Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Quand les économistes critiquent l’euro et le libre-échange

Quand les économistes critiquent l’euro et le libre-échange

Même si en France, critiquer la monnaie unique ou le libre-échange reste relativement tabou, le débat progresse paradoxalement dans les sphères intellectuelles anglo-saxonnes. De nouveaux exemples avec les papiers de Krugman, Stiglitz et de deux professeurs étasuniens.

Quand Krugman accable (encore) l’euro
 
Déjà, dans son dernier livre, le « prix Nobel d’économie » 2008, avait sévèrement critiqué la monnaie unique qu’il avait jugé responsable de la crise que nous traversons. Dans un nouveau papier de son blog, il souligne à quel point la Grande-Bretagne a eu raison de ne pas se joindre à l’aventure de l’euro. Il souligne que la crise de la zone euro a fait prendre conscience de « l’importance cruciale d’avoir sa propre banque centrale comme prêteur de dernier ressort pour les dettes publiques  » et que « la dévaluation interne (…) est vraiment difficile par rapport à seulement dévaluer sa monnaie ».
 
L’économiste se fait plus saignant : « parler aux partisans de l’euro et ils ne peuvent pas envisager, même de manière hypothétique, la notion que la monnaie unique était une mauvaise idée  », puis il s’étonne que « malgré des preuves écrasantes que l’euro était une idée encore pire que ce que l’on pensait il y a dix ans, des pays, notamment la Pologne, envisage encore de la rejoindre  ». Ces commentaires vont dans le sens d’un papier de The Economist qui rapporte les travaux de deux universitaires étasuniens, qui font un parallèle entre la monnaie unique et l’étalon or.
 
Ils soulignent que les pays de la zone euro n’ont pas seulement renoncé à conduire leur propre politique monétaire, mais aussi à leur stabilité financière. Ils font un parallèle avec la situation de l’entre-deux-guerres, quand la Grande-Bretagne avait rejoint l’étalon or avec une livre surévaluée, conduisant à une politique déflationniste. Ils rappellent que cette parité avait provoqué une bulle spéculative. Enfin, ils évoquent le risque que font peser les taux de change fixes et la liberté de circulation des capitaux sur la démocratie, faisant un parallèle avec le chemin de l’Allemagne vers le nazisme.
 
Stilglitz s’éloigne (lui aussi) du libre-échange
 
Si Paul Krugman et Joseph Stiglitz ont souvent défendu des politiques alternatives en matière de finance ou de taxation, en revanche, à l’origine, ils tenaient un discours très favorable au libre-échange et opposé au protectionnisme. Mais avec le temps, leur position a changé. Paul Krugman a évolué, comme je le soulignais dans ce papier en 2009, où il affirmait que l’abaissement des coûts de transports pouvait aboutir à des délocalisations importantes, au détriment des pays du Nord et il soutenait une « préférence nationale  » dans le cadre des plans de relance consécutifs à la crise.
 
Déjà, dans son dernier livre, Joseph Stiglitz prenait la même direction, soulignant la destruction de millions d’emplois dans l’industrie et la baisse des salaires du fait de la montée en puissance économique de la Chine. Pour lui, le bilan global des échanges commerciaux des Etats-Unis est négatif d’un point de vue emplois. Il notait également que la suppression des frontières favorise le capital au détriment du travail, qui est mis en concurrence à l’échelle planétaire. Il notait également que « la mondialisation circonscrit la démocratie à travers la compétition », comme Emmanuel Todd.
 
Dans un papier pour le projet Syndicate, il revient sur le développement des négociations commerciales transatlantiques et trans-pacifique. S’il semble plutôt défendre le libre-échange, il dénonce le rôle des lobbys qui profitent de ces négociations pour obtenir des avantages, comme l’a fait l’industrie pharmaceutique, il défend les exceptions, et notamment l’exception culturelle de la France, en faisant valoir que les accords tendent à promouvoir le moins-disant sur le mieux-disant, notamment d’un point de vue normatif. Bref, encore une fois, il met de l’eau dans son vin libre-échangiste.
 
Il est tout de même malheureux que les positions critiques à l’égard de la monnaie unique européenne ou du libre-échange continuent à être autant caricaturées et qu’il soit si difficile d’en débattre sereinement dans la plupart des grands médias. Heureusement, les positions bougent dans la population.

Moyenne des avis sur cet article :  4.63/5   (43 votes)




Réagissez à l'article

38 réactions à cet article    


  • Peretz1 Peretz1 17 juillet 2013 11:41

    Deux économistes keynésiens. Normal le keynésianisme a été abandonné depuis des lustres pour le tout libéral boutiquier. C’est oublier que ce qui fait tourner la machine c’est l’achat. comme a dit Keynes. Et quand le pouvoir d’achat médian baisse, l’activité baisse, le chômage augmente, etc. L’autisme, pour ne pas dire la bêtise, de nos dirigeants est patente.


    • Frédéric BOYER Frédéric BOYER 17 juillet 2013 20:53

      Cher Monsieur,

      Nos dirigeants ne sont ni autistes ni bêtes.
      Il font ce pour quoi ils sont mandatés par l’oligarchie : maintenir le taux de profit. Le chômage de masse en est un des instruments, avec la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes.

    • ecolittoral ecolittoral 17 juillet 2013 11:53

      Enfin un article dépassionné sur le sujet !

      Que des ultra libéros mettent de l’eau dans leur vin, on s’y attendait, et ils sont de plus en plus nombreux !
      Supposons pour notre pays, un retour au Franc sans redescendre à sa dernière valeur. 6,6 Fr pour un euro. La valeur serait plutôt (je suppose) de 3 Fr pour un euro.
      Les prix à l’importation augmentent d’autant, donc il devient rentable de produire ici !
      Les importations en énergies aussi, donc nous devrions « gratter » les énergies ici. 
      Encore faudrait il sortir des idéologies pour parler rentabilité.
      L’euro est une monnaie qui est faite pour acheter, pas pour produire en zone euro puisqu’elle est beaucoup trop chère pour être utilisée à la production.
      Même chose...en Allemagne 1,95 Mark = 1 euro.
      Quand aux monnaies italienne, grecque, espagnole, leur abandon à conduit à la situation que l’on connaît....et traiter ces peuples de tous les noms d’oiseaux ne masque pas la réalité.

      • HELIOS HELIOS 18 juillet 2013 08:53

        bonjour,

        Vous vous laissez enfumer par ceux qui ont deja profité et qui souhaitent ramasser la mise s’il y a un retour au Franc.
        Le probleme ne vient pas de l’Euro en lui-même, mais de sa gestion.

        Retourner a une monnaie locale ne changera rien, surtout si celle ci est devaluée tel que vous le proposez.
        La valeur faciale d’un Franc d’apres l’Euro, c’est 1Fr=1Euro !

        Alors, prenons une hypothese simple... revenons au Franc et faisons un panier de monnaie comme en 2000. .. 1 franc vaudra instantanement 1 euro et augmentera probablement, juste le temps que les financier reorganisent leur placement..... puis, il chutera a la moitié de sa valeur, le temps que ces même financiers rachetent notre pays, puis reviendra alors a une parité semblable a l’Euro pour exploiter ce qu’ils auront soustrait a la richesse du pays.

        Comme tout le monde vous vous laissez avoir par l’idée que l’Euro est surevalué ou trop cher et que cela perturbe nos exportations.
        C’est completement faux, car la majorite de nos echanges en terme de vente se font avec des pays qui ont l’Euro ou bien dont la monnaie est liée a l’Euro. Une devaluation de l’Euro ne change rien.
        Ensuite, la majorité de nos achats de matieres premieres se font avec des pays a monnaie plus faible que la notre. Devaluer l’Euro rencherira enormement nos couts diminuant d’autant nos marges et rencherira nos prix a l’exportation et a l’interieur... donc nos prix seront plus elevés, nos marges plus faibles, et du coup notre pouvoir d’achat de citoyen reduit ! un rêve n’est-ce pas ?

        Qui a interet a devaluer l’Euro ou repasser au Franc avec une parite inferieure ?... simple, les multinationales qui ont deja delocalisé et qui produisent hors de la zone Euro, qui voeint en une monnaie faible le moyen de favoriser leurs echanges entre elles (le BtoB) qui ne leur empechera pas de nous vendre leurs produits aussi chers qu’avant, mais avec plus de marge.


      • Peretz1 Peretz1 17 juillet 2013 14:02

        Sortir de l’euro en bon ordre consisterait à établir la parité égale un euro = un euro- franc ou un ecu,, pour la monnaie circulante à l’intérieur. Durée probable pour éliminer l’euro un an. Ensuite on pourrait facilement rechanger les euro francs ou ecus, contre des francs mais cette fois synchronisés avec les autres monnaies à parité variables selon les pays, librement consenties. Chaque pays appliquerait le même scénario. Je rappelle que tous les pays de l’U.E qui ne sont pas dans la zone euro sont déjà dans cet état.(Une dizaine)


        • Rincevent Rincevent 17 juillet 2013 14:08

          « ce qui fait tourner la machine c’est l’achat ». Henry Ford l’avait bien compris, qui avait décidé de payer très correctement ses ouvriers pour qu’ils puissent acheter ses voitures. et on sait qu’il était un capitaliste pur et dur peu suspect d’un quelconque socialisme (et même admirateur des nazis : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford) mais ça c’est pour l’économie réelle. celle qui produit quelque chose.

