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Accueil du site > Actualités > Economie > Même la dernière goutte permet d’accélérer !

Même la dernière goutte permet d’accélérer !

Même la dernière goutte permet d'accélérer !

Energie décroissance, climat et économie, quelques explications simples.

L'évidence du tournant historique actuelle et quelques pistes pour changer notre système et notre mode de vie incompatible avec les droits des générations futures....

Même la dernière goutte permet d'accélérer !

Parler de décroissance c'est surtout parler de croissance. Qu'est-ce que la croissance ? 2% c'est peu ou beaucoup ? La croissance se définit par l'augmentation des échanges et de la production de biens. Soyons radicaux au vrai sens du terme, prenons les choses à la racine…

Sur quoi se fonde cette croissance ? Quelle est la cause majeure de cette accélération ? Cette croissance matérielle de biens s'est surtout accélérée depuis 1945. La réponse habituellement donnée est le progrès. Certes, mais elle n'aurait pas été possible et exponentielle sans l'énergie abondante et pas chère. Une voiture est un bijou de technologie, elle peut avancer à une prodigieuse allure avec de l'essence.

Sans cette énergie, cependant, ce n’est qu’un tas de ferraille, un boulet à transporter. D'où vient cette énergie pas chère et abondante ? Des énergies fossiles, c'est à dire du charbon, du pétrole et du gaz. La plus économique et pratique de toutes étant le pétrole.

 

Depuis nous accélérons sans cesse

Quelques exemples :

La surface moyenne d'habitation d'un français est passée de 25 m² a 40 m² de 1973 à 2010, cette augmentation à pour conséquence l’annulation quasi totale des progrès sur l'isolation : la note de chauffage est la même, nous consommons moins au m² mais c'est plus grand. La distance pour se rendre au boulot sur la même période a doublé.

La part des énergies renouvelables a baissé depuis 1973... Entre 1990 et 2010, le monde a consommé autant de pétrole que tout le pétrole consommé avant 1990. Notre agriculture nécessite de brûler 10 calories de pétrole (engrais, produits chimique, tracteurs, transports...) pour fabriquer une calorie alimentaire. En France, si nous recyclions à 100 %, tout cela fournirait un gros tiers de ce que nous consommons. La courbe de la population est la même que la courbe de consommation de pétrole. Flippant, non ? Nous accélérons alors même que nous devrions ralentir… Même la dernière goutte permet d'accélérer.

 

Opinion sur 2+2=4

On peut être pour ou contre la décroissance

énergétique. Cette question a autant de sens que d'être pour ou contre la pluie (le cancer ou la mort ?). Personnellement, je suis contre la mort (surtout la mienne), je suis contre la pluie, surtout quand elle mouille !

Les véritables alternatives ne sont-elles pas plutôt :

1) ignorer la question (être dans le déni)

2) se préparer psychologiquement (être dans la prise de conscience). Nous sommes comme les gens qui ne croient pas à leur propre mort. La décroissance énergétique aura lieu comme la guerre de Troie et nous ignorerons sûrement les Cassandre.

Paradoxal

La croyance dans la technique est aveugle. Souvent, plus une personne est dans un métier éloigné de la technique (banquier, dirigeant, élu, publicitaire, artiste, etc.), plus elle croit en sa toute puissance. Inversement, les plus critiques sont, souvent, certains techniciens des énergies même fossiles : ils connaissent le système et en voient les limites. Ils savent que rien ne peut remplacer rapidement les énergies fossiles. Ils savent que pour fabriquer de l'énergie, il faut de...l'énergie.

Tout nécessite de l'énergie. Notre train de vie de français (46 tonnes de matériaux par an) est un gouffre énergétique. Plus nous sommes riches et plus nous consommons de l'énergie, plus nous polluons.

 

Un peu de gymnastique matheuse

Désolé pour ceux qui détestent mais elle est indispensable pour comprendre la notion de décroissance énergétique.

Le rapport entre l'énergie investie et l'énergie récupérée est appelé rendement net énergétique. En clair, avec un litre d'essence combien j'extrais de litres d'essence ? Dans les années 30, ce fut cent. Dans les années 70, ce fut trente. Actuellement, nous sommes à peine à 10 (moyenne très variable). Le solaire se situe, quant à lui, entre 3 et 5 litres. C'est-à-dire, pour bien comprendre : j'investis un litre d'équivalent pétrole dans le solaire j'en récupère entre 3 et 5. Mais pour vraiment bien comprendre, il faut surtout saisir que nous payons la note tout de suite. Nous brûlons aujourd'hui des litres de carburants (ou KWH) pour en recueillir plus tard des litres (ou KWH). Pour le solaire, 3 à 4 ans sont nécessaires pour équilibrer la facture... L’énergie éolienne est plus performante : avec un litre, vous récupérez 10 litres, d'où son boum dans le monde (sauf en France où elles sont quasi-interdites). Les biocarburants sont de 0,5 à 2, c'est-à-dire que vous investissez 1 litre vous pouvez en récupérer 0,5 l (idiot et criminel mais subventionné en France). Ainsi, pour fabriquer de l'énergie cela nous coûte de plus en plus cher en énergie. Au final, nous aurons moins d'énergie disponible : nous devrons investir une grande part de l'énergie dans …. la fabrication d'énergie....Exemple : vous avez un pactole qui vous rapporte 2000 € par mois mais pour maintenir ce revenu vous devez réinvestir une part de plus en plus grande de ce revenu. Votre revenu disponible pour la vie courante baisse, même si apparemment votre revenu est toujours de 2000 €/mois.

