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Accueil du site > Actualités > Economie > Programme Fillon : combien de chômeurs ?

Programme Fillon : combien de chômeurs ?

On a coutume de dire que le quinquennat de F Hollande est un échec en matière de chômage. La fameuse inversion de la courbe du chômage ne s'est jamais produite. En fait, il est probable qu'elle ne pouvait pas survenir. Nous allons expliquer pourquoi.

Il existe une donnée dont on ne parle jamais dans les débats sur l'emploi et le chômage : il s'agit tout simplement de la pyramide des âges. Il faut examiner celle de la France, qui ressemble désormais davantage à une tour qu'à une pyramide.

Le site de l'INSEE propose une pyramide des âges interactive, dont on peut extraire le petit tableau suivant, qui donne les effectifs de différents âges :

âge Effectif âge effectif
Effectifs par âge
20 767709 61 821117
19 787204 60 822054
18 792026 59 833099
17 814634 58 845723
16 822345 57 866073
TOTAL 3983918 TOTAL 4188066

 

Pour bâtir ce tableau, je suis parti de l'idée que les jeunes entrent dans la vie active vers 21 ans et que les vieux partent à la retraite à 62 ans. Que ces âges ne soient pas tout à fait exacts est sans importance. Ce qui compte, ce sont les flux.

Dans les 5 ans à venir et en l'absence de réforme des retraites, environ 4 millions de jeunes arriveront sur le marché de l'emploi, tandis que 4,19 millions de vieux partiront à la retraite. Si le nombre d'emplois reste le même, on constate que les départs en retraite libèrent du travail pour les jeunes générations.

Le candidat F Fillon prévoit de faire passer de 62 à 65 ans l'âge de la retraite. Examinons maintenant les flux dans l'hypothèse où cette réforme serait intégralement réalisée pendant le quinquennat. Pour arriver à l'âge de la retraite dans les 5 années à venir, il faudrait donc avoir au moins 60 ans aujourd'hui. Seulement 1,643 millions de personnes partiraient donc à la retraite en 5 ans. Sur les 3,984 millions de jeunes arrivant sur le marché de l'emploi, 2,341 millions se retrouveraient sur le carreau.

Une augmentation de 2.3 millions de chômeurs en 5 ans serait totalement insupportable pour la société. Peut-être F Fillon envisage-t-il d'étaler cette réforme dans le temps (auquel cas elle ne pourrait être faite pendant le prochain quiquennat), mais cela ne ferait que retarder l'augmentation du chômage.

Face à un tel constat, les gens de droite ont pour habitude de répondre que nous sommes des ânes, qui ne comprennent rien aux sciences économiques. Une telle objection est assez drôle alors qu'ils ne se donnent même pas la peine de prendre en compte des données démographiques élémentaires, mais elle mérite quand même d'être examinée. Avons-nous des arguments pour prouver que les choses se passeraient effectivement comme cela ? Ne peut-on pas penser, au contraire, que le fait de travailler plus dynamisera l'économie et l'emploi ?

On peut répondre à cette question en examinant l'impact des réformes passées. En effet, F Fillon a déjà repoussé l'âge de la retraite lorsqu'il était premier ministre, la faisant passer de 60 à 62 ans. Le report a été étalé de 2011 à 2017. Pour voir l'effet démographique de cette réforme, nous devons examiner les effectifs des 6 générations précédentes :

 

âge effectif âge effectif
26 784047 65 818801
25 784180 64 788895
24 770415 63 811671
23 761786 62 799913
22 728187 61 821117
21 737459 60 822054
TOTAL 4566074 TOTAL 4862451

 

Si la précédente réforme des retraites n'avait pas eu lieu, on peut estimer qu'en 6 ans, 4,862 millions de français seraient partis à la retraite, faisant de la place pour 4,566 millions de jeunes arrivant en âge de travailler. Il y aurait donc eu un équilibre entre les arrivées et les départs.

Or pendant ces 6 ans, l'âge de la retraite a été repoussé de 4 mois par an. On peut donc diminuer à peu près d'un tiers le nombre de départs en retraite, ce qui nous donne 3,242 millions. Si notre idée est juste, il doit donc y avoir 1,324 millions de chômeurs de plus.

