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Accueil du site > Actualités > Economie > Libéralisation du fret ferroviaire.

Libéralisation du fret ferroviaire.

Depuis la fin de la semaine dernière, ça y est. Le fret ferroviaire en France, depuis toujours monopole d’Etat délégué à la SNCF, est ouvert à la concurrence. A signaler qu’il l’était déjà dans un certain nombre de pays européens, comme la Tchéquie, l’Allemagne,les Pays Bas,la Suède, l’Italie et le Danemark.

Comme la disparition du 12 et son remplacement par une batterie d’opérateurs nouveaux, c’est une conséquence de notre approbation du traité de Maastricht et de la mise en place en Europe de l’économie de marché. La SNCF a aussi quelquescanalblog1_025 responsabilités dans l’accélération de cette ouverture du fret à la concurrence, du fait que ses mauvaises performances économiques dans le fret ont obligé le gouvernement à la subventionner pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Bruxelles a fini par accepter cette subvention de 1,5 milliard d’euros moyennant une ouverture accélérée du fret à la concurrence, en date donc du 31 mars 2006.

Incidemment si vous connaissez des utilisateurs du service fret de la SNCF, demandez-leur par curiosité ce qu’il en pensent. Il m’étonnerait beaucoup qu’ils ne vous parlent pas de l’impossibilité de savoir où en est une livraison sur le réseau ferré français, ni qu’ils ne vous disent que, même prévenue longtemps par avance, la SNCF n’est guère capable de respecter des dates d’enlèvement ou de livraison. Et qu’enfin le respect du client n’est guère évident. Les changements d’organisation drastiques mis en oeuvre depuis trois ans, la nouvelle direction, l’injection d’argent frais et la compréhension nouvelle des besoins du client devraient permettre de s’adapter et de remettre cette activité dans le sens de la marche. Car pour 2005, le fret SNCF est toujours en perte de 220 millions d’euros.

Il y a donc, à compter du 31 mars, 6 nouveaux opérateurs de fret sur le réseau français. Deux sont français, Véolia Transport, le plus ambitieux, qui a déjà pris un marché entre la Meuse et la Sarre et opère des trains depuis 2005, et Europorte 2, une filiale d’Eurotunnel qui cherche à développer le ferroutage via le tunnel sous la manche entre la Grande-Bretagne et le continent. L’un est britannique, EWS international, filiale de l’opérateur de fret dominant en Angleterre EWS, un autre belge, B-Cargo, filiale des chemins de fer belge, un autre luxembourgeois, CFL, filiale des chemins de fer luxembourgeois, un autre germano-suisse, enfin, Rail4 Chem, émanation d’un consortium comprenant BASF et trois transporteurs. Sans compter quelques intervenants en cours d’approbation.

Beaucoup de monde donc, et des professionnels du transport ferroviaire.La bataille du fret va donc être sévère entre tous ces opérateurs nouveaux qui ont tous des ambitions. Les grands donneurs d’ordre industriels de transport de produits pondéreux, clients traditionnels du rail, se préparent à lancer des appels d’offres pour certains de leurs transports. Par ailleurs, l’ouverture du nouveau port à conteneurs du Havre doit amener un surcroit de trafic bienvenu pour l’évacuation vers l’intérieur de l’Europe des milliers de "boîtes" qui vont y débarquer.

Enfin il reste à reconquerir des parts de marché par rapport au transport routier, pour soulager notre réseau routier de quelques milliers de camions. Tout un ensemble de challenges ambitieux pour ces nouveaux opérateurs et pour l’opérateur historique.

Bonne chance, Messieurs !


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13 réactions à cet article    


  • Stephane Klein (---.---.101.8) 7 avril 2006 13:46

    Entierement d’accord.

    Cepndenat rien ne sera regle tant que RFF ne sera pas clairement separe de la SNCF et que son personnel ne sera pas differencie de celui de la SNCF, surtout du point de vue du statut et de l’inamovibilite.

    Car un grande part de responsabilite dans la chute de part de marche du fret ferroviaire est imputable directement aux employers de la SNCF, ceux qui se mettent en greve parce qu’un collegue aiguilleur a ete mis a pied pare qu’arrive saoul au travail... si, c’est un fait reel.