Pour bien saisir prenons l’exemple des chevaux :

Autrefois, nous tirions l'énergie des chevaux, mais il fallait nourrir les chevaux et « l'énergie-cheval » coûtait cher et était limitée. Ainsi, en 1900 aux USA, 1 champ sur 4 était destiné à nourrir les chevaux. Les chevaux étaient partout. Les pionniers de l'automobile ont vu dans la voiture un moyen de lutter contre la pollution des villes par le crottin...

Le nucléaire nécessiterait (nous ne savons pas précisément, le nucléaire est très transparent) 1 à 2 milliards de litres de pétrole pour construire une centrale... Un litre de pétrole pour faire 0,8 litre de biocarburant avec de la betterave… En affamant les pauvres.

Jusqu’à maintenant, le pétrole et le gaz les plus simples d'accès ont été extraits. Il ne nous restera bientôt que le pétrole à 10 000 m sous l'océan (pas si simple d'après BP à 1500 m), le charbon au fond des mines à 3000 m sous terre, les fameux sables bitumeux (ces fameuses énormes resserves intactes) et les bientôt fameux gaz de schiste avec ses forages Attila...

Les sables bitumeux, les gaz de schiste et les agrocarburants ou les énergies Attila viennent de sortir...dernière folie d'une addiction profonde...

Le pétrole finit toujours par remonter à la surface. Il s'agit du cycle naturel à l'échelle géologique (il suinte dans les mers et remonte dans les sables). L’extraction du pétrole dans les sables nécessite de grosses pelles mécaniques et des camions de 400 tonnes qui font 400 litres de l'heure. Il faut ensuite extraire avec de l'eau chaude ou de la vapeur. La recette est simple, mais pour extraire le sable bitumeux du canada il faudrait...utiliser tout le gaz naturel du canada ! Conséquence on développe les gaz de schiste...

 

Énergies nouvelles et subventions

Les évidences étant comme souvent fausses, il est urgent de comprendre que nous subventionnons fortement... les énergies fossiles. Les faits contredisent les idées reçues : partout dans le monde, les impôts subventionnent le pétrole et...même en France. Les taxes sur l'essence ne couvrent pas le coût des routes, rues etc. On subventionne les billets d'avions à 20 €. Il est urgent d'arrêter. Les pauvres seraient trop touchés ? Non, pas si l'énergie était payée en fonction de la quantité dépensée : un plein par mois pas cher et ensuite de plus en plus cher. De même pour l'électricité ou l'eau. Le système électrique français actuel en est un exemple : la moitié du coût de l'électricité sert à son transport. Les habitants d'immeuble subventionnent les propriétaires de villas.... Ceux qui n'ont pas de radiateurs électriques subventionnent ceux qui en ont. De nombreux autres exemples prouvent que ce sont les gros consommateurs qui sont subventionnés.

Mais revenons aux énergies nouvelles. Elles n’ont en fait rien de nouvelles. Il s'agit du vent, du solaire et du bois, employés depuis des siècles. Elles ont été en parties abandonnées car moins pratiques et moins puissantes que les énergies fossiles et par conséquent moins profitables. Mais si c’est une chose de mettre au point une technique : les centrales électriques thermos-solaires fonctionnent très bien et même la nuit, l'éolien peut être stocké sous forme d'air comprimé. Il est une autre paire de manches de changer le système énergétique d'un pays : 30 à 50 ans minimum... De jolis progrès peuvent être réalisés. Un effort de guerre devrait être réalisé en leurs faveurs et surtout dans les économies d'énergies (Nous consommons 50 % d'électricité en plus qu'un....texan réputé pour leur sobriété).

Le défi n'est pas technique mais de l'ampleur du défi :

Le Sahara peut alimenter l'Europe en électricité. Nous pouvons produire de l'eau grâce à des systèmes solaires… Nous pouvons faire plein de choses ! Nous pouvons commencer par nous dire qu'il est idiot de brûler dans un hiver 2000 litres de fioul pour chauffer une mauvaise maison alors qu'avec la même énergie nous pouvons l'isoler pour qu'elle n’en consomme quasiment plus... Le confort en plus...

Nous pouvons faire beaucoup de choses, mais nous devons utiliser la fin du pactole (le pétrole) pour gagner une course contre la montre. Nous avons mis 40 ans à développer un réseau électrique, il faut 50 ans pour faire un réseau de transport en commun, nous ne le changerons pas en cliquant avec une souris ou en un discours.

L'extraction de charbon, gaz et pétrole classiques arrive à son seuil maximum de production. Mais, bien entendu, nous pouvons aussi continuer un peu plus grâce à quelques folies. Des forêts restent encore à raser, le bois peut être brûlé dans des centrales à mauvais rendements et continuer ainsi à gaspiller l'électricité (ce qui est en train de se faire en Région Paca). Nous pouvons brûler céréales, maïs et raser les dernières forêts pour fabriquer nos agrocarburants. Cela retardera juste la décroissance énergétique.

Banquet des conséquences

Face à cette dure réalité, nous affirmons bien haut et bien fort qu'il est absurde de :

  • continuer à éloigner les gens de leur travail,

  • délocaliser toujours plus et toujours plus loin.

Il est tout d'abord absurde de garder notre système financier qui ne valorise que le court terme et la destruction.

Nous affirmons que la décroissance adviendra que nous soyons pour ou contre, mais que nous avons encore le choix entre une phase de transition motivante ou un gros choc brutal dangereux.

Nous-nous proposons de travailler d’emblée à cette transition afin d'échapper à une thérapie du choc style fin URSS et son cortège de misères et de malheurs. Nous pensions que le progrès avait tout résolu et que l'histoire était finie mais nous vivons une phase historique déterminante. L'histoire n'est pas un long fleuve tranquille, elle n'est pas linéaire....

 

Changer d'imaginaire est toujours difficile...

La fête est bientôt finie,

Plus la fête est enivrante, plus la gueule de bois est importante. Personne ne désire arrêter la fête, personne ne croit aux mauvaises nouvelles, pourtant..pourtant un nouveau monde est désirable...un monde du bien vivre à la place de ce monde qui s'épuise à mourir.

Entre voter des réformes douloureuses et éviter la catastrophe, nous préférons la catastrophe. Nous préférons écouter ceux qui nous disent ce que nous voulons entendre.

Pourtant l'évidence se fera entendre... Et ce nouveau monde pourra commencer quand nous abattrons le féodalisme financier qui régit notre monde...

Les énergies renouvelables seront plus chères. Dernier exemple si nous décidons de tous isoler notre maison, tous ensemble dans l’année, nous multiplions par 3 notre consommation de pétrole de l'année. CQFD : tout coûte de l'énergie....

 

Notre mode de vie : 400 ans par an

Chaque année nous brûlons ce que la terre a mis 400 ans à créer. Cela ne peut pas durer. De plus dans ce monde, les consommations devront être rééquilibrées vers les pays pauvres. Nous devrons diviser par 4 ou 8 nos consommations. (Cela ne se fera pas en changeant les ampoules même s’il faut le faire !) Réduire, baisser, autant d’attitudes difficilement compatibles avec un système camé à la croissance.

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terre

TOUT EST LIE, vidons un peu plus la pelote....Deux mauvaises nouvelles pour le prix d'une ? La fin du féodalisme financier ?

Soyons joueurs, nous parions toutes nos dettes et tous nos caleçons sur : nous connaîtrons avant la décroissance énergétique, une décroissance financière due à l'éclatement de l'énorme bulle financière....c'est en cours...

 

« À oublier l'histoire, l'homme s'oblige à la revivre »

La crise de 1929 a généré ses lois anti-spéculatives. La génération ayant vécu ce traumatisme a disparu. Ses enfants ont changé les lois, le loup libre est revenu dans le poulailler libre et a bouffé les poules libres. Les bulles financières éclatent et la crise est en route...Elle nous amènera peut-être à modifier ce système qui base le coût d'une chose, sur son coût en argent (virtuel et illimité) mais sur son coût réel en énergie et ressources (rares) et travail (abondant).

Tout ceci paraît complexe, mais il est vain de penser pouvoir résoudre les problèmes avec du boy-scoutisme (développement durable). Seule une réforme profonde du système peut le faire. Qui dit réforme profonde dit des perdants ! Et qui dit cela, dit aussi que les anciens gagnants du vieux système ne se laisseront pas faire.

Encore faudrait-il que nous comprenions le système. Le discours officiel de l'économie se présente comme une science exacte. Autant présenter l'histoire comme une science exacte. La lecture de l'histoire a toujours été un combat du présent. Les gagnants réécrivent l'histoire, les gagnants réécrivent les lois de l'économie à leur avantage.

Pourtant, nous pouvons espérer approcher une vérité historique, par déduction et objectivité. Pour l'économie, il en va de même. Keynes a démontré par la théorie et ensuite par les faits (la guerre, une énorme relance), qu'un système avec beaucoup d'impôts sur les plus riches fonctionnait mieux qu'un système où les riches passent leurs excédents en spéculations et à se tirer la bourre (yacht de 80 m, 25 maisons F400...). Il y a 50 ans, la grande majorité des gens l'avait déjà compris. Le peuple avait aussi compris que certaines choses devaient être socialisées pour être efficaces pour eux : la santé, l'énergie, les banques, l'éducation et surtout, surtout, la monnaie.... Ils avaient compris que le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté était de....donner des sous aux pauvres...et que la lutte contre l'analphabétisme passait par.... la construction d’écoles.

Mais en 1970, sont revenus les réactionnaires et ils ont fait loi leurs raisonnements comme le suivant : 1/ donner directement des sous (sans construction d’écoles) pour lutter contre l'analphabétisme, cela ne marche pas c'est sûr. 2/ Les pauvres sont analphabètes donc ne donnons pas de sous aux pauvres, le problème ce n’est pas l'argent ! En français, cela s'appelle un sophisme. Nous appelons cela une absurdité. Depuis la nuit des temps, les sophistes nous font ch....chaque fois la même chose... Ainsi ils arrivent à convaincre les paresseux de la caboche. En résumé 10% des plus riches ont fait croire aux 90 % restant que leur prendre des impôts était néfaste à tous. Absurdité. (Voir le site www.revolution-fiscale.fr)

Certaines choses doivent être socialisées. Un exemple : il vaut mieux quoi ? Un organisme public bureaucratique qui construit lentement des logements qui loge des pauvres ou un organisme privé ultra-efficace qui construit des logements rapidement mais qui restent vides... Ce qui est le cas, par exemple, des résidences de tourisme... En résumé, nous confondons vitesse et direction. Il vaut mieux une voiture lente allant dans la bonne direction qu'une rapide qui part n'importe où !

