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Accueil du site > Actualités > Economie > Proudhon : « la propriété, c’est la liberté ! »

Proudhon : « la propriété, c’est la liberté ! »

Sans jamais cesser de se prévaloir de l’anarchisme, la philosophie politique et sociale du libertaire Pierre Joseph Proudhon (1809-1865) a pris une orientation toujours plus libérale qui culmine dans ses derniers ouvrages : la Théorie contre l’impôt (1860), Du principe fédératif (1863) et la Théorie de la propriété (1865).

Sans doute sa pensée a-t-elle continué à véhiculer quelques positions peu libérales (l’opposition au libre-échange international, l’évocation du « travailleur collectif »...). Il n’a cessé de guerroyer contre plusieurs des grands libéraux de son temps, s’en prenant volontiers à « l’école prétendument libérale » à « la secte des soi-disant économistes ».

Proudhon et les libéraux : « je t’aime, moi non plus »

Mais, comme fasciné par cette économie politique qu’il souhaite remettre sur ses pieds, il cite simultanément les libéraux Say, Passy, Dunoyer comme des références, dévore le Journal des Economistes et admire « Adam Smith, ce penseur si profond ». Tout semble s’être passé comme si en se mesurant constamment à eux, Proudhon avait peu à peu ingéré le meilleur des théoriciens libéraux pour en faire son miel et aiguiser sa propre pensée – prédisposée à accueillir la sève libérale.

Publiée en 1848 et 1849 dans la Voix du peuple, sa célèbre polémique avec Frédéric Bastiat au sujet de la légitimité de l’intérêt et la gratuité du crédit a pu jouer un rôle central à cet égard. Il a profondément ressenti l’influence de l’auteur des Harmonies économiques - son involontaire instituteur et accoucheur en libéralisme. C’est ainsi que Proudhon affirme son programme politique profondément individualiste et anti-étatiste :

«  Voilà donc tout mon système : liberté de conscience, liberté de la presse, liberté du travail, liberté de l’enseignement, libre concurrence, libre disposition des fruits de son travail, liberté à l’infini, liberté absolue, liberté partout est toujours ! C’est le système de 1789 et 1793 ; le système de Quesnay, de Turgot, de Jean-Baptiste Say (...) La liberté, donc, rien de plus, rien de moins. Le ‘ laisser-faire, laissez-passer’ dans l’acception la plus littérale et la plus large ; conséquemment, la propriété, en tant qu’elle découle légitimement de cette liberté : voilà mon principe. Pas d’autre solidarité entre les citoyens que celle des accidents de force majeure (...) C’est la foi de Franklin, Washington, Lafayette, de Mirabeau, de Casimir Périer, d’Odilon Barrot, de Thiers...  » 

Proudhon était foncièrement anarchiste, individualiste et anti-étatiste et souvent plus proche d’être un libéral anticapitaliste et antibourgeois qu’un socialiste. Par exemple, avec Tocqueville et Bastiat, Proudhon s’est vivement opposé à une proposition de loi qui venait de Lamartine, sur "le droit au travail". Pour eux ce "droit" voulait dire que l’on retirait à l’individu la responsabilité de chercher lui-même du travail, et qu’on l’incitait à attendre que les autres lui en donnent. 

Une méfiance absolue envers le pouvoir

Dans son refus du pouvoir, c’est-à-dire de tout gouvernement, Proudhon se souvient de ce que disait Montesquieu «  le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument  ». Il écrit ainsi :

« Adorateurs du pouvoir, vous ne songez qu’à fortifier le pouvoir et à museler la liberté, votre maxime favorite est qu’il faut procurer le bien du peuple, au lieu de procéder à la réforme sociale par l’extermination du pouvoir et de la politique. Le gouvernement est de nature contre-révolutionnaire, ou il résiste, ou il opprime, ou il corrompt, ou il sévit. Pour combattre et réduire le pouvoir, pour le mettre à la place qui lui convient dans la société, il ne sert à rien de changer les dépositaires du pouvoir, ni d’apporter quelque variante dans ses manœuvres ; il faut trouver une combinaison agricole et industrielle au moyen de laquelle le pouvoir, aujourd’hui dominateur de la société, en deviendra l’esclave. »

Refus du pouvoir et, par conséquent, refus de tout gouvernement : concluons sans crainte que la formule révolutionnaire et anarchiste de Proudhon ne peut plus être ni législation directe, ni gouvernement direct, ni gouvernement simplifié ; elle est « pas de gouvernement ».

Ces idées sont développées dans sa grande œuvre éditée en 1851 Idée générale de la révolution au XIX° siècle, qui influença beaucoup Bakounine.