Pour tester notre hypothèse, examinons l'évolution du chômage pendant cette période, en prenant en compte les catégories A, B, C, D et E de démandeurs d'emplois. Pourquoi ne pas se limiter à la catégorie A ? Parce que les mesures de traitement du chômage peuvent conduire à des transferts de chômeurs d'une catégorie à l'autre. Il faut donc tout prendre en compte si on veut voir l'évolution réelle du chômage. On retrouvera ces données sur le site de l'INSEE :

Date Milliers de personnes
Nombre de demandeurs d'emplois
oct 2011 4765,5
oct 2012 5179,9
oct 2013 5521,5
oct 2014 5823,8
oct 2015 6130,5
oct 2016 6214,9

 

On constate sur cette période une augmentation de 1,449 millions de demandeurs d'emplois. On retrouve bien l'impact de la réforme des retraites dans les statistiques de l'emploi.

J'ajoute qu'il n'y a pas que les statistiques qui sont impactées ! Toute la société a été dégradée, Chacun peut le ressentir directement, sans statistique, simplement en regardant autour de soi.

Ah, je devine que les gens de droite vont dire que la hausse du chômage ne provient pas de la réforme des retraites, mais de la mauvaise gestion de F Hollande. Alors qu'ils m'expliquent pourquoi Sarkozy et Fillon ont lancé cette réforme à la fin de leur mandat, si ce n'est pour éviter de devoir rendre compte de ses conséquences catastrophiques devant les électeurs ?

Une autre proposition de la droite et de M Fillon consiste à allonger la durée du travail, la faisant passer de 35 à 39 heures hebdomadaires. Cette proposition bénéficie à peu près du même argumentaire que la réforme des retraites. La hausse du temps de travail est sensée améliorer la compétitivité et augmenter l'activité, donc l'emploi.

On peut tester cette idée en retournant sur le site de l'INSEE et en examinant le graphique, que nous reproduisons ci-dessous, l'image étant librement téléchargeable : Demandeurs d'emplois - toutes catégories (source INSEE)

Nous pouvons voir deux périodes dans ce graphique :

  1.  De 1996 à 2008, baisse de la durée du travail. Le chômage diminue lentement et irrégulièrement en raison des crises cycliques. Il passe de 4.1 millions à 3.5 millions
  2. À partir de 2008, politique d'augmentation du temps de travail. Le chômage explose, passant de 3.5 millions à 6.2 millions aujourd'hui.

Les théories de droite sur la durée du travail ne sont donc pas confirmées par les faits. On pourra objecter que la réduction de la durée du travail n'avait abouti qu'à 600 000 chômeurs de moins. Je me bornerai à répondre que, si elle avait été poursuivie, il y aurait aujourd'hui 2,9 millions de chômeurs au lieu de 6.2 millions, c'est à dire deux fois moins !

On peut donc craindre que l'augmentation de la durée du travail amplifie encore l'accroissement du chômage provoqué par une nouvelle réforme des retraites et qu'on se retrouve finalement avec plusieurs millions de chômeurs supplémentaires.

Encore ne parlons nous ici que des effets directs des réformes voulues par F Fillon. Il faut cependant ajouter que des chômeurs en plus, c'est de la consommation en moins et donc de l'activité en moins et donc encore plus de chômeurs ... Un gouffre s'ouvre sous nos pieds !

Sources : INSEE pour les données et le graphiques. openclipart.org pour la bombe.


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26 réactions à cet article    


  • devphil devphil 7 décembre 2016 12:11

    Pourquoi faire baisser le nombre de chômeur ou pourquoi pourrait il baisser ? 


    Le nombre de chômeurs décroit « naturellement » au bout de 2 ans ....

    Ensuite la volonté politique dicté par le Medef n’est pas la diminution du nombre de chômeurs pour la raison simple qui se nomme NAIRU.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_chômage_n’accélérant_pas_l’inflation

    Une population prise entre un travail à bas salaire et des fins de droits de chômage ou du RSA va choisir par défaut l’exploitation comme au 19 ième siècle.

    La nostalgie de Fillon pour cette période ou les riches n’avaient que faire du bas peuple , tout juste bon à trimer est une perspective honteuse de retour à l’exploitation.

    La mondialisation a transformé la mise en concurrence au sein d’une ville , une région ou d’un pays par une concurrence mondiale totalement déloyale.

    Allez comparer les salaires et le niveaux de vie au Bangladesh avec les pays Européens, ou se trouve l’industrie textile du Nord de la France ? 
    Initialement parti en Afrique du Nord puis délocalisé en Asie pour des coûts encore plus bas.