Le communisme nous a prouvé que nous ne pouvions pas tout socialiser. Socialiser certaines choses est catastrophique : l'agriculture, les services, etc. Ceci dit, cela n'a jamais prouvé, que rien ne puisse être socialisé. Mais comme toujours, les puissants ont élaboré des théories pour justifier leurs privilèges. Auparavant, c'était du domaine des dieux, on nous a fait le coup de la race supérieure, maintenant c'est le saint marché, l'ultra-libéralisme. Et nous sommes retournés au féodalisme...financier. En effet, avant de privatiser l'école, la santé, les HLM, la monnaie a été privatisée aux services de ceux qui en ont (la dette). Là est le cœur du problème.

Toutes les bulles spéculatives finissent mal et pour éviter les douloureuses conséquences d'une banqueroute, les banques ont tiré à eux la couverture. Les pauvres et classes moyennes vont se retrouver sans couverture sociale et....une banqueroute. Nous trouvons étonnant que pour les banques, l'intervention de l'état n'est plus honnie, ne contribue pas à l'oisiveté et l'assistanat des riches... Il est vrai que les puissants sont solidaires entre eux, organisés, conscients de leurs intérêts et influents politiquement. Comme tous les rentiers, ils n'oublient jamais d'aller voter ou plus simplement de placer leurs petits avocats d'affaires au bon poste... Allons-nous rembourser les dettes ? 4 planètes terres seraient nécessaires pour rembourser tout l'argent-dette qui a été créé.... D'abord d'où vient la dette ?... Qui créé la monnaie ? Ces questions n'ont pas les réponses qui a priori nous semblent évidentes.

La monnaie : l'argent-dette

Il est difficile et pourtant important de comprendre que l'argent est créé actuellement par les banques quand elles prêtent : les dettes fabriquent l'argent. Le système à structurellement besoin de créer des dettes. Ce système est exponentiel. Et forcément, il privilégie le court terme le plus rentable, le plus virtuel (titres financiers). La renationalisation de la création monétaire est un combat fondamental. Surtout, la décision " Pour Qui crée-t-on de l'argent ? " doit être démocratique. Ainsi, nous pourrons financer un effort de guerre écologique (nous avons juste tout à refaire : nos villes, nos transports, nos bâtiments, notre agriculture…).

Utopique ? C'est pourtant exactement ce que font les états en temps de guerre. Les USA l'ont fait pendant la seconde guerre mondiale ! L'état américain a rationné, contrôlé les prix et les salaires, imposé un revenu maximum pour diriger une société qui est restée capitaliste dans un effort colossal...

 

"Si le climat était une banque, cela fait longtemps qu'on aurait mis les milliards pour le sauver" Hugo Chavez

"Les importants n'argumentent point : ils se contentent de répéter la même chose, en haussant le ton" Alain

 

Balancier

Tous ceci ne serait qu'une péripétie de plus dans l'éternel balancier entre abus des puissants et retours de bâtons des peuples qui s'énervent. Mais le contexte est à l'urgence écologique au vrai sens du terme (écologie=étude des écosystèmes, être contre l'écologie est comme être contre la géologie ou la biologie ! ). L'urgence énergétique et climatique doit sonner l’alerte d’une mobilisation générale pour défendre les enfants... « Langage guerrier, catastrophique, délires apocalyptiques, paranoïa de bien nourris … ». Nous entendons déjà pleuvoir les accusations. Il faudra donc persister à convaincre sans haine ! Mais, il n'y aura pas de transformation sans conflit. Nous suggérons quelques petites pistes !

Photo : Gasland ou j'ai du gaz de schiste dans mon jardin....

 

Serial Corporation

Pas de changement sans heurts ! Nous le disons avec force à ceux qui ne s'énervent jamais (déjà ça, cela nous énerve !), les partisans du changement sans heurts, la lutte peut-être non-violente mais c'est une lutte féroce. Les gagnants du vieux système feront toujours preuve de violence, même face à des actions non-violentes. Les gagnants ne lâcheront pas spontanément. Ils lâchent face à l'unité et à la colère. L'unité est capitale. Il est temps de comprendre que le pouvoir n'est plus, comme il y a un siècle, aux mains de quelques familles, que le complot global n'existe pas. Hélas, cela serait trop simple. Le pouvoir existe certes mais il est aujourd’hui aux mains de structures transnationales (corporation en anglais), véritables mafias. Ces corporations sont des personnes morales. Juridiquement, ne devraient-elles pas être condamnées comme criminelles ? Il faut les condamner, appliquer des peines lourdes à ces personnes morales (jusqu'à parfois la peine de mort de l'entreprise).

Quelques exemples : Monsanto a sciemment pollué et détruit. En conséquence, Monsanto est condamné à être démantelé et ses biens récupérés. Cela les calmerait. Servier (l’affaire du Médiator) a corrompu (achat d'études complaisantes....) et donc assassiné des milliers de personnes. L'entreprise est condamnée à être démantelée et récupérée. Ainsi, peut-être les multinationales ne seraient-elles plus intouchables. A Grenoble, Carignon a fait 5 ans de prison mais personne du côté du corrupteur. Peut-être que GDF-Suez et Exon hésiteraient-ils avant de financer les campagnes récentes contre le réchauffement climatique et les pseudo-études....
Laissons le financement de l'ONU à ces multinationales, laissons les gérer les forêts, autant confier ses enfants à des ogres....