La propriété privée comme rempart de l’individu contre l’Etat

Sa vision d’une société de coopération régie par des contrats volontaires est tout à fait libérale. Malgré son anticapitalisme, il finit par reconnaître que la propriété individuelle, absolue et incoercible, peut assurer la protection des faibles contre l’Etat, qui est l’ennemi véritable du citoyen :

« La propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe et qui se puisse opposer au pouvoir (...) Où trouver une puissance capable de contre-balancer cette puissance formidable de l’Etat ? Il n’y en a pas d’autre que la propriété (...) La propriété moderne peut être considérée comme le triomphe de la liberté (...) La propriété est destinée à devenir, par sa généralisation, le pivot et le ressort de tout le système social. » (Théorie de la propriété, 1862)

Il assure que sa célèbre formule : « la propriété, c’est le vol » a été mal comprise. Il s’en explique en 1849 dans les Confessions d’un Révolutionnaire :

« Dans mes premiers mémoires, attaquant de front l’ordre établi, je disais, par exemple : La propriété, c’est le vol ! Il s’agissait de protester, de mettre pour ainsi dire en relief le néant de nos institutions. Je n’avais point alors à m’occuper d’autre chose. Aussi, dans le mémoire où je démontrais, par A plus B, cette étourdissante proposition, avais-je soin de protester contre toute conclusion communiste.

Dans le Système des Contradictions économiques, après avoir rappelé et confirmé ma première définition, j’en ajoute une toute contraire, mais fondée sur des considérations d’un autre ordre, qui ne pouvaient ni détruire la première argumentation, ni être détruites par elle : La propriété, c’est la liberté ! »

La formule « la propriété, c’est le vol » ne condamnait pas la propriété en soi, mais l’injuste distribution de la propriété qui est le fait de l’étatisme.

Tout avait fort mal commencé, pourtant, avec cet immortel « la propriété, c’est le vol », morceau de bravoure initial de Qu’est-ce que la propriété ? (1840). La correction de tir survient toutefois assez vite : dès 1846, avec le Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère, aussitôt dénoncé par Marx dans sa Misère de la philosophie. Proudhon s’y emploie déjà à réhabiliter le droit de propriété en le reliant aux principes de libre concurrence qu’il défend contre les premières attaques collectivistes.

Proudhon et les socialistes

Surtout, son originaire et viscéral anti étatisme prend désormais presque davantage pour cibles le socialisme et le communisme. Cette théorie de la propriété est aux yeux de son auteur non seulement compatible, mais la conclusion logique de l’anarchisme bien compris- ce principe « contractuel » faisant que « le plus haut degré d’ordre de la société s’exprime par le plus haut degré de liberté individuelle » où prime « le gouvernement de l’homme par lui-même. »

Il critiqua les socialistes autoritaires comme le socialiste et très étatiste Louis Blanc. Grand ennemi du communisme, il dénonce le système phalanstérien qui selon lui ne « renferme que bêtise et ignorance ». Dans son Système des contradictions économiques il écrit notamment que « Le communisme est synonyme de nihilisme, d’indivision, d’immobilité, de nuit, de silence ».

A noter que Proudhon fit peu de critiques publiques de Marx ou du marxisme parce que de son vivant Marx était un penseur relativement mineur. Le discrédit dans lequel tomba Proudhon au 20° siècle, après l’internationalisation du Marxisme, permet aux disciples de Marx de récupérer sans vergogne certaines idées ainsi que des principe formulés par Proudhon bien avant Marx.


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31 réactions à cet article    


  • JL JL 15 juillet 2010 10:46

    Bon, rebelote ! Cet article se prévaut de Wikipédia, mais l’article de Wiki en question ne cite pas ses sources. Passons, là n’est pas le pb et ce qu’a dit Proudhon, on s’en fout un peu, hein ?


    Je lis : « La formule « la propriété, c’est le vol » ne condamnait pas la propriété en soi, mais l’injuste distribution de la propriété qui est le fait de l’étatisme. »

    « L’injuste distribution qui est le fait de l’étatisme ? » Bigre !!! L’auteur fait-il allusion à la vente par Eric Woerth d’une parcelle de 57 ha des domaines contenant à Compiègne un golf et un hippodrome ? Alors, j’applaudis !


    Pour ce qui concerne la propriété, il ne faut pas tout mélanger, nous savons que l’amalgame est l’arme des fascistes, hein !

    La propriété de son logement de ses biens persos, ça ne pose pas de pb : il y a belle lurette que plus personne ne croit au Grand soir.


    En revanche, l’appropriation des biens de production, l’appropriation du domaine public, l’appropriation du vivant par le biais des brevets et autres droits de propriété industrielle, ça oui, c’est du vol, et même un crime ! Proudhon ou pas Proudhon !



    • sisyphe sisyphe 15 juillet 2010 11:15

      Article aux rapprochements totalement biaisés par la confusion entre les « libéraux » de l’époque de Proudhon, et ce qu’il en est aujourd’hui. 

      Proudhon, en bon anarchiste, était contre toute forme de pouvoir ; autant le pouvoir collectiviste (communiste) que capitaliste. 

      Puisqu’on part de wikipedia ... 