    Les prochaines élections n’apporteront rien si on conserve les mêmes...

    Un deuxième tour Melenchon - LePen pourrait apporter un espoir avant que la révolte n’apparaisse 

    Car il ne sera pas possible de continuer avec une telle part de la population qui n’a pas de travail et peut être même pour certains qui n’en a jamais eu

    Philippe 
     




    • Hector Hector 8 décembre 2016 09:16

      @devphil
      C’est aussi simple que ça. Conserver un taux de chômage aux environs de 9 à 10 % pour éviter une inflation qui profiterait au petit peuple.
      Nos politiques sont des merdes.


    • zygzornifle zygzornifle 7 décembre 2016 12:53

      moins de chômeurs mais plus de sans emplois.... il suffit de modifier la manière de comptabiliser ....


      • devphil devphil 7 décembre 2016 13:50

        @zygzornifle


        A non car cela ferait remonter le chômage ou plutôt la comptabilisation des sans emplois , voila le vrai indice.

        Combien de personne en age de travailler sans aucun emploi durant un mois donné ?
        Combien de personnes en age de travailler avec un emploi précaire , c’est à dire moins de la durée légale ? 

        C’est sûr qu’en modifiant de cette manière la comptabilisation du chômage , nous allons voir les chiffres passer de 3 millions à pratiquement 5 fois plus 

        Philippe


      • oncle archibald 7 décembre 2016 14:33

        Pour faire baisser le chomage il faut d’abord que les entreprises aient envie de produire et d’investir en France. Ca n’est pas en traitant les entrepreneurs de voyous qu’on leur donnera cette envie, François Hollande devrait le savoir. Tous les gros susucres qu’il leur a distribués après avoir fait une campagne totalement démagogique n’y ont rien changé. Peut être auraient-ils davantage confiance en François Fillon, même sans le susucre.L’idéologie et la réalité économique ne font pas bon ménage .


        • JPB73 7 décembre 2016 14:50

          Bonjour, Archibald

          Je ne vois pas bien en quoi mon article est « idéologique »,, mais peut-être voulez-vous parler de la campagne de Hollande en 2012 ?

          Mon article n’est pas une défense de Hollande, mais une tentative pour introduire dans le débat démocratique certaines données qui ne sont actuellement pas prises en compte.


        • oncle archibald 7 décembre 2016 15:25

          @JPB73 il s’agit évidemment de la campagne de Hollande, qui s’annonce grand pourfendeur d’entrepreneurs-exploiteurs et de financiers-suceurs dans ses discours mais qui une fois arrivé au pouvoir ne pourfend rien mais prend des mesures nouvelles toutes les semaines laissant autant ses électeurs que ses adversaires « de classe » désemparés et sans avenir lisible. C’est ce qui lui vaut aujourd’hui cette impopularité extraordinaire. Qui que ce soit qui lui succède il ne pourra rien contre le chômage sans la confiance des entrepreneurs.


        • Ben Schott 7 décembre 2016 15:29

          @oncle archibald
           
          Et dire qu’il suffit que la « confiance » des entrepreneurs revienne pour éradiquer le chômage !
           


        • JPB73 7 décembre 2016 15:40

          @oncle archibald

          Je pense pour ma part que les entreprises n’embauchent que si elles ont besoin de nouveaux salariés. Or, nous avons actuellement une croissance très faible, , il ne peut donc pas y avoir d’embauches massives.

          Reste à savoir si on peut retrouver une forte croissance ou pas. À titre personnel, je pense que non, car la baisse de la croissance est une tendance historique qui se confirme depuis les années 70.

          Les causes en sont certainement profondes : limites écologiques, saturation de certains besoins etc.

          Quand on pense comme moi que la croissance ne reviendra pas, il est clair que la seule façon de combattre le chômage consiste à réduire la durée du travail.


        • oncle archibald 7 décembre 2016 17:01

          @JPB73

          La croissance mondiale moyenne étant de l’ordre de 3,6% pour l’année 2016 et celle de la France même pas de la moitié il faut croire que les entrepreneurs Français ne sont pas très chauds pour investir et produire plus qu’hier.

          Il n’y aura plus jamais d’embauches massives puisque la mécanisation l’automatisation et la robotisation des taches permettent de produire plus sans embaucher, voire en débauchant.

