficacité. Il n’y a jamais eu autant d’emplois de cette nature, avec un chômage qui continue à progresser. Peut-être sommes-nous là encore victimes de cette fameuse loi des rendements décroissants.

Conclusion

Les approches utilisées par nos dirigeants pour comprendre la dynamique des systèmes économiques n’ont pas beaucoup évolué, restant plutôt dans une veine classique, réductionniste, conduisant souvent à des décisions inappropriées. On a vu que la complexité contribuait à d’autres logiques, à d’autres comportements, au flou des causalités.On a vu que la complexité contribuait à d’autres logiques, à d’autres comportements, au flou des causalités, qui affaiblissent la pertinence de certaines théories économiques.

Je vous le dis, on marche sur la tête ! Il faut vite remettre le monde à l’endroit avant que les forces naturelles ne s’en chargent, car à ce moment là, le séisme pourrait être assez violent.

Alain Desert


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17 réactions à cet article    


  • Gieller Gieller 25 février 14:11

    Hélas je n’imagine pas que l’on puisse remettre le monde à l’endroit.

    Il n’y a pas que les règles économiques qui ont subit un bouleversement, les moyens de productions également, les délocalisations aussi, entrainant un dumping social qu’il sera difficile à inverser.
    Les moyens de production sont à ce point performant qu’il faut 10 fois moins de personnel pour une même tâche qu’il y a de cela 30 ans.
    L’informatique à également révolutionné les emplois administratifs où il faut beaucoup moins de monde pour assurer un même service.

    Inutile donc de spéculer sur une reprise de la consommation pour entrainer de l’inflation et de la croissance car il y a de moins en moins de personnes ayant les moyens de consommer autre chose que le nécessaire. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter car les prévisions, certes pessimistes, nous annoncent à qu’à l’aube de 2050 50% des emplois actuels seront tenus par des robots. Le peu d’emplois restant ne sont actuellement pas encore connus et nécessiteront certainement de l’ultra spécialisation et des compétences techniques de haut vol, autant dire que cela ne concernera qu’une petite partie des forces vives de la nation.

    C’est tout un paradigme qu’il faut revoir et non une marche arrière qu’il faut enclencher...


    • Frédéric Van der Beken Frédéric Van der Beken 25 février 18:57

      @Gieller
      Oui. Il faut accepter et faire accepter ces constatations pour commencer à imaginer d’autres solutions. Sans les bonnes causes, que des mauvaises solutions. En matière d’emploi, on raisonne avec des trop vielles expériences. Le monde va plus vite que la formation de nos politiques qui n’ont d’ailleurs pas assez de formation. La carrière politique étant presque un métier depuis ses 20 ans que lorsque vous pouvez enfin décider, ça fait bien longtemps que vous êtes déconnecté de certaines réalités. Bien sur, tout au long de votre carrière, vous lisez, discutez, entretenez un savoir mais l’expérience pratique n’existe pas.

      Donc nous allons dans un monde où quelques donneurs d’ordres tireront les ficelles d’une partie de travailleurs privilégiés. Privilégiés uniquement car ils auront un travail et toute une partie désocialisée, sans emploi regardera la chose. Ça tiendra jusqu’à ?
      Nous sommes déjà très haut en terme de non emploi, bouffé par d’innombrables répercussions de la santé à l’éducation, etc ... et on va créer du stage parking/formation pour une élection. C’est bien bizarre de ne pouvoir imaginer que ça. J’avais fait un essai qui ne passionne personne, juste à titre démonstratif car tout s’étudie un peu plus longtemps que j’en ai mis pour l’écrire. La conclusion est que vous pouvez encore faire des choses et ma réalité est que tout a une limite.

      Alors refaire le monde ? Il faudra bien d’une manière ou autre. Pas forcément « la bonne guerre » et son cycle destruction/reconstruction mais peut être on pourrait commencer par la COP21 de la dénatalité. Sujet épineux, tellement chacun a peur d’avoir moins d’habitants que son voisin.

      PS : ça fait plaisir de lire un commentaire n’émanant pas d’un VociféRaptor en surpopulation sur Agora.


    • Gandalf Gandalf 25 février 20:36

      @Frédéric Van der Beken

      Si, on peut supprimer tout dumping social en associant la création monétaire à la création de valeur (le travail) et son collatéral la destruction (consommation).
      Ca ne permet pas de former un salaire de prix de marché, certes. Mais au moins de contourner le dumping social en préservant un revenu lié à la notion de Common Decency (SMIC en France).