      « Proudhon s’oppose au fond autant à la propriété collective qu’à la propriété individuelle. Il les dénonce toutes deux, quoique abandonnant finalement sa défense de la « possession » contre la « propriété » et justifiant cette dernière comme un mal nécessaire. Dans Théorie de la propriété, il maintient : « Or, en 1840, j’ai nié carrément le droit de propriété... pour le groupe comme pour l’individu, pour la nation comme pour le citoyen » mais ensuite il expose sa nouvelle théorie de la propriété. « La propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe et qui se puisse opposer au pouvoir » et « servir de contre-poids à la puissance publique, balancer l’État, par ce moyen assurer la liberté individuelle ; telle sera donc, dans le système politique, la fonction principale de la propriété. » (Théorie de la propriété). Cependant, bien qu’il soutienne maintenant la propriété de la terre (incluant le droit à l’héritage), il croit encore que la « propriété » devrait être distribuée plus égalitairement et limitée en taille afin qu’elle soit utilisée réellement par les individus, les familles et les associations de travailleurs. »

      « Parallèlement, il publie Solution du problème social, dans lequel il présente un programme de coopération financière mutuelle entre travailleurs. Il pensait ainsi transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et financiers vers les travailleurs. Son projet s’appuie sur l’établissement d’une « banque d’échange » qui accorderait des crédits à un très faible taux d’intérêt (le taux n’est pas nul en raison des coûts de fonctionnement), ainsi que sur la distribution de billets d’échange[réf. nécessaire] qui circuleraient à la place de la monnaie basée sur l’or, qui serait supprimée.’

      En un mot comme en mille, étant contre tous les pouvoirs, il serait, de nos jours, fortement opposé à celui des puissances financières qui sont devenues les véritables possesseurs du monde, réduisant le rôle des états aux aménagements à la marge d’un système d’aggravation des inégalités et de privatisation de la planète. 

      Par ailleurs, Proudhon, en autodidacte, n’a jamais résolu les contradictions apparues dans ses diverses analyses et prises de position. 

      Après de longs échanges, et diverses analyses de ses différentes prises de position, le jugement sévère de Karl Marx sur Proudhon restera célèbre :

       »Chaque rapport économique a un bon et un mauvais côté : c’est le seul point dans lequel M. Proudhon ne se dément pas. Le bon côté, il le voit exposé par les économistes ; le mauvais côté, il le voit dénoncé par les socialistes. Il emprunte aux économistes la nécessité des rapports éternels, il emprunte aux socialistes l’illusion de ne voir dans la misère que la misère (au lieu d’y voir le côté révolutionnaire, subversif, qui renversera la société ancienne). Il est d’accord avec les uns et les autres en voulant s’en référer à l’autorité de la science. La science, pour lui, se réduit aux minces proportions d’une formule scientifique ; il est l’homme à la recherche des formules. C’est ainsi que M. Proudhon se flatte d’avoir donné la critique et de l’économie politique et du communisme : il est au-dessous de l’une et de l’autre. Au-dessous des économistes, puisque comme philosophe, qui a sous la main une formule magique, il a cru pouvoir se dispenser d’entrer dans des détails purement économiques ; au-dessous des socialistes, puisqu’il n’a ni assez de courage, ni assez de lumières pour s’élever, ne serait-ce que spéculativement au-dessus de l’horizon bourgeois (...) Il veut planer en homme de science au-dessus des bourgeois, et des prolétaires ; il n’est que le petit bourgeois, ballotté constamment entre le Capital et le Travail, entre l’économie politique et le communisme."


      • Moonz 15 juillet 2010 12:13

        > Article aux rapprochements totalement biaisés par la confusion entre les « libéraux » de l’époque de Proudhon, et ce qu’il en est aujourd’hui.
        Quelle différence si profonde voyez-vous entre J.B Say, Frédéric Bastiat, Benjamin Constant, Alexis de Tocqueville d’un côté, et Pascal Salin, J.G Hülsmann, Patrick Simon, Philippe Simonnot, que selon vous leur mettre la même étiquette « libérale » est une erreur ?

        > Il pensait ainsi transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et financiers vers les travailleurs
        Notez bien qu’il comptait le faire de manière totalement pacifique et sans l’aide de l’État. Aucun libéral, aujourd’hui, ne verrait la moindre objection à son projet.

        > fortement opposé à celui des puissances financières
        Oui. Mais les libéraux dénoncent aussi cela, voir l’exemple de Ron Paul aux U.S.A

        > sont devenues les véritables possesseurs du monde, réduisant le rôle des états
        Non. Les puissances étatiques et financières sont de connivence, pas opposées. Hayek ainsi que les théoriciens de la théorie des choix publics ont très bien expliqué en quoi cela était inévitable dans un système de social-démocratie, et déjà à son époque Bastiat le pressentait.

        > Après de longs échanges, et diverses analyses de ses différentes prises de position, le jugement sévère de Karl Marx sur Proudhon restera célèbre
        Critique de ses Contradictions économiques tout à fait pertinente (si on exclut les âneries polylogistes habituelles de Marx, évidemment), oui, mais je n’ai pas connaissance d’une critique de Marx sur les écrits postérieurs de Proudhon, dont la Théorie de la propriété 


      • rastapopulo rastapopulo 15 juillet 2010 14:09

        Je veux absolument revenir sur l’illogisme crasse de ce raisonnent :

        « Les puissances étatiques et financières sont de connivence »= moins d’état

        Alors que sans nations indépendantes, donc sans peuples indépendants, pas de contre poids. 


