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Accueil du site > Actualités > Economie > Quand Europe 1 dénonce les conséquences de l’ultralibéralisme (...)

Quand Europe 1 dénonce les conséquences de l’ultralibéralisme qu’il défend

Europe 1, c’est la radio ultralibérales assumée, ivre de la modernité, du laisser-faire, du laisser-passer ou des droits des entreprises, qui accorde pourtant un îlot alternatif à Natacha Polony. Pourtant, hier matin, les experts de la matinale ont tenu des propos presque dignes d’un Bernie Sanders.

 
Des salaires de patrons et des Républicains
 
Quelle surprise de voir radio Medef dénoncer les excès des rémunérations des grands patrons, osant même s’attaquer à Alexandre Bompard, leur ancien patron, qui a touché la bagatelle de 11,6 millions en 2015, alors que les profits de la FNAC sont inférieurs à 50 millions  ! Il faut dire que la passe d’arme sur la rémunération de Carlos Ghosn a donné une image peu reluisante des pratiques de certains grands patrons, qui passent outre l’avis d’une majorité des actionnaires dont l’avis peut n’être que consultatif si le conseil d’administration choisit d’ignorer leur avis. Qui plus est, dans le cas de Carlos Ghosn, quand on cumule ses rémunérations pour Nissan et Renault, on atteint 1000 SMICs, quand son lointain prédécesseur, Raymond Lévy touchait plus raisonnablement 20 SMICS il y a seulement 25 ans.
 
Dans un autre billet, le journaliste en charge des questions politiques soulignait la dérive ultralibérale des Républicains dont le programme économique ne profiterait qu’aux plus riches et aux entreprises, au point d’ignorer complètement les classes moyennes. Il pointait à la fois les difficultés de mise en pratique, faisant un parallèle avec les grèves de l’automne 1995, quand Alain Juppé était premier Ministre, et les dangers électoraux d’un tel positionnement, qui pourrait laisser un espace significatif au président sortant. Quelle curiosité d’entendre des voix si souvent portées à un ultralibéralisme sans nuance, prendre un peu plus de recul que d’habitude et souligner les excès de rémunérations des grands patrons ou la dérive économique des Républicains. Une vraie bouffée d’air frais pour l’auditeur !
 

 

Malgré tout, ici, les journalistes d’Europe 1 critiquent les conséquences du système qu’ils défendent tous les jours à l’antenne, sans en remettre en cause les modes de fonctionnement, relativisant ces tirades du matin. Nous restons encore loin de la nécessaire prise de conscience… Encore un effort !
 

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5 réactions à cet article    


  • V_Parlier V_Parlier 4 mai 21:37

    Vraiment rien de nouveau ni de surprenant dans ce semblant de paradoxe de la part d’Europe 1. Tous les médias affiliés de près ou de loin à l’UMPS suivent ce même semblant de ligne : Jouer au socialiste égalitaire qui plaint les classes laborieuses tout en promouvant les poncifs du néolibéralisme : libre-échange mondial, « réformes », adoration béate des USA (sauf de Trump, bien sûr, puisqu’il a des approches plus originales même si elles peuvent être farfelues). Libération, l’Obs, Le Monde, France Info, même combat ! Ca s’appelle de la social-démocratie européenne.


    • escoe 4 mai 23:19

      @V_Parlier Libération, l’Obs, Le Monde, France Info, même combat ! Ca s’appelle de la social-démocratie européenne.

      C’est ce ce que Sapir, dans un récent article appelle « les sentines du vice ». Et il y a du vice dans la social-démocratie comme dans sa presse.


    • izarn 5 mai 01:30

      Ce n’est pas l’injustice des salaires qui est l’important, mais de savoir comment cela est possible, et par la suite ce que cela induit dans le comportement des dirigeants.
      Mais la problématique n’interesse nullement ces journalistes
      Ensuite bien entendu la vision de l’économie sur Europe 1 est trop simpliste pour y vois un quelconque « bol d’air ».
      Les grosses boites ont un actif matériel et un actif financier souvent de meme taille, et de plus un passif financier(dettes) encore plus élevé. A ce moment la, vu le chiffre d’affaire, le patron peut bien en profiter pour se payer 10 millions d’euros, ce qui proportionnellement n’est pas énorme...Les actionnaires ne sont pas des salariés, et on ne distribue pas les bénéfices au patron qui est un salarié.
      Donc, prière de ne pas tout mélanger, pour pleurer sur ces pauvres actionnaires...
      Le mensonge le plus courant désormais est de faire croire à une reprise sur le chiffre d’affaire, alors que celui-ci comptabilise la spéculation de titres sur les marchés, qui ne reflette pas l’activité réelle de l’entreprise. Le tout assuré par la BCE et ses QE européens : LTRO, etc....
      Donc le patron peut se justifier un gros salaire, mais qui n’existe que par la spéculation financière, et la dette de l’entreprise !
      Et c’est ça, le scandale !


      • blogcpolitic blogcpolitic 5 mai 09:12

        ça permet de libérer leur conscience et de faire de l’audimat auprès du peuple.
        Le tout en faisant croire que les candidats toujours plus à droite pourront faire mieux et pourront lutter contre ses dérives.
        Un comble puisque ce sont eux qui entretiennent ces dérives : le parlement européen est majoritaire à droite !


        • zygzornifle zygzornifle 7 mai 10:40

          l’Europe c’est comme les curés, aimez vous les un les autres , demandez aux pauvres gosses qui se sont fait abuser ....

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