      Cela redonnerait de la vigueur au fameux « small is beautifull » (la petite affaire est la plus belle) et freinerait l’automatisation.

    • Frédéric Van der Beken Frédéric Van der Beken 26 février 10:50

      @Gandalf
      Le rêve d’une moindre différence entre les heures de travail des terriens ...
      Mais bien avant, sans régulation de la finance, il ne se passera rien. Et comme les possibles régulateurs sont les pantins, comme nous, des marionnettistes.


    • Gandalf Gandalf 26 février 15:34

      @Frédéric Van der Beken


      Disons que cela permet d’adapter les niveaux de vie aux avantages compétitifs, de réduire les longs transits (et a donc un effet positif sur le réchauffement climatique) tout en soutenant l’activité.

      C’est, par ailleurs, un garde-fou au délirium bancaire, en cas de crise future.

    • alain-desert alain-desert 27 février 10:03

      @Gieller
      Merci pour votre commentaire. Mais est-ce que la société ne va pas se révolter contre cette invasion de robots. Le monde de demain risque d’être bien médioce avec tous ces robots qui penseront à notre place.


    • Donbar 25 février 18:10

      Pas d’inflation ? Et le prix des actions, autrement dit des entreprises ?


      • Daniel Roux Daniel Roux 26 février 09:10

        Je ne partage pas cette opinion que les théories passées ne s’appliquent pas à la situation présente.

        Les liquidités massives provoquent bien une baisse des taux d’intérêts jusqu’à les conduire en territoire négatif.

        Ces crédits à bas coût facilement disponible ont bien provoqué des sur-investissements et conduit à des sur-capacité de production en Chine dans la production de biens courants et aux US, dans le pétrole de schistes. 

        Aujourd’hui, la faillite des entreprises surabondantes ou en faillite, toutes très endettées est attendue par les banquiers, les investisseurs et les économistes. Elle est crainte par les hommes politiques au pouvoir qui font tous ce qu’ils peuvent pour la retarder.

        Cet acharnement des banques centrales a empêcher le cycle normal de remboursement des dettes pour assainir les finances des ménages et des états est bien la cause première des déséquilibres et donc de la nervosité des investisseurs.


        • Hamed 26 février 13:05

          @Daniel Roux

          Bonjour Daniel,

          Après votre opposition à l’argumentation de l’auteur, pourquoi ne pas venir au fait sur le pourquoi de " Cet acharnement des banques centrales a empêcher le cycle normal de remboursement des dettes pour assainir les finances des ménages et des états « , et vous dîtes que » c’est bien la cause première des déséquilibres et donc de la nervosité des investisseurs."

          Pensez-vous que l’armada d’économistes au niveau de la BCE, des banques nationales de la zone euro, qui sont probablement plus d’un millier pour les 19 États de la zone euro, alors que vous êtes un, faisiez le poids contre leur approche et la mise en œuvre de la politique européenne qui se ramifie à l’échelle mondiale, la zone euro est le deuxième géant monétaire sur le plan mondial, après les États-Unis ?

          Ce n’est pas pour vous diminuer, c’est simplement pour vous dire d’expliciter votre vision, et s’il y a acharnement, il faut le justifier. I.e. où est la faute de la BCE , Pourquoi l’acharnement s’il y a acharnement ? Les faits et les arguments.

          Sinon merci pour votre commentaire. En tant que je m’intéresse au système mondial, j’apprécie votre approche sauf qu’elle doit être développée. Et je ne pense pas que vous puissiez le faire dans un commentaire.

          Cordialement

           


        • Daniel Roux Daniel Roux 26 février 16:40

          @Hamed

          Bonjour Hamed

          Il se trouve que j’évoquais cet « acharnement » le jour même sur un autre article. Voici le lien.

          http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-banques-centrales-ne-178029#forum4514950

          En gros, les hommes politiques qui veulent être réélus veulent continuer à dépenser plus que les recettes ne le permettent.

          Si vous avez le temps, lisez mes articles. J’y développe mes idées.


        • alain-desert alain-desert 27 février 09:56

          @Daniel Roux
          Merci pour votre commentaire. Oui, le problème tient aussi dans le refus des cycles économiques. Il faut en faire toujours plus pour finalement en obtenir moins. La logique du « toujours plus » ne marche plus. Les pays matures qui ont atteint un haut degré de développement et de consommation ne peuvent plus croître comme avant. Alors on essaie de les doper toujours plus fort mais ça ne marche plus.