    Par la liberalisation du fret, on s’affranchit donc des crises d’urticaire des roulants (conducteurs) qui sont une grosse source de greve injustifiee (rappelons nous la reforme des retraites.. ne les concernant pas), on ne se premunit pas malheureusement contre greves injustifiees aux terminaux et aiguillages tant que RFF ne gerera pas lui-meme avec ses propres employers sous contrat prive le trafic qui aujourd’hui l’est par la SNCF.

    Je suis fils de cheminot ayant travaille 40 ans dans le fret. Car si on peut s’attendre a une ameliora


    • thierry (---.---.122.242) 7 avril 2006 14:43

      Stephane Klein, faites un peu attention de ne pas dire 100% de faux dans vos réponses. Je commente :

      « Cepndenat rien ne sera regle tant que RFF ne sera pas clairement separe de la SNCF et que son personnel ne sera pas differencie de celui de la SNCF, surtout du point de vue du statut et de l’inamovibilite. »

      Ca c’est faut : les personnels SNCF/RFF sont entièrement distincts. Certains personnels de RFF (les plus anciens) sont détachés de la SNCF mais les nouveaux embauchés n’ont pas le statut des cheminots.

      « Car un grande part de responsabilite dans la chute de part de marche du fret ferroviaire est imputable directement aux employers de la SNCF, ceux qui se mettent en greve parce qu’un collegue aiguilleur a ete mis a pied pare qu’arrive saoul au travail... si, c’est un fait reel. »

      Bravo, comment passer d’un cas particulier à une généralité.

      « rappelons nous la reforme des retraites.. ne les concernant pas »

      Ca concerne quand même peut être leurs enfants ? A moins que dans l’idéologie libérale, on ne pense tellement qu’à soi qu’on se foutte même du sort des générations futures.

      En tout cas c’est vraiment pas joli de stigmatiser tout un corps de métier en le traitant de fainéants.


    • caderange (---.---.74.157) 17 avril 2006 23:59

      Commentaire de CaDerange : Sur la séparation des fonctions entre RFF et SNCF, il me semble quand même que le fait que la gestion des trafics soit entre les mains de la SNCF n’est pas un gage de concurrence saine car SNCF aura toujours tendance à favoriser le passage de son train plutot que celui du train de Veolia ou de Deutsche Bahn.

      Je crois comprendre que, vu la complexité de la gestion d’un réseau ferré, il ne peut y avoir qu’un gestionnaire du traffic. Autant alors que ce soit RFF qui serait neutre dans ses prises de décisions


    • etonne (---.---.240.144) 7 avril 2006 13:57

      @Stephane Klein vous oubliez la volonté des néo-libéraux ( en français, neocons en américain ; mais c’est pareil) de favoriser le transport routier et casser tout ce qui de près ou de loin est géré par l’Etat. qu’en pensent les cheminots de la génération de votre père ?


      • (---.---.162.15) 7 avril 2006 18:57

        Laisser prospérer la libre concurrence ferroviaire / routier, c’est refuser de voir le frêt ferroviaire remplacer massivement le frêt routier. Au contraire, il faudrait une politique très volontariste pour donner un avantage substantiel au ferroviaire avec des objectifs et des délais pour y aller à marche forcée.

        Il est possible que la libérisation fasse un peu prospérer le frêt ferroviaire, on part de si bas. Pourtant, l’enjeu du réchauffement catastrophique de la planète devrait nous obliger à des mesures radicales pour des résultats très substantiels. On en est loin, cela revient pratiquement à enterrer le frêt ferroviaire en lui laissant une place très mineure.

          Enfin il reste à reconquerir des parts de marché par rapport au transport routier, pour soulager notre réseau routier de quelques milliers de camions. Tout un ensemble de challenges ambitieux pour ces nouveaux opérateurs et pour l’opérateur historique.

        Il n’y a là que des voeux pieux ! Rien d’ambitieux ne peut se réaliser sur de telles bases. Cela fait 30 ans qu’on nous raconte de tels contes à dormir debout ! Voyez le résultat. Les lobbies bruxellois du transport routier peuvent se frotter les mains.

        S’il y a un domaine où il faudrait FAUSSER énergiquement la concurrence en Europe c’est bien de donner un avantage très fort au ferroutage sur le routier.

        Am.


        • ifelhim (---.---.124.87) 7 avril 2006 23:07

          Le système libéral a de nombreux défauts, mais que l’on arrete de dire que les services publiques, c’est mieux. C’est faire montre d’une ignorance coupable des gabégies et des incohérence qui y regnent, sans compter parfois certains comportements lamentables au sein des services et administrations publiques. Entre les retraites et certains profiteurs, il y a vraiment de qui être furieux contre nos politiciens et nos syndicats...