          Emmerder ceux qui sont encore employeurs dans des conditions difficiles ne me parait pas le meilleur moyen de régler ces problèmes.

          Prévoir comment former rapidement des salariés au chômage pour qu’ils retrouvent de l’emploi dans de nouvelles filières me parait plus opportun que « d’exiger » le maintien de postes de travail qui n’ont plus leur utilité comme le fit par exemple Monsieur Montebourg avec les salariés d’Arcelor Mittal à Florange.


        • JPB73 7 décembre 2016 17:46

          @oncle archibald
          Dans les pays du sud, , le phénomène de saturation de la croissance ne se produit pas encore, ce qui explique qu’on puisse avoir une croissance mondiale de 3.5%.

          Quand leur PIB sera égal au nôtre, ils auront une croissance semblable à nous.

          Et comme vous le dites, il n’y aura plus d’embauches massives, ce qui veut dire qu’il n’existe nul autre moyen de résorber le chômage que de réduire la durée du travail.


        • oncle archibald 7 décembre 2016 18:38

          @JPB73 : accepter que la masse de travail à partager reste la même voire diminue, rapprocher ce phénomène de l’allongement de la durée de la vie et de l’augmentation de la population par la démographie positive et l’immigration, c’est accepter la diminution drastique des prestations sociales et/ou chercher un autre financement que le prélèvement sur les salaires pour les maintenir.

          Le problème est tellement aigu qu’il faut à mon avis agir sur les deux leviers : essayer de créer des emplois et reporter ailleurs que sur les salaires au moins une partie du financement de la secu.

          Créer des emplois dans les professions qui emploient encore de la main d’œuvre non délocalisable c’est reconvertir en travail déclaré l’énorme masse d’heures travaillées au black (bâtiment, automobile, restauration, agriculture, services à la personne, etc etc ...).

          Créer des emplois dans des activités nouvelles pour compenser la perte des emplois dans les industries qui se délocalisent ou qui se mécanisent c’est indispensable et cela passe par la formation accélérée des chômeurs.

          Financer les prestations sociales à partir d’un impôt sur le revenu des personnes physiques à réorganiser de fond en comble (multiplication des tranches, taux des tranches, suppressions des niches fiscales, etc etc ..) je n’ai rien contre, c’est un euphémisme ! Et la encore la chasse aux fraudeurs serait une mesure salutaire.


        • Ar zen Ar zen 7 décembre 2016 18:39

          @JPB73

          Merci beaucoup pour votre article, votre analyse fouillée, vos mises en perspective. On aimerait tellement trouver ce genre d’étude dans la presse. Mais celle ci est aux abonnés absents.

          Voici un article sur la croissance, paru sur Agoravox, que vous n’avez peut être pas lu. J’ai trouvé celui ci très intéressant. Il m’a laissé pantois. Des notions qui ne sont jamais abordées par les économistes. 


        • gerard5567 8 décembre 2016 10:26

          @oncle archibald

          Pourtant, bien des entrepreneurs sont des voyous. C’est une réalité sociale et même judiciaire.

          Fillon, c’est 529 000 chômeurs de 2007 à 2012 avec ou sans susucre.


        • Eric F Eric F 7 décembre 2016 14:58

          La démonstration concernant l’impact sur le chômage du recul de l’âge de la retraite parait probante, il y a du reste un effet supplémentaire en plus de celui des emplois non-libérés pour les jeunes, à savoir le nombre croissant de chômeurs de plus de 60 ans, ce qui n’existait pas naguère (vases communicants entre caisse de retraite et pôle emploi).

          La démonstration concernant la diminution du temps de travail est discutable, car l’effet a été atténué par les délocalisations accrues du fait de la baisse de compétitivité notamment du travail peu qualifié (ayant travaillé dans une grande entreprise, j’ai constaté ce problème). Le pari de Fillon est qu’il y aura relocalisation du fait de l’augmentation de productivité, sauf que les usines déménagées ne reviennent jamais, et d’ici qu’il s’en crée de nouvelles, il y aura un « trou d’air » de plusieurs années avec compression des effectifs au pro rata de l’augmentation du temps de travail, c’est du reste sa démonstration pour la fonction publique.
          En réalité, depuis le temps, les « souplesses » introduites dans la réglementation ont permis aux entreprises de s’adapter à la législation actuelle sur le temps de travail de référence, et les chefs d’entreprises sont peu soucieux d’entrer dans une période de tension sociale et de négociations conflictuelles. Concernant les heures sup, la défiscalisation était une injustice et une aberration, mais il peut être trouvé un compromis concernant le surcoût en terme de charges.