Le climat se délite et nous prépare la sécheresse et la famine...Faut-il que la plaine à blé d'Ukraine brûle encore pour qu'on le reconnaisse ? Si la Beauce sèche sur pied, allons-nous encore nier l'évidence ? Raison vitale et supplémentaire pour sortir de nos addictions...

PARADIS FISCAUX = ENFER SOCIAL

SPÉCULATION = VOL

Nous devons aussi détruire les paradis fiscaux (comme Monaco et le Luxembourg). Ils tuent lentement mais sûrement l'impôt donc l'état. Nous devons fortement taxer la spéculation, interdire les cotations instantanées, fermer certains marchés boursiers (on ne spécule pas sur la croûte des pauvres). Comme il l'a déjà fait dans les périodes de crises, l'état se doit de lutter contre la spéculation en interdisant certains produits financiers. Il doit racheter des terrains à bas prix pour lutter contre la spéculation foncière, construire des HLM, installer des paysans, réglementer les prix…

Nous donnons rendez à tous en novembre 2011 sur la cote d'usure à Monaco pour le Sommet du G20 en France, faisons leur symboliquement peur ce jour-là...

Ces princes VIP ôtés de l'impôt...

 

L'agriculture est une économie particulière

La réglementation des prix agricoles, la particularité de l'agriculture est qu'elle est totalement inadaptée à l'ultra-libéralisme. Elle doit fonctionner dans un écosystème économique propre, différent d'une région à l'autre. Le principe économique doit être adapté à l'écosystème et non l'inverse comme actuellement. Il existe une multitude d'écosystèmes agricoles, il doit exister une multitude d'écosystème économique agricole. Il est urgent de financer une agriculture durable (les productions polluantes fortement taxées contribuant à financer une reconversion. Il faut 15 ans pour convertir une exploitation du chimique au durable. L’urgence est là : la famine arrive, aggravée par un climat qui devient dingue et la folie des agrocarburants (30 % du maïs américain dans les voitures, blé et betterave pour la France).

Combien de temps avons-nous ? Nous sommes contre la spéculation et pourtant nous allons en faire en espérant beaucoup se tromper :
- 3 mois à 1 an avant la dégringolade financière (dettes non-remboursables)

- 3 à 10 ans pour l'énergie. Sur la question financière, le temps est proche c'est sur... Vendez vos actions, vos assurances vie etc....Acheter du concret, en tout cas les très riches le font. Pour l'énergie, jetons un regard en arrière. Nous voyons que les Cassandres écolo se sont souvent trompés sur un paramètre : l'heure mais rarement sur le fond.

Peu importe, BOUGEONS-NOUS et commençons par chercher à comprendre : COMPRENDRE C'EST AGIR ! LES IDÉES ONT DES CONSÉQUENCES !

Et surtout IMAGINONS, changeons notre imaginaire... LIBÉRONS LES VERROUS DE L'IMAGINATION . CHANGEONS D'ÈRE

Il est urgent de comprendre qu'environnement, Énergie et Économie sont les 3 E à mettre dans le même panier......


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17 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 9 avril 2011 12:39

    Une société qui consomme toujours plus ne peut respecter l’environnement et épuise tôt ou tard les ressources essentielles à la vie. Il ne peut y avoir de croissance infinie sur une planète finie. Il ne s’agit pas de se priver ou de vivre dans la frustration. Vivre simplement, c’est de ne pas succomber aux tentations inutiles et de résister au dictat des marques. C’est vivre mieux avec moins, c’est être responsable. Mais c’est aussi comprendre que notre boulimie d’achat est le reflet d’un mal-être, d’une insatisfaction, engendrés précisément par cette société dite d’abondance ? Nous possédons de plus en plus de biens matériels, sommes-nous de plus en plus heureux ? Au seuil de la vie, la véritable richesse est le vide que l’on laisse et pas les biens que l’on lègue ! Lire.........

    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/03/de-quoi-avons-nous-besoin/


    • Radix Radix 9 avril 2011 13:13

      Bonjour

      Le « développement durable » comme ils disent est la dernière tarte à la crème pour cacher le fait que pour que rien ne change... On change le discours !

      Recycler des merdes dont la durée de vie ne dépasse pas un an, ce n’est pas du développement durable c’est juste une arnaque pour continuer à produire et s’enrichir.

      Le vrai développement durable c’est produire des biens à durée de vie non limitée et réparables facilement.
      Simplement en multipliant par dix la durée de vie des objets produits, calculez les économies d’énergie, de matières premières et d’eau que cela génère !

      Tout les discours des Hulot, Yann Arthus, Al Gore et autres chantres de Rhône Poulenc, Total et Areva sont des écrans de fumée !

      Radix


      • gdm gdm 9 avril 2011 17:10

        @Radix

        Ca dépend. Parfois la réparation coûte plus cher que l’achat d’un autre objet neuf. Ce qui signifie que le temps de travail est plus faible pour en fabriquer un tel objet en usine.

      • epapel epapel 9 avril 2011 18:46

        L’idée, c’est quand même de privilégier la durée de vie des objets chaque fois que c’est possible, mais tel n’est pas le cas aujourd’hui car c’est incompatible avec un système économique dont le fondement est la croissance de la production de biens et de services. Si on faisait ça on entrerait immédiatement en décroissance et la plupart des entreprises de production et de services feraient faillite si on ne change pas les règles de fonctionnement du système.