        • Hamed 26 février 12:51


          A l’auteur,

          Excellent article. Il faut le dire, et malgré que Daniel Roux n’est pas d’accord que je respecte beaucoup pour ses prises de position et sa vision de l’économie.
          Cependant vous dîtes "Je vous le dis, on marche sur la tête ! Il faut vite remettre le monde à l’endroit avant que les forces naturelles ne s’en chargent, car à ce moment là, le séisme pourrait être assez violent. " Mais alors que proposez-vous ? Pensez-vous que les banquiers centraux ne sont pas au courant de leurs difficultés de superviser leurs économies respectives.

          N’oubliez pas que l’institution de Francfort (BCE) est une véritable usine à la fois monétaire et intellectuelle. La BCE a une armée de penseurs, de réfléchisseurs sur la donne monétaire au plan domestique, i.e. nationale, inter zone euro, inter-nationale, i.e. BCE, Fed, Banques du Royaume-Uni et du Japon, et tout court international, i.e. mondial, intégrant toutes les banques de la planète.

          Ce que vous dîtes est plus qu’intéressant. Et je suis persuadé que l’armée d’intellectuels aussi bien au niveau de la BCE que de la Fed américaine, ou du FMI, Banque moniale, pensent comme vous.

          Vous qui êtes accro au système au systémique, je vous exhorte de penser une approche qui permettra au monde de ne plus marcher sur la tête. Combien même, on boiterait, ce serait toujours sur les pieds.

          Encore merci à l’auteur


          • Gieller Gieller 26 février 13:48

            @Hamed
            Je suis loin d’être un spécialiste mais il me semble que quelques mesures simples pourraient déjà permettre d’avancer :
            Une des premières mesures serait peut être déjà d’imposer la séparation des Banques de dépôt et Banques d’investissements. Ainsi les QE auraient eu une chance de participer à l’économie réelle au lieu d’être réinvestis dans la finance pour combler les trous des emprunts toxiques...
            Ensuite une autre mesure serait d’obliger les entreprises européennes de plus de xx salariés à respecter une règle des trois tiers, 33% aux actionnaires, 33% à l’investissement et le reste en répartition aux salariés de la société.
            Autre mesure imposer une fiscalité commune à l’ensemble des pays de la zone Euro afin de ralentir le dumping social.
            Autre mesure, tu es une multinationale et tu veux trouver des ouvertures sur le marché européen ? Et bien tu ouvres un siège social en Europe, tu utilises la fiscalité européenne et tu payes des impôts européens...
            Et tellement d’autres choses que je ne trouve pas si complexes à mettre en place qui permettrait déjà de fluidifier l’économie...


          • Hamed 26 février 17:00

            @Gieller

            C’est une approche qui se défend, mais je pense que c’est plus compliqué que vous le dîtes. Sinon, ce que vous préconisez, les autorités monétaires y auraient déjà pensé, sauf que la système monétaire international se présente totalement différemment. Il y a des monnaies qui se confrontent sur les marchés monétaires, et des guerres monétaires s’ensuivent, et le plus fort gagne. Et la monnaie représente la puissance monétaire et financière d’un pays. Et une guerre monétaire est synonyme de guerre économique.
            Quand vous énoncez d’imposer une séparation des Banques de dépôt et Banques d’investissements. Et vous concluez que les QE auraient eu une chance de participer à l’économie réelle au lieu d’être réinvestis dans la finance pour combler les trous des emprunts toxiques... En supposant même qu’ils vont participer à l’économie réelle, et ils participent plus ou moins à l’économie réelle, mais l’appareil productif occidental n’est pas compétitif face à la Chine, à l’Inde, etc., ce n’est pas la faute aux QE, ou à Mario Draghi, ou Janet Yellen. C’est la faute à la Chine, à l’Inde qui ont pris les parts de marché depuis. C’est la faute à l’Histoire, à la Nature, à l’Evolution.

            Donc tout est relatif. Et vous dîtes " ensuite une autre mesure serait d’obliger les entreprises européennes de plus de xx salariés à respecter une règle des trois tiers, 33% aux actionnaires, 33% à l’investissement et le reste en répartition aux salariés de la société. « , et là aussi est une mesure domestique, i.e. nationale. Le vrai problème qui est la compétitivité, le rapport coût-qualité, les débouchés extérieurs, etc., n’est pas résolue. Et vous avez les entreprises européennes qui délocalisent, qui préfèrent viser un pays à bas coût de main d’œuvre, et partager des profits, mieux que si cette entreprise ferme. Et tout structure qui produit et commerce ferme si elle n’est pas rentable.