      • rastapopulo rastapopulo 15 juillet 2010 14:12

        Abandonner les état à l’oligarchie financière et puis accéder à leur désir de l’éliminer parce que nous devons absolument refuser que les nations soient entreprenantes avec du crédit productif (dans sans inflation) publique sans intérêts.


      • sisyphe sisyphe 15 juillet 2010 14:16

         
        Par Moonz (xxx.xxx.xxx.2) 15 juillet 12:13



        > Il pensait ainsi transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et financiers vers les travailleurs

        Notez bien qu’il comptait le faire de manière totalement pacifique et sans l’aide de l’État. Aucun libéral, aujourd’hui, ne verrait la moindre objection à son projet.

         smiley smiley smiley 

        Tiens donc : voilà un beau scoop ! 

        Les libéraux ne verraient donc pas « la moindre objection » à « transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et financiers vers les travailleurs » !!!???!!!

        Chiche ! 

         smiley 


      • Moonz 15 juillet 2010 15:43

        > Les libéraux ne verraient donc pas « la moindre objection » à « transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et financiers vers les travailleurs » !!!???!!!
        Pouvez-vous me citer UN SEUL philosophe/économiste libéral qui ait demandé l’interdiction de l’autogestion ?
        Peu de libéraux pensent que cela est possible, certes. Mais aucun, à ma connaissance, n’a cherché à légitimer leur interdiction.


      • sisyphe sisyphe 15 juillet 2010 17:13

        @ Moonz 

        Ben.... sauf qu’il ne s’agit pas là seulement d’autogestion ; mais de transfert du CONTROLE des relations économiques ; contrôle qui n’existe actuellement même pas ; ni du fait des états, ni des « marchés » qui, justement, se refusent à toute forme de contrôle.

        Alors, vous êtes bien gentil, mais ce principe va à l’encontre même du système libéral qui est, que je sache, la pseudo « libre circulation des biens et des personnes », et la pseudo « libre concurrence », sans aucun contrôle de la part de personne. 

        Quant à confier cet éventuel contrôle aux travailleurs.... smiley smiley vous pouvez toujours le proposer aux milieux financiers, aux banques, aux multinationales, qu’on rigole.. smiley 


      • Moonz 15 juillet 2010 17:45

        Nous étions parti de la proposition de Proudhon qui rentrait tout à fait dans le cadre de l’autogestion, je vous le rappelle. Mais concrètement, ça signifie quoi, votre « contrôle des relations économiques des travailleurs » ?
        Si c’est l’autogestion, je ne vois aucun problème.
        Si c’est le goulag pour les salauds de banquiers, effectivement, on risque de ne pas être d’accord.


      • JL JL 16 juillet 2010 08:35

        Il pensait ainsi transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et financiers vers les travailleurs

        C’est le nouveau cheval de bataille des libéraux : la connivence entre les possédants avec le peuple, par dessus l’Etat !

        C’est absurde. Mais en politique, on le sait, une absurdité n’est pas un obstacle.

        Je voudrais seulement citer l’autre ci-dessus qui disait, au sujet de la constitution d’un fond de pension collectif : « Les Français seraient consultés par referendum pour en décider. Chacun devrait se soumettre au résultat. »

        On est en plein délire ! Ces gens disent n’importe quoi, tout et soon contraire.


      • JL JL 16 juillet 2010 08:44

        Tous ceux que ça intéresse feraient bien de lire ce texte :

        La fabrique de l’état néolibéral
        Loïc Wacquant


        extraits :


        "(Dans cet article il est montré que ) l’état pénal aux états-Unis et dans les autres sociétés avancées au cours du dernier quart de siècle est une réponse à la montée de l’insécurité sociale, et non criminelle ; que les transformations de politiques sociales et pénales sont mutuellement imbriquées, le « workfare » restrictif et le « prisonfare » en expansion tendant à s’accoupler en un seul canevas organisationnel visant à discipliner les fractions précaires du prolétariat postindustriel ; et qu’un système carcéral diligent n’est pas un dévoiement du Léviathan néolibéral mais une de ses composantes à part entière. ...

        Le néolibéralisme est un projet politique transnational visant à réorganiser « par le haut » les rapports entre marché, État et citoyenneté. Ce projet est poursuivi par une nouvelle classe dominante planétaire en formation, composée des dirigeants et administrateurs des grandes entreprises multinationales, des politiciens de haut rang, des hauts fonctionnaires et managers d’organisations internationales (OCDE, OMC, IMF, la Banque mondiale et l’Union européenne), et d’experts dotés de compétences culturelles et techniques (au premier rang desquels les économistes, les juristes et les professionnels de la communication passés par des formations parentes et dotées de catégories mentales similaires dans les différents pays dominants). »


        Autrement dit : A L’Etat néolibéral la police et les prisons, aux capitalistes tout le reste !

      • _Ulysse_ _Ulysse_ 15 juillet 2010 11:48

        Je trouve cet article intéressant et symbolique.

        Je vais poser une question à l’auteur :

        Es-ce Proudhon l’anarchiste qui s’est rapproché du libéralisme ou la vision actuelle du libéralisme qui s’est rapproché de l’anarchisme ?