        La preuve : régulièrement pour soutenir l’industrie automobile on a recourt aux primes à la casse, ce qui revient à raccourcir artificiellement la durée de vie des automobiles.

        La principale motivation du système économique actuel, c’est la croissance de la production et de la consommation, qu’on nous fait prendre à tort pour un accroissement de la richesse.

        La preuve :
        - la croissance actuelle de l’industrie agro-alimentaire a-t-elle un sens autre que la croissance du nombre d’obèses jetés qui entraîne la croissance du système de santé chargé de les soigner et du nombre d’emballages à usage unique qui entraîne celle des entreprises de dépollution ?
        - pourquoi ne met-on pas sur le marché des ampoules à 50.000 heures de fonctionnement alors que leur coût de fabrication est à peine supérieur à celles conçues pour 10.000 ?


      • Radix Radix 9 avril 2011 20:19

        Bonsoir Gdm

        Réparer un produit conçu pour être réparé ne coûte pas cher puisque l’on peut le faire soi-même.

        Au fait avez-vous essayé de changer une ampoule de code ou une veilleuse sur votre véhicule récemment ?

        Moi si et finalement je me suis rendu chez mon garagiste pour qu’il démonte une bonne partie de la calandre pour le faire !

        C’est ça le « développement durable » !

        Radix


      • HELIOS HELIOS 9 avril 2011 14:41

        Des forêts restent encore à raser, le bois peut être brûlé dans des centrales à mauvais rendements et continuer ainsi à gaspiller l’électricité (ce qui est en train de se faire en Région Paca).

        Une reference SVP... pour au moins savoir de quoi il s’agit !


        • JANAL JANAL 11 avril 2011 12:03

          Bonjour,
          Pour produire de l’électricité, on peut faire bouillir de l’eau c’est à dire faire de la vapeur avec du gaz (rendement 55 %) du fioul (35%) du charbon (30%) de l’uranium (33 %) du bois (25 %), plus la source de combustion est chaude et plus le rendement est elevée, (principe de carnot), bref, le bois à une combustion pas tres élevée, le rendement est mauvais.
          Ceci dit le charbon devient cher comme le gaz, le bois est devenue bon marché
          La centrale au charbon de Gardanne souhaite passer au bois, (sachant que la présentation de la cogénération c’est du pipeau) la centrale est faite pour les pointes et vous ne pouvez pas évacuer toutes cette chaleur, le réseau n’existe pas et il ne le construiront pas.)
          Dans le Var une autre petite centrale sera construite ans cogénération.
          50 % de tous les usages du bois en france sont importés.
          On rase l’amérique latine pour faire avoir des cotes de porc en quadrichromie dans nos boite au lettres.
          Si on brule dans nos centrales électriques du bois bien français, les papetiers et autre gros demandeurs de bois vont se retourner vers l’importation moins cher, donc la déforestation.
          Les choses sont globales....
          Ce discours cache une monstruosité (la déforestation globale), d’autant plus que l’on gaspille électricité en France allègrement et que la réduction de 20 % de nos conso est faisable en qques années.

          On repeint en vert pour les gogos, il n’y aura pas de cogénération significative (quelques branchements pour la photo) :
          http://www.laprovence.com/article/economie-a-la-une/gardanne-une-centrale-qui-fait-feu-de-tout-bois

          Utilisons le bois pour chauffer les maisons des particuliers pour éviter les pointes électriques
          De plus l’ONF est en cours de privatisation, GDF suez lorgne dessus, nos forets publics valent de l’or mais sont fragiles, les privatiser, c’est confiés l’éducation de vos enfants à un ogre.


        • gdm gdm 9 avril 2011 17:07

          @JANAL

          Votre article expose votre manière de penser ainsi et vous analysez des faits qui soutiennent vos thèses. Vous abordez de nombreuses thèses différentes dans des sujets différents. Votre argumentations est fondée par des raisonnements et par des faits et des arguments intéressants. Malheureusement, je suis en désaccord avec presque chacun des points que vous évoquez dans votre article.

          Vous évoquez l’origine de la création des richesses. Vous dites très justement que les échanges proviennent des échanges et de la productions des biens. Vous insistez sur l’énergie qui serait, selon vous, à l’origine de la croissance de la production. Je ne suis pas d’accord pour isoler un des nombreux facteurs de production des biens économiques.

          Même si l’énergie avait été trois fois plus chère, l’inventivité de l’homme aurait néanmoins permis une croissance importante des richesses. Il y a beaucoup de facteurs à la production et à la croissance. Votre thèse de mettre l’énergie, sa rareté ou son abondance, au centre de la croissance économique me semble donc faible.

          On pourrait étudier des scénarios de croissance avec une énergie qui serait le triple du cout actuel. Ou pourquoi pas dix fois plus chère. J’ignore si un tel travail d’étude aurait été entrepris. Mais je suis confiant que la croissance des richesses continuerait. 

          En effet, c’est principalement l’échange commercial qui crée la richesse sur la Terre. C’est l’échange de travail contre une rémunération qui crée de la richesse sur la Terre. Et plus les êtres humains sont nombreux, plus ils échangent et plus ils créent des richesses pour eux, pour leurs clients, pour leurs fournisseurs. Chacun crée plus de richesses que les richesses qu’il consomme.


          • epapel epapel 9 avril 2011 17:55

            Votre raisonnement repose sur le prix de l’énergie alors que la thèse de l’auteur repose sur la quantité d’énergie disponible.