          Quand je pense aux milliards engloutis dans certaines entreprises publiques, cela me revolte que ce soit nous, les jeunes, qui allons devoir payer les lachetés et les magouilles de certains profiteurs, qui savourent maintenant une retraite pépère à 55 ans, retraite pour le calcul desquelles les primes sont prises en compte... Retraités qui se foutent éperduement de savoir qu’ils laissent une ardoise colossale à leurs enfants, puisqu’ils continuent de faire greve et reclamer sans cesse plus d’avantages, « d’acquis ».

          Et ce sont ces mêmes hypocrites qui veulent donner des leçons et se poser comme nos defenseurs, comme les garants de l’égalité ? Cela me donne envie de vomir.

          j’espère qu’aucun jeune de moins de 30 ans ne fait encore confiance à nos politiciens ou nos syndicats.

          Si les jeunes veulent connaitre l’étendue des dégats et les vrais coupables, qu’ils lisent les rapport de la cour des compte, curieusement étouffés au nom de la pensée unique par les partis, les gouvernements, les médias et les syndicats... Il y en a beaucoup qui auraient à craindre qu’on leur supprime leur retraite, mais nous le ferions pas, nous ne sommes pas aussi indignes qu’eux, mais la confiance serra à jamais perdue.

          Alors la privatisation est peut-être la dernière solution pour redresser la barre.


          • ifelhim (---.---.124.87) 7 avril 2006 23:10

            Je corrige une petite erreur les retraités ne font plus greve. Mais certains, de la même trempe, ne sont pas encore à la retraite et essayent de tirer encore quelques marrons du feu. Et c’est nous qui allons nous retrouver gros jean comme devant...


          • Jeff (---.---.162.130) 8 avril 2006 09:10

            Le problème avec les opinions sur le Fret et en général sur la SNCF, c ’est qu’elles sont presque toute du même niveau que le graphique qui illustre le présent article. Je ne sais pas de quel journal c’est extrait, mais la personne qui l a rédigé ferait mieux de retourner à l’école primaire, afin de repecter les proportions ...

            Certe à la « Sncf » il y à encore un certain pourcentage de « branleurs » mais ce % ne peut absolument pas se trouver dans le contingent des conducteurs, car il n’y à pas plus clair comme travail, il s’agit d’un travail « productif » -> transporter x milles tonnes de fret ou x centaines de passagers d’un point A vers un point B à toute heure du jour et surtout de la nuit pour le fret ; c’est du binainre, pas de possibilité de se taper une « petite sieste », une pause « café » ou même encore une pause « pipi », sans possibilité de papoter car le conducteur est toujours seul dans sa locomotive. C’est un travail extrèmement sérieux avec de grandes reponsablilités...

            Dans ces grandes entreprises, les employés qui sont soumis à la pression de plus en plus forte payent les erreurs d’une direction politisée et de syndicats qui pensent certainement plus à leurs survies qu’à sauver ce qui peut l’être

            Jeff / Conducteur de tains SNCF


            • Stephane Klein (---.---.101.8) 10 avril 2006 12:56

              Je ne suis pas cheminot mais etant fils de ..cheminot du fret, j’ai bien pu suivre l’evolution de ce fret ferroviaire : aussi longtemps que le secteur etait tenu et que la route ne pouvait pas offrir une alternative substantielle au rail, la situation du fret de la SNCF etait normale voire en progres.

              Or depuis la moitie de annees 90 et la liberalisation de la route, le rail et ses greves incessantes a perdu 5% de part de marche en moyenne par an. Il est tres clair que ca n’est pas tant le cout du rail qui l’a fait plonger que CERTAINS de ses agents, grevistes, obtus et irresponsables car inamovibles. La liberalisation du fret est une chance pour le rail et si la SNCF doit pericliter a cause de certaines categories de son personnel, he bien tant pis, aucune entreprise n’est divine. Je n’ai qu’une chose a dire aux 70% de non grevistes : mobilisez pour cesser d’etre entraines vers le fond par des quasi-nihilistes

              Quant a RFF, son statut est effectivement bien distinct de la SNCF, seulement ca n’est ses 600 personnes qui gerent le reseau mais bien le personnel de la SNCF qui fait office de prestataire de service. Lancez des appels d’offres pour la gestion des terminaux et triages par des entreprises vraiment privees et vous verrez une amelioration immediate des conditions de transport et une remontee du fret ferroviaire.