        • Moonz 15 juillet 2010 12:01

          Il y a un peu des deux, en fait.

          Comme l’a montré l’auteur, Proudhon s’est rapproché au cours de sa vie du libéralisme. Personnellement, je n’ai que lu son livre « Théorie de la propriété », mais il est clair que celui-ci est extrêmement proche de la position géolibertarienne moderne (voir http://www.wikiberal.org/wiki/G%C3%A9olibertarianisme).

          Dans l’autre sens, de plus en plus de libéraux aujourd’hui jugent l’existence même de l’état comme étant illégitime et dangereuse, position plutôt rare chez les libéraux classiques de l’époque de proudhon (les seuls libéraux-anarchistes de son époque dont j’ai connaissance sont J.B. Say — qui ne l’a d’ailleurs jamais admis de son vivant, en homme prudent — et Gustave de Molinari)


        • _Ulysse_ _Ulysse_ 15 juillet 2010 13:23

          Ainsi donc nos libéraux d’aujourd’hui se disent plutôt à tendance anarchiste.
          C’est bien l’impression que j’avais car à force de prôner toujours moins d’état voir pas d’état, qui fait respecter la loi et la constitution ?

          Mais j’ai peur que si certains soient honnêtes intellectuellement parlant, d’autres soient au contraire malhonnêtes et instrumentalisent ces théories pour défendre des pré carrés (les possédants, affairistes et autres multinationales ou encore les intérêts US). Ce sont ceux que j’appelle non pas les néo-libéraux terme impropre que l’on entend souvent mais les faux-libéraux.
          Le problème est que la frontière entre les deux est souvent un peu floue.


        • _Ulysse_ _Ulysse_ 15 juillet 2010 13:29

          Autre remarque :

          Je ne voit pas comment une société avec droit de propriété mais sans état et donc sans justice peut fonctionner autrement que par un retour à un système féodal.

          En effet, c’est bien de promulguer le droit de propriété mais si il n’y a pas d’état, il n’y a pas de justice ni de police, dès lors il incombe aux individus eux-même de faire respecter leur droit de propriété. Soit ils s’organisent en communauté avec une justice et des gens qui la font respecter mais cela marque le retour de l’état. Soit les moyens de protections des propriétaires sont fonction de leur fortune, dès lors ce sera le retour des milices et des mercenaires qui pourront être utilisés pour s’approprier d’autres bien et d’autres terres, ces individus possédants ses armées seront comme les anciens seigneurs.


        • Moonz 15 juillet 2010 15:47

          > Je ne voit pas comment une société avec droit de propriété mais sans état et donc sans justice peut fonctionner autrement que par un retour à un système féodal.
          Justice de paix comme on a avait en France au 19e, mais étendue au commercial et au pénal (au 19e, la justice de paix était limitée au civil), avec maintien de l’ordre assuré par les citoyens eux-mêmes (milice).


        • _Ulysse_ _Ulysse_ 15 juillet 2010 15:54

          Enfin la france du 19ième c’est un coup monarchie un coup république dire que c’était un modèle sans état c’est pas un peu faux ?


        • Moonz 15 juillet 2010 16:08

          L’anarchie n’est pas un ensemble d’institution déterminées ; au contraire, c’est une déclaration d’ignorance quant aux institutions bonnes et naturelles, et un acte de foi dans le fait que les hommes laissés libres puissent se rapprocher de ces institutions mieux que ne peut le faire une assemblée constituante. Ainsi, pour éclairer votre remarque, les anarchistes libéraux ne <i>demandent</i> pas une justice de paix de style 19e siècle ou des milices ; ils disent juste que, les hommes pouvant former eux-mêmes les institutions judiciaires à l’aide de la libre association, le plus probable est de voir apparaître un système de milices et de justice de paix — mais il peut très bien également en sortir des choses que personne n’avais imaginé jusqu’ici.


        • Philou017 Philou017 15 juillet 2010 11:57

          « la propriété, c’est le vol »
          Proudhon avait bien raison. Il a eu tort d’y revenir, dans sa recherche de solutions pour s’opposer aux institutions, et donc à l’état, défenseur des intérêts des puissants et particulièrement de la propriété. On sait que les plus grands propriétaires sont les plus riches et que la propriété permet d’exploiter ceux qui n’en ont pas....

          La propriété, c’est le vol, car nul ne devrait avoir le droit de s’approprier un morceau de terrain, une maison, encore moins une usine. La terre n’appartient à personne. Sinon, à qui appartient l’eau de pluie, les oiseaux, les vers de terre, le vent, les plantes et les arbres, les insectes, les abeilles, etc ?
          Une maison est en général le fruit d’un travail collectif, une usine ou une entreprise encore plus.

          S’approprier un bien ne se justifie au départ que par un besoin de protection, qui lui même trouve sa source dans la peur que quelqu’un vienne vous prendre vos moyens de subsistance.
          Dans une société organisée et civilisée, personne ne devrait être propriétaire , sauf de ses affaires personnelles. Chacun devrait se voir attribuer l’usage de facilitées et commodités (maison, appartement, terrain) selon ses besoins et ses capacités. Quand aux infrastructures collectives (entreprise, usines, bâtiments publics), elles devraient simplement être gérées par la collectivité.