          • JPB73 7 décembre 2016 15:19

            @Eric F
            Bonjour Eric,

            Pour ma part, je ne crois pas qu’on puisse faire relocaliser les entreprises grâce à l’augmentation de la compétitivité. Je pense qu’on en a la preuve, puisque le cours de l’euro a fortement baissé : il était vers 1.5 $il y a quelques années, contre 1.06$ aujourd’hui. Il est impossible d’obtenir une telle réduction de coûts par une réforme du marché du travail, et pourtant la réduction des coûts obtenue par la dévaluation de l’euro n’a pas fait revenir les entreprises délocalisées.

            A contrario, on peut se demander si la surévaluation de l’euro d’il y a quelques années n’est pas la principale responsable des délocalisations de l’époque.

            Par ailleurs, je partage vos craintes concernant la réductions des effectifs qui suivrait une augmentation du temps de travail. Fillon prévoit en effet de dégraisser 9% des effectifs de la fonction publique en augmentant le temps de travail. On peut craindre le pire si les entreprises privées avaient l’idée saugrenue d’en faire autant !


          • Eric F Eric F 8 décembre 2016 10:32

            @JPB73
            Bonjour. Vous avez raison concernant les parités monétaires, j’étais encore en activité professionnelle à l’époque de l’euro surévalué, et en ai vu les dégâts en terme de compétitivité -> délocalisations. Il faut reconnaitre que l’actuelle direction de la BCE est moins braque que la précédente : la masse monétaire est abondante, les taux sont bas, et le cours de l’euro s’est établie à un niveau moins prohibitif. Mais néanmoins le « gap » de coûts de production par rapport aux pays low cost reste trop important pour que la relocalisation se fasse toute seule, il faut donc des mesures de « préférence nationale » (on ne peut plus se satisfaire de la « préférence communautaire » qui prévalait à l’époque de la CEE, depuis les élargissements aux pays de l’est à bas cout).
            Ceci dit, la compétitivité joue à l’intérieur de la zone euro, c’est le piège de la course à la baisse des standards sociaux (la schröderisation de la seconde partie de l’actuel quinquennat en est la conséquence). Fillon fonce dans cette voie en la poussant au taquet !


          • JPB73 8 décembre 2016 15:49

            @Eric F
            D’accord avec votre analyse.


          • JBL1960 JBL1960 7 décembre 2016 18:33

            J’espère que vous ne m’en voudrez pas, mais la lecture de votre article (que je ne suis pas compétente pour critiquer, d’autant que pour moi, c’est plié en 4 voire en 8 dans ce Système là) m’a fait penser à un épisode des Schadoks « la logique des passoires » tenez = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/13/et-les-schadoks-pomperent/

            Voilà pour ma part pourquoi je pense que c’est plié en 12 dans ce Système là = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/11/25/linversion-cest-pas-maintenant/


            • Pierre 8 décembre 2016 02:47

              Belle théorie mais celle inverse est au moins aussi vraie, sinon davantage...


              • JPB73 8 décembre 2016 15:44

                @Pierre
                Bonjour,
                C’est quoi l’inverse ?


              • Pierre 9 décembre 2016 13:24

                @JPB73
                Le programme de Fillon, par exemple !


              • JPB73 9 décembre 2016 21:20

                @Pierre
                Face à une telle argumentation, que répondre ?


              • fred.foyn 8 décembre 2016 06:48
                Le programme de ce monsieur, est tout droit sorti de la IV république..Encore un « Malade » encensé par une partie du peuple Français ?
                Désespérant...

                • Eric F Eric F 8 décembre 2016 10:38

                  @fred.foyn
                  la quatrième république pratiquait l’état providence, qui s’est perpétuée pendant les « 30 glorieuses », au bénéfice à la fois de l’économie et de la population. La CEE étant alors homogène en niveau de développement, elle n’avait pas entrainé de concurrence au moins-disant social, mais synergie de progrès social.
                  Mais c’était AVANT la mondialisation libérale...


                • JPB73 8 décembre 2016 15:47

                  @fred.foyn
                  Vous parlez du programme de Monsieur Fillon ? Moi je trouve qu’il fait plutôt troisième république.

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