          La m… mondiale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui nous vient plutôt de l’économie virtuelle qui, elle, ne produit rien sauf pour le 1 % (voire le 0,01 %) de la haute finance déconnectée de la production.

          Pour l’Euro, je ne lui mettrais pas tout sur le dos ne serait-ce que parce qu’il n’est qu’un instrument. Le problème de fond, à mon avis, est que l’union européenne s’est constituée, dès son origine, sans un vrai projet politique. Son inspirateur, Jean Monnet, conscient des résistances qu’il allait devoir affronter, avait fait le choix d’éviter de parler de politique et de commencer à bâtir surtout sur de l’économique (CECA). La communauté européenne a donc commencé d’une manière technocratique sans l’adhésion formelle des peuples concernés. D’une certaine façon nous payons aujourd’hui cette habileté d’hier...


          • kergen 17 juillet 2013 16:17

            Désolé Laurent, mais un économiste US libre-échangiste-quand-ça-arrange-les-USA-et-contre-quand-ça-n’arrange-pas-les-USA n’est pas crédible.
            En plus, quand cette économiste a fait parier des centaines de milliards de dollar sur la fin de l’euro avant le 31/12/2010, il est encore moins crédible.

            Stiglitz et Krugman sont deux suprémacistes US , mais keynésiens. Méfiance.

            Contentons nous des économistes à bord du bateau. Quoique les économistes sont à peu près aussi fiables que les Augures antiques et leur lecture de l’avenir dans les entrailles de poulet. Dés Homère, les gens sérieux se moquaient de ces pédants prévisionnistes qui juraient que :
            -les Grecs n’entreraient jamais en guerre. Puis, une fois les Grecs en guerre
            -jamais les Grecs n’arriveraient à mettre le pied sur la plage de Troie. Puis ceci fait.
            -jamais les Grecs ne resteraient plus de six mois. Ils restèrent 10 ans.
            -il fallait absolument faire entrer le cheval en bois dans Troie sous peine de fâcher Poseidon.
            Une fois qu’il ont eu le couteau Grec sous la gorge, les uns ont dit ;
            -Ho ben merde
            Et les autres
            - c’est pas du jeu.

            ON SE FOUT DES ECONOMISTES !!!! Ils ne sont que les prètres plus ou moins lucide du Veau d’Or mondialiste néolibéral.
            CE SONT DES DECISIONS POLITIQUE qu’il faut.
            Soit on exige un Euroland fédéré, solidaire et démocratique.
            Soit on sort de l’euro et on assume.
            Les Grecs ont eu la lâcheté de se coucher devant la facilité de l’euro, ils sont détruits.
            Portugais, Espagnols, Italiens sont en cours.

            Va-t-on attendre encore longtemps ?


            • Onecinikiou 17 juillet 2013 18:24

              « Kergen, les Grecs ne veulent pas sortir de la monnaie unique, pas plus que de l’ Eurogroupe.
               
              Ils ne sont pas fous. »



              S’ils ne sont pas fous, ils sont complètement c... de s’y maintenir. 

              Que leur a apporté l’euro ? 

              Par rapport à l’année 2000, avant l’introduction de l’euro donc, la croissance du PIB en Grèce était de plus de 3%, contre -10% en 2012. L’endettement souverain y était inférieur de 10%.

              L’épargne en % du PIB était supérieure de 300 points de base. L’inflation inférieure à ce qu’elle n’est aujourd’hui.

              Le taux de chômage tournait aux alentours de 10%, contre plus de 20% à l’heure actuelle. La population croissait, contre une régression à présent.

              Quel bilan de l’euro ? Cataclysmique. Quels intérêts de continuer à se maintenir dans la zone ? Aucuns, bien au contraire.





            • kergen 17 juillet 2013 18:56

              @DEMOSTHENE

              Si, les quelques 52% de Grecs qui ont voté pour les euro-partis(48% étaient pour des partis sortant quand même) sont complètement fous.
              Pour eux, derrière l’euro, il n’y a que la destruction, la servitude, l’exil économique et pour finir le totalitarisme.
              Papandreou est un traitre. J’espère qu’un jour, il se trouvera un tribunal Grec pour le faire fusiller pour haute trahison. Je rappelle que cette ordure vient d’être nommé, en septembre dernier rien de moins que président du parti socialiste européen. Tout un programme.
              En mai 2010, quand tout commençait à dérailler, plutôt que de mettre les chaines à son pays pour sauver les banques Françaises et Allemandes, il aurait du, dans le week-end fatidique, sortir de l’euro, de l’UE, faire défaut sur l’intégralité de sa dette en la déclarant odieuse et dévaluer la nouvelle drachme de 60 à 70%. ça aurai été dur au début, cinq, six ans, dix ans, mais la Grèce aurait retrouvé son équilibre et son avenir.
              Aujourd’hui, 3 ans déjà, et toujours plus de chomage, toujours plus de misère, toujours plus de totalitarisme, toujours plus de vente de tout le pays aux intérêts étrangers.
              Et ils sont quelques milliers à défiler dans la rue....
              Qu’ils crèvent.