            Vous faites la même erreur que la plupart des économistes qui revient à postuler implicitement que la quantité de ressource disponible n’est pas limitée en affirmant qu’il suffit d’augmenter le prix pour augmenter la quantité mise sur le marché.
            Cela peut effectivement marcher un certain temps, dans ce cas le prix correspond au coût de production marginal, mais à un moment donné aucune augmentation de prix ne peut faire surgir de ressource supplémentaire pour une raison physique simple et évidente : la croissance de la consommation d’une ressource limitée en stock ou en flux a nécessairement une borne.

            Le hic, c’est que sur terre la quantité de ressource et en particulier d’énergie est limitée. Or l’énergie est le facteur de production qui sous-tend tous les autres car sans énergie :
            - il n’y a pas de nourriture donc pas d’humain
            - il n’y a pas de production donc pas d’économie
            - il n’y a pas de transport donc pas d’échange

            Et notre problème, c’est que 80% de l’énergie consommée dans le monde y compris nucléaire est issue de stocks limités, non renouvelables et dont la quasi totalité a été découvert. C’est ainsi par exemple que le taux de découverte annuel de gisements pétrolifères est le dixième du maximum de 1960 et le quart de la consommation annuelle.


          • Bovinus Bovinus 11 avril 2011 01:34

            @ gdm

            Vous êtes payé combien pour venir ici déblatérer encore et encore ces sophismes débiles qu’on nous martèle jusqu’à la nausée depuis qu’on est mômes ? À moins que vous ne soyez suffisamment imbécile pour le faire gratos ?

            En effet, c’est principalement l’échange commercial qui crée la richesse sur la Terre.

            Arrêtez. S’il vous plaît, arrêtez avec ça. Ce qui crée la richesse c’est le travail (c’est à dire, de l’énergie transformée) et les ressources. L’échange ne fait que leur ajouter éventuellement une valeur ajoutée, ce qui n’est pas la même chose.

            En réponse à votre sophisme foireux (En effet, c’est principalement l’échange commercial qui crée la richesse sur la Terre. C’est l’échange de travail contre une rémunération qui crée de la richesse sur la Terre. Et plus les êtres humains sont nombreux, plus ils échangent et plus ils créent des richesses pour eux, pour leurs clients, pour leurs fournisseurs. Chacun crée plus de richesses que les richesses qu’il consomme) :

            Pour avoir la prétention d’instruire des gens, il faudrait déjà être soi-même un minimum instruit. Je vous propose donc de commencer tout de suite par vous-même : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Georgescu-Roegen (si vous êtes du genre culture McDo) ou, si vous préférez la version longue : http://classiques.uqac.ca/contemporains/georgescu_roegen_nicolas/decroissan ce/decroissance.html .

            Bonne lecture.


          • epapel epapel 9 avril 2011 17:22

            Je suis d’accord sur le fond de l’article, néanmoins quelques remarques sont nécessaires.

            Notre agriculture nécessite de brûler 10 calories de pétrole (engrais, produits chimique, tracteurs, transports...) pour fabriquer une calorie alimentaire.

            Vrai pour la viande de boeuf mais pas pour les légumes ou les céréales par exemple.


            Nous accélérons alors même que nous devrions ralentir…
            Même la dernière goutte permet d’accélérer.

            Un bien joli slogan mais physiquement faux : pour simplement maintenir la vitesse voire limiter le ralentissement il faut continuer à consommer.

            Le nucléaire nécessiterait (nous ne savons pas précisément, le nucléaire est très transparent) 1 à 2 milliards de litres de pétrole pour construire une centrale...

            A 8Kwh le litre, ça nous fait 1Gwh par centrale de 1,2Gw (1200Mw), ce qui équivaut à 7.000 heures de fonctionnement soit 1 an. Comme une centrale dure au moins 30 ans, cela représenterait au maximum entre 3 et 6% de sa production totale ce qui reste le meilleur bilan (bien mieux que les chevaux par exemple).


            les centrales électriques thermos-solaires fonctionnent très bien et même la nuit, l’éolien peut être stocké sous forme d’air comprimé.

            Pour stocker 3Mwh, il faut une réserve de 1000m3 d’air à 70bars, donc une 1 journée de réserve par éolienne de 1Mw demanderait 8000m3 (voir site http://www.mines-energie.org/Dossiers/Stock2006_13.pdf) ce qui modifierait significativement le ratio énergétique de l’éolien.
             


            • Leo Le Sage 9 avril 2011 18:41

              @auteur
              Je pense que je vais lire à tête reposée car votre sujet m’a l’air intéressant...
              Je donnerais mon avis sous mon propre fil pour ne pas polluer ceux des autres...

              Je suis peut-être hors sujet mais de nos jours en tout cas un même usage d’un bien consomme moins que ceux d’il y a dix ans...
              (LCD vs cathodique)


              • easy easy 10 avril 2011 15:11

                Quel bel exposé !

                Rien à dire sur son contenu mais je préfère considérer autre chose.

                L’homme aurait la particularité d’être conscient qu’il devra mourir. Cette perspective, si elle n’était éludée ou déniée, nous enverrait direct à la dépression. Il nous faut donc des croyances, toutes sortes de croyances pourvu que ce soit très écarté de la perspective de notre mort. Ces croyances, même quand elles sont parfois partagées (croire en la liberté, croire en un Dieu bleu, croire en l’amour, croire aux OVNI, croire aux Rolex) sont finalement uniques, propres à chacun. Chacun ayant son p’tit cocktail de croyances (dont la recette n’est pas forcément figée).