          Les rapaces ont de tout temps joué sur la peur des gens pour défendre la propriété, à leur profit. Leur principal argument est de dire, si on collectivise les biens, vous perdrez tout. Ils oublient de dire que la société basée sur la propriété, vous rend esclave et dépendant de ceux qui ont les moyens d’acheter. Ils omettent de signaler que la propriété induit la valeur des biens, cad l’argent, ce qui entraine une société de compétition où il y a peu de gagnants et beaucoup de perdants, où ceux qui sont modestes doivent toujours payer plus cher, par le crédit notamment, alors que les riches ont mille moyen de contourner les lois et de s’enrichir tant et plus, pendant que vous suez sang et eau pour réaliser vos modestes projets.

          Tant que la société se basera sur la propriété et donc l’argent, l’homme ne sera jamais vraiment libre.

          Bakounine a été bien plus lucide là-dessus (et par rapport au communisme) :

          Je ne suis point communiste parce que le communisme concentre et fait absorber toutes les puissances de la société dans l’État, parce qu’il aboutit nécessairement à la centralisation de la propriété entre les mains de l’État. [...] Je veux l’organisation de la société et de la propriété collective ou sociale de bas en haut, par la voie de la libre association, et non du haut en bas par le moyen de quelque autorité que ce soit. Voilà dans quel sens je suis collectiviste et pas du tout communiste .

          Et sur la prise de pouvoir, un vrai visionnaire :

          Prétendre qu’un groupe d’individu, même le plus intelligent et les mieux intentionnés, sera capable de devenir la pensée, l’âme, la volonté dirigeante et unificatrice du mouvement révolutionnaire et de l’organisation économique du prolétariat de tous les pays, c’est une telle hérésie contre le sens commun et contre l’expérience historique, qu’on se demande avec étonnement comment un homme aussi intelligent que Marx a pu la concevoir.
          Nous n’admettons pas même comme transition révolutionnaire, ni les Conventions nationales, ni les Assemblées constituante, ni les gouvernements provisoires, ni les dictatures soi-disant révolutionnaires ; pire que nous sommes convaincus que la révolution [...] lorsqu’elle se trouve concentrée entre les mains de quelques individus gouvernants, devient inévitablement et immédiatement la réaction.
          http://fra.anarchopedia.org/Bakounine

          • dom y loulou dom y loulou 15 juillet 2010 15:01


            et bien moi en face de paysans qui ont salopé la rivière d’hydrocarbures pendant quarante ans, lessivé la terre de pesticides et d’engrais chimiques, tuant le mycelium de la forêt en-dessous, déamrrant une érosion qui tue des chênes centenaires et en complicité du garde-faune ont simplement déclaré le terrain instable sans chercher à remédier aux pollutions agravées...

            je me « réaproprie » le bien familial pour l’entretenir et le vivifier, pour la nature, on en est là quand l’état laisse polluer à la qui mieux mieux tout en se vantant de grandes volontés vertes et de discours sur la biodiversité, mais laisse des métaux lourds être saupoudrés sur nos têtes. 

            quand la déresponsabilisation des propriétaires en faveur de communes et de locataires peu scrupuleux, a été la clef de destruction étatique des socialistes sur ces terres et en complicité de la main mise progressive sur les ressources par les multinationales des productions agricoles.

            la propriété est là pour être partagée, c’est une des possibilités que la propriété donne, c’est même une nécessité pour récolter les fruits de la terre d’oeuvrer en commun, sans usufruit pour que tous se bonifient, pas pour être tuée de ses propres ressources par des gérants m’en-foutistes qui vident les campagnes de toute vie humaine sociale depuis des bureaux climatisés.

            Les coopératives agricoles sont une clef.


          • Alpo47 Alpo47 15 juillet 2010 12:07

            Chacun peut aller chercher des auteurs pour défendre ... tout et n’importe quoi. Est ce que cela doit pour autant être considéré comme une « Vérité » incontestable ? Evidemment, non.
            Bientôt, surement , les théories politiques et économiques de Pol Pot pour défendre une société égalitaire ?
            Nous voici donc avec un nouveau défenseur sur AgoraVox, d’une société où les « requins » sont libres d’évoluer dans l’aquarium et de chasser à leur guise.

            Et, en même temps, quelqu’un qui défend « ... le gouvernement de l’homme par lui même... » ne peut pas être franchement mauvais. 
            Juste, totalement en dehors de la réalité.


            • Philou017 Philou017 15 juillet 2010 12:26

              Pas si évident.
              La capacité d’analyse de la société de K Marx est intéressante, mais elle oublie ce qui est fondamental dans la société, l’être humain. En s’en tenant simplement à l’analyse des rapports de force, et donc en préconisant de renverser ce rapport de force entre la classe ouvrière et la classe de la bourgeoisie, K Marx s’en est tenu à une analyse technique et à courte vue.
              Marx a oublié l’homme, ses besoins, ses forces, ses limites. La philosophie et l’analyse sociologique sont cruellement absentes de sa réflexion.