              Si nous Français, ne sommes pas plus massivement virulents et prêts à tout quand notre tour viendra, c’est que nous méritons un avenir d’esclaves.


            • AlainV AlainV 18 juillet 2013 22:27

              En Grèce, il faut commencer par apurer la dette odieuse. Faire payer la troika, responsable de la montée fulgurante de cette dette. Ne jamais oublier qu’au début de la crise, la dette grecque n’était que d’une cinquantaine de milliards que l’Europe aurait pu éponger avec le FMI et la BCE.

              Rendons à César ...


            • Irina leroyer Irina leroyer 18 juillet 2013 02:06

              l’euro c’est tres bien, et pour ceux qui n’ont pas compris c’est 6,556 francs


              irina

              • buygold buygold 18 juillet 2013 14:00

                en 2000 le cartel de banque nous a demandé 6.66 francs pour obtenire un €urodette- 


                en 2013 la piece de 5 francs semeuse argent coute 6 euro, la piece de 1 francs semeuse argent coute 2 euro 




              • mario mario 18 juillet 2013 14:07

                @irina
                 

                «  »l’euro c’est tres bien, et pour ceux qui n’ont pas compris c’est 6,556 francs«  »

                soit le kilo de pomme actuellement 23, 652 francs !

                d’ailleurs je vais sugerer au maire de la ville ou je réside d’aracher les platanes pour les remplacer par des pommiers.....désender la ville garanties en moins de 5 ans !

                pauvre tarte

                 


                 

              • AlainV AlainV 18 juillet 2013 22:30

                Remplacer les platanes par des pommiers, des cerisiers, etc. c’est une partie de la révolution écologique que l’on évoque trop rarement. Vous verrez que les ultralibéraux qui nous gouvernent y trouveront à redire !


              • Mowgli 19 juillet 2013 10:10

                « Irina leroyer n’existe pas.
                Son avatar ( TinEye le confirme ) est tiré d’une vague photo de cul-mou recadrée. »

                J’ai toujours voulu voir le cul mou de Flamby, savoir s’il ressemblait au duc de Bordeaux. Alors j’ai soumis a TinEye la photo d’Irina. Voici le résultat :

                http://tineye.com/search/3182caebfceb4fb6604fc9a7020b8c4c64640b3a/

                Et puis, nourrir des trolls comme ça, ça vaut mieux que faire dans la gérontophilie pour nourrir des cabanels et des barratiers, non ?


              • eric 18 juillet 2013 07:42

                Il y a ici deux aspects. L’un économique, très controversé, sur les vertus du libre échange et de l’euro.
                L’autre politique. La les choses sont plus claires. Il y a trois positions. Ceux qui bon an mal an sont plutôt partisan du libre échange et de l’euro. UMP, centristes, Parti socialiste. Ceux qui font mine d’être contre, mais au final, dans les seconds tours d’élection, votent toujours pour l’un ou l’autre des partisans de l’euro et du libre échange. Je pense notamment au FdG. Il en va de même avec le NPA et LO qui appelèrent a voter Hollande ou Ségolène par exemple, mais cela ne compte-t-il vu leur inexistence électorale ? Sans doute, quand les élections se jouent a 1% prêt.
                Avec les ecolos, bien malin qui comprend a quoi ils croient, mais au final il participent a, et soutiennent, un gouvernement qui campe sur ces positions.
                Conclusions ? Certes le FN connait une forte progression, cependant, au moment du choix définitif, de 75% a 80% des électeurs se refusent a supporter un parti qui est le seul a défendre de façon cohérente et systématique une remise en cause.
                Une écrasante majorité de la population serait donc convaincue que c’est un moindre mal. Presque un plébiscite.
                Ceux qui en parlent beaucoup sans jamais mettre leurs votes en conformité avec leurs opinions proclamées, peuvent être supposes faire preuve d’une certaine hypocrisie.


                • AlainV AlainV 18 juillet 2013 22:32

                  S’opposer aux fascistes xénophobes, c’est forcément être pour l’euro ???
                  Etrange argumentaire ...