            Précisément, les think tanks américains et européens ont lancé la dérégulation financière et celle-ci devait donner la suprématie à l’Europe et les États-Unis de dominer financièrement le monde, et jouer aussi en substitut de cette perte de compétitivité industrielle et manufacturière. Le problème est que même cette dérégulation financière a atteint ses limites. Bien plus, elle met les Banques centrales occidentales au mur. Et on comprend un peu la paralysie du système monétaire internationale.

            Le monde, i.e. les grands décideurs financiers et monétaires du monde - ils étaient quatre, depuis l’avènement de la Chine ; ils sont maintenant cinq - se dirige vers un » système monétaire international à somme nulle ". Désormais, les puissances vont se diriger progressivement vers ni gain ni perte. Et probablement, lorsque ces heurts s’assainiront entre les puissances économiques, que les systèmes s’amélioreront.

            Je vous ai brossé ce tableau juste pour vous dire que ce n’est pas simple. Et que nous sommes à un tournant. Combien il durera ce tournant, probablement longtemps.


          • alain-desert alain-desert 27 février 09:51

            @Hamed
            Merci pour votre commentaire. Ce serait un peu long de développer. Je ne doute pas de l’intelligence des acteurs en question. Je suppose qu’au FMI, ils sont très intelligents, mais ils se trompent toujours sur les prévisions de croissance. Pourquoi ? Peut-être parce qu’ils font tourner des modèles trop sophistiqués qui s’éloignent de la réalité de terrain. Le petit laboratoire des prévisions de BFM Businesse est beaucoup plus précis sur les prévisions. Cela fait réfléchir sur la réelle compétence des institutions. Comme je l’ai dit, il y a un côté dogmatique qui n’est pas négligeable, et le refus de reconnaître ses erreurs, tempérament humain. La BCE fait plus une politique pour le soutien des marchés et des banques que pour l’économie réelle.


          • alain-desert alain-desert 27 février 09:59

            @Hamed
            Merci pour votre commentaire. Ce serait un peu long de développer. Je ne doute pas de l’intelligence des acteurs en question. Je suppose qu’au FMI, ils sont très intelligents, mais ils se trompent toujours sur les prévisions de croissance. Pourquoi ? Peut-être parce qu’ils font tourner des modèles trop sophistiqués qui s’éloignent de la réalité de terrain. Le petit laboratoire des prévisions de BFM Businesse est beaucoup plus précis sur les prévisions. Cela fait réfléchir sur la réelle compétence des institutions. Comme je l’ai dit, il y a un côté dogmatique qui n’est pas négligeable, et le refus de reconnaître ses erreurs, tempérament humain. La BCE fait plus une politique pour le soutien des marchés et des banques que pour l’économie réelle.


          • Hamed 27 février 13:17

            @Gieller

            Bonjour Alain,

            Vous dîtes « Ce serait un peu long à développer », Précisément, il faut développer vos idées et vous pouvez le faire par parties en ajoutant une approche pédagogique. Je suis persuadé qu’en énonçant « l’accélération de l’obsolescence des théories économiques », c’est certainement que vous y avez vu des failles. Et c’est la raison pour laquelle je vous ai exhorté de nous en apprendre.

            Le problème, à mon sens, n’est pas que le staff du FMI, de la BCE, ou autres grandes structures soient très intelligents, ou qu’ils se trompent parce qu’ils utilisent des modèles mathématiques, sophistiqués et sûrement à base de statistiques poussées dans la prévision économique. Et l’économie mondiale n’est pas une nuage de points où sont utilisés les méthode échantillonnage et autres méthodes économétriques, Le problème est d’éclairer, c’est le plus important. Qu’en est-il ?

            Il y a comme vous dîtes la réalité du terrain, la confrontation de forces économiques dans le commerce mondial, des stratégies, etc., et ce serait intéressant que vous argumentiez là où vous trouverez des failles. Parfois les failles servent la structure, i.e. la BCE les utilise à bon escient. Et cela, il ne faut pas le perdre de vue. A mon sens, qu’il faut entrevoir, et vous avez déjà émis un jalon en énonçant de revoir les théories économiques.

            Voilà ce que j’ai à dire de votre travail que je juge excellent..

            Cordialement

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