              Ce qui fait que le communisme ne donnera finalement qu’une caricature d’une société collective, où les mêmes dérives et les mêmes excès de la société capitaliste prospéreront, et même en pire.
              Voir ma citation de Bakounine à ce sujet dans mon commentaire plus haut.


            • Lemaïsjekiff Nestor 15 juillet 2010 12:54

              Salut Franck,

              "Marx penseur génial, et Proudhon penseur contradictoire et inconséquent , à l’image de la gauche francaise actuelle . Je me souviens des réponses de Karl à Joseph : Il n’y avait pas photo..."

              Notamment, le livre philosophie de la misère de Pierre Joseph auquel Marx répondit avec le sien misère de la philosophie !


            • Kalki Kalki 15 juillet 2010 15:11

              oui et marx qui tenait en lui les graines du communisme autoritaire et liberticide : notamment critiqué dans l’oeuf par bakounine.

              Si vous voulez revenir en arriere, et si vous ne savez pas tirez de lecon : partez devant en arriere (retour vers le futur).


            • Claude Hubert rony 16 juillet 2010 09:52

              @ philou017

              pas évident non plus...
              pensez vous qu’un Hayeck, par exemple, tenait compte de dimension humaine dans ses théories ; lui qui écrivait
               « il n’y a pas de critère par lequel nous pourrions découvrir ce qui est “socialement injuste” parce qu’il n’y a pas de sujet par qui pourrait être commise cette injustice »,

              N’exprime-t-il pas dans cette phrase son rejet, justement, de la dimension humaine, attribuant ici à « l’économie » une sorte de « transcendance » ?


            • Philou017 Philou017 15 juillet 2010 13:17

              Marx est un analyste méticuleux, ce qui explique qu’il ait pu mettre en exergue certaines approximations de Proudhon. Mais c’est tout sauf un penseur génial. Sa réflexion n’a pas de portée, ni aucune vrai hauteur.

              C’est un technicien du système capitaliste, qui n’a jamais su marier à son analyse une réflexion plus globale sur l’homme et la société. Si ses explications peuvent être brillantes, les réflexions et les propositions qu’il en tire sont très limitées, comme le système qui s’est inspiré de lui.

              Une bonne analyse d’un système ne sert pas à grand-chose, si on ne propose pas des solutions adaptées et intelligentes pour le réformer. Je trouve que Marx est très sur-évalué. Que nous a-t-il vraiment appris ?


              • dom y loulou dom y loulou 15 juillet 2010 15:12

                retour au plancher des vaches svp quand le 4ème reich est déjà sur nous


                • adjudant-Chef Teigne adjudant-Chef Teigne 15 juillet 2010 16:59


                  « L’anarchie est la plus haute expression de l’ordre »
                  assurait Élisée Reclus, animé qu’il était par une vision généreuse et optimiste de la nature humaine.

                  à propos de l’urbanisme, qui est devenu aujourd’hui l’un des piliers de la réflexion géographique et de l’action socio-politique, Élisée Reclus souligne :

                  « Les édiles d’une cité fussent-ils sans exception des hommes d’un goût parfait, chaque restauration ou reconstruction d’édifice se fît-elle d’une manière irréprochable, toutes nos villes n’en offriraient pas moins le pénible et fatal contraste du luxe et de la misère, conséquence nécessaire de l’inégalité, de l’hostilité qui séparent en deux le corps social. » 

                  Partout, l’homme peut s’adapter aux conditions naturelles, donc les modifier, s’il en a les moyens. Élisée Reclus le montre à l’aide de multiples exemples et de cartes, sans se contenter de diatribes contre l’Etat ou la bourgeoisie et sans s’abriter derrière des concepts ad-hoc comme le font les marxistes avec le « mode de production » ou le « matérialisme historique ».

                  Élisée Reclus, anarchiste, géographe et fou de liberté, cherchait à établir toutes les connexions et à démonter les processus pour cerner la complexité du réel. Ce qui sous-tend la position de Reclus est, il ne faut pas l’ignorer, cette option lucide, inébranlable, farouche et tripale : la liberté, ce sentiment que tout est, tout reste, tout doit être possible.

                  Pétition du 17 mars 1872, signée par de nombreux savants pour demander au gouvernement français la libération d’Élisée Reclus, dont le gouvernement de la France avait décidé la déportation après la Commune de Paris. signée par Charles Darwin, Welles, Edward Carpenter, ...
                  “ Nous osons penser que la vie d’une personne comme Élisée Reclus, dont le mérite en littérature et dans la science est reconnu par toute la société instruite, appartient non seulement à son pays natal, mais aussi à tout le monde cultivé. Nous sommes persuadés que les œuvres scientifiques de Reclus, publiées jusqu’à ce jour, représentent une garantie de nouveaux ouvrages solides pour le futur, et c’est pourquoi la France, en condamnant un tel individu à un silence forcé ou en l’obligeant à languir dans l’inactivité loin des centres de culture, s’inflige à elle-même une grande perte et amoindrit son influence morale sur le monde entier. ”


                  Les « trois lois » de Reclus :
                  La lutte des classes, la recherche de l’équilibre et la décision souveraine de l’individu
                  , tels sont les trois ordres de faits que nous révèle l’étude de la géographie sociale et qui, dans le chaos des choses, se montrent assez constants pour qu’on puisse leur donner le nom de lois , écrit Reclus dans sa préface de L’Homme et la Terre.