              • toy (---.---.144.116) 11 avril 2006 18:42

                De toutes facons, la SNCF se désengage en pratique du fret : l’automne dernier et cet hiver ceci a donné énormément de mal aux papetiers. Certaines papeteries ont du fermer provisoirement pour rupture de stock et d’autres ont du avancer leurs phases de maintenance.

                Par ailleurs le service de la SNCF Fret est déplorable. Effectivement, les entreprises qui font appel à leurs services constatent régulièrement des disparitions de wagons, qui réapparaissent ensuite, des retards, etc. Ceci a été très marqué à la suite des tempêtes de 1999, lorsqu’il y avait énormément de bois à transporter. Par exemple, des entreprises qui ont commencé à faire appel à la SNCF, ont ensuite fait appel à des transporteurs routiers, à cause des retards, vols, le non respect des contrats, etc. Les espagnols ont même trouvé plus rapide de modifier leurs wagons pour les rendre compatible avec le réseau francais plutôt que d’affrêter ceux de la SNCF !

                Sans compter la diminution actuelle des gares de triage, augmentant encore le temps de parcours, avec des wagons qui peuvent voyager de lyon à toulouse et bordeaux pour finalement revenir à Lannemezan.

                Ainsi, la libéralisation permettra de développer le transport de marchandises par rail, sans concurrencer la SNCF qui, de toute facon, se désengage.


                • zabc51 (---.---.242.47) 18 avril 2006 22:31

                  Il me semble que 30 à 40% du salaire d’un conducteur est directement issu de primes de productivité :
                  - travail de nuit
                  - travail le dimanche
                  - nombre de kilométres effectués
                  - ......

                  Il me semble également qu’il y a une distortion de concurrence énorme avec l’équivalent de plusieurs dizaines de milliards de subvention au transport routier.

                  Que paie un routier qui traverse la France sur nos routes nationales ? Même sur autoroute ils sont loin de payer les dégradations et ce sont les automobilistes qui sont chargé de mettre la main au portefeuille pour les subventionner.

                  Il ne faut pas oublier que c’est la seule SNCF qui a payé l’intégralité du TGV sud-est. Demande t-on au routier de payer par avance pour la construction de la 4 voies, de l’autoroute ?

                  Le pétrole augmente ! et hop quelques milliards d’aide dans la poche des routiers. Une entreprise s’installe, et hop un rond point perso, une route jusqu’au portail, tout cela au frais des habitants. Pour le fret ferroviaire rien de cela.

                  Peu de controles. Combien de fois avez-vu un routier arrété pour excés de vitesse ? pour respect des distances de sécurité ? pour .... pas souvent

                  Alors oui, il y a des erreurs de gestion à la sncf, mais elle doit faire avec peu de moyens. J’espére que la libéralisation diminuera cette armada de camions sur nos routes.

                  Mais je n’en suis pas sur, les privés vont pour beaucoup se contenter de prendre du traffic à la sncf. Les trafics assurés actuellement par les premiers privés étaient des traffic déja existant.


                  • Stephane Klein (---.---.101.8) 19 avril 2006 13:48

                    Le trafic routier est certes meilleurs marche car il beneficie de conditions preferentielles mais UNE PARTIE DU PERSONNEL de la SNCF porte une lourde responsabilite dans la decrue du fret depuis plusieurs annees.

                    Demain le fret ferroviaire ne sera plus dependant des tractionnaires ni des roulants de la SNCF puisque des compagnies privees vont concurrencer la SNCF et c’est une tres bonne chose.

                    Mais le rail verra enfin son horizon degage le jour ou RFF ne sera plus oblige de passer obligatoirement par la SNCF pour les autres prestations de services.


                    • Forest Ent Forest Ent 22 avril 2006 22:50

                      Ces directives, comme la grande majorité des directives UE, ne servent à rien et ne feront pas augmenter le trafic de marchandises par rail. Au contraire, il est probable que les « nouveaux entrants » essayeront d’occuper les quelques niches rentables, et le coût du reste augmentera indirectement.

                      Le développement du rail est à rechercher dans un rééquilibrage intermodal, et pas à l’intérieur du système ferroviaire seul.

                      Ne pourrait-on pas déjà s’intéresser au droit du travail concernant le transport routier dans l’UE, et surtout à son respect ???

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