                Pourquoi deux personnes ne partagent jamais exactement le même cocktail de croyances ? Parce chacun comprend que s’il peut exister un miracle d’immortalité, il ne peut pas être collectif et ne peut être qu’individuel.
                Les religions, qui ont proposé une trame de miracle collectif allant jusqu’à parler de peuple élu, n’ont pas su trouver une formule vraiment sûre où tout le monde serait sauvé. Elles n’ont pas su éviter les divisions, les sélections les tris entre les élus et les autres.

                Le besoin de croire en quelque magie d’une part et de croire dans un miracle pour soi seulement, conduit à l’égoïsme. Alors chacun se battra pour la dernière goutte miraculeuse.

                Ce principe de l’ivresse d’un miracle pour soi est très clairement condensé en l’histoire vraie Erzebeth Bathory. Comme elle était riche, puissante et n’avait de compte à rendre à personne pendant qu’elle refusait de vieillir, elle a épuisé le sang des vierges de son pays jusqu’à leur dernière goutte.




                Tant que personne ne saura proposer une vision moins angoissante de la mort, ou une version plus collective d’un miracle, chacun vendra père et mère pour sucer jusqu’à la dernière goutte des énergies.

                L’écologie, la décroissance ?
                 
                Elles ne savent pas encore proposer la solution miraculeuse pour tous. En attendant, elles essayent de démontrer qu’il n’y aura pas de miracle individuel.
                Quel peut être l’effet de cette démonstration ?

                On pourrait espérer que son effet sera de pousser chacun à refreiner son vampirisme pour faire durer plus longtemps le Vaisseau. On se tromperait alors. Car, surtout en raison des âges variés des individus, les urgences et angoisses n’étant pas les mêmes pour tous à un moment donné, plus on annonce qu’il reste peu de gouttes, plus on pousse les angoissés à se les accaparer.

                Le mur des peaks est devant nous mais nous ne sommes qu’une toute petite fraction à yourter. 99,9 % d’entre nous refusent la yourte et les Gitans au prétexte que désordre, que poubelles, que cacas. Or, désordres, poubelles et cacas disent notre vérité, notre mortalité, notre finitude. Alors que notre maison toute proprette où tout est plus blanc que blanc, raconte toutes sortes de fables en déniant la mort. Notre sweet home, notre cocon forme le début de notre miracle individuel, notre arche noémique.

                (Les films d’Emir Kusturica disent toujours le désordre, le caca et la mort. « La vie est un miracle » tend à démontrer qu’il n’y a pas d’autre miracle à attendre par-dessus la vie. Le miracle est dans la vie, même en guenilles)


                • Popov 11 avril 2011 00:44

                  Merci Janal pour cet article,
                  Oui il est temps de mettre de l’ordre dans notre maison et d’abord changer le système financier et ensuite reconvertir nos dernières énergie faciles dans l’avenir.
                  Je vais bien sur isoler un max ma maison, mais je ne vois personne qui porte une vision correcte et cela me démoralise, il faut un électrochoc pour changer avant que le changement ne se fasse dans le chaos.

                  Qui met ces idées dans son programme politique ?


                  • bretagne 11 avril 2011 15:51

                    @ Janal : comment intégrez vous dans votre système une dimension qui s’y trouve absente , c’est à dire la folle croissance démographique . A quoi nous sert-il d’être de plus en plus nombreux , de plus en plus entassés ? Les contraintes écologiques ne seraient-elles pas infiniment moins graves dans un monde moins surpeuplé ? . Avec seulement un milliard d’habitants par exemple , la planéte ne pourrait-elle pas soutenir de façon durable le niveau de vie actuel ?
                    La pilule contraceptive ne serait-elle pas le meilleur outil pour le survie de la planéte ?
                    Pourquoi ne pas organiser d’ores et déja la décroissance réfléchie de la population ?


                    • JANAL JANAL 12 avril 2011 09:08

                      Bonjour,
                      Dans l’absolu c’est vrai le monde est fortement plein, mais que faire : la promotion de la contraception, certes, cela serait très utile mais le principal frein est d’ordre moral (les religions en gros) de plus partout ou j’ai voyagé la génération de 20 ans ne veux plus de familles nombreuses, le soucis c’est pas la génération qui vient mais la génération de vieux dans les pays riches qui sur-consomment. 20 % de la population fait 80 % de la consommation d’énergie, le coeur du pb est là. La bombe démographique aurait du être réduite il ya 40 ans maintenant c’est l’inertie du système. Mais attention en cas de gros soucis si la mortalité baisse de 10 ans en europe et au USA comme cela c’est passé en ex-URSS, c’est 100 millions de riches en moins et la fin de l’industrie du bâtiment neuf dans ces pays....
                      la décroissance de la population va venir, les gens feront de moins en moins d’enfants au fur a mesure que les conditions de vie se dégraderont...


                      • Amada 13 avril 2011 02:12

                        Bonjour à tous

                        et à Janal.
                        Merci pour l’article.
                        Vous voulez relancer l’imaginaire ?
                        Je vous le propose ainsi. 

                        Nous sommes devant une hydre :

                        Nous devons y répondre (en répondre ?) comme Hercule !

                        Votre rendez-vous est une bonne idée.
                        Cordialement
                        Amada
                        PS : je vis dans la même région que vous a priori

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