                  L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même
                  http://www.amazon.fr/gp/reader/2213026408/ref=sib_dp_pt#reader-link


                  • Aafrit Aafrit 15 juillet 2010 18:04

                    Il m’arrivait souvent d’écouter ma grande mère raconter les histoires de nos ancêtres que ma famille a héritées de père en fils, la tradition orale oblige sans brancher souvent à ce qu’elle raconte. Mais cette fois-ci son histoire était édifiante. Il se dit dans celle-ci que notre très très lointain ancêtre, Cromagnon 1er (que les divinités de son époque aient son âme), ce courageux et honnête homme bosseur avait installé un grand grillage autour de toute l’Europe dans le Nord jusqu’aux pourtours de la méditarranée dans le Sud, et de la Russie à l’Est jusqu’à l’Amérique à l’ouest.
                    S’il vous plait, que ceux qui lisent ce message et qui sont concernés et impliqués sachent que la vérité est apparue, rendez-nous ce qui nous appartenait, à moi et à ma famille ! Merci.


                    • franc 18 juillet 2010 17:42

                      permettez moi de ne pas être d’accord avec vous Philou ,le génie de Marx est d’avoir introduit le matérialisme dialectique et par là l’esprit scientifique dans l’étude des phénomènes sociaux ,politiques et religieux ,et formulé le matérisalisme historique et le socialisme scientifique avec Engel

                      Rappelons sa révolution copernicienne critiquant l’idéalisme de Hegel de centrer et de partir du ciel pour analyser la terre alors qu’il faille en bon esprit scientifique de partir de la terre pour analyser le ciel ,ainsi toute la superstructure de la morale et de la religion n’est que le reflet des aspirations bien matérialistes des hommes ,et de là en déduire,puisque la religion en tant que système religieux et superstructure politique et morale est la somme et la quintessence de la connaissance et des aspirations de la société ,que la critique de la religion doit être la première des critiques et la critique des critiques ,pour pouvoir tout remettre en question et établir un ordre nouveau --------------------------que de même le système moral et politique lui aussi comme le système religieux n’est que le reflet des combats des classes sociales et des aspirations humaines bien terre à terre ---------------------------et par là il n’est pas loin de la critique radicale de Nietszche par laquelle toute morale et même la mystique n’est que la résultante de conflit d’intérêts individuels bien matériels pourfendant ainsi l’hypocrisie bourgeoise 

                      certes Marx n’a pas tout pris en compte en particulier la dimension psychologique ,ce qu’a fait un autre génie Freud pour le compléter ,mais on ne peut pas dire que Marx n’ait pas une vision de l’homme et un intérêt pour l’humain ,---------------------------vous pouvez ne pas être d’accord avec cette vision ou philosophie de l’homme mais il ya bien un humanisme chez marx ,athéiste ,peut -être mais un humanisme réel .

                      Ainsi ,pour Marx ,-------« l’homme est l’être suprême pour l’homme »--------------------------et « à chacun ses besoins ,à chacun sa vocation ,et les besoins sont en eux-mêmes les raisons dernières de leur satisfactions »


                      • franc 18 juillet 2010 18:35

                        et j’ajoute que quand Marx déclare « jusqu’ici les philosophes ne font qu’interpréter le monde alors qu’il s’agit de le transformer » il introduit une rupture dans la pensée philosophique et c’est là une révolution dans la pensée tout court ,la révolution de la praxis ,la véritable pensée ou la pensée réelle étant l’action .



                        et je ne puis être d’accord aussi au fait de dire qu’il n’est pas bien d’être dirigé par des gens intelligents et même bien intentionnés et donc qu’il vaut mieux être dirigé par des gens bêtes et mal intentionnés ,bref par des bandits ou des gangsters , selon le principe du tiers exclus

                        mais si l’on rejette le principe du tiers exclus il faudrait en déduire alors qu’il vaut mieux être dirigé ni par des intelligents et bien intentionnés ni par des gens bêtes et mal intentionnés ,c’est à dire des gens un peu intelligent et un peu mal intentionné ,bref par des gens médiocres ou par des petits bandits --------,mais malheureusement les gens médiocres se laisseront avoir et perdont le pouvoir au profit des gens plus intelligents ou rusés et plus mal intentionnés,ce qui est pire encore ,par des nazis ,ce qui revient au premier cas mais en plus grave . 


                        permettez moi de penser qu’il n’est pas bête de préférer être avec Marx et vouloir être dirigé par des gens intelligents et bien intentionnés que d’être contre Marx et être dirigé par des imbéciles mal intentionnés ou par des médiocres qui cèdent le pouvoir aux rusés mal intentionnés ,bref par des bandits ou des nazis .


                        Quant à l’anarchie ,c’est un bel idéal et cela doit rester un idéal ,mais en politique elle est équivalente à la loi de la jungle

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Auteur de l'article

Alex Korbel


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