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Accueil du site > Actualités > Economie > Small is Beautiful !

Small is Beautiful !

La crise a certes touché l’ensemble des nations de l’Union Européenne mais, dans certains pays, marché immobilier et système bancaire tirent leur épingle du jeu plus honorablement. Situation similaire pour des chiffres du chômage qui s’aggravent selon un rythme inégal à travers le continent...Ces évolutions parfois divergentes - en tout cas rarement identiques - de la conjoncture économique et financière au sein de l’Union Européenne se traduisent par des pressions déflationnistes plus ou moins préoccupantes et par des déficits publics plus ou moins tolérables en fonction de la nation Européenne concernée. Le corollaire immédiat consistant en une inégalité de chacune de ces nations face au financement de sa dette publique et par un coût de financement nettement plus lourd (du fait d’un taux d’intérêt plus élevé ) dont doivent s’acquitter les nations fortement déficitaires afin d’attirer les capitaux.

Ces disparités remettent régulièrement au goût du jour les débats quant au bien fondé d’une politique monétaire Européenne décidée par la seule BCE et par définition identique à l’ensemble des pays d’une Union qui réclame des remèdes plus ou moins énergiques en fonction du pays - voire de la région - scrutés ! Questionnements et doutes qui à l’évidence ont été renforcés à la faveur de la crise : Les spéculations, entretenues parfois par leurs responsables politiques au plus haut niveau, selon lesquelles certains pays pourraient quitter la monnaie unique ont ainsi été parfois intenses au cours des derniers mois.

De fait, l’union monétaire contraint les pays membres à abandonner leur indépendance dans la définition d’une politique monétaire adéquate et dans la défense de leurs intérêts économiques, chaque pays membre recevant dès lors un traitement forcément identique. Une nation, ou même une région d’un pays, accusant le coup d’un fort ralentissement économique du fait de tourmentes industrielles locales suite à des choix stratégiques malheureux se traduisant en une accélération du nombre de ses chômeurs serait ainsi doublement - et parfois irrémédiablement - pénalisée si l’autorité monétaire de l’Union à laquelle elle appartiendrait décidait de monter les taux d’intérêts afin de calmer la surchauffe d’un autre pays, ou d’une autre région, qui serait en pleine expansion...Resserrement de politique monétaire qui achèverait de déstabiliser le pays en question en l’absence de subventions et de soutiens fiscaux permettant d’absorber une partie de ces chocs.

Cette controverse, classique et récurrente en Europe depuis la naissance de la monnaie unique en 1999, s’est récemment déplacée - toujours à la faveur de la crise actuelle - pour atteindre un pays - les Etats-Unis - dont on ne soupçonnait pas qu’il put un jour remettre en question les fondements même de sa toute puissante Devise !

Les Etats-Unis sont-ils servis de manière optimale par une monnaie unique elle même défendue par une seule Banque Centrale chantre de la politique monétaire contre-cyclique ? Cette question, inimaginable il y a encore quelques années, trouve aujourd’hui son fondement dans un pays dont les régions et les Etats ont un cycle d’activité hétérogène ne tirant pas uniformément profit de la politique monétaire de la Réserve Fédérale censée être très stimulatrice et ne bénéficiant pas des même stimuli économiques fédéraux.

C’est ainsi que la Caroline du Nord, le Massachusetts ou encore l’Arizona impriment depuis quelques mois leur propre monnaie afin de favoriser leurs entreprises locales dans un contexte de perte totale de confiance dans le système financier traditionnel ! Cette devise locale - et légale selon la réglementation US ! - permettant aux régions de se protéger partiellement vis-à-vis des aléas et des tourmentes affectant l’économie nationale...Ces Devises régionales, qui ont prospéré à l’époque de la Grande Dépression, permettent souvent de sauver un commerce local à l’agonie, l’expérience actuelle la plus efficace étant conduite en Caroline du Nord où la monnaie régionale, le "Plenty", est acceptée en guise de règlement par de plus en plus de commerces et de professions ! Certaines entreprises locales sembleraient même sur le point de payer leur salaire à leurs employés en Plenty, monnaie dont les billets sont conçus par des artistes locaux et où l’on peut lire la Devise : "In Each Other We Trust". 


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6 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 11 août 2009 15:55

    Ce qui est déjà nettement mieux que « In God we Trust ».
    Bonnes initiatives, et surtout qui leur donnent une change de surnager au naufrage à venir.


    • Jurvadi Krishvati Jurvadi Krishvati 11 août 2009 16:08

      En effet, la devise « In Each Other we Trust » choisie par la Caroline du nord, est d’un tout autre calibre que le deséspérant « In God We Trust »... 
      Maintenant, est-ce que ces initiatives locales préfigurent l’éclatement de la Fédération ? 
      Ne laisse-t-on pas faire en sachant que le système Dollar actuel est en train de péricliter ? 
      In USA we don’t trust... 


      • Lucien Denfer Lucien Denfer 11 août 2009 17:05

        « Il parait que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça. »

        Coluche

        • Gandalf Tzecoatl 11 août 2009 18:13

          Aux US, la monnaie, c’est comme le poisson fraichement pêché, ça file vite.


          • Tommy Tommy 11 août 2009 20:17

            Il est vrai que la BCE est totalement insouciante des besoins des pays à la monnaie uique. Les Etat n’ayant aucuns moyen de pression face aux dirigeants des banques centrales nationales rassemblés à la BCE, il ne peut demander une baisse des taux d’intérêt à court terme pour créer de l’investissemnt par l’emprunt et épargne. La BCE criant à la sur-inflation et au totalitarisme de la machine qu’est l’Etat.

            Beaucoup de néolibérale dise qu’une banque centrale indépendante est plus efficace, mais l’histoire économique nous a prouvé le contraire : augmentation des taux d’intérêt. Une BCE indépendante n’est pas plus efficace qu’une banque centrale sous le contrôle de l’Etat, mais celui-ci serait plus lucie dans les choix à mettre en place


            • xbrossard 12 août 2009 11:26

              actuellement pour les américains, c’est plutôt « in gode we trust » tellement qu’ils l’ont bien profond...

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