                • Pingouin094 Pingouin094 18 juillet 2013 10:47

                  Quand on parle d’Euro, on parle de deux choses différentes, aujourd’hui intimement liées :

                  * L’existance d’une monnaie unique et d’une Banque Centrale commune à plusieurs pays,
                  * La politique monétaire menée par cette Banque Centrale.

                  Les réticences vis à vis de l’Euro que partagent nombre d’entre nous sont-elles dues à la simple existence d’une monnaie unique ou plutôt à la politique monétaire menée par la Banque Centrale. Et avec une autre politique monétaire, l’Euro serait-il viable.

                  Concernant la Grèce par exemple. Si elle avait eu la Banque Centrale de Grèce comme prêteur de dernier ressort, cette Banque Centrale aurait-elle eu la capacité de lui prêter suffisament d’argent pour éponger ces dettes. Rappelons quand même qu’il s’agit de « faire tourner la planche à billet », avec un risque majeur d’inflation incontrolée si on en abuse.
                  Maintenant, si la BCE avait dès le départ décidé de prendre à son compte le poids de la dette grecque, non seulement eu égard au budget de l’UE, cela aurait été négligeable et l’UE peut tout à fait se permettre de « faire tourner la planche à billet » pour éponger les dettes de la grèce sans effet inflationiste notable à son échelle ; mais en plus cela aurait eu un effet majeur sur les marchés financiers et aurait protégé les autres pays de l’UE des attaques des marchés financiers, avec un bénéfice notable pour tous.

                  La Grande Bretagne peut parler tranquillement de sa monnaie nationale. Avec la City comme place boursière mageure dans le monde, elle risque assez peu une attaque massive des marchés financiers contre sa monnaie.
                  Il n’en va pas de même d’autres pays européens, qui pour protéger leur monnaie des attaques des marchés financiers ont bien besoin d’avoir une monnaie unique et la « force de frappe » qui va avec. A condition bien sûr que cette monnaie unique ait cette « force de frappe », c’est à dire une politique monétaire intelligente, la même que celles des pays qui ont conservé leurs monaies nationales : la Grande Bretagne, les USA, le Japon par exemple.

                  Ce n’est pas l’existence de l’Euro qui est un problème, c’est la politique monétaire de la BCE. Dans le meilleur des mondes, il faudrait pouvoir garder une politique monétaire commune, mais avec une BCE non indépendante, qui agisse pour dévaluer la monnaie si nécessaire ou à minima pour prêter aux états à taux réduit en faisant jouer la planche à billet.

                  Pour la possibilité de réformer l’UE en ce sens, lire mon billet « Réformer l’UE ? Nous, on peut ».


                  • Peretz1 Peretz1 18 juillet 2013 12:35

                    @ Pingoin : "Concernant la Grèce par exemple. Si elle avait eu la Banque Centrale de Grèce comme prêteur de dernier ressort, cette Banque Centrale aurait-elle eu la capacité de lui prêter suffisamment d’argent pour éponger ces dettes. Rappelons quand même qu’il s’agit de « faire tourner la planche à billet », avec un risque majeur d’inflation incontrôlée si on en abuse" Aucune différence concernant l’inflation. L’argent emprunté a été injecté dans l’économie, La masse monétaire a donc été augmentée. La planche à billets tourne pareil, même un peu plus à cause des intérêts à rembourser. Toutefois les Etats, sous la pression de ces intérêts peuvent peut-être freiner un peu le montant des emprunts. Mais rien n’est moins sûr. En revanche pour l’Etat c’est en quelque sorte un double peine : maître de sa monnaie, l’Etat peut espérer récupérer un jour (investissements) une cagnotte alors que créé par une dette cet argent qui reste un certain temps dans les tuyaux du prêteur, sera obligatoirement rendu, donc avec perte monétaire définitive pour l’emprunteur.


                    • Blé 18 juillet 2013 13:38

                      Je ne m’y connais pas en économie savante. Par contre, ce que sais, en Europe, les pays qui ont une « Dette » avec un E majuscule sont condamnés à la payer quitte à mettre sur la paille 90% des populations.

                      Aux U S A la « Dette » est monumentale comme toujours, ce pays n’a jamais rembourser ses dettes et il me semble qu’il a bien l’intention de continuer. L’Europe sous sa coupe fait la politique que les U S A exigent point final.

                      La Commission européenne, le F M I la B C E sont truffés de gens qui ont été formatés aux us et coutumes des banquiers made in U S A .

                      Avec les négociations Transnationales les populations de l’ Union européenne ne sont pas sorties de la « Dette », celle-ci sera éternelle comme en Afrique. On l’aura payée 10 fois mais avec les intérêts, les populations devront toujours se serrer la ceinture. La « Dette » européenne sert les intérêts de la mondialisation d’une petite minorité internationale, la finance n’a pas de visage mais elle a les moyens d’installer partout dans le monde un régime fascisant.


                      • buygold buygold 18 juillet 2013 13:39

                        Toutes les devises sont des arnaques pyramidales a la john law madoff ponzzi, 


                        avez vous déjà réaliser que vos pertes sont les gains de quelqu un d autre ?? 
                        pendant que la valeur de la monnaie chute, 
                        il y a un ennorme transfer de richesse, vers une hellite de prédateur,

                        (en 1913 : 20 ’ancien’ francs or = 20 ancien francs, 
                        en 2013 20 ancien francs or = 130’000 ancien francs. 


                        • GdeBell 18 juillet 2013 13:45

                          eh oui ! devant l’évidence les discours pragmatiques avancent. Les solutions semblent alors évidentes.

                          Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, dit-on... 
                          La question devient donc : notre classe dirigeante est-elle composée exclusivement d’imbéciles ?

                          • AlainV AlainV 18 juillet 2013 22:52

                            Imbéciles ? Que non !
                            Regardez quels intérêts ils servent et vous comprendrez ce qu’ils en attendent. C’est pourquoi ils ont sauvé les banques et continuent à les aider en prélevant impots et TVA sur les 99% que nous sommes.
                            Les imbéciles sont tous ceux qui croient leurs beaux discours sur les sacrifices que l’on demanderait à tous, sans distinction.

                            La réalité est toute autre.
                             Il y aurait paraît-il d’autres Cahuzac au gouvernement, selon le banquier-traitre que les Suisses se sont empressés d’enfermer. Et beaucoup plus encore parmi la droite politique.

                            Ils ont tous intérêt à nous faire croire qu’ils défendent les Français et que leur police et leur armée servirait à autre chose qu’à défendre leurs propres intérêts, à travers leurs amis fortunés -dont ils n’ont pas remis en cause les cadeaux Sarko à 100 milliards par an.
                            Regarder Sarko et les conférences à 100 000 dollars, payés par ... ? Regarder ce que gagnent les socialos allemands comme l’ancien chancelier Schröder, ou le travailliste Blair, à quelle soupe ils mangent.
                            La France, l’Europe méritent mieux. Du genre de cette révolution pacifique qui se produit en Amérique latine et de laquelle on pourrait s’inspirer.


                          • buygold buygold 18 juillet 2013 14:11

                            l euro c est la mise en esclavage par la dette de 0.5 milliards de personnes. 

                            l euro c est en moyenne 10% d inflation par ans (regardez le prix de l immo, du gaz, du petrol, des MP, du cacao, du blé, du packet de clope ou de la bierre ) 
                            l euro c est la perte de notre souveraineté (actile 123 de maastricht) 
                            l euro c est la fin des libertés (la france a voté non a la constitution europeen - ce vote n a pas été respecter ) 


                             

                            • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 18 juillet 2013 17:56

                              ** L’euro est impossible à dévaluer. Les Gouvernements de la zone euro n’ont donc plus la maîtrise de la politique monétaire pour ajuster leur monnaie à la compétitivité de leur économie.

                              ** L’euro a un taux de changer externe unique, ce qui est destructeur pour les économies les moins compétitives.

                              ** La zone euro ne correspond pas à un peuple unique, elle n’est pas « une zone monétaire optimale ».

                              ** L’euro conduit à la fin de la démocratie.

                              ** L’euro nous condamne à un chômage de masse, le rôle de la BCE étant de limiter l’inflation. Toutes les périodes de fort chômage correspondent à des périodes de faible inflation.

                              ** L’euro a pour effet de ne jamais sanctionner les déficits de la balances commerciale et de la balance des paiements des pays de la zone euro vis à vis d’un autre état.

                              etc, etc

                              Voir la vidéo d’ Etienne Chouard : « Les 10 raison de sortir de l’ UE »

                              et la vidéo de François Asselineau : « Les 10 raisons de sortir de l’ Europe ».


                              • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 18 juillet 2013 18:01

                                Comme il n’est pas possible de sortir de l’euro, et qu’il faut d’abord sortir de l’ UE, la question importante qui n’est pas traitée dans ce billet, et n’est jamais abordée par Debout la République, est de savoir comment on sort de l’UE ?

                                Sans dire comment on sort de l’ UE, la question de sortir de l’euro est sans objet , et présente autant d’intérêt que de discuter du sexe des anges...


                                • yvesduc 18 juillet 2013 19:31

                                  Merci pour cet article. Pour abonder dans votre sens, « La grande désillusion » (le livre de Stiglitz) me semble remarquable d’abord par la simplicité de son écriture, l’auteur ayant su se mettre à la portée du profane, et par sa dénonciation sans équivoque des excès de la mondialisation. Venant d’un partisan réaffirmé du libre-échange, la critique vaut son poids. Stiglitz n’y remet pas en cause le principe du libre-échange mais la vitesse à laquelle il faut s’y convertir, jugeant infiniment préférable la lenteur chinoise à la précipitation russe, pour ne prendre que cet exemple. Cas après cas, Stiglitz démontre que moins les pays suivent les recommandations du FMI, mieux ils s’en sortent. Le FMI prône en effet une libéralisation éclair, c’est-à-dire en quelques années. L’économie et la législation des pays concernés n’ont pas le temps de se mettre en place et la catastrophe suit presque aussitôt, après une bulle qui profite surtout aux spéculateurs étrangers.


                                  • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 19 juillet 2013 06:16

                                    yvesduc,
                                    Question vitesse, on peut dire qu’ils ont pris leur temps pour nous niquer...
                                    Monnet et Schuman étaient des employés des USA.

                                    6 mai 1943, note américaine déclassifiée en 2000 de Jean Monnet « Père fondateur de l’ Europe » adressée au Secrétaire d’ Etat américain Harry Hopkins :

                                    « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec De Gaulle, qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés, qu’il est un ennemi de la construction européenne, et qu’en conséquence, il doit être détruit dans l’intérêt des Français. »

                                    On peut noter qu’en Mai 43, Jean Moulin tenait la 1ere réunion du Conseil National de la Résistance, et que qualifier De Gaulle « d’ennemi du peuple français et de ses libertés » ne manque pas de sel, rétrospectivement...

                                    Cela en dit long aussi sur le fait que Monnet analysait parfaitement que le projet américain de l’ UE et de l’euro entrait en conflit ouvert avec le souci d’indépendance de la France que défendait De Gaulle.

                                    Enfin il apparaît plus que vraisemblable que « détruire De Gaulle » ait été le but de la première révolution orange qu’a été Mai 68.
                                    Cohn Bendit est n’est pas seulement écolo, il est aussi Vice Président du Mouvement Européen, section France, créé par la CIA après la guerre.Le Président de la section France est Cavada.

                                    Que la « stratégie du choc » se fasse rapidement ou lentement, avec des coups d’états comme en Amérique du sud, ou par la propagande et les mensonges des médias, le résultat est le même, s’attaquer aux peuples et à tous leurs acquis.


                                  • yvesduc 19 juillet 2013 21:21
                                    1. Entendre Jean Monnet taxer qui que ce soit d’ennemi de la France, est assez savoureux.
                                    2. Quelles sont vos sources concernant mai 68 et la révolution colorée ?

                                  • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 21 juillet 2013 19:23

                                    yvesduc,
                                    Pour mai 68, j’ai écrit au conditionnel. Ce qui me fait dire que c’est une hypothèse plausible, c’est la trajectoire politique de Cohn Bendit et le résultat de mai 68, le départ de De Gaulle...

                                    Cohn Bendit , révolutionnaire, puis dirigeant du Mouvement européen créé par la CIA.

                                    Vous pouvez chercher sur Wiki à « Mouvement européen » et à « Cohn Bendit »...

                                    Cela ne vous semble pas étonnant qu’il dirige un Mouvement qui existe depuis 1948 ou 49, et qui n’est jamais cité dans aucun média ? 


                                  • Marc Chinal Marc Chinal 18 juillet 2013 22:14

                                    Qu’est-ce qu’il y a de tabou dans leur analyse ???
                                    Le réel tabou c’est d’oser dire que tant qu’on utilise de la monnaie, on ne s’en sortira pas ! ça c’est prouvé ! depuis 3000 ans ! Mais les cerveaux programmés par le fric ne peuvent imaginer un monde sans ! De réels pantins ! Les fouettés se plaignent du fouet ! smiley
                                    .
                                    Communiste, capitaliste, libre échange, protectionnisme, tout a été essayé et tout a échoué.
                                    Et vous essayez encore de sauver un monde qui est arrivé au bout...
                                    Construisons le suivant, ce sera plus intelligent.


                                    • Mowgli 19 juillet 2013 07:37

                                      « tant qu’on utilise de la monnaie, on ne s’en sortira pas »

                                      Moi je suggère à la place, d’utiliser de la glace pilée.

                                      1) ça aurait tous les avantages de la « monnaie fondante » de Silvio Gesell
                                      2) ça combattrait le réchauffement climatique

                                      Je suis sûr que ça aurait encore bien d’autres avantage, laissez-moi seulement le temps de les trouver


                                    • Marc Chinal Marc Chinal 20 juillet 2013 18:35

                                      Oui, de la glace pillée en monnaie, c’est bien ! Avec un piti sirop ? Hum ? et un donut ?
                                      .
                                      Que ce soit de la glace, du caillou, du sel, de l’euro, du franc, de l’électronique, la monnaie reste de la monnaie, et reste le fouet dont vous vous plaignez. Elle devra rester suffisamment rare pour avoir une utilité.


                                    • Peretz1 Peretz1 19 juillet 2013 08:20

                                      @owgli « « tant qu’on utilise de la monnaie, on ne s’en sortira pas » Tout dépend du « on ». Certains s’en sortent pas mal merci. Mais sous son apparence absurde, la propostion l’est moins qu’elle en a l’air. Il est tout-à-fait pensable en théorie qu’on puisse un jour se passer de cette invention du diable : il suffirait d’étendre totalement les paiements par carte de type monétique. Sans circulation la monnaie devient totalement inoffensive et ne permet plus l’enrichissement. C’est implicite dans mon essai.


                                      • Mowgli 19 juillet 2013 09:39

                                         « tant qu’on utilise de la monnaie, on ne s’en sortira pas »

                                        Ce n’est pas moi qui ai écrit cela, que je juge digne de la Mère Dampot, c’est l’auteur. Je n’ai fait que la citer, pour la tourner en ridicule.

                                        « il suffirait d’étendre totalement les paiements par carte de type monétique. »

                                        J’ai dû aller vérifier ce que signifiait précisément « monétique ». Je devinais, bien sûr, mais j’avais des résidus de doute. Mais c’est bien ce qu’il m’avait semblé deviner :

                                        « La monétique désigne l’ensemble des traitements électroniques, informatiques et télématiques nécessaires à la gestion de cartes bancaires ainsi que des transactions associées. »

                                        Que l’on paye par carte, par chèque, en biftons, en napoléons, par transfert électronique ou par pigeon voyageur ne change rien à l’opération : c’est le même transfert de fonds d’un compte à un autre.

                                        Étendre totalement les paiements par carte de type monétique ne peut rien changer à l’affaire. On peut appeler un chat chat, Katze, cat, gatto, kochka, mao ou neko, ça reste un chat.


                                      • Marc Chinal Marc Chinal 20 juillet 2013 18:43

                                        Au fils de la jungle :
                                        .
                                        J’entends bien que votre argumentaire c’est de dire que c’est de la merde, mais plus précisément, avec un cerveau, ça donne quoi votre argumentaire ?
                                        La monnaie dont on ne restreint pas le nombre pour qu’elle manque, ça s’appelle de la monnaie de singe... et ça ne vaut rien.
                                        .
                                        à Peretz1 :
                                        .
                                        Quand à la monnaie électronique, il est évident que tant que les humains qui s’en servent ont l’impression que ça a de la valeur, ils s’en servent. Mais le jour où ils comprendront que les monnaies qui ne sont pas rares ne valent rien...
                                        Donc, la monnaie électronique, ce n’est pas la solution, juste une habitude psychologique permettant la dématérialisation de l’appartenance à la société... et encore.


                                      • millesime 19 juillet 2013 08:46

                                        ils critiquent l’euro ces deux « étasuniens » se gardant bien ainsi de parler de « leur » monnaie le dollar. L’eurozone s’est profondément transformé depuis 2/3 ans et il reste certes beaucoup à faire.
                                        l’euro est attaqué à chaque fois que la situation est mauvaise dans les pays anglo-saxons.. !

                                        Le 23 mars 2009 dans un article intitulé : « réformer le système monétaire international » Zhou Xiaochauan le Gouverneur de la Banque Centrale chinoise soulignait que l’actuel système monétaire international fondé sur l’utilisation d’une monnaie nationale, le dollar US, est inédit dans « l’Histoire » monétaire mondiale... ! (il n’a jamais été contredit depuis) et l’oligarchie US fait tout pour éviter cette réforme...qu’il faudra pourtant réaliser (le plus tôt serait le mieux pour l’économie mondiale) car le dollar ne vaut guère plus que le prix du papier et l’encre pour l’imprimer.. !

                                        http://millesime.over-blog.com/article-reformer-le-système-monetaire-internatio-96345505html
                                        http://millesime.over-blog.com/article-les-etats-unis-sont-en-faillite-116711348html

                                        http://millesime.over-Blog.com


                                        • ecolittoral ecolittoral 19 juillet 2013 12:25

                                          Avec nos commentaires, on a oublié le plus important !

                                          Quel pays est capable de payer sa dette ?
                                          Quel pays se déclarera le premier en défaut de paiement ?
                                          Une fois cette situation réglée par effet domino :
                                          - Que ferons nous de cet argent à nouveau disponible ?
                                          - Quelle sera la valeur des monnaies « survivantes » ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès