• jeudi 9 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi il faut sauver le modèle français
13%
D'accord avec l'article ?
 
87%
(64 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Pourquoi il faut sauver le modèle français

...donc empêcher l’UMP de le bousiller

Quand les faits démontrent toute l’inanité de la doctrine économique sarkozyste.

Sautant comme des cabris, les sarkozystes se répandent sans cesse clamant sur l’air des lampions qu’il faut "réformer" la France. Pour justifier leurs contre-réformes - puisqu’il s’agit bien de ça en réalité -, ils vouent aux gémonies le modèle français. Trop de fonctionnaires, trop d’assistanat, pas assez d’heures de travail... Ils ont tout faux ! Ainsi, lorsque le mensuel américain International Living, destiné aux expatriés, publie son classement des pays où la vie est la plus agréable, lequel arrive en première position depuis trois ans ? Bingo, la France ! Le magazine se base sur un indice qui "rassemble des éléments sur le coût de la vie, sur les loisirs, la culture, l’économie, l’environnement, etc. Une optique plus pertinente que le seul niveau de fiscalité", comme le résume Alternatives économiques . Conclusion d’International Living : "Passez ne serait-ce que quelques mois ici et vous n’aurez plus jamais la même façon d’apprécier la qualité de la vie".
 

Passons à présent à un article publié le 20 août dernier par The business insider, découvert via le blog de Gaël et titré Français : le peuple le plus productif du monde. Il reprend une étude réalisée par UBS : "En ramenant le PIB par habitant à l’heure travaillée, la France surclasse largement ses rivaux. Exemple : tandis qu’un Français génère 25,10 $ de PIB en travaillant une heure, un Américain n’en rapporte que 24,60", traduit Les mots ont un sens. Conclusion des auteurs de l’article : "Voici une leçon que le reste du monde devra méditer. La solution n’est pas de travailler plus. Mais de travailler mieux... et moins. Comme les Français savent le faire". Une pierre dans le jardin de Sarkozy et son célèbre "travailler plus pour gagner plus".

logoEnfin si, comme le répètent sans cesse les membres de la majorité, la France s’en sort plutôt mieux que les autres pays frappés par la crise, ce n’est absolument pas grâce à leur soi-disant "plan de relance massif". La vraie explication est livrée par Alternatives économiques : "Ce modèle français si décrié aurait-il donc finalement quelques vertus insoupçonnées ? Certaines caractéristiques structurelles contribuent à expliquer la relative résilience de l’économie hexagonale. C’est le cas notamment du poids important des mécanismes de redistribution. Ils participent en effet à la stabilisation des emplois et des revenus en ces temps difficiles. Heureusement que Nicolas Sarkozy n’avait pas encore eu le temps de mettre véritablement en oeuvre son programme libéral quand la crise est survenue ! Mais cette résistance tient aussi pour une bonne part à la structure des finances des ménages. Ils épargnent beaucoup et sont plutôt moins endettés qu’ailleurs. Limitant ainsi les effets négatifs pour l’activité économique du puissant mouvement de désendettement à l’oeuvre dans les pays qui avaient suivi à l’excès la voie de l’argent facile tracée par le modèle anglo-saxon. Enfin, cette résistance relative résulte aussi du poids limité de l’activité industrielle et du caractère faiblement exportateur de l’économie française. Il n’y a pas vraiment toutefois gdde quoi s’en vanter..." Des explications plus détaillées sont fournies par la plume du rédacteur en chef de la revue, Guillaume Duval : "L’ensemble des dépenses publiques devrait représenter 55,6% du PIB français cette année, selon les chiffres de la Commission européenne. Soit le niveau le plus élevé de l’Union à vingt-sept (la moyenne européenne est de 50,1) hormis la Suède, où ces dépenses représentent 56,6% du PIB. L’essentiel de ces dépenses n’est cependant pas consommé par des administrations publiques, mais redistribué aux citoyens par le biais notamment de prestations sociales, qui représentent en France 34,6% du PIB (dont 18,9% sous forme de paiements directs d’allocations diverses). Ces mécanismes concourent puissamment à la stabilisation des revenus des ménages en temps de crise." Voilà donc qu’alors que tous nos politiques de droite, du centre et de la fausse gauche crient haro sur la dépense publique - et souhaitent la baisse des prestations sociales (ouh le vilain assistanat !) -, il apparaît que c’est justement elle qui nous préserve. D’où l’immense hypocrisie du président : "malgré l’image de volontarisme que Nicolas Sarkozy souhaite volontiers donner de son action, la France a pour l’instant été un des grands pays développés qui a le moins mobilisé l’intervention publique pour combattre la crise au-delà de l’effet mécanique des stabilisateurs automatiques préexistants." Abordons à présent la question des fonctionnaires, qui seraient affreusement trop nombreux et dont le chef de l’Etat a entrepris de ne pas remplacer un retraité sur deux : "L’emploi public joue également un rôle de stabilisation important car il ne suit pas les cycles économiques. Avec 13,2% du PIB consacré en 2009 à la rémunération des salariés du secteur public, la France se situe, sur ce terrain, au-dessus d’une moyenne européenne qui est de 11%." La diminution du nombre de fonctionnaires imposée par l’Elysée est donc un facteur aggravant de la crise. Tordons ensuite le cou à l’idée que le plan de relance de la France serait massif : "Par ailleurs, nous avons souligné précédemment le recul – important, mais plus faible qu’ailleurs – de l’investissement en France. Mais ce n’est pas grâce au dynamisme de l’investissement public que les dégâts ont été limités jusqu’ici. Alors que son poids s’est accru de 1,8 point entre 2007 et 2009 dans le PIB des Etats-Unis, de 0,9 point au Royaume-Uni et de 0,5 point en moyenne dans l’Union, il ne devrait progresser que de 0,2 point en France, selon la Commission. (...) Si on cumule les effets des stabilisateurs automatiques et des mesures discrétionnaires prises par les gouvernements des différents pays depuis deux ans, la France est, avec l’équivalent de 3,9 points de PIB injectés dans le circuit économique, un des grands pays où les pouvoirs publics ont le moins soutenu l’activité entre 2007 et 2009. Un peu plus toutefois qu’en Allemagne (3,7 points de PIB) ou qu’en Italie (3 points seulement), mais beaucoup moins qu’aux Etats-Unis (9,4 points) et qu’au Royaume-Uni (8,8 points). Nettement moins également que dans les pays scandinaves, plus proches de la France en termes de niveau des dépenses publiques : en Suède, les pouvoirs publics ont injecté 6,4 points de PIB dans l’économie et quasiment autant au Danemark et en Finlande. Bref, si l’activité recule en France un petit peu moins qu’ailleurs, ce n’est pas vraiment grâce à l’action décidée des pouvoirs publics depuis deux ans, mais plutôt malgré l’ampleur très limitée de celle-ci..."

Droit dans le mur en klaxonnant

Ajoutons enfin, en guise de coup de grâce, les questions liées de l’endettement des ménages et de la bulle immobilière : "Partout dans le monde, aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi au Royaume-Uni, en Irlande et en Espagne, c’est l’éclatement de la bulle immobilière qui a déclenché la crise actuelle. Et qui explique aussi largement sa gravité. Contrairement au Japon ou à l’Allemagne, où les prix ont baissé depuis dix ans, la France n’a pas été épargnée, loin de là, par la spéculation immobilière : selon les chiffres de l’OCDE, les prix réels de l’immobilier (une fois l’inflation déduite) ont doublé en France entre 1995 et 2007. L’envolée était certes moins forte qu’en Irlande ou au Royaume-Uni, mais les niveaux espagnols ont presque été atteints et l’immobilier a nettement plus augmenté en France qu’aux Etats-Unis. Cette évolution a posé de graves problèmes à la société hexagonale : impossibilité d’accéder à la propriété pour des couches sociales de plus en plus larges, pouvoir d’achat amputé par les hausses de loyers et des remboursements de crédits, disparition du logement social de fait qui palliait le manque de logements sociaux officiels... Elle n’a toutefois pas débouché sur un surendettement massif des ménages comme cela a été le cas dans les pays les plus touchés par la crise. En 2007, l’endettement des ménages français représentait 99% de leur revenu disponible, selon les chiffres de l’OCDE. C’est certes significativement plus que les 66% de 1996, mais on reste loin des 186% du Royaume-Uni ou des 142% des Etats-Unis. Et malgré l’absence totale de bulle immobilière dans ces pays, les Allemands et les Japonais sont eux aussi plus endettés que les Français..." Or quel était le programme défendu par Sarkozy : une France de propriétaires. Comment acquérir son logement sans s’endetter ? Du reste, pour l’incompétent de l’Elysée, l’endettement est une bonne chose, comme nous le relevions dans un billet de mai 2007 : "L’Etat est trop endetté et les ménages pas assez. D’ailleurs, il faut tordre le coup à cette idée : s’endetter, pour un ménage, ce n’est pas mal, c’est une confiance dans l’avenir", a-t-il déclaré. Voilà ainsi comment, s’il avait réussi à "réformer" aussi loin qu’il le souhaitait, les ménages français se seraient endettés devantage, pour acheter un logement qu’ils n’auraient ensuite plus pu assumer, et les conséquences de la crise seraient encore infiniment plus graves qu’elles ne le sont déjà, avec la diminution de la dépense publique et du nombre de fonctionnaires. Et que dit aujourd’hui l’indécrottable ? Qu’il faut continuer les réformes ! Ou comment, avec Sarkozy, aller tout droit dans le mur en klaxonnant bien fort.

 
par Olivier Bonnet (son site) vendredi 28 août 2009 - 160 réactions
yahoo
13%
D'accord avec l'article ?
 
87%
(64 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par wesson (xxx.xxx.xxx.183) 28 août 2009 11:33
    wesson

    Bonjour l’auteur, merci pour votre article qui rapporte des faits indiscutables.

    C’est parfaitement exact que M. Sarkozy voulait avant la crise créer une copie conforme du modèle d’emprunt américain, à savoir garantir les prêts immobiliers par la maison achetée, et donner la possibilité d’utiliser sa maison comme un distributeur de billet automatique (en permettant de remonter des prêts sur le différentiel de la valeur estimative de la maison, un truc formidable qui ne peut se terminer que par une faillite personnelle)

    De toute manière, la doxa officielle est toute trouvée : Si on est en crise, c’est parce que les "réformes" n’ont pas été assez loin ou assez vite. ça marche pas donc on va reessayer la même chose jusqu’a ce que ça marche.

    On l’oublie trop souvent, le libéralisme non régulé a presque 2 siècles d’existence. Il nous aura donné 2 crises majeures qui ont débouchés sur 2 guerres mondiales. Et, des fois qu’on ai pas compris, on en est à la 3ème crise majeure. Ne serait-il pas temps d’arrêter les frais avec ces conneries là dont on sait parfaitement la nocivité !

  • Par Olivier Bonnet (xxx.xxx.xxx.137) 28 août 2009 13:20
    Olivier Bonnet

    @ Julius qui écrit : "Les travailleurs les moins productifs ne sont pas employés. Les travailleurs les plus productifs sont employés". Je récuse cette interprétation à l’emporte-pièce, qui signifierait que les chômeurs sont incompétents, bref qu’ils méritent leur sort. Allez raconter ça à l’ouvrier qui bosse depuis 15 ans dans une usine délocalisée et qui ne retrouvera plus jamais de travail.

  • Par Olivier Bonnet (xxx.xxx.xxx.137) 28 août 2009 13:23
    Olivier Bonnet

    @ Péripate : vous illustrez à merveille l’aveuglement libéral. Quoi qu’il arrive, vous vous accrochez à vos minables exhortations favorables au patronat. Vous serez tondu à la libération. smiley

  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.17) 28 août 2009 13:09
    sisyphe

    Merci pour cet article, qui remet les pendules à l’heure, et tord le cou aux antiennes des libéraux et atres chantres droitistes de l’assistanat, gnagnagna, du trop de fonctionnaires, gnagnagna, dujtrop de dépenses sociales, gnagnagna gnagnagna...

    La seule vraie réforme à entrepreendre est, maintenant, la construction de logements sociaux en nombre suffisant pour empêcher la spéculation immobilière.

    Plus d’état  ; oui, plus que jamais : seule façon d’échapper à la rapacité des vautours du privé.

    Une vraie gauche se doit de revendiquer cette orientation, et de porter à la connaissance des citoyens, ces différents aspects et chiffres indiscutables : c’est sur cette voie que l’incompétent de l’Elysée et sa clique de dépeceurs doivent être battus, pour empêcher la continuation de l’entreprise de démolition du pays à l’oeuvre.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox